vendredi 19 septembre 2014

Le mythe de la croissance

 Comment persuader nos gouvernants, hommes politiques, économistes  et journalistes que la croissance, dans nos pays développés et, bientôt dans les autres pays, ce sera terminé pour 2 raisons :

- on ne peut tirer sur la corde, chaque année, pour faire plus, sans rompre cette corde... C'est ce qui est expliqué ci-dessous par Jean Gadrey, économiste lillois (il a beucoup publié et écrit dans Alternatives économiques, Reporterre...)

- on a utilisé à fond les matières premières à l'origine de la croissance depuis la révolution industrielle au 19ème siècle et, par définition, elles ne se renouvellent pas: en attendant la fin de cette exploitation, il est temps de passer à autre chose...
Contre cette idée de changement de paradigme, le capitalisme fait feu de tout bois pour nous faire croire le contraire. Il est temps d'anticiper cette fin du capitalisme qui, avec le financement des infrastructures, a eu son âge d'or. Nous avons quelques dizaines d'années pour changer notre façon de vivre. Ne pas agir maintenant est criminel pour nos descendants !

Reporterre, le quotidien de l'écologie

http://www.reporterre.net/spip.php?article6309

Moins de croissance, c’est plus d’emploi

JEAN GADREY
lundi 15 septembre 2014

Il n’est pas d’antienne plus tenace que celle de la croissance, rabâchée en choeur par les médias perroquets. C’est qu’il s’agit là d’une croyance quasiment mystique : « Pour combattre le chômage, il faut une croissance forte. » Mais en fait, moins de croissance serait au contraire bénéfique à l’emploi.



Nous avons vécu pendant des décennies sur une croyance qui avait une (relative) validité : pour créer de l’emploi et combattre le chômage, il faut une croissance « suffisamment forte ». Pourtant, même au cours de cette période, des « Trente Glorieuses » aux années 1990, cette croyance avait plusieurs limites :
1) La qualification « suffisamment forte » dépend de plusieurs facteurs. D’abord, du niveau des gains de productivité (= produire autant de quantités avec moins de travail) qui réduisent l’emploi s’il n’y a pas de croissance du volume produit. Pour ajouter des emplois, à durée du travail identique, il faut que la croissance soit supérieure aux gains de productivité.
2) Avec un même taux de croissance, on peut créer plus d’emplois si la durée moyenne du travail diminue. C’est ce qui s’est produit, massivement, de1966 à 2002 (cf. le graphique 1). Si l’on en était resté au niveau de 1966, on aurait peut-être aujourd’hui six millions de chômeurs EN PLUS ! Ce mouvement a pris fin depuis 2002, ce qui n’est pas pour rien dans l’explosion du chômage (le taux de chômage était de 7,7 % en 2001).

- Graphique 1 -
3) Dernière raison : la forte croissance passée a signé l’entrée de l’humanité dans une crise écologique redoutable. C’est à la fin des Trente Glorieuses que le niveau des émissions de gaz à effet de serre a commencé à dépasser celui que la nature peut absorber sans dommage pour le climat. Difficile dans ces conditions de voir la quête de croissance comme un facteur de progrès.
Quoi que l’on fasse, la croissance va prendre fin
Au cours des dernières années, on a assisté à d’intéressantes « conversions »de quelques économistes de renom, admettant ce qu’une poignée de précurseurs avaient affirmé bien plus tôt : il ne faut plus trop compter désormais sur le retour d’une « belle » croissance, au moins dans les pays riches. Il faut dire que la courbe historique des taux de croissance depuis 1950 (graphique 2 pour la France) a de quoi faire réfléchir.
Pour la plupart des commentateurs « autorisés », cette tendance est effrayante. Il n’est qu’à lire le dossier du Monde du 2 septembre, avec ce gros titre en première page : « Et si la croissance ne revenait jamais… le scénario noir… ».

- Graphique 2 -
Créer des emplois sans croissance
La fin de la croissance ne sera un « scénario noir » pour l’emploi que si l’on prolonge la trajectoire productiviste du passé, car les gains de productivité détruisent l’emploi s’il n’y a pas assez de croissance. Sauf - c’est la première voie majeure - si l’on réduit la durée moyenne annuelle du travail et sa durée sur l’ensemble de la vie. Il faudra s’y engager. Mais ce n’est pas la seule piste.
En effet, rien ne nous condamne à viser toujours plus de productivité, surtout quand on mesure les dégâts humains et écologiques que cela provoque, la dégradation de la qualité dans bien des cas, notamment dans l’agriculture et l’alimentation, sans parler des dommages humains du « travail sous pression ».
Il faut s’orienter, sous l’angle de la consommation, vers une sobriété énergétique et matérielle raisonnable, et sous celui de la production, vers des gains de qualité et de durabilité (le « toujours mieux » à la place du « toujours plus »), sources majeures de création d’emplois sans croissance.
Par exemple, on a besoin d’environ 30 % d’emplois en plus dans l’agriculture biologique pour produire les mêmes quantités, donc sans croissance quantitative. On est là dans une logique vertueuse favorable aussi bien à l’environnement qu’à la santé publique, à l’emploi et au sens retrouvé du travail.
C’est vrai dans bien d’autres activités. La soutenabilité écologique n’est pas l’ennemie de l’emploi, contrairement au productivisme. Encore faut-il des politiques résolues pour cette grande bifurcation, et une réduction des inégalités.

- Ecoquartier à Fribourg-en-Brisgau, Allemagne -
Quatre millions d’emplois potentiels en plus, sans croissance
Des scénarios de qualité existent (entre autres le scénario NégaWatt pour la transition énergétiqe et le scénario Afterres pour l’agriculture). Ils sont tous« riches en emplois ». En les combinant, je parviens à des estimations, à conforter collectivement, mais qui donnent une idée du potentiel de création d’emplois d’une transition écologique et sociale ambitieuse.
En quinze ans, sans croissance des quantités, on pourrait ajouter en France plus de quatre millions d’emplois dans les domaines suivants :
- Agriculture « propre » et moderne de proximité, forêts : + 150 000 emplois.
- Énergies renouvelables, isolation thermique, économies d’énergie, recyclage, relocalisations partielles : + 700 000 à un million.
- Transports et mobilité, commerces de proximité : + 500 000.
- « Services de bien vivre » associés à des droits : petite enfance, personnes âgées ou handicapées, soins, social, éducation, environnement : 1,5 million d’emplois « décents ».
- Réduction du Temps de Travail équitable : + 1 million.
Il est vrai que quelques secteurs particulièrement polluants, en réalité en nombre limité, verraient leur emploi régresser. Mais, sur la base de la sécurisation des parcours professionnels et de reconversions de bonne qualité, cela pourrait se négocier dans la durée sans recréer de chômage.







jeudi 18 septembre 2014

Chronique d'une défaite annoncée (13) : et si l'on faisait la révolution ?

Le 27 janvier, j'imaginais l'avenir des habitants d'HB : s'il était facile de prévoir l'augmentation régulière des impôts, j'avais prévu une diminution drastique du personnel et des subventions. Mais la municipalité qui succéda à celle de Dalongeville préféra arrêter tout investissement et toute étude prospective et géra au quotidien. Je ne suis pas sûr que la ville y ait gagné, car, vu d'aujourd'hui, elle n'a pas bougé depuis 13 ans et, le temps que l'on prenne des décisions pour l'avenir et qu'on les réalise, il faudra probablement attendre 3 à 5 ans. C'est ce que j'écrivais à la fin de l'article précité (http://alpernalain.blogspot.fr/2009/01/lavenir-des-habitants-dhenin-beaumont.html) : "Nous allons donc cumuler 8 ans de mauvaise gestion et la crise économique ! Combien de temps allons-nous mettre pour remonter du gouffre ? 10 ans ? 15 ans ? 20 ans ?"

Tout cela fut conforté par le conseil municipal du 30 janvier 2009 (http://alpernalain.blogspot.fr/2009/01/sur-le-conseil-municipal-de-ce-soir.html) au cours duquel l'avis provisoire de la CRC fut lu et établissait le déficit à 12 millions d'euros, alors que le Préfet avait arrêté en août 2008 ce déficit à 2 millions de moins pour imposer le budget 2008 ! Je pense que ce qui allait suivre dans les mois suivants (arrestation et révocation de Dalongeville), fut provoqué par l'incapacité (ou le mensonge ?) de fournir les bons chiffres à l'autorité préfectorale...

Le maire s'engagea à réduire de 4 millions par an ce déficit et des mesures furent annoncées pour 2009... mais personne ne crut à ce tour de passe-passe qui avait pour but de ne pas augmenter une nouvelle fois les impôts.
A noter le lapsus de JP Chruszez, présentateur du budget : " nous n'embauchons pas, car nous ne sommes pas en période électorale"! Rectifié dans la foulée, certes...

Dans les jours qui suivirent, j'eus l'occasion, dans 3 posts, d'aller un peu plus loin

- le 1er février (http://alpernalain.blogspot.fr/2009/02/pour-que-les-choses-soient-claires-1.html), je démontrais l'inconséquence de la gestion Dalongeville qui avait coûté, selon mes calculs, 15 000 euros par foyer, depuis 2004 ! Pour redresser la ville, concluais-je, il fallait changer de pouvoir municipal et revoir, sur le plan territorial, la situation de la commune qui n'était plus ville-centre au sein de l'Agglo...
- le lendemain, j'écrivais (http://alpernalain.blogspot.fr/2009/02/pour-que-les-choses-soient-claires-2.html) que le soi-disant plan de redressement n'était pas crédible. "Pourquoi voulez-vous que ce qui n’a pas été fait 2 fois sur injonction du Préfet, le soit la 3ème fois ?" Et je prévoyais que ce plan serait retoqué...Un commentaire du même jour résumait bien la situation : "C'est fantastique, quel cas d'école extraordinaire pour ceux qui s'intéressent aux collectivités locales et à leur gestion. Tout y est, il ne manque rien : Un CM qui débat des orientations budgétaires de l'année à partir de données floues, peu fiables, des préconisations répétées des représentants de l'Etat qui restent lettre morte, une fiscalité locale qui ne cesse de cavaler pour seulement tenter de renflouer le tonneau des Danaïdes. Une ville sans projet, qui ne peut plus investir, un patrimoine local négligé, un maire contesté, une équipe municipale déboussolée naviguant entre le soutien sans faille, le doute, ou le début d'opposition. A la limite, il s'agit là d'un très bon scénario pour le cinéma. Comment tout cela va t-il finir ? Suspense ... En tous cas , les habitants d'Hénin peuvent s'attendre hélas à de nouvelles augmentations d'impôts. + 10 ou 20 % cela devient énorme pour des foyers déjà fortement touchés par la crise. Les promesses électorales de fin 2007, début 2008 sont loin. S'il me souvient on parlait alors de baisse de la fiscalité locale... Les promesses n'engagent vraiment que ceux qui les écoutent. Quelle belle image de la politique..."
- le 3 février (http://alpernalain.blogspot.fr/2009/02/pour-que-les-choses-soient-claires-3.html), après avoir rappelé que je m'étais toujours opposé à Dalongeville, je précisais que :  Nous sommes nombreux à penser que, faute de sanction dans les semaines qui viennent, il nous faudra songer à précipiter les choses… Je pense me souvenir que cette phrase signifiait que nous étions en... phase insurrectionnelle ! Je croyais, en effet, que " La fin de GD est maintenant inéluctable ", "les affaires judiciaires vont s’enchaîner les unes après les autres" et que la justice étant lente, on ne peut attendre : "La démocratie est bien en danger à Hénin-Beaumont et la politique de l’autruche, pour suspendre toute décision, est irresponsable ! " Ce 17 septembre 2014, Raquel Garrido (Parti de Gauche) s'exclame : "Il est grand temps d’obtenir le droit de révoquer les élus!" . Ce 3 février 2009, c'est ce que je ressentais...
A quelqu'un qui me traitait d'utopiste, je répondis : "dans ma vie j'ai toujours tenté (jamais seul) ce qui paraît impossible souvent aux autres. 2 exemples: les OGM et les trains de déchets nucléaires.
Par contre, j'ai raté un projet fou en 1993, d'arrêter la guerre en Bosnie: non seulement nous ne sommes jamais arrivés à Sarajevo, mais nous n'étions que 3000 au lieu des 100 000 espérés... Mais suivis par des journalistes (dont celui du Monde qui faisait un reportage quotidien), j'ose espérer que cela a contribué, même de façon infinitésimale, au processus de paix".

mercredi 17 septembre 2014

Chronique d'une défaite annoncée (12) : dans l'attente des évènements...

Le 12 janvier 2009, un commentateur qui signait Cimares ses interventions toujours très pertinentes (le devoir de réserve lié à ses responsabilités l'empêche aujourd'hui de s'exprimer) écrivait : "Ne pensez vous pas qu'il faille inviter chaque conseiller municipal d'Hénin à présenter sa démission pour que les cartes soient rebattues ?"
Je l'avais fait en décembre en proposant individuellement à David Noël et Pierre Ferrari de démissionner pour aller jusqu'au bout de leur démarche d'opposition interne. Ils refusèrent, arguant qu'ils étaient plus utiles comme conseillers municipaux qu'à l'extérieur... J'avais réunis les conseillers d'opposition, Daniel Duquenne et Georges Bouquillon (en présence d'Eugène Binaisse) qui hésitaient et qui, finalement, me dirent que si d'autres démissionnaient, ils en feraient autant. J'avais eu beau leur expliquer que la fin de Dalongeville était inéluctable, que démissionner était un geste fort que l'opinion publique appréciera, etc. Rien n'y fit et nos 4 élus continuèrent à sièger... J'ai eu vraiment l'impression qu'ils ne comprenaient pas la situation. Je pense qu'ils auraient retiré un maximum de regards favorables s'ils avaient anticipé la démission collective quelques mois plus tard...
Quelques autres commentaires sous le même article (http://alpernalain.blogspot.fr/2009/01/ple-mle.html) me confirmaient que les Héninois étaient dans l'attente et le besoin d'un grand changement. C'est pour ces raisons que j'écrivis, dès le 13 janvier, une fable expliquant aux Héninois les devoirs qui attendaient de nouveaux élus au cas où le maire démissionnerait (http://alpernalain.blogspot.fr/2009/01/fable-hninoise-les-3-devoirs.html)
"En cette année de grâce du début
Vingt et unième siècle , il advint
Que notre bon maire d’Hénin-Beaumont se crut
Obligé (par qui ?) de démissionner, enfin,
De son mandat, après des années de règne,
Laissant sa ville ruinée et exsangue.
Ses amis, conseillers municipaux, craignent
Le pire et démissionnent, les langues
Mauvaises leur prédisant un noir avenir."
...
Tout cela me trottait dans la tête (et dans d'autres têtes) et j'élaborais 3 scénarios :
- la rédemption : la CRC ne retenant rien contre le Maire, ce dernier restant en place. "Scénario peu probable", d'autant plus qu'il tournerait à la catastrophe...
- la rédemption par substitution. Mais peu plausible car les 2 personnes "capables" de remplacer le maire démissionnaire, ne pourraient l'être pour différentes raisons (voir http://alpernalain.blogspot.fr/2009/01/scnarios-hnibeaumontois.html)
- la résurrection : "Scénario qui suppose de nouvelles élections". J'indiquais la procédure à suivre (un tiers de démissions) et le nécessaire "cordon sanitaire " à dresser. C'est le scénario qui allait se passer quelques mois plus tard, sur "conseil" du Préfet, avant qu'il n'annonce la révocation de G. Dalongeville. Un lecteur confirmait que le meilleur des scénarios était le départ de G. Dalongeville. Mais qui pour le remplacer, notait-il ?

Pendant ce temps-là, "le tribunal de Béthune a condamné (6 mois avec sursis et amende de 28 000€) l'ancien Président d'une association de pêche héninoise (La Carpe héninoise forte de ses 2500 adhérents) qui se voyait reprocher d'avoir détourné des fonds de l'association à divers profits. Il a déclaré "avoir agi sur ordre et fait ce qu'on lui avait demandé de faire"." J'espérais alors que la justice irait plus loin pour savoir qui avait donné "les ordres". Il n'en fut rien et le pêcheur (agent municipal) continue à couler des jours heureux en mairie, repêché (!) qu'il fût par la municipalité Binaisse, puis par le maire frontiste (en tant que chef du protocole !). Or, on retrouve sous l'article en question (http://alpernalain.blogspot.fr/2009/01/et-cela-continue.htmlun commentaire du 21 janvier 10H : "étonnant, sur le blog FN, le silence sur "la Carpe Héninoise"..." Pour un compte-rendu hallucinant du procès, voir : http://alpernalain.blogspot.fr/2009/01/compte-rendu-du-procs-de-la-carpe.html.

mardi 16 septembre 2014

Vous avez dit "Etat islamique" ?


Au moment où s'ouvre la conférence, à Paris, pour aider l'Irak à repousser les attaques de l'Etat islamique (Dae'ch en arabe), essayons d'y voir clair dans cet imbroglio.
- L'EI (pas sous ce nom d'Etat islamique) s'est détaché d'Al Qaïda lors de l'invasion de l'Irak par les USA, en 2003, et s'est fait connaître à partir de 2007, en tant que mouvement (sunnite) visant à instaurer, par le djihad, un "califat islamique" régi donc par la Charia (droit islamique) un peu partout dans les pays arabes et en libérant la Palestine. Son objectif final est de "planter le drapeau de l'Islam sur la Maison Blanche"... Aujourd'hui, l'EI est installé dans le nord de l'Irak en débordant sur la Syrie voisine. La coalition naissante vise à intervenir sur la partie irakienne.
- Rappelons que, en Irak, suite à la fin du régime baassiste (sunnite) minoritaire de Saddam Hussein, la majorité chiite, méprisée pendant longtemps, est, aujourd'hui, au pouvoir. Nombre de sunnites auraient rejoint l'EI.
Dans les autres pays où le pouvoir est chiite, la situation est diversifiée :
* l'Iran est prête à aider à la lutte contre l'EI (sunnite, rappelons-le), mais n'a pas été invitée à la réunion de Paris, le contentieux nucléaire n'étant toujours pas réglé... Mais l'Iran aide et conseille les Kurdes irakiens, les fameux Pechmergas, fer de lance de la lutte contre l'EI;
* En Syrie, où le pouvoir minoritaire alaouite (branche du chiisme) d'Assad est prêt également à combattre l'EI, la situation est compliquée par le fait que les sunnites sont nombreux dans l'opposition armée : de ce fait, Assad ne veut pas donner l'occasion à ses opposants de s'allier avec le Dae'ch, ce dernier étant réticent à aider les adversaires d'Assad à conquérir un pouvoir qui leur échapperait ! Je vous avais dit que c'était compliqué...
- Les riches émirats pétroliers sunnites jouent un double jeu : ils avaient commencé à financer l'EI (on dit que le Qatar continue à financer des groupes islamistes radicaux), mais, de peur de voir leurs pouvoirs dictatoriaux contestés (ils ont été effrayés par les "révolutions arabes"), ils préfèrent appuyer financièrement la coalition et ne pas déplaire à leur allié, les Etats-Unis...
- La France, elle, est à la pointe du combat pour 2 raisons :
* elle aide déjà le Mali et la Centrafrique à lutter contre des mouvements djihadistes et veut se montrer cohérente;
* un millier de Français serait sur place pour aider l'EI, et, éventuellement, revenir en France (et en Europe) pour commettre des attentats.

Comme on le voit, la situation est complexe car les intérêts des uns et des autres sont souvent contradictoires :
- certes, chez les Occidentaux, la peur de l'islamisme radical prédomine. Mais comment concilier ce danger avec la paix religieuse, les musulmans modérés (souvent maghrébins d'origine et donc sunnites) peinant à s'exprimer ?
- la rivalité sunnite/chiite ne laisse rien présager de bon, d'autant plus que les Russes soutiennent l'Iran et la Syrie, confirmant ainsi le climat renaissant de guerre froide...
- en Europe, la montée de l'extrême-droite, islamophobe, complexifie les décisions des gouvernements qui ne veulent pas apparaître comme influencés par la xénophobie ambiante...

lundi 15 septembre 2014

Pour ceux qui avaient déconnecté (comme moi...)

Il s'est passé quelques événements ce week-end : ci-dessous, rappel pour ceux qui auraient oublié, confirmation pour d'autres et info pour ceux qui ont zappé...

Braderie (marché aux puces) d'HB avec prières de rue et procession pour MLP, d'après les photos et textes du quotidien régional. A ce propos, ce dernier consacre 2 pages aux manifestations régionales du w-e : Nieulles à Armentières, rallye de Béthune, etc. Mais rien sur cette braderie d'HB... Il est vrai que, un peu plus loin, référence est faite à la grand-messe lepenienne (lepenique ?). Pauvre Hénin-Beaumont !


Les 5 infos à retenir du week-end

Le Monde.fr  Mis à jour le 


Vous avez décroché de l'actu pendant le week-end ? Petite séance de rattrapage avec les informations à retenir des deux derniers jours.
  • Un troisième otage occidental assassiné par l'Etat islamique

L'Etat islamique a revendiqué dans une vidéo l'exécution du travailleur humanitaire britannique David Haines.

Le groupe djihadiste a revendiqué dans une vidéo la décapitation de David Haines, un travailleur humanitaire britannique de 44 ans enlevé en mars 2013. C'est le troisième otage occidental à subir ce sort après les assassinats des journalistes américains James Foley et Steven Sotloff.
Le premier ministre David Cameron a promis de « traquer » les responsables. La conférence pour la paix et la sécurité en Irak doit se tenir lundi à Paris avec pour ambition de définir une stratégie globale de lutte contre l'Etat islamique.


Jean-Luc Mélenchon à la Fête de « L'Humanité », le 12 septembre.

Samedi, des personnalités aussi diverses que Jean-Luc Mélenchon, Jean-Vincent Placé, le socialiste « frondeur » Jean-Marc Germain ou encore Pierre Laurent se sont réunies autour d'un déjeuner à la Fête de L'Humanité. Alors que le premier ministre doit se soumettre, mardi à l'Assemblée nationale, au vote de confiance, ce rendez-vous de la gauche alternative avait valeur de symbole. « Le problème n'est plus de juxtaposer les critiques mais d'ouvrir le dialogue », a expliqué le secrétaire national du PCF, Pierre Laurent.


Jean-Marie Le Guen, le 18 juin à l'Elysée.

Les petites retraites ne seront pas revalorisées le 1er octobre, mais le gouvernement compte néanmoins leur donner « un coup de pouce », a annoncé dimanche le secrétaire d'Etat aux relations avec le Parlement, Jean-Marie Le Guen. Le premier ministre Manuel Valls devrait préciser la nature de cette aide mardi lors de sa déclaration de politique générale.


Un électeur suédois le 14 septembre 2014.

Les Suédois étaient appelés aux urnes dimanche pour les élections législatives. Un premier sondage effectué à la sortie des bureaux de vote plaçait les sociaux-démocrates en tête avec 29,6 % des voix. Selon ces chiffres, les sociaux-démocrates, les Verts et le Parti de gauche totalisent 44,9 % des suffrages, devançant ainsi la coalition de centre droit au pouvoir, qui réunirait 39,3 % des voix. Le sondage note une forte poussée des Démocrates de Suède, formation d'extrême droite, qui deviendrait le troisième parti du pays avec 10,4 % des voix.


La joie de Richard Gasquet (de dos) et de Jo-Wielfried Tsonga, à l'issue de leur victoire décisive sur la paire tchèque, le 13 septembre, en demi-finale de la Coupe Davis.

Associés en double samedi, Richard Gasquet et Jo-Wilfried Tsonga ont porté le coup de grâce à la République tchèque en venant à bout du duo Tomas Berdych - Radek Stepanek (6-7, 6-4, 7-6, 6-1). L'équipe de France disputera la finale de la Coupe Davis le week-end du 21 au 23 novembre face à la Suisse, qui s'est qualifiée dimanche en battant l'Italie, après la victoire de Roger Federer contre Fabio Fognini en trois sets 6-2, 6-3, 7-6 (7/4).

En basket, la France a arraché la première médaille mondiale de son histoire en battant la Lituanie (95-93) après un suspense insoutenable en petite-finale de la Coupe du monde messieurs, samedi à Madrid. Les champions d'Europe en titre ont fait preuve de beaucoup de cran pour enlever ce bronze. Le meilleur résultat de la France dans un Mondial était jusque-là une 4e place… en 1954  Les Etats-Unis ont quant à eux conservé leur titre, dimanche, en écrasant la Serbie (129-92).

dimanche 14 septembre 2014

Tout va mal, mais...


J'aurais titré cet éditorial d'une autre façon : "Et dire que nous ne sommes même pas dans une politique d'austérité !" 
De fait, les gouvernements successifs n'ont rien fait de ce qu'il fallait faire et le pire va arriver, à moins que, semble dire le directeur du journal, les vraies réformes soient entreprises...
Il s'agit donc d'un message... optimiste !

Le Monde 12/9/2014
ÉDITORIAL

Déficit public : la France discréditée et hors jeu


C'est devenu une habitude, presque une coquetterie nationale : la France ne tient jamais ses engagements budgétaires européens. Les optimistes jureront que ça n'a aucune importance. Les rêveurs diront que ça fait partie de son charme. Les réalistes tireront le signal d'alarme. Avec raison.
Le ministère des finances a annoncé, mercredi 10 septembre, que le déficit public monterait à 4,4 % du produit intérieur brut (PIB) en 2014. Programmé pour 2015, l'objectif des 3 %, la règle dans la zone euro, est repoussé à 2017 – au mieux.
La zone euro n'est pas particulièrement portée au fétichisme des chiffres. En soi, avoir un déficit budgétaire de 4,4 % en période de croissance atone n'est pas une tragédie pour un pays comme la France. Les investisseurs lui font d'ailleurs confiance, qui achètent la dette française à des taux historiquement bas.
Mais il faut bien des règles de discipline budgétaire pour asseoir durablement la confiance dans l'euro. La règle des 3 % a été adoptée il y a vingt ans, à la demande de l'Allemagne et de la France. Si l'on avait fixé 4 %, Paris enregistrerait à coup sûr, aujourd'hui, un déficit de 5,4 % du PIB…
Bercy avance de bonnes excuses. Croissance quasi nulle, inflation basse : tout concourt à une baisse des recettes fiscales, donc à un déficit accru. A juste titre, la France peut invoquer l'impact négatif sur l'activité de l'ensemble des politiques d'austérité budgétaire simultanément menées dans la zone euro.
Il y a une faiblesse de la demande que ne compense pas, du fait de l'austérité, un surcroît de demande publique. Ce diagnostic est porté aussi bien par le Fonds monétaire international que par la Banque centrale européenne et une majorité d'économistes. Il est probablement juste, quoi qu'on en dise à Berlin.
Le problème de la France est qu'elle n'est pas concernée par ledit diagnostic, pour une raison très simple : elle ne fait pas, elle, d'austérité budgétaire. La droite, pas du tout quand elle était au pouvoir ; la gauche, aujourd'hui, à peine – un ralentissement du rythme de la hausse des dépenses, quelques restrictions dans le train de vie de l'Etat.
Année après année, la Cour des comptes tire le signal d'alarme. Où sont les plans de restructuration, de fusion, de rationalisation, voire de suppressions pure et simple, dans un ensemble public obèse ? Il n'y en a pas. Avec des dépenses publiques dont le montant global représente 57 % du PIB, où est l'austérité ? Même si les " frondeurs " du PS étaient au pouvoir, où trouveraient-ils la marge nécessaire à une relance publique ? Leur politique aussi supposerait une réduction des dépenses publiques – que la France ne mène pas !
La France n'est pas bridée par les règles de la zone euro. Elle souffre d'un mal franco-français : l'absence de réformes de structures. Le peu de courage des grands partis à cet égard explique le boulevard laissé aux vendeurs de rêves qui prospèrent aux deux extrêmes du spectre politique. Ce n'est pas à l'égard de nos partenaires européens que ces 4,4 % sont un problème. C'est à l'égard de nous-mêmes.

samedi 13 septembre 2014

Je ne sais pourquoi mais cette étude me semble tomber à pic...



75% des hommes sont des « connards » selon une étude

www.lecourrierdesechos.fr

Trois hommes sur quatre en France sont « des connards », a-t-on appris ce mardi de source universitaire. Après deux ans d’expérimentations, 7000 sujets masculins et 80 critères d’évaluation, l’étude conduite par l’Université de Sociologie de Tours livre enfin ses résultats, et ils sont sans appel. Explications.

« Pas étonnant que le français soit détesté à l’étranger »

« Nous voulions dresser le portrait de l’homme français du XXIème siècle… eh bien… nous sommes tombés sur un connard! » s’est exclamé le Pr. Jacques Bruandet, directeur de l’étude. « Le terme de « connard » n’a rien de scientifique, je l’admets, mais au vu des résultats, le mot s’est imposé de lui-même, il n’existe de toute façon pas d’équivalent sémantique ad hoc utilisable dans la littérature » a-t-il admis.

4 grandes classes de « connards »

Les sociologues de l’équipe du professeur Bruandet ont ainsi distingué 4 classes principales de « connards » qui, n’ont-ils de cesse de le rappeler, ne sont pas cloisonnées et peuvent fusionner pour donner naissance à « une infinité de connards métissés ».

Classe 1 : Le narcissique démonstrateur

« Le connard le plus répandu est le narcissique démonstrateur, celui qui « se la pète » en langage courant. Macho, suffisant il représente jusqu’à 50% des connards, et jusqu’à 90% dans certains milieux professionnels tels que le sport ou la Finance » explique Amélie Choron, doctorante et co-auteure de l’étude. « Chaussures à bouts pointus, lunettes de soleil à monture blanche, véhicules voyants ou bruyants, volume de la voix inutilement élevé, T-Shirt moulant de marque… voilà autant d’indices utiles pour détecter un narcissique démonstrateur ».
« Si tu veux te la péter, dis que tu me connais » Vincent, 
« Je suis beau gosse, baraqu’,  j’ai une Audi… J’en profite, je vais pas gâcher mon potentiel dans une vie de couple pépère à la con » lance Greg (classe 1), l’un des participants à l’étude.

Classe 2 : Le manipulateur lâche

En seconde position, les chercheurs ont identifié une toute autre classe de « connards », plus sournois car moins détectables au premier abord : « Nous avons appelé cette classe « les manipulateurs lâches » : sous leur allure calme et réservée, parfois même timide, ils n’hésitent pas à vous poignarder dans le dos, que ce soit professionnellement, en amour ou en amitié. Ce sont des faux gentils, égoïstes, pervers et menteurs, capables de monter collègues ou amis les uns contre les autres pour servir leurs propres intérêts. Ces connards représente 25% de la population, on les trouve en plus grande concentration dans la fonction publique, en politique et dans les sciences » explique Mathieu Chauvin, également co-auteur de l’étude.
« Pourquoi confronter mes collègues quand je peux les pourrir devant mon chef ? » Julien, 28 ans, fonctionnaire
« Pourquoi confronter mes collègues quand je peux les pourrir devant mon chef ? » Julien, 28 ans, fonctionnaire

Classe 3 : Les violents

Recensant 11% des « connards », la troisième catégorie est celle des « violents ». Frustrés, complexés, se sentant souvent inférieurs aux autres, ils s’expriment par la violence. « Ce sont les connards les plus médiatisés » commente le jeune chercheur « On pourrait croire que ce sont le plus nombreux mais en réalité, ce ne sont que les plus voyants. Nous avons cependant remarqué que ces connards ont en moyenne plus de raisons de l’être que les autres ».

Classe 4 : Barney Stinson ou le Connard du XXIème siècle

La dernière catégorie, celle des « connards décomplexés« , serait en pleine expansion selon les données recueillies. « Ce connard s’incarne parfaitement dans le personnage de « Barney Stinson » de « How I Met Your Mother » : il assume ce qu’il est, ne s’en cache pas, ce qui peut le rendre populaire. Le connard décomplexé suscite souvent l’admiration et la jalousie des « manipulateurs lâches », qui envient le naturel avec lequel il exerce sont art. Ce sera le connard du XXIème siècle » affirme Jacques Bruandet, qui précise en outre que ce type se retrouve fréquemment chez les avocats, les commerciaux et les politiques.

Où se cache le Prince Charmant ?

Et les 25% d’hommes acceptables, où sont-ils ? « La plupart sont déjà mariés et heureux de l’être, les autres sont souvent gay… La dure réalité pour les femmes qui recherchent l’amour aujourd’hui est qu’elles ont toutes les chances de tomber sur un connard. Le meilleur conseil que je puisse leur donner, c’est de choisir la catégorie de connard qu’elles supporteront le mieux et… de prendre sur elles » concluait le Pr. Bruandet.