samedi 28 mars 2015

Une candidature FN caricaturale

À deux jours du second tour, La Voix du Nord a posé une question aux deux formations encore en lice (PS et FN) pour les départementales : quels sont les trois projets que vous souhaiteriez soutenir pour le canton si vous étiez élu ?

Le binôme socialiste a listé ses projets. Quant au FN, le quotidien a préféré retranscrire la discussion pour "ne pas créer de polémique".
Voici ce que cela donne :


Didier Delelis (candidat FN) : « Je ne répondrai pas à vos questions, n’insistez pas ! Je connais les méthodes de votre journal ! »
La Voix du Nord : « Mais monsieur, il n’y a pas de piège, vous êtes candidat à une élection, d’accord ? Bon, donc on vous demande simplement trois points de votre programme. C’est tout, rien d’autre. »
D. D. : « Je dévoilerai mon programme dimanche soir après le deuxième tour si je suis élu ! »
La Voix : « Donc, les électeurs doivent voter pour vous sans savoir quel est votre programme ? »
D. D. : « Écoutez, mes électeurs me seront fidèles, je ne me fais pas de souci, quand je les vois sur le terrain, ça se passe très bien. »
La Voix : « Justement, c’est ça qui nous intéresse. Quand vous les voyez sur le terrain, de quoi vous parlez avec vos électeurs, pour le canton ? C’est ce qu’on veut savoir. »
D. D. : « Eh bien par exemple, on parle du collège de Douvrin. »
La Voix : « Mais le dossier est bouclé pour ce projet, d’ailleurs le chantier va démarrer bientôt. »
D. D. : « Euh… Écoutez, mes projets pour le canton, ça ne vous regarde pas. C’est mon problème. Arrêtez d’insister ! »

vendredi 27 mars 2015

Lu dans le Gorafi


Le Front national devrait vivre ce jour ses dernières heures. En effet, plusieurs formations politiques ont annoncé avoir entendu et compris le vote protestataire du premier tour des départementales.

Une annonce de dissolution qui a créé la stupeur chez les cadres du Front national qui sont effondrés. « C’est terrible s’ils disent avoir vraiment entendu le vote protestataire. Ça veut dire qu’on n’a plus d’avenir » confie une militante. « On espérait que les autres politiques ne comprendraient jamais ce vote protestataire, mais ils sont plus malins qu’on ne l’a cru, on ne peut rien faire face à eux ! » assure un autre militant en train de faire vider le local d’un candidat FN.
De fait, le parti de Marine Le Pen a annoncé sa dissolution dès l’annonce de ce message et se retire de toutes les élections de dimanche où il est présent au second tour. Dès ce soir, le parti aura terminé d’exister. Marine Le Pen accuse les politiques d’avoir coulé le parti en se réveillant trop tard ou d’avoir refusé d’entendre ce vote pendant toutes ces années . «  Ils auraient pu dire cela en voyant les sondages, cela nous aurait économisé une élection » se désole-t-elle.
Plusieurs dirigeants de partis politiques ont affirmé en cœur hier sur les différentes chaînes de télé avoir « bien reçu le message » et « avoir compris le vote protestataire » ainsi que « les choses allaient changer » et que « On va faire comme vous le souhaitez » de même que « on va prendre de grandes mesures, populaires, de gauche, et ce rapidement, voire, très vite, comme, par exemple, dès demain ».
Selon un dernier sondage CSA/Libération, les Français disent faire totalement confiance aux politiques après leurs promesses, et moins de 0,20% d’entre eux se disent désormais prêts à voter pour le Front national.

AA : Le FN, un parti qui vous veut du bien ... La preuve, il s'auto-dissous !



Désormais et à sa demande, le Chef suprême de la République populaire démocratique de Corée signera un éditorial sur la situation dans le monde.
J’apprends que des choses terribles se déroulent dans votre pays, la France.
J’apprends que l’on met des enfants en prison, qu’on les interroge, qu’on les maltraite, et ce, rien que pour des mots. Voilà qui me choque venant de ce qui se présente depuis toujours comme le pays de la Liberté et de l’Égalité. Je tiens ici à faire savoir mon inquiétude sur les reculs de la liberté dans votre pays. Car, si de tels reculs sont effectifs et actés, cela posera un grave précédent et obligera le reste du monde à revoir les concepts de liberté d’expression. À commencer par mon pays.
Vous n’êtes pas sans savoir que notre pays, la République populaire démocratique de Corée, est très attaché à la liberté d’expression et la liberté de conscience et que toute violation de celles-ci est pour nous gravissime et dramatique. Mais moi et mon pays, nous choisissons la voie respectable de la non-ingérence dans les affaires d’une nation. Nous nous contenterons de vous rappeler, amicalement, que ce n’est pas bien.
Car de tout temps, chacun dans le monde s’est appuyé, à un moment de son Histoire, sur la France et ses idéaux, ce qu’elle représente pour donner une définition de ce qu’est vraiment la liberté d’expression. Et aujourd’hui, vous en changez cette même définition, sans avertissement. Vous comprenez qu’il est difficile pour nous de nous ajuster sur notre propre définition de la liberté d’expression si vous modifiez brutalement et arbitrairement la vôtre.
Je tiens ainsi à témoigner aux personnes qui ont subi des maltraitances ces dernières semaines de notre entière amitié et de nos sentiments les plus forts. Notre consulat est prêt à prendre vos doléances, doléances qui seront transmises aux Nations-Unies.
Kim Jong-un
Chef suprême de la République populaire démocratique de Corée

AA : et si l'on faisait un échange avec les habitants de la Corée du Nord : on leur envoie F. Hollande (ou M. Le Pen, s'ils le souhaitent vraiment) et on accueille, comme président, Kim Jong-un.


jeudi 26 mars 2015

Quelques enseignements des départementales...

1- Je pense, malheureusement, que, contrairement à ce que l'on nous serine, depuis dimanche soir, le FN est bien le premier parti de France. Affirmer que c'est l'UMP, c'est de la mauvaise foi, le parti de Sarko étant associé à l'UDI et au Modem, dans la plupart des cas, et l'on ne peut mesurer le nombre de voix qui revient aux uns et aux autres; mais je pense que les 2 partis associés à l'UMP ont réalisé plus que le pourcentage que représente l'écart entre le bloc de droite et le FN (écart entre 3 et 6%, suivant le périmètre retenu), ce qui signifie que, si l'on pouvait déterminer le nombre de voix de l'UMP seule, ce dernier parti est sous les 25% du FN. Bien entendu, je ne me réjouis pas que le FN ait réalisé le plus haut score de cette élection. 


2- Et c'est avec plaisir, par contre, que j'ajoute aussitôt que la FN a échoué ou va échouer dans trois de ses objectifs :

- il n'a pas fait plus qu'aux européennes, et même s'il argue de 400 000 voix supplémentaires, c'est bien parce que la participation aux élections de dimanche dernier fut de beaucoup supérieure. En pourcentage, c'est pratiquement équivalent.
- les sondages plaçaient le FN à plus de 30% et le FN y croyait dur comme fer. La vérité est qu'il réalisa plus de 5 points de moins pour rester à son étiage des européennes
- on peut, sauf événement imprévisible, dire aujourd'hui, que le FN ne gagnera pas les élections régionales dans la nouvelle région Nord-Pas-de-Calais-Picardie. Le tableau que j'ai publié hier (http://alpernalain.blogspot.fr/2015/03/departementales-dans-le-nord-resultats.html) est éloquent. Il signifie que les partis de gauche, en tête, au total, d'après le vote de dimanche, doivent partir unis : vu l'échec de ces départementales, ils y seront contraints. De plus, il est fort probable que M. Le Pen ne se présentera pas à un scrutin qu'elle peut perdre et obérer ainsi sa candidature aux présidentielles qui auront lieu 15 mois après les Régionales : de ce fait, la visibilité du candidat qui conduira la liste, à sa place, sera moins grande et probablement moins crédible. Enfin, la participation plus importante lors d'élections régionales joue en faveur des listes non-frontistes, le FN disposant de moins de réserves de voix dans un second tour, ses électeurs se mobilisant plus que les autres lors des premiers tours.
Le score de 25% réalisé dans 2 élections successives, par le FN,  montre bien les limites du vote en sa faveur et les élections présidentielles précédentes prouvent bien, sauf en 2002, qu'il faut réaliser plus que cela pour être en mesure de figurer parmi les 2 candidats du second tour. En admettant que MLP soit quand même présente à ce second tour, ses réserves de voix sont, je le répète, moindres que celles de ses adversaires potentiels


3- Je n'ignore pourtant pas que la décision de Sarkozy, celle du ni-ni, dimanche soir dernier, aura des répercussions sur les élections suivantes. Ayant décidé que le parti politique, dont il est le président, ne soutiendrait, dans les duels de dimanche prochain, ni le FN, ni la gauche, il se heurte à une résistance, sur le terrain, de la part de ses alliés de l'UDI et du Modem, et également à l'intérieur de son propre parti. Nombreux sont les candidats de droite battus ou qui se sont retirés à l'issue du scrutin de dimanche dernier, qui ont appelé à voter pour le candidat de gauche restant en lice, ou de façon explicite à "battre le candidat FN". 

On ne sait pas si N. Sarkozy sera candidat en 2017 : des affaires judiciaires sont en cours (dont la redoutable Bygmalion), et il n'est pas sûr que, dans une primaire ouverte, il sorte vainqueur de ces éliminatoires, beaucoup d'électeurs de droite n'ayant toujours pas digéré le mandat désastreux 2007/2012 ainsi que l'arrogance de celui qui l'a exercé. S'il était, de nouveau, candidat de la droite et participait au second tour en 2017, beaucoup d'électeurs de gauche se souviendront du ni-ni actuel, alors que eux ont voté Chirac en 2002 contre JM Le Pen, et qu'ils voteront dimanche pour un candidat de droite. Et c'est ainsi que l'hypothèse précédente d'une défaite de M. Le Pen pourrait être remise en cause si Sarkozy était le candidat de la droite aux présidentielles ! Non, NS n'est pas un "rempart" contre le FN. Il est un maillon faible !

Quand on raconte n'importe quoi (et c'est souvent !)

Les élus se sont-ils vraiment voté en douce un « parachute doré » ?

Le Monde.fr | 


En cette période de défiance aigüe à l'égard de la classe politique, c'est un sujet sensible, qui n'a pas manqué pas d'affoler le compteur de l'indignation. Selon l'association Contribuables associés, les parlementaires français se seraient mis d'accord à l'unanimité pour se voter un « parachute doré », en « doublant l'indemnisation des élus à la fin de leur mandat ». Une information reprise par de nombreux sites des sphères libéral-conservatrice et d'extrême droite, qui a également rassemblé plus de 11 000 signatures autour d'une pétition de Contribuables associés, au mépris des vérifications factuelles les plus élémentaires qui s'imposaient.
Ce que dit Contribuables associés :
Que la loi sur le statut de l'élu local adoptée par l'Assemblée nationale le 19 mars à l'unanimité prévoit de doubler de six mois à un an la durée d'indemnisation des élus en cas de défaite électorale. Qu'il obligera une entreprise privée à réintégrer l'élu à la fin de son mandat, la privant de sa liberté de recrutement.
En outre, l'association s'interroge sur le hasard du calendrier qui veut que la loi ait été votée à quelques jours des départementales, qui annonçaient une défaite sévère pour le PS, mettant en danger des centaines d'élus socialistes.

De quoi parle-t-on ?

La loi sur le statut de l'élu local votée en mars contient un catalogue de mesures visant notamment, selon son rapporteur (PS) Philippe Doucet, à diversifier le profil des élus et à « ouvrir l'accès » aux mandats, trop souvent réservés aux hommes et aux retraités. En renforçant certains avantages ou en les étendant aux petites communes, elle doit notamment faciliter l'engagement au niveau local des salariés du secteur privé et des femmes.
Sur cette loi, lire le post de blog : Un meilleur statut pour les élus locaux
POURQUOI LES CRITIQUES SONT EXAGÉRÉES :
Le site Slate.fr a très bien expliqué pourquoi parler de « parachute doré » était approximatif et excessif, en s'appuyant notamment sur les remarques publiées sur Twitter par Pierre Januel, collaborateur des députés écologistes à l'Assemblée.

1. La loi ne concerne que certains élus locaux

Première précision : contrairement aux raccourcis de Contribuables associés et de ses relais, la « loi visant à faciliter l'exercice, par les élus locaux, de leur mandat » ne concerne pas tous les élus mais, comme son nom l'indique, les seuls élus locaux. Toutefois, comme l'association le souligne, la plupart des parlementaires (qui ont voté le texte) exercent aussi un mandat local et pourraient donc théoriquement en bénéficier.
Ensuite, le « parachute doré » en question n'est pas attribué à tous les élus locaux défaits électoralement. Cette « allocation différentielle de fin de mandat »qui existe déjà depuis longtemps, est réservée aux élus battus qui se retrouvent à Pôle emploi (or, comme le rappelle le rapporteur PS du texte, Philippe Doucet, un mandat électoral n'ouvre pas le droit à des indemnités chômage) ou reprennent une activité professionnelle leur rapportant des revenus moindres que leur indemnité de mandat local.
Premier gros bémol : un parlementaire (député ou sénateur) qui perd son mandat local conserve son mandat national, et la rémunération qui va avec, et qui est supérieure à celle du mandat local. Donc des députés ou des sénateurs qui perdraient leur mandat local ne bénéficieraient pas de la mesure dénoncée par « Contribuables », car ils gagneraient trop à côté, grâce à leur indemnité parlementaire et/ou leurs activités annexes.

2. C'est la durée, et non le montant de l'indemnité qui est doublée

Ce que la récente loi a changé, ce n'est pas le montant de cette indemnité, comme certains l'ont dit, mais la durée pendant laquelle les élus peuvent y prétendre : un an au lieu de six mois.
Le montant reste inchangé sur les six premiers mois : au maximum 80 % des anciennes indemnités de mandat de l'élu, avec une dégressivité si l'élu retrouve un travail moins bien payé. La nouvelle loi prévoit que le taux passe à 40 % pour les six mois supplémentaires qu'elle ajoute.
Exemple n°1 : Mme Dupont, ancienne conseillère générale d'un petit département, se retrouve à Pôle emploi et sans aucun revenu. Elle peut prétendre pendant six mois à une allocation s'élevant à 80 % de son ancienne indemnité de 1 520,59 €, soit 1 216 € brut mensuels. Si elle ne trouve toujours pas d'emploi au bout de six mois, elle conservera une allocation de 40 % de son ancienne indemnité : 608 €. Le tout étant imposable.
Exemple n°2 : M. Martin, ancien maire d'une ville de plus de 100 000 habitants, retrouve un petit emploi dans un fast-food payé 1 200 € brut par mois. Il gagne donc 4 312 € de moins qu'avec son ancienne indemnité de 5 512,30 €. Il peut prétendre pendant six mois à une allocation de 80 % de cette différence (3 450 €), puis pendant les six mois suivants à 40 % de cette différence (1 725 €) en complément de son salaire.
En outre, pour être tout à fait complet, il faut noter que la loi ne fait pas que des « cadeaux » aux élus : elle impose aussi une modulation des indemnités des élus locaux en fonction de leur absentéisme, ce qui peut entraîner un manque à gagner pour les moins assidus.

3. La liberté de recrutement n'a rien à voir là-dedans

L'« obligation » pour les entreprises de réintégrer l'élu à la fin de son mandat n'a encore une fois rien de nouveau. Cela s'appelle le « droit à la réinsertion », un système qui autorise depuis longtemps les élus à « suspendre » leur contrat de travail pendant leur mandat et à bénéficier, à leur retour, d'une réintégration – avec, s'ils le souhaitent, un stage de remise à niveau, une formation professionnelle et/ou un bilan de compétences. Cette disposition est censée inciter les personnes de la société civile à s'engager dans la vie politique sans craindre de compromettre leur carrière professionnelle.
La nouvelle loi se contente d'étendre le droit à la réinsertion aux élus des communes de plus de 10 000 habitants (contre 20 000 jusqu'à présent) et à le rendre applicable pendant au maximum deux mandats, au lieu d'un. Si la réintégration d'un salarié au terme de 12 ans d'absence peut ne pas plaire à l'employeur, il ne s'agit en aucun cas d'une question de « recrutement », car le salarié est toujours sous contrat, même s'il ne travaille plus dans l'entreprise.
De même, le « congé électif », qui permet à un salarié d'être libéré une vingtaine de jours lorsqu'il est candidat à une élection, est étendu par la nouvelle loi aux communes de plus de 1 000 habitants, contre 3 500 actuellement. Enfin, le texte place les élus locaux les plus importants (maires et adjoints de grandes communes et membres des exécutifs départementaux et régionaux) qui conservent leur activité professionnelle sous le statut des « salariés protégés », à l'instar des délégués syndicaux – rendant beaucoup plus difficile leur licenciement.

4. La loi n'a aucun lien avec les départementales

Contrairement aux insinuations de la pétition de Contribuables associés, on ne peut guère soupçonner les parlementaires d'avoir fait voter cette réforme du statut de l'élu local pour anticiper leur défaite, ou celle de leurs amis, lors des élections départementales des 22 et 29 mars. En effet, la proposition de loi est dans les tuyaux du Parlement depuis novembre 2012.
En outre, la nouvelle loi n'entrant en vigueur qu'au 1er janvier 2016, elle ne sera pas applicable pour les élus battus lors de ces élections départementales, ni même lors des régionales de décembre 2015.

5. Cela ne coûte pas grand-chose ?

La gestion de l'indemnité de fin de mandat des élus est confiée depuis 2002 à la Caisse des dépôts et consignations. Pour la financer, un Fonds d'allocation des élus en fin de mandat (FAEFM) est alimenté par une cotisation obligatoire des collectivités territoriales. Mais comme très peu d'élus recourent à ce fond, celui-ci est en excédent d'environ 3,5 millions d'euros. Résultat : depuis 2010, le montant de la cotisation a été réduit à... 0 %. Depuis cette date, le FAEFM ne coûte donc plus rien à la collectivité, à l'exception de ses frais de gestion, d'un peu moins de 50 000 euros par an.


Les comptes de l'allocation des élus en fin de mandat
134112401Montant verséNombre de bénéficiaires2008200920102011201220130 €200000 €400000 €600000 €800000 €1000000 €Rapports annuels du FAEFM
2008
 Nombre de bénéficiaires: 134
Si la réforme augmentera mécaniquement le nombre de bénéficiaires et les montants versés, le surcoût devrait donc être limité.

mercredi 25 mars 2015

Départementales dans le Nord : résultats et commentaires

Non seulement le PS va perdre sa majorité absolue, mais la droite pourrait bien, dimanche soir, obtenir 21 des 41 cantons lui permettant de ravir la majorité et la présidence du conseil départemental du Nord, présidence incarnée probablement par Jean-René Lecerf.

Quelques chiffres et commentaires :
Le Front national est arrivé en tête de ce premier tour (31,85 % des voix), de peu devant l’Union de la Droite (UMP-UDI), 30,4 %. Le Parti socialiste ne recueille que 19,3 % des suffrages. Les forces de gauche (communistes, écologistes, divers gauche…) obtenant, au total, 35 % (unies, elles auraient obtenus de plus nombreux cantons que ceux qui leur sont promis).
En effet, le PS est éliminé dès le premier tour dans 28 cantons (sur 41). 13 conseillers généraux PS sortants sont déjà éliminés. Le Parti communiste perd son vice-président (depuis 1998) Fabien Thiémé, dans le canton de Marly.
Il y aura 22 duels Droite/FN dans 22 cantons, 7 PS/FN, 5 FDG/FN. A noter que les 2 derniers présidents du conseil général seront, chacun, face à la droite : Patrick Kanner (Lille 5) et Didier Manier (Villeneuve d'Ascq) et devraient l'emporter.
Il y aura 4 triangulaires dans les cantons de Bailleul, Armentières, Lille 6 et Le Cateau-Cambrésis. Dans ce dernier canton, le risque FN (premier) est grand, tant l'écart avec le binôme PS est important, ce, malgré les injonctions du parti de démissionner pour appeler à voter pour le binôme de droite.

Un rapide calcul met la droite à 20/23 cantons gagnés, le PS à 8/10 et le PC à 4/5. Quant au FN, il devrait faire son entrée au conseil départemental en emportant 4/5 cantons.

A noter que cette victoire de la droite n'avait pas été anticipée par les médias, alors que les signes étaient pourtant clairs. Depuis dimanche soir, c'est le branle-combat dans les rédactions parisiennes et l'occasion soit de faire porter le chapeau de cette défaite probable à Martine Aubry, soit de rappeler que la maire de Lille avait averti des conséquences dramatiques de la politique gouvernementale.

Enfin, un peu de prospective en vue des régionales de décembre 2015. Dans le tableau suivant, reprenant les résultats des départementales dans les départements de la nouvelle Région Nord-Pas-de-Calais-Picardie, on peut remarquer que : 
- le score du FN est inférieur à celui de la gauche regroupée;
- celui de la droite est en retrait par rapport aux 2 autres blocs.
Cela signifie que la gauche, si elle est unie au second tour des régionales, peut l'emporter ("toutes choses étant égales, par ailleurs..."), et serait même majoritaire du fait de la prime apportée au vainqueur (même système que dans les conseils municipaux : la liste arrivée en tête obtient la majorité +1 des sièges, les autres sièges étant attribués à la proportionnelle). Mais l'avance sur le FN est faible... Aux régionales, la participation est plus importante qu'aux départementales, ce qui est plus favorable à la droite et à la gauche qu'au FN.
Cela signifie également qu'à un peu plus d'un an des élections présidentielles, M. Le Pen ne prendra pas le risque d'une défaite dans des élections régionales. La désignation d'une autre tête de liste ne pouvant que provenir de la région, il y a peu de chances qu'un candidat puisse entraîner la même dynamique que la présidente du FN. Pour les mêmes raisons qu'évoquées ci-dessus, la participation, même indirecte, de cette dernière devra être relativement discrète pour ne pas nuire à sa candidature aux présidentielles. 

mardi 24 mars 2015

Elections départementales dans le Pas-de-Calais : prévisions de second tour.

La gauche pourrait perdre la majorité dans la nouvelle assemblée.

Le FN a percé (35,67%), comme prévu, malgré une mobilisation légèrement plus forte que sur le plan national (52%) et le parti lepéniste est souvent en tête dans les cantons du département. L'ensemble de la gauche dépasse les 40%, la droite réalise 24%. 
Un seul élu dès ce premier tour : à Saint-Omer, la doublette socialiste Bertrand Petit (conseiller général sortant) et Sophie Warot-Lemaire a réalisé 52%.
4 conseillers sortants, dont 3 communistes, sont éliminés dès le 1er tour : Jacques Napieraj (PS), maire d'Isbergues depuis 7 mandats, dans le canton d’Aire-sur-la-Lys; Daniel Dewalle (PC), ex-maire d'Houdain, dans le canton d’Houdain;Marcel Levaillant (PC), 3 mandats successifs, associé à une socialiste, dans le canton de Calais; Jean-Claude Juda (PC), 77 ans, dans le canton d’Outreau.

- On sait que dans les 3 cantons Hénin 1, Hénin 2 et Carvin, les 3 conseillers sortants, MM Corbisez, Urbaniak (curieusement associé à une autre sortante, S. Van Heghe, MRC) et Maciejasz auront beaucoup de mal à se défaire de leurs concurrents FN, même si le premier nommé peut l'emporter si les voix UDI se reportent correctement sur lui...

- A Liévin (PS/MRC) et à Avion (PC), la gauche devrait l'emporter. Par contre à Wingles et à Lens, le FN peut l'emporter si les voix de droite se partagent entre le FN, largement en tête, et le PS. A Lens, ville historiquement socialiste, où le FN a gagné 21 des 22 cantons de la ville, la bataille des municipales a laissé tellement de traces à droite et à gauche que l'on peut craindre une victoire frontiste du lillois FN parachuté sur Lens, il y a un an !
A Harnes et Bully, le PC d'une part, le PS, d'autre part, devront compter sur un bon report de voix de la droite pour l'emporter, avec peut-être une défection des voix communistes sur Harnes sur fond de conflit historique entre les 2 partis de gauche...

- Dans les cantons d'Arras, il y aura une triangulaire (UMP, PS, FN), la droite pouvant emporter les 3, le FN étant derrière, et les reports de voix à gauche ne se feront pas entièrement (exemple d'Arras 3 où JL Cottigny, symbole du "système PS du 62", ne fait pas l'unanimité chez ses partenaires, c'est le moins que l'on puisse dire... A Bapaume, l'UDI devrait battre le FN, grâce au désistement, en sa faveur, du PS. Même situation dans le canton d'Avesnes-le-Comte... Dans celui de Brebières, le binôme socialiste devrait profiter du report des voix des communistes et battre le FN.

- Sur le canton de Béthune, le candidat FN devrait l'emporter, du fait de la division de la gauche et d'un probable insuffisant report des voix de droite... Idem dans le canton de Beuvry où le retard du conseiller général sortant sur le FN ne sera peut-être pas comblé par un report suffisant de voix de droite. Par contre, dans le canton de Douvrin, cela devrait passer pour la gauche... Les électeurs de droite ont la décision du vainqueur entre leurs mains, dans ces 3 cantons. Dans le canton de Noeux, la réélection de Michel Dagbert, actuel Président du Conseil Général, tient au report d'une majorité de voix de la droite... ce qui semble probable. 

- Dans le Bruaysis, les socialistes confirmeront à Bruay leur 1er tour (le sortant Daniel Dewalle ayant été éliminé). A Auchel, un bon report des voix de la droite suffira au Front de gauche pour l'emporter devant le FN. A Aire, le canton est promis au Divers Gauche (chute du sortant Napieraj : voir plus haut). L'union PC-PS à Lillers aura besoin d'un très bon report de voix de la droite pour battre le FN.

- Dans le canton de Saint-Pol, sur les 88 communes de ce nouveau canton, le FN est en tête dans 46 d’entre elles; l’UMP-UDI-MoDem dans 35 et la majorité départementale quatre. Plus trois ex aequo dans 3 communes....La gauche se retirant, la droite devrait l'emporter.

- Dans l'Audomarois, le PS, arrivé troisième, dans le canton de Longuenesse, parlait de se maintenir, le FN étant second derrière la droite.  Les 3 sont dans un mouchoir... et la décision d'un éventuel maintien fait du bruit. Triangulaire certaine dans le canton de Fruges avec dans l'ordre : la droite, le PS et le FN et avantage à la première. Dans le canton de Lumbres, le tandem socialiste Jean-Claude Leroy-Blandine Drain l'emportera facilement au second tour.

- Boulonnais : dans le canton d'Outreau, avec un report normal de l'UDI, le PS battrait le FN. Dans les cantons de Boulogne 1 et 2 : des reports majoritaires de la droite permettraient au PS de gagner les 2 cantons. Dans le canton de Desvres, le PS, avec le ralliement des Verts, devrait l'emporter.

- Calaisis : dans les cantons 1 et 3 de Calais : la droite, avec un bon report de voix de la gauche l'emportera. L'inverse est à prévoir dans Calais 2 où le PS peut l'emporter avec un bon report de la droite. A Marck, le conseiller sortant socialiste, arrivé 3ème, veut se maintenir alors que l'UMP est en tête, le FN deuxième. Il a très peu de chances de l'emporter...

- A Auxi-le-Château, Etaples et Berck-sur-Mer, la droite devrait s'imposer sans difficulté.


Selon ces prévisions de second tour, la gauche perdrait la majorité dans le nouveau Conseil départemental. Sur 39 cantons (majorité : 20), la gauche n'en obtiendrait que 18, la droite 15 et le FN 6 (Hénin 2, Carvin, Wingles, Lens, Béthune, Beuvry).
Bien entendu, les résultats du second tour vont dépendre des reports de voix de la droite vers la gauche (pas toujours évidents), de la gauche vers la droite et de la gauche vers la gauche. On comprendra donc qu'il suffirait que 2 cantons pronostiqués en faveur de la droite ou du FN, soient remportés par la gauche pour que cette dernière reste majoritaire dans l'assemblée. Outre le report de voix, une diminution de l'abstention pourrait également modifier les prévisions.









Sorry (bis)

Je vais finir par croire que je ne suis pas en cause, car, contrairement à ce que j'ai écrit il y a quelques minutes, c'est plus de cent messages qui ont disparu... et non pas 8 ! Mystère... Qui a fait le coup ?

Sorry !

Je suis désolé, mais je viens, par erreur, de supprimer les 8 derniers commentaires envoyés. Aucun n'aurait dû l'être ! Il y avait des messages non anonymes signés respectivement JC Danglot, David Noël, J, Cliquet. D'autres parlaient de "fumer la moquette", "je me tais", un autre parlait des scores FN dans 4 villes du Sud et un huitième dont je ne me souviens plus du contenu. Si vous vous reconnaissez dans ces commentaires supprimés, je vous invite à les reprendre... Mille excuses encore !

lundi 23 mars 2015

Résultats des élections départementales dans les cantons d'Hénin-Beaumont


Dans le canton de Hénin 1, le binôme Maryse Poulain-François Vial est largement en tête avec 46,15 % des suffrages exprimés. Il est en tête dans tous les bureaux de vote d’Hénin et Montigny.
Jean-Pierre Corbisez (PS, sortant)-Jeanne-Marie Dubois (divers gauche) sont loin derrière : 30,30 %. A signaler que le maire oigninois Jean-Pierre Corbisez est à égalité avec son opposant local FN, François Vial, obtenant chacun 1437 voix (41,92 %). Un camouflet pour le conseiller général sortant. 
Le binôme Parti de Gauche-PC, Edmond Bruneel-Dorothée Fizazi, atteint 6,69% des voix, le tandem écolo Marine Tondelier-Thierry Deneuville (avec comme suppléante une membre du Parti de Gauche) est à 6,5 %. Les trois listes de gauche réalisent 43,49 %.
L’UDI Anne-Sophie Taszarek (ex "jeune socialiste") et le divers droite Tony Franconville réalise un bon 10,37 % des voix.
C'est donc ce duo plutôt" centriste" qui fera la décision. Il est fort probable qu'il appellera à battre le FN, comme les autres candidats de gauche, et si les électeurs suivent, JP Corbisez devrait se succéder à lui-même, sur le fil. Surtout que l'on pourrait assister à une meilleure mobilisation des électeurs qu'au premier tour (49,2%). 



Dans le canton de Hénin 2, les 2 conseillers sortants Sabine Van Heghe, MRC) et Jean Urbaniak, conseiller général depuis 23 ans, ont failli perdre le canton au premier tour face au duo FN Christopher Szczurek et Aurélie Beigneux fort de ses 49,48% ! Ce n'est probablement que partie remise, car, à moins d'une mobilisation des abstentionnistes du premier tour (45,22% de participation, 5 points de moins que nationalement !), l'issue du second tour ne fait pas de doute. Jean Urbaniak et sa colistière (29,09%) ne sont en tête que dans la ville de Noyelles-Godault (53,89%), le premier consolidant sa réputation de bon gestionnaire de sa commune. A noter que, dans la ville communiste de Drocourt, le Front de gauche (22,95%) est laminé par le FN (50%)... L'absence d'un candidat socialiste n'a pas profité aux Verts (5,43%). Quant à l'UMP (6,10%), il a fait également de la figuration, mais cela était prévisible...




En conclusion, sur la ville d'Hénin-Beaumont:




- Le FN a réalisé 55,04% (HB 1) et 60,77% (HB 2) dans chacune des parties de la ville de Hénin. Soit un score 58.58% sur la ville alors que la liste Briois avait réalisé 50,25% au premier tour des élections municipales de mars 2014 ! En voix, le FN a réalisé 20% de voix en moins, entre les 2 élections, alors que la participation a été réduite de 1/3 et a donc perdu moins que la diminution de la participation ! Ce progrès ne manque pas d’interpeller : la population n'a donc pas encore perçu les tentations hégémoniques du parti qui a, à plusieurs reprises, montré qu'il tentait de cadenasser toute expression contraire à la sienne : en critiquant outrancièrement la presse locale, en menaçant de plainte en diffamation David Noël, conseiller municipal d'opposition, en essayant de mettre au pas des associations, en faisant fi du débat en conseil municipal, en nommant un des siens à la communication dans les services de la ville...


- Le score élevé du FN sur Hénin (on en aura confirmation dimanche prochain ou il devrait dépasser les 60%), est d'autant plus conforté qu'il n'y a pas d'opposition active et crédible. Les membres de l'opposition qui se présentaient lors de ces cantonales ont réalisé de faibles scores (EELV a quand même réalisé 12,91% sur HB1, mais associé au Parti de Gauche) et ne peuvent prétendre incarner une légitimité. Le PS sombre de plus en plus : 15,23% pour JP Corbisez, mais cela on le savait depuis que le parti a soutenu Dalongeville et Binaisse. Il n'y a aucune structure d'opposition à Hénin et personne n'incarne cette opposition. Tant que quelqu'un ne se lèvera pas pour entraîner avec lui une opinion prête à être séduite pour battre le FN, ce dernier a encore de beaux jours devant lui. Pour qu'émerge un espoir, il faudra un homme neuf, qui agisse en dehors des partis politiques... et cela dans les plus brefs délais !




dimanche 22 mars 2015

Rétro : quelques mois avant une défaite annoncée (13)



lundi 24 juin 2013


Conseil municipal du 24 juin 2013 



2h30 de conseil municipal dont nous commenterons les débats par une petite note d'ambiance...
Nous reviendrons demain sur le compte administratif et certaines délibérations.

1- Un maire et un leader d'opposition médiocres, tous les deux, dans leurs réparties et leurs interventions. Des allusions de l'un (Saint-Vincent de Paul) et de l'autre (la gare TER pour Briois) du niveau des disputes dans la cour d'école ("Tu vas voir ce que tu vas voir"). Quelques phrases saisies au vol, pour montrer cette médiocrité :
E. Binaisse (pas toujours des binaissades...) :
- "La presse étant là, nous pouvons commencer..."
- "Passionnant ce discours entre voisins" (FN et minorité de la majorité au sujet d'une intervention de Mme Daussin. Voir ci-dessous)
- "Un rapprochement des 2 oppositions ? (les mêmes, au sujet du Cèdre bleu).
-  A S. Briois : "Vous êtes un rigolo". Quelques minutes plus tard, il fustigeait (à juste titre, certes) Briois pour "ses calomnies et son manque de respect".
- "Il y a quand même de jolis moments dans la majorité".
- "Je vous remercie de votre confiance, M. Bouquillon" . Ce n'était pas ironique et le maire s'aperçu de l'ambiguïté de ses propos quand survint un éclat de rire généralisé...
- "Je suis fier d'avoir été professeur, très fier". 

S. Briois :
- au maire :"on peut vous plumer sans que vous bronchiez".
- " des calculs légaux"...
- au maire : "vous êtes un Dalongeville au rabais".

2- Un groupe des 12 "accrocheur"
Une intervention liminaire de Madame Daussin, présidente, mit les choses au point, en rappelant que les promesses faites par le maire de pratiquer la concertation restèrent rapidement lettre morte, notamment sur les projets annoncés par le maire (Cèdre bleu, îlot Carnot...) qui n'ont pas fait l'objet de discussion entre élus majoritaires... De même, JM Bureau fit observer, à 2 reprises, que ses remarques adoptées en commission n'avaient pas été prises en compte.

3- Un gag a confirmé l'incompétence des uns et des autres, puisque personne ne remarqua ce qui s'est réellement passé ! 
Au sujet d'une délibération concernant la répartition des délégués des communes à la CAHC (nous en reparlerons demain), le FN manifesta son désaccord en proposant un amendement à la délibération, qui, en fait, réduisait à néant une décision unanime du bureau communautaire... Suspension de séance demandée par le maire pour savoir quelle attitude prendre sur cet amendement.
Les élus reviennent et le maire annonce que la majorité s'abstient sur ledit amendement et l'opposition vote pour, évidemment. Ce qui signifie que l'amendement est adopté, une majorité relative suffisant, et modifie, donc, la délibération que le maire aurait dû faire voter dans la foulée... Mais il la reporte à la prochaine séance, pensant que l'amendement avait été repoussé... Cela signifie donc qu'au prochain conseil municipal, le FN, qui ne s'est rendu compte de rien sur le moment, exige, alors, que la délibération ainsi modifiée soit soumise au vote. Elle ne sera pas adoptée, n'en doutons pas et devra être proposée, une nouvelle fois, lors d'un conseil suivant, mais... il fallait qu'elle soit votée... avant le 30 juin 2013 et vu le couac ... Bon, HB sera peut-être sauvée par les 13 autres communes qui voteraient la délibération, la loi prévoyant qu'une majorité renforcée peut faire adopter cette nouvelle répartition (soit 2/3 des communes représentants la moitié de la population totale ou inversement)...
On se doit de supposer que le maire s'est trompé en annonçant que ses troupes s'abstenaient alors qu'elles auraient dû voter contre. La délibération aurait pu être ainsi votée sur le champ...  Quelle erreur, quand même, d'avoir géré ainsi cette situation...
Pauvre Hénin...