vendredi 29 mai 2015

A propos de la conférence des Nations unies sur le climat (COP21)


Pourquoi croit-on les climato-sceptiques ?
LE MONDE ECONOMIE | 28.05.2015

Paris accueillera en décembre 2015 la conférence des Nations unies sur le climat (COP21). Il n’y a guère d’espoir que l’objectif ambitieux affiché – obtenir un accord universel et contraignant afin de lutter contre le réchauffement climatique – soit atteint si les gouvernements ne sont pas fortement poussés dans cette direction par leurs citoyens. Or l’opinion publique n’est, aujourd’hui, guère mobilisée.
Elle est même, pour tout dire, sceptique. Selon un rapport de l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe), près de 30 % des Français estiment que le réchauffement climatique n’est pas dû aux activités humaines, et 37 % considèrent qu’il s’agit d’un sujet sur lequel les scientifiques sont en désaccord (« Les représentations sociales de l’effet de serre et du réchauffement climatique », décembre 2014). Ce résultat paraît surprenant. En effet, la quasi-totalité des climatologues soutiennent l’existence d’un réchauffement climatique d’origine anthropique, et à ce jour aucun argument permettant de soutenir la thèse inverse n’a résisté à la critique scientifique.
Jesse Shapiro, de l’université Brown (Rhode Island, Etats-Unis), propose une explication à cette étrange dissonance entre croyances collectives et savoir scientifique (« Special Interests and the Media : Theory and an Application to Climate Change », juillet 2014, National Bureau of Economic Research).
L’idée est la suivante : supposons qu’un journaliste doive écrire un article sur le réchauffement climatique. Il va pour cela consulter un expert. Admettons qu’il le choisisse au hasard ; compte tenu du fort consensus scientifique, il est probable qu’il rencontrera un chercheur soutenant la thèse d’un réchauffement anthropique de la planète. Imaginons, maintenant, que notre journaliste soit soucieux d’écrire un article équilibré. Il se tournera alors vers des tenants de la thèse contraire (par exemple, une entreprise pétrolière), en leur demandant de lui indiquer un spécialiste susceptible de soutenir leur point de vue. L’entreprise en question a donc intérêt à s’attacher les services d’un expert prêt à défendre sa vision. Elle mettra en contact ce consultant et le journaliste, qui écrira alors un article « équilibré » présentant les deux positions.

Les sceptiques surreprésentés

Evidemment, cette présentation est un peu caricaturale : les climatosceptiques peuvent fort bien disposer d’une renommée médiatique suffisante pour être interrogés sans avoir besoin d’intermédiaires, et leurs liens avec les intérêts qu’ils servent ne sont pas nécessairement aussi directs et visibles. Mais cela ne change rien au mécanisme sous-jacent. La théorie de Jesse Shapiro prédit que les climatosceptiques sont surreprésentés dans les médias français. C’est bien le cas.
Reiner Grundmann et Mike Scott (université de Nottingham) ont analysé la presse de différents pays entre 2000 et 2010 (« Disputed climate science in the media : Do countries matter ? », Public Understanding of Science, février 2014). Au cours de cette période, 20 % des scientifiques cités sur le réchauffement climatique dans les dix principaux journaux français étaient des climatosceptiques. Ce qui est loin de représenter le très fort consensus au sein de la communauté scientifique.
C’est dans cette perspective que doit être analysé le petit drame qui se joue actuellement à l’Académie des sciences. En prévision de la COP21, l’Académie se prépare à publier un avis sur le réchauffement climatique. On s’attendrait à ce qu’elle rappelle l’importance du réchauffement climatique anthropique. Or, quelques académiciens climatosceptiques – qui ne sont pas précisément reconnus pour leurs travaux scientifiques sur le climat – insistent pour faire valoir leur point de vue.
Ils pourraient ainsi obtenir l’ajout d’une annexe mentionnant leurs réserves. Cela peut paraître dérisoire. Mais, grâce à l’exigence d’équilibre des médias, cela pourrait suffire à vider l’avis de l’Académie de toute sa substance. Et, ainsi, à repousser encore un peu la perspective d’une action efficace contre le réchauffement climatique.

·         Thibault Gajdos (chercheur au CNRS)

jeudi 28 mai 2015

Pas facile de résister !

La panthéonisation, hier en fin d'après-midi, des 4 résistants, Germaine Tillon, Jean Zay, Geneviève de Gaulle-Anthonioz et Jean Brossolette a permis pendant quelques jours de rappeler l'héroïsme de ceux qui ont su dire non à l'injustice et à la dictature. Comme lors du 11 janvier dernier, beaucoup de Français se sont sentis solidaires et se sont recueillis sur place, devant la télévision ou à l'écoute de la radio. Moment que l'on qualifiera de républicain. Justement, "Le Républicain" Nicolas Sarkozy était absent (rendez-vous très important... on appréciera) et la "néo-républicaine" Marine Le Pen était (discrètement) en visite en Russie...
François Hollande, dans son discours, a fait des parallèles entre les situations d'hier et d'aujourd'hui en exaltant l'esprit des 4 panthéonisés qui se sont dressés contre Vichy et l'Allemagne nazie.
Il a fallu beaucoup de courage à ces 4 héros (et à d'autres) pour se battre contre le régime pétainiste, car, rappelons-le, la France était à 99% favorable au maréchal : certains ont collaboré activement, d'autres passivement, mais le fait est là : rarement un chef de l'Etat français n'a autant fait l'unanimité auprès de la population. Des Français se sont mis au service de l'Etat : une grande majorité des élus politiques, tous bords confondus, ont juré fidélité à Pétain, certains ont même accédé à de hautes responsabilités, les fonctionnaires (sauf les Juifs et les Francs-maçons et pour cause...) ont prêté allégeance au pouvoir, avec zèle souvent. La population, elle, dans son immense majorité (sauf ceux qui ont caché des résistants, des Juifs et des Alliés) a, au mieux, regardé ailleurs, mais souvent pris les devants pour dénoncer, trafiquer et collaborer activement.
La comparaison peut paraître osée, mais je ne peux m'empêcher de faire le parallèle (toutes proportions gardées, bien entendu) avec la situation à Hénin-Beaumont, avec l'arrivée au pouvoir du Front National. Bien entendu, il ne s'agit ici que de constater les ralliements à la nouvelle mairie frontiste. Je pèse mes mots, car je connais les contraintes qui s'imposent aux associations et au personnel municipal et je m'en voudrais de leur jeter la pierre. Je me rappelle trop, d'ailleurs, les élans de ferveur de certains en direction de Gérard Dalongeville lors de sa réélection, en 2008, pour focaliser uniquement sur le FN. Ces précautions de langage étant prises, il faudra quand même, un jour, faire le point sur certains rapprochements qui vont au-delà d'un modus vivendi admissible. Je sais que ceux auxquels je fais référence ont été maltraités sous la municipalité précédente, mais...
Il faudra bien, en effet, que l'on explique comment certains syndicats du personnel communal, ont pu, au-delà probablement du savoir-faire de l'équipe en place, passer de la critique systématique à une attitude plus que conciliante... On comprend très bien que les associations héninoises aient besoin de leurs subventions pour fonctionner, mais jusqu'où ne pas aller trop loin ? Quant aux hommes et femmes politiques des anciennes municipalités, voire de l'opposition actuelle, certains frémissements font penser que le moment n'est pas loin où l'on verra certains ralliements s'opérer : on a déjà eu le cas avec le colistier de G. Dalongeville, parti rejoindre la majorité municipale, mais on attend également qu'un ancien adjoint d'E. Binaisse franchisse plus courageusement le pas, alors qu'il vient déjà de déclarer, sur sa page Facebook, son grand amour (j'exagère à peine) pour M. Le Pen...  
Bon, tout cela se fait discrètement, mais les langues vont finir par se délier. Nous ne sommes, après tout, qu'au début du mandat de la majorité FN  d'Hénin-Beaumont et les attitudes devraient se préciser avec le temps. 

mercredi 27 mai 2015

Nous sommes tous "républicains", mais...


Je l'ai dit depuis que l'on sait que Sarko veut imposer le nom "Les Républicains" en substitution de l'UMP : je pense que cela n'a aucune importance. Qu'importe que NS veuille s'approprier la qualité de "républicain" pour lui et pour les siens. Personne n'est dupe et je ne suis pas sûr que le recours en référé de plusieurs organisations et de particuliers ne se retournera pas contre eux. Le tribunal a jugé  que la Constitution n'était pas violée... Les plaignants peuvent saisir la justice sur le fond, certes, mais cela ressemble plus à une guéguerre, sans beaucoup d'intérêt : les Français ne pensent certainement pas que la future ex-UMP soit le seul parti de républicains. Aux USA, ce ne sont pas les partis Républicains et Démocrates qui s'accaparent les vertus de l'adversaire. Les Républicains sont démocrates et les Démocrates sont républicains. En France, également, tout le monde (sauf quelques nostalgiques de l'Ancien Régime...) est républicain et personne (ou presque) ne songe à restaurer la royauté. Pourtant la Constitution de la Vème République et sa pratique ressortent, pour beaucoup d'observateurs, comme d'essence monarchique avec un Président souvent omnipotent... Pour la démocratie, c'est encore plus complexe : qui peut se dire réellement démocrate ? Faire élire des sénateurs par des représentants du peuple, est-ce vraiment démocratique ? Est-on démocrate en France quand le Parlement n'a pas le dernier mot ? Je pense particulièrement aux pouvoirs du Président en matière internationale. Et cela, sans parler de l'article 16 qui donne tout pouvoir au Président en cas de circonstances exceptionnelles, ou de la possibilité de prendre des ordonnances sans passer par la loi...
Nous avons bien compris que donner le nom "Les Républicains" à l'UMP ressort d'une double stratégie :
- asseoir l'autorité de son président, menacé, d'après les sondages, par Alain Juppé pour la primaire qui doit désigner le candidat de la droite. Si le maire de Bordeaux l'emporte contre Nicolas Sarkozy, on aura vite fait de mettre en cause le changement de nom du parti;
- l'éventuel changement de nom (les militants doivent encore s'exprimer pour donner leur accord, mais cela devrait être une formalité, sinon...) rendra impossible au parti d'extrême droite d'utiliser l'acronyme "UMPS" comme symbole de son aversion au système du "tous pourris"... bien qu'en la matière, le FN fasse encore pire, malgré un nombre d'élus relativement peu important, et sans détenir les rênes du pouvoir !  
On le voit bien, ce débat autour du nom d'un parti politique, masque les véritables problèmes qui sont celui du discrédit des partis et des hommes politiques, mais aussi celui du fonctionnement peu démocratique des institutions. Qu'importe le changement de nom, si la coquille reste vide...  

mardi 26 mai 2015

Décodons...


Européennes: le FN fête en vidéo le premier anniversaire de son triomphe en oubliant quelques détails



Il y a un an jour pour jour, le Front national arrivait pour la première fois de son histoire en tête d'un scrutin national à l'occasion des élections européennes de 2014. Un triomphe (24 eurodéputés élus pour seulement 3 sortants) que le parti d'extrême droite, qui s'est autoproclamé depuis "premier parti de France", a souhaité fêter en vidéo. AA : le premier parti de France, c'est l'abstention.
Le Front national a en effet dévoilé en ce lundi de Pentecôte une vidéo vantant l'action de son groupe au Parlement européen contre l'Union européenne qui, entre autres, "ne respecte pas la démocratie", "détruit nos frontières", "favorise l'insécurité" et "déstabilise notre civilisation".
"Le Front national au Parlement européen depuis un an, c'est une motion de censure de la Commission européenne, près de 2000 interventions orales et écrites en plénières, plus de 300 questions écrites, plus de 1200 amendements et près de 100 propositions de résolutions", recense le commentaire de ce message.
Mais pour ne pas gâcher la fête, le Front national a volontairement omis quelques détails importants dans sa vidéo d'anniversaire. Le HuffPost vous les énumère.
Le FN n'a toujours pas de groupe au Parlement européen
C'était l'un des grands objectifs de Marine Le Pen au moment des élections européennes: constituer un groupe parlementaire autonome réunissant toutes les forces eurosceptiques. Mais un an après, la présidente du FN n'est toujours pas parvenue à remplir les critères requis par Bruxelles (réunir 25 députés issus d'au moins sept pays). Faute d'un groupe qui lui aurait permis de peser réellement sur les débats au Parlement de Strasbourg, le FN a annoncé la création d'un Mouvement pour l’Europe des nations et des libertés (MENL) et d'une fondation qui devraient lui permettre de toucher des fonds de la part de l'UE. AA : rappelons que beaucoup de partis extrémistes européens ont refusé de se joindre au FN, accusant ce dernier d'antisémitisme. Ils n'ont pas ajouté : "de haine contre les Musulmans" ("préférence nationale" on sait ce que cela signifie), parce que c'est également leur fond de commerce électoral... 
Le FN a perdu une de ses élus dès le lendemain des européennes
Le Front national a perdu un de ses 24 eurodéputés dès le lendemain de son triomphe aux élections européennes. Joëlle Bergeron, élue en France sur les listes du FN, est entrée en dissidence pour rejoindre le groupe EFD (Europe, liberté, démocratie) formé à l'initiative du parti anti-européen britannique Ukip. Ce dernier refuse de s'allier avec le Front national qu'il accuse d'antisémitisme. AA : il faudra faire le compte des élus FN démissionnaires des conseils municipaux et départementaux dans les semaines après leur installation...
Le chef de file du FN au Parlement européen a été rétrogradé
Symptôme des tensions idéologiques qui règnent au Front national, l'eurodéputé Aymeric Chauprade, jadis conseiller international de Marine Le Pen, a été sèchement privé de ses fonctions en janvier 2015. Tête de liste FN en Ile-de-France et propulsé à la tête de la délégation de 23 eurodéputés FN à Bruxelles, ce spécialiste des relations internationales s'est attiré les foudres de la présidente du Front national en multipliant les dérapages dans des tribunes puis dans une vidéo dans laquelle il s'inquiétait de l'existence d'une "cinquième colonne" islamiste en France et de "la menace très grave" que constitue selon lui l'islam. Celui-ci apparaît bien dans la vidéo d'anniversaire du Front national mais entièrement flouté. AA: il y a des choses qu'il ne faut dire qu'entre soi... c'est cela la dédiabolisation...
Les assistants des élus FN européens sont visés par une enquête
En mars, on apprenait qu'une enquête avait été ouverte par le parquet de Paris sur des soupçons d'irrégularités dans l'emploi et la rémunération des assistants des eurodéputés FN. Le Parlement européen accuse les élus du Front national de rémunérer sur fonds publics 20 assistants parlementaires qui seraient en réalité des salariés du parti d'extrême droite. Le préjudice potentiel est estimé à 7,5 millions d'euros pour l'ensemble de la législature. AA : pourquoi ne pas s'engraisser sur le dos de la bête que l'on combat ?
Le FN a soigneusement gommé toute présence de Jean-Marie Le Pen
C'est un autre oubli qui prend tout son sens à la lumière des événements de ces deux derniers mois. Jean-Marie Le Pen, eurodéputé et cofondateur du FN, est totalement absent des images de la vidéo d'anniversaire des élus européens du Front national. Suspendu pour ses dérapages à caractère raciste, le père de Marine Le Pen pourrait perdre son statut de président d'honneur après la convocation d'une assemblée extraordinaire visant à modifier les statuts du parti. Celui-ci continue néanmoins de siéger au Parlement de Strasbourg sur les bancs du FN, même si Marine Le Pen a récemment changé de place pour ne plus apparaître à ses côtés. AA : cela nous rappelle les belles heures de l'URSS stalinienne où les photos officielles faisaient disparaître les opposants (Trotsky, Kamenev...) présents à l'origine sur la photo...

lundi 25 mai 2015

Racisme et machisme : rien ne change !

« Dans un pays musulman comme la France, il n’est pas normal qu’il y ait encore des Français qui rejettent l’islam, il faudrait que l’éducation nationale instaure dans ses programmes les principes coraniques pour y habituer les Français dès le plus jeune âge. Autoriser le voile, apprendre des passages du Corans (sic) et la culture musulmane. Voilà ce dont a vraiment besoin la France. Après tout il ne faut pas oublier que contrairement au christiannisme, l’islam est compatible avec la démocratie ! » Najat Vallaud-Belkacem, ministre de l’éducation nationale, 12 juillet 2006, sur les plateaux (sic) de RTL.
Ce texte vous paraît absurde ? A moi aussi et à beaucoup d'autres, quelle que soit l'opinion que l'on puisse avoir de l'action et de la personne de la ministre. Or ce texte circule actuellement sur Internet laissant place aux commentaires les plus haineux et... orduriers. 

Vous pourrez consulter sur le lien suivant la démonstration de l'absurdité de ces faux propos : http://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2015/05/04/nouvelle-intox-visant-najat-vallaud-belkacem_4627179_4355770.html#thJa5PhbKvGh6tGl.99
Sur Facebook, cela donne comme commentaires : 
On marche sur la tête !
Quelle dégage !
- Déclaration qui fait vraiment réfléchir !!! Inadmissible de la part d'un ministre. Je suis un Français... Scandalisé !!!
Virez le singe......
- pouffiasse point!
- Qu' on la rase et la mette sur l echaffaud....
- Une seule balle suffit..pfeuuuu
etc
Et après que le "hoax"ait été dévoilé (l'article du Monde), celui qui a publié la "citation" conclut d'un magistral : "On s'en fiche dehors cette conne !"
Pourquoi cette c... ? NVB est intelligente et convaincue, donc le contraire de ce que signifie le mot « c… ». Certains me diront que, s'agissant d'une femme, sa ténacité fait flipper les hommes. D'autres, que des relents racistes imprègnent ces commentaires. Je ne sais, mais cela me rappelle fort les commentaires racistes contre Taubira (une candidate FN a été condamnée pour avoir utilisé le terme "guenon" à son égard) et contre Simone Veil (la rescapée des camps de la mort qui a fait voter la loi sur l'avortement). Rien ne change... Racisme et machisme…


dimanche 24 mai 2015

Carnets du dimanche



Infos tirées du Monde 

- Figure du mouvement étudiant lors des événements de mai-68, Daniel Cohn-Bendit vient, à 70 ans, d'obtenir la nationalité française.
« Maintenant j'ai la double nationalité franco-allemande », s'est-il réjoui auprès de l'Agence France-Presse. « En Allemagne j'étais le plus Français des Allemands, en France le plus Allemand des Français », a-t-il estimé. 
L'ancien leader écologiste est né en 1945 à Montauban, dans le Tarn-et-Garonne, de parents juifs-allemands ayant fui le nazisme. Apatride pendant quatorze ans, il choisit ensuite la nationalité allemande « pour ne pas faire (son) service militaire ».
M. Cohn-Bendit devient Français quasiment 47 ans jour pour jour après avoir été expulsé du territoire pour « trouble à l'ordre public », le 21 mai 1968, en plein mouvement étudiant.
AA : le pied-de-nez serait que DCB se présente aux présidentielles en France et l’emporte… mais il a déjà annoncé qu’il ne serait pas candidat…

La Suède a remporté le 60e concours Eurovision de la chanson organisé samedi 23 mai à Vienne, en Autriche. Mans Zelmerlöwl succède à Conchita Wurst, la diva barbue autrichienne qui avait survolé le concours l'an dernier à Copenhague. Zelmerlöw offre ainsi une sixième victoire à la Suède dans cette compétition continentale, la première depuis 2012.
La Française Lisa Angell est arrivée 25e sur 27, avec 4 points. Le classement est établi par les votes des téléspectateurs et le choix des jurys des 40 pays de l'Union européenne de radiotélévision (UER) participant au concours.
AA : Pas grave, on gagnera l’Euro 2016 de foot…

Le groupe français Cemoi, spécialisé dans l’achat et la transformation de cacao, a ouvert lundi 18 mai, une chocolaterie à Abidjan. Une première pour la Côte d’Ivoire, première productrice mondiale de cacao.
Avec une production annuelle de 10 000 tonnes annoncée, l’usine construite sur une surface de 2 000 mètres carrés et d’un coût d’environ 4 milliards de francs CFA (6 millions d’euros) va produire de la poudre de cacao et de la pâte à tartiner pour le marché sous-régional. Elle emploiera une centaine de collaborateurs locaux.
AA : Et nous, et nous, qu’est-ce qu’on devient ? On est chocolat ?

- Les Irlandais ont dit oui, vendredi 22 mai, au référendum leur proposant d’amender la constitution de leur pays afin d’autoriser le mariage entre deux personnes de même sexe. L’issue du vote est une preuve de plus, selon la presse anglo-saxonne, que « l’un des pays les plus catholiques au monde » est en train de changer en profondeur.
AA : en France, on a le mariage pour tous, mais l’Eglise catholique, Civitas et la Manif pour tous ne sont pas d’accord. Et si l’on organisait un référendum pour leur clouer le bec ? 

samedi 23 mai 2015

On y va ou pas ?

Et dire que devant l'impuissance des pays, depuis des dizaines d'années, à trouver un accord, on attend, maintenant, la solution par les religions !



Pas de miracle pour le climat, des actes !

Le Monde.fr | 

Editorial.

Six mois. Il reste six mois pour préparer la 21e conférence des Nations unies sur les changements climatiques (COP21), qui se tiendra à Paris du 30 novembre au 11 décembre. Six mois pour dégager un accord universel entre 195 pays, dont l’objectif est de contenir la hausse des températures de la planète en deçà de 2 degrés. Pour la communauté internationale, le défi est considérable. Pour François Hollande, il ne l’est pas moins, et le président français ne manque plus une occasion de marteler son ambition de parvenir à un accord « ambitieux, global et contraignant ».
Or les négociations climatiques patinent. A ce jour, trente-huit Etats seulement ont rendu leurs « contributions nationales » – c’est-à-dire leurs engagements pour réduire leurs émissions de gaz à effet de serre –, et beaucoup sont considérées comme peu ambitieuses. C’est pourtant une étape obligatoire imposée lors des dernières sessions de négociation. La date butoir avait été fixée au 31 mars 2015. Les organisateurs évoquent désormais juin, peut-être septembre, voire fin octobre.

Le pape parle de « devoir de solidarité »
Quant aux discussions sur le Fonds vert, destiné à aider les pays en développement à s’adapter au changement climatique, elles ne progressent guère. Ce fonds devait recevoir 100 milliards de dollars (90 milliards d’euros) par an d’ici à 2020. Pour l’heure, il n’a recueilli que la promesse de 10,2 milliards de dollars. Le président français et la chancelière allemande, Angela Merkel, dont les pays ont chacun mis sur la table 1 milliard de dollars, s’en sont inquiétés il y a quelques jours, lors du « Dialogue de Petersberg », à Berlin.
Dans ce contexte incertain – pour ne pas dire ce chemin de croix –, l’engagement des religions est aussi inédit qu’encourageant. En juin, le pape François doit publier une encyclique très attendue sur l’écologie, qui devrait insister sur le « devoir de solidarité » envers les générations futures et les pays en voie de développement. Sans attendre, les initiatives se multiplient. Jeudi 21 mai, des responsables chrétiens, musulmans, juifs et bouddhistes se sont réunis pour la première fois, lors d’un colloque au Sénat, afin de peser de tout leur poids dans le débat. Ils ont élaboré un texte œcuménique, « un plaidoyer pour le climat », qui devrait être remis à François Hollande le 1er juillet.
Aux Etats-Unis, la conversion des climatosceptiques se joue désormais dans les paroisses
Début mai, l’Eglise d’Angleterre a annoncé, après celle de Suède, qu’elle allait abandonner tout investissement dans le charbon et le pétrole de sables bitumineux, deux énergies parmi les plus émettrices de gaz à effet de serre. Aux Etats-Unis enfin, la conversion des climatosceptiques se joue désormais dans les paroisses, et les autorités religieuses viennent en renfort du président Obama, convaincu que le dérèglement climatique, avec son cortège de sécheresses historiques (comme en Californie), d’inondations et d’ouragans, met en cause la sécurité du pays.
Quant au monde économique, en dépit de sa responsabilité dans les émissions de carbone, il prend également la mesure du défi. Réunies à Paris durant trois jours, les grandes entreprises viennent d’exhorter les Etats à agir. Elles réclament la fixation d’un prix mondial du carbone et l’élimination progressive des subventions aux combustibles fossiles. Deux décisions qui divisent, en France comme ailleurs.
D’ici à la fin du mois de novembre, le temps est compté et les tergiversations ne sont plus de mise. Il n’y aura pas de miracle. Pour « sauver » la planète, il faut des actes.