mercredi 3 septembre 2014

Chronique d'une défaite annoncée (8) : un rapport assassin

Le 27 octobre 2008 eut lieu un conseil municipal mémorable. Non seulement parce que le maire annonça qu'il retirait ses délégations au jeune Pierre Ferrari, alors responsable des MJS (mouvement des jeunes socialistes), coupable d'avoir osé dire que, dorénavant, la ville devrait se serrer la ceinture (!) et qui fut soutenu par David Noël, le responsable communiste héninois, lui-même également adjoint (culture), et non seulement parce que l'absence de MN Lienemann fit également beaucoup jaser (elle aurait voulu éviter un clash avec GD concernant son éventuel soutien à P. Ferrari...). Mais ce conseil fut important parce que fut donnée communication du rapport de la CRC sur la gestion de la précédente municipalité (maire : G. Dalongeville).

Je reprends in extenso mon analyse du 3 novembre :

Le second et dernier avis de la Chambre Régionale des Comptes (CRC) mérite que l'on s'y attarde, parce qu'à travers sa concision, il évoque parfaitement la situation financière (et la situation tout court) d'HB. il m'a semblé plus simple d'en faire une analyse chronologique avant d'en tirer les leçons...le plus objectivement possible.
Je rappellerai q'une première "visite" de la CRC, il y a 5 ans, avait abouti à une augmentation de la fiscalité locale de plus de 80 %. Cela ne serait plus possible aujourd'hui, la législation ayant changé: on ne peut augmenter la pression fiscale de l'année "que" de 34%.

1- Le Préfet du Pas-de-Calais a saisi, le 16 mai dernier, la CRC au motif que le conseil municipal (CM) n'avait pas adopté en équilibre réel le budget municipal et 2 budgets annexes pour l'année 2008;

2- La CRC, dans un avis notifié le 27 juin, a confirmé et a proposé des mesures de redressement.
- elle avait relevé un déficit de 12,7 millions € (fonctionnement). Elle avait noté que ce déficit trouvait sa source dans un déficit structurel de fonctionnement, masqué par des reports de charges croissants d'années en années, et dans des déficits antérieurs de comptes annexes ( 7,1 millions dont la moitié à partir du mandat précédent du Maire) et dans le financement d'opérations anciennes incorrectement comptabilisées (datant d'avant 1996, et que la CRC a demandées, annuellement, depuis 1996, et en vain, de rectifier. "La ville a ainsi, aggravé progressivement sa situation financière";
- elle notait qu'il était impossible de doubler la fiscalité (le déficit est supérieur aux produits fiscaux), du fait des plafonds évoqués ci-dessus. En outre, le budget 2008 peut difficilement procurer des économies, car les charges de personnel et le montant des intérêts d'emprunts ne peuvent être modifiés suffisamment, et parce que beaucoup de dépenses ont déjà été engagées.

La CRC proposait donc d'adopter un plan de redressement pluriannuel

3- Le CM a, par 2 délibérations, en date du 21 juillet, rectifié le budget 2008,en refusant de faire appel à la fiscalité locale: quelques économies supplémentaires de 300 000 euros et une renégociation de prêts a permis un différé de remboursement de 800 000 €; le CM s'engageant à résorber le déficit sur 4 exercices, par un plan d'action reposant "sur une maîtrise des dépenses de fonctionnement et l'augmentation du produit fiscal induit par le dynamisme de la progression des bases fiscales (AA: en augmentation généralement et sur lesquelles on applique les taux de fiscalité)".

4- Le second avis de la CRC porte sur ces délibérations. Il est cinglant (malgré le style administratif édulcoré) et injonctif.

cinglant:
- " les délibérations ne sont pas appuyées d'éléments chiffrés venant détailler le rythme et les modalités concrètes du redressement... le conseil municipal ne s'est pas engagé sur les postes budgétaires sujets à économies nouvelles et sur l'ampleur des économies projetées"
- " la prudence impose de s'appuyer sur des recettes immédiates certaines plutôt que sur des recettes hypothétiques (AA: il faut augmenter la fiscalité et/ou diminuer les charges plutôt que de compter sur une augmentation des bases)"
- les emprunts en cours et ceux qui ont été malencontreusement (AA: c'est moi qui utilise cet adverbe, mais il résume les termes policés de la CRC) renégociés au moment où la crise des subprimes commençait (renflouement ou plutôt nationalisation de Fanny Mae et Freddy Mac, les 2 organismes états-uniens de prêts hypothécaires) sont "hautement risqués (AA: "toxiques" est l'adjectif à la mode)" (certains encours pourraient voir leur taux passer de 3, 9% à 11, 8%!).
- n'ayant pas voulu augmenter la fiscalité en 2008, le CM "expose la commune au risque de continuer à ne pouvoir régler toutes les dettes exigibles au cours de l'exercice 2008"
- " considérant que, en dépit des engagements pris, les conditions ne sont pas réunies pour estimer suffisantes les mesures de redressement proposées".

injonctif:
- la CRC "propose au Préfet de régler le budget primitif 2008 selon ses propositions", soit une augmentation de la fiscalité de 10, 86%
- réduire d'un minimum de 3, 5 millions d'€ chaque année, le déficit (soit la même fiscalité qu'en 2008). Et même plus, par la fiscalité, si il y avait un défaut de maîtrise des dépenses, dans le cadre du plan de redressement détaillé et chiffré que la Ville doit fournir.
- avant d'adopter son budget primitif (BP qui est le budget prévisionnel qui permet d'engager les dépenses: AA) le CM doit soumettre au Préfet le compte administratif (CA) de l'exercice précédent, et si déficit il y a, il est reporté au BP. Je rappelle que le fonctionnement normal d'une collectivité est de voter son BP avant la fin avril, alors que le CA est adopté en juin.

Commentaires:

- Dommage que l'augmentation de 85% de 2004 n'ait pas permis de remettre les comptes à zéro...
- la présentation des 2 avis de la CRC, dans les 2 séances de conseils municipaux, avait été faite sur le mode: en juillet: "ce n'est pas grave, la CRC nous reproche seulement les déficits antérieurs à 2001: nous allons pouvoir y faire face." En octobre: " bien sûr nous allons devoir augmenter les taux, mais moitié moins que demandé par la CRC"
- en fait, la CRC a non seulement été dure dans son premier avis, mais comme ce dernier n'avait pas été respecté, elle a, dans son second avis, imposé ses propositions (qui sont plutôt des injonctions transmises par le Préfet).
- stricto sensu, HB n'est pas sous tutelle: mais le fait qu'elle doive présenter son budget, chaque année, à l'aval du Préfet, limite son autonomie.
- espérons que le plan de redressement et le comité de suivi permettront d'éviter le pire (d'ailleurs la CRC parle de second avis, et non de deuxième avis, ce qui signifie qu'il n'y en aura pas de troisième...).
- j'ai l'impression, en entendant Jean-Pierre Chruszez, délégué aux finances (au fait, quid de l'adjoint à cette délégation?) qu'il y aura une réaction plus efficace qu'en 2004. En tous les cas, pour les habitants d'HB, on ne peut que l'espérer... AA : en fait, la réaction n'eut pas le temps de produire ses effets, moins de 6 mois plus tard, le couperet fut actionné... 
- je ne voudrais pas que l'on profite de ce plan pour ne pas envisager l'avenir de la ville. Il y a, je l'ai répété à maintes reprises, à se pencher sur un projet, au-delà des échéances électorales.
Je souhaiterais que l'on bâtisse, dès maintenant, un projet Hénin-Beaumont 2030".

AA: en d'autres termes, le Maire s'est fichu de la g.... du Préfet et ce dernier demande, maintenant, des mesures drastiques et contraignantes. Je ne suis pas sûr que GD ait alors pris conscience que ce rapport constituait pour lui son "arrêt de mort". Irresponsabilité ? Inconscience ? Sentiment d'impunité  ? Je pencherai plutôt pour cette dernière interprétation. GD pensait peut-être, suivant la formule utilisée par Percheron au sujet de Mellick, que s'il était inquiété, il pourrait faire tomber nappes, couverts et assiettes. Il se sentait donc intouchable...  

mardi 2 septembre 2014

L'avenir du RC Lens fortement compromis...

G. Martel va-t-il rester Président ? Lens ira-t-il jusqu'au bout du championnat ? Quid paiera le fonctionnement du nouveau stade, si Lens est en redressement judiciaire ? Quelle position de la part du maire de Lens ? 
Guy Delcourt, député, fait part de ses préoccupations. Mais qu'a-t-il fait lui, pour le RCL, quand il était maire ?
Sur 20 minutes.fr

Guy Delcourt réclame la vérité sur la situation du Racing club de Lens
Au lendemain de la fin d'un mercato dont le Racing club de Lens n'a pas vu la couleur, interdit de recruter par la DNCG, le député PS du Pas-de-Calais et ancien maire de Lens, Guy Delcourt, met les points sur les «i» sur la situation du club artésien.

Mardi, sur Twitter, vous avez parlé d'un complot pour l'éviction de Gervais Martel. Qu'est-ce qui a motivé cette prise de position?

J'ai voulu dénoncer la stratégie de Mammadov, troublante à plus d'un titre, tant dans son existence même que sur ses affaires ou ses finances. En un mot, c'est un manipulateur. Ca me chatouillait de réagir, mais j'ai attendu sagement la fin du mercato. Maintenant, j'ai envie de dire «de la gueule de qui se fout-on?» Un actionnaire doit agir au grand jour, et s'il n'a pas le temps, il doit nommer un fondé de pouvoir qui pourrait s'exprimer sur ses ambitions, ses objectifs. Là, ça a toujours été de la blagounette que nous a servie Gervais Martel, pour faire durer. Il n'a plus que ça, et si ça ne marche pas, c'est foutu pour lui.

Et ces fameux quatre millions qui devaient arriver?

Il y a longtemps que je dis: «les quatre millions, vous ne les aurez jamais». Les avoirs de Mammadov sont gelés et, en tant que membre de la commission de défense à l'Assemblée, je connais les raisons de ce blocage. Une chose est sûre: l'argent n'arrivera pas.
Que reprochez-vous au président Gervais Martel?
Gervais a fait des fautes que je ne comprends pas. Il n'a pas su profiter de cette sympathie naturelle que lui portaient les supporters pour leur dire la vérité alors qu'il savait que Mammadov ne suivrait pas. Ce mardi matin encore, il va dire à certains de ne pas s'inquiéter, que les quatre millions allaient arriver. Ce n'est pas digne d'un gestionnaire d'entreprise.

Gervais Martel pouvait-il faire sans Mammadov?

J'avais dit à Luc Dayan, qui était chargé de trouver des moyens de redresser le club financièrement, de trouver des investisseurs sérieux. Mais il avait un deal avec Martel pour lui permettre de revenir. Les négociations avec Mammadov se sont faites au dernier moment, lors d'une soirée à Cannes dans un casino. Ce n'est pas sérieux. Quand Mammadov est arrivé à Lens, on lui a ouvert le Louvre comme s'il était un chef d'état, en fermant les yeux sur la couleur son argent.

Aujourd'hui, selon vous, que faut-il faire?

Exiger la tenue d'un conseil d'administration extraordinaire pour mettre les choses à plat et présenter la réalité de la situation aux élus et aux supporters. Demander la mise en redressement judiciaire du club pourrait être une solution. C'est radical, mais ça permettrait de connaitre le fond des choses.

Gervais Martel doit-il quitter la présidence?

Je ne vois pas comment il pourrait faire autrement. Il faut quelqu'un qui ait le courage de remettre de l'ordre. Je ne dis pas qu'il faut le laisser tomber, il suffit de lui trouver une place quelque part. Aujourd'hui, on ne sait même pas qui dirige le club.
 Mikael Libert

Chronique d'une défaite annoncée (7) : torpeur estivale 2008 vite terminée !

Le 10 juin, j'expliquais pourquoi je venais d'adhérer au PS (http://alpernalain.blogspot.fr/2008/06/pourquoi-ai-je-adhr-au-ps.html). Cela ne dura que quelques mois, car mes espoirs d'une rénovation du parti sombrèrent rapidement. J'avais espéré que le PS prenne en compte la dimension écologique dans une social-écologie que j'appelais de mes vœux (j'avais fait un rapport à ce sujet à Martine Aubry)... Malheureusement, le Congrès de Reims et la réintégration de G. Dalongeville me convainquirent que j'avais fait fausse route...
Quelques jours après, le maire socialiste d'Hénin ne renouvelait pas les 180 contrats de 6 mois conclus 3 mois avant les élections... Cela plombait l'ambiance, d'autant plus que les recours de l'AR et du FN étaient toujours pendants. Et surtout, le dépôt du rapport de la CRC semblait imminent (en fait, nous n'en eûmes connaissance qu'en novembre). Et pendant ce temps-là, rien ne se passe à HB. Le mot d'ordre semble être de ne pas faire de déclaration, sauf le maire qui promène sa "jovialité proverbiale".
Pourtant, fin août (et c'est de ce moment-là que je date le début de la fin de GD), on apprend que le Préfet oblige la ville à augmenter ses impôts de 10% pendant 3 ans (rappelons qu'en 2004, c'était 85% !). Nord-Eclair ayant publié un article sur le sujet, G. Dalongeville fait acheter tous les exemplaires du journal, en vente dans la ville ! Vous avez dit: censure ? 

Pendant la torpeur de l'été, un article de Politis (http://alpernalain.blogspot.fr/2008/08/la-campagne-du-front-national-hnin.html)  allait "réveiller" les Héninois (et d'autres). Politis faisait part d'une étude menée « incognito » par un chercheur en sciences politiques, qui s’est immiscé dans l’équipe FN pendant la dernière campagne municipale à Hénin-Beaumont.
"Les remarques sont plus de forme et rien sur le fond : rien sur les idées, le programme, les débats. Rien non plus sur les relations entre les leaders et les militants, par exemple : la personnalité de Marine Le Pen ne fait l’objet d’aucun commentaire…
Certes, on a confirmation, comme le rapporte le journaliste de Politis, de
- la stratégie sécuritaire (utilisation forcenée d’un incident pendant la campagne)
- l’absence de référence au sigle FN.
- la bonne utilisation des moyens modernes de communication (Internet, vidéo…).
L’article reprend aussi des points que l’on soupçonnait : la faiblesse intellectuelle et l’amateurisme des colistiers, par exemple.
Par contre, 2 points m’interpellent :
- l’allusion à un fichier municipal « subtilisé » pour envoyer des vœux.
- la connivence tacite avec l’ Alliance Républicaine, ce que tout le monde avait remarqué, mais surtout l’allusion à une rencontre secrète entre des représentants » de l’AR, et S. Briois et B.Hilde, début janvier, au siège frontiste ! Venant d’un tiers qu’on ne peut soupçonner d’intentions malveillantes, on ne peut être qu’atterré et on attend les explications de l’AR, avant tout autre commentaire…"

Evidemment Briois répondit par l'insulte "je suis dans l’obligation de révéler les déséquilibres mentaux de ce garçon que nous avons chassé lorsque nous sommes tombés sur son carnet de notes où menaces, délires et violences verbales sont venus se glisser". (voir commentaires sur mon blog sous l'article sus-référencé). 
J'ai pris contact avec G. Bouquillon, visé par le rapport du chercheur et il m'a alors convaincu que la rencontre n'avait pas eu lieu... Le chercheur en question, maintint ses déclarations, dans une conversation que j'eus avec lui. Nous aurons l'occasion d'en reparler...

lundi 1 septembre 2014

Chronique d'une défaite annoncée (6) : Hénin-Beaumont totalement dalongevilienne...

Le lendemain du premier tour des élections municipales de 2008, le 17 mars, je dressais un bilan que je reprends in extenso ci-dessous avec quelques commentaires d'aujourd'hui : 

1- Le score (43,09%) du maire sortant, Gérard Dalongeville, est largement au-delà de ce que même les plus optimistes prévoyaient.(AA : Et, bien au-delà des indications des sondages).
Comment expliquer le succès d’un maire sortant qui, après un début de mandat désastreux (200 embauches, clientélisme oblige !), augmente les impôts de 85%, et dont le reste du bilan est incolore (il se glorifie de l’entretien des écoles !), qui a rendu sa ville, la plus importante de l’agglo, complètement inexistante, ne serait-ce que parce qu’il n’y a rien fait, et qui, paraît-il, aurait embauché plus de 150 personnes depuis le 1er janvier 2008… ?
Nul doute que la Chambre Régionale des Comptes, complétera, bientôt, le jugement sévère de 2003. Je rappelle que la Ville est incapable de dégager de l’auto-financement, ce qui a réduit les INVESTISSEMENTS à presque rien, pendant la dernière mandature (il est vrai que doubler les frais de personnel, en 7 ans, sans parler des nouvelles embauches, alors que l’intercommunalité est en plein essor, explique beaucoup de choses)
AA : Effectivement, les rapports successifs de la Chambre régionale des comptes allaient provoquer la chute de G. Dalongeville. Ce n'était pas faute d'avoir prévenu, mais les Héninois n'en ont pas tenu compte et se sont prononcés pour le maire ripoux...

2- Le FN a réalisé le score prévu (28,53%). En pleine déconfiture dans toute la France, l’extrême-droite profite, comme au temps de sa période faste, du rejet de la politique, et du sentiment d’insécurité qu’elle flatte (à tel point que les autres listes ont cru intelligent de lui emboîter le pas). Marine Le Pen a tenté d’expérimenter le profil bas qu’elle souhaite imprimer au FN, au plan national, en gommant tout ce qui fait la spécificité du FN (rejet de ce qui est différent de soi, pour résumer). AA : aujourd'hui, on dit "banalisation" ou "dédiabolisation" du FN...
Espérons que la victoire probable de G Dalongeville, ne fasse pas du FN son seul opposant…

3- L’Alliance Républicaine (18,64%) n’a pas fait mieux que les prévisions. Dotée, au départ d’un capital de sympathie, elle a, très rapidement, accumulé des erreurs de stratégie confirmant son amateurisme politique : accord mort-né avec l’UMP, positionnement perçu comme uniquement, anti-Dalongeville, confirmé par une connivence tacite, avec le FN (lors d’un débat à FR3, la représentante de l’AR a même conclu : " Tous contre Dalongeville ", trahissant un état d’esprit plus que troublant), un programme indigent (aucune imagination, aucune espérance…)
Elle a fait savoir qu’elle serait au 2ème tour, ce qui ne devrait pas provoquer de conséquences fâcheuses. Cette position lui permet de confirmer un maintien annoncé depuis quelque temps : même si elle n’est pas illogique, cette stratégie pourrait être fatale à sa crédibilité déjà bien entamée.
AA : rappelons que c'est cette formation politique qui fut au pouvoir à partir de 2009 et donna la ville au FN en 2014, ce qui était prévisible, comme on peut le lire dans ce qui précède...


4- L’UMP (5,49%) a atteint un résultat catastrophique (près de 8 points inférieur, par ex, à celui réalisé par le candidat UMP aux législatives, qui n’habitait même pas dans la circonscription !) Peut-être y a-t-il eu une influence de la politique nationale, mais la principale cause semble être, là aussi, un manque d’expérience politique (comme pour l’AR, mais celle-ci comprenait des élus soi-disant expérimentés), les colistiers étant tous des néophytes, et inconnus. Non seulement la campagne et le programme furent d’un niveau très faible, mais les rumeurs sur des relations ambiguës (affairistes ?) avec le maire sortant, l’ont desservie.

5- Les 4,25% de la LCR démontrent bien une insatisfaction des électeurs de gauche (cette liste était composée d’inconnus)

Pourquoi ce score surprise de Gérard Dalongeville ? Je dirai que, outre l’effet " rassemblement de la gauche " qui est minime, parce personne n’est dupe de ce pseudo-rapprochement, les électeurs héninois se sont prononcés, par dépit. L’amateurisme et le manque de charisme (il est significatif qu’il ait fallu parachuter MN Lienemann et Marine Le Pen pour compenser les carences du personnel politique local) de ceux qui se sont présentés, leurs programmes indignes, le trouble provoqué par certains positionnements ont fini par provoquer un rejet.
AA : comme je l'ai déjà indiqué, 2014 était déjà programmée...

Dommage, parce que la population était en attente…

Le second tour, le 16 mars, confirmait le 1er tour :

Le nombre de votants et d’exprimés était un peu inférieur à celui de dimanche dernier (200 voix environ)
- Le FN a très légèrement perdu des voix (20)
- L’alliance Républicaine (AR) en a GAGNÉES quelques unes (37 voix)
- Gérard Dalongeville (GD) a obtenu plus de 1000 voix supplémentaires, ce qui correspond pratiquement au nombre de voix recueillis par l’UMP et la LCR (1246), au premier tour, moins celles de ceux qui ne sont pas revenus voter.

Voici comment je voyais l'avenir à ce moment-là :

- Marie-Noëlle Lienemann va disparaître du paysage politique héninois : même si, du fait de son cumul de mandats (Conseil Régional, Député européenne, Hénin-Beaumont), elle démissionne de la Région, elle devra, sous peu, commencer sa campagne pour les Européennes (2009), sans parler du Congrès PS…Comme elle est ultra-minoritaire sur la liste de GD (pour masquer ce fait, quelques colistiers, réélus, ont pris la casquette PS !) Dans cette fameuse " gauche unie " que MNL a voulue, seul un membre du PC (David Noël) pourrait siéger avec elle (…) comme adjoint, tous les autres futurs adjoints étant des hommes et de femmes de GD ! Cette nouvelle municipalité sera donc la continuation de la précédente… AA: MNL disparut progressivement du paysage devant la victoire de GD ce dernier n'ayant plus besoin d'elle !

- Financièrement, nous en saurons un peu plus, avec le compte administratif, en juin, mais si la trésorerie est aussi tendue qu’annoncée, la transparence, dont se prévaut la nouvelle majorité, sera alors de mise…De là à évoquer une mise sous tutelle… AA : ce fut encore pire puisque que GD fut révoqué un an plus tard !

- Beaucoup parient sur le fait que ces élections seront annulées. Il me semble que la différence entre GD et le second est trop importante pour que le juge des élections se prononce en invalidant le Maire, à moins qu’il n’y ait faute grave ; ce qui ne ressort pas des motifs de recours invoqués jusqu’ici.

- Quand le PS réintégrera-t-il GD ? Attendra-t-il pour voir l’évolution des évènements ? Le retour au bercail serait-il imminent ? AA : oui, puisqu'il reprendra sa carte en juin...

- Alors que la Présidence de l’Agglo pourrait changer de mains, la ville d’Hénin saura-t-elle se faire entendre POUR JOUER un rôle à la mesure de son importance ? Sans aller jusqu’à en revendiquer le leadership, il faudrait qu’Hénin puisse avoir voix au chapitre, pour maîtriser son avenir. Malheureusement, GD n’a pas su s’imposer jusqu’ici… AA : A. Facon fut "renversé" par son second, JP Corbisez, qui, pour obtenir le vote des conseillers communautaires héninois (les plus nombreux) accorda une deuxième vice-présidence à HB (ce qui me paraissait normal pour la ville-centre qui représentait plus de 20% de la population de l'Agglo).

- En fin de compte, tout semble indiquer que la continuité sera d’actualité à Hénin-Beaumont…Or, 13 années d’immobilisme pourraient devenir un obstacle difficilement surmontable, en 2014 ! AA : c'est vrai que rien ne changea jusqu'en avril 2009 et le pronostic sur 2014 se révéla exact...


dimanche 31 août 2014

Faut bien se motiver, non ?

Il y a des matins où il ne vaudrait mieux pas se réveiller... Réflexion faite, c'est tous les matins comme cela... Quand est-ce que je me déciderai à ne plus écouter les infos ou lire le journal, ne serait-ce qu'une seule fois pour voir ce que cela fait ? Un jour, seulement ? Non, plusieurs jours serait plus efficace. Et puis non, après tout ! "Se tenir au courant" donne l'impression que l'on participe à ce cirque mondial. Non, c'est idiot ce que je dis : s'informer, c'est essayer de comprendre, non ? Comprendre pour quoi faire ? Puis-je faire quelque chose au kidnapping de 47 observateurs de l'ONU par des rebelles syriens, sur le Golan ? Puis-je contrecarrer les plans de Poutine d'annexion d'une partie de l'Ukraine avant qu'il ne la "bouffe" entièrement ? Dois-je procéder à des recherches de la famille anglaise qui a retiré d'un hôpital son enfant soigné pour une tumeur au cerveau et a fui vers l'Espagne, via la France ? Que faire devant le spectacle affligeant de l'UMP et du PS se tirant, à qui mieux mieux, des balles dans le pied, sous l’œil goguenard de M. Le Pen ? 
C'est vrai, je ne peux pas faire grand chose... Certes, en France, j'ai la faiblesse de penser que j'ai mon bulletin de vote pour marquer mon mécontentement ou mon soutien. Mais à Kuneitra (Golan), à Kiev ou à Moscou, je n'ai pas le droit à la parole (!). Alors, s'informer, informer, discuter, prendre position, signer des pétitions, cela ne sert à rien ? Vous me direz, cela sert à faire pression auprès de nos dirigeants pour qu'ils réagissent en France et à l'extérieur. OK ! Donc, Monsieur Hollande, je vous conjure de ne plus faire de synthèse comme quand vous étiez 1er Secrétaire du PS : vous êtes le chef de la France et vous devez prendre des décisions, même impopulaires. Monsieur Valls, pensez au présent et non pas à votre avenir personnel : de toutes les façons pour 2017, c'est fichu ! Vous avez donc 2 ans et 9 mois pour avoir des résultats pour prétendre à une victoire en 2022 ! Monsieur Fabius, il faut mouiller votre maillot (ou votre chemise, plutôt) : allez à Gaza, Kuneitra, Moscou, Kiev ou Donetsk, faites un détour par le Nigéria et l'Irak pour contrer l'Etat islamique et Boko Yaram (vous savez les califats islamiques...) et allez chercher en Espagne l'enfant anglais malade... Pendant que je suis sur le thème de la prise de pouvoir des djihadistes un peu partout (Afrique, Irak, Lybie...) demandez à Obama qu'il élabore vite une "stratégie" avant qu'il ne soit trop tard...
Finalement, pour conseiller les "princes qui nous gouvernent", il y a du boulot... Bon, je vais allez lire le journal...

samedi 30 août 2014

Chronique d'une défaite annoncée (5) : un sondage dévastateur...

L'atmosphère à HB, en ce début janvier, à quelques semaines des élections municipales, devenait électrique alors que bruissaient les rumeurs les plus diverses. Ainsi La Voix du Nord écrivait le 19 janvier que mon ralliement à G. Dalongeville "semblait acquis", alors que je m'étais fendu d'un communiqué par lequel j'annonçais ma démission des Verts (j'avais, en novembre, démissionné de ma fonction de Vice-Président du Conseil régional), tout en indiquant que je préciserai mes intentions pour les municipales, "dans quelques jours". Il n'y avait, je pense, aucune ambiguïté sur ce que je pensais du maire d'HB, comme je l'ai relaté à différentes reprises, et me soupçonner d'un éventuel ralliement, m'était assez insupportable...
A vrai dire, j'étais très ennuyé pour prendre cette décision : je me sentais proche de l'AR, mais je pensais qu'elle manquait de compétences, et j'écrivais ceci à son propos : "Seule à conserver la tête haute, car (jusqu’à présent ?) elle n’a pas PARTICIPÉ à des manœuvres politiciennes ... Elle a conservé son crédo : ni le FN, ni Dalongeville.
Certains lui reprochent le manque de personnalités, le passé politique de certains (sur la scène depuis longtemps), mais force est de reconnaître sa constance et son honnêteté. Mais cela suffira-t-il, face aux machines Dallongeville et FN ? On peut malheureusement en douter, mais sait-on jamais…" D'un autre côté, malgré d'excellentes relations avec ses "leaders", je ne sentais pas un enthousiasme encourageant sur ma candidature...

L'ambiance était tellement électrique que, à l'occasion d'une réunion publique organisée par le Grand Orient de France, plus importante obédience maçonnique française, je fus pris à partie, sur mon blog, par 2 membres du FN. Le premier, aujourd'hui adjoint de la ville, avait signé,  et me reprochait "de ne pas m'insurger contre l'anti-cléricalisme primaire de la franc-maçonnerie et les tirs à boulets rouges contre le catholicisme de manière générale, alors que plus de la moitié de nos compatriotes reste des catholique". Il continuait bizarrement par :  "La liberté d'expression reste reine, je ne CONTESTE pas le droit au blasphème", illustrant bien la difficulté de la "banalisation" à laquelle s'astreint le FN. Le second, dont j'avais déduit son appartenance par des propos virulents et surtout sortis du bréviaire du parti,  affirmait que " on ne peut pas être catholique et Franc Maçons". Voir ces interventions, qui révèlent bien ce que pense le FN sur ce sujet, et mes réponses sur http://alpernalain.blogspot.fr/2008/02/pl.html.

Le 17 février intervint un coup de tonnerre : un sondage IFOP publié par la Voix du Nord, donnait Dalongeville largement en tête, au 1er tour, avec 39% et le FN à 31% tandis que l'AR plafonnait à 15% . Émoi sur la blogosphère et dans les commentaires en ville. Personne ne pensait que ce sondage reflétait la réalité : Dalongeville était beaucoup trop haut, l'AR trop bas. J'étais parmi ceux qui s'insurgèrent contre ce sondage http://alpernalain.blogspot.fr/2008/02/sondage-ralis-par-ifop-pour-la-voix-du.html  . D'autant plus qu'au second tour, en cas de duel avec le FN ou de triangulaire avec l'AR et le FN, le maire l'emportait largement ! D.Percheron pouvait être satisfait quand il affirmait qu'un maire sortant a un avantage certain quand il se représente. Comment les Héninois pouvait-ils tolérer les turpitudes d'un Maire qui avait, en outre, augmenté les impôts locaux de 85% !

C'en était trop pour moi : je décidais de ne pas participer à l'élection municipale et je marquais mon écœurement dans un communiqué paru le lendemain de la publication du sondage (http://alpernalain.blogspot.fr/2008/02/communiqu-de-presse.html) et je concluais "Notre ambition pour la ville reste intacte : ses habitants méritent mieux que le misérabilisme dans lequel on essaye de les confiner". J'en voulais à tous et notamment à 3 partis : "Nous sommes désespérés par la lutte indigeste entre ceux qui se réclament de la revanche, ceux qui portent un bilan calamiteux et ceux qui poussent les gens à la haine de l’autre". Vous avez compris qu étaient visés : l'AR, Dalongeville et le FN "qui tiraient tous la ville vers le bas"...

vendredi 29 août 2014

Pourquoi manifeste-t-on contre Israël et pas contre l'Etat Islamique, la Syrie et la Russie ?


On a connu beaucoup de manifestations, en France, depuis quelques mois. Rappelez-vous celles contre le mariage pour tous (avec leurs slogans homophobes), ou la fameuse manif "Vent de colère" avec ses relents antisémites, celles "pour le soutien au peuple palestinien" lors des affrontements Israël-Hamas à Gaza, dont les premières ne furent pas exemptes de cris et débordements judéophobes. 
Curieusement il n'y a eu aucun rassemblement, ces derniers mois, alors que les Djihadistes de "l'Etat islamiste" (qui vient de créer un Califat islamique, en Irak et aux confins de la Syrie !) assassinent, décapitent et violent à qui mieux mieux, chassent les populations chrétiennes (et yazidis) qui ne veulent pas se convertir à l'Islam. Au Nigéria, Boko Yaram annonce la création d'un Califat islamique, eux qui ont enlevé 200 fillettes qu'ils ont décidé de vendre comme esclaves... En Lybie, des Islamistes se préparent à prendre le pouvoir... Pas de réaction dans les pays occidentaux (cette nuit, Obama a déclaré qu'il n'avait pas de stratégie contre l'Etat islamique !). Pas de réaction non plus chez les Musulmans modérés dont on dévoie la religion. Pas plus de réaction dans les pays arabes modérés (il est vrai qu'il n'en reste plus beaucoup)...  Par contre, pour soutenir le Hamas (dont la Charte prévoit non seulement de détruire Israël, mais également de soumettre les Infidèles, dont les Chrétiens), on n'avait pas de problème pour brandir toutes les vindictes inimaginables contre Israël, dans de nombreuses villes françaises. Et alors que se propage la folie islamiste, pas un mot ! On est en droit de se poser des questions : cela signifie-t-il que tous ceux qui se rassemblaient dans les rues il y a quelques semaines, approuvent cette main-mise potentielle des Islamistes sur une grande partie du monde arabe. Que dis-je "arabe" ? Hier on apprenait que les Ouïgours, peuple musulman chinois, auteurs d'attentats en Chine depuis plusieurs mois, se réclamaient d'Al Quaïda...
Vous me direz, il y a peu de mouvements populaires pour s'élever contre la nouvelle invasion par la Russie : après la Géorgie et la Crimée, c'est au tour de l'Ukraine de subir les assauts hypocrites de Poutine qui nie l'évidence, une nouvelle fois. Pourquoi personne ne descend-il dans la rue pour s'élever contre les agissements du "tsar" russe qui ressemblent furieusement à l'envahissement de la Pologne et de la Tchécoslovaquie par Hitler et qui déboucha sur la seconde guerre mondiale ?
Personne, ce me semble, n'a manifesté contre les 200 000 Syriens tués par Assad !

Alors, pourquoi ces réactions à géométrie variable ?

Chronique d'une défaite annoncée (4) : 2014 était déjà inscrit en 2007 !

La position du PS, par la voix de MN Lienemann, se fit plus précise le 15 décembre 2007, lors d'une réunion organisée par la Ligue des droits de l'homme, rassemblant les principaux protagonistes de gauche. Gérard Dalongeville se déclara candidat et l'ex-ministre confirma que  "la mission que le PS lui avait confiée était de rassembler la gauche ; que jusqu’à preuve du contraire, le maire sortant était légitime pour mener un rassemblement, et elle proposait de voir comment mettre en place des règles de fonctionnement afin de gérer au mieux une telle union". C'était donc un niet à l'Alliance républicaine et à moi-même, qui étions "pour un rassemblement au-delà de la gauche, n’avons pas caché nos réticences vis à vis du Maire, l’AR pour des raisons de pratiques, moi, à cause d’un bilan négatif et de l’absence de projet, vecteur d’espoir".
David Noël (PC) commença sa mue : son parti "avait dépassé les questions de personnes et était prêt à travailler avec toutes les forces de gauche, avec le Maire sortant, éventuellement" !
Un commentaire innocent (voir http://alpernalain.blogspot.fr/2007/12/un-scoop-le-maire-dhnin-beaumont-se.html) me demanda ce que signifiait ma dernière phrase : "Et si Gérard Dalongeville ne pouvait pas se représenter ?". Je ne répondis pas, mais je dois dire que je n'avais aucune information concrète, sauf des bruits qui couraient sur la santé financière de la ville, le rôle ambigu de certaines personnes (Guy Mollet, Jean-Marc Bouche...). En fait, les informations venant de l'intérieur de la mairie étaient très restreintes, contrairement à ce qui allait se passer dans la période suivante...

Dans les jours suivants l'annonce de candidature de GD, je tentais de faire le tri dans mes idées pour savoir si je serai candidat. Plus que jamais, j'étais persuadé de la mauvaise gestion du Maire, G.Dalongeville : il avait embauché dans les derniers mois 200 personnes qui constituaient pour lui un vivier électoral (la Chambre régionale des comptes le fera remarquer dans un rapport, quelques mois plus tard) et 85% d’augmentation de la fiscalité locale, en 2004, suite à un rapport de la même CRC dénonçant les comptes de la ville (que GD avait mis sur le dos de son prédécesseur !); disparition d’Hénin comme ville-centre ; absence de projet pour la ville et l’agglo, etc... (http://alpernalain.blogspot.fr/2007/12/le-pire-est-malheureusement-toujours_24.html)
Quant à MN Lienemann, elle espèrait que "le rassemblement de la gauche, derrière, éventuellement, le Maire sortant permettrait de le " recadrer ". J’ai toujours beaucoup apprécié le combat de la " passionaria " du PS, mais je reste dubitatif sur cette stratégie. Comment " tenir " un Maire ?" L'année suivante me donna raison, puisque GD fit ce qu'il voulut pendant l'année où il resta maire. MNL déclara ensuite que GD ne la tenait au courant de rien (pauvre argument !) : il faut dire qu'elle était peu présente... Et comme le PS se satisfit de cette situation : le maire avait été réélu, et il se préparait à être réintégré au parti (cela se fit en juin 2008)...

Quant à l'AR, je rencontrais souvent Daniel Duquenne et Georges Bouquillon (mais je ne fus jamais invité à une de leur réunion, ce qui aurait dû me faire réfléchir...), je constatais que "Intellectuellement et sentimentalement, je me sens très proche de l’Alliance Républicaine. Mais son combat honnête est dévalorisé sur beaucoup de points : beaucoup d’anciens partisans de G.Dalongeville, plus revanchards que constructifs, pas de propositions donnant à espérer (sauf le départ de GD : probablement nécessaire, mais certainement pas suffisant), pas de têtes nouvelles (" toudis ché mems tetes"), trop à droite…bref, globalement pas convaincant." Voilà résumé, dès 2007, ce que je pensais de l'équipe de l'AR et qui fut amplement démontré pendant le mandat qu'elle exerça de 2009 à 2014 : l'incompétence de ceux qui offrirent la ville au FN (avec la bienveillance, voire la complicité du PS) était déjà évidente, avant son élection de l'été 2009. A l'époque, je le répétais, à l'envi, à mes interlocuteurs qui en convenaient à demi-mots, ce qui ne les empêcha pas de faire fi de cette évidence... Quelle responsabilité ! 

Dès 2007, la victoire du FN en 2014 était déjà inscrite dans ce qui se tramait sur fond de tractations électorales. Je ne tire pas gloire d'avoir anticipé, dès cette époque, la déchéance de Dalongeville et l'arrivée au pouvoir de ceux qui allaient tout faire, pendant leur mandat, pour offrir la ville sur un plateau d'argent au FN. J'aurais, bien entendu, préféré que mes préventions soient prises en compte, ce qui aurait, peut-être, permis d'éviter la perspective d'années noires qui viennent de s'abattre sur HB. Mais, à vrai dire, nous n'étions pas nombreux à voir les réalités en face et le fait d'avoir débarqué à HB, en 2006, m'avait permis de jeter un regard objectif sur la situation. Que les acteurs politiques de l'époque, trop occupés à se délecter d'une éventuelle arrivée au pouvoir, aient été aveugles, c'est malheureusement le lot de beaucoup d'hommes politiques avides de pouvoir, mais que les directions des partis politiques (PS, PC, MRC principalement, mais les partis de droite furent également aveugles) aient, au mieux, laissé faire, au pire, aidé les élus, jette tout le discrédit sur eux...

jeudi 28 août 2014

Chronique d'une défaite annoncée (3)


Le 1er décembre 2007 (http://alpernalain.blogspot.fr/2007/12/mettons-les-pieds-dans-le-plat-1re.html), j'expliquais pourquoi je voulais constituer une liste "sans étiquette" (j'étais Vert à l'époque) : " Devant la déliquescence des partis politiques de gauche, et plus particulièrement à Hénin-Beaumont et environs, l’heure est plutôt à la réunion des compétences et de l’honnêteté, qu’au jeu de partis décrédibilisés". Je passais les partis en revue et, concernant le PS je me lâchais : "s’il fut porteur d’une grande espérance à plusieurs reprises (Cartel des gauches, Front Populaire, Programme Commun, élection de F. Mitterand), depuis le congrès de Tours (1920), force est de constater qu’il ne dispose plus d’un corpus idéologique qui pourrait être porteur d’un projet politique cohérent avec les valeurs portées par la gauche. Car ces valeurs existent : justice sociale, solidarité, respect des droits de l’homme… Or le PS  a failli sur au moins 2 plans:

- Quand il a été (ou est encore) au pouvoir, il n’a pas su mettre en œuvre des politiques correspondant aux valeurs qu’il porte : la gauche aux commandes du pays n’a pas réduit les inégalités sociales, ni réformé la fiscalité, ni vaincu le chômage, ni répondu au sentiment d’insécurité, ni assuré la cohésion sociale en luttant contre l’exclusion, ni tenu compte de la diversité, etc…
- Seconde faillite de la gauche et du PS plus particulièrement . Incarnant des valeurs morales exemplaires, les hommes de gauche n’ont eu cesse de les bafouer : morale politique exécrable (Rainbow Warrior, écoutes téléphoniques illégales, financements occultes des partis…), déni de ses principes économiques (privatisations, place de l’argent-roi …), mise en place de baronnies locales avides de tactiques plutôt que de stratégie, ou dit plus crûment, soucieux de leurs intérêts particuliers que de l’intérêt général."

Rien n'a changé depuis 7 ans et l'on comprendra mes doutes de l'époque. Et je précisais le 2 décembre (http://alpernalain.blogspot.fr/2007/12/mettons-les-pieds-dans-le-plat-suite-et.html) que :
"la CAHC (AA : Communauté d'Agglo Hénin-Carvin dont le président était le "funeste" Facon) est le territoire de France où, lors des dernières élections législatives, le Front National a le moins régressé, et pire encore, a progressé dans certaines villes (dans la 14ème circonscription, celle où se présentait le Président de la CAHC, le FN a fait 41% au second tour, et 45%, à Hénin même !) Quand je parlais de faillite…Le système en place est depuis plusieurs années dénoncé, y compris par les socialistes, mais il est toujours là ! Comprenne qui pourra ! Ou plutôt, nous comprenons trop bien que la féodalité est un équilibre très fragile dans lequel suzerains et vassaux se tiennent par la barbichette". C'est ce système qui a perduré avec la victoire du FN à HB, au printemps 2014. Un peu plus loin, je mettais en cause la place accordée à la ville au sein de l'intercommunalité ("HB est bafouée") le bilan de G. Dalongeville, vice-président de la CAHC, étant désastreux là aussi.

Cette idée de ne faire confiance ni au PS, ni à Gérard Dalongeville m'obsédait à tel point que, sentant le danger arriver, j'écrivais à MN Lienemann (http://alpernalain.blogspot.fr/2007/12/lettre-ouverte-marie-nolle-lienemann.html) que, ayant " assisté, depuis 7 ans aux dérives de la vie politique héninoise, j’en tire les conclusions suivantes :
Les partis politiques ont failli : notamment le principal d’entre eux, le PS. Ce dernier n’a pas su gérer la situation : la défaite en 2001 de P.Darchicourt, le très mauvais mandat du Maire actuel, la non-reconnaissance de la section officielle, l’impéritie du Député-Président de l’Agglomération ont provoqué la montée du mécontentement populaire, et un vote-refuge potentiel vers le FN.
- Nous avons besoin de partis politiques pour assurer la vie de la démocratie. Mais il nous faut des hommes et des femmes probes et honnêtes. Or, la plupart de ceux qui sont sur la scène politique, aujourd’hui, ont perdu la confiance des électeurs, parce qu’acteurs de la pièce dramatique que j’évoquais, ci-dessus."

Et je réitérais ma demande à MN Lienemann de prendre la tête d'un rassemblement le plus large possible, y incluant éventuellement le maire. Je prêchais dans le désert, car la décision avait déjà été prise par le PS de soutenir Dalongeville et MNL ne souhaitait pas contrevenir aux ordres de D. Percheron. Je rappelle que personne ne parlait encore de malversations, même si quelques soupçons se faisaient jour. Ce qui était dénoncé au grand jour, c'était la gestion calamiteuse du maire qui, de plus, concentrait tous les pouvoirs.
A l'époque, l'Alliance Républicaine (Daniel Duquenne, Georges Bouquillon, Christine Coget...), que je rencontrais régulièrement, était sur la même longueur d'onde que moi...