Le conseil municipal du 29/9/2015 m'avait semblé avoir dépassé toutes les bornes. Je rappelle le compte-rendu que j'en avais fait :
Conseil municipal d'Hénin-Beaumont (29/9/2015) Le conseil de la honte ! (1)
Assister à une séance du conseil municipal d'Hénin-Beaumont devrait être un must pour tous ceux qui veulent être vaccinés à jamais contre le Front national. Peut-être l'Education nationale devrait-elle programmer une "sortie" en conseil municipal d'Hénin dans le cadre des cours d'éducation civique afin qu'il ne vienne jamais à l'idée de nos jeunes de voter un jour FN. Je vais vous raconter, non le détail de ce conseil, mais l'ambiance incroyable qui a prévalu.
Un conseil municipal fixé à 16h paraît toujours suspect. Aucune explication n'a été fournie. On me dit que l'ordre du jour était fourni (c'est vrai que la séance a duré 4h15), mais rien n'empêchait de prévoir 2 conseils municipaux... Une salle pleine (plus de 150 personnes), à 95% composée d'adhérents ou de sympathisants FN. J'étais assis au milieu de personnes dont tout indiquait qu'ils étaient venus pour glorifier leurs élus majoritaires et fustiger l'opposition.
S. Briois demande que l'on se cantonne au sujet des délibérations et que le public reste silencieux... Vœu pieux ou plutôt, comme on le verra, de la poudre aux yeux. L'adjoint Szczurek commença à lire une motion de soutien au maire attaqué, durant l'été, par le conseiller municipal d'opposition, S. Filipovitch qui l'a fait passer pour "un pédophile et un prostitué" (termes inventés) parce que posant en bikini (dans une piscine) au milieu d'enfants également en maillot. Le conseil municipal condamna ces "propos abjects". Le ton était donné. A chaque fois que le conseiller incriminé prit la parole, les élus FN se levaient pour sortir ou discuter entre eux, l'exemple était donné par le maire lui-même qui tenait des mini-conférences avec d'autres élus... Et dire que Briois avait réclamé que l'ordre républicain soit respecté ! Ambiance indescriptible... A noter qu'à plusieurs reprises, B. Bilde demanda à l'opposition de respecter la démocratie, en ne l'interrompant pas. Il monopolisa souvent la parole, sans même la demander au maire, attaquant ses adversaires sur leur vie privée. Ses interventions, tolérés par Briois, sortaient du cadre des délibérations. Insupportable tant par son attitude physique (il se déplaçait de l'un à l'autre pendant la séance) que par son outrance verbale, le directeur de campagne de MLP est véritablement le maire bis...
Marine Tondelier (EELV) demanda bien pourquoi ses questions écrites n'avaient pas été reprises : la mauvaise foi de Bilde éclata quand il dit qu'il ne les avaient pas reçues (mais il se "vendit" aussitôt après) et le maire "démocrate" coupa le micro à la conseillère écologiste. Ce qu'il fit, à plusieurs reprises, avec d'autres conseillers d'opposition, puis se ravisa au bout d'une heure. Interrompant les élus adverses, se moquant d'eux, il bredouilla à plusieurs reprises rendant ses propos inintelligibles.
Quant au public, il applaudit une vingtaine de fois (ce qui est strictement interdit), insultant les élus d'opposition assis devant eux et leur tournant le dos (c'était une première, d'ailleurs : l'opposition tournant le dos au public, bizarre, non ?). J'ai repris quelques invectives émanant du public, dans le verbatim ci-dessous.
En fin de séance, une motion présentée par la majorité demanda à ce qu'aucun migrant ne soit accueilli à HB. L'hystérie et le racisme du FN s'exprima alors au grand jour, et les gens dans la salle manifestèrent bruyamment quand David Noël, Marine Tondelier ou Stéphane Filipovitch tentèrent de faire entendre la voix de la raison (24 000 migrants en 2 ans, soit une seule personne pour une ville comme HB) : rien n'y fit, on était en plein dans un "meeting FN" (M. Tondelier dixit) avec ses vociférations, ses huées et ses applaudissements... "La motion de la honte", dixit David Noël (PC).
Comme on parlait des mal-logés français (par rapport à l'accueil des migrants), M. Tondelier s'interrogea pour savoir pourquoi "un conseiller régional présent" (collaborateur qui plus est, sur place, du député européen Briois) bénéficiait d'un logement social (loyer ajusté a ses revenus, précisa l'adjointe, confirmant donc la réalité de cet avantage alors qu'un mal logé restait probablement en attente d'un autre toit), le maire fit mine de ne pas comprendre, puisque ni Sulzer et ni Bilde n'était logé dans un habitat social. On apprit que l'adjoint visé avait démissionné en catimini, il y a quelque temps, de sa fonction de conseiller régional... Ben oui, la transparence, on ne connait pas au FN ! Le favoritisme, on en profite quand on a le pouvoir... Tous pourris, disent-ils !
Le lendemain, je racontais comment "j'ai pu sortir abasourdi d'une telle soirée", en publiant des extraits de ce que j'avais entendu :
J'écrivis donc à la Préfète de l'époque :
(http://alpernalain.blogspot.fr/2015/10/lettre-au-prefet-du-pas-de-calais.html).Et elle me répondit en date du 20/10/2015 http://alpernalain.blogspot.fr/2015/10/reponse-de-la-prefete-mon-courrier.html
Réponse conforme à ce que l'on pouvait attendre du représentant de l'Etat, à savoir : "Je vous informe que j'ai, d'ores et déjà, demandé des explications au maire d'Hénin-Beaumont au sujet des conditions dans lesquelles se dérouleraient des séances du conseil municipal. Je lui ai également rappelé ses obligations en la matière."
Je rappelais tout cela dans une lettre du 24/2/2016 au Ministre de l'Intérieur :
A aujourd'hui, je n'ai reçu aucune réponse...
Je me vois donc dans l'obligation de saisir, à nouveau, les plus hautes autorités de l’État. Je vous ferai part de leurs réponses...