vendredi 31 octobre 2014

La désespérance

Chaque jour nous apporte son lot d’affaires, de décisions mal venues, de déliquescence de la vie politique, de conflits mal gérés, etc. Il fut un temps où l'on parlait de morosité ambiante, aujourd'hui on pourrait parler de désespérance. A l'instant où j'écris ce billet (mercredi 11h), j'ouvre la page de mon quotidien numérique (Le Monde) et je lis les titres d'actualité : "A Jérusalem, la violence franchit un nouveau cap",  "le malaise de la gauche après la tragédie de Sivens", "comment Sarkozy projette d’enterrer l’UMP au printemps prochain", "les mystérieux drones qui ont survolé sept centrales nucléaires en France", "le FN renonce à sanctionner un militant accusé de soutenir une association homosexuelle"; "Croyez-vous encore à la baisse du chômage ?", "Le gouvernement veut tailler dans les aides personnalisées au logement"...

Démoralisant, désespérant... Les Français ne supporte plus leur Président, les socialistes se crêpent le chignon entre eux, les sarkozystes prennent conscience que leur idole a des pieds d'argile, le FN se prend les mêmes pieds dans les tapis du pouvoir, les chômeurs ne voient aucune issue à leur situation. C'est à tel point que les viols, massacres et autres exactions dans le monde nous apparaissent lointaines. Les Français n'ont plus de perspectives d'avenir. Ils ont cru, en 2012, que le nouveau président les faisaient entrer dans une nouvelle ère, après les 5 années irritantes de son prédécesseur. Ayant pointé l'adversaire (la finance étant son ennemie), il avait certifié qu'à la fin 2013, la courbe du chômage s'inverserait : ce type d'erreur se paie cash ! Enterré Hollande comme le fut Sarko ! Comme le FN des Le Pen découvre son vrai visage à travers l'incompétence et les outrances de ses élus, que reste-t-il aux Français pour garder quelque espoir en l'avenir. Tous les ingrédients sont là pour penser qu'une révolution couve... Décrédibilisation des politiques, crise économique, malaise social... Les Français découvrent avec stupeur le déclassement social : leurs enfants vivront plus mal qu'eux, dans les prochaines années...
Sur cette désespérance surfent les économistes et les sociologues qui analysent parfaitement la situation, mais n'ont pas de solution; les observateurs politiques qui désignent leurs boucs-émissaires (l'Islam, les Juifs, Mai 68, les immigrés, les Roms...) et veulent faire table rase de tout; les religions et les sociétés ésotériques, refuges pour ceux qui cherchent une paix intérieure régénératrice... 
Et pourtant les Français savent ce qu'ils veulent : la stabilité qu'elle soit économique (du travail !) ou sociale (ne pas vivre moins bien qu'avant); ils veulent également la justice sociale (ras le bol des privilèges) et le respect. Je disais plus haut que les conditions d'une révolution étaient réunies... Je ne pense pas, pourtant, qu'elle aura lieu... Nous avons trop peur de perdre nos petits avantages, nos soirées tranquilles devant la TV, nos "chats" sur les réseaux sociaux, nos petits repas mitonnés, notre dévotion au dieu football... Nous ne sommes pas mûrs pour une révolution, car nous sommes trop attachés à notre société de consommation. Seuls les jeunes, comme le craint F. Hollande, pourraient remettre en question notre société... Mais leur préoccupation de l'avenir les rend moins vulnérables au spleen ambiant...

Alors ? Qui viendra nous rassurer et nous dire que tout ne va pas si mal ? Qui nous promettra de faible table rase des privilèges et de la corruption ? Qui nous fera gagner la coupe du monde de foot comme en 1998, à défaut de rafler d'autres Prix Nobel ? Qui ravalera notre système éducatif et notre image à l'étranger ? Qui nous fera oublier notre endettement et nous fera passer sous les 3% du PIB pour résorber notre déficit et satisfaire Bruxelles ?

Vous voyez qui ? Vous en avez de la chance : moi je ne vois pas...   
  

jeudi 30 octobre 2014

Un peu de tout...

- "Pissaladière à la sauce Marine. La liste des griefs de Jean-Marie Le Pen envers sa fille va encore s'allonger. Après le nom du parti, que Marine souhaite changer en s'opposant à son géniteur, la nouvelle pomme de discorde s'appelle Nice.
Sur la baie des Anges, depuis toujours chasse gardée de Le Pen père, où le FN fait régulièrement d'excellents scores -21,11% aux municipales, 32% aux européennes- , les sept conseillers municipaux frontistes se déchirent à belles dents. Depuis plusieurs mois, comme le relate "Nice-Matin" (28/10), six d'entre eux s'attaquent à leur chef de file, Marie-Christine Arnautu, une intime de Jean-Marie, accusée de ne pas s'impliquer dans la gestion des dossiers locaux et de rester désespérément parisienne...
A l'instigation de Marine Le Pen, Steeve Briois, secrétaire général du Parti, a envoyé une missive saignante aux mutins, le 16 octobre. Les qualifiants d'"élus indignes", Briois leur rappelle qu'ils seront traduits devant la commission des conflits et qu'ils n'auront pas le droit de se présenter aux cantonales sous l'étiquette FN.
Mais la garde rapprochée de Marine, Philippot en tête, espère bien, après avoir fait ce ménage, pousser Arnautu vers la sortie et placer des marinistes à Nice.
Le paternel appréciera".
Le Canard enchaîné du 29 octobre 2014

Ainsi le maire-conseiller régional-député européen-secrétaire général-conseiller communautaire (!) se retrouve comme exécuteur des basses œuvres de son parti : il va dézinguer les "mutins" puis se retourner contre l'amie "intime" du vieux patriarche, pour lui "faire la peau" ! Quand on pense que la "Député français au Parlement européen, Conseiller municipal et communautaire de Nice, Vice-présidente du Front National chargée des affaires sociales" (relevé tel quel sur son site) est une collègue de S. Briois à Bruxelles, la bataille rangée pourrait se dérouler au Parlement européen !




- "Le pape François a affirmé avant-hier aux membres de l'Académie pontificale des sciences que le Big Bang ne contredit pas « l'intervention créatrice de Dieu, au contraire, il la requiert ». De même, l'évolution n'est pas incompatible avec l'idée de Dieu car « elle requiert la création d'êtres capables d'évoluer ».
Si ses propos pourront étonner, voire choquer outre-Atlantique chez les protestants évangéliques, ils ne sont pas nouveaux chez les catholiques qui se sont employés pendant le XXe siècle à réconcilier la science et la religion. Avant lui, Pie XII, puis Jean Paul II avaient tenu des propos similaires sur l'évolution tandis que Benoît XVI avait également fait allusion au Big Bang en expliquant que Dieu se cachait derrière la création de l'Univers, et non le chaos" (Le Monde).

Je vais finir par me demander si ce Pape n'a pas entamé une révolution dans cette Eglise conservatrice: il y a quelques jours, il soumettait à un synode épiscopal des idées sur lesquelles réfléchir : accueil des homosexuels, retour des divorcés au sein de l'Eglise... Même s'il "s'est fait renvoyer dans ses buts", il a remis la question à l'ordre du jour lors d'un synode en 2015 !

- La "ferme des mille vaches", "Notre-Dame-des-Landes", "le barrage de Sivens"... Toujours le même scénario : des autorités qui ne tiennent pas compte de l'avis des opposants, notamment, lorsqu'il s'agit d'environnement. Pour Sivens, le rapport demandé est sans équivoque : l'ouvrage est disproportionné par rapport aux besoins et il est trop cher. Et comme une litanie revient la même question : "pourquoi les décideurs (le conseil général du Tarn, dans le cas présent) imposent-ils des projets anti-écologiques ?" Et derrière, la même ombre : celle des lobbys (ici une quarantaine d'agriculteurs...) qui imposent leurs lois pour on ne sait quelle contrepartie. Leur cédera-t-on comme on l'a déjà fait pour les Bonnets rouges qui n'ont eu à sortir que quelques engins agricoles et ameuter les routiers pour renvoyer l'éco-taxe au cimetière des occasions perdues ?
Au début de ce siècle, c'étaient les OGM et les trains de déchets nucléaires qui faisaient l'objet de manifestations contre des dangers qui étaient imposés, à ses citoyens, par l'Etat, sous pression de la FNSEA et d'Areva. L'Etat avait fini par reculer dans les 2 cas, après avoir employé la force et recouru à la justice pour faire peur (j'en sais quelque chose...)... Il n'avait déjà pas compris que l'on ne peut, aujourd'hui, faire fi de la parole citoyenne...

- Cette histoire révélée par le Canard Enchaîné, ce mardi, concernant l'appartement de M. Le Paon, secrétaire général de la CGT ne me dit rien qui vaille. Résumons : on reproche à la CGT d'avoir pris en charge, pour 130 000 euros,  des travaux dans le logement de 120 m2 loué par son son dirigeant qui, pour emménager sur Paris, avait quitté son Calvados. Certes, le montant parait excessif, mais qui s'est inquiété de savoir pourquoi le loyer (2000 euros) était si peu élevé (il s'agit de Paris...) : peut-être le syndicat a-t-il négocié le montant du loyer contre une prise en charge de la réfection de l'appartement... Qui s'est inquiété de savoir si M. Le Paon avait besoin d'un grand appartement parce qu'il avait plusieurs enfants... Qui s'est inquiété de savoir si il n'y avait pas, derrière ces révélations, manipulation d'opposants au secrétaire, laissant "fuiter" le devis auprès du journaliste du Canard, sans que l'on connaisse l'environnement de ce dossier ? De plus, il s'agit d'un devis et non d'une facture...Tout cela sent très mauvais et je me demande si l'hebdo satirique ne s'est pas fourvoyé... suivi bien sûr par l'ensemble des médias !




mercredi 29 octobre 2014

Chronique d'une défaite annoncée (23) : les leçons du passé éclairent le présent et l'avenir...

Encore récemment, sur ce blog, on me disait qu'il ne servait à rien de remuer le passé et qu'il fallait regarder vers l'avenir. On se doute d'où vient cette critique ou ce conseil, comme on voudra... Si je me livre à cette exploration de ce passé si proche, c'est bien parce que le présent et le futur de la vie héninoise sont directement concernés par ces événements.Ne serait-ce que pour les raisons suivantes :
- l'ancien maire a été condamné en première instance, notamment pour détournement de fonds publics. Ou est passé cet argent détourné ? Le procès de Béthune n'a pas répondu à cette question... Espérons qu'il en ira autrement devant la cour d'appel de Douai en décembre; 
- je remarque d'ailleurs que les Héninois ont bien compris ce qu'avait fait G. Dalongeville (le procès et les médias y ont amplement contribué), puisqu'ils lui ont accordé moins de 10% des suffrages exprimés quand GD eut l'outrecuidance de se représenter devant eux en mars 2014... Rappeler ce qui s'est passé peut être un barrage efficace à une nouvelle réapparition, dans l'avenir, de celui qui a ruiné la ville et favorisé, ainsi, l'arrivée du FN;
- je n'oublie pas, également, que la mise à l'écart de GD en avril 2009, a conduit une nouvelle majorité au pouvoir. Que cette majorité n'a fait qu'accumuler erreurs sur erreurs (nous y reviendrons par la suite) et a permis, malgré tous les cris d'alarme, de rendre majoritaire le FN en  5 ans (voire moins puisqu'il semblerait que c'était déjà le cas à l'issue des cantonales de 2011). 

Ce rappel du passé, je continuerai à le faire puisque les deux derniers maires, responsables donc de la situation d'aujourd'hui, fourbissent leurs armes pour 2020 ! Evidemment, l'inéligibilité probable de l'un et l'âge avancé de l'autre devraient, naturellement, avoir raison de leurs prétentions... En attendant, il faut faire place nette et laisser la place à de nouveaux démocrates pour restaurer la crédibilité de la politique à Hénin-Beaumont.

"Pour enfoncer le clou", je fais référence, ci-dessous, à 2 affaires, qui ont, en leur temps, défrayé la chronique locale. En effet, elles font bien comprendre comment les élus de l'époque ont fermé les yeux ou se sont tus devant les agissements de leur maire. Rappeler cela devrait inciter les lâches d'alors à ne plus se représenter aujourd'hui...



Dans la première affaire, sous l'article cité ci-dessous, je rappelais combien était évidentes les compromissions du maire de l'époque :
Des surfacturations manifestes, des prestations facturées non effectuées: pas besoin d'être grand clerc pour se douter que l'argent n'allait pas entièrement dans les poches de ADG-Sécurité...
On aurait pu également se poser des questions sur le saucissonage (le fait de faire plusieurs marchés en dessous de certains seuils, pour éviter un autre seuil) pour ne pas avoir à recourir à une procédure au niveau européen.
Un peu plus de recherches (mais quand on cherche on trouve) auraient permis de déceler une autre fraude aux règles de la commande publique. Une société toulousaine a été sollicitée 2 fois en 2006 (25 000€ environ) et en 2008 ( plus de 90 000€) pour des prestations sur le terril du Pommier. Des prestations identiques, en d'autres circonstances, ont été sollicitées auprès de ADG Sécurité, pour des tarifs presque identiques.
Et qu'auraient découvert de zélés et curieux élus? Que les représentants légaux des 2 sociétés étaient les mêmes...Comme des élus, c'est perspicace, ils se seraient poser des questions sur cette division artificielle de commandes...
Je ne veux plus entendre l'argument: "on ne pouvait pas savoir". Les exemples que j'ai cités montrent que les élus de la majorité ont agi, soit, dans le meilleur des cas, par incompétence, soit par paresse, soit par la pratique de la politique de l'autruche...
Dans les 3 cas, c'est hautement condamnables!

Dans un second article de l'époque, je faisais allusion à 2 dossiers dont la justice ne s'est pas saisie, on se demande bien pourquoi !

Sur le legs d’un particulier à la ville

C’est, à mon avis un dossier choquant, parce qu’il ne respecte pas la volonté d’un citoyen décédé, et parce qu’on a fait fi de l’information correcte du Conseil municipal :

- Concernant ce dernier point, les conseillers municipaux, le 15/7/2006, ont voté une délibération les informant que la commune avait été désignée comme légataire universelle par une habitante, mais sans connaître le contenu et les montants de ce legs. A vrai dire, aucun élu n’a posé de questions à ce sujet…

- Sur la volonté de la légataire, les terres ne devaient pas être revendues pendant 99 ans. Comme elles n’ont pas été inscrites dans les actifs de la ville (qui perçoit pourtant les loyers), le jour où on les revendra, personne ne sera à même de vérifier si la volonté du défunt a été respectée. De même la légataire avait souhaité que son legs soit utilisé « pour améliorer l’aide aux personnes âgées à domicile ». Bien sûr les 1,9 millions en jeu n’ont jamais été affectés au CCAS, comme il se devait et l’argent a servi à combler le déficit de la ville ! D’ailleurs l’immeuble, qui aurait dû être inscrit dans le patrimoine, a été vendu (175 000 euros), et le montant n’a jamais servi au but noble auquel il aurait dû être consacré…


Et pourtant certains élus (et agents administratifs) étaient au courant (c'est par eux que j'appris cette "captation d'héritage")

Concernant la résidence de Léon:

Celle-ci fut bien évoquée lors du procès de Béthune en 2013, mais sans qu'il n'y ait eu de suites judiciaires, alors que les responsabilités semblent établies... Je vous livre ma conclusion de l'époque (4 mai 2009)  :

"Une gestion déplorable, l’argent des contribuables une nouvelle fois bradé, des personnes peu recommandables ayant tourné autour de ce dossier pour des raisons que l’on ignore : il s’agit là d’une belle illustration de la gestion de la ville ces 8 dernières années !"







mardi 28 octobre 2014

Comment on utilise la laïcité au FN...

L'article ci-dessous, émanant d'un blog "logé" par Médiapart, nous a été signalé dans un commentaire d'hier. Il y a longtemps que je souhaitais évoquer comment le FN s'est réattribué la laïcité à sa manière, comme il l'a fait avec d'autres sujets (Jaurès, de Gaulle, par exemple). Le sujet est connu pour les laïques. En effet, il s'agit de s’accommoder d'une "France aux racines chrétiennes" (dixit Jean-Marine Le Pen), pour pouvoir prétendre à l'égalité des religions en France. Ben, non ! Toutes les religions sont sur un pied d'égalité, y compris le catholiscisme... Au contraire, pour respecter la laïcité, la France doit se défaire, dans ses institutions, de toute référence à la religion chrétienne. Or les exemples, cités par le blogueur Stéphane Lavignotte, sont symboliques du chemin qu'il reste à parcourir pour que la France devienne un véritable état laïque. La catho-laïcité latente d'une partie de la société française révolte le laïque, mais que dire des extrémistes de droite qui l'utilisent pour mieux se l'attribuer, tout en trompant, une fois de plus, les Français ? C'est cela la "catho-facho-laïcité" qui, si nous n'y prenons garde, imprégnera notre pays... La laïcité, c'est bien le respect de toutes les croyances, mais à condition qu'elle ne s'insinue pas dans la sphère publique. 

Au FN, on est laïque, mais on "respecte" plus le christianisme (pas n'importe lequel, d'ailleurs) que l'islam... Allez savoir pourquoi !  

2  remarques suggérées dans les commentaires d'hier :

 la Conférence des évêques de France (catholique) a clairement énoncé que les valeurs évangéliques ne s'accordent pas avec le programme du FN . D'ailleurs, à Hénin-Beaumont, le prêtre chargé de la paroisse et un diacre ont fait part de leur opposition aux idées du FN...  
- rappelons également que, quand on parle de Chrétiens, cela englobe Catholiques et Protestants (ceux-ci étant membres des différentes Eglises existantes).



Stéphane Lavignotte est un ancien journaliste, pasteur à la Mission populaire de La Maison Verte (Paris 18e)

Louis Aliot sera-t-il suspendu comme l'élu musulman du FN ? Les aventures de la catho-facho-laïcité

Le vice-président du FN était présent à une fête du FN en Normandie ouverte par une messe intégriste comme l'a montré Canal Plus en octobre.
Un conseiller municipal Front national de Noisy-Le-Grand a été suspendu et passera devant la commission des conflits de son parti. Converti à l'islam récemment, il aurait envoyé une vidéo à une dizaine de personnes de son parti pour expliquer cette conversion. Officiellement, il n'est pas suspendu pour cette conversion mais au nom de la laïcité. Il est accusé de « prosélytisme », Florian Philippot, vice-président du FN a déclaré : «Sa religion n’est pas l’affaire du parti car nous défendons la laïcité. Mais là, on a quitté le domaine de la conviction personnelle et de la foi. Un parti politique n’est pas le lieu pour cela».
Le Front National va-t-il en faire de même pour Louis Aliot, compagnon de Marine Le Pen et vice-président du parti et Philippe Chapron, président du FN du Calvados ? Dans un reportage du Supplément sur Canal Plus le 10 octobre, on les voit (1) lors de la fête départementale du parti et Philippe Chapron remercie des prêtres intégristes de la Fraternité Saint Pie X d'avoir... célébré une messe en ouverture de la journée du parti. Philippe Chapron, par ailleurs ancien du GUD et d'Ordre Nouveau et ancien mentor du Louis Aliot au FNJ précise, au micro devant les militants rassemblés qui applaudissent : « Une messe traditionnelle et j'apprécie énormément ». Et là, est-ce qu' « un parti politique n’est pas le lieu pour cela » ? Interrogé sur cette présence par le journaliste de Canal Plus, Louis Aliot répond : « Il faut de tout pour faire un monde, ces gens ne sont pas moins français que les autres, heureusement. D'ailleurs, aujourd'hui l'intégrisme musulman tue, assassine, fait tout ce que vous voulez, pour l'instant les intégristes catholiques n'ont tué personne ».
On attend de voir si Florian Philippot exercera la même sanction au prince consort.
Mais au-delà, si finalement cette sanction contre un élu musulman peut passer sans faire trop de bruit et cette messe catho intégriste passer complètement inaperçue bien que révélée dans un reportage un dimanche midi sur une chaîne nationale, c'est que ce « deux poids deux mesures » du FN se glisse sans difficulté dans une manière extrêmement courante de comprendre et d'appliquer la laïcité : la catho-laïcité, que j'évoque dans « Les religions sont-elles réactionnaires ? » (Textuel) (AA : livre très récent de l'auteur que l'on peut trouver dans différentes librairies, par exemple :http://livre.fnac.com/a7169223/Stephane-Lavignotte-Les-religions-sont-elles-reactionnaires). Avec ce terme, certains sociologues des religions comme Jean-Paul Willaime ou Jean Baubérot – sans doute plus sensibles à ces dimensions car protestants – veulent évoquer une étrange manière d'appliquer la laïcité, en rupture avec la vision d'égalité entre les religions de la loi de 1905.
La « catho-laïcité » est une laïcité qui s'accorde plutôt bien avec une forte prégnance des habitudes catholiques dans la société, qui regarde tous les phénomènes religieux avec cette grille et qui pousse les autres religions à rentrer dans ce moule ou à rester invisibles... Uniquement des jours fériés chrétiens dans le calendrier, un président de la République qui peut être chanoine de Latran, une messe à Notre-Dame pour les hommages nationaux, une obligation pour les musulmans de s'organiser en un organisme représentatif unique sur le modèle catholique, etc.
Ainsi, dans cette laïcité, un élu musulman qui envoie une vidéo pour expliquer sa conversion commet un acte de prosélytisme car la religion doit rester de l'ordre du privé et n'a pas sa place dans le parti, mais un autre peut faire célébrer une messe par des catholiques intégristes dans le cadre d'une manifestation du parti, car c'est l'identité de la France ou cela « donne du sens » comme l'a justifié le maire crypto-FN de Béziers Robert Ménard pour instaurer la célébration d'une messe pour l'ouverture de la Féria de sa ville (2). Cela pourrait s'illustrer par ce propos de Marine Le Pen dans un autre reportage passé sur France 3 : « Même si nous sommes un pays laïc, notre pays est un pays de racines chrétiennes, n'en déplaise à certains. Hé oui, c'est notre culture. Car même ceux qui n'y croient pas, qui ne croient pas au ciel, en France, et bien, y sont attachés à ces racines parce que ça fait partie de leur identité. » (3)
Le FN, ce n'est pas une surprise, a pour vision de la laïcité une « catho-facho-laïcité ». Qu'est-elle par rapport à la « catho-laïcité » plus générale de la société ? On peut penser que ce n'est qu'une manière de cacher une position simplement anti-laïque et anti-musulmane, un cache. Ou au contraire, et cela devrait alors nous interroger davantage, qu'elle est en continuité avec la catho-laïcité plus générale, qu'elle en est la version extrême. Mais dans les deux cas, cela nous dit quelque chose sur la montée des thèmes du Front National dans la société : cette catho-laïcité est un des lieux de passage des idées du Front national dans la société, car sous couvert de laïcité, se promeut là un clivage racial chrétiens-blancs v/s musulmans-non-blancs.
A chaque fois qu'un acteur social ou politique se laisse aller à cette catho-laïcité plutôt qu'à la rigueur égalitaire de la laïcité de 1905 vis-à-vis des religions, il fait le lit du Front national qui fait passer la défense de « l'identité chrétienne de la France » en passager clandestin de la laïcité. Lutter pour la laïcité de 1905, celle qui met à égalité toutes les religions, c'est faire reculer son détournement « catho-laïque » où qu'il se produise et aussi, le Front National et ses idées.

(1) http://www.canalplus.fr/c-divertissement/c-le-supplement/pid6586-l-emission.html?vid=1143020 à 10'35
(2) http://www.lexpress.fr/actualite/politique/feria-de-beziers-menard-impose-une-messe-le-front-de-gauche-s-insurge_1566032.html
(3) https://www.youtube.com/watch?v=tNCBJKfcsig à 44'10 du reportage

lundi 27 octobre 2014

De nouveaux noms pour les partis politiques ?

Ils s'y mettent tous : après Debout la France succédant à Debout la République, après, en 2009, le NPA succédant à la LCR, sans parler de l'UDI, regroupant, en 2012, différents partis centristes, voilà que pour laver plus blanc, le PS, le FN et l'UMP veulent changer de nom. Ah j'oubliais ! dans la révolution sémantique, PC et Parti de gauche se sont rassemblés sous la bannière du Front de gauche...
C'est vrai que les partis politiques ont une très mauvaise image, mais c'est comme changer le nom d'un mauvais plat préparé, si le contenu est le même, personne ne sera dupe. En marketing, il y a 3 priorités pour qu'un produit ait du succès : premièrement : le produit; deuxièmement : le produit ; et troisièmement: le produit. C'est la qualité du produit et non son emballage, ni la publicité qui font le succès commercial. En d'autres termes, si les 3 partis qui souhaitent changer leur nom, ne modifient ni leurs idées, ni leurs pratiques et ni les hommes, ils vont droit au fiasco.

- Marine Le Pen veut dédiaboliser son parti, car le Front National, créé par son père, exhale une odeur sulfureuse. Elle a du s'en rendre compte quand nombre de partis xénophobes ou populistes (dont l'anglais UKIP), au Parlement européen, ont refusé une alliance avec les frontistes français sous prétexte que le FN était antisémite, alors que MLP fait tout pour se concilier les Juifs et même Israël. Alors, pour le Front National, il faut changer de nom pour paraître moins sulfureux... Même les lettres FN sont à bannir. Papa Le Pen et tous ceux qui sont attachés à la marque de fabrique (les arabophobes, les islamophobes, les antisémites...) ne veulent pas en entendre parler. Même Marion Le Pen (pas celle qui n'aime pas son nom et l'a changé en Marine...), l'un des 2 députés frontistes, y est opposée.
Si le parti s'appelait dorénavant "le Parti des enfants de la nation", soit "Le Pen", s'agissant d'une dynastie, Papa, fifille et ptite-fifille pourraient s'entendre sur ce changement de nom...

- Au PS, Manuel Valls est revenu avec son ancienne proposition de changer le nom du PS, le mot socialisme étant pour lui dépassé... Cela ne plait pas aux adhérents, mais l'idée fera peut-être son chemin... Sont-ils nombreux, dans l'actuel PS à vouloir abjurer ce beau mot de socialisme, moins marqué que celui de communisme ? Beaucoup, à droite, utilisent le mot de "socialiste" comme une injure et Valls considèrent que le socialisme est galvaudé et empêche la réunion des centres... En fait, il s'agit, tout simplement, pour le premier ministre, de s'éloigner d'un marqueur de la gauche. Le danger d'abandonner l'idée de socialisme dans le nom, c'est que d'autres s'en emparent. Imaginez que ce soit Mélenchon qui se l'attribue et transforme son parti en "Parti socialiste de Gauche", le "PSG" . Ou si le PC veut reprendre ce qui lui appartenait et devienne, par exemple, "La Ligue ouvrière Socialo-Communiste, "LOSC", nul doute que la rencontre PSG/LOSC aurait fière allure.
Revenons au présent PS, s'il veut se recentrer il pourrait choisir "Soyons Français, Initions l'Ouverture", "SFIO". Ou si vraiment le libéralisme économique doit prendre le pas sur le socialisme, pourquoi pas "Réunion des Centristes Libéraux", "RCL" ?

- Sakozy a manifesté son intention de changer le nom de son parti, s'il en est élu président dans quelques semaines. On peut comprendre qu'il faille dissocier les noms de UMP et Bygmalion et que les électeurs de droite ont tellement l'habitude des changements de sigle de leur parti (successivement: RPF, UNR, RPR, UMP) qu'ils penseront qu'il s'agit d'un nouveau parti, mais avec les mêmes hommes : on est conservateur ou on ne l'est pas, n'est(ce pas ?
Changer de nom comme proposé par l'ancien président aurait l'avantage de présenter N. Sarkozy comme un homme neuf. Pourquoi pas ? Tâchons de l'aider... 2 suggestions :
* "Club des Adhérents, Républicains, Libres et Actifs", "CARLA"
* "Base Républicaine, Unie, Nationale et Indépendante" "BRUNI"



dimanche 26 octobre 2014

Le Monde. La politique à bout de souffle (6/6)


19 octobre 2014

Les mots creux

 " Gagnant-gagnant ", " réforme d'ampleur ", " la priorité des priorités ", " sérieux budgétaire " : à droite comme à gauche, le discours politique formaté est devenu inaudible



C'est Manuel Valls lui-même qui a sonné l'alarme devant l'Assemblée nationale lors de son premier discours de politique générale, le 8  avril : " Beaucoup de nos compatriotes n'y croient plus. Ils ne nous entendent plus. La parole publique est devenue pour eux une langue morte." Son diagnostic, grave et volontiers provocateur, d'une classe politique qui ne parviendrait plus à s'adresser à ses concitoyens est partagé par beaucoup, à gauche comme à droite : la crise que traverse le système politique en France est aussi une crise de langage, une crise des mots qui ne font plus sens et peinent à décrire le réel comme à parler aux consciences.
De ce point de vue, les deux premières années du quinquennat de François Hollande ont été un modèle du genre. L'" inversion de la courbe du chômage " est devenue au fil des premiers mois le symbole de cette langue désincarnée et technique, née d'une expression forgée par Michel Sapin, alors ministre du travail, et reprise plusieurs fois par le chef de l'Etat lui-même. La non-réalisation de ladite inversion a à la fois signé l'échec de la gauche à obtenir des résultats, entamé durablement sa crédibilité pour le reste du mandat et souligné sa propension à se couler dans une nov-langue technocratique rejetée massivement par les Français.
" On ne sait plus parler aux gens, on parle comme des machines !", se désolait ainsi un député socialiste au lendemain de la déroute de la majorité aux élections municipales de mars. Depuis le remaniement qui s'en est suivi, la formule malheureuse a d'ailleurs été définitivement abandonnée par le nouveau gouvernement et remisée au rang des expressions bannies.
Le "mal-langage" politique a contaminé l'ensemble de l'échiquier partidaire et standardisé des discours, davantage clivés par le passé. Un phénomène provoqué largement par la fin des batailles idéologiques à partir des années 1990, et renforcé depuis par les mutations médiatiques de l'information en continu et du tweet, qui réclament une expression " à chaud " et calibrée, au risque de se limiter parfois à des slogans ou à des mots-valises. Combien de fois au cours de ces dernières années n'a-t-on pas entendu un(e) responsable " en situation " expliquer " les yeux dans les yeux " que le pays était " à la croisée des chemins", ou affirmer que telle "réforme d'ampleur " était " la mère de toutes les batailles " ? Quels que soient les gouvernements, tout nouvel accord est forcément qualifié de " gagnant-gagnant ", de même que l'emploi, l'éducation ou la lutte contre le terrorisme sont toujours " la priorité des priorités "… Ces mots, forts en apparence, ont en réalité perdu de leur substance au fil du temps : des coquilles vides rendant leurs locuteurs inaudibles par les Français qui éprouvent de plus en plus de défiance envers leurs dirigeants.
Quand cette politique qui s'exprime en bannissant toute aspérité est menée par la gauche, l'effet social et démocratique n'en est que plus désastreux, car " l'histoire de la gauche est jalonnée de marqueurs très forts dans le vocabulaire et leur disparition n'en est que plus spectaculaire ", explique l'historien Christian Delporte, auteur d'Une histoire de la langue de bois (Flammarion, 2009), qui remarque que " le PS ne parle plus depuis longtemps des ouvriers, ni même des travailleurs, mais des salariés noyés dans le grand ensemble flou des classes moyennes ".

Champions en acronymes

L'affaire n'est pas nouvelle. Déjà François Mitterrand et les socialistes avaient inventé les expressions de la " pause " ou de la " parenthèse " pour ne pas avoir à nommer le " tournant de la rigueur " de 1983. De même aujourd'hui, alors que le gouvernement s'apprête à engager 50  milliards d'économies publiques en trois ans, il n'est pas question de parler d'" austérité ", ni même de " rigueur ", mais plutôt de sérieux budgétaire ", idiome censé être moins douloureux et anxiogène. "Se réfugier derrière des mots techniques et pragmatiques est une réaction hélas assez classique par gros temps économique", rappelle Christian Delporte.
Les socialistes sont donc devenus des champions en acronymes politico-techniques. Depuis 2012, le " CICE " pour " crédit d'impôt compétitivité emploi "ou l'"ANI"pour " accord national interprofessionnel " se sont érigés, parmi d'autres, en porte-drapeaux de cette langue technocratique inintelligible pour beaucoup, quand bien même celle-ci concerne des secteurs aussi décisifs pour le pays que la santé des entreprises ou le monde du travail. Et qu'importent les mises en garde des vieux grognards du PS. "Je demande aux socialistes de faire un effort : le jargon technocratique, ça suffit ", a lancé, fin avril, Jean-Christophe Cambadélis, tout juste propulsé premier secrétaire du PS.
Quelques mois auparavant, en septembre  2013, son ami Claude Bartolone, le président de l'Assemblée nationale, avait lui aussi exhorté son camp, alors embourbé dans le débat sur le " ras-le-bol fiscal ", à en finir avec " la gestionnite aiguë ". En vain, tant le réflexe est installé au sein d'une gauche qui n'incarne plus une rupture ni même un" changement " et semble se réduire à une gestion techniciste des affaires. " On est gouverné par des experts-comptables qui parlent une langue d'experts-comptables ", s'agace le député européen Emmanuel Maurel, leader de l'aile gauche du PS, qui fait remarquer que " jamais sur un marché un seul Français ne l'a interpellé pour parler de “politique de l'offre” ou de “compétitivité hors coût” ".
Partisan du "parler-vrai", Manuel Valls s'est donné pour mission depuis sa nomination à Matignon de "dire la vérité au pays""Pour le premier ministre, le discours politique doit redevenir vivant et ne plus être la langue morte du discours technique", explique son conseiller en communication, Harold Hauzy, selon lequel " il faut opposer aux discours populistes des extrêmes le discours populaire de la gauche républicaine de gouvernement ". Manuel Valls prend donc soin depuis six mois de parler simple et clair. Expert en communication, il aime frapper les esprits et " briser les tabous ", comme avec son fameux " J'aime l'entreprise", lancé le 27  août à l'université d'été du Medef, et décliné depuis en allemand puis en anglais lors de ses déplacements à Berlin puis à Londres, au risque de devenir un gimmick masquant le fond idéologique de son propos.
" Manuel Valls développe un discours performatif, estimant que l'invocation de sa propre volonté se suffit à elle-même ", explique le chercheur en science politique Gaël Brustier, proche du Parti socialiste et auteur de La guerre culturelle aura bien lieu (Mille et une nuits, 2013). Le 29  avril, dans son intervention pour défendre le plan d'économies de 50  milliards d'euros de son gouvernement devant les députés, Manuel Valls a ainsi répété six fois l'expression " J'assume ", comme une réponse directe à la partie frondeuse de sa majorité. Mais, pour Gaël Brustier, la détermination du premier ministre ne parvient pas à masquer ses propres limites. " Un discours politique, c'est à la fois une vision de l'Histoire à long terme et des mots qui s'incarnent dans le réel et l'imaginaire immédiats des citoyens, explique l'essayiste. Or, le vallsisme n'est pas un corps idéologique très élaboré, Manuel Valls réagit plus à l'actualité qu'il ne dessine le futur. Il s'inscrit dans un social-conservatisme qui invoque les seules valeurs républicaines pour résoudre les problèmes économiques et sociaux. "
L'appel permanent aux "valeurs" serait au contraire la preuve que la gauche socialiste et sociale-démocrate a cessé de "faire de la politique " pour rendre les armes de son propre langage, en se convertissant aux canons de la mondialisation libérale. " Les droites parviennent à composer une petite musique décliniste qui fait sens chez les citoyens bousculés par la mondialisation, estime Gaël Brustier. En face, les gauches sociales-démocrates, qui avaient réussi à donner une lecture du monde pendant les “trente glorieuses, sont en panne, alors que l'Etat-providence est en crise, que la croyance dans le progrès n'est plus automatique et que l'Europe de la paix n'est plus un argument massue. Les mots du PS aujourd'hui sont des balles à blanc face aux droites décomplexées. Les socialistes sont des pitbulls entre eux, mais des moutons face aux droites. "
Quand le travail devient un "coût", quand les cotisations sociales sont transformées en "charges", quand la question de la réforme de l'assurance-chômage "doit être reposée", la gauche parle comme la droite. Elle serait même devenue une " droite complexée ", adepte de la "double pensée", concept emprunté à George Orwell par le philosophe Jean-Claude Michéa, selon lequel on réalise en pratique ce que l'on dénonce en théorie. " La gauche est incapable de parler avec ses propres mots", estime Juan Branco, chercheur à l'Ecole normale supérieure, qui regrette que la gauche de gouvernement ait abandonné " tout discours lyrique au profit d'une parole technocratique, dénuée de tout sens tragique de l'Histoire ".

" Frustration "

Rien d'étonnant dans ce cas que Jean-Luc Mélenchon, ancien coprésident du Parti de gauche et premier opposant à gauche de l'actuel gouvernement, accuse François Hollande d'avoir " perverti les mots qui servaient à nommer les choses ". Pour Christian Delporte, le chef de l'Etat a " renoncé depuis son élection à un vocabulaire clair pour les électeurs et notamment pour le peuple de gauche"" Quand il parlait de la finance dans son discours du Bourget - durant la campagne présidentielle, le 22  janvier  2012 - , François Hollande renvoyait a minima à un vocabulaire qui plongeait ses racines dans l'histoire de la gauche. Aujourd'hui, son changement de vocabulaire est autant la conséquence que la cause de son changement de politique ", ajoute l'historien.
A l'heure où le Front national engrange chaque jour des voix supplémentaires, la reconquête par les partis traditionnels, à commencer par le PS, d'une parole audible par l'ensemble de la cité est donc indispensable, sous peine de créer, selon Juan Branco, " les conditions d'une catastrophe politique à venir ", car "le vide des discours officiels légitime les discours les plus contestataires et radicaux ". Pour le chercheur, " la gauche au pouvoir tient une parole “responsable” au nom de la tutelle indicible des marchés financiers ou de la technostructure européenne qui s'exerce sur elle et génère une frustration des Français, puisqu'on ne s'adresse plus à eux en réalité, mais à des entités extérieures non nommées ". Dès lors, " la gauche de gouvernement n'étant plus capable de canaliser un discours de rupture, c'est l'extrême droite qui s'en empare et le porte institutionnellement ".

Bastien Bonnefous
© Le Monde

samedi 25 octobre 2014

L'avenir de l'Humanité selon le Gorafi.fr

Le réchauffement climatique responsable du rétrécissement du pénis humain de plus de 30% d’ici 10 ans 

Selon une étude publiée par l’université d’Oslo, une des conséquences du réchauffement climatique serait la diminution de plus de 30% de la taille du pénis chez l’homme. Les chercheurs estiment que si le rythme du réchauffement se maintient, le pénis devrait avoir totalement disparu d’ici une centaine d’année.
Les chercheurs affirment avoir mis en évidence une brutale accélération de la décroissance de la taille du pénis depuis les années 90. « Nous avons comparé la taille des pénis de plusieurs personnes de divers pays et les résultats sont terribles ». L’étude porte sur le suivi de plus de 3400 pénis de plus de 80 pays, scrupuleusement photographiés et mesurés chaque jour pendant près de deux ans. « Dans certains cas, dans les pays qui ont rencontré les plus grosses hausses de températures, la taille des pénis a été divisée par deux » ajoute l’étude.
small_221014_2Une annonce qui a brutalement accéléré les travaux des pays industrialisés sur le sujet devenu soudainement réceptif au problème du réchauffement. « Avant, le réchauffement, ça ne me touchait pas. Maintenant, j’ai peur de perdre à jamais la seule chose qui comptait pour moi » raconte ce jeune parisien se roulant par terre et en pleurs. De son côté Barack Obama a même interrompu ses travaux pour donner une conférence de presse. « La lutte contre le réchauffement climatique est notre préoccupation numéro un. Nous ne pouvons rester de marbre face à la fonte et la disparition du pénis » a-t-il martelé.
Les scientifiques défendent quant à eux les résultats de leur recherche. « Maintenant que le monde entier est au courant, nous sommes certains que les décisions vont être prises » se sont félicités les scientifiques. En ouvrant une bouteille de champagne. « Je savais que ce truc marcherait bien mieux que le coup des océans qui montent » ont-ils ajouté en éclatant de rire.

Une étude révèle que les poules pourraient dominer le monde dans 10 000 ans 

Une équipe de chercheurs américains vient de publier une étude surprenante qui laisse sans voix toute la communauté scientifique. Selon eux, les humains devraient peu à peu perdre leur ascendance sur les autres formes de vie lors des 5 prochains siècles, laissant la place libre à aux poules qui devraient dominer la Terre d’ici 10 000 ans.
Assistés d’un logiciel analysant plusieurs milliers de projections et de scénarios spécialement conçu pour l’occasion, les chercheurs affirment que leurs résultats sont fiables à 99%. « Malgré l’ajout constant de nouveaux paramètres, l’algorithme concluait sur une super-puissance des poules presque tout le temps »note Jasper Calastro qui a dirigé les recherches. Le chercheur explique que la machine n’aurait désigné qu’à deux reprises une autre espèce comme probable super-dominant : les méduses et les abeilles-robots mécanisées.
La planète des coqs
Détaillant un peu plus le scénario des cents prochains siècles, Jasper Calastro dévoile comment les volatiles devraient peu à peu asseoir leur domination sur le monde. Selon lui, les poules devraient connaître une fantastique évolution une dizaine de siècles après que nous nous soyons presque entièrement auto-détruits comme prévu, leur permettant de maîtriser le feu, d’acquérir un langage et de manier des outils de plus en plus complexes pour maîtriser leur milieu naturel. « Leur créativité et leurs progrès scientifiques devraient largement dépasser notre stade actuel » s’exclame le chercheur qui table sur un premier vol spatial pour le 65e siècle. « Il se pourrait même que les rares survivants humains deviennent un de leurs mets préférés, et se retrouvent élevés en batterie ou consommés en nugget » s’amuse-t-il pour conclure.
Le péril poule
Interpellé pendant son petit déjeuner alors qu’il découvrait les résultats de l’étude dans un numéro de Sciences et Vie Junior, le chef de l’État François Hollande a annoncé avoir pris plusieurs mesures concernant la sécurité intérieure visant à renforcer la surveillance de tous les poulaillers, ainsi que la nationalisation de toutes les rôtisseries présentes sur le territoire français.

Les animaux redisent leur totale confiance en l’Homme pour régler ce souci de réchauffement climatique 

Alors qu’on apprend que l’Antarctique pourrait faire relever le niveau des océans de façon critique, l’épineux dossier du réchauffement climatique revient sur le devant de la scène. Cependant, de très nombreux animaux continuent malgré tout de penser que l’Homme reste le mieux placé sur Terre pour sauver la situation et éviter une destruction globale de la planète. Reportage.
Il apparaît que l’Homme semble, selon des experts animaux, le plus intelligent et le mieux placé parmi tous les autres animaux. « Il est l’un des rares animaux qui soit capables de créer des outils, et d’agir sur son environnement immédiat » soulignent de nombreux animaux qui notent aussi que c’est également l’un des seuls à posséder les fameux pouces opposables, ce qui rend les choses extrêmement plus faciles au quotidien. « On ne peut pas imaginer que l’Homme n’ait pas pris conscience de la chose et qu’il reste impuissant face à cela » ont insisté plusieurs animaux. « Je pense que l’Homme sait qu’il a une certaine responsabilité vis à vis du reste de la planète et ce n’est pas dans ses habitudes de renoncer, enfin peut-être» ont-ils rajouté.
Le réchauffement climatique est aujourd’hui pour beaucoup une réalité et quelques animaux ont cependant noté un léger retard pris par l’Homme dans l’application de mesures rapides et efficaces pour lutter contre. Simple oubli ? Volonté de nuire ? Les animaux restent divisés. « Je ne pense pas qu’il faille le blâmer, il doit être sans doute très très occupé en ce moment » ont répliqué les animaux qui sont certains que dès que l’Homme aura un peu plus de temps, il prendra aussitôt les mesures qui s’imposent et sauvera la totalité des espèces de la planète. « Ce genre de décision doit prendre du temps. L’Homme doit certainement être en train de réunir d’autres hommes pour mener tous ensemble à bien sa lutte contre le réchauffement » espèrent les animaux.
Quant à la responsabilité de l’Homme dans le phénomène du réchauffement climatique, les animaux refusent de l’accabler publiquement, préférant se donner un délai de réflexion. « C’est un sujet bien plus complexe, il y a énormément de choses à la clé, on ne sait pas tout vous savez » ont-ils préféré dire, quelques secondes seulement avant qu’une demie douzaine de bulldozers traverse la clairière dans laquelle la réunion avait lieu.