lundi 2 mars 2015

Le FN : un parti "exemplaire"...

L'article cité est celui-ci :
http://www.liberation.fr/politiques/2015/02/27/islamophobie-homophobie-la-compilation-des-derapages-fn_1210335?utm_source=Facebook&utm_campaign=Echobox&utm_medium=Social
On pourra y voir copie des tweets qui ne sont pas reproduits ici...


Depuis cet article, d'autres cas sont remontés à la surface.
Pourquoi un si grand nombre de "malades", racistes, homophobes, antisémites, etc, parmi les candidats FN aux élections départementales ? Plusieurs hypothèses :
- le FN, malgré la soi-disant "dédiabolisation" serait perçu comme un parti réellement raciste, homophobe, antisémite, xénophobe, islamophobe, etc. Il serait foncièrement raciste, homophobe, antisémite, xénophobe, islamophobe, etc, mais ne peut l'avouer...
- on "recruterait" qui on peut sans se soucier du passé et des idées des candidats...
- ce serait la réalité d'une partie de l'électorat frontiste...
- le FN "susciterait" ces candidatures en espérant que cela ne sera pas remarqué.
A vous de choisir parmi ces explications...



Islamophobie, homophobie... la compilation des dérapages FN
LIBERATION 27 FÉVRIER 2015

FLORILÈGE
Les allusions, ils ne connaissent pas. Plusieurs candidats frontistes aux élections départementales se sont lâchés sur leurs comptes Facebook ou Twitter.
«L’islam, peste bubonique», les homosexuels «pédophiles»«qu’on mette les Arabes sur un bateau et qu’on les fasse couler»… Le Front national voulait des candidats«propres», qui savent se contenir. Raté. Il voulait faire des prochaines élections départementales une démonstration de force. Et y est parvenu, en se présentant dans 93% des cantons, mais au prix de certains recrutements douteux. Dans le lot, Marine Le Pen le reconnaît, beaucoup ne sont pas «des professionnels de la politique». Qui, en clair, ne manient pas la langue de bois. Et ça se voit. 
Sur les pages Facebook, les comptes Twitter ou les blog de certains candidats, les allusions racistes se succèdent. Florian Philippot, vice-président du Front national, plaidait jeudi matin qu’il n’y avait que quelques cas recensés, anecdotiques. En réalité, les dérives sont nombreuses. Voici celles que Libération, et d’autres journaux, ont repéré, après une recherche loin d’être exhaustive – Le FN présente 7 648 candidats, suppléants compris. Ce sont les sorties plus franches, là où l’islamophobie, l’homophobie et les délires complotistes sont les plus flagrants.
Gérard Brazon, candidat Front national des Hauts-de-Seine, suggère pour la France une ablation de l’islam. Dans un tweet posté en octobre 2013, il précise :«Opération Pédalo et Islamectomie : Comment débarrasser la France de Hollande et de l’islam.» Cet ancien de l’UMP (et même du RPR) se dit ouvertement islamophobe dans un autre tweet publié en août 2013. Et il ne comprend pas qu’on s’offusque d’une profanation de mosquée.
Gérard Brazon appelle aussi à la révolte des moutons… et au meurtre. Après un accident lors de la fête de l’Aïd qui a provoqué la mort d’un musulman, il a invité «tous les autres moutons de France, ceux qui attendent que les choses changent avant de bouger eux-mêmes […] qu’ils fassent comme le mouton d’Hamadcha, qu’ils se rebellent et se bougent.»
En février dernier, il poste une vidéo «comique» montrant plusieurs arabes lutter contre un escalator. Commentaire de notre candidat : «Les dangers du partage d’une technologie. Nous n’avons pas idée, nous les occidentaux, des risques que nous faisons prendre à ces braves gens… Un escalier roulant c’est pas évident…»
Denis Sourd est candidat dans la huitième circonscription de la Haute-Garonne (Canton de Bagnères-de-Luchon). Cet artisan de Saint-Gaudens a partagé un dessin illustrant la théorie d’extrême droite sur le grand remplacement (celui des blancs par les Africains), qu’il a légendé d’un «triste réalité». Diatribe classique, mais le dessin partagé a été mis en ligne par Alexandre Gabriac, fondateur des Jeunesses nationalistes (groupuscule aujourd’hui dissout) et ancien membre du Front National, exclu du parti en 2011 pour un salut nazi.
François Helie, candidat à Dourdan (Essonne), affectionne les images à caractère raciste ou homophobe et en fait profiter ses contacts sur son mur Facebook. Comme cette fausse pub montrant un sac poubelle transformé en «niqab jetable» qui«retient les odeurs durant 24 heures». Ce conseiller municipal a aussi partagé ce dessin d’un soldat français au Mali qui rassure un petit orphelin en lui disant : «Ne t’inquiète pas on va te faire adopter par un couple gay en France».
Serge Laroze n’aime pas trop les étrangers mais adore les mots croisés. Il a conjugué ses deux talents. Candidat à Toulouse 11, ce retraité de l’aéronautique a fait parler de lui lors des dernières municipales en publiant une grille confectionnée par ses soins, où il donne par exemple sa définition d'un Rom : «Fait fortune dans le rempaillage de chaises et le commerce du cuivre.» Ou encore cette définition du quartier de Bellefontaine : «Quartier sensible, centre de recrutement du Djihad et dont le nom évoque un bel écoulement d’eau». Le candidat s’était défendu en disant que c’était de l’humour. Depuis, la page n’existe plus sur le site départemental du FN.
François Jay, candidat à Bordeaux 1 sous l’étiquette du SIEL (Souveraineté indépendance et libertés, parti associé au FN), s’attaque à «l’occupant»Dans un message posté l’été dernier, il théorise sur le «grand remplacement», une «invasion»à ses yeux, en appelant à rejeter «ceux qui nous envahissent», et prônant une solution radicale : «Pas d’emploi, pas de logements, pas de collaboration avec l’occupant, telle devrait être notre attitude.» Dans un autre post, il réclame l’interdiction du Coran.
Jacques Coutela se présente à Tonnerrois (Yonne). Il avait été exclu temporairement du FN après avoir affiché son admiration pour le terroriste norvégien Anders Breivik, qui avait assassiné 77 personnes en 2011. Sur son blog, (intitulé «La valise ou le cercueil»), il avait publié un article qualifiant le tueur de«premier défenseur de l’Occident», un «Charles Martel 2» et avait appelé à en faire«une icône». Dans un second article, il apportait une rectification : Breivik «n’est pas une icône, mais simplement un visionnaire face à la montée de l’islamisation de l’Europe.»
Un candidat voisin, Frédéric Richou, qui se présente dans la circonscription de Bordeaux 2, dit ce qu’il pense des immigrés, ou Français issus de l’immigration, et qu’il appelle le «Niquetamère», cet «animal peureux». Précisément, ce conseiller aux prud’hommes a partagé cette définition sur sa page Facebook, le 18 février. Mais si le texte n’est pas de lui, son commentaire laisse peu de doute sur son opinion (et sur son niveau en orthographe) : «Très belle définitions a méditée». Que signifie le mot France pour lui ? «F.R.A.N.C.E. : Fédération des réfugiés Arabes Nourris par les Caisses de l’Etat.» Et aussi : «Il se reproduit rapidement en milieu européen.»Une dernière : «La femelle peut mettre bas entre 10 et 15 "niquetamères" dans sa vie.»
Mikaël Pinton, candidat dans le canton de Vitré (Ille-et-Vilaine) se réfugie derrière l’humour – un classique frontiste – pour exprimer son islamophobie sur son compte Facebook. Et fait étalage de ses faits d’armes : «Ce matin, aux courses, je me suis amusé à mettre des côtes de porc dans le rayon halal, histoire de… il y aura peut-être un muzz courageux pour les acheter.» Et il relate des blagues qui suintent le racisme.
Mikaël Pinton risque l’exclusion du FN, non pas pour ces blagues, mais pour avoir posté l’image de Pierre Bergé et Dounia Bouzar avec une cible sur la tête, parce qu'ils s'étaient tous deux prononcé pour une révision des jours fériés religieux. Le Journal de Vitréavait également repéré des messages racistes à l’égard de Christiane Taubira qui ont depuis été effacés. Il a été suspendu du parti, avant une prochaine convocation devant une «commission de discipline», a indiqué le directeur de la campagne des départementales au FN. Nicolas Bay a également précisé que l’exclusion ne faisait guère de doute : «Je ne suis ni raciste ni islamophobe», a tenu à préciser Mikaël Pinton au Journal de Vitré.
Patricia Chalamet, candidate à Buzançais (Indre), associe dans un post homophobe, publié en mai 2014, le mariage pour tous à un «blanc-seing à toutes les perversions». 
Roger Dohen, candidat dans le canton de Marck (Pas-de-Calais), n’aime pas les homosexuels. En 2012, ce pêcheur de 67 ans poste un statut Facebook avec ce message : «Le mariage = un homme une femme. Ils en veulent toujours plus ses PD.»
En mars 2014, il publie une photo prise furtivement depuis une voiture, montrant des personnes patientant à un arrêt de bus. Suivi de son commentaire. « Ils sont partout et de plus en plus paraît que s’est bon pour la France UMPS, en attendent les calaisiens paye pour nourir ses gens. »
Roger Dohen est également abonné à la page Facebook «Sauvons Calais», du nom du collectif fondé par Kevin Reche, «nationaliste» de 20 ans tatoué au coeur d’une swastika, façon Vignard dans American History X.
Alexandre Larionov, candidat dans le canton de Causse-Comtal (Aveyron), ouvertement antisémite, dénonce la mafia juive dans un message posté sur Facebook en août 2014 : «La france est un pays controllé par les Grans Loges, l’argent que les Français gagnent partent dans les poches de ces gens. […] Ils veulent détruire les races nordiques.» Après cette révélation par le site anti-FN L’Entente, il a été exclu du parti.
Gilles Ferrière se présente à Billom (Puy-de-Dôme). En novembre 2012, on peut lire sur sa page Facebook personnelle, à propos du mariage pour tous : «La démocratie voudrait que tout le monde s’exprime et non une minorité pédophile ».

Il est également fan de la page Facebook SOS Souveraineté la révolte des Vaches à Lait, dont l’objectif est de « Rendre le pouvoir aux français (Les vrais, pas ceux qui prennent la nationalité comme une carte de séjour à durée indéterminée…) ». On y trouve des appels à la haine des Roms, notamment le jeune Darius, tabassé en juin 2014 par des jeunes de Pierrefitte-sur-Seine, et retrouvé agonisant dans un chariot à roulettes : «On pourrait aussi arrêter [son] traitement […], non ? D’autant plus que le parasite n’a jamais cotisé à la sécu ou même payé une assurance…»
Philippe Sokolowski, leader du FN à Bellegarde-sur-Valserine (Ain), déclarait lors d’une interview à La Tribune Républicaine en 2013 : «Nos valeurs judéo-chrétiennes sont en train de disparaître de la ville. Je pense que dans six ans, ce sera Bellegarde la salafiste ou la djihadiste ! On peut aussi mettre un minaret sur la mairie. On est en train de brader la commune.» En mars 2012, il diffuse une lettre raciste à destination de François Hollande (supprimée depuis du site du FN de Bellegarde), comme le rappelle le site Alkanz.
Maxime Chaussat, candidat dans l’Ain et responsable départemental du FN, retweete des messages du type «Le seul véritable apartheid existant en France est celui que subissent les patriotes pour exprimer leur amour de la France historique». En 2011, rappelle Le Lab, il avait été condamné pour un tag raciste,«Islam dehors», accompagné d’une croix celtique. 
Dans l’Allier, le chanteur de charme et candidat FN Xavier Sainty s’est récemment illustré dans un post Facebook où il expliquait que si sa carrière ne décollait pas, c’était parce qu’il n’était pas juif. Sur sa page Facebook, il a posté ce message le 14 février : «Même dans le show-biz je suis bloqué partout, et un producteur juif […] me l’avoue directement […] il m’a dit «comme tu n’es pas juif tu n’auras jamais droit aux télés aux radios et tu seras barré car nous avons l’argent et tout nous appartient, tu ne pourras jamais y arriver» !!! Voilà comment nous sommes traités par ces gouvernements depuis des décennies, nous les «goys», vivement une vraie révolution française […] vive Marine Le Pen vite !!!»
Eric Pinzelli, candidat à Château-Arnoux-Saint-Auban (Alpes-de-Haute-Provence), a invité ses lecteurs à «sauver la France». Historien et contributeur régulier au site d’extrême droite Boulevard Voltaire, il a posté un message il y a trois mois sur la «déferlante de l’islam» qui a «envahi» la France : «Si vous n’êtes pas encore enthousiastes à l’idée de voir nos cathédrales dynamitées et de vivre dans une société régie par la charia, aujourd’hui est le temps de dire halte au processus de déchristianisation, halte à la réécriture de notre Histoire.» 
Jean-Jacques Guitard, candidat à Beausoleil (Alpes-Maritimes), mêle sur son compte Twitter islam et islamisme : «Il est temps d’arrêter de faire de l’angélisme envers l’islamisme même si l’islam de France doit en payer le prix. STOP!!!»
Même amalgame de la part de Julien Clos, qui se présente au Cannet (Alpes-maritimes). Après la tuerie à Charlie Hebdo, il publie sur son compte Twitter : «Attentat islamique ce matin, je suis de plus en plus inquiet concernant la #Mosquee clandestine du #Cannet. #ALERTEISLAM»

Lydia Schénardi, candidate à Contes (Alpes-Maritimes), mélange boucherie et homoparentalité, rapporte Nice-MatinInterrogée par des étudiants en journalisme en 2013, elle demande : «On parle de la traçabilité de la viande mais est-ce qu’on pense à la traçabilité des enfants ? Un enfant qui nait dans un couple homosexuel, qui se sépare par la suite, les grands-parents qui sont-ils là-dedans ?»
Jonathan Vivien, suppléant à Arras, donne sa définition du mot «Algérien» :«Maladie mentale consistant à se promener avec un drapeau, brûler des voitures et crier “one two three, viva Algeria”». Sa page Facebook, repérée par L’avenir de l’Artois, est «un véritable déferlement de haine et de blagues» à l’encontre des musulmans arabes, rapporte le journal.
Aimé Deléglise et Chantal Clamer, candidats à Pamiers (Ariège), s’accordent bien. Le premier, adepte de blagues racistes, qualifie Christiane Taubira de «banane sur pattes» dans un post publié sur Facebook en avril 2014. La seconde s’est déjà faite épingler pour ses propos homophobes, racistes et islamophobes. La candidate s’est illustrée en janvier 2014 en écrivant, sur son compte Twitter, que «l’islam et les Mahométans sont la nouvelle peste bubonique du XXIe siècle, à combattre à éliminer sans hésitation par tous les moyens possibles». Puis, dans un autre tweet, elle a évoqué des «sales gouines vraiment moches», dont seuls voudraient «les blacks et les rebe».
Thierry Cumps, candidat FN/RBM (Rassemblement Bleu Marine) à la Courneuve, écrit des livres et les publie à compte d’auteur. Comme celui-là : «Bienvenue en France islamique». Il y théorise un délire complotiste, expliquant très savammentsur son blog comment le président français se prépare à convertir la France en terre islamique. Car «François Hollande en est convaincu : le socialisme est incapable de faire respecter les lois en France, seul l’islam en tant que force politique et pas seulement en tant que religion est capable de diriger notre pays.» Il existe selon lui«de nombreux signes quant à la volonté d’implanter en France un gouvernement islamiste modéré de type algérien ou marocain par François Hollande.» Comme celui de nommer une «marocaine musulmane Najat Vallaud-Belkacem comme ministre de l’éducation nationale».
Si Hollande fait la guerre à l’Etat islamique, c’est dans un but très précis selon lui :«Encourager le terrorisme islamique en France afin d’utiliser des petits criminels pour des attentats sur le sol français, ce qui amènera la population française et les députés à accepter des lois liberticides qui permettront de changer la république démocratique française en république islamiste.» Voilà.

dimanche 1 mars 2015

Carnets du dimanche


- Le Gorafi : Nouvelle tempête pour le FN à quelques semaines des départementales. Hubert Bromissier, candidat FN dans l’Indre et Loire, est accusé d’avoir volontairement brûlé un restaurant halal ainsi que d’avoir tagué une mosquée. Le candidat du parti de Marine Le Pen se défend et plaide l’humour. « J’ai clairement dit que c’était de l’humour. En plus j’ai dit en craquant l’allumette « C’est l’heure du barbec, qui a pensé aux saucisses ? » » a-t-il répété devant le juge. Il refuse les accusations de racisme qu’il reçoit depuis deux jours. « On veut salir Marine Le Pen à travers moi, c’est scandaleux ». Il a alors tagué le bâtiment avec des slogans, bourrés de fautes d’orthographe qui plus est, avant d’être maîtrisé par la police. Là aussi, pour lui, il ne s’agissait que d’humour. « On ne peut plus rire de rien, la pensée unique nous empêche d’écrire des mots amusants sur des bâtiments de culte » a expliqué son avocat tandis que son client était conduit en maison d’arrêt. Le Front national n’a dans l’immédiat pas commenté les agissements de M. Bromissier. Mais le parti pourrait par contre suspendre temporairement le candidat après la publication de plusieurs caricatures racistes de Christiane Taubira sur sa page Facebook. « S’il reconnaît les avoir effectivement publiées sur Facebook, cela pourrait aller jusqu’à une exclusion du parti pour plusieurs mois » estiment des cadres de la formation politique.
AA : Florian Philippot ajouterait certainement qu'il s'agit d'un cas parmi les 7000 candidats du FN et que l'on ne parle jamais de ce candidat UMP qui a giflé sa belle-mère parce qu'elle n'était pas d'accord pour que Sarko devienne président de l'UMP ou ce candidat PS retrouvé saoul, en train d'uriner sur une affiche du FN. "2 poids, 2 mesures" dirait-il...

AA : je parie qu'ils n'ont pas payé leur entrée !

- Le Monde 28/2 L'assassinat de Nemtsov (extraits)
 Sans surprise, le rassemblement anticrise qu'il organisait, dimanche dans la banlieue de la capitale, occupe une place de choix dans l'interview (A l'antenne d'une radio moscovite trois heures à peine avant sa mort) : « Cette marche demande l'arrêt immédiat de la guerre avec l'Ukraine, elle exige que [le président russe Vladimir] Poutine cesse son agression. »
A l'instar de Kiev et des Occidentaux, l'homme assure que Moscou a envoyé des troupes soutenir les séparatistes prorusses dans l'est du pays. Des allégations que le Kremlin a toujours démenties.
Mettre les hommes politiques corrompus devant les tribunaux, couper de moitié le budget militaire et augmenter celui de l'éducation... Les propositions se succèdent, mais Boris Nemtsov n'est pas dupe :« L'opposition n'a pas beaucoup d'influence sur les Russes actuellement. »
« Quand on concentre le pouvoir entre les mains d'une seule personne, cela ne peut mener qu'à la catastrophe. A une catastrophe absolue », avertit celui qui était l'un des rares à oser encore critiquer Vladimir Poutine.

AA : selon Poutine, lui-même, et Marine Le Pen, cet assassinat ne peut-être que l'oeuvre des services secrets étatsuniens qui voudraient en "faire porter le chapeau" au président russe. La présidente du FN ajoute même que la CIA a été aidée par des djihadistes à sa solde.

Libération publie en ebook le Traité sur la Tolérance de Voltaire. Un plaidoyer contre tous les fanatismes d'une brûlante actualité. 

AA : cet ebook est gratuit, à condition de souscrire un abonnement d'un an au quotidien. Si vous optez pour un abonnement de 6 mois, vous aurez accès à la première partie de ce livre...

- Reporterre 25/2 : Pour imposer leurs projets, les promoteurs de Center Parcs mettent en avant les emplois. Mais ces projets ne créent pas ex nihilo des emplois, ils remplacent et détruisent les emplois du secteur. Ils ont les mêmes effets sur le tourisme doux et rural que les sites Amazon sur les librairies, ou que les hypermarchés sur les petits commerces de proximité : plus de chômage.

AA : en vérité, on ne peut plus créer d'emplois en France. Le gouvernement étudie donc une formule pour réduire le chômage de façon "dynamique". Il s'agirait, après une formation adéquate", de transférer tous les chômeurs dans des pays qui créent de l'emploi. Une aide à l'expatriation serait attribuée la première année... Pour compenser la baisse de consommation qui s'ensuivrait, l'état pense accueillir un nombre d'immigrés équivalent au nombre d'expatriés...

Le Figaro 26/2 : En Égypte, la chasse aux athées bat son plein
AA : Chaque citoyen égyptien qui ne se rendrait pas à la mosquée au minimum une fois par semaine, devra en fournir les raisons, sous peine de se voir punir selon les règles de la Charia 



AA : de toutes les façons, il n'y aura plus besoin de chauffer...

- Le Point : L'augmentation des relations sexuelles illicites est la cause de l'accroissement des tremblements de terre, selon l'ayatollah Kazem Sedighi, imam de la prière du vendredi de Téhéran cité par le quotidien Aftab. "Les catastrophes naturelles sont le résultat de notre propre comportement", a déclaré M. Sedighi. "Beaucoup de femmes mal habillées" (ne respectant pas la tenue islamique, ndlr) "corrompent les jeunes, et l'augmentation des relations sexuelles illicites fait accroître le nombre des tremblements de terre", a-t-il déclaré.
AA : Et pourquoi n'y a-t-il pas de tremblement de terre dans le Nord-pas-de-Calais ?

samedi 28 février 2015

Dans la Région...

- Les conseils généraux vont devenir des conseils départementaux et les conseillers généraux, des conseillers départementaux. Certes, c'est plus "parlant". Au moins, le conseil régional est composé de conseillers généraux et les villes de conseillers municipaux... Il paraît que le coût de cette transformation serait élevé : signalétique, correspondance... Depuis que cette réforme est connue, on espère que les gestions de stock ont pris en compte ce changement prévu depuis près d'un an. Il y avait pourtant une solution pour réduire les frais : supprimer les conseils généraux. Leurs compétences auraient été redistribuées dans les intercommunalités, régions et autres pôles métropolitains... Que du bénéfice !

- Beau couac au rectorat de Lille : les enseignants du secondaire auraient reçu un mail leur indiquant qu'ils étaient mutés ! 3 auraient dû être destinataires, 30 000 l'ont été... Acte de terrorisme ? Canular? Vengeance ? Erreur technique ? Ceux qui pourraient être contents d'une telle mutation demanderont-ils l'irréversibilité de cette notification ?

- Le nombre de démissions d'élus municipaux aurait quadruplé entre les élections de 2008 et de 2014, quelques mois après leur entrée en fonction (200 environ dans chacun des 2 départements)! Auraient-ils été mal informés de la tâche à accomplir ? Du fait des nombreux changements de majorité, des listes hétéroclites auraient-elles été constituées, sans véritable projet commun ? 

- Le rapport de la CRC sur l’office public de l’habitat de Calais a donné lieu à des remarques cinglantes : 
* L’office a d’importantes charges de structure, principalement salariales, qui résultent des sureffectifs et des nombreux avantages accordés au personnel.
* La gestion des ressources humaines est largement perfectible. Par exemple, les gardiens d’immeubles et d’autres agents bénéficient de logements dont les modalités d’attribution sont dérogatoires au droit applicable. 
* Malgré une trésorerie importante résultant du sous-investissement chronique de l’office, ce dernier a des capacités financières limitées qui sont absorbées par l’opération ANRU du Beau-Marais. Sa situation financière est désormais critique. La remise à niveau du parc requiert pourtant un volume de financements que l’office ne peut assumer, ni par ses fonds propres, ni par sa capacité d’emprunt réduite, ni par sa politique de loyer, elle-même contenue par la vétusté du parc et les ressources modestes de ses locataires. 
*Des irrégularités : plusieurs marchés soulèvent des observations en ce qui concerne leurs conditions d’attribution ou leur exécution. D’autres achats importants ont été effectués en dehors des règles de la commande publique. Ainsi l’office a fait l’acquisition d’espaces publicitaires dans les publications à diffusion restreinte « contact, bulletin de l’association des anciens combattants des services de renseignement de France et des pays alliés, ex- invisible » et « l’essor de la gendarmerie nationale ». Ces publications ont été décidées unilatéralement par le directeur général sans respecter les règles de la commande publique. Elles ont coûté 315 000 € TTC. Le Préfet a saisi le Procureur...

- Camille Cerf, la "Nordiste" élue Miss France, continue son tour du Nord-Pas-de-Calais. Avec réception par les élus locaux, selfies, discours, etc. Hum, hum...

- Patrick Kanner, lui est ministre nordiste, et, lui aussi, fait son tour des popotes dans la Région, comme Miss France. Inconnu hier et brocardé à ce titre (Petit Journal, LCI...), il se fait connaitre (et reconnaître). Lui, l'ancien Aubryiste, président du Conseil général du Nord, promène sa mine affable, à tel point qu'il apparaît comme un adversaire potentiel pour la maire de Lille (ou son successeur désigné, François Lamy, qu'elle a fait venir à Lille pour s'implanter). P. Kanner s'émancipe et ne cache plus ses intentions. Il a eu cette phrase assassine, rapportée par l'Express : ""Martine Aubry était une grande ministre... au siècle dernier !"

vendredi 27 février 2015

Le FN n'est pas un parti républicain




Grandes lignes de l'article ci-dessous : 
- FN : dès le départ, un parti de néofascistes d'Ordre nouveau, d'inconsolables pétainistes, de soldats perdus de l'OAS, ou de fieffés négationnistes de la Shoah.
- aujourd'hui, pour un Français sur 2, le FN n'est plus un danger pour la démocratie
- mais il y a une différence entre respect des règles de la République et adhésion aux valeurs républicaines
- la dédiabolisation est une "conversion trop ostensible pour être honnête". Exemples de ce "double langage" dans la laïcité selon le FN et de la lecture de son programme.



21/2/2015

OPA sur la République


Depuis qu'elle a succédé à son père, Marine Le Pen s'est efforcée de dédiaboliser le Front national. Le parti d'extrême droite est-il pour autant républicain ?

Longtemps, les choses ont été simples. Par ses racines, son projet, ses obsessions, le Front national apparaissait comme l'avatar contemporain de l'extrême droite française : il était donc récusé en tant que tel. Attelage composite, lors de sa création en  1972, de néofascistes d'Ordre nouveau, d'inconsolables pétainistes, de soldats perdus de l'OAS, ou de fieffés négationnistes de la Shoah, il était au ban de la République, aux antipodes de ses valeurs démocratiques.
C'était au temps où ses opposants brandissaient le slogan " “F” comme fasciste, “N” comme nazi ". Au temps où, à quelques exceptions près, gauche et droite érigeaient un " front républicain " quand ce parti exerçait une menace électorale trop pressante. Comme en mars  1998, au lendemain des élections régionales, quand le président Jacques Chirac récusait ce parti " de nature raciste et xénophobe ". A tous ceux qui, à droite, espéraient amadouer son président, Jean-Marie Le Pen se chargeait régulièrement de démontrer qu'il était décidément infréquentable : ses provocations antisémites lui ont ainsi valu19  condamnations judiciaires, notamment pour apologie de crimes de guerre, banalisation de crimes contre l'humanité ou provocation à la haine, à la discrimination et à la violence raciale.

En trente ans,pourtant, le Front national est devenu l'une des principales forces politiques du pays. D'élection en élection, il s'est enraciné dans le paysage, recueillant rarement moins de 10 % des suffrages et atteignant jusqu'à 25  % des voix lors des européennes de 2014, et 48,6 % pour la candidate frontiste Sophie Montel au second tour de la législative partielle dans le Doubs, dimanche 8  février. Accidentelle en  2002, sa qualification au second tour de l'élection présidentielle paraît plus que plausible en  2017. Loin de cultiver l'antiparlementarisme des ligues d'extrême droite des années 1930, loin de comploter contre la " Gueuse " (la République), le Front national entend s'y installer et y prospérer. Il en avait eu un avant-goût, en  1986, lorsque, à la faveur de l'instauration d'un scrutin législatif proportionnel, il avait fait élire35  députés à l'Assemblée nationale. Il ambitionne, aujourd'hui, d'aller plus loin. Pour une bonne part de l'opinion, il a désormais cessé d'être un épouvantail : selon le baromètre annuel réalisé par la Sofres pour Le Monde, trois Français sur quatre estimaient, il y a vingt ans, que le FN constituait un " danger " pour la démocratie, il ne sont plus, désormais, qu'un sur deux.
Du coup, les condamnations se sont faites moins tranchantes. Certes, Alain Juppé n'a pas craint, récemment, de dénoncer " la xénophobie et l'islamophobie du FN " dont " l'idéologie est aux antipodes des valeurs morales et politiques qu'incarne " la France. Mais personne n'a oublié ni le discours de Grenoble, à l'été 2010, lorsque le président Sarkozy avait repris à la lettre les philippiques du FN contre l'immigration, ni les propos tenus au lendemain du premier tour de la présidentielle de 2012, lorsqu'il avait jugé la présidente du FN " compatible avec la République ". La prudence, voire l'embarras, y compris à gauche, sont désormais manifestes : il ne suffit plus de dénoncer le FN pour le disqualifier.

Comme le notait le député UMP Henri Guaino dans ces colonnes (Le Monde daté du 17  décembre  2013) : " Si le FN est fasciste, nazi, raciste, il est inconséquent de ne pas demander son interdiction. Mais qui la demande ? Au regard des lois de la République, c'est donc un parti comme les autres. " Il ajoutait pourtant : " Au regard de l'idéologie, pas vraiment. " Le président de la République a fait, lors de sa conférence de presse du 5  février, une distinction similaire : il y a des partis " qui sont dans la République : ceux qui concourent au suffrage, ont des candidats et des élus ". Et il aurait pu préciser : ceux qui bénéficient du financement public, dont le FN, à hauteur de 5  millions d'euros par an actuellement. Mais, a ajouté François Hollande sans avoir besoin de préciser qui il visait, tous les partis " n'adhèrent pas pleinement aux valeurs de la République ".

Cette distinction entre le respect des règles et l'adhésion aux valeurs républicaines est essentielle. Mais Marine Le Pen s'emploie à la déjouer. Depuis qu'elle a accédé à la présidence du parti, il y a quatre ans, elle s'est efficacement attachée à normaliser, respectabiliser et " dédiaboliser " son parti, pour mieux priver ses adversaires de leurs arguments habituels. En dépit des saillies insistantes de son père, elle ne s'est pas contentée de désamorcer, pour l'essentiel, le procès en antisémitisme qui était fait au Front national. Elle a également lancé " une véritable OPA sur la République ", à laquelle elle adresse " une ode permanente, avec une ardeur de néophyte ", souligne Pascal Perrineau, professeur à Sciences Po.
Dès son discours d'investiture, en janvier  2011, sans renier les thèmes fondamentaux de l'extrême droite – décadence de la France, dénonciation des élites, diabolisation du " monstre européiste ", de la mondialisation ou de l'islamisme, réquisitoire contre les féodalités et les communautés… –, Marine Le Pen s'est, en effet, placée sous l'égide de l'article  2 de la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen de 1789  : " Le but de toute association politique est la conservation des droits naturels et imprescriptibles de l'homme. Ces droits sont la liberté, la propriété, la sûreté et la résistance à l'oppression. "
Le ton était donné. Depuis, elle n'a cessé de marteler cette langue républicaine, jusqu'à assurer, lors de son traditionnel discours du 1er-Mai, en  2013 : " Nous croyons à l'égalité des citoyens français, quelles que soient leurs origines ou leurs croyances. " Ou à déclarer à l'automne 2014, quand certains, à droite, réclamaient la démission du chef de l'Etat : " Je suis respectueuse des institutions. Je ne remets pas en cause la légitimité du président. La solution c'est la démocratie ", en l'occurrence, à ses yeux, la dissolution de l'Assemblée nationale pour restaurer " la confiance du peuple ". Nulle sédition à l'horizon !

Cette conversion est trop ostensible pour être honnête, jugent bien des analystes. Non sans de solides arguments. L'exemple de la laïcité est édifiant. Dès 2011, la présidente du FN a repris à son compte ce mot-clé du patrimoine républicain en général et de la gauche en particulier : elle en a même fait le pivot de " notre modèle républicain ". Mais c'est pour mieux prôner, souligne Nonna Mayer, chercheuse au CNRS, " une laïcité de combat, fermée, identitaire, dont elle fait une arme contre l'islam ", associant systématiquement immigration, communautarisme, islamisme et atteinte à la laïcité ou à l'égalité entre les hommes et les femmes.
Dans le livre passionnant qu'elle vient de publier avec Stéphane Wahnich (Marine Le Pen prise aux mots, Seuil,320 p., 19,50  €), Cécile Alduy, professeure à Stanford (Etats-Unis), va plus loin et dénonce un " coup de force sémantique " qui fait de " la laïcité le garant de l'identité chrétienne de la France " contre l'islam – une " religion nouvelle, explique Marine  Le Pen dans un entretien avec l'auteure, dont les revendications heurtent les mœurs, les codes, les modes de vie, les habitudes d'un pays très anciennement fondé sur des valeurs judéo-chrétiennes ". Ainsi, la laïcité " se greffe sur un discours d'extrême droite pur jus, identitaire, islamophobe et anti-immigration ", pour mieux le légitimer.

Ce " double discours de Marine Le Pen " se vérifie à l'examen de son programme. Comment concilier, par exemple, les valeurs républicaines, telles qu'elles sont définies par la Constitution, avec le rétablissement de la peine de mort par référendum ou la suppression du droit du sol conférant la nationalité française aux enfants d'immigrés nés en France ? Plus encore, comment concilier le principe d'égalité, invoqué par la présidente du Front national, avec la logique de la " priorité nationale " qui reste, pour le politologue Jean-Yves Camus, " l'épine dorsale structurante du programme du FN " ? " La différenciation des droits d'accès aux prestations sociales, au logement ou à l'emploi est en rupture avec le principe d'égalité qui ne s'applique pas seulement aux citoyens français, mais aussi à toute personne présente sur le territoire national ", précise-t-il. Comme le souligne justement Cécile Alduy, " l'extrémisme euphémisé " de Marine Le Pen fait de son discours " un texte caméléon dans ses formes, mais inébranlable sur le fond ". " C'est sans conteste un atout : cible mouvante, difficile à cerner et à contrer, elle déroute ses adversaires. "
Mais cela ne suffit pas à expliquer la difficulté croissante des partis traditionnels, de gauche comme de droite, à tenir le FN à l'écart du champ républicain. Pour deux raisons. D'une part, estime Pascal Perrineau, " il est un peu trop court de ne voir dans la rhétorique républicaine de Marine Le Pen qu'une supercherie ou une habileté. Cela ne relève pas seulement de l'instrumentalisation ". Car l'élargissement de son électorat et l'ambition du Front national d'accéder au pouvoir lui imposent de sortir de sa marginalité initiale et de s'appuyer, peu ou prou, sur le socle de valeurs démocratiques très largement partagées par les Français.
D'autre part, " le débat formel sur le caractère républicain ou non du FN est une fausse bonne idée ", analyse Jean-Yves Camus. Non seulement ce parti ne remet pas en cause la forme républicaine, mais sa conception affichée de la République – autoritaire et plébiscitaire, fondée sur la démocratie directe plus que sur la démocratie représentative, nationaliste et, à certains égards, jacobine – peut se revendiquer d'une certaine tradition française, qui va du boulangisme au gaullisme.

Depuis trente ans, le parti lepéniste a forcé les portes de la République. Il s'emploie aujourd'hui à en squatter les valeurs. Il est urgent d'en décrypter les ruses si l'on ne veut pas, demain, qu'il y impose ses idées. Les condamnations morales ont fait long feu. Plus que jamais, c'est un combat politique.

Gérard Courtois

jeudi 26 février 2015

La réalité du FN

Souvent, on nous dit que dénoncer les dérives du FN n'est pas un moyen de lutter contre lui. Et pourtant quand on voit une partie des candidats investis par le FN aux prochaines élections départementales, on est en droit de se demander ce qui attire autant de candidats racistes et antisémites. Car dire que ce n'est qu'une minorité n'est pas un argument recevable. Quel autre parti attire autant de racistes et d'antisémites ? Aucun ! Et encore, ceci n'est que la partie émergé des militants... Pourquoi y a-t-il autant de ces fous furieux dans ce parti ? Est-ce le programme ("la préférence nationale") ou le discours à huis clos des dirigeants du FN (en dehors de toute dédiabolisation publique) ? En fait, c'est l'essence même de ce parti, quel que soit le ripolinage, d'être islamophobe, xénophobe et antisémite, même si selon les propos indécents du président du CRIF, MLP est "irréprochable". La présidente du FN n'est pas irréprochable, car elle est responsable, parce que présidente, de ce déferlement de haine... D'ailleurs, elle montre l'exemple de ce qu'elle pense réellement, quand elle se rend à Vienne, à un bal organisé par les néo-nazis.

Chassez le naturel, il revient au galop !




Départementales: le FN dans la tourmente des dérapages racistes de ses candidats

Par LEXPRESS.fr avec AFP, publié le 

Xénophobie, antisémitisme et homophobie. Les candidats frontistes aux cantonales se lâchent sur les réseaux sociaux sans que le FN ne les sanctionne toujours. 

Le 18 février dernier, le FN se gargarisait d'investir 7648 candidats aux départementales de mars. "Notre mouvement confirme qu'il est le parti politique le plus présent sous ses propres couleurs à ces élections départementales, largement devant l'UMP et le PS qui ne parviennent pas à une présence systématique malgré divers accords et alliances", se félicitait alors dans un communiqué le secrétaire général du parti Nicolas Bay. 
Las, il semble que le parti de Marine Le Pen a privilégié la quantité à la qualité de ses candidats. Depuis plusieurs semaines, plusieurs d'entre eux se sont en effet distingués en publiant des commentaires franchement racistes ou antisémites sur les réseaux sociaux. En novembre pourtant, L'Express indiquait déjà que deux personnes - un bénévole "proche" de Florian Philippot et un membre de l'équipe du secrétariat général - vérifiaient les comptes de l'ensemble des candidats sur les réseaux sociaux. Charge à eux de remettre, en amont des commissions d'investiture, un "rapport" pour valider, ou non, la compatibilité du profil du candidat avec Marine Le Pen. "Cela nous permet de savoir si le candidat est bien sur la ligne du parti", confirmait même David Rachline, alors délégué national au numérique. 

Des cibles sur le front de Pierre Bergé et de Dounia Bouzar

Deux candidats FN aux élections départementales à Vitré (Ille-et-Vilaine) et à Arras (Pas-de-Calais) vont être "suspendus en vue d'une exclusion" pour avoir diffusé des messages à caractère xénophobe sur les réseaux sociaux, indiquent le 25 février les instances du FN. 
A Vitré, un candidat titulaire du FN, Mikaël Pinton, s'est vu notamment reprocher d'avoir partagé sur Twitter, en septembre 2013, une image montrant deux personnalités, Pierre Bergé et Doumia Bouzar, une cible sur le front reliée au canon d'un fusil mitrailleur. "C'est une photo que j'avais trouvée sur Facebook", a expliqué mercredi l'intéressé à l'AFP, et qui dénonçait la suppression des fêtes chrétiennes en France. J'ai juste ajouté au-dessus "Françaises, Français, ne laissons pas faire!!!!!" Je savais que ça pouvait choquer mais je l'ai pris sur un ton de révolte. Pas comme un appel à aller tuer des gens dans la rue". "Je n'ai pas mesuré toutes les conséquences que ça pouvait avoir, des choses comme ça, on en trouve plein sur Internet", a admis Mikaël Pinton qui a reconnu avoir "repartagé" plusieurs images du même type, dont celle comparant Christiane Taubira à un singe. 
Dans le canton d'Arras-2, c'est un candidat suppléant du FN, Jonathan Vivien, qui est sur la sellette pour avoir multiplié sur Facebook des messages racistes, présentés comme des "blagues", visant les musulmans et la communauté arabe. L'un met en scène des musulmans en prière sodomisés par des cochons portant une cocarde tricolore. 

Explosion dans une boucherie halal: "TROP BON..."

Nicolas Bay indique le 24 février avoir "recadré" mais maintenu Sophie Touvron, candidate FN dans le canton de Torcy (Seine-et-Marne). En cause, plusieurs commentaires racistes sur son compte Facebook. Le 24 mai 2014, elle publiait un article intitulé "Explosion suivie d'un incendie dans une boucherie halal de Châlette-sur-Loing" assorti de "TROP BON..." pour commenter cet incident qui a fait deux blessés dont un grave. 
Le 17 mars 2014, elle publiait un photomontage sur lequel figure en haut une photographie d'un cimetière militaire avec la mention "Ils se sont battus pour ne pas parler allemand" puis en-dessous une photo du gouvernement de Jean-Marc Ayrault avec écrit "Ils se battent pour que l'on parle arabe". Le 3 mai 2014, elle publie une photo d'un guichet de Pôle Emploi sur laquelle figurent de nombreuses personnes de couleur, avec le commentaire: "Les nouveaux français chez Pôle Emploi. Mettez-vous bien dans la tête qu'ils sont là pour vider les caisses et non travailler". Des propos que l'intéressée a mis sur le compte de l'humour. 

"Les mahométans sont la nouvelle peste bubonique du 21e siècle"

Le 23 février, le Siel, un micro-parti allié au Rassemblement Bleu Marine (RBM) indique étudier l'exclusion de Chantal Clamer, candidate dans le canton Pamiers 1 (Ariège) et conseillère municipale FN de la Tour-du-Crieu. En cause, des tweets ou des commentaires racistes et homophobes sur les réseaux sociauxdébut 2014, relevés par des candidats locaux du "Rassemblement à gauche" (alliance EELV-Front de gauche). Parmi ceux-ci: "l'islam et les mahométans sont la nouvelle peste bubonique du 21e siècle. A combattre à éliminer sans hésitation par tous les moyens possible (sic)", "ces sales gouines sont vraiment moches, en effet quel est le mec qui voudrait d'elles? A part les blacks et les rebe! (sic)" 
Pour Marine Le Pen, les propos de Chantal Clamer sont "extrêmement maladroits, imprudents" et elle a "commis une injustice en faisant un amalgame". "On lui a fait comprendre qu'elle était allée trop loin, elle l'a reconnu." Mais la présidente du FN a renvoyé la patate chaude de l'exclusion au Siel. "Ces propos tenus ou prêtés sont inadmissibles sur le fond, maladroits sur la forme. En raison de la gravité de ces propos, elle passera en conseil de discipline vendredi, et en fonction des propos qu'elle nous tiendra, nous déciderons de son exclusion du Siel", a confirmé le président de ce micro-parti, Karim Ouchikh. 

"Musulmans, faites un geste pour la terre: suicidez-vous"

Le 23 février, le journal local L'Indépendant relève plusieurs dérapages de candidats frontistes dans l'Aude. Fabien Rouquette, élu FN de Gruissan et candidat dans le canton de Narbonne 2, a ainsi publié en août dernier sur son compte Facebook "diverses photos humoristiques" comme cette affiche: "Socialistes, communistes, musulmans! Faites un geste pour la terre: suicidez-vous". Son binôme dans le canton, Michèle Boisset, like et commente : "Hihi! Un beau rêve". 
Toujours selon L'Indépendant, le candidat FN pour le canton de Narbonne 3, Elie Quisefit, aurait publié en 2012 sur son compte Facebook, désormais inaccessible: "Je le dis haut et fort... bras d'honneur à tous les médias et à tous les Arabes du monde entier!" Le même propose d'organiser "des battues contre les Arabes": "on sauverait peut-être la France!" 

"Une mafia juif qui est sur toute la planète"

Le Front National (FN) dans l'Aveyron annonce le 20 février sur son site internet avoir procédé à "l'exclusion immédiate" d'Alexandre Larionov, candidat dans le canton de Causse-Comtal.Sur son compte Facebook - regorgeant de fautes d'orthographe- il avait multiplié en août 2014, comme le révélait le site anti-FN L'Entente, des propos injurieux envers les juifs. Parmi ceux-ci: "C'est une mafia juif (sic) qui est sur toute la planète, et la ils veulent détruire les races nordiques comme les Russes et les Allemends (sic) etc... (...) Maintenant c'est à nous de détruire eux. Cette salle (sic) bande qui ont tué à l'époque Jésus." Il est depuis poursuivi par le parquet de Rodez pour incitation à la haine raciale. 

"Travail, Famille, Patrie"

Le 19 février, Marine Le Pen en personne décide d'exclure définitivement Guillaume Jambard, son candidat dans le canton de Sud-Gironde (Langon) et de lui retirer son investiture. Le 10 février, ce dernier avait en effet publié sur Twitter: "Twitter si vous partager (sic) ma devise Travail Famille Patrie". Une référence évidente à la devise du régime de Vichy. 
"Voilà comme nous sommes traités par ces gouvernements (...) nous les 'goys'"
Le 14 février, le site anti-FN L'Entente relevait que Xavier Sainty, candidat FN aux élections départementales à Souvigny (Allier), estimait en août sur son profil Facebook que sa carrière de chanteur-auteur-compositeur ne décolle pas à cause d'un prétendu lobby juif. "Même dans le showbizz je suis bloqué", estime-t-il. "Voilà comme nous sommes traités par ces gouvernements depuis des décennies nous les 'goys' (non-juifs, ndlr), vivement une vraie révolution française pour nous soutenir dans notre avenir." Interrogé par le Scan du Figaro, l'intéressé assume et affirme que "c'est un producteur juif de Paris" qui lui aurait expliqué que son avenir musical ne connaîtra pas de succès à cause de sa religion. Un commentaire partagé sur les réseaux sociaux par Corinne Mossire, elle-même candidate du FN à Mâcon (Saône-et-Loire). 

"Battez-vous pour ne pas devenir arabe"

Le 25 janvier, c'est Marie-José Dussaucy, candidate FN dans le canton d'Ustaritz (Pyrénées-Atlantiques) qui renonce à son investiture "pour ne pas nuire au FN" à la suite de la publication sur son compte Facebook de propos racistes comme: "Vos grands-parents se sont battus afin que vous ne soyez pas allemand... battez-vous pour ne pas devenir arabe. Qu'on les mettent (sic) sur un bateau et qu'on le fassent (sic) couler au milieu de la mer ou de l'océan." Ou encore: "Nous préférons la liberté avec le FN à l'esclavage avec l'islam." Des propos qui seraient le fruit d'un piratage, jure Marie-José Dussaucy. 
Face à autant de dérapages, Nicolas Bay relativise: "Ça reste très marginal en nombre par rapport aux 7.648 candidats que nous alignons."