mardi 20 juin 2017

100% de réussite frontiste dans l'ex-bassin minier (2/2)

La question en débat : pourquoi le FN obtient-il 4 de ses députés (sur 8 au total) dans l'ex-bassin-minier ? Nous avons passé en revue les résultats dans les 4 circonscriptions concernées et nous allons essayer de donner quelques raisons propres à expliquer cette exception ou cette spécificité du territoire en question.

Faillite de la gauche et plus particulièrement du PS
Rappelons que le secteur Lens/Liévin/Hénin/Bruay concentrait l'exploitation minière du Bassin minier Ouest, exploité par des sociétés privées avant la nationalisation de 1946. Syndicats, partis communiste et socialiste accompagnèrent, tout au long de leur vie, les dizaines de milliers de mineurs, gérés par les Charbonnages de France. La fin de l'exploitation des mines à partir des années 70, jusqu'aux années 90 ne laissa pas la place à des entreprises de substitution et la reconversion industrielle fut largement manquée, laissant sur le carreau de nombreux mineurs et leurs familles. Cette incapacité de la gauche (pourtant au pouvoir à partir de 1981) entraîna une perte d'influence du PC, puis du parti socialiste. Ce dernier, qui avait mis en place une organisation très efficace à partir du début des années 70, sombra petit à petit dans des dérives (corruption, financements illégaux, copinages...) débouchant sur des affaires telles que l'ORCEP, Kucheida, Dalongeville... Tout cela accompagné de l'impossibilité de résoudre un chômage grandissant bien que le PS disposât de tous les pouvoirs (gouvernement, députés, conseils régional et général, la majorité des villes)... Lens, par exemple, est gérée depuis 1947 par des maires socialistes et Bruay depuis bien plus longtemps encore...
Le mandat de François Hollande, avec son lot de promesses non tenues, de luttes internes, a achevé le PS qui a perdu tous ses députés dans la NPDC. Mais alors que, dans les autres territoires de la Région, des partis de droite pouvaient se substituer au parti défaillant, le territoire minier du 62, vide de toute présence de droite, s'est jeté depuis quelques années dans les bras du FN qui se présente comme le seul parti qui puisse les sauver... avec toute la démagogie et le populisme dont ce parti est capable...

Des fronts républicains battus en brèche par les élus eux-mêmes.
Incapacité d'influencer ses électeurs ou volonté d'entretenir le flou ? Ainsi, à Rouvroy (11ème circonscription), ville communiste, où lors d'un renouvellement partiel, il y a quelques mois, la majorité sortante communiste écrasa, avec plus de 78%, son seul adversaire, une liste FN. Au premier tour des législatives, certes, MLP obtint 42% et le candidat communiste 29% (les autres obtinrent des miettes, mis à part les candidats FI et LREM). Qu'advint-il au second tour ? MLP passa à 64,1%, la candidate "En marche ?" se situant, donc, à 35,9%. L'abstention avait augmenté de 5 points et il y eut quelques bulletins blancs, mais l'évidence est là : MLP bénéficia d'un fort report de voix de personnes qui n'avaient pas voté pour elle au premier tour... et donc, d'une partie importante du vote communiste. Je ne pense pas qu'il y eut d'appel en ce sens, mais la discipline républicaine n'a pas joué... Dans d'autres communes, les appels à battre le FN furent nombreux mais moins engageants que ceux qui désignaient le candidat pour qui il fallait voter, à savoir l'adversaire du FN...
Au moins aussi étonnant, dans la commune de Bruay, où l'addition des voix de premier tour du PS (40,1%), du PC et de la FI devait assurer un score confortable à la candidate LREM, soit 65% (et encore, comme dans les exemples suivants, je n'ai pas tenu compte des résultats des petits partis), or celle-ci a obtenu... 48% !  
Aussi spectaculaire, à Liévin (12ème), où le potentiel de la candidate LREM , suite au premier tour, 61,3%, est devenu... 44,3% !
Par contre, dans une commune comme Carvin (11ème) où le député-maire socialiste sortant, avait appelé explicitement à voter pour la candidate LREM, le potentiel ne diminue que peu, passant de 50,3% à 46,4%, résultat final. Mieux encore à Libercourt (11ème), où le maire socialiste avait été aussi explicite, la candidate LREM a fait plus que ce que lui prédisaient les scores de premier tour...
Il faudra quand même que les élus en cause et les partis expliquent ces déperditions de voix entre les 2 tours !

Le vote blanc et l'abstention 
Ils peuvent expliquer, partiellement, la victoire de 3 des 4 députés FN. 
- l'augmentation du nombre de votes blancs, indication que certains électeurs ne voulaient pas choisir entre le candidat FN et celui de LREM n'explique pas, à elle-seule, la victoire de MLP dans la 11ème (+1084 voix de bulletins blancs), ni dans la 12ème (+ 1340). Par contre, 1440 blancs en plus, dans la 10ème, ce n'est pas loin de l'écart final entre les 2 candidats qui est de 1749 voix... De même, dans la 3ème, il y eût 1368 blancs et le vainqueur frontiste ne l'emporta que de 1813 voix...
- l'abstention n'explique, selon ses raisons (ne pas vouloir choisir, estimer que les jeux sont faits, "aller à la pêche") que, partiellement, un avantage donné à un candidat FN  
* Mise à part la 11ème où même si les abstentionnistes étaient venus voter, MLP aurait gagné (4601 abstentionnistes supplémentaires alors qu'elle a gagné de près de 6700 voix), dans les autres circonscriptions, l'écart de voix entre les candidats est inférieure à la différence finale de résultat. 
* Dans la 12ème, B. Bilde a gagné de 3695 voix (avec 6123 abstentionnistes de plus d'un tour à l'autre).
* L. Pajot (10ème) l'a emporté de 1749 voix et quand on sait qu'il y eût 6537 abstentionnistes supplémentaires, on peut s'interroger sur les conséquences d'une non-mobilisation...
* Même questions dans la 3ème où J. Evrard a battu son adversaire de 1813 voix avec un nombre d'abstentions supérieur de 6157 d'un tour à l'autre...

En conclusion, le mauvais report de voix non frontistes vers le candidat LREM, l'augmentation importante de l'abstention ainsi que des bulletins blancs ont induit en erreur ceux qui, au soir du premier tour, pronostiquaient que, parmi les candidats FN, seule MLP pouvait gagner au second tour. C'est cette non-mobilisation des électeurs non FN et des partis éliminés au premier tour qui expliquent la victoire des Bilde, Evrard et Pajot... Les partis de gauche se sont, une nouvelle fois, décrédibilisés...

lundi 19 juin 2017

100% de réussite frontiste dans l'ex-bassin minier (1/2)

La question est lancinante : comment se fait-il que le Front national qui a subi un échec patent, en France, pendant la séquence d'élections de ces dernières semaines, ait obtenu 4 députés dans le Bassin minier (le Bassin miné, disent certains...) alors qu'il n'a eu que 8 élus dans toute la France ? 
Pour tenter de répondre à cette question, voyons d'abord les conditions dans lesquelles ces 4 députés ont gagné avant d'esquisser quelques explications sur cette razzia locale du FN. 

1- Considérations générales. 
Rappelons que les 4 circonscriptions concernées (3ème, 10ème, 11ème et 12ème) se situent sur un espace géographique restreint, puisque les villes centre sont proches les unes des autres : Lens (3ème) et Lièvin (12ème) sont mitoyennes; Hénin est à moins de 15km de Lens; Bruay est à 20km de Lens, tandis qu'Hénin-Beaumont est, elle, éloignée de 39km de Bruay La Buissière.
Le nombre d'inscrits est important, mais homogène :
- Lens-Avion-Harnes, c'est 85 611 inscrits sur les listes électorales.
- Bruay-Noeux : 90 276 inscrits.
- Hénin-Carvin : 94 917 inscrits.
- Liévin-Bully-Wingles : 95 109
soit environ 365 000 électeurs inscrits.
Ces 4 circonscriptions font partie de l'ex-bassin minier du Pas-de-Calais (prolongé dans le département du Nord et même en Belgique). 

2- Les résultats dans les 4 circonscriptions :
- dans la 3ème (Lens):  victoire de l'ancien communiste, José Evrard,  15 ans permanent du Parti communiste à Lens, ancien secrétaire départemental du PC Pas-de-Calais. Il a rejoint le Front national en 2014 se sentant trahi dans ses engagements.  Il a battu, avec 52,9%, le candidat macroniste qui était en ballottage favorable et, pourtant, le FN emporte 10 des 12 communes du secteur (Lens et Avion, les 2 villes les plus importantes, ayant donné une légère majorité au candidat LREM). Une abstention de 60,5%, en hausse de 5 points entre les 2 tours, ainsi qu'un front républicain qui a mal fonctionné, expliqueraient la victoire de J. Evrard.
- dans la 10ème : le jeune (23 ans) Ludovic Pajot, conseiller municipal à Béthune, et qui avait jeté son dévolu sur Bruay où il lorgne sur les municipales (il y a réalisé 51,9%) a gagné avec un score sans appel de 52,6%. Coup de tonnerre dans cette circonscription où la gauche a marqué de son empreinte les villes minières. Comme José Evrard dans la 3ème, il était absent au moment de la proclamation des résultats (il était à HB avec MLP), ce qui dénote un certain mépris pour les électeurs qui l'ont élu. Ici aussi, on invoque le manque de soutien des maires des communes, la faible participation (près de 65% d'abstention !) et, selon La Voix du Nord, un report des voix d'une partie des électeurs socialistes du premier tour sur le candidat FN au second tour. L. Pajot, qui sera le benjamin de l'Assemblée, est considéré comme "un peu tendre" par ses collègues béthunois qui ajoutent : "ceci est un euphémisme"....
- dans la onzième (Hénin) : victoire sans appel de MLP avec 58,6%, même si, sur HB, elle réalise 2200 voix de moins qu'au 2ème tour de la présidentielle (il est vrai qu'il y a eu une abstention importante ce dimanche). L'opposition dans Hénin fait pâle figure (34%), alors qu'elle est plus visible sur la circonscription (41,4%). Dans toutes les villes de la circonscription, MLP est largement en tête, bien au-delà des 50% (64% dans la ville communiste de Rouvroy !), sauf à Libercourt où elle réalise... 49,6% .
- Dans la douzième : B. Bilde, maire-adjoint d'Hénin, l'emporte sans coup férir avec 55%. Sur Liévin où le maire est pourtant bien implanté, les dérives de son prédécesseur (Kucheida) ont laissé des traces puisque celui qu'on surnomme Goebilde (Goethe ou Goebels ?) atteint 55,7%, alors qu'au premier tour il était à 30,8% : là aussi, une partie du vote socialiste de premier tour s'est reportée sur le frontiste, au second tour !

A suivre


dimanche 18 juin 2017

Savoureux...

Je vous ai déjà parlé de ce journaliste scientifique dont la rigueur professionnelle n'a d'égale que l'humour qu'il distille dans ses articles du mercredi dans le supplément du quotidien du soir (Le Monde scientifique).


L'art de calibrer les testicules avec des chocolats
Savez-vous ce qu'est un orchidomètre ? Ce chapelet aux perles ovoïdes de différentes tailles n'a pas de rapport avec les orchidées, hormis pour ce qui est de la racine grecque de son nom, -orchis, qui signifie testicule (les tubercules de certaines orchidées présentent cette forme de coucougnette). L'orchidomètre sert non pas à compter les Je vous salue Marie ou à mesurer des fleurs, mais à calibrer les -gonades masculines, notamment lors de la puberté.
Comme le fait remarquer un savoureux article britannique publié en  2001 dans le fort sérieux British Medical Journal, l'orchidomètre coûte assez cher pour ce que c'est (une bonne vingtaine d'euros) et il a une fâcheuse tendance à se perdre. Mais les deux auteurs principaux de cette étude, endocrinologues dans un hôpital de Liverpool, ont découvert que deux chocolats, le Maltesers Teaser et le Galaxy Truffle, présentaient exactement la même forme et le même volume que la perle de 8 millilitres qui représente le testicule moyen d'un adolescent. Sans se prendre le moins du monde au sérieux, ces médecins se sont dit que le système de santé britannique pourrait faire des économies en s'équipant de chocolats. A condition que ces derniers soient aussi fiables qu'un véritable orchidomètre.
Pour le savoir, ils ont testé leur nouvel instrument. Les yeux bandés, cinq de leurs collègues pédiatres ont pris dans une main soit une friandise emballée, soit la vraie perle de 8  millilitres entourée du même papier et, dans l'autre main, les autres perles d'un -orchidomètre, avec pour mission de dire si elles étaient plus petites ou plus grandes que leur échantillon. Les auteurs précisent : " De véritables testicules n'ont pas été utilisés, car l'image de la profession -médicale est déjà assez mauvaise comme ça. "Les -résultats montrent que, pour ce qui est du volume, le chocolat peut remplacer la perle en question.
Il a fallu ensuite vérifier la résistance de cet orchidomètre de substitution aux contraintes physiques typiques rencontrées dans un hôpital de Liverpool. Les chocolats ont donc subi… un coup de marteau (pour la résistance au choc) et un tour au sauna (pour la résistance à la température en milieu hospitalier). C'était un peu trop pour eux : la perle en bois " a survécu aux deux tests, alors que les Teasers ont cédé au premier coup de marteau et abîmé un peignoir en -excellent état "en fondant… Malgré cet échec, les auteurs notent que les chocolats présentent un atout appréciable par rapport aux bibelots de bois, à savoir leur " aptitude à venir en aide au personnel affaibli par la faim au terme d'une longue garde ".
Restait à prouver leur comestibilité. C'est cette -tâche qu'ont remplie les deux autres membres de l'équipe, Sally (S) et Pippa (P), dont il faut vérifier s'ils sont les premiers chiens à cosigner un article médical. L'expérience à laquelle ils ont participé est ainsi décrite : " Des Teasers (nombre =  5) et des Truffles (n =  5), tous déballés, et 10 perles d'orchidomètre ont été éparpillés au hasard à 30-40  cm de P et de S (…).Environ 17  secondes après, tout ce qui restait était 10 perles d'orchidomètre et de la salive. Nous considérons cela comme une preuve que Teasers et Truffles sont plus savoureux que des perles conventionnelles d'orchidomètre. "
Les chercheurs ajoutent que" le coût faible de - leur - orchidomètre alternatif (6 pence) doit le faire apprécier des systèmes de santé qui sont à court d'argent ". Et probablement aussi des médecins gourmands, à -condition que ne les rebute pas l'idée de croquer dans des ersatz de testicules.

Pierre Barthélémy
© Le Monde 14/6/2017

samedi 17 juin 2017

Faut bien rire en cette veille du 18/6


Le Gorafi : 
- L’été approchant, c’est une question que nous nous sommes tous déjà posée. En cas de forte chaleur, est-il acceptable de porter un marcel ? Réunie en congrès extraordinaire à Malaga, la communauté scientifique internationale s’est, une fois encore, montrée unanime sur le sujet : la canicule ne sera jamais une raison suffisante pour porter un marcel.

- Le chef de l’État s’en ira, accompagné de 500 journalistes tirés au sort parmi ses soutiens, pour une journée de détente au Parc Astérix. Un geste visant à témoigner sa gratitude envers le travail fourni lors des dernières élections législatives.

- Richard Ferrand voyagerait également avec une carte 12/25 depuis 10 ans.

- Lassé des polémiques sur les assistants parlementaires fantômes et autres fantaisies budgétaires, le président du Parlement a tapé du poing sur la table hier et envoyé un message fort : le nombre d'emplois fictifs sera limité à 3 par député. Sauf pour les Français pour lesquels le nombre sera limité à 2 "parce que de toute façon, ils continueront à frauder" et 1 pour Nadine Morano "parce que c'est comme ça !"

Nordpresse 
- Nabila : "j'espère qu'on retrouvera le petit Grégory"

- Le petit Grégory a été retrouvé en vie 

vendredi 16 juin 2017

Fonctionnement de la justice : à revoir, dans l'intérêt général.

Vous trouverez, ci-dessous, le commentaire que j'ai écrit sur Facebook suite à un article de Libération, sur "L"affaire Grégory, le mystère imaginaire" et différents commentaires sur la justice dont celui d'un citoyen, ex-héninois qui a longtemps contribué au présent blog par ses remarques pertinentes (il écrivait sous le pseudo "Cimares") et qui commente ainsi :  "le système judiciaire a quand même besoin d'une remise en cause certaine. C'est le seul pouvoir qui ne rend des comptes à personne au nom de l'indépendance... On observe donc bien les insuffisances de cette indépendance forcenée qui amène à s'autogérer à s'autoamnisitier, et à déclarer les autres coupables et les condamner au nom du peuple français... la technostructure juridictionnelle ne devrait pas échapper à la remise en cause du système à l'instar des autres pouvoirs, ne serait-ce que parce que ses acteurs sont des hommes disposant des mêmes qualités et des mêmes défauts qu'ailleurs." Et il ajoute un peu plus loin : "il n'empêche que les dégâts produits par la justice se sont encore poursuivis s'agissant de l'affaire d'Outreau par exemple !"

J'ai écrit ceci : "Comme le pouvoir politique ne peut être juge en la matière, il conviendrait de réaliser un audit de la justice française, non par un cabinet spécialisé mais par des citoyens, des politiques, des magistrats, des avocats et organiser un débat public national sur les conclusions et propositions... Tout cela prendra du temps (2 ou 3 ans probablement) mais c'est plus que nécessaire. Les décisions finales devront être prises par un collectif de citoyens représentatifs auquel, exceptionnellement, l'exécutif et le législatif délégueraient leurs pouvoir (à valider par le Conseil constitutionnel). A situation exceptionnelle, procédure exceptionnelle... Outre les affaires du type Grégory ou Outreau, il y a les affaires politiques dont les cas Tibéri et Balkany qui sont emblématiques. Ou d'autres bien encore comme : pourquoi Dalongeville n'a-il pas exécuté sa peine ? Ou pourquoi une adjointe d'un maire FN qui aurait triché au détriment du CCAS de sa ville n'a jamais fait l'objet d'une plainte du Conseil départemental dont le président a évoqué publiquement le cas (à noter que l'élue n'a pas été suspendue par le maire) ?"

jeudi 15 juin 2017

Ma contribution au débat sur les législatives...

Moultes questions sont posées, suite au premier tour des législatives. Voici ce que j'en pense...

1- N'est-il pas dangereux que le Président dispose d'une majorité absolue à l'Assemblée nationale ?
Je ne le pense pas et ce, pour 2 raisons :
- il y a d'autres pouvoirs dont il ne dispose pas : les départements, les régions, le Sénat. Le Conseil constitutionnel est indépendant et peut censurer toute atteinte à la Constitution. D'ailleurs, le PS disposait de tous les pouvoirs politiques évoquées et n'a pas outrepassé ses droits... Il en est mort, d'ailleurs !
- s'il devait, malgré les garde-fous cités ci-dessus, dépasser les bornes de la démocratie, le pouvoir de la rue a souvent démontré qu'il savait constituer un contre-pouvoir, chez nous (et ailleurs)... Je fais confiance aux Français !

2- Que signifie l'abstention record enregistrée le 11 juin ? 
Plusieurs explications ont été données et me semblent justes :
- depuis plusieurs mois, élections et primaires (8 tours en quelques mois, même si tout le monde n'avait pas à voter aux deux primaires) se sont succédées, lassant certains Français.
- les "affaires" mettant en cause des hommes politiques (Fillon, Le Pen, Bayrou, de Sarnez) ont détourné des citoyens de la politique.
- beaucoup d'électeurs du FN, déçus par leur parti, ne seraient pas allés voter dimanche. La prestation désastreuse de MLP lors du débat avec Macron, le résultat médiocre de leur cheffe au second tour des présidentielles, les dissensions internes ont déçu des militants et sympathisants frontistes. 
- des électeurs de la France Insoumise ont été également déçus par les prises de position de JL Mélenchon entre les 2 tours des présidentielles, par son "parachutage" en terrain presque déjà conquis et par son attitude entre les 2 élections...
Concernant ces 2 derniers partis, c'est chez eux que l'on retrouve, d'ailleurs, le plus d'abstentionnistes...

3- Le scrutin législatif uninominal à 2 tours est-il démocratique ?
La question se pose parce qu'il ne parait pas juste que le parti du Président, qui a recueilli 30% des voix, dimanche dernier, puisse obtenir, dimanche prochain, 75% des sièges à l'Assemblée nationale.
Le FN, avec 13%, ne disposera très probablement pas d'un groupe (minimum : 15 députés), les projections lui accordant de 1 à 5 députés (soit moins de 1% des 577 députés). De même, avec 11% au 1er tour de dimanche dernier, la FI pourrait ne pas pouvoir constituer de groupe (15 députés correspond à un peu moins de 3% des sièges...).
Pourquoi ne pas élire les députés à la proportionnelle ?
Rappelons les avantages et inconvénients des 2 modes d'élection :
- si la proportionnelle intégrale semble plus juste, elle a un défaut majeur : elle ne permet pas de constituer des majorités stables, parce qu'elle oblige à des accords pour constituer des gouvernements responsables devant l'Assemblée. La France a été traumatisée sous la IVème République par des changements incessants de gouvernements...
- le scrutin majoritaire à 2 tours permet, lui, de constituer des majorités qui peuvent gouverner. Certes, il amplifie des majorités relatives qui deviennent absolues et empêche la représentation de partis minoritaires et, donc, leur expression.
La Constitution de la Vème République avait choisi ce scrutin majoritaire, pour mettre fin à la "chienlit" et au "régime des partis", pour reprendre les expressions de Charles de Gaulle...
La solution qui semblerait satisfaire beaucoup de monde serait un scrutin majoritaire à 2 tours (comme actuellement), mais avec une dose de proportionnelle (il y a plusieurs façons de procéder). Ainsi 10 ou 20% des députés seraient élus à la proportionnelle. En prenant pour exemple 20%, cela donnerait, dimanche prochain, 115 députés élus à la proportionnelle, soit 13 députés supplémentaires pour le FN qui pourrait constituer un groupe; de même pour la FI...
Hollande avait promis cette formule, mais ne l'a pas mise en place. E. Macron l'a également prévue...

mercredi 14 juin 2017

Le big-bang Macron.

Alors que le PS s'interroge sur son avenir, une partie de ses membres étant passés chez Macron, d'autres se demandant s'il ne faut pas faire disparaître le parti pour reconstruire... 
Alors que LR se prépare à une scission, certains nouveaux députés étant prêts à "rallier" "La République en Marche". 
D'autres partis se posent des questions sur leur existence même (EELV, Debout la France...). 
Le FN n'est pas en reste, comme on le lira ci-dessous...

La zizanie s’installe au Front national
Sonnés par les résultats du premier tour, les cadres du parti d’extrême droite pointent les responsabilités, mettant en lumière les tensions au sein du parti.
LE MONDE | 13.06.2017
On ne change pas une équipe qui perd. Sitôt passé le premier tour des élections législatives, dimanche 11 juin, le Front national (FN) a repris le cours de sa campagne là où il l’avait arrêté, deux jours plus tôt : sur le terrain de ses divisions internes. Une constante pour le parti d’extrême droite, qui ne cesse de se déchirer en place publique depuis la défaite de Marine Le Pen au second tour de l’élection présidentielle, et semble préoccupé avant tout par la perspective de son prochain congrès, prévu au début de l’année 2018.
Lundi, la controverse a consisté à déterminer le responsable de la déroute du parti lepéniste au premier tour des législatives. Le FN n’a obtenu que 13,2 % des voix au niveau national, et devrait faire élire seulement une poignée de députés.
Dans un entretien au Parisien, le secrétaire général du parti, Nicolas Bay, directeur de la campagne frontiste pour les législatives, a dit « regretter que certains aient fait entendre des voix discordantes au sein du parti au lieu de se concentrer sur la campagne ». Une allusion claire au vice-président du FN Florian Philippot, qui a lancé sa propre association Les Patriotes, pour travailler, dit-il, à la « refondation » du parti.

Ce dernier n’a pas tardé à lui répondre. « Si j’avais une responsabilité [dans la défaite], je ne serais pas en tête dans ma circonscription », a déclaré sur BFM-TV le député européen, qui s’est qualifié pour le second tour dans la 6e circonscription de Moselle. Une manière de souligner l’élimination de M. Bay dès le premier tour dans la 6e circonscription de Seine-Maritime. « Chacun a sa part de responsabilité, y compris ceux qui ont dirigé la campagne de ces législatives », a jugé par ailleurs M. Philippot à l’endroit de son concurrent interne, qui envisage de lancer lui aussi sa propre structure à l’intérieur du parti.
Dans cette bonne ambiance générale, Louis Aliot, vice-président du FN, y est également allé de son allusion contre le fondateur des Patriotes, au « 20 heures » de TF1. « Certains de mes camarades se sont prononcés sur des choses [sur lesquelles] ils auraient mieux fait de se taire parce que nous sommes en élections législatives », a jugé le compagnon de Mme Le Pen.

L’euro, un casus belli
Le FN cherche, en fait, à comprendre comment il a pu revenir à son étiage des élections législatives de 2012 (13,6 %), alors que certains dans ses rangs imaginaient il y a quelques mois entrer par dizaines au Palais-Bourbon. Le parti pourrait très bien ne pas avoir plus de deux élus, comme lors de la précédente mandature, malgré sa qualification pour le second tour dans près de 120 circonscriptions. « Ça fait un peu court, ça fait même très court », a jugé Bruno Gollnisch, ancien concurrent de Mme Le Pen pour la présidence du FN.
L’abstention est présentée par l’ensemble des cadres du FN comme le principal facteur de cet échec, puisque 57 % des électeurs frontistes au premier tour de la présidentielle ne se sont pas déplacés, dimanche, selon l’institut de sondage Ipsos. Seulement 38 % de ceux des Républicains (LR) ou de La République en marche (LRM) se trouvent dans la même situation.
« Les gens sont vraiment lassés, et il y a peut-être aussi la déception du fait que ça ne marche jamais », estime Philippe Olivier, conseiller de Mme Le Pen, en référence à la sévère défaite enregistrée au second tour de la présidentielle contre Emmanuel Macron. Le candidat dans la 7circonscription du Pas-de-Calais reconnaît que les sympathisants frontistes lui ont souvent parlé ces dernières semaines du débat raté dans l’entre-deux-tours face au futur chef de l’Etat. « Ils ont été déçus par le résultat de la présidentielle et traumatisés par le débat », a jugé Gilbert Collard, qui lutte pour sa réélection dans la 2e circonscription du Gard avec un ballottage défavorable contre une candidate LRM.
Le sempiternel sujet de la sortie de l’euro est lui aussi remis sur la table. Selon Nicolas Bay, cette proposition, à laquelle M. Philippot tient particulièrement, fait « partie des sujets très dissuasifs pour une partie de notre électorat »« Notre communication sur cette question est médiocre et anxiogène, ajoute un député européen, qui suggère de renoncer à cette proposition. Ça a été tenté en 2012, ça a été tenté en 2017, ça ne marche pas. »

L’euro est devenu un casus belli, puisque M. Philippot menace de quitter le parti en cas de reculade sur la question. Mais il n’est pas certain que le vice-président du FN, qui comptait sur l’élection de nombreux proches lors de ces législatives, se trouve encore en position de force pour mener un bras de fer au lendemain du 18 juin.

mardi 13 juin 2017

Législatives dans le Bassin minier (2/2)

10ème circonscription (Bruay, Noeux, Divion, Barlin, Beuvry)
Une inconnue d'"En Marche !" va probablement battre le candidat FN. Laurence Deschanel termine deuxième de ce premier tour avec 20,52% des voix, derrière le conseiller municipal béthunois frontiste, Ludovic Pajot, "expatrié" à Bruay-La Buissière, 31,30%, mais devant le candidat socialiste Bernard Caillau, 17,93%. Encore un fief de gauche perdu, fief notamment PS. Le maire socialiste de Bruay, ville-centre, avait succédé au député sortant, Serge Janquin, ce dernier ayant pris la suite du père du maire actuel, Alain Wacheux. Malgré l'offensive frontiste, le parti socialiste a quand même réalisé 40% sur la ville-centre contre 25,8% au FN. Le candidat de ce dernier parti et la candidate LREM, quasi inconnus dans la circonscription, doivent leurs résultats à l'étiquette qu'ils portent... 
Laurence Deschanel espère bénéficier d'un Front républicain, Bernard Cailliau et Nesredine Ramdani (LR), 5,27%,  l'ayant déjà assuré de leur soutien. A noter que M. Le Pen avait réalisé 2 fois plus de voix, lors du premier tour de la présidentielle, que son candidat, ce dimanche...
Une parole quelque peu sexiste du député socialiste sortant, ancien premier secrétaire fédéral du PS : "Evidemment, j'aurais préféré passer le témoin à un homme de gauche". Ben non, ce sera, probablement, à une femme du centre"...

12ème circonscription (Liévin, Wingles, Bully)
C'est une des circonscriptions de France dans laquelle le FN a réalisé un de ses plus hauts scores : 35,5% (MLP au premier tour des présidentielles : 42,19).Le candidat, Bruno Bilde, adjoint au maire à HB et "conseiller spécial" (l'adjectif est bien choisi...) de la présidente, n'a pas eu le temps de faire beaucoup campagne, parce qu'il fut désigné tardivement, mais il est vrai que l'étiquette compte pour beaucoup. On connait l'expression : "même un chien portant un chapeau" (sur lequel est inscrit le nom du parti) est assuré d'un nombre de voix important. C'est le cas du FN, mais aussi de LREM dont la candidate, Caroline Rembert, est quasi-inconnue, mais prend la deuxième place avec 20,85%. Devançant, donc, Laurent Duporge (PS) qui réalise 16% sur la circonscription. Le député de cette 12ème est socialiste depuis 1981 et ne le sera plus en 2017. Encore une place forte socialiste qui tombe ! Laurent Duporge, maire de la ville principale, n'était pas mécontent de son score à Liévin même (36%) qui lui laisse augurer une réélection favorable en 2020... En attendant, il soutient Caroline Rembert pour dimanche prochain, les voix socialistes couvrant tout juste la différence (15,35%) entre les deux candidats en lice au second tour... L'élection de la candidate "En Marche !" dépendra donc du report des voix de Grégory Frackowiack (FI), fort de ses 12%. Celui-ci appellera-t-il à voter pour l'un ou l'autre des finalistes ou s'abstiendra-t-il de tout appel ?  
A prévoir, donc, un duel très serré... mais Caroline Rembert pourrait être la "gagnante surprise" de cette élection...

lundi 12 juin 2017

Législatives dans le Bassin minier (1/2)

3ème circonscription (Lens Avion, Harnes).
L'ex-communiste, José Evrard, FN, est largement en tête, malgré la présence d'un dissident (Hughes Sion, 2,44%). Avec 31,69%, il devance largement le candidat LREM, Patrick Debruyne qui sera, quand même, favori pour le second tour, malgré ses 16,99%. A noter que l'addition des scores du maire communiste, Jean-Marc Tellier et du candidat FI, Djorje Kuzmanovic (11,29) laisse des regrets aux 2 candidats... s'ils avaient fait accord. La candidate du PS, Frédérique Masson, suppléante du député sortant, Guy Delcourt, réalise un résultat (8,96%, mais 13,38% sur Lens) qui montre bien la dégringolade d'un parti socialiste qui a géré (et gère toujours) la ville de Lens. Symbole de cette main-mise socialiste sur Lens le siège de la fameuse "Fédé 62", objet de tant de manquements et de suspicions...
A noter la très forte abstention : 56,85% (60,84% à Lens !) ! A Loos, la ville-symbole écologiste : , le candidat FN est à 32% et le candidat EELV réalise 11,2% (3,5% sur la circonscription...).

9ème circonscription 
Peut-on parler de surprise quand le candidat sortant soutenu par le PS, Stéphane Saint-André (qui n'avait pas démérité), et le candidat, LR, Pierre-Emmanuel Gibson, programmé pour ces élections, sont battus assez largement, le premier se situant à 11,90% et le deuxième à 12,65% ? Non, tant les 2 partis sont au même étiage dans toute la France. Plus surprenant, Saint-André réalise son meilleur score (19%) à Béthune dont il fut maire, en battant Gibson, premier adjoint actuel de cette ville (17%)...
Surprise, par contre, pour Marguerité Deprez-Audebert qui obtint l'investiture La République en marche que S. Saint-André avait refusée (!) et qui termine nettement en tête avec 28,08%, battant, outre les deux premiers nommés, le frontiste J. Delaire (21,44%). La fille de Léonce Déprez (ex-maire du Touquet) et soeur de Léonce-Michel (ex-leader de la droite à Béthune) est largement favorite pour dimanche prochain. L'actuel maire du Touquet, ministrable, doit bien se sentir cerné dans la fédération 62 de LR, par E. Macron, résident dans sa commune, Léonce-Michel Déprez, dans son opposition municipale, Marguerite Déprez, en passe de devenir députée ! Autre candidat à dépasser les 10%, l'avocat béthunois, Bruno Dubout, pour la FI (11,74%).

A suivre

11ème circonscription du 62 Hénin-Carvin


Pourquoi les militants FN était-ils si moroses hier soir à la salle Prévert d'HB (selon les médias présents) alors que MLP venait de réaliser un score historique pour un premier tour dans la circonscription ? 46,02%, c'est 4 ou 5 points au-dessus  de ses résultats aux précédentes législatives et à la dernière présidentielle (1er tour) sur la circonscription...
Probablement parce qu'ils avaient appris que leur parti n'aurait que de 1 à 5 députés sur la France entière, suivant les projections pour le second tour, alors qu'on leur faisait miroiter la constitution d'un groupe à l'Assemblée nationale (minimum 15 députés). Et encore, certains commentateurs estimaient que la seule députée FN serait Marine Le Pen ! Quelle douche froide ! Déjà le second tour de la présidentielle avait atterré les militants et sympathisants, car leur favorite n'avait réalisé que 33,9% alors que certains la voyaient déjà "présidente". Et pour ajouter au malaise, les noms des caciques du parti en ballottage défavorable, voire même éliminés, circulaient : les Alliot (compagnon de la cheffe), Olivier (le beauf'), Collard, Philippot, Bay...ne seront pas députés...
Moroses, également, les militants, parce qu'ils savaient bien que le beau score de la leader de leur parti tenait à la forte abstention (53,3% sur la circonscription) qui leur est favorable, tant on sait que les électeurs frontistes, eux, se mobilisent largement...
Bien sûr, S. Briois, le suppléant et maire d'HB, hilare, avait beau avertir des risques qu'il y aurait à confier les pleins pouvoirs à un seul parti (République en Marche), il n'apparaissait pas crédible, ayant installé à Hénin, une quasi-dictature communale...
Plus de 55% réalisés à Hénin-Beaumont : record battu... Mais même ce chiffre ne faisait pas sourire. Car l'énorme abstention enlevait toute crédibilité aux scores réalisés par MLP.
La surprise fut la deuxième place de la candidate "inconnue" de LREM, Anne Roquet (16,43%). Certes, elle n'aura pas les faveurs des pronostics, dimanche prochain, mais on sent bien qu'avec le soutien des autres candidats opposés à MLP, et, surtout, une mobilisation des abstentionnistes du premier tour, un mince espoir subsiste... Avertis qu'une victoire FN était plus que probable, des "pêcheurs à la ligne"  du premier tour se décideront peut-être à venir voter dimanche prochain...

Comme presque partout en France, les performances des candidats de "La France Insoumise" ont subi un grave échec. Notamment dans cette 11ème circonscription où ils pensaient que la deuxième place leur était acquise de droit... Résultat : 9,97% pour JP Carpentier.
Comme partout dans le Nord-Pas-de-Calais, le député sortant a été laminé 10,8%), dans un secteur où le PS était dominateur (il faudra, d'ailleurs, écrire l'histoire de ses manquements...). Le communiste Hervé Poly (5%) pourra toujours se dire qu'une alliance avec FI n'aurait même pas suffi pour être présent au second tour. 
Quand à Marine Tondelier (3%), le résultat était prévisible du fait de l'éclatement des candidatures de gauche empêchant toute mobilisation. Pourtant, la campagne le l'élue écologiste fut de qualité...

C'est vrai que l'on comprend pourquoi les militants frontistes (comme ceux des autres partis, d'ailleurs) avaient de quoi être "moroses"...





dimanche 11 juin 2017

Premières remarques sur les législatives dans le Nord-Pas-de-Calais

- La République en Marche sera présente au second tour dans la plupart des circonscriptions. Souvent des candidats inconnus qui éliminent les candidats socialistes. C'est, semble-t-il, une forte tendance nationale. A noter que le candidat de ce parti devance le député-maire du Touquet, Daniel Fasquel
- Le FN n'aura probablement aucun élu, hormis probablement M. Le Pen et peut-être Sébastien Chenu dans la 19ème du Nord, même si beaucoup de ses candidats seront présents au second tour... Même échec nationalement, à tel point que le FN ne pourra probablement pas constituer un groupe à l'Assemblée nationale...
- Dans le Pas-de-Calais et le Nord, le PS ne conservera aucun de ses 18 députés ! Seules, Jacqueline Maquet et Brigitte Bourguignon, passées à la REM, sauvent leurs sièges... Quelle débâcle ! Dans le Nord, François Lamy que Martine Aubry a fait venir à Lille pour lui succéder à la mairie, est éliminé dès le premier tour (moins de 10%) !
- La France Insoumise a réalisé un score nettement inférieur à celui réalisé par JL Mélenchon aussi bien régionalement que nationalement (sauf à Lille).

Conclusion provisoire : le parti du Président Macron aura réussi l'exploit d'avoir, non seulement éliminé le PS dans le Nord-de-Calais, et, dans une moindre mesure, LR et l'UDI, mais également d'avoir jugulé le FN...
Restera à approfondir comment l'importante abstention a pu influencer les résultats du premier tour. 

Tout savoir ou presque sur les législatives...

Législatives 2017 : triangulaires, élection dès le premier tour… Quelles sont les règles du scrutin ?

Les bureaux de vote ouvrent à 8 heures dimanche en métropole pour un scrutin annoncé inédit à plusieurs titres.
LE MONDE | 11.06.2017
Près de 47 millions de Français sont appelés aux urnes, dimanche 11 juin, pour le premier tour des élections législatives. Quelque 7 877 candidats se présentent au suffrage des électeurs, dans 577 circonscriptions.
Le scrutin s’annonce d’ores et déjà inédit. L’entrée en vigueur de la loi sur le non-cumul des mandats, interdisant aux futurs députés d’exercer en même temps un mandat exécutif local, va conduire à un renouvellement très important à l’Assemblée nationale ; 216 candidats ont décidé de ne pas briguer de nouveau mandat, un record.

·         Quels sont les enjeux ?
Si tous les sondages s’accordent pour dire qu’Emmanuel Macron devrait bénéficier d’une majorité absolue de sièges à l’Assemblée nationale, reste à savoir de combien sera cette avance. Les résultats de dimanche soir en donneront une première tendance.
La République en marche (LRM) a investi de très nombreux novices, des personnalités de la société civile. Auront-ils la confiance des électeurs, notamment lorsqu’ils affrontent des députés sortants ou des poids lourds du paysage politique français ?
Se pose aussi la question du score des autres forces politiques. Si, en nombre de sièges, LRM est donnée largement gagnante, quel sera le résultat du Front national (FN) ? Le parti d’extrême droite table entre 10 et 30 députés, bien en deçà de ses espoirs de l’avant-présidentielle. Il est crédité de 17 % des intentions de vote, selon un sondage Ipsos Sopra Steria réalisé les 7 et 8 juin.

Les Républicains (LR) devraient, eux, conserver une centaine de sièges, avec 22 % des intentions de vote lors du premier tour, selon cette même étude.
Qu’en sera-t-il de La France insoumise, arrivée en quatrième position lors de la présidentielle avec Jean-Luc Mélenchon ? Son charismatique candidat ne pouvant se présenter que dans une circonscription, à Marseille, le mouvement pourrait avoir des difficultés à convertir ses soutiens en sièges au Palais Bourbon. L’enjeu sera davantage pour lui de compter les territoires dans lesquels il sera en position de se maintenir pour disputer le second tour.
Le Parti socialiste, jusque-là majoritaire à l’Assemblée, ne se fait, lui, guère d’illusions sur la déroute qui l’attend. Le parti de la rose patiente au contraire pour connaître le nom de ses rescapés du « dégagisme », qui s’exprime dans les urnes depuis l’automne 2016. Et dont de nouvelles victimes pourraient être connues dès dimanche soir parmi les cadors du parti. Certains sont même menacés d’élimination dès le premier tour.
Enfin, dans un contexte de victoire annoncée pour LRM, et de lassitude sur le terrain après plusieurs mois de campagne électorale, la participation, annoncée faible, sera la clé de ce premier tour de scrutin. Basse, elle pourra priver un certain nombre de candidats de second tour, ce dernier n’étant ouvert qu’à ceux qui auront recueilli les voix de 12,5 % des inscrits. Un couperet qui menace nombre de formations politiques.

·         Quelle est la règle pour être élu ?
Les députés sont élus au scrutin majoritaire à deux tours par circonscription pour un mandat de cinq ans renouvelables.
Pour être élu député, le candidat doit, au premier tour, obtenir la majorité absolue des suffrages exprimés représentant au moins 25 % du nombre des électeurs inscrits. Les candidats ayant obtenu au premier tour un nombre de voix représentant au moins 12,5 % des inscrits peuvent donc participer au second tour. S’ils sont trois, on parle de triangulaire, s’ils sont quatre de quadrangulaire. A défaut, sont qualifiés les deux candidats arrivés en tête. Lors du second tour, pour être élu, la majorité relative suffit.

·         Qui peut voter ?
Pour voter, il faut avoir la nationalité française, être majeur, jouir de ses droits civils et politiques et être inscrit sur les listes électorales. Près de 47 millions de Français sont dans ce cas de figure : 45,678 millions de personnes, représentant 88,6 % des Français majeurs résidant en France, figurent sur les listes électorales, et environ 1,3 million de Français de l’étranger sur les listes consulaires.
Le jour du vote, vous devez présenter une pièce d’identité, sauf dans les communes de moins de 1 000 habitants, où la carte d’électeur suffit.

·         Où et quand voter ?
Les électeurs devront se rendre dans l’un des 69 245 bureaux de vote installés en métropole, en outre-mer et à l’étranger. L’adresse de votre bureau de vote figure sur votre carte électorale. Vous pouvez également la trouver auprès de votre mairie.
Les bureaux de vote ouvrent à 8 heures et fermeront, dans la plupart des communes, à 18 heures, soit une heure plus tôt que lors de la présidentielle. Dans certaines grandes villes, les bureaux resteront ouverts jusqu’à 20 heures.
Outre-mer, le vote a lieu le samedi précédant le premier tour (le 10 juin, donc) dans certains territoires : Guadeloupe, Guyane, Martinique, Saint-Barthélemy, Saint-Martin, Saint-Pierre-et-Miquelon. A La Réunion, Mayotte et en Nouvelle-Calédonie, il se déroule aux mêmes dates qu’en métropole. En Polynésie et pour les Français de l’étranger, le premier tour de scrutin a eu lieu samedi 3 et dimanche 4 juin, en raison des délais d’acheminement de la propagande électorale. Les candidats de LRM y sont arrivés largement en tête mais la participation a été très faible. Le second tour sera organisé, comme en métropole, le 18 juin.

·         Qui sont les candidats ?
7 877 candidats, dont 42,4 % de femmes, sont en lice pour le premier tour, soit 4 536 candidats et 3 341 candidates. Ils étaient 6 603, dont 40 % de femmes, lors des précédentes législatives en juin 2012.
LRM présente 464 candidats et le MoDem, formation alliée, 73 ; 481 candidats sont en lice pour LR, et 146 pour l’Union des démocrates et indépendants (UDI). Le FN en présente 571, la France insoumise 557 et le Parti communiste 461. Le PS aligne 414 candidats et le Parti radical de gauche (PRG) 62.

· Blancs, nuls : comment les suffrages sont comptabilisés ?
Lors du dépouillement sont comptabilisés les suffrages en faveur de chaque candidat. Les bulletins raturés ou non conformes au code électoral sont déclarés nuls.
Les votes blancs (bulletins vierges ou enveloppes vides) ne sont plus assimilés à des votes nuls depuis une loi de 2014. Ils sont décomptés séparément des votes nuls et annexés en tant que tels au procès-verbal de chaque bureau de vote, mais ils ne sont pas pris en compte dans le calcul des suffrages exprimés.

·         Quand les résultats seront-ils publiés ?
Aucun résultat (partiel ou définitif), hormis ceux concernant l’abstention, ne pourra être communiqué avant la fermeture du dernier bureau de vote, à 20 heures, y compris ceux des collectivités où le scrutin se sera déroulé la veille, sous peine d’une amende de 75 000 euros.



samedi 10 juin 2017

Cela fait du bien...

- Rappel des faits : A 15h40, mardi après-midi, un homme armé de deux couteaux et d’un marteau a frappé un policier, au sein d’une patrouille de 3 agents, sur le parvis de la cathédrale Notre-Dame, dans le centre de Paris. 
Christine Boutin, invitée aujourd’hui de BFMTV, a annoncé qu’elle désirait que le gouvernement se penche sur l’interdiction de la vente des marteaux. Elle a également ajouté qu’il allait falloir demander un permis de port d’outils dangereux puisqu’on peut tout à fait tuer avec une scie, un marteau ou des clous. Elle a également indiqué, non sans un air grave, que c’était un marteau qui était responsable de la crucifixion de Jésus Christ. Nordpresse.
AA : L'interdiction de C. Boutin est également au programme...


- Vraie info : Nadine Morano est une conne !
Déboutée en première instance puis en appel, Nadine Morano, toujours à la recherche de visibilité et de crédibilité, s’est pourvue en cassation pour s’entendre dire que, oui, elle est conne, la justice a définitivement tranché par un arrêt de la Cour de cassation rendu le mercredi 7 juin 2017. Nordpresse
AA : On peut donc tous crier : "NM est une conne !" sans risquer quoi que ce soit. Bedos ne s'en prive d'ailleurs pas...



- Le gouvernement va-t-il trop loin ? C’est la question que l’on est en droit de se poser après l’annonce faite par François Bayrou d’obliger les députés à se rendre une fois par mois à l’Assemblée nationale en cas de manquement aux règles. Les parlementaires devront aussi prendre les transports en commun une fois par an et aller faire au moins trois fois les courses au supermarché un samedi après-midi au cours de leur mandat. Les costumes offerts par les hommes d’affaires ne devront pas excéder 12 995 euros. Quant au financement des campagnes, il ne devra déplacer le plafond que de 50% à condition que les députés collent eux-mêmes une dizaine d’affiches.
Concernant les récidivistes, la loi prévoit de les obliger à participer aux débats voire à voter ou à proposer des amendements en cas de récidive. Enfin, pour les manquements graves aux règles (détournement de fonds publics, corruption), le gouvernement projette d’imposer aux députés concernés de déclarer leurs impôts. Le Gorafi
AA : Faut-il vraiment être aussi dur ?


- Suite aux mauvais résultats obtenus par les candidats frontistes dans les circonscriptions de l’étranger lors du premier tour des législatives, le torchon brûle entre la candidate d’extrême droite et les Français de l’étranger. Marine le Pen a confirmé hier soir qu’elle comptait inscrire à son programme la déchéance de la nationalité pour les Français de l’étranger. En meeting à Hénin-Beaumont, Marine le Pen a fustigé l’attitude des Français à l’étranger, expliquant qu’ils « étaient autant à craindre que les étrangers de France ». Le Gorafi
AA : il faut tout simplement interdire aux Français de l’étranger de fouler le sol national, même pour y faire du tourisme !

vendredi 9 juin 2017

Vous savez, la consanguinité...

http://abonnes.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2017/06/09/legislatives-au-front-national-la-politique-en-famille-ne-concerne-pas-que-les-le-pen_5141588_4355770.html

Ne vendons pas la peau de l'ours trop tôt, mais...

C'est vrai que l'on ressent cette impression de façon diffuse.
Plusieurs raisons, non évoquées dans l'article ci-dessous, font penser depuis quelque temps que le FN pourrait essuyer un échec lors des législatives :
- des électeurs qui exprimaient leur ras-le-bol des partis traditionnels à travers leur vote en faveur du FN, ont vu dans la victoire de Macron une possibilité de montrer leur mécontentement en soutenant le nouveau Président. 
- Le débat désastreux de MLP, face à E. Macron entre les 2 tours, a montré, à beaucoup, les limites de la personne. En meeting, elle peut illusionner, mais, en débat, ses esquives, ses obsessions, ses tics physiques découragent même de fervents supporters.
- L'opportunisme de MLP sur l'euro (s'en retirer ou pas ?) fait douter de la sincérité de ses idées. De même concernant ses outrances sur l'immigration...
- Ajouter à cela les dissensions internes (avec son père, sa nièce, son Pygmalion...), évoquées ci-dessous.
Bien entendu, ne vendons pas la peau de l'ours avant de l'avoir tué...


Législatives : le Front national en mauvaise posture
Traversé par des querelles internes depuis son échec à la présidentielle, peu mobilisé, le parti d’extrême droite pourrait subir une contre-performance au scrutin de juin.
LE MONDE | 09.06.2017

Le Front national (FN) aime parfois se perdre dans les querelles de chapelles, mais il parvient toujours à se rassembler quand il s’agit de parler d’immigration. Ce n’est pas un hasard, d’ailleurs, si Marine Le Pen, candidate aux législatives dans la 11e circonscription du Pas-de-Calais, a décidé de tenir à Calais, jeudi 8 juin, son seul meeting de campagne, à seulement trois jours du premier tour du scrutin.
Dans cette ville symbole de la supposée « submersion migratoire » dénoncée de longue date par le parti d’extrême droite, la présidente du FN a pu s’en donner à cœur joie et dénoncer les « violences » et les « rixes », qui seraient causées par les migrants « err [ant] dans le Calaisis, dans vos rues, dans vos champs, dans vos jardins publics, et parfois dans vos jardins ».
Le passage le plus signifiant du discours de Marine Le Pen, qui était venue soutenir son beau-frère et conseiller Philippe Olivier, candidat dans la 7e circonscription du Pas-de-Calais, se trouvait cependant dans le noir tableau dépeint par la députée européenne d’une Assemblée nationale privée d’un groupe FN pour le quinquennat à venir, si le parti échouait à faire élire le minimum requis de quinze députés pour en former un.
« Je n’ose imaginer que nous n’ayons pas de députés en nombre élevé », a lancé la fille de Jean-Marie Le Pen devant 200 personnes, expliquant que l’absence d’un groupe estampillé FN « ne serait pas le problème du FN » mais « poserait le problème de la démocratie dans notre pays ». Une manière de préparer les esprits à un possible échec du parti d’extrême droite, et d’en rejeter la faute sur le mode de scrutin majoritaire, qui ne lui a jamais réussi. Une manière, aussi, de se dédouaner par avance d’une campagne durant laquelle le FN a semblé plus occupé par ses divisions internes que par l’envie de convaincre les électeurs.

Conflits personnels
Depuis le second tour de la présidentielle, le 7 mai, la formation lepéniste n’arrive pas à atténuer l’amertume que lui cause le score décevant (33,9 % des voix) enregistré par sa présidente. Ni à empêcher l’éclatement en place publique de conflits personnels et politiques, qui restaient jusque-là confinés tant bien que mal sous le couvercle de la cocotte-minute frontiste.
La campagne a calé au démarrage. Les réunions publiques se sont faites rares ; les sondages ont été mitigés ; chacun a semblé déjà préoccupé par le congrès qui devrait se tenir en février ou en mars 2018. « La mobilisation est extraordinairement faible, comme pour d’autres formations politiques, relève un élu du sud de la France. Les réunions publiques pourraient se faire dans des cabines téléphoniques. »
Il n’est pas question, officiellement, de donner un pronostic sur le nombre de députés que le parti pourrait obtenir. Le retour de bâton serait trop violent en cas d’échec à atteindre l’objectif. Sous couvert d’anonymat, un important dirigeant frontiste donne toutefois une fourchette qui oscille entre dix et trente députés. Ce serait une contre-performance pour l’ex-autoproclamé « premier parti de France »« Si on avait bien fait les choses, on en aurait eu 80-90 », peste un conseiller régional.

« Pignoufs »
« Bien faire les choses », dans l’esprit de certains, aurait été de circonscrire l’influence de Florian Philippot, accusé de « gauchir » le FN et de fonctionner sur un mode clanique. Les critiques contre le vice-président du parti ont fleuri comme un arbre au printemps. Le député du Gard Gilbert Collard a ironisé sur la menace formulée par M. Philippot de quitter le FN en cas de reculade sur la proposition de sortir la France de la zone euro. « Que l’on sorte ou pas de l’euro, si Philippot sort, on aura au moins une sortie », a lâché l’avocat.
Le conseiller économique de Marine Le Pen, Jean-Richard Sulzer, a de son côté dénoncé la création de l’association de M. Philippot, « les Patriotes ». « Florian Philippot veut être calife à la place du calife, il ne se rend pas compte qu’il n’est pas très populaire au sein du FN », a assuré le conseiller régional de la région Hauts-de-France.
Des sorties auxquelles s’ajoutent des prises de bec entre frontistes sur Twitter, au vu et au su de tout le monde, qui n’ont pas toujours l’heur de plaire à Marine Le Pen. En privé, la députée européenne s’agace du comportement de certains « pignoufs » – comme elle les qualifie – qui, selon elle, « dégueulent » sur M. Philippot simplement pour pouvoir « passer à la télévision ».
« Plus on est de fous, plus on rit », a déclaré Florian Philippot
La patronne du FN prévient d’ores et déjà que le congrès ne sera pas l’occasion de remettre en cause le principe de la « souveraineté monétaire », mais simplement de redéfinir les modalités qui permettront d’y parvenir. « L’euro va mourir, assurait-elle ces derniers jours au MondeEst-ce qu’on propose un plan B pour le jour où cela arrive ? Est-ce que l’on reste sur le principe d’un référendum avec un calendrier plus lointain ? Les Français vont voir en tout cas la fortune à payer pour le sauvetage de l’euro. »
De quoi rassurer en partie son bras droit, qui peut aussi se réjouir de voir que la présidente du FN semble convertie, comme lui, au principe d’un changement de nom du parti. « De plus en plus de nos adhérents et électeurs veulent qu’on change de nom, assure Marine Le Pen. Le Front ne ressemble plus au Front. Plus de 80 % des adhérents le sont depuis 2011, ce n’est plus la même structure. »
Toutes ces questions seront débattues à compter du mois de septembre en prévision du congrès. Le secrétaire général du FN, Nicolas Bay, en première ligne depuis le retrait de Marion Maréchal-Le Pen pour défendre la sensibilité libérale-identitaire, pourrait lancer à cette occasion une association concurrente à celle de M. Philippot. « Plus on est de fous, plus on rit », a récemment encouragé le vice-président du FN dans une forme de défi lancé à ses adversaires. Un adage que les futurs députés frontistes risquent pour leur part de ne pas entonner dans les couloirs du Palais-Bourbon.