jeudi 23 février 2017

FN : Réincarnation d'Hitler, coup de foudre, pot à tabac...


J'ai "débranché" quelques jours, mais je vois que, pendant ce temps, le FN n'a pas cessé de faire parler de lui... (et encore, je ne fais pas référence à la réception de MLP par les autorités libanaises, ni aux emplois fictifs d'assistants parlementaires de Fillon... non, pardon, de la députée européenne M. Le Pen !


Banalisation du FN 
On ressort cette affiche parue sur Facebook, mais, depuis, le compte a été effacé :

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Coup de foudre au Liban ?

AA : A vrai dire, je ne sais si cette information est vraie, car, depuis hier, je ne l'ai retrouvée nulle part !

Marine Le Pen abandonne la présidentielle et quitte la France pour Ahmed, rencontré au Liban.





Marine le Pen a, récemment,  effectué une visite de 2 jours au Liban. 
Au cours de ce voyage elle a pu rencontrer les plus hauts responsables mais pas seulement...
D’après l’une de nos sources, la quarantenaire se serait également offert une idylle avec l’un des agents chargés de sa sécurité sur place : Ahmed, qui est de plus de 20 ans son cadet.
Fascinée par le bellâtre, la favorite des sondages pour l’élection présidentielle, serait sur le point de tout quitter afin de rejoindre le Liban et d’y vivre pleinement sa nouvelle amourette.
Du côté des sympathisants d’extrême droite, c’est la stupéfaction. Toutefois, la plupart d’entre eux lui souhaitent bonheur, épanouissement et pourquoi pas, la naissance d’un petit chérubin.
Quant aux cadres du parti, ils envisagent plusieurs solutions pour palier au désistement de la candidate frontiste :
  • La préséance irait au très influent et très médiatique, Nicolas Dupont-Aignan.
  • Le charismatique Louis Alliot, qui partageait la vie de la récente expatriée, est également cité pour la remplacer.
  • La troisième option, serait un retour du patriarche, Jean-Marie Le Pen mais ce dernier ne verrait pas d’un bon œil une campagne effectuée dans une telle hâte.
 Nord Presse.be 22/2/2017

On est "Ché nous"
AFP, publié le mercredi 22 février 2017 :
"Chez nous": une dizaine de militants FN manifestent devant un cinéma
Une dizaine de militants du Front national manifestaient mercredi après-midi devant un cinéma d'Hénin-Beaumont (Pas-de-Calais) contre le film "Chez nous", sorti en salle le même jour et qui raconte la campagne pour les municipales d'un parti clairement inspiré du FN, a constaté un journaliste de l'AFP.(AA :l'un des manifestants a même fait remarquer qu'il y avait des fautes dans le titre : "c'est pas "Chez nous", mais "Ché nou"...").
"On veut montrer notre opposition à ce film irréel qui ne représente ni le FN ni ses électeurs", a expliqué Laurent Dassonville, responsable FN du canton d'Avion (Pas-de-Calais), qui estime "anormal qu'on autorise la diffusion d'un tel film, hostile au FN en pleine période électorale".
Ce long métrage se déroule dans une ville imaginaire du Pas-de-Calais baptisée Hénard. Fief du FN, Hénin-Beaumont s'appelait auparavant Hénin-Liétard. 
Dans "Chez nous", Pauline Duhez (Émilie Dequenne), connue dans la ville et appréciée par ses patients, est approchée par des dirigeants d'un parti d'extrême droite, le "Bloc patriotique". Elle se voit proposer d'être tête de liste aux municipales, au côté de la dirigeante du parti Agnès Dorgelle (Catherine Jacob). Au départ hésitante, Pauline va se laisser séduire par ce parti populiste dont elle pense qu'il peut aider les ouvriers.
La dirigeante du parti, blonde, à la forte carrure et au discours musclé, reste un personnage secondaire: elle est montrée lors d'un meeting, d'une conférence de presse ou de réunions avec son équipe.
"Pauvre Marine Le Pen, qui est caricaturée par ce pot à tabac de Catherine Jacob. Un sacré navet en perspective", s'était insurgé sur Twitter le maire d'Hénin-Beaumont Steeve Briois, vice-président du FN. (AA : sans avoir vu le film !).

vendredi 17 février 2017

Information aux lecteurs

Je vous informe qu'aucun article ne sera publié à compter de ce jour, 17 février. Un nouveau post paraîtra le jeudi 23 février.
A noter que vous pouvez laisser des commentaires, mais je ne pourrai les valider que tous les 2 jours.

jeudi 16 février 2017

Trois regards sur la réalité quotidienne sous le "règne" du FN...

Trois témoignages sur la gestion municipale au quotidien du Front national vont se succéder dans les jours qui viennent et éclaireront la réalité de terrain : un roman-photo, un film et un livre-témoignage. 
Nous aurons l'occasion d'en reparler dès que nous aurons pris connaissance de ces "documents". 
On peut également espérer que le rapport de la Chambre régionale des comptes viendra prochainement compléter les trois "œuvres" précitées... 


"Comment le Front national a-t-il répondu aux attentes dans les villes qu’il gère depuis 2014 ? Fruit d’une enquête menée durant deux ans à Hayange, Beaucaire et Hénin-Beaumont, par l’historienne Valérie Igounet et Vincent Jarousseau, photographe, « L’Illusion nationale » apporte un éclairage saisissant, le reflet à l’échelon local de ce que pourrait donner une France gérée par le FN (La Voix du Nord 13/2/2017)
Les Arènes - XXI, 168 pages, 22,90 €.
"Alors c’est vrai, nous sommes porteurs de propos qui sont élogieux à l’égard de la municipalité, on en a conscience. Mais on met quand même des réserves dans le hors texte, qui est essentiel."

"Chez nous" (sortie du film : 22/2)
Télérama 13/2 :  "Lucas Belvaux  montre  comment un parti populiste imaginaire (« le Bloc ») s’implante dans une petite ville du nord de la France : en instrumentalisant une infirmière connue et appréciée de tous, donc candidate locale idéale."
"Vous faites état, dans votre film, d’une conversion collective aux idées du FN dans la vie quotidienne...
Oui, un discours se banalise. Une parole se libère. Les gens glissent, imperceptiblement d’abord, puis franchement, du ressentiment à la peur et à la haine. Le discours dominant et médiatique a considérablement changé en quelques années. Tout à coup, la parole d’Eric Zemmour et celle de Dieudonné se sont répandues à toute vitesse dans l’espace public. Le surmoi collectif a explosé. Les cadres du Front national le savent. Avant, ils se vantaient de dire tout haut ce que l’on n’osait pas dire. Maintenant, ils savent qu’ils n’ont plus qu’à laisser dire, à acquiescer. Le vote FN est devenu le seul exutoire pour crier sa colère, quelle qu’elle soit. C’est un vote pulsionnel. Beaucoup d’électeurs se disent qu’ils ne voteront FN qu’au premier tour, juste pour exprimer leur exaspération. Mais ensuite, le pas est facile à franchir entre le premier et le second tour. La colère, on ne sait jamais quant elle s’arrête."

Le 1er mars sort le livre de Marine Tondelier (conseillère municipale d'opposition à Hénin-Beaumont) : "Nouvelles du Front".
"Un témoignage essentiel qui permet de saisir comment le parti d’extrême-droite administre ses communes. Ses armes principales : humiliations, vexations, intimidations et une stratégie parfaitement huilée pour étendre son pouvoir…"
Entretiens avec des agents municipaux, en place ou partis, qui osent parler... 

mercredi 15 février 2017

Législative dans la onzième circonscription du Pas-de-Calais

Les 11 et 18 juin prochains auront lieu les élections législatives. Elles succèdent à l'élection présidentielle d'avril/mai. Je rappelle que, contrairement à cette dernière où seuls les deux candidats arrivés en tête peuvent se présenter au second tour, les candidats ayant obtenu au minimum 12,5% des inscrits peuvent se maintenir lors des législatives. Seuil élevé, mais il arrive qu'il y ait des triangulaires, voire des quadrangulaires...
Je voudrais ici m'intéresser à la 11ème circonscription du Pas-de-Calais qui regroupe les cantons de Carvin, Courrières, Hénin-Beaumont, Leforest, Montigny-en-Gohelle et Rouvroy, qui comptait 94135 inscrits en 2012, où Philippe Kemel battit M. Le Pen de 118 voix au second tour, Jean-Luc Mélenchon ayant été éliminé au premier tour.
Le FN avait réalisé 42,26% au premier tour et avait obtenu 7,63 points supplémentaires lors du second tour, pour échouer de peu devant P. Kemel (PS) qui bénéficia d'une sorte de front républicain, malgré un nombre plus important de bulletins blancs ou nuls qu'au premier tour...
Les résultats furent serrés et le seront encore cette fois-ci... Les candidats déclarés ou présumés candidats sont, pour l'instant :
- le député sortant, probablement partant, Philippe Kemel qui soutint Valls jusqu'au bout...
- le candidat déclaré du PC, Hervé Poly;
- l'écologiste d'EELV, Marine Tondelier;
- la candidate LR, sarkozyste dans l'âme, Alexandrine Pintus.
Le FN aura un candidat, bien entendu. M. Le Pen, probable battue à la présidentielle (voir mon post d'hier) aura-t-elle encore le cœur de se jeter dans la bataille, alors que ses militants voudront la voir venir soutenir les autres candidats frontistes dans toute la France ? Pas évident. On ne peut pas imaginer de parachutage et le seul qui a une notoriété est le maire d'Hénin-Beaumont, S. Briois. Ce dernier sera déjà devant un dilemme : abandonner son mandat de député européen, très lucratif, ou la mairie d'Hénin... loi sur le cumul des mandats oblige...
Il y aura peut-être un candidat représentant Macron, surtout si ce dernier est élu président quelques semaines plus tôt. 
Le parti de gauche (les "Insoumis" de JL Mélenchon) ne se ralliera pas au PC. 
Alors, 3 constats :
- pour les raisons évoquées, le FN ne partira pas favori, malgré une présence plus que probable au second tour...
- une candidature pro-Macron, même à la suite d'une victoire présidentielle, paraît difficile alors qu'aucun représentant n'est apparu à moins de 4 moins de l'élection, surtout sur une terre où FN et gauche représentent plus de 90% des voix exprimées et ne constituent pas un vivier favorable à l'ex-ministre... 
- dans une circonscription marquée par la gauche hier et aujourd'hui (puisque le député est PS), on peut penser que les électeurs qui ne veulent pas voter FN (et qui pourraient encore être majoritaires dans la circonscription), seraient tentés par un changement de représentant. 
Pour toutes ces raisons, je pense que Marine Tondelier (EELV) a une carte à jouer. Elle a, en sa faveur : sa jeunesse (la trentaine), le fait qu'elle soit une femme (ce qui peut être également un point négatif), que l'écologie imprègne les programmes de Hamon et Mélenchon. Elle est originaire du territoire (Hénin-Beaumont) et n'est donc pas une parachutée. Même si sa "carrière" politique a débuté lors des précédentes législatives de 2012, elle apparait comme "neuve" dans un paysage politique qui a besoin de renouvellement et d'un souffle nouveau.
Certes, son parti politique n'est pas porteur en ce moment... En outre, pour avoir une chance de gagner, il faudrait qu'elle soit la candidate unique de la gauche dès le premier tour. Cela signifie que le député sortant se retire (à 68 ans, il pourrait se consacrer à Carvin dont il est maire), que le parti de Gauche se reconnaisse en elle, et que le PC lui laisse la place, ce qui n'est pas évident pour ce parti qui aura déjà fait l'impasse sur la présidentielle et qui voit son avenir politique "plombé".
Pour faire accepter par les appareils des partis cette candidature unique, il faut obtenir, le plus rapidement possible, l'accord des responsables locaux. Rappelons que, lors de la "primaire de la gauche", Benoit Hamon l'avait largement emporté contre E. Valls, soutenu par le député sortant... et que le rapprochement Jadot (EELV)/Hamon (PS) est en cours pour le scrutin présidentiel.

Cela aurait de "la gueule" (au pays des "gueules noires") un second tour Marine Tondelier contre Marine Le Pen : "la guerre des deux Marines"...



mardi 14 février 2017

L'avenir politique de M. Le Pen

A la date d'aujourd'hui (certes, les choses évoluent rapidement), quelques traits de l'élection présidentielle semblent concorder:
- M Le Pen serait en tête au premier tour avec un score évalué entre 25 et 27%;
- E. Macron se situerait entre 20 et 22%;
- F. Fillon suivrait autour de 18%
- B. Hamon et JL Mélenchon seraient en 4ème et 5ème position, le premier autour de 15% et le second à 12%. 
Mais je ne parierais pas sur un tel quinté, tout au moins dans l'ordre évoqué !

L'objectif du présent post n'est pas de justifier, ni de confirmer des enquêtes d'opinions dont on sait qu'elles sont depuis quelque temps remises en cause... 
Je souhaiterais parler, ici, de l'avenir de celle dont personne ne semble, pour l'instant, remettre en cause la première place au soir du 22 avril.  
Au soir du second tour, qu'elle soit opposée à Macron, Fillon ou Hamon, voire Mélenchon, il semble acquis pour beaucoup que MLP ne sera pas capable d'atteindre les 50,01% lui donnant la victoire. Certes, le nombre de bulletins blanc ou nuls jouera en sa faveur, le 6 mai, mais personne ne semble contester que passer de 25/27% à 50% serait une gageure irréalisable... Je laisserai le FN affirmer le contraire pour justifier une victoire possible de son poulain (sa pouliche, en l'occurrence)...
Je me place donc dans l'hypothèse hautement probable de la nouvelle défaite de M. Le Pen. Les législatives (3 et 17 juin) suivront dans la foulée. Le scrutin n'est pas favorable au FN et les seconds tours, sauf triangulaires, annoncent des rééditions du second tour de la présidentielle : le FN contre un "front républicain" qui ne veut pas dire son nom... Dans cette hypothèse, il n'est même pas sûr que le FN puisse constituer un groupe à l'Assemblée (15 députés)... Cette possible, voire probable double défaite, s'ajouterait à un bilan pas très réussi pour M. Le Pen qui n'a emporté qu'une dizaine de villes en 2014, et aucune région, ni département, l'année suivante, alors que la situation politique n'a jamais été aussi favorable pour un parti populiste...
Cette double défaite éventuelle (et probable) ne serait pas de bonne augure avant un congrès qui, forcément, demandera des comptes à sa présidente... Sa tentative de banaliser le parti contre l'avis du noyau dur du FN aura échoué dans son objectif, à savoir : prendre le pouvoir... Nombre des "durs" et des anciens, mis en minorité ces dernières années, ne manqueront pas de faire remarquer les dérives d'un parti qui accepte "le mariage pour tous", une mansuétude pour l'avortement, un désengagement sur l'antisémitisme, etc. Et comme ces tenants d'un retour aux fondamentaux des origines ont une candidate qui répond à leurs exigences, il est fort possible qu'après l'élimination de Le Pen père, suive celle de Le Pen fille au profit d'une autre Le Pen, petite-fille du premier et nièce de la seconde... L'honneur serait sauf, Marion Maréchal-Le Pen devenant la 3ème Le Pen aux manettes du parti depuis son origine...

lundi 13 février 2017

On finira bien par avoir raison du FN !

Je faisais le point ces derniers jours sur les dossiers parus dans les médias concernant l'incompétence du Front national. Pèle-mêle, on trouve :
- les mensonges de M. Le Pen lors de son interview de jeudi dernier (la taxe du FN sur l’emploi des étrangers n’est pas comparable à celle qui existe déjà, le mariage ne permet pas une naturalisation «automatique», Obama n’a pas fait de «Muslim Ban» sur l’Irak en 2011, l’Allemagne n’interdit pas la binationalité). Voir http://www.liberation.fr/elections-presidentielle-legislatives-2017/2017/02/10/quatre-mensonges-de-marine-le-pen-dans-l-emission-politique_1547585

- ici même, j'ai repris un article du Monde sur les dangers de la politique économique prônée par le FN (http://alpernalain.blogspot.fr/2017/02/leconomie-nest-pas-une-science-exacte.htm)

- On sait que 4 poursuites judiciaires "pourraient plomber la campagne du FN" (les assistants "fantômes" au Parlement européen, le financement des campagnes électorales depuis 2011, le patrimoine sous-estimé de la famille Le Pen, les emprunts russes).Voir http://www.francetvinfo.fr/elections/presidentielle/presidentielle-les-quatre-affaires-qui-pourraient-plomber-la-campagne-de-marinele-pen_2055853.html

- autre exemple de cette incompétence : le "programme" écologique du FN. Voir la tribune de Bruno Villalba https://reporterre.net/L-ecologie-selon-Marine-Le-Pen-et-le-FN-nationaliste-et-superficielle

C'est impressionnant et je pense que nombreux encore sont ceux qui sont conscients de cette impéritie. Je rappelle que les dernières élections et les enquêtes d'opinion convergent vers 25-27% d'électeurs potentiels pour le FN. Or, ces derniers, parce que bien pris en mains par l'appareil du parti ou parce qu'imperméables à l'information telle celle qui précède, votent plutôt "avec leurs tripes qu'avec leur tête". Quand on pose la question de savoir ce qu'il faut faire pour que les électeurs irréductibles prennent conscience de ce que représente le FN, on a plusieurs types de réactions :
- il y a ceux qui vous répondent : il faut vivre avec et dénoncer le danger en espérant que le "plafond de verre" soit déjà atteint. Je ne doute pas qu'il faille continuer à révéler ce qu'est vraiment le FN, mais force est de constater que ses scores continuent d'augmenter...
- il y a ceux qui pensent qu'il faut laisser le FN gouverner la France et démontrer qu'il en est incapable. Certes, mais je ne pense pas qu'il faille laisser un champ de ruines : la reconstruction prendrait trop de temps. Il suffit de voir comment sont gérées les villes FN (et on en aura confirmation au fur et à mesure que le mandat se termine) pour comprendre que ces villes  n'ont aucun projet et qu'elles font l'objet d'expérimentations graves pour la démocratie et la solidarité... 
Mais tous les habitants de ces villes n'en ont pas conscience et sont charmés par le populisme et la "poudre aux yeux" (manifestations festives...). Le problème dans ces villes (et au niveau national), c'est la constitution de majorités alternatives crédibles...
- il y a ceux qui sont persuadés que l'hydre s'effondrera d'elle-même. Malheureusement, les exemples historiques et d'aujourd'hui prouvent qu'il faut du temps et que les conséquences sont désastreuses...
- il y a ceux qui persuadés qu'il faut faire quelque chose et qui font, mais les résultats sont bien maigres. et pourtant ce sont eux qui ont raison... Dans une démocratie malade comme la nôtre (on sait pourquoi), et en attendant sa guérison, il faut continuer à dénoncer, combattre et persuader : cela prendra du temps mais la grandeur de la France se trouve justement dans cette remise en cause perpétuelle qui fait avancer les choses...

dimanche 12 février 2017

Programme économique du FN : la ruine de la France...

L'économie n'est pas une science exacte, tout le monde le sait. Mais il y a des "fondamentaux" sur lesquels les économistes sont d'accord et, parmi ceux-là :
- revenir au franc, comme le préconise le FN, entraînerait automatiquement une dévaluation. Ce qui signifie un effondrement du patrimoine et des économies des Français. Nul doute, de plus, que les entreprises et les particuliers possédant des économies se dépêcheraient de les transférer à l'étranger. D'ailleurs, depuis peu, le FN n'évoque plus la sortie de l'euro...
- Taxer les importations, comme le préconise le FN, entraînerait automatiquement un renchérissement des matières premières et des produits importés. Sans parler des mesures de rétorsion des autres pays qui entameraient ainsi notre compétitivité à l'exportation.
Bref, un effondrement de l'économie française en prévision...


Le projet du FN : tuer l’Europe
Editorial. En lieu et place de réformes sérieuses et difficiles, le FN vend une recette miracle et entend détruire ce qui a été construit, pas à pas, depuis soixante-dix ans.
LE MONDE | 06.02.2017

Oubliez les propos sur la préférence nationale, les taxes à l’importation, les baisses d’impôts miraculeuses, l’insupportable rhétorique des « élites » et du « peuple ». Marine Le Pen, la candidate du Front national à l’élection présidentielle, n’a qu’un programme : sortir de l’Union européenne (UE) et de l’euro. Ou faire exploser l’UE en quittant la monnaie unique. Ou décréter d’abord la « mort » de l’UE avant celle de l’euro. C’est comme on voudra, dans l’ordre ou dans le désordre, car à entendre la patronne de l’extrême droite française, il n’y a qu’une seule source aux maux dont souffre le pays, et elle s’appelle l’Europe.
Au lendemain d’un week-end politique, samedi 4 et dimanche 5 février, où Mme Le Pen a réaffirmé les grandes lignes de son programme, il faut regarder les choses en face. Le Front national veut casser l’Europe. Il entend détruire ce qui a été construit, pas à pas, depuis soixante-dix ans, une œuvre qui n’a pas peu contribué à cette réalité qu’on tient, à tort, pour garantie : un Vieux Continent enfin apaisé et libéré de nombre des démons qui l’ont maintes fois ravagé. La France a été l’un des maîtres d’œuvre de cet immense succès. Mais cela ne compte pas pour Mme Le Pen.
Elle s’est efforcée, non sans talent, de « banaliser » un parti qui, puisant dans un vieux fonds vichyste, ne s’est développé que dans un anti-gaullisme acharné, aujourd’hui remplacé par sa détestation de l’Europe – le FN a toujours un bouc émissaire. La chef du FN ne veut plus revenir sur l’abolition de la peine de mort (à moins que l’extension du domaine du référendum, qu’elle programme, ne vise à proposer le retour de la guillotine) et elle se range volontiers aux us et coutumes de l’époque concernant le mariage homosexuel.
Simplisme démagogique
Mais toute la radicalité négative dont le FN est porteur se concentre sur le couple diabolique Europe/immigration qui expliquerait tout : chômage de masse, faible compétitivité dans nombre de secteurs de pointe, absence de dialogue social, modèle agricole inadapté, école sous-performante, etc. Le FN a le coupable. Le FN a la recette : « y a qu’à » sortir de l’UE.
Au-delà de la stupidité de ce simplisme démagogique, examinons les choses de plus près. Le retour à un franc dévalué ? Passons sur le krach bancaire qui s’ensuivrait : on imagine déjà la ruée des épargnants – ménages et entreprises – paniqués à l’idée de voir la valeur de leurs économies s’effondrer avec le franc. Passons sur l’explosion d’une dette publique qui, libellée en francs dévalués, supposerait d’être financée avec des taux d’intérêt à la grecque.
Cette idée que la souveraineté monétaire en 2017 – dans une France dont l’économie est l’une des plus mondialisées – passe par le retour joyeux à un franc dévalué est inepte. Quelle serait la réaction de nos voisins européens, avec lesquels nous réalisons près de 70 % de notre commerce extérieur ? Ils dévalueraient à leur tour ? Nous reviendrions ainsi à la belle époque des dévaluations compétitives en Europe qui fit la joie des fonds spéculatifs américains jouant telle devise contre l’autre. Nous abaisserions la valeur monétaire de nos PME et fleurons industriels, là encore au profit des fonds qataris ou des géants chinois se ruant pour racheter les entreprises tricolores. Le « patriotisme économique » de Mme Le Pen, c’est bon pour Wall Street, désastreux pour la France.
En lieu et place de réformes sérieuses et difficiles, le FN vend une recette miracle : tuer l’Europe. Ce n’est pas un programme. C’est un renoncement.