samedi 6 février 2016

Non, je n'y crois pas ! MLP : une menteuse ? Pas possible...


Marine Le Pen remporte le prix du menteur en politique de l'année

LE VRAI DU FAUX par Antoine Krempf vendredi 5 février 2016

Marine Le Pen décroche le prix du menteur en politique 2015 © Maxppp
AA : Montre-t-elle ses mains propres ?

La présidente du Front national a remporté ce vendredi la deuxième édition du prix du menteur en politique pour ses nombreuses fausses affirmations sur les migrants pendant la campagne des régionales.

Marine Le Pen a été choisie par le jury pour son accumulation d’affirmations fausses sur les migrants. Par exemple, sur l’ampleur de la vague d’arrivantssur leur sexe et leurs motivationssur le faux assaut de migrants contre des pompiers à Calais ou sur le djihadisme. Des contre-vérités martelées lors de la campagne des régionales alors que la question n’est pas dans les compétences des Conseils régionaux.
La présidente du Front national succède à Nicolas Sarkozy pour ce grand prix du menteur en politique. Vainqueur sortant, l’ancien président bénéficiait d’un "Totem d’immunité" cette année. Ce prix du menteur en politique vise à inciter la classe politique à moins mentir et encourager le grand public à vérifier les discours politiques.
Le jury présidé par le politologue Thomas Guénolé était composé de six journalistes : Mélissa Bounoua Reader / Slate, Alexandre Devecchio FigaroVox / Le Figaro, Hugo Domenach Le Point, Samuel Laurent Les Décodeurs / Le Monde, Cédric Mathiot Désintox / Libération, Antoine Krempf Le Vrai du Faux / France Info.

Le reste du palmarès

Prix spécial du jury :

Patrick & Isabelle BALKANY (LR), pour l’ensemble de leur carrière.

Prix « Un certain regard » (ex æquo) :

- Pierre LELLOUCHE (LR), pour réussir l'exploit de produire un droit de réponse "à la bien pensance" aux articles ayant pointé son intox sur les indemnités accordées aux réfugiés... dans lequel il reconnaît avoir dit n'importe quoi. 

Prix Robocop 

Bernard CAZENEUVE (PS), pour avoir relayé la version mensongère du Raid selon laquelle l'assaut de Saint Denis s'est fait sous un déluge de feu des terroristes.

Le Cumulard de l'année 

Jean-Yves LE DRIAN (PS), pour son cumul des fonctions de ministre de la Défense et de président de la région Bretagne, en contradiction flagrante avec un engagement solennel de François Hollande.

Meilleur second rôle féminin 

Lydia GUIROUS (LR), éphémère porte-parole du parti Les Républicains, pour avoir prétendu que la France est le pays européen qui accueille le plus d'étrangers.

Meilleur second rôle masculin

Christian ESTROSI (LR) pour son virage à 180 degrés, digne des plus belles courses de moto, sur la position à tenir à droite face au Front national.

Meilleur costume

Bernard CAZENEUVE (PS), pour avoir exagéré le nombre de reconduites à la frontière afin d'assurer qu'il est plus ferme que la droite lorsqu'elle était au pouvoir. 

Prix spécial de l’Audace statistique

François HOLLANDE (PS), pour avoir tenté de vanter le "bon bilan" de plus de 3000 perquisitions sous état d’urgence alors qu’elles ont abouti à... seulement 4 vraies procédures antiterroristes .

 Prix "Jeune espoir" 

Laurent WAUQUIEZ (LR, 40 ans), pour sa spectaculaire accumulation de mensonges, sur lui-même, pour se construire un personnage public globalement factice, et sur de multiples sujets politiques (par exemple sur les relations politiques entre Charles De Gaulle et Guy Mollet). 

Au sujet des commentaires


Après 3 jours de réflexion, et je remercie ceux qui y ont contribué, je vous livre les conditions dans lesquelles je validerai dorénavant les commentaires.
Je ne publierai pas ceux comportant :
- des propos diffamatoires ou injurieux, puisque susceptibles de provoquer des actions en justice contre moi-même;
- des insultes de toutes sortes (y compris des expressions telles que : "vous êtes nuls", etc);
- des accusations ou des attaques contre des personnes, sans aucun commencement de preuve; 
- des faits rapportés sans aucune indication de leurs sources (auteur et date).

Si votre message n'est pas paru et vous n'en comprenez pas les raisons, écrivez-moi, en reprenant votre commentaire non publié (je ne les conserve pas) et je pourrai vous expliciter les raisons de mon choix...

vendredi 5 février 2016

Les dérives du FN à Hénin-Beaumont

FN versus « La Voix du Nord », nouveau round à Hénin-Beaumont


Permalien de l'image intégrée

"L'incroyable dérapage de La Voix du Nord". Voilà la "une" de Hénin-Beaumont c'est vous, le journal de cette ville dirigée depuis 2014 par le maire FN Steeve Briois. Une attaque frontale contre ce quotidien local, une de plus, car les services FN et la Voix du Nord ont une histoire très houleuse.
Leur conflit avait été particulièrement médiatisé en décembre lorsque le journal avait pris position contre le FN, dans une édition titrée "Pourquoi le Front national nous inquiète", avant les élections régionales où le parti d'extrême droite était en position de l'emporter (mais ne l'a finalement pas fait). Furieux, les cadres du FN l'avaient accusé d'avoir une "ligne éditoriale volontairement militante" et de lancer "des fatwas contre [leurs] concitoyens"

Quelques mots répétés en boucle

Pascal Wallart, chef du bureau d'Hénin-Beaumont, est nommément mis en cause par l'organe de presse du FN, qui s'appuie sur une conférence qu'il a donnée au Club de la presse du Nord-Pas de Calais. Une vidéo de l'intervention du journaliste est diffusée dès le 17 janvier par Steeve Briois sur sa page Facebook.
Au début de la vidéo, trois petites secondes de la conférence et une phrase du journaliste sont mis en évidence (et répétées en boucle). Pascal Wallart y dit au sujet des habitants d'Hénin-Beaumont :"Beaucoup n'ont plus de conscience politique."

Pour le maire d'Hénin-Beaumont, ces propos sont une "insulte" aux habitants de sa ville. Tout cela est dans la droite ligne de l'argumentaire habituel du FN, qui s'en prend régulièrement à ceux qui cherchent à culpabiliser son électorat. Le journal municipal se fend donc d'un réquisitoire contre le journaliste, l'accusant de "censure", de "mépris", et de colporter des "ragots".
Il suffit de regarder la vidéo originale pour se rendre compte que le propos du journaliste est bien plus nuancé que ce que le seul extrait martelé pouvait laisser entendre. Il ajoute ceci au sujet des habitants de la ville :
 "Ils ont juste envie qu'on s'occupe d'eux […] Il y a un paupérisme extraordinaire, avec des gens dont on ne s'occupe plus depuis bien longtemps […] Auparavant, c'étaient les patrons des mines qui avaient un rôle paternaliste que les politiques ont remplacé dans les années 1960, 1970, 1980. Puis à un moment donné, ils s'en sont fichus et ne s'en sont plus occupés.
Les gens-là se sont sentis ballottés, en plus au rythme des guerres internes entre socialistes et communistes qui animent depuis vingt à trente ans le bassin minier. Là, ils sont juste tombés dans les bras de gens qui s'occupent d'eux, et la conscience politique, je crois qu'ils n'en ont plus grand-chose à faire aujourd'hui."
                     Digues intellectuelles et morales  
M. Wallart, également auteur du livre Ma ville couleur bleu Marine, est un bouc émissaire historique de Steeve Briois. Dès 2009, alors que ce dernier était conseiller municipal de la ville du Pas-de-Calais, il l'accusait déjà de "partialité" et de "mauvaise foi" sur son blog, où il commente fréquemment ses articles. 
Le 17 décembre 2015, La Voie d'Hénin, page Facebook qui fustige régulièrement l'opposition municipale et avait relayé la vidéo de M. Briois (et donc soupçonnée de grande proximité avec la mairie), avait également ciblé le journaliste en l'accusant de"protéger une ancienne élue socialiste".

 December 17, 2015 · Edited Pascal Wallart, chef d'agence de la Voix du Nord, protège t il une ancienne elue socialiste d'un gros scandale ? Était ce la raison de la soirée organisée à la veille du second tour dans les locaux de la Voix du Nord avec les elus de l'opposition ? Réponse dans les prochains jours










Des mises en cause qui sont montées d'un cran depuis l'arrivée du Front national à la mairie et qui ont conduit La Voix du Nord à publier, le 19 janvier, un article de mise au point contre l'attitude des élus à son égard. Un rédacteur en chef du quotidien y écrivait alors ceci :
"A Hénin-Beaumont, certaines digues intellectuelles et morales ont été franchies. Notre rédaction ne reçoit plus aucune information de la mairie ? Soit. Nos journalistes ne disposent plus du dossier des délibérations lors des conseils municipaux ? Re soit. Mais dans le dernier bulletin municipal, des journalistes sont nommés, l’un d’eux qualifié de « maître dans l’art de la désinformation ».
Sur le web, certains vont plus loin dans la brutalité, la vulgarité, le mauvais goût : une consœur est surnommée « La Bébette » ; d’un autre, on ose écrire « il va faire une descente d’organes »… Assurément, à Hénin, certains ont perdu leur sang-froid. Qu’il me soit permis ici de redire la confiance de la rédaction en chef aux journalistes héninois, dont le travail n’est pas simple, ces derniers mois. À La Voix du Nord, nous conservons notre sang-froid. Et nous poursuivrons notre mission : vous informer, chers lecteurs, de tout ce qui se passe, à Hénin comme ailleurs."
Si la rédaction du quotidien n'a pas encore répondu à la "une" du journal municipal, la mairie d'Hénin-Beaumont semble déjà avoir prévu de poursuivre son feuilleton anti-Voix du Nord. Le dossier que Hénin-Beaumont c'est vous a consacré au quotidien régional s'achève d'un "A suivre" annonciateur d'un nouvel épisode.

jeudi 4 février 2016

Quousque tandem abutere Catilina patientia nostra ?

« Quousque tandem, Catilina, abutere patientia nostra ? » est une expression latine très célèbre tirée de la première des quatre Catilinaires de Marcus Tullius Cicéron. Elle signifie « Jusqu'à quand, Catilina, abuseras-tu de notre patience ? »
Cette expression, très dure, constitue le célèbre exorde du premier discours contre Catilina, prononcé par Cicéron au temple de Jupiter Stator le 8 novembre 63 av. J.-C.. Cicéron se proposait de démasquer et punir la deuxième conspiration de Catilina, une tentative de coup d'État contre la République romaine. Catilina était présent ce jour-là parmi les sénateurs, alors que sa tentative d'assassinat de Cicéron et son complot venaient d'être découverts.
J’aimerais utiliser cette expression en direction de nos élus pour que cessent la mascarade et l’hypocrisie du cumul des mandats et des fonctions. Le summum a été atteint ces derniers jours…

L'an dernier, "Le Trombinoscope" (annuaire professionnel du monde politique français) s'était ridiculisé en désignant S. Briois, maire d'Hénin-Beaumont, comme "élu local de l'année", en oubliant que ce maire FN, non seulement était concerné de près par les accusations contre son parti, en matière de financement de la campagne électorale présidentielle de 2012, mais qu'il avait également pris des mesures, en début de mandat, pointées du doigt ("expulsion" de la Ligue des droits de l'Homme, arrêté anti-mendicité dirigé contre les Rom's), sans parler de son attitude anti-démocratique vis-à-vis de l'opposition municipale.
Le même Trombinoscope vient d'atteindre le point de "non-crédibilité" en désignant la maire de Calais, Natacha Bouchart , comme "élue locale de l'année". Probablement parce qu'elle avait annoncé qu'elle abandonnait son mandat de sénatrice au profit de son suivant de liste, JF Rapin. Pour ne conserver que les mandats de maire, de présidente de la communauté d'agglomération du Calaisis et de vice-présidente du conseil régional. Rien que cela... 
Ce n'était pas suffisant pour occuper ses journées (Calais, cela vous dit quelque chose ?), puisqu'on vient d'apprendre que depuis la mi-janvier, elle est devenue l'assistante parlementaire de son successeur au Sénat, tout en étant indemnisée à plein temps... Belle entourloupe médiatique parce qu'en tant que sénatrice, ses cumuls d'indemnités faisaient que son "revenu" au Sénat, soumis à l’écrêtage, devait être proche de zéro. Tandis que sa paye en tant que salariée lui sera versée intégralement. 
Elle est donc gagnante sur 3 tableaux : 
- financièrement : elle perçoit plus que quand elle était sénatrice; serait-ce pour cela qu'elle a démissionné ? Ben non, voyons...
- image politique : elle a démissionné, de son propre chef, du Sénat pour ne pas cumuler...
- disponibilité : sénatrice, il y avait un minimum de présence à Paris, alors que son nouvel emploi, (que certains qualifieraient de fictif...) ne requiert pas de déplacement au Palais du Luxembourg.

Remarquez que son successeur, Jean-François Rapin, est un cumulard caricatural :
- maire de Merlimont;
- vice-président de la communauté de communes "Mer et Terres d'Opale";
- conseiller régional;
- sénateur;
Au niveau local et régional :
- président de l'association des maires du Pas-de-Calais;
- président de la commission « Mer et Littoral » du Pôle Métropolitain Côte d’Opale; 
- 1er Vice-Président du Parc naturel marin des estuaires picards et de la mer d’Opale;
- président du Conseil de rivage Manche – Mer du Nord (délégation régionale du Conservatoire du Littoral); 
Au niveau national :
-président de l’ANEL (Association Nationale des Elus du Littoral);
- membre du bureau du Conseil National de la Mer et des Littoraux et Président de la commission « Gestion des risques »;
- membre du CFL (Comité des Finances Locales).

Remarques : 
- seuls les 4 premiers mandats sont rémunérés; 
- je pense que JF Rapin n'exerce plus sa profession de médecin généraliste;
- depuis qu'il est sénateur, il est possible qu'il ait démissionné d'une de ses fonctions autres que les mandats politiques. Mais son site ne l'indique pas pour le moment...




Rappel

Je rappelle mon post d'hier : 

"La grossièreté de beaucoup des commentaires me conduisent à suspendre pendant 3 jours toute parution des commentaires (jusque samedi matin).
Je fixerai de nouvelles règles et ceux qui le souhaitent peuvent me faire part de leurs suggestions (par commentaire, qui ne sera donc pas publié) : elles seront les bienvenues. Merci d'avance."

mercredi 3 février 2016

Si l'état ne joue pas son rôle, c'est à nous, les citoyens, d'agir !


Pour ceux qui n'auraient pas vu l'émission d'Elice Lucet, hier soir, sur ces produits, dits phyto-sanitaires pour masquer leur dangerosité, que sont les pesticides, vous trouverez, en fin d'article (avant-dernier ligne), le lien direct sur ce reportage. Je rappelle que le suffixe cide (de pesticide) vient du latin "caedere" qui signifie tuer. Tuer donc les parasites ("pest"en anglais), mais comment penser que cela ne puisse nuire à l' Homme" alors que cela vise des animaux ?
Que faire ? Quelques pistes vous sont données. Il faut vous informer tout d'abord (les liens sont nombreux), agir dans une association et agir individuellement dans sa vie quotidienne. 
Lisez également les commentaires de réaction : certains sont très instructifs...

Que faire après les révélations de « Cash Investigation » sur l’agriculture qui tue ?

Le blog d'Anne-Sophie Novel

Pas de commentaire pendant 3 jours

La grossièreté de beaucoup des commentaires me conduisent à suspendre pendant 3 jours toute parution des commentaires (jusque samedi matin).
Je fixerai de nouvelles règles et ceux qui le souhaitent peuvent me faire part de leurs suggestions (par commentaire, qui ne sera donc pas publié) : elles seront les bienvenues. Merci d'avance.

mardi 2 février 2016

Traiter de la mort avec humour...


Ce texte est un bijou d'humour... sur un sujet aussi grave. Ce Pierre Barthélémy est un pédagogue qui fait passer facilement des sujets arides ou, a priori, "barbants", mais on sourit tellement que l'on finit par croire que l'on est devenu subitement intelligent (ce n'est pas toujours vrai...).

La mort habite en haut d’un gratte-ciel
LE MONDE SCIENCE ET TECHNO | 02.02.2016 Par Pierre Barthélémy



Vous venez de faire un arrêt cardiaque, heureusement en présence d’une âme charitable qui a eu le réflexe de prévenir aussitôt les secours. Même si, a priori, vous n’êtes plus en état de vous remémorer les dernières statis­tiques à ce sujet, voici deux éléments importants qui vont vous aider à évaluer la probabilité que vous revoyiez du monde ailleurs qu’à vos funérailles. Primo, comme le rappelle une étude canadienne publiée le 18 janvier dans le Canadian Medical Association ­Journal(CAMJ), cette probabilité n’est pas fantastique  : sur les quelque 400  000 arrêts cardiaques qui surviennent chaque année en Amérique du Nord en dehors de l’hôpital, le taux de survie est faible, inférieur à 10 %.
Secundo, comme votre état nécessite une réanimation cardio-pulmonaire destinée à oxygéner le sang et à le faire circuler artificiellement ainsi qu’une défibrillation pour relancer votre palpitant, vos chances de poursuivre votre chemin dans l’existence autrement que dans un corbillard diminuent de 7 % à 10 % à chaque minute qui passe…
Le facteur temps est donc essentiel. Or, comme le souligne l’étude du CAMJ, un nombre croissant de ­personnes s’éloignent du SAMU ou des pompiers non pas parce qu’elles décident d’aller vivre dans une oasis uniquement accessible à dos de chameau, mais tout simplement parce qu’elles résident… à un étage élevé. Et autant on connaît bien le délai dit « horizontal », c’est-à-dire le temps mis par les secours pour arriver, ­gyrophares hurlants, à la bonne adresse, autant on ignore la valeur moyenne du délai « vertical », le temps qu’il faudra aux réanimateurs pour parvenir à l’étage où vous vous mourez – il ne vous reste plus qu’à ­espérer que madame Michu ne soit pas en train de retenir la porte de ­l’ascenseur pour finir son importante discussion sur la météo ou sur le nouveau petit ami de la demoiselle du 9e.

Délai « vertical »
Pour évaluer ce délai « vertical » et son éventuelle influence sur votre survie, nos chercheurs ont exploité une base de données de la ville ­de Toronto, remplie par l’équivalent canadien du SAMU, ainsi que par les pompiers et 44 hôpitaux. Cette base recense les détails horaires de toutes les interventions d’urgence et presque toujours les étages où ­elles ont eu lieu. On avait ainsi les statistiques complètes pour 7  842 arrêts cardiaques survenus entre le 1er janvier 2007 et le 31 décembre 2012.
Premier enseignement  : il fallait en moyenne 6 minutes et 12 secondes aux secours pour arriver au pied de l’immeuble où se trouvait la victime, qu’elle soit dans une maison ou dans un gratte-ciel. C’est ensuite que les choses variaient. Si l’intervention s’était produite au rez-de-chaussée, au 1er ou au 2e étage, le délai « vertical » était de 3 minutes en moyenne et 4,2 % des personnes atteintes par un arrêt cardiaque survivaient. Si le SAMU ou les pompiers devaient ­accéder à tous les étages supérieurs au 2e, ce délai s’élevait avec l’altitude  : 4 minutes et 54 secondes en moyenne – et le taux de survie moyen, lui, chutait à 2,6 %.

Il ne s’agit que de moyennes et il faut entrer dans les détails pour ­comprendre à quel point ceux qui choisissent de vivre à un étage très élevé, en espérant tutoyer les cieux dans une version moderniste du «  Plus près de Toi, mon Dieu  », risquent aussi de se retrouver plus vite au ­paradis. L’étude révèle ainsi que le taux de survie tombe à 0,9 % au-delà du 16e étage… et qu’au-delà du 25e aucune personne ayant eu un arrêt cardiaque n’a survécu. Un nouvel argument dans l’arsenal des opposants à la construction de gratte-ciel ?



lundi 1 février 2016

Café du commerce... en voiture !

Transcription d'une conversation (?) en voiture, hier, entre mon voisin, médecin (X), et moi-même :

- X : on en a assez de ces politiques qui ne songent, pendant tout le mandat, qu'à leur réélection. D'ailleurs, quelle connerie d'avoir supprimé le septennat, au moins un président pouvait travailler dans la durée... 
- AA : mais 2 fois 7 ans, cela fait peut-être un peu long...
- X  : oui, mais y en a marre que toutes les opinions politiques ne puissent être exprimées dans les assemblées. Il faut la proportionnelle intégrale...
- AA : euh, la la IVème république n'a pas laissé de bons souvenirs, et tous les autres pays ne sont pas adeptes de la proportionnelle...
- X : la droite et la gauche ne sont pas capables de se mettre d'accord sur des thèmes, sur lesquels, pourtant, on ne peut être que du même avis. Regarde l'écologie. Elle ne devrait être ni de droite, ni de gauche...
- AA : sauf que personne n'est d'accord sur la justice sociale...
- X : mais si tout le monde est d'accord !
- AA : réduire les écarts de salaire dans l'entreprise, tout le monde n'est pas sur la même longueur d'ondes. Certains pensent que des écarts de 1 à 100 c'est insupportable... Il faut taxer les revenus les plus élevés pour diminuer cette différence de salaires...
- X : toujours taxer ! C'est trop facile pour un gouvernement de créer de nouveaux impôts pour réduire ses déficits. Il n'a qu'à faire comme les particuliers, on fait avec ce qu'on a ! 
- AA : parfois, il faut taxer pour investir ou empêcher de mauvais comportements...
- X : ah oui, parlons-en ! Moi je fume des cigarillos qui sont bio-dégradables et je risque une contravention si je les jette sur la chaussée...
- A : parce que, chez toi, tu les jettes par terre ?
- X : non, bien sûr. Mais c'est pas pareil ! Moi je suis écœuré par les tricheries des constructeurs automobiles. Non seulement Volkswagen a installé un système pour que l'on ne détecte pas ses émissions de gaz à effet de serre au-delà des normes, mais Peugeot avait mal réglé ses moteurs qui, en réalité, dépassaient les chiffres qu'il annonçait. A quoi ça sert l'Europe ? Regarde, on a envoyé notre porte-avions pour bombarder les djihadistes. Avec cet argent, on aurait pu faire autre chose. Il y a tellement de choses qui ne vont pas, en France. Les autres pays européens doivent aussi financer. A quoi, ça sert finalement l'Europe ? Ce qui coûte cher, ce sont les administratifs. Plus on met des administratifs, plus ça complique les choses et cela marche de moins en moins bien. Regarde, nous les médecins, on est sans cesse surveillés par les administratifs de la sécurité sociale. Par exemple, on veut prescrire un vaccin, mais il y a des ruptures de stocks, alors on doit en prescrire un autre, moins efficace. C'est la faute des administratifs des labos qui ne savent pas gérer les stocks ou qui pensent que la marge dégagée sur ce vaccin n'est pas suffisante, alors ils organisent la pénurie pour faire augmenter les prix. Mais tu ne dis rien, tu penses que j’exagère ?  
- AA : ça fait très "café du commerce" tes propos...
- X : oui, peut-être, mais c'est la réalité. Quand j'écoute mes patients, ils n'ont plus aucun espoir pour la France et il ne faut pas s'étonner du vote Front national. Les gens en ont marre !
- AA : nous y voilà...
- X : faut pas s'étonner que les jeunes quittent la France et que les vieux vont prendre leur retraite à l'étranger... 
- AA : Les jeunes vont faire leurs études à l'étranger, ce qui est une bonne chose, d'autres vont travailler pour des entreprises françaises en dehors de la France. Quant aux personnes qui sont parties couler leurs vieux jours à l'étranger, j'en connais beaucoup qui sont revenues, parce que coupées de leurs racines... Tiens, on est arrivés à destination !

dimanche 31 janvier 2016

Je ne me lasse pas de cette histoire sur l'origine des Le Pen actuels


J'ai écrit cette histoire, après de longues recherches généalogiques, en 1992. Je l'ai actualisée en 2008 et vous en trouverez le texte, ci-dessous. Mais dans un post du 18/9/2015, suite à des découvertes en génétique qui ont démontré qu'une grande partie de l'Humanité a transité par l'Arabie (avant d'être, pour certains islamisés), je me demandais si les Le Pen et les Alpern n'avaient pas une origine commune, vu la proximité sémantique (nous serions, en quelque sorte, de très lointains cousins !). Evidemment, cela nous emmène très très loin dans l'origine exacte de la famille Le Pen... Je continue mes recherches et ne manquerai pas de vous tenir au courant...


En l’an de grâce 732, vous le savez tous, Charles Martel arrêta les Arabes à Poitiers…

Parmi ces derniers, certains, charmés par la région ou, plus probablement, par certaines autochtones, ne firent pas demi-tour et s’y installèrent. L’un d’entre eux retiendra plus notre attention : il s’agit d’un dénommé Ben Ali ben Youssef, dont, par commodité, nous réduirons le nom à Ben Ali (c’est d’ailleurs ainsi, que l’on finit par l’appeler). Ce " nouvel immigré ", plus instruit que la plupart des habitants, la civilisation arabe étant très en avance, s’intégra assez facilement dans la région poitevine, en apportant ses connaissances à une société toujours avide d’apprendre. Sa prestance et son apparence physique différente séduisirent une jeune paysanne : il semblerait qu’alors les mariages exogames ne rebutaient personne, sauf, bien entendu, les familles nobles, où la consanguinité était de règle.

Notre Ben Ali et sa belle se marièrent et eurent beaucoup d’enfants, pour parodier les contes, mais il faut croire ces derniers, puisque l’on retrouve, dans les registres paroissiaux locaux, trace de nombreux Ben Ali. Il ressort de ces (rares) archives que, vers 960, un dénommé Charles Ben Ali était devenu échevin d’un petit bourg près de Poitiers.

Nous nous attarderons plus particulièrement sur un sieur Philippe Ben Ali, tout simplement parce que nous avons pu reconstituer sa lignée et que nous avons repéré sa descendance jusqu’à aujourd’hui ! PBA (désolé pour l’anachronisme, mais efficacité et modernisme obligent), donc, eut une vie assez agitée, à tel point qu’il dut s’éloigner de Chauvigny près de Poitiers (il semblerait qu’il fut le seul Ben Ali dans ce bourg), et l’on retrouve trace de ses arrière-petits-enfants à Ecommoy, à quelques lieues du Mans, en 1138 . Probablement pour échapper à l’Inquisition, bien qu’elle n’ait pas sévi dans cette partie de la France, il apparaît (il appert, comme on disait) que le dénommé Pierre Ben Ali se soit converti au catholicisme, en 1377. A signaler que certains Ben Ali y avaient déjà procédé auparavant (c’est pourquoi, à travers des registres de baptême, nous avons pu suivre certaines branches de la descendance de l’immigré arabe de 732). Notons, sans nous y appesantir, car nous manquons d’informations, que 2 Ben Ali ont intégré le judaïsme. L’un, vers l’an 1000, parce qu’un érudit hébraïque a mentionné son apostasie musulmane, et l’autre, parce qu’il a collaboré à une école cabalistique à Bordeaux en 1143, époque de la munificence de cette œuvre ésotérique et mystique : d’ailleurs, il n’est pas étonnant qu’un descendant d’un peuple, qui a inventé les nombres et l’algèbre, ait participé à la Cabale, dans laquelle on pratiquait la Gematria (exégèse propre à l’ Ancien Testament des Juifs dans lequel on additionne la valeur numérique des lettres et des phrases afin de les interpréter). Merveilleuse synthèse de l’esprit humain !

La christianisation des Ben Ali eut 2 conséquences : autour du Mans, dès la fin du XIVe siècle, les Ben Ali sont devenus Ben (ainsi un Christophe Ben est baptisé en l’église de Brûlon, près de Loué, en 1399) ; et ce Ben (notamment la lignée de Philippe ex Ben-Ali) se mit à traverser la Bretagne : au fil des siècles, et notez cette pérégrination vers l’Ouest, on les retrouve à Saint Meen le Grand, Josselin, Locminé : dans cette dernière ville, pour des raisons obscures, mais ayant à faire probablement avec le soutien minoritaire de la famille avec la Révolution, pas très bien vu dans ce coin de la France ( !), la famille prend le nom de Le Ben, plus breton certes, mais n’empêche, les Le Ben furent considérés comme des pourfendeurs de la Royauté, et des mécréants révolutionnaires…
1832 : les voilà à Baud et Azaro (un Le Ben devint prêtre et se mit à dos toute la famille). Le passage à la seconde République fut-il un détonateur ? Toujours est-il que la descendance de Philippe Ben Ali changea alors de fusil d’épaule et s’ancra dans le catholicisme, et peut-être pour marquer ce virage, transforma-t-elle son nom en Le Pen, en arrivant à La Trinité-sur- Mer, quelques années plus tard. D’autres interprétations de ce changement de nom ont été soulevées et notamment celle, assez crédible, d’un mariage d’un Le Ben avec une demoiselle d’origine anglaise, dont la famille avait du mal à prononcer le nom : plus facile de dire Pen, un mot que les Anglais connaissent bien ! Une autre interprétation fut qu’il fallait se démarquer de plusieurs " sodomites " dans la famille, l’homosexualité étant particulièrement mal vue dans cette région ultra-catholique.


En tous les cas, parcours exceptionnel d’une famille arabe à l’origine, dont une partie s’enjuiva, une autre devint catholique, pendant que certains furent des révolutionnaires (politiques, mais aussi de mœurs) ou qu’une partie de la famille s’allia avec les ennemis jurés de la France. N’est-ce pas là un exemple extraordinaire de ce qui constitue la France : une diversité, un métissage propre à générer notre génie si particulier… Puissions-nous continuer à contribuer au métissage universel : en accueillant, non seulement des Arabes, mais également d’autres populations étrangères, elles-mêmes métissées ! L’exemple de cette famille est la preuve que notre politique d’intégration est la bonne, même si parfois les parcours ne sont pas linéaires.