lundi 28 juillet 2014

Les déclarations d'intérêts des parlementaires du NPDC (1)

La "Haute Autorité pour la transparence de la vie politique" rend accessible les déclarations d'intérêts faites par les parlementaires. Dans un post daté du 25 juillet (http://alpernalain.blogspot.fr/2014/07/transparence.html), nous avons repris la synthèse faite par le Monde.

J'ai décortiqué, ci-après, les déclarations faites par les parlementaires du NPDC. Quelques remarques préalables :

-Créée par les lois du 11 octobre 2013 relatives à la transparence de la vie publique, la Haute Autorité pour la transparence de la vie publique (HATVP) est une autorité administrative indépendante chargée de promouvoir la probité des responsables publics.
A ce titre, elle reçoit et contrôle les déclarations de situation patrimoniale et d'intérêts des 8 000 plus hauts responsables publics (membres du Gouvernement et du Parlement, grands élus locaux, collaborateurs du président de la République, des ministres et des présidents des assemblées ou dirigeants d'organismes publics).
- comme on ne retrouve pas, dans le NPDC, les honoraires exorbitants perçus à titre privé par certains parlementaires nationaux (exemple : Copé), je me suis plutôt attaché à mettre en avant les dérives habituelles : mandats et fonctions multiples, ambiguïté de certaines situations, notamment concernant des collaborations souvent étonnantes, etc; 
- je n'ai pas fait figurer les indemnités perçues, parce que j'estime que le débat ne porte pas sur le montant, mais sur le cumul des mandats. Sachez simplement que ceux qui cumulent perçoivent autour de 10 000 euros mensuels (plus les avantages liés à la fonction de député ou de sénateur). Rien à voir avec les dizaines ou centaines de milliers d'euros perçus par les footballeurs... N'oublions pas également que les "Politiques" bossent (quelles qu'en soient les motivations);
- dans mon analyse, je pars du principe qu'un mandat parlementaire est un mandat à plein temps...
- j'ai probablement fait des erreurs ou des oublis et je remercie les lecteurs de me les signaler;
- j'adresse cette série d'articles à la Haute Autorité, car certaines situations sont parfais étranges, même si elles ne sont pas blâmables, et mériteraient que la HATVP posent quelques questions pour compléter des déclarations... Le reste, ce sera aux électeurs d'en juger... 

On trouvera les déclarations individuelles sur : 

http://www.hatvp.fr/recherche_geographique/nord-pas-de-calais.html


Députés du Pas-de-Calais :
 
- Nicolas Bays qui avait vaincu JP Kucheida, aux législatives, est conseiller municipal et secrétaire national adjoint du PS, chargé des élections. Il exerce toujours, semble-t-il, une activité professionnelle : directeur des relations publiques sur le site ma-residence.com. 

Parmi ses assistants figure un nom connu des socialistes du 62: Jean-Paul Pélinski. Cet "homme de Percheron" fut très longtemps secrétaire général du PS 62 chargé des fichiers d'adhérents et d'élus. En 2008, il se félicitait, encore, sur Médiapart, des 15 000 militants de la Fédé. A l'occasion (un peu avant, en fait) de l'audit de la Fédé, suivi de sa "mise sous tutelle", il "quitta" son poste alors qu'un nettoyage dudit fichier aboutit à... 8000 adhérents... Bref, on aimerait savoir si Nicolas B a choisi librement son assistant ou s'il s'agit d'un "recasage" pour "bons et loyaux services" rendus au PS...

- Peu de remarques sur Brigitte Bourguignon qui a succédé à Jack Lang. Cette adjointe au maire de Boulogne, détachée du Conseil Général, a seulement oublié de mentionner les fonctions de son compagnon (personnalité socialiste connue), même si les activités de ce dernier ne sont pas susceptibles de constituer un conflit d'intérêt.

- Yann Capet, fils d'un emblématique député, vient d'être élu 1er Secrétaire du PS 62. Comme d'autre part, il est conseiller régional et, à ce titre, préside une commission (la mer), il est certainement très occupé, puisque député et numéro 1 départemental du PS sont chacun une fonction à temps plein... Ce qui est étonnant dans sa déclaration c'est qu'il évoque qu'un de ses assistants est "délégué Président commission mer" et que son employeur est... le conseil régional ! Erreur de ce jeune (38 ans) et nouveau député ? Je ne pense pas que le Conseil régional fasse payer cet assistant par le député... Yann Capet devra donc répondre aux questions de la Haute Autorité qui ne manquera pas de l'interroger sur ce sujet.

- Jean-Jacques Cottel, maire de Bapaume, président de la communauté de communes du Sud-Artois, a laissé sa place de maire de Beaulencourt à son épouse, Edith, celle-ci, travaillant, par ailleurs, comme assistante parlementaire de... son époux, député (vous suivez ?). Tout cela est très légal, mais avouons que ce cumul et ces arrangements familiaux posent question...

- Aucun commentaire concernant l'ex-maire de Lens, Guy Delcourt...

- Thérèse Guilbert, retraitée de 71 ans de l'Education nationale, est non seulement députée, mais également maire d'Outreau et vice-présidente de la communauté d'agglo du Boulonnais. Rien à dire de spécial sauf qu'elle utilise 3 de ses assistants (qu'elle appelle collaborateurs) en circonscription, alors qu'un seul est à l'Assemblée pour s'occuper du travail législatif... ce qui est quand même la raison principale de la fonction de parlementaire ! A quoi servent tous ces salariés en circonscription ? 

A suivre


dimanche 27 juillet 2014

A propos des manifestations de "soutien à Gaza et à la paix"

ÉDITORIAL

Le Monde 24 juillet 2014

Contre la banalisation d'un nouvel antisémitisme


Il faut regarder cette vérité en face : il y a un nouvel antisémitisme en France. Il est aussi révoltant que celui qui a longtemps sévi dans l'Europe du XXe siècle. Ce n'est pas un antisémitisme d'Etat, bien sûr, comme au moment le plus sombre de l'histoire du pays. Pour autant, les organisations juives ont raison de tirer le signal d'alarme comme elles le font aujourd'hui. Une fois de plus.
Sur les quelque quarante manifestations de solidarité avec les Palestiniens de Gaza qui ont eu lieu en France depuis trois semaines, toutes ou presque se sont déroulées sans incidents. Ni violences de casseurs, ni violences antisémites. Le pays n'est pas en proie à une vague d'émeutes dont les juifs de France seraient la cible, comme le rapporte une certaine presse étrangère.
Manuel Valls met en garde avec sagesse : " Il faut être précis et ne pas tout mélanger. La grande majorité des manifestants défile pour des motifs légitimes – l'indignation face aux atrocités de la guerre ", a dit le premier ministre à notre confrère Le Parisien.
On aurait tort, cependant, de prendre pour des cas isolés ce qui s'est passé dans les trois manifestations qui ont dégénéré, à Paris et à Sarcelles. Des synagogues ont été menacées ou attaquées. Une pharmacie a été brûlée uniquement parce que sa propriétaire était juive. Une épicerie casher a subi le même sort. Des slogans intolérables ont été entendus : " Mort aux juifs ! ", " Hitler avait raison ! "
Impensable il y a quinze ou vingt ans, cette violence, celle des actes comme celle des mots, n'est pas exceptionnelle. Elle est représentative d'un antisémitisme banalisé, normalisé, qui s'exprime prioritairement dans une frange de la population musulmane, mais aussi ailleurs – notamment chez les inspirateurs de l'extrême droite.
Dans un fatras idéologique confus, mêlant djihadisme, défense de la cause palestinienne, détestation d'Israël et archétypes racistes les plus ignobles, c'est bel et bien la vieille théorie du " complot juif " qui est remise au goût du jour. Ce sont les mêmes stéréotypes judéophobes véhiculés à plaisir sur <internet, et qui finissent par tuer – d'Ilan Halimi, torturé à mort, en passant par les assassinats de Merah à Toulouse et à Montauban, ou, plus récemment, au Musée juif de Bruxelles.
Dans ces milieux, où Israël est démonisé, où les conflits arabo-arabes ne font pas descendre dans la rue, pas plus que les malheurs des chrétiens d'Orient, l'antisionisme n'est que la face mal cachée de l'antisémitisme.
On peut comprendre que le conflit israélo-palestinien ait un écho particulier chez les musulmans et les juifs de France, suscitant des solidarités naturelles. On peut néanmoins contester cette sorte de légitimisme par procuration qu'observent les représentants de ces communautés, qu'elles soient musulmane ou juive. Cette façon mécanique de s'aligner sans nuances sur les positions des parties en conflit sur le terrain ajoute à la polarisation des esprits.
Il reste cette vérité terrible : dans la France de 2014, dans certains quartiers, il n'est pas facile de porter une kippa – pour ne pas dire impossible. Refuser de voir cela, c'est fermer les yeux, lâchement.

samedi 26 juillet 2014

Question existentielle : debout ou assis ?


J'ai déjà eu l'occasion de reprendre un article de ce scientifique pétri d'humour et qui met la science à portée du premier profane venu. 
Cette fois-ci, même si cet article sort des sujets habituellement traités ici, je n'ai pu m'empêcher de le reproduire... tant la question posée me semble fondamentale ! 
Profitez bien de ce moment de joie à sa lecture...



Pour leur santé, les hommes doivent-ils uriner debout ou assis ?

Plusieurs lecteurs de ma chronique Improbablologie, ayant du mal à supporter l'arrêt estival du supplément "Science & Médecine" du Monde dans lequel elle est publiée, m'ont fait part de leur détresse et de leur sensation de manque. En attendant que la chronique reprenne, il y aura donc un zeste de science improbable chez le Passeur...

Comme le disait Pierre Desproges, "tout dans la vie est une affaire de choix, ça commence par la tétine ou le téton, ça se termine par le chêne ou le sapin". Et, entre ces deux extrémités de l'existence s'insère, pour la moitié masculine de l'humanité, un autre dilemme : faut-il faire pipi debout ou assis ? Lesquels préservent le plus leur santé, ceux qui, très majoritaires en Occident, restent droits dans leurs bottes ou ceux qui, comme on le constate plus couramment en Asie, s'asseyent voire s'accroupissent pour uriner ?

En remontant dans les annales de la science, on s'aperçoit que la question n'est ni loufoque ni nouvelle. Ainsi, en 1883, le médecin militaire britannique Raglan Barnes, en poste aux Indes, se l'était posée en écrivant à ce sujet un articulet publié par le fort sérieux British Medical Journal. Ayant constaté, en fréquentant les dispensaires et les hôpitaux civils, un nombre important de calculs urinaires dans la population indigène, il avait émis l'hypothèse qu'en plus de trouver leur origine dans le régime alimentaire, ces pépins de santé pouvaient être favorisés par l'habitude qu'avaient les Indiens d'uriner à croupetons. Dans son texte, Raglan Barnes imagine que, pour l'homme, la position accroupie "paralyse l'action de l'organe musclé (la vessie, NDLR) qu'il veut vider". Le résultat selon lui ? Une urine qui reste en plus grande quantité dans la vessie et favorise la formation de calculs. Le médecin militaire ajoute d'ailleurs que quand on est un homme, un vrai, on fait preuve de droiture, dans la morale et dans la miction, et que la civilisation et le colonisateur sauront inciter, je cite, "notre frère aryen" à sortir de son erreur.
Beaucoup plus près de nous, puisque leur travail est paru le 22 juillet dans la revue PLoS ONE, des urologues de l'université de Leyde (Pays-Bas) se sont de nouveau posé la question du docteur Barnes. Pour y répondre, ils ont passé la littérature scientifique au peigne fin et trouvé 11 études comparant les résultats des deux positions sur un échantillon total de huit cents hommes. Tous ces articles avaient en commun de fournir des chiffres sur la durée et le débit de la miction, tout en mesurant le liquide demeurant dans la vessie une fois la braguette remontée. En faisant l'analyse de toutes ces données, les chercheurs néerlandais se sont aperçus que, dans le cas des participants en bonne santé, la position n'avait aucune influence sur les résultats. En revanche, les choses étaient un peu différentes pour les hommes souffrant de prostatisme.
Derrière ce nom se cachent une série de symptômes, de troubles de la miction, dus à l'hypertrophie bénigne de la prostate. Lorsque cette glande qui entoure l'urètre se met à grossir, ce qui est courant avec l'âge, l'écoulement de l'urine se ralentit et peut même devenir difficile, ce qui entraîne de fréquents passages aux toilettes où ne sont évacués à chaque fois que de petits volumes. Selon l'étude de PLoS ONE, les hommes victimes de prostatisme tirent un léger bénéfice à uriner assis, peut-être parce que la position nécessite, notamment chez des personnes âgées, moins de crispation musculaire pour le maintien de l'équilibre : le débit de la vidange et la quantité d'urine excrétée sont accrus (ce qui va à rebours des suppositions de feu Mr Barnes). Les auteurs de l'article parlent, avec des termes choisis, d'"une tendance vers un profil urodynamique plus favorable", ce qui dit à quel point les améliorations notées sont faibles. Ils concluent d'ailleurs en expliquant que le débat debout-assis ne peut être tranché sur la seule foi des critères "urodynamiques".
Il est en revanche un domaine où la miction debout présente un désavantage incontestable, c'est celui de la propreté des lieux d'aisance. Tous ceux qui ont, dans nos contrées, fréquenté un jour des toilettes pour hommes se sont demandé comment les énergumènes qui les avaient précédés avaient bien pu réaliser cette reconstitution miniature du Parc national de Yellowstone après le déclenchement des geysers. Au moins deux techniques permettent cette porcherie cet exploit : tenter – avec ses deux mains accrochées à son téléphone portable – un grand pont sur Lionel Messi à FIFA 14 tout en laissant la nature s'exprimer librement un étage plus bas, ou bien essayer de viser la cuvette des toilettes depuis le fond des WC en faisant un saut carpé. Diable, encore un choix...

vendredi 25 juillet 2014

Transparence

 

La Haute Autorité pour la transparence de la vie politique rend accessible les déclarations faites par les parlementaires sur leurs revenus, patrimoines... pour qu'apparaissent d'éventuels conflits d'intérêts. Figurent également les noms des collaborateurs... L'article, ci-dessous, donne les grandes lignes de ce que l'on peut trouver dans ces déclarations. Cela n'est pas très facile d'exploitation, car il y a quelquefois mauvaise grâce à remplir le formulaire. Espérons que le système s'améliore avec le temps... Néanmoins la Haute Autorité pourra poser des questions et le travail de communication des données pourra aider les citoyens à comprendre les dérives de certains de leurs élus.

J'essayerai de piocher, à partir de demain, dans les déclarations de nos élus du NPDC, ce qui me semble étonnant, anormal ou... faux ! En attendant, vous pouvez aller jeter un coup d’œil sur http://www.hatvp.fr/recherche_geographique/nord-pas-de-calais.html et faire part de vos remarques. Il faut savoir que les informations sont à la date de janvier 2014 et que certaines ne sont plus d'actualité aujourd'hui.

 

 

Ce que dévoilent les déclarations d'intérêts des parlementaires

Le Monde.fr | Par

Suite à l’affaire Cahuzac, le gouvernement avait instauré une Haute Autorité pour la transparence de la vie politique (HATVP), présidée par Jean-Louis Nadal, ancien procureur général près la Cour de cassation. Celle-ci a pour charge, entre autres, de récolter les déclarations d’intérêts des ministres et des parlementaires. Elle vient de livrer ces dernières, sous un format hélas quasiment inexploitable de manière statistique.


Néanmoins, et en attendant de pouvoir faire mieux, on peut déjà noter quelques cas particuliers et chiffres qui attirent l’oeil.

1. Quelques chiffres généraux

10% Si ces déclarations d'intérêts risquent fort de ne pas améliorer l'image des parlementaires dans l'opinion, on peut commencer par noter des points positifs. Ainsi, seuls 10 % des députés déclarent avoir une activité annexe rémunératrice, le reste se consacrant donc à leur – ou leurs – mandats.
De même, à peine une poignée déclarent des revenus annexes supérieurs à 100 000 euros par an (un député gagne environ 7 000 euros par mois, soit 84 000 euros par an au titre de son mandat).

2. Les opulents députés avocats

Parmi les parlementaires, une profession procure des revenus annexes particulièrement confortables : celle d’avocat. Au point que la question de l'interdiction du cumul de cette profession avec une activité d'élu revient régulièrement.
Une quarantaine de parlementaires sont avocats. Christophe Caresche (député PS de Paris), Hervé Gaymard (député UMP de Savoie), Dominique Raimbourg (député PS de Loire-Atlantique) se sont « omis du barreau » le temps de leur mandature.
D'autres, comme Philippe Houillon (député UMP du Val-d'Oise), avocat depuis 1973, exerce son activité à temps partiel. (Il a touché entre 3 500 et 4 500 euros par mois ces trois dernières années). Et puis il y a ceux qui touchent de petites fortunes.
 180 734 euros C’est le cas de Jean-François Copé. L’ancien président de l’UMP déclare, pour 2013, plus de 180 000 euros de revenus au titre de son activité annexe d’avocat. Une somme presque faible, au regard de ses revenus des années précédentes : 313 000 euros en 2012, et jusqu’à plus de 350 000 en 2011 et 2010, soit le triple de son indemnité parlementaire.
Même chose pour Frédéric Lefebvre (UMP, Français de l'étranger), qui déclare 207 000 euros en 2013 comme avocat, pour le député UMP de Paris Pierre Lellouche (293 630 euros en 2013) ou pour le député UMP de l'Yonne Guillaume Larrivé (80 000 euros en 2012, 108 000 en 2011), par exemple. Le sénateur centriste François Zoccheto a pour sa part gagné 188 583 euros en 2012 au sein de son propre cabinet d’avocat – son salaire annuel moyen depuis 2008 s’élève à plus de 158 000 euros. A gauche, on peut citer le cas du socialiste Yann Galut, député du Cher, qui déclare pour 2013 66 220 euros en tant qu’avocat.
La question, évidemment, est celle des éventuels conflits d’intérêts soulevés par cette double activité, particulièrement dans le cas des avocats d’affaires, comme M. Copé. Les déclarations sont en général muettes sur ce point.

3. Les parlementaires qui s’enrichissent dans la communication

100 000 euros  Autre activité annexe lucrative, celle de conseil en communication. C’est le cas du sénateur UMP de Paris Pierre Charon, dont la déclaration précise qu’il a gagné 186 000 euros en 2013 avec ses activités de conseil. On y apprend également qu’au temps où il conseillait Nicolas Sarkozy, en 2009 et 2010, il percevait de confortables émoluments de l’Elysée : jusqu’à 100 000 euros par an.
Même chose pour l’UMP Luc Chatel, qui déclare, pour 2013, 183 135 euros au titre de ses activités annexes de « conseil en communication et accompagnement stratégique ».
Autre cas, celui de Jean-Frédéric Poisson, du Parti chrétien-démocrate, dont l’entreprise de « conseil aux entreprises » dont il a masqué le nom complet lui a rapporté, en 2013, 52 000 euros.
Là encore, les déclarations ne précisent pas quels types de clients sont conseillés par les parlementaires, et donc s’il y a conflit d’intérêts.

4. Abondance de conjoints et de descendants d’élus chez les assistants

Le phénomène était connu, il éclate ici au grand jour : nombreux sont les députés et sénateurs qui emploient parmi leurs assistants leur conjoint ou leurs enfants. Ce qui n’a rien d’illégal en soi, mais peut poser question, surtout concernant le niveau de rémunération et la réalité de l’activité exercée.
On peut ici citer des dizaines de cas. Par exemple celui de Jean-François Copé et de son épouse, Nadia. Ou encore du socialiste François Lamy, dont la moitié est directrice de cabinet du président du conseil général de l’Essonne, Jérôme Guedj, son suppléant à l'Assemblée. Ou encore l’UDI Rudy Salles, qui emploie son épouse. Cas emblématique, Jacques Bompard, député apparenté FN, qui emploie un Guillaume et un Yann Bompard dans son équipe.
Quant à Patrick Mennucci, élu député des Bouches-du-Rhône en juin 2012, il indique par ailleurs qu'il a été, au cours des cinq dernières années, l'assistant parlementaire du sénateur Roland Povinelli pendant 14 mois... tout en étant maire du 1er secteur de Marseille, fonction qu'il a exercée de 2008 à 2014.

5. Des collaborateurs cumulards

Autre point intriguant, le cas des collaborateurs parlementaires qui sont eux-mêmes élus locaux. La pratique se retrouve surtout à gauche. Ainsi, Jean-Vincent Placé, sénateur EELV d’Ile-de-France, emploie comme assistante Laure Lechatellier, qui est élue au conseil régional d’Ile-de-France.
Daniel Vaillant, sénateur PS de Paris et ex-maire du 18e arrondissement, travaille avec Myriam el-Khomri, adjointe à la mairie de Paris et élue du 18e. Marie-Noëlle Lienemann, députée de Paris, déclare comme collaborateur « chargé de recherches pour la sénatrice » Emmanuel Maurel, par ailleurs vice-président de la région Ile-de-France. Même chose pour Jean-Christophe Cambadélis, député de Paris lui aussi, qui emploie Karine Gautreau, adjointe à la mairie du 19e, comme collaboratrice.
Les élus n’ont pas à fournir les rémunérations des collaborateurs, on ne connaît donc pas ce détail. Une explication à ce cumul de fonctions : permettre à ces élus locaux d’avoir ainsi un accès à l’Assemblée.

6. De très nombreux cancres et un peu de psychologie

Si certaines fiches sont détaillées, beaucoup ne le sont pas. Nombre de députés ont visiblement fait le service minimum, inscrivant « néant » partout, ou « oubliant » certaines fonctions. Certains ont fait part en public de leur hostilité, comme Henri Guaino, qui juge « dégradant de se déshabiller en place publique », ou Jacques Myard, qui parle « d'inquisition ». De même, si certains remplissent consciencieusement leurs parts de SCI, par exemple, d’autres parviennent à rendre des fiches quasiment illisibles à force de ratures et rectifications.
Fiche du député PS Eric Jalton
Fiche du député PS Eric Jalton | HATVP
Edouard Philippe, député UMP de Rouen, ainsi fait part sur sa fiche de sa perplexité quant à l’exercice…
| HATVP
L’écriture manuscrite, pour malcommode qu’elle soit lorsqu’on veut exploiter les données, fournit tout de même un aspect humain à certaines déclarations. L’une d’entre elles est ainsi assez frappante : celle de Jean-Marc Ayrault. Le désormais député de Loire-Atlantique a ainsi commencé sa fiche en précisant, d’une écriture serrée, où l’ordre est sans doute assez symbolique :
« Profession : professeur retraité de l’Education nationale - ancien Premier Ministre ».

jeudi 24 juillet 2014

Les élus du FN s'en donnent à cœur joie...

Le Canard enchaîné du 23 juillet 2014.

Marine et Jean-Marie sont dans un avion

Surprise des passagers du vol Air France 7311 Strasbourg-Paris du 17 juillet qui faisaient la queue devant la porte d'embarquement : ils voient Marine Le Pen, son collègue et néanmoins compagnon Louis Aliot, et son garde du corps, ainsi que 2 policiers en civil, leur passer devant et monter les premiers dans l'avion, bientôt suivis par Le Pen Jean-Marie lui-même et son épouse, Jany.
Parmi ces passagers se trouvaient pourtant une dizaine de députés européens, dont l'UMP Arnaud Danjean, qui interpelle l'hôtesse :
"Pourquoi doublent-ils tout le monde ?"
"Madame Le Pen et ceux qui l'accompagnent étant en business class, ils ont le droit de passer devant tout le monde", répond l'hôtesse.
" Il n'y a pas de business class dans cet avion".
L'hôtesse doit alors adapter son argumentaire : "Mme Le Pen a une carte d'abonnement Air France qui lui donne ce privilège".
"Elle a un abonnement Air France comme tous les députés européens".
"Oui, mais comme c'est une VIP, elle a le droit".
Les passagers ne sont pas au bout de leur étonnement : à l'atterrissage à Orly, un minibus de l'aéroport attendait la famille Le Pen au pied de l'avion, histoire de leur éviter d'avoir à se mêler aux autres passagers.
A part quoi ces Le Pen ne se privent pas de dénoncer les privilèges de l'establishment UMPS...


Le nouveau chouchou
Le nouveau maire de Fréjus, David Rachline, 26 ans, est l'étoile montante du FN. Marine Le Pen ne jure que par lui, le cite et l'épaule en permanence. Depuis que les liens se sont distendus avec Robert Ménard, le maire de Béziers, c'est en effet Rachline qui se trouve à la tête de la plus importante ville frontiste (53 000 habitants). Il faut préciser que Rachline a rendu d'éminents services à la patronne du FN en éliminant du Front national Jeunesse, qu'il a dirigé de 2009 à 2011, les éléments les plus rétifs au "marinisme".
Renvoi d'ascenceur : sur suggestion de Jeanmarine, la ville de Fréjus vient d'accueillir un séminaire des cadres du parti, avant de recevoir, fin août, l'université d'été du FNJ épuré. 
Afin d'assurer la présence de nombreux jeunes, le parti n'a pas lésiné sur les moyens. "Selon un barême établi par nos soins, les jeunes ayant fait le déplacement recevront une compensation financière sur place", peut-on lire sur le site Internet du parti.
" Quand on aime, on ne compte pas" a ricané Bruno Gollnisch auprès de ses proches, ajoutant : "Déjà que Rachline a un ego gonflé à bloc, ça ne va pas le calmer".
Gros jaloux, va.



mercredi 23 juillet 2014

Merci, M. Barnavi

Le texte, ci-dessous, d'Elie Barnavi (historien et essayiste, Professeur émérite d'histoire moderne à l'Université de Tel-Aviv, et ancien ambassadeur d'Israël en France) me parait, à la fois, réaliste et serein. Il porte un regard dépassionné sur le sujet de l'antisémitisme, aujourd'hui, en France. On lit, en ce moment, tellement d'absurdités qu'il fallait que les choses soient remises à leur place et je pense que E. Barnavi a parfaitement réussi son devoir de transmission des connaissances. 


L’Europe et les Juifs : vers le divorce ?

Vendredi 16 juillet, le quotidien Haaretz (édition anglaise) a publié un article au titre scandaleux : « La France va-t-elle expulser ses Juifs ? » L’auteur, Seth Lipsky, est le rédacteur en chef du journal en ligne conservateur The New York Sun. Le contenu du papier est à l’avenant. Il mélange tout, la politique supposément pro-palestinienne des gouvernements français depuis de Gaulle, l’enterrement de Yasser Arafat avec les honneurs à Paris et les campagnes contre l’abattage rituel et la circoncision, dont le moins qu’on puisse dire est qu’elles sont plus discrètes en France qu’ailleurs en Europe. En conclusion, s’« il serait inexact de dire que la France expulse ses Juifs, la distinction s’estompe. » Qu’on se le dise, « l’Espagne ne s’est jamais remise de l’expulsion de ses Juifs. » Bref, les Juifs de France vivent en 1491, l’an prochain sera celui du décret d’expulsion.

Cette idiotie paniquarde ignore les faits. En France comme ailleurs en Europe, du moins en Europe occidentale, l’antisémitisme est un délit puni par la loi. La classe politique unanime le rejette, tout comme la presse, les acteurs sociaux et l’essentiel de l’opinion publique. Il fut un temps où l’antisémitisme était une force politique et culturelle significative. Il ne l’est plus.
Est-ce à dire que tout va pour le mieux dans le meilleur des mondes possibles ? Certes non. La « nouvelle judéophobie » (Pierre-André Taguieff) a un nom : l’islam identitaire. C’est lui qui, dans une France et une Europe mollassonnes et chétives, profite au premier chef de la fameuse « libération de la parole » dont un Dieudonné est la nauséabonde illustration. C’est lui qui a armé le bras de Mohammed Merah à Toulouse, de Mehdi Nemmouche à Bruxelles. C’est lui qui jette sur le pavé des manifestants haineux qui brandissent des pancartes invitant à la « mort aux Juifs » et n’hésitent pas à s’en prendre violemment aux synagogues. Le dernier incident en date, rue des Roquettes à Paris a failli tourner au drame.
Cet islam-là se nourrit de causes lointaines – la Syrie, l’Irak, et, toujours, la Palestine. Comme toutes les idéologies mortifères, il a ses alliés – en l’occurrence, l’extrême gauche et les restes d’une extrême droite dont les figures de proue tentent malaisément de se distinguer pour accéder à la respectabilité politique (une preuve de plus que l’antisémitisme n’est pas respectable) – et ses idiots utiles : sociologues et autres plumitifs prompts à dénoncer une « islamophobie » fantasmagorique qu’ils assimilent abusivement à l’antisémitisme.
Cependant, l’islam identitaire ne concerne pas que les Juifs. Sous sa forme terroriste organisée, il constitue un défi mondial. Il a frappé à New York, à Madrid, à Londres, à Paris, et est en train de refaçonner les frontières issues de la décolonisation au Proche et au Moyen-Orient. Sous sa forme terroriste « spontanée », il produit des loups solitaires à l’instar de Merah et Nemmouche, petites frappes radicalisées en prison, et, comme ce dernier, passées par l’un des fronts de l’islamisme radical, dernièrement la Syrie.
Si la France est aux premières loges, ce n’est pas en raison de quelque laxisme ou complaisance particulièrement français. C’est tout bonnement parce que la France abrite la plus importante communauté juive d’Europe, en même temps que la plus importante communauté musulmane d’Europe, par ailleurs majoritairement arabe, et que ces deux communautés cohabitent souvent dans les mêmes banlieues et quartiers difficiles. Le paradoxe douloureux est que la France a inventé avec la République laïque et assimilationniste l’outil d’intégration le plus efficace du monde occidental, et que cet outil est désormais en panne. La place me manque ici pour en détailler les raisons. Mais ne nous y trompons pas, c’est l’ensemble de l’Europe qui a mal à ses Juifs, pour ne plus savoir comment intégrer ses immigrés.
Traiter le mal à la racine, au-delà des mesures de police, nécessaires mais manifestement insuffisantes, requiert un effort collectif énorme, dont les sociétés européennes semblent désormais incapables. Il faudrait pour cela démanteler les ghettos d’immigrés, favoriser par une politique volontariste de la ville la mixité sociale, repenser l’école de fond en comble, interdire les prisons aux imams intégristes et/ou analphabètes et assurer la formation d’un encadrement musulman compatible avec les principes de la démocratie. Toutes choses qui présupposent un investissement matériel colossal, mais surtout, sans doute, une révolution culturelle. Tant que l’Europe ne réapprendra pas à défendre ses valeurs, tant qu’elle s’abstiendra d’en faire la pierre de touche de tous ceux qui frappent à sa porte, tant qu’elle ne saura pas qui elle est et, partant, à quoi sont censés s’intégrer ses nouveaux citoyens, elle sera cet ectoplasme sans âme, incapable de protéger ses Juifs parce que incapable de se protéger elle-même.
Alors, la France va-t-elle expulser ses Juifs ? Allons donc. En revanche, les Juifs vont s’en expulser eux-mêmes, du moins les plus fragiles, les plus exposés. Au grand détriment de la France elle-même. Car une chose est certaine, le sort des Juifs a toujours été le test infaillible de la santé morale d’une nation.
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mardi 22 juillet 2014

C'est d'actualité...


-  Que pèse encore le Nord-Pas-de-Calais ? Alors ce canal Seine-Nord, on le fait ou pas ? On pouvait légitimement penser que le seul membre du gouvernement du NPDC (et encore n'est-il plus que secrétaire d'état, ce qui montre combien le PS tient en haute considération Aubry et Percheron) pourrait faire avancer les choses. Certes, il semblerait que le coût du projet ait été revu à la baisse (4,5 milliards contre 7 sous Sarko), que l'engagement de l'Europe passe de 6 à 40%, n'empêche qu'on ne voit rien de concret, sauf que le projet est prévu pour 2022 (au lieu de 2017). D'ici là, gageons que beaucoup d'eau passera sous le pont... Et dire que les premières études datent de 1993 !

-  Que pèse encore le Nord-Pas-de-Calais ( bis) ?  Il semblerait donc que l'on se dirige vers une France avec 13 régions, puisque le groupe socialiste de l'Assemblée nationale a entériné la fusion du NPDC avec la Picardie (et qu'il obtiendra l'appui de parlementaires de droite). Ire de Percheron et Aubry (décidément Hollande fait peu de cas de ces deux-là !), opposés à ce rapprochement. Et pourtant, non seulement ces 2 régions sont limitrophes (qui s'aperçoit être passé du Pas-de-Calais à la Somme ou du Nord à l'Aisne, en allant de Berck à Fort-Mahon, de Bapaume à Péronne ou de Fourmies à Hirson ?) mais elles ont encore, en partie, le Picard comme patrimoine culturel commun... L'argument économique avancé par Aubry pour combattre ce projet (associer 2 régions pauvres) est, au contraire, un formidable atout de négociation : il faudra faire jouer la péréquation financière avec d'autres régions riches. Mais l'argument réel pour refuser cette fusion est politique et a été "avoué" par Daniel Percheron : il faut éviter la prise de pouvoir de la présidence de la Région en 2015 par le FN. Nous avions éventé ce dernier argument le 16 juillet dernier (http://alpernalain.blogspot.fr/2014/07/cest-dactualite.html) : d'une part,  il faut se mettre au travail, de suite, pour éviter cette infamie, et, d'autre part, pense-t-on sérieusement que M. Le Pen va se défaire d'une de ses prestigieuse fonctions au Parlement européen ou à la tête du FN...

- Justice est rendue. Le tribunal administratif de Lille a annulé, hier, l'arrêté anti-mendicité pris par le maire FN d'Hénin-Beaumont. Nous écrivions ici même, le 5 juin dernier : " on a pris un arrêté anti-mendicité qui ne visait que les Roms. Il y a, en moyenne, chaque jour, 6 ou 7 personnes qui mendient, en centre-ville d'Hénin. Parmi elles, 2 bons Français qui accostent les gens depuis plusieurs années et qui aiment les jeux de tirage, auxquels ils consacrent une partie du produit de leur quête; les autres, depuis quelques semaines, sont des enfants chapeautés par une femme et qui appartiennent à la communauté rom qui campe autour d'Hénin"... (voir la suite sur http://alpernalain.blogspot.fr/2014/06/et-maintenant-3.html. Aujourd'hui, rien de changé : il y a toujours des mendiants à HB et aucun trouble à l'ordre public n'est avéré... Le tribunal a estimé que cet arrêté était discriminatoire et l'on ne peut que s'en réjouir. Malheureusement, il nous faut encore déplorer le manque de respect des valeurs républicaines (dont il se réclame !) du maire d'Hénin-Beaumont qui fustige la "justice façon Taubira". Cette attaque contre une décision de justice est une nouvelle preuve de ce que l'on peut attendre d'un pouvoir frontiste opposé à l'indépendance de la justice... Brr...cela fait froid dans le dos !

- Le calice jusqu'à la lie  Le PS d'HB est mis sous tutelle : le nouveau secrétaire de section est carvinois et c'est un proche du député, P. Kemel, maire de Carvin. Quand on pense que le PS à Hénin-Beaumont, c'est une trentaine de militants pour une ville du Bassin Minier de 26 000 habitants, on mesure "l'oeuvre" du PS 62  à HB : avoir fait disparaître son rôle de ville-centre de l'Agglo, et avoir donné la ville au FN ! Qui dit mieux ? Le "grand quotidien régional" ne s'y est pas trompé, en modifiant, discrètement, le nom de sa page locale pour passer de "Hénin" à "Hénin-Carvin"...