mardi 28 mars 2017

Pour qui vote "la majorité silencieuse" ?

Qui est la majorité silencieuse, aujourd'hui ? Est-ce celle qui a peur de répondre aux sondeurs qu'elle votera Le Pen ? Ou est-ce celle qui ne dit mot et qui, à l'instar de mai 1968, ronge son frein, en a ras-le-bol du chahut des extrêmes et votera classiquement droite, centre ou gauche ? Suivant le cas, le FN serait, soit au-delà des 25% affichés par les instituts de sondage, soit en deçà de ces 25%... 

« Y aurait-il sous-estimation du vote pour le Front national ? »
Dans sa chronique, Benoît Hopquin, directeur adjoint de la rédaction du « Monde », s’interroge sur les intentions réelles de cette soi-disant majorité silencieuse.

LE MONDE | 27.03.2017


CHRONIQUE. 
Un doute, un terrible doute : Marine Le Pen ne peut être si bas dans les sondages… Les instituts, en leur sapience et leurs échantillons représentatifs, le soutiennent pourtant, tous unanimement et mordicus. Un quart des électeurs français lui accorderaient leur suffrage. Tantôt un léger quart, tantôt un gros quart, selon arrivages d’IFOP et consorts. Ne serait-ce pas plutôt un quart qui serait un tiers, à la manière de la recette du mandarin citron de Raimu dans Marius. Non ! Un quart, solide, inexpugnable, mais un quart seulement. C’est trop, et trop peu. On veut dire que c’est trop pour le citoyen, mais trop peu pour l’observateur.
Affres de perplexité, poison du soupçon. Comment y croire vraiment de ce qui se voit à la télévision, plus sûrement encore, de ce qui s’entend dans la rue et aux tables familiales, de ce qui se braille à tue-tête au bar et, à la tienne, Etienne, sur les réseaux sociaux ? Un quart, un quart de rien du tout ? Est-ce possible ? Il y a cette actualité qui fredonne, refrains anxiogènes après couplets déprimants, une vilaine chanson. Il y a ce qui transparaît des doctes études d’opinion, montrant une majorité de Français paumés par la société comme elle va, ou ne va pas. Difficile de ne pas voir cette crise économique et morale qui ronge le pays en son âme. De ne pas comprendre la colère que génère cette campagne, avec ses affaires taillées sur mesure comme costards pour le discours des démagogues.

« Fluctuat nec mergitur »
Stupidité d’ignorer cette masse déjà immense et toujours grandissante d’oubliés de la mondialisation et de la béatitude parisienne. De ne pas mesurer la peur au ventre les bataillons d’électeurs desperados qui pensent, à tort ou à raison, n’avoir rien à perdre si ce n’est rien à gagner à l’extrême droite. De tout ça et de tant d’autres choses, la France semble bien promise au Front national comme Jeanne d’Arc au bûcher. L’air du temps, celui qui est inscrit au-dessus de cette chronique, celui qu’on hume à pleins poumons en ces remugles nauséabonds, ne peut qu’augurer un triomphe de la Marine.
Et pourtant, un quart… 25 %, plus ou moins des brouettes, des pouièmes. Vague après vague, les sondages réduisent le vote FN aux proportions d’un fort clapot. Nul raz-de-marée, nulle déferlante à l’horizon d’avril et de mai qui drosserait notre République vers des côtes inconnues. Juste une houle qui fera tanguer le rafiot France et donnera le mal de mer à ses passagers. Fluctuat nec mergitur, le reste ne serait que littérature.
Les sondeurs – Ah, madame Michu, les sondeurs ! – ne feraient-ils pas preuve du même aveuglement que leurs pairs anglais ou américains, l’an passé ? La même fausse manip’ qu’ils firent lors de la présidentielle de 2002, puis du référendum européen de 2005 ? Y aurait-il anguille sous roche et cagade dans le questionnaire ? Sous-estimation d’un vote comme un péché par omission ? Ou bien traîtrise, scélératesse, réserve cachée de l’extrême droite, tapie parmi les abstentionnistes comme au fond d’un bois, cavalerie prête à fondre, à prendre à revers les pronostics ? Possible.

Piège
A moins qu’il n’y ait une autre explication, insaisissable, évanescente, fumeuse, on en convient : la majorité silencieuse. L’expression est née à droite, on le sait, en réaction à l’assourdissante cacophonie de Mai 68. Pompidou, après Nixon, sut la populariser en ces années où la gauche, plus encore l’extrême gauche, parlaient haut, gueulaient fort, saturaient l’espace public de leurs slogans et certitudes. Face à cette minorité agissante se dressait en son marmoréen mutisme la majorité silencieuse.
Aujourd’hui, elle est rebaptisée la « France périphérique », la « France profonde » ou la province. Elle serait le « pays réel », du moins tel que rêvé par les candidats. Elle est, comme le rappelait François Fillon au Trocadéro, « une certaine idée » pour homme politique dans le besoin. Pour les sociologues, elle est fantasme plus que réalité. Elle est vox populi et en même temps foule aphone. Elle est bonne pâte, en tout cas. Depuis toujours, on lui fait dire ce qu’on veut à la majorité silencieuse, cette grande muette.
La clameur, elle, a changé de bord depuis cinquante ans. Les primes vérités, les évidences sont désormais vociférées par l’extrême droite. Cette parole dite « libérée » est devenue si tonitruante qu’on la jurerait majoritaire. En bien des endroits du pays, elle n’est pas seulement dominante : elle est devenue exclusive. C’est le piège de la grande gueule. On n’entend qu’elle, donc elle se croit toute seule.
On se souvient de cette scène observée dans un petit restaurant du Quesnoy, dans le Nord. Une tablée exprimait bruyamment ses convictions frontistes, emplissait l’espace de ses profondes considérations. Le patron et les autres clients restaient muets, la tête dans leur assiette.
N’était-ce pas elle, la majorité silencieuse ? Ne serait-ce pas ceux qu’on vit, ou plutôt ne vit pas, un soir d’élection municipale, à Saint-Gilles, dans le Gard, en 2014. Ils venaient d’infliger un anonyme camouflet à Gilbert Collard, qui se voyait déjà dans ce fauteuil de maire que ses omniprésents soutiens lui promettaient à cor et à cri. On devina les mêmes à Carvin, dans le Pas-de-Calais, l’année suivante, faisant barrage au même FN, pour qui le canton était gagné d’avance. Dans les deux cas, ils ne pavoisèrent guère, au soir de leur victoire, ces électeurs taiseux. Ils retournèrent à leur non-existence. Il en fut de même lors des élections régionales dans les Hauts-de-France ou en PACA : des bulletins plus que secrets privèrent encore l’extrême droite d’un triomphe annoncé.

Loin des foules hurlantes des meetings, ils existeraient donc, ces passagers clandestins de la démocratie, armée des ombres faite de bric et de broc, de gauche et de droite. Des gens fâchés contre le système, comment ne pas l’être ?, mais plus encore contre les idéologies par trop gaillardes. Peut-être est-ce cette France-là, ces trois quarts-là, que les sondages parviennent seuls à faire parler. Peut-être.

lundi 27 mars 2017

Sortir de l'Europe : M. Le Pen nous raconte encore des sornettes !

Interrogée dans l'émission "Bourdin 2017" sur "RMC" et "BFMTV" (qu'elle avait pourtant juré de boycotter !), Marine Le Pen a répété son souhait d'organiser un référendum sur la sortie de l'Union Européenne et de la zone euro...
Elle tente d'influencer les électeurs en leur faisant croire que la procédure sera aussi simple que celle qui a été suivie en Grande Bretagne : question posée aux électeurs (oui ou non pour un Frexit ?), puis avis du Parlement...
Mais il en va tout autrement en France... En effet, l'appartenance de la France à l'Union Européenne est inscrite dans la Constitution. Il n'est pas possible de poser une simple question par référendum... il faut soumettre un projet de loi sur lequel le peuple sera amené à se prononcer.
Philippe Blacher, professeur de Droit à l'Université Lyon 3, précise que si l'article 11 de la Constitution permet bien au président de la République, ou bien à un cinquième des membres du Parlement soutenus par un dixième des électeurs, de soumettre par référendum un projet de loi "portant sur l'organisation des pouvoirs publics, sur des réformes relatives à la politique économique, sociale ou environnementale de la nation et aux services publics qui y concourent, ou tendant à autoriser la ratification d'un traité"...
Cet article 11 " NE PRÉVOIT PAS DE SE DÉFAIRE D'UN ENGAGEMENT INTERNATIONAL " !
Ainsi un référendum ne pourrait être organisé sur la sortie de l'UE au risque d'être anticonstitutionnel !
Pour sortir la France de l'Union européenne, il faudrait donc modifier la Constitution, plus précisément son titre XV, qui inscrit la participation de la France à l'Union Européenne. La modification de la Constitution est évidemment prévue par celle-ci, dans son article 89, "mais les conditions sont très lourdes", précise Philippe Blacher.
Il faut obtenir au moins les 3/5èmes des votes du Parlement (Assemblée Nationale + Sénat) réuni en Congrès, soit 555 voix ! Comment le FN pourrait-il obtenir ces votes avec quelques députés FN éventuellement élus en juin, et ses... deux sénateurs ?
Sortir de l'Union européenne est donc pratiquement impossible, juridiquement et politiquement. 
Encore un mensonge de la part du FN : mensonge volontaire ou incompétence ?

dimanche 26 mars 2017

Le FN veut la presse à sa botte !

Jeudi 23 mars, France 2, dans son émission "Complément d'enquête", a consacré son numéro au sujet : "Médias : menteurs ?"
Les chapitres suivants ont été évoqués :
- La Voix du Nord fait front., 
- RT News, Sputnik TV : la voix de son maître ? 
- Fakr News : fausses infos et vrais bénéfices.

Vous trouverez, ci-dessous, le reportage concernant Hénin-Beaumont sur la guerre entre la mairie FN et La Voix du Nord :

J'attends toujours que les médias français se solidarisent avec le quotidien régional, objet de toutes les attaques "violentes et vicieuses" de la part de la mairie à majorité d'extrême droite.

samedi 25 mars 2017

Exclusif : l'entretien Poutine/Le Pen

Le président russe, Vladimir Poutine, et la candidate du FN à l’élection présidentielle française, Marine Le Pen, au Kremlin le 24 mars.





 Photo :MIKHAIL KLIMENTYEV / SPUTNIK / AFP


"Moins de quatre semaines avant le premier tour de l’élection présidentielle en France, Vladimir Poutine a officiellement reçu pour la première fois au Kremlin, vendredi 24 mars, la candidate du Front national (FN), Marine Le Pen. Cette entrevue avec le président russe, qui ne figurait dans aucun agenda, s’est déroulée hors de toute présence de la presse étrangère. Seuls des médias russes y ont eu accès." ("Le Monde")

Exclusif ! J'ai pu me procurer des enregistrements de cet entretien qui a, quand même, duré 1h30... En voici les "meilleurs moments" :

MLP : Tovarich (camarade) Vladimir, merci pour ton accueil. Je ne suis pas venue ici pour quémander un réaménagement de mon prêt de 9 millions qu'une banque russe m'avait obligeamment accordé, je tiens à le souligner. Mais parce que je veux témoigner toute mon amitié à la Russie et à son grand président.
Poutine (VP) : Marion, je veux dire Marine, ou comme on dit chez nous : Marinekaîa, je suis très heureux de te rencontrer. Je sais que tu représentes un spectre politique en Europe qui croît rapidement. 
MLP : Camarade Tovarich, je veux dire : camarade Vladimir... Je suis honorée que tu acceptes de me rencontrer. J'ai une admiration sans borne pour ce que tu as fait de la Russie. Tu as su raisonner les médias et ceux qui ne sont pas d'accord avec toi, dans ce beau pays démocratique qu'est la Russie éternelle.
VPComme tu le sais, ma krassivaya (belle) Marina, je veux faire cesser le boycott de la Russie par l'Europe et ses alliés...
MLP : Je le sais, Poupou. Izvinite (excusez-moi) pour ces mots intimes qui sortent de ma bouche, mais je me sens en confiance avec toi...
VP : Vodka, sertse maïyo (mon cœur) ?
MLP : Non, spasibo (merci).
MLP : Si je suis élue présidente, je rétablirai toutes les relations commerciales avec la Russie. Cela me sera possible car je ferai sortir la France de l'Union européenne...
VP : Ma porte te sera toujours ouverte, tu le sais...
MLP : Comme nous allons également sortir de l'euro, il est possible que nous ayons, temporairement, quelques soucis d'ordre financier. Pourrais-je compter sur toi ?
VP : Bien sûr... Combien te faudra-t-il ?
MLP : Quelques centaines de milliards d'euros, je ne sais exactement. Mais cela ne durera pas longtemps.
VP : Je veillerai personnellement à ce qu' une de nos banques fasse le nécessaire... Un taux d'intérêt de 7/8%, cela irait-il ?
MLP : Merci Poupou...
VP : Par contre, je mettrai une condition à cette aide. Il faudra quitter la coalition internationale contre la Syrie et nous rejoindre, Assad et moi... Cela ne pose pas de problème ?
MLP : C'est dans l'intérêt de tous de lutter contre le terrorisme islamiste et j'en fais mon combat prioritaire.
VP : Au fait, votre Fillon... 
La conversation devient inaudible pendant quelques minutes...
VP : Je suis d'accord avec toi...
MLP : Que cela reste entre nous, bien sûr...
MLP : C'est ma 4ème visite en votre grand pays et je dois dire que je n'ai jamais été déçue, Vladimir !
VP : Da Fstrechi (à bientôt), ma chère Marion... Marine, voulais-je dire !

vendredi 24 mars 2017

La onzième circonscription du Pas-de-Calais

Les 11 et 18 juin prochains auront lieu les élections législatives, soit 5 semaines après les présidentielles. Concernant la 11ème circonscription du 62, celle d'Hénin-Beaumont, je me suis inspiré de l'article de DailyNord sur le sujet : http://dailynord.fr/2017/03/onzieme-circonscription-du-pas-de-calais-linconnue-marine-le-pen/ (lecture payante). 
On se souvient que la précédente élection, en 2012, avait vu s'affronter Jean-Luc Mélenchon et M. Le Pen à l'issue d'une campagne "épique", relayée par les médias nationaux et même internationaux (je me souviens d'entretiens avec des journalistes japonais, danois...). Mais c'est le maire de Carvin, Philippe Kemel, candidat du PS qui terminait second au premier tour, derrière MLP qui caracolait en tête (42%), et l'emporta de 118 voix au second tour. A noter que JL Mélenchon, qui avait fait une belle campagne, avait dit aux habitants qu'il ne les oublierait pas et qu'il s'investirait sur le territoire. Il n'a pas dû retrouver le chemin depuis 5 ans, puisque personne ne l'a aperçu, depuis...

Comment se dessine l'élection 2017 et quels en sont les candidats potentiels ?

- Au FN, on fait semblant de ne pas évoquer sa candidature, tout en maintenant l’ambiguïté sur l'éventuelle présence de M. Le Pen. On comprend d'ailleurs que le parti d'extrême droite surfe entre deux eaux. D'un côté, les victoires de Briois, dès le premier tour, aux municipales de 2014 à Hénin, les deux cantons héninois emportés aux départementales de la même année, le score record du FN dans la même ville aux régionales de 2015 (59,36%) après les 53,49% des européennes, et ce, dès le premier tour dans les deux derniers cas. Sans parler des résultats dans les autres villes, par exemple à Carvin (dont le maire est le député Kemel), deuxième ville de la circonscription (48,40 % au premier tour des régionales)... D'un autre côté, tout est lié aux présidentielles : si MLP l'emportait le 7 mai (hautement improbable), elle ne se présenterait pas aux législatives, bien entendu. Si elle était battue, pourrait-elle risquer une seconde défaite, alors que son leadership dans le parti pourrait être remis en cause du fait de l'échec de sa ligne politique face à une opposition interne menée par sa nièce, adversaire résolue de la "dédiabolisation" du parti ? Il est donc à prévoir que MLP ne viendra pas faire prospérer le potentiel électoral frontiste dans la 11ème circonscription. Qui alors ambitionnerait de se présenter ? Christopher Szczurek, la trentaine, semble bien placé. Cet ancien électeur de Laguiller et Valérie Létard (UDF), adjoint à la culture à HB, conseiller départemental, membre du comité central du parti, celui qui avait manifesté contre la présence de JM Le Pen au second tour de la présidentielle de 2002 a toutes les chances d'être le candidat frontiste en l'absence de M. Le Pen, comme évoquée ci-dessus. A-t-il une chance de l'emporter ? Il est quasiment inconnu en dehors d'Hénin, mais suivant l'expression, "même un chien sans chapeau", mais estampillé FN, a des chances de l'emporter, dans un secteur où ses origines polonaises sont un atout important...

- Le député sortant socialiste a, contre lui, l'inconvénient de porter une étiquette politique fortement décriée (et c'est un euphémisme !), d'avoir voté toutes les lois fortement critiquées et imposées par l'utilisation du 49-3, d'avoir soutenu la candidature Valls jusqu'à son ralliement final au "frondeur" Hamon, désigné lors de la primaire de son parti. Bref, un "sortant" qui aura du mal à s'en sortir...
- Marine Tondelier, EELV, opposante municipale à Hénin-Beaumont, également la trentaine, n'a aucune chance sauf si elle réussit à rallier, sous son panache vert, les autres candidats de gauche... Hautement improbable, malheureusement...
- Jean-Pierre Carpentier prendra la place de JL Mélenchon. Outre l'image d'abandon laissée par le candidat de "la France insoumise", suite à son apparition fugace de 2012, il ne bénéficiera pas du soutien du PC comme lors des précédentes législatives et, n'étant pas connu, son résultat sera plus que décevant...
- Les communistes présentent l'ex-suppléant de JL Mélenchon, Hervé Poly. Homme d'appareil (secrétaire fédéral du parti), il pâtit, en sus, de la descente aux enfers de son parti...
- On annonce, par ailleurs,  la candidature de Jacques Nikonoff, ancien président d'ATTAC. 

- La droite a, depuis quelques dizaines d'années, été quasiment absente du paysage politique du secteur. "Alexandrine Pintus a été désignée par Les Républicains pour monter en première ligne sur ces terres de mission à l’instar d’autres audacieux sur les circonscriptions voisines. Militante zélée de 25 ans qui a applaudi au meeting du Trocadéro, cette sarkozyste, féministe raisonnée, épouse la cause de François Fillon,”le seul qui saura redresser le pays“, et se préoccupe des questions de sécurité et de lutte anti-terroriste non sans fustiger “certains journalistes et leurs articles mensongers” comme elle l’explique sur les réseaux sociaux" (DailyNord). Elle fera un score inférieur à 5%...

- Si Macron l'emporte aux présidentielles, Jean Urbaniak, maire de Noyelles-Godault, député éphémère en 1993, "ex-borloîste, Modem", doté d'une bonne image, pourrait, s'il se présentait et était investi par le mouvement "En marche", faire figure d'opposant principal au FN et l'emporter dans un éventuel second tour, tant il fait l'objet d'un consensus général...

En conclusion, en l'absence de MLP, le FN n'est pas sûr de l'emporter malgré un potentiel important. En cas de second tour, que ce soit contre le candidat d'"En marche" ou un éventuel candidat de gauche non PS, on peut penser que le FN ne vaincrait pas. Une triangulaire n'est pas envisageable, tant elle serait suicidaire... 

jeudi 23 mars 2017

Quand on vous dit que le FN nous ment...

https://www.youtube.com/watch?v=O9iYIntr1l8

Pour ceux qui n'arrivent plus à suivre les dévoiements de Fillon et Le Pen

Pour reprendre l'expression de JL Mélenchon, faisons fi de la "pudeur de gazelle" qui frappe, d'après les sondages, près de 45% des électeurs interrogés !
Voici ce que j'ai relevé dans le Canard Enchaîné du 22/3 :

1- Concernant F. Fillon
- concernant le marché conclu entre la société du milliardaire libanais (FPI) et celle de l'ex-premier-ministre de Sarko, 2F Conseil, outre la somme forfaitaire (50 000 dollars dans le cas de la rencontre avec Poutine, initiée par FF himself), il est prévu que "2F Conseil aura droit à un bonus de 1,5 à 2,5% sur les bénéfices". 
- "du 1/7/2012 au 30/11/2013, l'épouse du candidat (AA : Fillon) a cumulé deux salaires (tout à fait réels) pour deux emplois (présumés bidon) à plein temps : 151;67 heures par mois à l'Assemblée, et tout autant à la "Revue des deux mondes", soit plus de 300 heures par mois ! Problème : le règlement du Palais-Bourbon limite à 180 heures le cumul d'emplois pour  ses salariés."
- "les magistrats ont fait leur miel des résultats de la perquisition du château familial. Dans cette humble masure (3000 m2 de plancher), les poulets ont eu accès, le 3 mars, à toutes les archives de la vie des Fillon et rangées avec un soin méticuleux depuis des dizaines d'années. Mais pas le moindre bout de papier, pas la plus petite trace d'une activité professionnelle de Pénélope..."
- "les magistrats ont, par ailleurs, quelques questions à poser au milliardaire (AA : Marc Ladreit de Lacharrière, patron de la 3revue des deux mondes", employeur de Pénélope F) sur la rapidité avec laquelle il a obtenu, grâce à Fillon, sa grand-croix de la Légion d'honneur (le grade le le plus élevé de l'ordre, dont le nombre de titulaires est limité à 75 par la loi). En moyenne, l'âge des nouveaux décorés tourne autour de 82 ans. Mais Ladreit de Lacharrière, lui, a décroché cette breloque à 70 ans seulement. Un record : ces dernières années, seul un autre civil a obtenu ce privilège à un âge aussi juvénile, mais il s'agissait de la codécouvreuse du virus du sida et Prix Nobel de médecine, Françoise Barré-Sinoussi. "

2- Concernant le Front national
 Sous le titre "Débandade frontiste en Paca", voici ce qu'on peut lire :
" Au FN, on se prépare à virer en tête au premier tour de la présidentielle, et personne n'a envie de gâcher la fête en abordant certains sujets délicats. Pourtant le Front connaît de sérieux ratés dans le Sud. Une étude, très complète, réalisée par l'AFP cet automne, révèle que 28% des conseillers municipaux élus en mars 2014 ont déjà quitté les rangs du parti.
La crise est particulièrement vive dans les Bouches-du-Rhône, où 40% des élus ont claqué la porte. En cause : le comportement de Stéphane Ravier, le sénateur-maire des XIIIe et XIVe arrondissements de Marseille. "Le Dictateur nord-phocéen", comme l'appellent ses opposants (AA : par analogie avec le dictateur nord-coréen...), a vissé ses troupes si durement qu'un groupe dissident a vu le jour au sein du conseil municipal de Marseille. Sous l’œil ahuri des autres partis, on s'écharpe entre anciens camarades patriotes. 
Au Luc, on en est au troisième maire FN, les deux premiers ayant jeté l'éponge. 
La palme de la guignolade revient à Cogolin, record de France des démissions : 27 élus sur 33 ont déjà mis les voiles, et 7 remplaçants ont pris la place des partants. Mais le contingent s'épuise : si un seul élu s'en va, des élections s'imposeront, faute de substituts.
La situation n'est pas plus brillante dans les Alpes-Maritimes. Le FN niçois a implosé en 2014, après le parachutage de Marie-Christine Arnautu, une proche de Le Pen père, qui s'est révélée incapable de gérer le marigot. L'arrivée des identitaires- auxquels Marion Maréchal-Le Pen a offerts des places bien au chaud au sein de la région-, Philippe Vardon en tête-, a achevé de déboussoler les militants. A Nice, le FN n'a plus que 1 conseiller municipal (contre 7 en 2014), comme à Cannes (ils étaient 3 en 2014) ou à Mandelieu.
Pour décrocher des députés, le FN va pourtant avoir besoin de tous ses petits soldats."

mercredi 22 mars 2017

Assistants, parents, enfants, amants...

Il y a 3 ans (voir le texte ci-dessous), je m'étais interrogé sur l'utilisation des postes d'assistants parlementaires, à l'occasion d'une affaire que l'on a un peu oubliée (on se demande bien pourquoi ? ), celle de l'assistant parlementaire de M. Le Pen, qui cumulait collaboration et compagnonnage avec sa patronne (il s'agit de Louis Aliot). Le même cas existait pour le député de l'actuelle 11ème circonscription du Pas-de-Calais.
On notera également que les emplois présumés fictifs d'assistants parlementaires du FN à Bruxelles, qui travailleraient au siège du parti, ne sont pas un cas unique puisque le PS employait au siège de la Fédé 62 un assistant d'un parlementaire français. Il est probable que l'on trouverait la même situation ailleurs en France et dans d'autres partis...
Enfin, deux questions se posent : 
- S'il parait simple d'interdire l'emploi de proches comme assistants parlementaires, comment pourra-t-on prouver les liens extra-conjugaux entre un député (ou sénateur) avec son assistant (e) ?
-  Comment empêcher qu'un parlementaire fasse embaucher son proche (parent ou amant) par un collègue ? C'est ce qu'avait fait le FN au Parlement européen et aucune parade n'était prévue ? 

(Il est de la même urgence de) rendre transparent l'embauche des collaborateurs. Le parlementaire dispose d'un montant maximum pour recruter des assistants (nombre plafonné différemment dans chaque assemblée). Admettons qu'il puisse fixer les salaires comme bon lui semble (encore que l'on connait un député du 62 qui avantageait outrageusement sa maîtresse et le fils de cette dernière...), mais il faudrait que :

* soit réglementée la mise à disposition de salariés au parti politique du député ou du sénateur. Le plus souvent, il s'agit d'un assistant "détaché" au groupe politique parlementaire (qui dispose pourtant de moyens propres en ce domaine). Mais aussi d'assistants mis au service du parti politique localement. Ainsi la Fédération 62 du PS disposait, il n'y a pas longtemps encore, en son siège lensois, de mise à disposition partielle d'assistants de députés ou sénateurs. Je ne sais si cette pratique existe toujours et si les autres partis profitent également du système...

* soient connus les noms des collaborateurs et les fonctions des conjoints. Une loi d'octobre 2013 sur la transparence de la vie publique a été votée, permettant à la "Haute Autorité pour la transparence" de publier les déclarations d'intérêts des principaux élus français, où devront être renseignées les informations indiquées ci-dessus et seront disponibles fin juillet.  Nul doute que l'on pourra ainsi contrôler le travail des collaborateurs familiaux employés par les parlementaires. A noter que le Parlement européen interdit à ses députés d'employer des membres de leur famille, ce qui n'empêche pas les abus puisque M. Le Pen employait son compagnon comme assistant. L'exemple du député du 62 (maîtresse...), cité auparavant, prouve les limites de l'exercice...