samedi 25 février 2017

Réflexions du lendemain sur le Conseil municipal...

- La Voix du Nord, dans sa page consacrée, ce jour, au CM, est revenue sur l'"ambiance délétère" qui a régné pendant ces 5 heures... Elle a noté les propos et attitudes des élus majoritaires, tels que je les ai rapportés. En épargnant, ai-je noté, S. Briois dont la responsabilité est énorme dans le véritable Barnum qu'est une séance municipale. En effet, c'est lui qui coupe les micros de l'opposition, donne la parole à tout propos à B. Bilde, se noie dans des circonvolutions de politique politicienne, provoque les réactions du public sans jamais faire cesser les huées dès qu'un élu d'opposition prend la parole, tout en souriant quand le public applaudit les interventions de Bilde ou de lui-même.

- Le quotidien n'a rien écrit sur le véritable réquisitoire de plus de 20 minutes dont il fut l'objet de la part du "maire-bis". Pudeur, peut-être, mais j'espère quand même qu'un communiqué du journal viendra mettre les choses au point. On ne peut laisser passer une telle diatribe, digne de régimes totalitaires... A ce propos, on ne peut qu'être effrayé quand on entend un haut cadre du parti fait fi de la liberté d'expression en criant "haro" sur un journal et en stigmatisant un journaliste. J'ai eu l'impression d'entendre Erdogan fustigeant les journalistes turcs. Il est vrai que "le presque sultan" de la Turquie est une référence pour le FN.
Sur ce sujet d'atteinte à la liberté de la presse, on ne peut qu'associer la façon dont le FN se moque de nos institutions quand on apprend que M. Le Pen se permet de ne pas respecter l'autorité judiciaire, en ne se rendant pas à une audition... Le vrai visage de ce parti fachiste se confirme tous les jours et l'éventualité qu'au lendemain des élections présidentielles, la France ne se réveille avec une dictature équivalente à celle des Poutine, Erdogan, Assad, maîtres à penser du FN ou d'autres potentats d'Arabie Saoudite, Qatar,etc. Cette éventualité est terrifiante !

- L'équipe de "Complément d'enquète" venue travailler sur les rapports entre la majorité frontiste et la Voix du Nord ne pouvait tomber mieux ! Dans l'émission du 23 mars, on pourra voir et entendre B. Bilde mettre à mal la presse régionale et la France entière prendra connaissance de ce qu'un cacique hystérique est capable de dire sur la Voix du Nord. Vous vous rendez compte de ce que serait l'ambiance si un B. Bilde devenait ministre de l'information ou de l'intérieur dans un gouvernement FN ? Je ne sais si France 2 retransmettra les passages où la parole de l'opposition est coupée, où la claque est orchestrée dans le public, car ce n'était pas l'objet de son enquête, mais ces moments illustrent bien que la démocratie n'existe plus à HB. Aux Français de s'en rendre compte dans cette "vitrine" que constitue Hénin-Beaumont pour le FN !

vendredi 24 février 2017

Conseil municipal d'Hénin-Beaumont du 24/2/2017

Un conseil qui a duré de 9H à 14h20, soit 5H20 !
Une équipe de France 2, à Hénin depuis quelques jours, était venue filmer le conseil pour un sujet qui paraîtra dans "Complément d'enquête" du 23/3: le conflit entre La Voix du Nord et la mairie FN. J'avais félicité le journaliste, venu m'interroger, parce que, malgré mes nombreux appels, aucun média n'avait, jusque maintenant, manifesté sa solidarité avec le quotidien victime d'un boycott inouï. L'équipe de télé allait être servie au-delà de toute attente, non seulement par l'ambiance habituelle régnant durant ce conseil, mais également par une violente attaque en règle contre La VDN, son chef d'édition (présent avec un autre journaliste) étant visé nommément... 
On aurait pu penser que France 2 présent, les esprits se seraient calmés, mais, malgré quelques rares moments de relative sérénité, le cirque habituel s'est déroulé.
Huées et applaudissements dans le public, coupures de micro pour empêcher Marine Tondelier et David Noël (seuls des 6 conseillers d'opposition présents) de parler. De tout cela, on avait déjà l'habitude. Mais par 2 fois, pour protester contre ces coupures, les 2 élus continuèrent à parler à tue-tête pour couvrir la voix de l'orateur qui leur avait succédé tandis que le public huait et lançait des quolibets, dans une atmosphère surréaliste... Qu'un Bruno Bilde, particulièrement choyé par le maire, puisse intervenir à sa guise, en éructant, on l'en connaissait capable. Qu'il cogna contre tout ce qui bougeait, et en particulier l'opposition, on n'en fut point surpris. Que sa haine le conduise à insulter D. Noël et M. Tondelier, on en eut une nouvelle preuve. Petit florilège de cette diarrhée verbale :
- "les bobos d' élus d'opposition absents sont probablement au ski, à Méribel ou Megève";
- "l'opposition est peureuse"
- à Marine Tondelier : "vous êtes une menteuse et une manipulatrice"
Il faut dire que la séance démarra par une demande d'excuse formulée par M Tondelier pour son collègue D Noël que le hargneux B. Bilde avait traité de "petit nazi" lors du conseil précédent. Le maire n'y prêta aucune attention...

Remarquez Briois ne fut pas en reste :
- "discours gauchiste", en s'adressant au communiste DN;
- il "veut donner un coup de pied aux fesses de DN" , ce que l'adjoint Sulzer traduisit par "un coup de pied aux urnes"...

Un autre adjoint, plutôt discret habituellement, Christopher Szczurek, ponctua nombre de ses interventions de "Marine, Marine, Marine" jouant sur l'ambiguïté de cette interpellation rappelant que Marine T ne manquait pas "de lui claquer la bise", il fut un temps... Briois fit remarquer qu'il faisait peut-être confusion avec une ancienne élue de Dalongeville. Quoiqu'il en fût, Marine T demanda au jeune élu frontiste de ne pas la tutoyer, ce que lui et le maire ignorèrent superbement...

La même Marine T fut plusieurs fois traitée de "féministe hystérique" par les Briois, Bilde et Szczurek. Notamment lorsqu'elle rappela, à l'occasion du rapport annuel sur l'égalité homme/femme, dont la présentation est obligatoire, que la discrimination existante à la mairie d'HB comme partout ailleurs, devait faire l'objet d'actions pour y remédier (formation, par exemple). Elle cita un tweet d'un élu FN d'une commune voisine (et recruté à la mairie d'HB), d'un machisme révoltant. Bilde s'offusqua que l'on s'attaquât ainsi à un agent municipal alors que MT avait bien précisé qu'elle visait l'élu... "Féministe hystérique" entendit-on parmi les conseillers et dans le public... 
Quelques minutes plus tard, Bilde et Briois livrèrent au public le nom d'un agent, auteur d'une "alerte" à MT, sur les dysfonctionnements en mairie, la conseillère ayant pris soin, en lisant le courrier, de ne pas livrer son nom... Dans la foulée, Briois fit également preuve de délation à l'égard d'une employée de mairie (qui a quitté son emploi), en citant son nom... Pas très beau tout cela !

On n'avait pas encore tout vu dans ce conseil municipal...
M. Tondelier présenta une motion de soutien aux employés de La Voix du Nord menacés d'un plan social de licenciements par le propriétaire, Rossel. Cette motion mettra le feu aux poudres. B. Bilde, littéralement hystérique, s'en prit violemment au quotidien et à son chef d'édition. La Voix du Nord n'est pas un journal d'opinion et sa prise de position contre le FN avant les élections régionales est inadmissible, vociféra-t-il. Le journaliste Pascal Wallart est aux ordres de son journal, lui-même sous la pression du Conseil régional (de l'époque), pourvoyeur de subventions... De longues minutes insoutenables pour ceux qui entendirent cette diatribe... Celui que l'on surnomme "le maire bis" (allez savoir pourquoi !) proposa un amendement ("amendement grotesque" David Noël dixit), adopté à l'unanimité moins 2 voix, bien sûr, qui dénaturait l'esprit de la motion initiale puisqu'il met en cause la "ligne éditoriale" du journal, responsable des difficultés du journal. 
La motion ainsi modifiée fut votée ! Du grand n'importe quoi ! J'ai plaisir à signaler la qualité des interventions des 2 élus de l'opposition sur le sujet. Nul doute que, lors de la diffusion dans "Complément d'enquête", apparaîtront bien leurs arguments étayés, face à la haine des intervenants frontistes pour tout ce qui s'oppose à eux...
Une autre motion présentée par l'opposition fut fallacieusement écartée : elle visait à soutenir une proposition de loi d'un député pour commémorer la résistance de mineurs incarcérés en 1941 pour avoir fait grève ("la session parlementaire est terminée" !). Un amendement, pourtant cohérent, de MT fut déclaré irrecevable parce que non envoyé dans les délais, alors que la motion présentée par le FN était déposée sur table en début de séance (sic !).

Au fait, le gros morceau de ce CM était le rapport d'orientation budgétaire... 

CM 24/2

RV dans l'après-midi sur ce blog pour le compte-rendu conseil municipal de ce vendredi matin.

jeudi 23 février 2017

FN : Réincarnation d'Hitler, coup de foudre, pot à tabac...


J'ai "débranché" quelques jours, mais je vois que, pendant ce temps, le FN n'a pas cessé de faire parler de lui... (et encore, je ne fais pas référence à la réception de MLP par les autorités libanaises, ni aux emplois fictifs d'assistants parlementaires de Fillon... non, pardon, de la députée européenne M. Le Pen !


Banalisation du FN 
On ressort cette affiche parue sur Facebook, mais, depuis, le compte a été effacé :

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Coup de foudre au Liban ?

AA : A vrai dire, je ne sais si cette information est vraie, car, depuis hier, je ne l'ai retrouvée nulle part !

Marine Le Pen abandonne la présidentielle et quitte la France pour Ahmed, rencontré au Liban.





Marine le Pen a, récemment,  effectué une visite de 2 jours au Liban. 
Au cours de ce voyage elle a pu rencontrer les plus hauts responsables mais pas seulement...
D’après l’une de nos sources, la quarantenaire se serait également offert une idylle avec l’un des agents chargés de sa sécurité sur place : Ahmed, qui est de plus de 20 ans son cadet.
Fascinée par le bellâtre, la favorite des sondages pour l’élection présidentielle, serait sur le point de tout quitter afin de rejoindre le Liban et d’y vivre pleinement sa nouvelle amourette.
Du côté des sympathisants d’extrême droite, c’est la stupéfaction. Toutefois, la plupart d’entre eux lui souhaitent bonheur, épanouissement et pourquoi pas, la naissance d’un petit chérubin.
Quant aux cadres du parti, ils envisagent plusieurs solutions pour palier au désistement de la candidate frontiste :
  • La préséance irait au très influent et très médiatique, Nicolas Dupont-Aignan.
  • Le charismatique Louis Alliot, qui partageait la vie de la récente expatriée, est également cité pour la remplacer.
  • La troisième option, serait un retour du patriarche, Jean-Marie Le Pen mais ce dernier ne verrait pas d’un bon œil une campagne effectuée dans une telle hâte.
 Nord Presse.be 22/2/2017

On est "Ché nous"
AFP, publié le mercredi 22 février 2017 :
"Chez nous": une dizaine de militants FN manifestent devant un cinéma
Une dizaine de militants du Front national manifestaient mercredi après-midi devant un cinéma d'Hénin-Beaumont (Pas-de-Calais) contre le film "Chez nous", sorti en salle le même jour et qui raconte la campagne pour les municipales d'un parti clairement inspiré du FN, a constaté un journaliste de l'AFP.(AA :l'un des manifestants a même fait remarquer qu'il y avait des fautes dans le titre : "c'est pas "Chez nous", mais "Ché nou"...").
"On veut montrer notre opposition à ce film irréel qui ne représente ni le FN ni ses électeurs", a expliqué Laurent Dassonville, responsable FN du canton d'Avion (Pas-de-Calais), qui estime "anormal qu'on autorise la diffusion d'un tel film, hostile au FN en pleine période électorale".
Ce long métrage se déroule dans une ville imaginaire du Pas-de-Calais baptisée Hénard. Fief du FN, Hénin-Beaumont s'appelait auparavant Hénin-Liétard. 
Dans "Chez nous", Pauline Duhez (Émilie Dequenne), connue dans la ville et appréciée par ses patients, est approchée par des dirigeants d'un parti d'extrême droite, le "Bloc patriotique". Elle se voit proposer d'être tête de liste aux municipales, au côté de la dirigeante du parti Agnès Dorgelle (Catherine Jacob). Au départ hésitante, Pauline va se laisser séduire par ce parti populiste dont elle pense qu'il peut aider les ouvriers.
La dirigeante du parti, blonde, à la forte carrure et au discours musclé, reste un personnage secondaire: elle est montrée lors d'un meeting, d'une conférence de presse ou de réunions avec son équipe.
"Pauvre Marine Le Pen, qui est caricaturée par ce pot à tabac de Catherine Jacob. Un sacré navet en perspective", s'était insurgé sur Twitter le maire d'Hénin-Beaumont Steeve Briois, vice-président du FN. (AA : sans avoir vu le film !).

vendredi 17 février 2017

Information aux lecteurs

Je vous informe qu'aucun article ne sera publié à compter de ce jour, 17 février. Un nouveau post paraîtra le jeudi 23 février.
A noter que vous pouvez laisser des commentaires, mais je ne pourrai les valider que tous les 2 jours.

jeudi 16 février 2017

Trois regards sur la réalité quotidienne sous le "règne" du FN...

Trois témoignages sur la gestion municipale au quotidien du Front national vont se succéder dans les jours qui viennent et éclaireront la réalité de terrain : un roman-photo, un film et un livre-témoignage. 
Nous aurons l'occasion d'en reparler dès que nous aurons pris connaissance de ces "documents". 
On peut également espérer que le rapport de la Chambre régionale des comptes viendra prochainement compléter les trois "œuvres" précitées... 


"Comment le Front national a-t-il répondu aux attentes dans les villes qu’il gère depuis 2014 ? Fruit d’une enquête menée durant deux ans à Hayange, Beaucaire et Hénin-Beaumont, par l’historienne Valérie Igounet et Vincent Jarousseau, photographe, « L’Illusion nationale » apporte un éclairage saisissant, le reflet à l’échelon local de ce que pourrait donner une France gérée par le FN (La Voix du Nord 13/2/2017)
Les Arènes - XXI, 168 pages, 22,90 €.
"Alors c’est vrai, nous sommes porteurs de propos qui sont élogieux à l’égard de la municipalité, on en a conscience. Mais on met quand même des réserves dans le hors texte, qui est essentiel."

"Chez nous" (sortie du film : 22/2)
Télérama 13/2 :  "Lucas Belvaux  montre  comment un parti populiste imaginaire (« le Bloc ») s’implante dans une petite ville du nord de la France : en instrumentalisant une infirmière connue et appréciée de tous, donc candidate locale idéale."
"Vous faites état, dans votre film, d’une conversion collective aux idées du FN dans la vie quotidienne...
Oui, un discours se banalise. Une parole se libère. Les gens glissent, imperceptiblement d’abord, puis franchement, du ressentiment à la peur et à la haine. Le discours dominant et médiatique a considérablement changé en quelques années. Tout à coup, la parole d’Eric Zemmour et celle de Dieudonné se sont répandues à toute vitesse dans l’espace public. Le surmoi collectif a explosé. Les cadres du Front national le savent. Avant, ils se vantaient de dire tout haut ce que l’on n’osait pas dire. Maintenant, ils savent qu’ils n’ont plus qu’à laisser dire, à acquiescer. Le vote FN est devenu le seul exutoire pour crier sa colère, quelle qu’elle soit. C’est un vote pulsionnel. Beaucoup d’électeurs se disent qu’ils ne voteront FN qu’au premier tour, juste pour exprimer leur exaspération. Mais ensuite, le pas est facile à franchir entre le premier et le second tour. La colère, on ne sait jamais quant elle s’arrête."

Le 1er mars sort le livre de Marine Tondelier (conseillère municipale d'opposition à Hénin-Beaumont) : "Nouvelles du Front".
"Un témoignage essentiel qui permet de saisir comment le parti d’extrême-droite administre ses communes. Ses armes principales : humiliations, vexations, intimidations et une stratégie parfaitement huilée pour étendre son pouvoir…"
Entretiens avec des agents municipaux, en place ou partis, qui osent parler... 

mercredi 15 février 2017

Législative dans la onzième circonscription du Pas-de-Calais

Les 11 et 18 juin prochains auront lieu les élections législatives. Elles succèdent à l'élection présidentielle d'avril/mai. Je rappelle que, contrairement à cette dernière où seuls les deux candidats arrivés en tête peuvent se présenter au second tour, les candidats ayant obtenu au minimum 12,5% des inscrits peuvent se maintenir lors des législatives. Seuil élevé, mais il arrive qu'il y ait des triangulaires, voire des quadrangulaires...
Je voudrais ici m'intéresser à la 11ème circonscription du Pas-de-Calais qui regroupe les cantons de Carvin, Courrières, Hénin-Beaumont, Leforest, Montigny-en-Gohelle et Rouvroy, qui comptait 94135 inscrits en 2012, où Philippe Kemel battit M. Le Pen de 118 voix au second tour, Jean-Luc Mélenchon ayant été éliminé au premier tour.
Le FN avait réalisé 42,26% au premier tour et avait obtenu 7,63 points supplémentaires lors du second tour, pour échouer de peu devant P. Kemel (PS) qui bénéficia d'une sorte de front républicain, malgré un nombre plus important de bulletins blancs ou nuls qu'au premier tour...
Les résultats furent serrés et le seront encore cette fois-ci... Les candidats déclarés ou présumés candidats sont, pour l'instant :
- le député sortant, probablement partant, Philippe Kemel qui soutint Valls jusqu'au bout...
- le candidat déclaré du PC, Hervé Poly;
- l'écologiste d'EELV, Marine Tondelier;
- la candidate LR, sarkozyste dans l'âme, Alexandrine Pintus.
Le FN aura un candidat, bien entendu. M. Le Pen, probable battue à la présidentielle (voir mon post d'hier) aura-t-elle encore le cœur de se jeter dans la bataille, alors que ses militants voudront la voir venir soutenir les autres candidats frontistes dans toute la France ? Pas évident. On ne peut pas imaginer de parachutage et le seul qui a une notoriété est le maire d'Hénin-Beaumont, S. Briois. Ce dernier sera déjà devant un dilemme : abandonner son mandat de député européen, très lucratif, ou la mairie d'Hénin... loi sur le cumul des mandats oblige...
Il y aura peut-être un candidat représentant Macron, surtout si ce dernier est élu président quelques semaines plus tôt. 
Le parti de gauche (les "Insoumis" de JL Mélenchon) ne se ralliera pas au PC. 
Alors, 3 constats :
- pour les raisons évoquées, le FN ne partira pas favori, malgré une présence plus que probable au second tour...
- une candidature pro-Macron, même à la suite d'une victoire présidentielle, paraît difficile alors qu'aucun représentant n'est apparu à moins de 4 moins de l'élection, surtout sur une terre où FN et gauche représentent plus de 90% des voix exprimées et ne constituent pas un vivier favorable à l'ex-ministre... 
- dans une circonscription marquée par la gauche hier et aujourd'hui (puisque le député est PS), on peut penser que les électeurs qui ne veulent pas voter FN (et qui pourraient encore être majoritaires dans la circonscription), seraient tentés par un changement de représentant. 
Pour toutes ces raisons, je pense que Marine Tondelier (EELV) a une carte à jouer. Elle a, en sa faveur : sa jeunesse (la trentaine), le fait qu'elle soit une femme (ce qui peut être également un point négatif), que l'écologie imprègne les programmes de Hamon et Mélenchon. Elle est originaire du territoire (Hénin-Beaumont) et n'est donc pas une parachutée. Même si sa "carrière" politique a débuté lors des précédentes législatives de 2012, elle apparait comme "neuve" dans un paysage politique qui a besoin de renouvellement et d'un souffle nouveau.
Certes, son parti politique n'est pas porteur en ce moment... En outre, pour avoir une chance de gagner, il faudrait qu'elle soit la candidate unique de la gauche dès le premier tour. Cela signifie que le député sortant se retire (à 68 ans, il pourrait se consacrer à Carvin dont il est maire), que le parti de Gauche se reconnaisse en elle, et que le PC lui laisse la place, ce qui n'est pas évident pour ce parti qui aura déjà fait l'impasse sur la présidentielle et qui voit son avenir politique "plombé".
Pour faire accepter par les appareils des partis cette candidature unique, il faut obtenir, le plus rapidement possible, l'accord des responsables locaux. Rappelons que, lors de la "primaire de la gauche", Benoit Hamon l'avait largement emporté contre E. Valls, soutenu par le député sortant... et que le rapprochement Jadot (EELV)/Hamon (PS) est en cours pour le scrutin présidentiel.

Cela aurait de "la gueule" (au pays des "gueules noires") un second tour Marine Tondelier contre Marine Le Pen : "la guerre des deux Marines"...



mardi 14 février 2017

L'avenir politique de M. Le Pen

A la date d'aujourd'hui (certes, les choses évoluent rapidement), quelques traits de l'élection présidentielle semblent concorder:
- M Le Pen serait en tête au premier tour avec un score évalué entre 25 et 27%;
- E. Macron se situerait entre 20 et 22%;
- F. Fillon suivrait autour de 18%
- B. Hamon et JL Mélenchon seraient en 4ème et 5ème position, le premier autour de 15% et le second à 12%. 
Mais je ne parierais pas sur un tel quinté, tout au moins dans l'ordre évoqué !

L'objectif du présent post n'est pas de justifier, ni de confirmer des enquêtes d'opinions dont on sait qu'elles sont depuis quelque temps remises en cause... 
Je souhaiterais parler, ici, de l'avenir de celle dont personne ne semble, pour l'instant, remettre en cause la première place au soir du 22 avril.  
Au soir du second tour, qu'elle soit opposée à Macron, Fillon ou Hamon, voire Mélenchon, il semble acquis pour beaucoup que MLP ne sera pas capable d'atteindre les 50,01% lui donnant la victoire. Certes, le nombre de bulletins blanc ou nuls jouera en sa faveur, le 6 mai, mais personne ne semble contester que passer de 25/27% à 50% serait une gageure irréalisable... Je laisserai le FN affirmer le contraire pour justifier une victoire possible de son poulain (sa pouliche, en l'occurrence)...
Je me place donc dans l'hypothèse hautement probable de la nouvelle défaite de M. Le Pen. Les législatives (3 et 17 juin) suivront dans la foulée. Le scrutin n'est pas favorable au FN et les seconds tours, sauf triangulaires, annoncent des rééditions du second tour de la présidentielle : le FN contre un "front républicain" qui ne veut pas dire son nom... Dans cette hypothèse, il n'est même pas sûr que le FN puisse constituer un groupe à l'Assemblée (15 députés)... Cette possible, voire probable double défaite, s'ajouterait à un bilan pas très réussi pour M. Le Pen qui n'a emporté qu'une dizaine de villes en 2014, et aucune région, ni département, l'année suivante, alors que la situation politique n'a jamais été aussi favorable pour un parti populiste...
Cette double défaite éventuelle (et probable) ne serait pas de bonne augure avant un congrès qui, forcément, demandera des comptes à sa présidente... Sa tentative de banaliser le parti contre l'avis du noyau dur du FN aura échoué dans son objectif, à savoir : prendre le pouvoir... Nombre des "durs" et des anciens, mis en minorité ces dernières années, ne manqueront pas de faire remarquer les dérives d'un parti qui accepte "le mariage pour tous", une mansuétude pour l'avortement, un désengagement sur l'antisémitisme, etc. Et comme ces tenants d'un retour aux fondamentaux des origines ont une candidate qui répond à leurs exigences, il est fort possible qu'après l'élimination de Le Pen père, suive celle de Le Pen fille au profit d'une autre Le Pen, petite-fille du premier et nièce de la seconde... L'honneur serait sauf, Marion Maréchal-Le Pen devenant la 3ème Le Pen aux manettes du parti depuis son origine...

lundi 13 février 2017

On finira bien par avoir raison du FN !

Je faisais le point ces derniers jours sur les dossiers parus dans les médias concernant l'incompétence du Front national. Pèle-mêle, on trouve :
- les mensonges de M. Le Pen lors de son interview de jeudi dernier (la taxe du FN sur l’emploi des étrangers n’est pas comparable à celle qui existe déjà, le mariage ne permet pas une naturalisation «automatique», Obama n’a pas fait de «Muslim Ban» sur l’Irak en 2011, l’Allemagne n’interdit pas la binationalité). Voir http://www.liberation.fr/elections-presidentielle-legislatives-2017/2017/02/10/quatre-mensonges-de-marine-le-pen-dans-l-emission-politique_1547585

- ici même, j'ai repris un article du Monde sur les dangers de la politique économique prônée par le FN (http://alpernalain.blogspot.fr/2017/02/leconomie-nest-pas-une-science-exacte.htm)

- On sait que 4 poursuites judiciaires "pourraient plomber la campagne du FN" (les assistants "fantômes" au Parlement européen, le financement des campagnes électorales depuis 2011, le patrimoine sous-estimé de la famille Le Pen, les emprunts russes).Voir http://www.francetvinfo.fr/elections/presidentielle/presidentielle-les-quatre-affaires-qui-pourraient-plomber-la-campagne-de-marinele-pen_2055853.html

- autre exemple de cette incompétence : le "programme" écologique du FN. Voir la tribune de Bruno Villalba https://reporterre.net/L-ecologie-selon-Marine-Le-Pen-et-le-FN-nationaliste-et-superficielle

C'est impressionnant et je pense que nombreux encore sont ceux qui sont conscients de cette impéritie. Je rappelle que les dernières élections et les enquêtes d'opinion convergent vers 25-27% d'électeurs potentiels pour le FN. Or, ces derniers, parce que bien pris en mains par l'appareil du parti ou parce qu'imperméables à l'information telle celle qui précède, votent plutôt "avec leurs tripes qu'avec leur tête". Quand on pose la question de savoir ce qu'il faut faire pour que les électeurs irréductibles prennent conscience de ce que représente le FN, on a plusieurs types de réactions :
- il y a ceux qui vous répondent : il faut vivre avec et dénoncer le danger en espérant que le "plafond de verre" soit déjà atteint. Je ne doute pas qu'il faille continuer à révéler ce qu'est vraiment le FN, mais force est de constater que ses scores continuent d'augmenter...
- il y a ceux qui pensent qu'il faut laisser le FN gouverner la France et démontrer qu'il en est incapable. Certes, mais je ne pense pas qu'il faille laisser un champ de ruines : la reconstruction prendrait trop de temps. Il suffit de voir comment sont gérées les villes FN (et on en aura confirmation au fur et à mesure que le mandat se termine) pour comprendre que ces villes  n'ont aucun projet et qu'elles font l'objet d'expérimentations graves pour la démocratie et la solidarité... 
Mais tous les habitants de ces villes n'en ont pas conscience et sont charmés par le populisme et la "poudre aux yeux" (manifestations festives...). Le problème dans ces villes (et au niveau national), c'est la constitution de majorités alternatives crédibles...
- il y a ceux qui sont persuadés que l'hydre s'effondrera d'elle-même. Malheureusement, les exemples historiques et d'aujourd'hui prouvent qu'il faut du temps et que les conséquences sont désastreuses...
- il y a ceux qui persuadés qu'il faut faire quelque chose et qui font, mais les résultats sont bien maigres. et pourtant ce sont eux qui ont raison... Dans une démocratie malade comme la nôtre (on sait pourquoi), et en attendant sa guérison, il faut continuer à dénoncer, combattre et persuader : cela prendra du temps mais la grandeur de la France se trouve justement dans cette remise en cause perpétuelle qui fait avancer les choses...

dimanche 12 février 2017

Programme économique du FN : la ruine de la France...

L'économie n'est pas une science exacte, tout le monde le sait. Mais il y a des "fondamentaux" sur lesquels les économistes sont d'accord et, parmi ceux-là :
- revenir au franc, comme le préconise le FN, entraînerait automatiquement une dévaluation. Ce qui signifie un effondrement du patrimoine et des économies des Français. Nul doute, de plus, que les entreprises et les particuliers possédant des économies se dépêcheraient de les transférer à l'étranger. D'ailleurs, depuis peu, le FN n'évoque plus la sortie de l'euro...
- Taxer les importations, comme le préconise le FN, entraînerait automatiquement un renchérissement des matières premières et des produits importés. Sans parler des mesures de rétorsion des autres pays qui entameraient ainsi notre compétitivité à l'exportation.
Bref, un effondrement de l'économie française en prévision...


Le projet du FN : tuer l’Europe
Editorial. En lieu et place de réformes sérieuses et difficiles, le FN vend une recette miracle et entend détruire ce qui a été construit, pas à pas, depuis soixante-dix ans.
LE MONDE | 06.02.2017

Oubliez les propos sur la préférence nationale, les taxes à l’importation, les baisses d’impôts miraculeuses, l’insupportable rhétorique des « élites » et du « peuple ». Marine Le Pen, la candidate du Front national à l’élection présidentielle, n’a qu’un programme : sortir de l’Union européenne (UE) et de l’euro. Ou faire exploser l’UE en quittant la monnaie unique. Ou décréter d’abord la « mort » de l’UE avant celle de l’euro. C’est comme on voudra, dans l’ordre ou dans le désordre, car à entendre la patronne de l’extrême droite française, il n’y a qu’une seule source aux maux dont souffre le pays, et elle s’appelle l’Europe.
Au lendemain d’un week-end politique, samedi 4 et dimanche 5 février, où Mme Le Pen a réaffirmé les grandes lignes de son programme, il faut regarder les choses en face. Le Front national veut casser l’Europe. Il entend détruire ce qui a été construit, pas à pas, depuis soixante-dix ans, une œuvre qui n’a pas peu contribué à cette réalité qu’on tient, à tort, pour garantie : un Vieux Continent enfin apaisé et libéré de nombre des démons qui l’ont maintes fois ravagé. La France a été l’un des maîtres d’œuvre de cet immense succès. Mais cela ne compte pas pour Mme Le Pen.
Elle s’est efforcée, non sans talent, de « banaliser » un parti qui, puisant dans un vieux fonds vichyste, ne s’est développé que dans un anti-gaullisme acharné, aujourd’hui remplacé par sa détestation de l’Europe – le FN a toujours un bouc émissaire. La chef du FN ne veut plus revenir sur l’abolition de la peine de mort (à moins que l’extension du domaine du référendum, qu’elle programme, ne vise à proposer le retour de la guillotine) et elle se range volontiers aux us et coutumes de l’époque concernant le mariage homosexuel.
Simplisme démagogique
Mais toute la radicalité négative dont le FN est porteur se concentre sur le couple diabolique Europe/immigration qui expliquerait tout : chômage de masse, faible compétitivité dans nombre de secteurs de pointe, absence de dialogue social, modèle agricole inadapté, école sous-performante, etc. Le FN a le coupable. Le FN a la recette : « y a qu’à » sortir de l’UE.
Au-delà de la stupidité de ce simplisme démagogique, examinons les choses de plus près. Le retour à un franc dévalué ? Passons sur le krach bancaire qui s’ensuivrait : on imagine déjà la ruée des épargnants – ménages et entreprises – paniqués à l’idée de voir la valeur de leurs économies s’effondrer avec le franc. Passons sur l’explosion d’une dette publique qui, libellée en francs dévalués, supposerait d’être financée avec des taux d’intérêt à la grecque.
Cette idée que la souveraineté monétaire en 2017 – dans une France dont l’économie est l’une des plus mondialisées – passe par le retour joyeux à un franc dévalué est inepte. Quelle serait la réaction de nos voisins européens, avec lesquels nous réalisons près de 70 % de notre commerce extérieur ? Ils dévalueraient à leur tour ? Nous reviendrions ainsi à la belle époque des dévaluations compétitives en Europe qui fit la joie des fonds spéculatifs américains jouant telle devise contre l’autre. Nous abaisserions la valeur monétaire de nos PME et fleurons industriels, là encore au profit des fonds qataris ou des géants chinois se ruant pour racheter les entreprises tricolores. Le « patriotisme économique » de Mme Le Pen, c’est bon pour Wall Street, désastreux pour la France.
En lieu et place de réformes sérieuses et difficiles, le FN vend une recette miracle : tuer l’Europe. Ce n’est pas un programme. C’est un renoncement.

samedi 11 février 2017

Pour info

J'ai eu connaissance (notamment sur ce blog), ces derniers jours, de commentaires, en fait des copiés-collés, reprenant 2 thèmes (voir sous mon post d'hier) : 
- l'un était une liste d'élus de gauche, poursuivis et/ou condamnés, pour différentes infractions de tous genres;
- l'autre était une anaphore : "Que faisait le Canard enchaîné quand..." reprenant une liste d'enfants d'élus dont la nomination professionnelle sous-entendait un "piston" parental.
On retrouve, via un moteur de recherche, les mêmes références, reprises mot à mot, en commentaire d'articles sur des médias, des blogs...traitant de l'"affaire" Fillon.
Il s'agit donc d'une action collective et concertée face au "tribunal médiatique" dénoncé par François Fillon et le mettant en cause. On a bien compris que ces listes avaient pour but de montrer que d'autres hommes politiques avaient fauté. Dans l'anaphore citée, il semblerait que les personnes incriminées n'aient pas fait l'objet de poursuites judiciaires... 
J'ai répondu, pour ma part, que, dans le premier cas, aucun des élus n'avait été candidat à la présidence de la République comme l'est actuellement F. Fillon, ce qui n'excuse rien, mais explique pourquoi il n'y a pas eu de "cirque médiatique". Même si les affaires ont fait plus ou moins de bruit suivant la personnalité en cause...
Dans le second cas, je me souviens que beaucoup des cas furent évoqués par le Canard, mais aucune des personnes citées, n'a été, à ma connaissance, l'objet de poursuites... De plus, aucune ne fut candidate à une présidentielle...

Le fait qu'il s'agisse d'une action collective, que les arguments utilisés n'aient rien à voir avec le cas Fillon, que les cibles visées sont de gauche prouve qu'on est face à une action de masse visant à toucher un maximum de personnes... J'ai évoqué, hier, que le gouvernement avait mis en garde contre une attaque des services secrets russes au moment des élections, comme ils y avaient procédé aux USA contre Hillary Clinton. Fillon et Le Pen ont fait part de leur sympathie pour Poutine (comme l'avait fait Trump) et de là à penser...
Certes, ne crions pas au complot, mais ne soyons pas naïfs non plus...
Je tenais à vous informer de ces commentaires qui commencent à fleurir sur le Web. 

vendredi 10 février 2017

Manifeste pour que F. Fillon soit candidat quoi qu'il arrive !

Maintenant, ça suffit ! Il faut que Fillon puisse se présenter à l'élection présidentielle ! Quelles que soient ses turpitudes, il est hors de question de l'empêcher de candidater... Même s'il est mis en examen dans les prochaines semaines, il est présumé innocent et DOIT concourir !
A ceux qui estiment que les faits qui lui sont reprochés (non établis, pour l'instant) sont suffisamment graves pour que, moralement, il doive se retirer
A ceux qui sont persuadés de son innocence et qu'un complot médiatique est à l'oeuvre pour l'empêcher de gagner.

Je rétorque aux premiers :
- Ne tirez pas sur ambulance ! Fillon ne peut plus terminer second au premier tour. Montrez vous démocrates... 
- Faites de même avec M. Le Pen, même si les soupçons qui pèsent sur elle sont au moins aussi graves que ceux qui accablent FF. Soyez magnanimes...
- L'opinion publique sait ce qu'elle doit penser de ce qui est reproché à F. Fillon. Faites lui confiance !
- Préoccupez-vous de soutenir Macron ou de consolider un attelage Hamon/Mélenchon/Jadot, avec un jockey unique... D'ailleurs, si Benoit ou Jean-Luc ne veut laisser la place, poussez-les à choisir Yannick comme candidat unique... Sinon, de facto vous choisissez Emmanuel. Soyez pertinents !

Quant aux supporters de F.Fillon, je leur affirme :
- Votre candidat n'a plus aucune chance de gagner. Cessez donc de tirer sur les médias. Soyez réalistes !
- Vous le savez, les services secrets russes, après leur intervention dans les élections étatsuniennes, vont s'attaquer aux élections françaises. Ils ont, en fait, déjà commencé en distillant leur communication de propagande (soi-disant homosexualité de Macron, liste des hommes de gauche poursuivis ou condamnés...). Ils vous ont lâchés et "courent" maintenant pour Le Pen. Soyez perspicaces !
- Vous n'avez pas intérêt à ce que le FN gagne les élections, car il pourrait attirer une partie de vos troupes et vous mettriez des dizaines d'années à vous en remettre. N'insultez pas l'avenir !
- Vos hommes politiques sont usés... Faîtes sortir de nouvelles têtes pour les élections futures... Pensez aux femmes !
- Conservez Fillon comme tête de liste, car, de toutes les façons, avec un plan B, qui n'existe d'ailleurs pas, vous vous effondreriez. Ayez foi en la droite ! 

jeudi 9 février 2017

Un point commun entre Fillon et Le Pen : le fric !

Quel mimétisme ! Quelle obsession commune (le fric) ! Quel esprit de famille chez les Fillon et les Le Pen ! Quelle faculté de mensonges par omission ! Qu'on en juge :
- Ils ont, tous les deux,  embauché leur conjoint comme attaché parlementaire.
- Ils ont également recruté la famille: les 2 enfants Fillon, une fille Le Pen (Yann) et une ex-belle-sœur Le Pen.
- Ils les ont, tous les 2, gracieusement payés : en tous les cas, beaucoup plus que la moyenne des assistants... Avec un plus chez les Le Pen.
- De forts soupçons d'emplois fictifs pèsent sur les 2 clans...

Une différence de traitement, quand même. F. Fillon est l'objet d'une campagne médiatique intense. M Le Pen, même si on en parle, est relativement épargnée... A quand le réveil de la presse pour traiter ces 2 affaires qui se ressemblent beaucoup, sur un pied d'égalité ?

Ci-dessous l'article du Canard sur les Le Pen 

Le Canard Enchaîné 8/2/2017
Les Le Pen, une famille d'assistés... parlementaires

Le conjoint de Marine, sa sœur et son ex-belle-sœur, ont bien vécu, au Parlement européen. La cheftaine du Front dénonce la droite du fric, la gauche du fric, mais pas l'extrême droite du fric...

Un conjoint assistant parlementaire, un gros salaire, des petites cachotteries... Cela ne vous rappelle rien ? Non, il ne s'agit pas de Fillon, mais de Marine Le Pen. On comprend pourquoi elle n'a pas trop envie de s'attarder sur sa propre politique d'embauche familiale et se montre d'une discrétion de violette sur les exploits du candidat LR.
Le 27 janvier, alors qu'elle est en campagne à Denain, sur ses terres du Nord, des journalistes de BFMTV lui tendent un micro dans l'arrière-salle en ébullition d'un bistrot et l'interrogent sur cette casserole : l'embauche de son compagnon, Louis Aliot, à ses côtés au Parlement européen. Mediapart avait raconté en 2013 cette belle histoire qu'il n'est visiblement pas bon de rappeler en 2017. Devant ses partisans et la caméra, la Marine lâche alors ce vilain bobard : "On s'est connus au FN, on faisait tous les deux de la politique ensemble. Ah, j'ai peut-être eu le malheur de tomber amoureux de mon assistant parlementaire ! Je suis désolée, mais c'est comme ça...". Et  d'envoyer gentiment paître le confrère de BFMTV, en lui demandant s'il a "une autre question désagréable" de ce genre...

Mi-temps juteux
Problème : réélue députée aux européennes le 14 juillet 2009, la Marine embauche, deux ans plus tard- le 1er juillet 2011-, le vice-président du FN et élu du conseil régional du Languedoc-Roussillon. Aliot est bel et bien son compagnon. La preuve : le 20 juin 2010, les deux tourtereaux ont créé à parts égales la SCI Palouma pour acquérir leur villa de Millas, dans les Pyrénnées-Orientales. D'ailleurs, tout le monde connaît leur idylle : dans les journaux, Aliot est présenté comme le "conjoint" ou le "compagnon" de la patronne. Pour sa douce, il sera "assistant local". Avec des obligations minimales. Il n'est pas contraint de vivre à Bruxelles ni de pointer au Parlement. Il est censé assister la députée dans  sa "circonscription". Et, comme il n'y a pas de permanence obligatoire non plus, difficile de cerner l'effectivité du boulot de l'amoureux ! Miracle de cette Europe : l'assistant Aliot est basé dans son fief de Perpignan, alors que sa députée Le Pen est élue de la circonscription du... Nord-Ouest. Pour ce grand écart qui force le respect, le fidèle second est correctement dédommagé : 5006 euros brut par mois, pour un travail à mi-temps. On ne badine pas avec la rémunération, au Front !
Excès de pudeur, sans doute, dans aucune de ses biographies, Aliot ne fait état de son activité d'attaché parlementaire. Pas même lorsqu'en 2012, il travaille d'arrache-pied comme directeur opérationnel de la campagne de Marine Le Pen à la présidentielle. L'Olaf, l'organisme antifraude de l'Union européenne tousse lorsque Mediapart révèle l'embauche du cher et tendre, car, à l'Assemblée de Strasbourg, il est précisément interdit de recruter son conjoint. Marine Le Pen argumente alors : avec Aliot, ils ne sont ni mariés ni pacsés, et, précise-t-elle, il ne s'agit pas d'"une relation stable" (laquelle va bien depuis, que l'on se rassure). Devant l'incrédulité générale, la présidente du FN s'en tire finalement avec ce compromis : Aliot ne finira pas la mandature, et le Parlement passe l'éponge. Aliot affirme au "Canard" qu'il n'y a pas eu de "deal", mais il est bien parti fissa à l'été 2013.

Frangine bien au chaud
Mais, outre le père, Jean-Marie, après la fille et le gendre, le clan Le Pen s'est occupé de caser la soeur. En 2009, le Menhir demande à son vieux compagnon Gollnisch de mettre au chaud sa fille Yann. Ses désirs sont des ordres, et Yann est embauchée pour 6 mois à la fin de la mandature 2004-2009, puis pendant la suivante (2009-2014), à l'exception de quelques mois. Un joli pactole à l'actif de la deuxième fille Le Pen, puisque Yann a été embauchée pour 7000 euros brut par mois, dans la plus grande discrétion.
Le tableau serait incomplet si l'on omettait Catherine Griset, fidèle collaboratrice de la présidente et assistante au Parlement européen de décembre 2010 à février 2016. Pas une forcenée du boulot non plus : selon les relevés de l'administration européenne, elle a travaillé 3 heures en 3 mois en 2014. Pour se défendre, elle a expliqué à "L'Obs" que nombre de ses heures n'avaient pas été comptabilisées car elle rentrai(t) par le parking" du Parlement. Pas dupe, Bruxelles réclame 298 497 euros à Marine Le Pen. Petit rappel : Catherine Griset, c'est l'ex-belle-soeur de Marine Le Pen, la soeur d'Eric Iorio, son ex-mari.
Le FN, c'est "les Français d'abord" mais la famille avant...


Anne-Sophie Mercier et Christophe Nobili.

mercredi 8 février 2017

C'est pas bien, François, de nous raconter des bobards ! (2)

Courte conférence de presse durant laquelle F. Fillon nous a présenté sa "vérité". Malgré son ton sentencieux, il n'a pas réussi à imposer ses arguments et pourtant il ne supporte aucune répartie. Et, donc, ses propos n'ont pas suffi à résorber le trouble que posent toutes les révélations de ces derniers jours... Quelques exemples :

1) Sur le montant du salaire de son épouse : « Ma femme a donc occupé ce poste pendant quinze ans et ceci pour un montant moyen de rémunération mensuelle de 3 677 euros net. Salaire parfaitement justifié pour une personne diplômée de droit et de lettres. »
2 précisions sur le sujet :
- en 2007, selon le Canard, elle a perçu  (de janvier à août) : 7829 euros net, plus, donc, que l'indemnité d'un député !
- la moyenne des salaires perçus par les assistants de l'Assemblée nationale est de 2035 euros net... Favoritisme ou ?

2) « On brandit un montant d’un million d’euros pour faire sensation alors que les sommes sont en euros bruts. »
Ben oui, la différence entre le brut et le net, certes non perçue par Madame Fillon, est payée par le contribuable. On doit donc le signaler au citoyen, ce contribuable qui paye (a payé Madame Fillon) et a alimenté.les revenus du couple...

3) Pénélope F a-t-elle vraiment travaillé pour son mari ? Cela devrait être aisé à démontrer, notamment par les nombreux échanges qu’elle avait avec des collaborateurs, des cabinets, des élus et des citoyens, sans parler des notes à son mari... Selon Le Monde, les Fillon n'auraient fourni que peu de choses aux enquêteurs !

4) Sur le travail de Marie et Charles (oublions le fait qu'ils n'étaient pas encore avocats, à l'époque, comme l'avait pourtant affirmé leur père), il a précisé lundi : « J’ai employé mes enfants, Marie et Charles, qui ont travaillé pendant quinze mois en 2005 et 2006 pour Marie, et six mois en 2007 pour Charles, comme collaborateurs parlementaires, pour un salaire mensuel net de 3 000 euros en moyenne pour chacun. Rien n’était dissimulé. Tous les contrats de travail dont je parle sont strictement légaux. ». Ils ont touché, alors qu'ils étaient étudiants, 83 735 euros à eux deux, soit 3 070 euros net. Soit largement plus que la moyenne des assistants à l'Assemblée (2035 euros). On notera également que Charles a perçu 3425 euros net alors que sa sœur s'est "contentée" de 2926 euros. Machisme ordinaire ?
" D’après les informations du Mondele candidat de la droite a expliqué aux enquêteurs que son fils avait « travaillé au programme du candidat à l’élection présidentielle sur des sujets institutionnels » – soit pour la campagne de Nicolas Sarkozy, donc, en étant rémunéré par l’Assemblée nationale. S’ils étaient avérés, ces faits pourraient être pénalement répréhensibles de détournement de fonds publics et financement illicite de campagne électorale. Sarko a encore crevé un peu plus le plafond des dépenses électorales. Mais on n'est plus à cela près (26 651 euros brut  : une paille !). Encore une belle "erreur" sanctionnable ! 


5) « Le parquet financier s’est saisi en vingt-quatre heures, alors qu’il n’était sans doute pas compétent pour se saisir de cette affaire. »  Quelle imprudence (impudence ?) de la part  de FF !
Or, le parquet national financier (PNF) a notamment vocation, comme le précise une circulaire ministérielle, à se saisir « des affaires susceptibles de provoquer un retentissement national ou international de grande ampleur ».
En l’occurrence, commente Le Monde, "l’enquête préliminaire a été ouverte pour « détournement de fonds publics, abus de biens sociaux et recel de ces délits », ce qui relève bien des missions du PNF, et le statut de M. Fillon, candidat à la présidentielle, laisse peu de doute sur le « retentissement national » de l’affaire.".

6) selon les révélations du Monde, FF a rémunéré ses deux enfants successivement au Sénat alors qu’ils effectuaient des missions éloignées du travail classique des assistants parlementaires : Marie Fillon aurait rédigé un livre politique à la fin de 2006 (La France peut supporter la vérité), et Charles Fillon aurait travaillé à une partie du programme du candidat Sarkozy en 2007.
Pour se défendre, M. Fillon explique que ses enfants avaient « constitué des bases documentaires », et que de toute façon, un élu n’a pas à justifier du contenu du travail de ses collaborateurs". C'est vrai qu'il n'y a aucune jurisprudence en la matière... Mais "le code électoral interdit (à l'assistant parlementaire) par exemple de participer à une campagne électorale pendant ses heures de travail, comme le rappelle la Commission nationale des comptes de campagne et des financements politiques. Or, c’est précisément ce qui pourrait être reproché à Charles Fillon" (Le Monde).
De plus, il est trop facile de dire que seul le député est juge du travail de l'assistant. L'électeur n'a pas voté pour un député qui utilise l'argent public pour des objectifs personnels. Heureusement que la presse fait son travail pour que l'électeur sache ce que fait son représentant !

7) « Lorsque j’étais premier ministre, je n’ai cessé de resserrer les règles de transparence et de déontologie appliquées aux membres du gouvernement. 
J’ai encadré l’utilisation des avions de l’Etat. J’ai renforcé les règles sur les appartements de fonction des ministres. (…) J’ai sanctionné des ministres pour des dépenses indues. » dixit Fillon lundi pour bien montrer qu'il a toujours était "irréprochable' !

Comme l’avait révélé France Soir en février 2011 – soit près de quatre ans après l’arrivée de M. Fillon à Matignon –, « pour rentrer chez lui le week-end, le premier ministre a délaissé le Super Puma pour des avions gouvernementaux, le Falcon 900, puis le Falcon 7X ».
« Autorisé, mais légèrement absurde », commentait le quotidien, c’est un trajet que le premier ministre aurait pu faire en train, puisque la gare TGV de Sablé-sur-Sarthe (entre Angers et Le Mans) est à une heure vingt de la gare Montparnasse. France Soir calculait le coût, en privatisant toute une voiture d’un train pour des raisons de sécurité, à 5 800 euros aller-retour. En avion, le premier ministre atterrissait à l’aéroport d’Angers-Marcé, à 45 kilomètres de sa résidence, le manoir de Beaucé, à Solesmes, le tout pour un coût de 27 000 euros, aller-retour pour un total de deux heures de vol. 
Erreur non avouée ! 


Enfin, 
- on peut regretter que, lors de cette conférence de presse, François Fillon n’ait pas été interrogé sur les sommes perçues par son épouse en tant que collaboratrice de La Revue des deux mondes, un emploi lui aussi soupçonné d’être en partie fictif.
- M. Fillon n’a pas non plus été très précis sur les clients et les contrats de sa société 2F Conseil, qui lui a rapporté plus de 750 000 euros entre juin 2012 et décembre 2015. « J’ai donné des conférences dans de nombreux pays et j’ai conseillé des entreprises, a-t-il simplement expliqué. Parmi elles, il y a l’assureur AXA, la société Fimalac et la banque Oddo. »
"Or, la société Fimalac est la holding de Marc Ladreit de Lacharrière, qui est également le propriétaire de… La Revue des deux mondes". Comme le révèle Le Monde, "les magistrats du parquet national financier s’interrogent sur le lien entre ces emplois et la remise de la grand-croix de la Légion d’honneur à M. Ladreit de Lacharrière en 2010, alors que François Fillon était premier ministre".

Non, non ce ne sont pas simplement des "erreurs" que F. Fillon a confessées et pour lesquelles il a présenté ses excuses aux Français... Je ne sais pas si ceux-ci les accepteront... Peut-être une minorité et, à ce moment- là, F. Fillon saura que seuls ses amis ont été dupes de sa soi-disant probité ! 

Un peu d'humour pour terminer. L'Humanité du 3/2 rappelait que dans son livre "Faire" (2015), F. Fillon estimait qu'il fallait diminuer le nombre de parlementaires "pour qu'ils aient des collaborateurs, des bureaux et des moyens pour accomplir leur mission". Il ajoutait qu'en Allemagne, les parlementaires travaillaient avec un nombre de collaborateurs "bien plus grand que chez nous" ! Fifi avait, probablement, en tête l'idée de caser d'autres membres de sa famille (je rappelle qu'il a 5 enfants !)...

mardi 7 février 2017

C'est pas bien, François, de nous raconter des bobards ! (1)

J'ai suivi la conférence de presse de FF hier soir et, dans la foulée, j'en ai fait un résumé et quelques commentaires. J'étais très mal à l'aise car il me semblait que tout n'était pas très clair dans les explications qu'il nous a données. J'ai donc regardé cela d'un peu plus près et j'ai lu, avec beaucoup d'intérêt, que d'autres avaient eu les mêmes réactions. Notamment Le Monde qui a détaillé beaucoup des approximations de l'ancien "collaborateur" de N. Sarkozy. 
Avant de donner quelques éclaircissements sur le fond, et comme certains ont pu applaudir à la présentation sur la forme, je souhaiterais donner mon point de vue sur cette "forme". 
D'abord, FF est un homme austère, qui ne sourit pas, pétri d'un sang froid à la Poutine et qui, en un mot, n'attire pas une sympathie naturelle. Rien de répréhensible dans cette attitude : chacun est ce qu'il est. Sauf qu'ici, il s'agit d'un candidat à la présidence de la République et le moins que l'on puisse lui demander, c'est un peu de flamme pour galvaniser les Français autour d'un projet. N'oublions pas également que c'est cet homme qui a été le chef d'un gouvernement d'un président tellement honni par les Français qu'ils l'ont viré en 2012, puis lui ont "interdit" de se représenter, pour 2017, lors des primaires de la droite et du centre, emporté, donc, par F. Fillon. Ce dernier, qui a été un "assistant" zélé de N. Sarkozy et l'a accompagné dans sa désastreuse politique, sollicite les suffrages des Français, ce qui interpelle car il est quand même comptable, en grande partie, du bilan de Sarko. Ou alors, je ne comprends rien aux institutions de notre République...
J'ai évoqué hier les points qui m'ont choqué :
- certes, il y a eu déchaînement médiatique, mais heureusement que la presse et, en particulier, Le Canard enchaîné, était là pour nous expliquer que ce candidat qui se proclamait irréprochable, ne l'était pas à la hauteur de ses déclarations. Qu'importe que les révélations l'aient été à quelques mois des élections, c'est bien à la presse, qui dispose de moyens d'investigations pas à la portée des citoyens, de nous donner les informations pour éclairer notre jugement... Cela s'appelle un contre-pouvoir. A nous de nous faire une opinion. Et nous sommes suffisamment responsables pour juger de ce qui est bien ou mal;
- j'ai évoqué la méchanceté de F. Fillon quand il a parlé des mensonges du Monde et du Canard. Ces 2 derniers sauront se défendre dans les prochaines heures, le premier sur le viol du secret de l'instruction, le second sur un mensonge commis il y a quelques années concernant son appartement de fonction. Sur l'attaque contre Médiapart (média uniquement numérique) au sujet d'un "redressement fiscal", l'affaire est connue : le journal avait fait de la résistance quand il s'est agi de pratiquer les mêmes taux de TVA quel que soit le support utilisé: il n'a pas été entendu et a dû payer le supplément de TVA, rétroactivement... Là, Fillon a fait fort dans l’ignominie !
- comment peut-il penser qu'en présentant des excuses pour ce qu'il qualifie d'"erreurs", des Français vont le croire sur parole (on verra ce qu'il en est de ces "erreurs" dans la suite de ce post). "Circulez, il n'y a rien à voir" ! Ce n'est pas ce que l'on attend d'un candidat à la fonction suprême...
- comment également accepter qu'un candidat déclare qu'il a reçu "un coup dans l'estomac" l'ayant mis mis KO pendant quelques jours ce qui expliquerait ses confusions dans ses réponses médiatiques ? On attend plus de sérénité de la part d'un éventuel président de la République !

A suivre un peu plus tard dans la journée les explications sur les "erreurs" de F. Fillon...