dimanche 23 avril 2017

Incroyable : Poutou et Hamon au second tour !

Je viens de recevoir les résultats prévisibles (fiables à 99% !) de la présidentielle (1er tour). 
Ils proviennent de l'expérience unique au monde réalisée par l'Université US de Berkeley (laboratoire de recherche de sciences politiques) et tenue secrète depuis son origine. Il s'agissait de brancher des capteurs dans le cerveau de 10 000 cobayes français (consentants, bien sûr) pour enregistrer, entre 6 et 8 h ce matin, leurs intentions de vote pour cette journée. On n'était jamais allé aussi loin dans la perception cognitive du cerveau humain ! Certes, les citoyens savaient que leurs émotions seraient analysées finement, mais certains doutaient de la fiabilité de cette expérience.
Ce matin, à 10 h, donc, sont tombés sur les "fils" des différentes agences de presse, les résultats "prévisibles" de ce premier tour de l'élection présidentielle. Je vous en livre les résultats immédiatement (en %) et je les commenterai, à chaud, ensuite.
1- Poutou      19,04
2- Hamon      18,86
3- Macron     16,42
4- Le Pen      15,33
5- Mélenchon13,88
6- Fillon         10,87

Les 5 autres candidats se partageant les 5,60 % restants !
Sont donc qualifiés pour le second tour, Philippe Poutou et Benoit Hamon, pourtant malmenés dans les derniers sondages...
Comment expliquer cette "hénaurme" surprise ? Tentons quelques explications fortement réductrices vu que je suis encore dans l'émotion qui suit la découverte des résultats spectaculaires des scientifiques étatsuniens !
Le score de Poutou s'explique probablement pour 2 raisons : sa désinvolture et son franc-parler qui ont constitué un exutoire pour de nombreux Français indécis jusque là et qui ne voulaient pas se résoudre à voter extrême droite ou extrême gauche...
La qualification de Hamon doit être recherchée autant dans les outrances de Mélenchon que dans les qualités propres du candidat socialiste: sobriété, honnêteté, sérieux...
La dégringolade, par rapport aux sondages, des candidatures Le Pen et Fillon prouvent que les Français ont pris conscience des faits qui leur étaient reprochés et se sont réfugiés vers des candidats qui leur semblaient honnêtes.
Macron a pâti de ce qui a pu sembler un exercice d'équilibre continuel aux yeux des Français, qui n'ont jamais aimé le "ni droite, ni gauche", auparavant incarné, avec peu de succès, par Bayrou...
Quant à Mélenchon, que dire ? Les Français en sont-ils revenus des "beaux parleurs" ? Sont-ils réceptifs à un discours révolutionnaire ? Cela méritera d'être affiné, car, d'un autre côté, ils ont choisi Poutou.
Quand nous aurons confirmation de ces résultats (il faudra également regarder de près les chiffres de l'abstention...), nous serons en mesure d'approfondir notre réflexion et surtout de nous préparer à un second tour épique ! 
Poutou, président : quel choc ce serait ! Je crois que je voterai Hamon pour éviter cet affront...

samedi 22 avril 2017

Inadmissible !

J'ai, entre les mains, ce courrier du maire d'Hénin-Beaumont adressé à certains de ses administrés, et datant de mercredi. Sa légalité me paraît plus que douteuse et je saisis les autorités compétentes.

Cher (ère) concitoyen (ne), 
Vous savez que, à l'occasion du premier tour de l'élection présidentielle, ce dimanche, nous aurons le plaisir d'accueillir, pour la journée, notre présidente, Marine Le Pen, qui deviendra, dans 2 semaines, la présidente de tous les Français.
Accaparée comme elle le sera par les médias du monde entier, elle n'aura pas forcément la possibilité de tous vous saluer. Aussi, j'ai souhaité qu'un moment vous soit réservé, à vous qui aurez tant contribué à notre prochaine victoire.
Comme vous le savez peut-être déjà, j'ai décidé de vous accueillir, ce dimanche, dans les salons de l'Hôtel de Ville, à partir de 19H. Un bureau de vote y sera installé où vous pourrez voter, jusqu'à 20 heures, en toute tranquillité et entouré d'amis (J'avais, à cette occasion, demandé à La Voix du Nord de publier un communiqué, mais, vous vous doutez bien, il n'en fût rien...).
Après avoir accompli votre devoir électoral, vous pourrez, en compagnie de la présidente, de nos élus municipaux, régionaux et départementaux, boire le verre de l'amitié et vous restaurer.
A cette occasion, Marine vous fera peut-être part de son intention de nommer certains d'entre nous au gouvernement et, notamment, cela n'est un secret pour personne, un premier ministre parmi ceux que vous connaissez très bien. Je vous annonce déjà, si les choses se réalisent, que je ne vous quitterai pas complètement et que je compte bien rester dans la majorité municipale héninoise.
Quelques petits conseils pour cette soirée :
- le bureau de vote sera installé à l'entrée de la salle et sera ouvert à 19h précise et fermé à 20h;
- pour voter, n'oubliez pas votre carte électorale et une pièce d'identité;
- on nous a reproché de ne pas avoir organisé de primaires pour désigner notre candidate et que, ainsi vous, électeurs du FN, n'avez pas contribué comme les autres électeurs, au fonctionnement de votre parti. Je vous propose donc de glisser dans votre enveloppe de vote, un billet ou un chèque libellé à mon nom ou au nom du parti, du montant que vous souhaitez. Vous n'omettrez pas d'indiquer, au verso de votre bulletin, vos coordonnées, car nous vous réservons une petite surprise...

A dimanche soir, donc.
Votre fidèle S. Briois 

vendredi 21 avril 2017

Dernière minute et urgent (source : France Patriote Presse)

Afin d'éviter tout engorgement dans les bureaux de vote et pour prévenir tout risque d'attentat, ce dimanche, les électeurs FN voteront lundi, à partir de 8H. Les résultats officiels seront annoncés lundi soir.
Merci de bien vouloir prévenir les électeurs du Front national de ce changement de dernière minute


De ce fait, à Hénin-Beaumont, M. Le Pen ne sera présente que lundi et non dimanche, comme prévu initialement...

La justice vue par le FN !


Lu et entendu sur le blog de David Noël (20/4), conseiller municipal d'opposition à Hénin-Beaumont

Crèche de Noël en mairie : en commission municipale, Bruno Bilde annonce déjà qu'il violera les décisions de justice !

Bruno Bilde, l'adjoint aux affaires juridiques de Steeve Briois, est déterminé à refuser d'appliquer les décisions de justice qui seraient défavorables à la Commune et à violer la loi si besoin pour des raisons purement idéologiques.
Interrogé sur la question des frais de justice engagés par la ville d'Hénin-Beaumont pour un procès en appel à propos de la présence d'une crèche de Noël qui n'a pas lieu d'être dans l'hôtel de ville et qui a été annulée suite à mon recours au Tribunal Administratif de Lille, l'adjoint au maire d'extrême droite s'est lâché, jeudi dernier, en commission municipale :
"Bruno Bilde : Tant que nous serons élus dans cette ville, il y aura une crèche de Noël.
David Noël : Vous violerez le Conseil d'Etat.
Bruno Bilde : Vous pourrez aller devant le Tribunal administratif, le Conseil d'Etat, la Cour européenne des droits de l'homme, le tribunal international de New-York...
David Noël : Qui vous donneront tort...
Bruno Bilde : On s'en fout. Il y aura toujours une crèche de Noël ici.
David Noël : Il n'y en a jamais eu !
Bruno Bilde : On s'en fout. Il y aura toujours une crèche de Noël ici !"
Cet échange hallucinant est à écouter en cliquant sur le lien ci-dessous.
Bien évidemment, n'en déplaise à M. Bilde, j'irai jusqu'au bout pour faire respecter les lois de la République à Hénin-Beaumont. La France est une République laïque !

jeudi 20 avril 2017

Réponse à mon fils, au sujet du "vote utile".

Avant-hier, j'ai exprimé mon choix de vote pour ce 23 avril. Mon fils m'a, dans la foulée, écrit pour me faire part de son désaccord sur les raisons de mon choix. Comme vous pourrez le lire, ci-dessous, il m'appelle à voter "utile". 
Ma réponse figure à la suite de son mail...

"J'ai lu avec intérêt ton article ou tu annonces vouloir voter pour Hamon. Je comprends tes motivations sur le fond mais je pense qu'il s'agit d'une grave erreur tactique qui va nous mener a un second tour ou le choix sera terrible.

Hamon n'a aucune chance d’être au second tour suite à sa campagne désastreuse même si son programme est intéressant (quoique très naïf). Macron est le seul candidat modéré et honnête avec des chances de passer au second tour. Malheureusement, ses chances de se qualifier sont de plus en plus faibles.

Si il ne passe pas, que ferons nous au second tour?

En 2002 nous avons tous été surpris du résultat. Il n'y aura aucune excuse cette fois et tous ceux qui auront voté par idéalisme seront responsables...

Les mots sont forts mais la situation est très grave et personne ne doit prendre le moindre risque."


Mon cher fils, je constate, avec fierté, que, malgré ton éloignement géographique, tu continues à t'intéresser à la vie politique française. J'ai apprécié ton conseil sur le vote utile qui fait l'objet d'un débat d'actualité à 3 jours de ce premier tour de la présidentielle.   
Tu rappelles l'antécédent de 2002 où Lionel Jospin fut éliminé dès le premier tour, ce qui contraignit une grande majorité de Français à voter Chirac lors du deuxième tour pour montrer leur totale opposition, leur rejet, de JM Le Pen. Le choix "forcé" de voter pour le candidat RPR avait été mis sur le compte de l'éparpillement des voix vers les "trop nombreux" candidats de gauche (Mamère, Taubira, Chevènement, Gluckstein, Besancenot, Hue, Laguiller). Or chacun de ces candidats représentaient une légitimité, car leurs convictions étaient différentes: trotzkistes, écologistes, souverainistes... Au total, près de 8 millions de voix s'étaient portées sur eux, alors que le candidat socialiste, Lionel Jospin, atteignait péniblement 4,6 millions de voix... Ce fut donc une défaite de Jospin qui n'avait pas su s'imposer pendant la campagne, ni chercher à rassembler en vue du second tour, entraînant donc cette pléthore de candidats de gauche (dont la plupart ne furent pas remboursés de leurs frais de campagne, n'ayant pas atteint les 5%). Dois-je ajouter que la multiplication des candidatures se retrouva à l'extrême-droite (Le Pen, Mégret, Saint-Josse), comme à droite (Chirac, Madelin, Boutin, Bayrou, Lepage)... J'avais voté Mamère, à l'époque, parce que je n'avais retrouvé chez aucun autre candidat les propositions écologistes (que l'on lit aujourd'hui chez la plupart des candidats de gauche, ironie de l'Histoire !).  Jospin n'avait pas eu le moindre souci de refléter la diversité des opinions de gauche. Macron, aujourd'hui, même s'il est "modéré et honnête" a fait le contraire de Jospin, mais en ne visant pas la gauche, mais la récupération de voix de droite centriste (qui ne veut pas de Fillon) et de centre gauche... Ce qui n'est pas un signe de vouloir rassembler la gauche. En 2002, on "dut" se résoudre à voter Chirac, par refus du FN. Ben, on fera de même cette fois-ci, pour battre Le Pen fille : on votera Fillon, Macron ou Mélenchon... Le premier m'inspire dégoût, le troisième ne m'inspire guère, et Macron serait un pis-aller... Pourquoi devrais-je voter pour un de ces trois là, dès dimanche, alors que je me retrouve entièrement dans le programme de Hamon ? 
Si je souhaite retrouver dans l'avenir les idées de Hamon portées par d'autres candidats (comme je retrouve aujourd'hui celles de N. Mamère, dans les programmes de certains candidats), il me faut voter Hamon. 
Si je veux que la gauche se reconstruise autour d'un projet, il me faut voter Hamon. 
Si je pense que Macron peut reprendre une partie du projet porté par BH, il me faut voter Hamon.
Tu me parles d'un vote "difficile" au second tour : certes, choisir Fillon contre Le Pen sera un crève-cœur pour moi, mais je ne serai pas responsable du fait que des électeurs auront choisi un candidat fortement soupçonné de délinquance... et comme je ne suis pas sûr que Macron représente l'avenir de la France... 
Ainsi, je maintiens mon intention de voter selon mes convictions, tout en sachant que M. Le Pen ne gagnera pas cette élection...
Cela dit, mon fils, je sais que tu voteras en ton âme et conscience et cela me réjouit grandement...

mercredi 19 avril 2017

Balivernes et réinformation.

Pour qu'il n'y ait pas d'ambiguïté, j'ai repris les définitions du mot "baliverne" sur le site du Centre national de ressources textuelles et lexicales :
- Propos ou écrits futiles et souvent erronés
Idées, croyances, coutumes, institutions, etc., sans grand fondement ou considérées comme telles
- Action, comportement, occupation puérils ou stupides et sans grand intérêt
Oui, depuis quelques jours, dans le cadre de la présente campagne électorale, j'ai lu et entendu beaucoup de balivernes. En voici quelques exemples : 

- Un "grand" philosophe (Alain Badiou) vient de s'exprimer dans le Monde en mettant en avant la seule option politique digne de remplacer la démocratie : le neocommunisme. Pas le communisme, bien sûr, qui s'est appliqué, notamment en URSS et en Chine. On tremble devant cette idéologie promu par un ancien maoïste et admirateur des Khmers rouges...

-  "L’UE, on la change ou on la quitte" proclame un candidat à la présidentielle. Comme il n'y a aucune chance que la France fasse adopter ses propositions de réforme aux 26 autres partenaires et que la règle de l'unanimité est un principe, notre pays ne pourrait pas imposer les changements qu'il souhaite et quitterait l'Union européenne. On peut donc affirmer que ce candidat est pour le Frexit, à l'instar du FN, même s'il s'en défend...

 "Avec moi, il n’y aurait pas eu de Mohamed Merah, français grâce au droit du sol. " « Avec moi, il n’y aurait pas eu » les attentats du ­Bataclan et du Stade de France, parce que les terroristes « ne seraient pas entrés dans notre pays ». Propos de la candidate du FN, qui a promis un moratoire « total, immédiat sur toute l’immigration légale" au lendemain de son élection, le temps de revoir la législation. "La nature du risque terroriste est d’être relativement imprévisible. Elle interdit à tout candidat à un mandat public de prendre l’engagement qu’il ou elle empêchera le terrorisme islamiste. A posteriori, elle interdit d’exploiter électoralement les victimes de ce type d’attentats. C’est affaire de décence et de sens des responsabilités." (Le Monde). 

- Un commentateur sur mon blog m'a reproché (outrancièrement) d'avoir exprimer mon choix de vote. Je lui ai fait remarquer que tant que la démocratie règne en France, la liberté d'expression existe. Beaucoup d'exemples locaux démontrent que ce ne serait pas forcément le cas si le FN accédait au pouvoir.

Le terme réinfosphère est populaire aujourd'hui et désigne l'ensemble des sites Internet, le plus souvent de la mouvance d'extrême droite ou conspirationnistes qui pratiquent la réinformation. Cette dernière affirme résister contre la "désinformation" qui régnerait en France sur les médias classiques. Entrent dans les outils de la "réinformation" en vogue dans cette réinfosphère, ce qu'on appelle les hoax ("canulars" étymologiquement), les "fakes" ("faux" ou "impostures") et autres (fausses) rumeurs... Les "balivernes" peuvent participer de cette propagande insidieuse...


mardi 18 avril 2017

J moins 5

Youpee ! Jusqu'à hier, je faisais partie des "trois Français sur dix" qui paraissaient indécis pour leur vote à l'élection présidentielle, et qui relativisent, de ce fait, les prévisions des instituts de sondage. Remarquons, d'ailleurs, que nombreux sont ceux qui, tout en faisant part de leur indécision, savent, quand même, pour qui ils vont voter, sans parler de ceux qui joueront à pile ou face leur choix de dernière minute...
En ce qui me concerne, ceux qui me connaissent savent que je ne voterai pas pour les deux présumés "délinquants" de droite, autant pour l'image qu'ils donnent que pour leurs programmes que je considère comme ineptes. Certes, entre la peste (Fillon) et le choléra (M. Le Pen), je choisirais la première, mais mon objectif est de ne pas me retrouver devant cette décision à devoir prendre... 
Je ne veux pas voter pour un des candidats qui ne peuvent, à mes yeux, représenter la France (Poutou, Cheminade, Arthaud, Asselineau...), avec une mention spéciale pour N. Dupont-Aignan dont les idées me semblent souvent proches de celles du FN...
En passant, notons qu'il n'y a que 2 femmes candidates, l'une plus sympathique que l'autre, certes. C'est peut-être une des raisons pour laquelle, cette campagne est si exaspérante : l'avenir de la politique française réside probablement dans une présence beaucoup plus importante des femmes sur la scène politique...
Restait à choisir, en ce qui me concerne, entre Macron, Mélenchon et Hamon... ce fut difficile, je l'avoue... Je me suis résolu à imaginer voter Macron, au second tour, parce que, face à l'éventualité d'une présence de MLP, je n'aurai pas d'hésitation, comme je pourrais en avoir si je devais choisir F. Fillon. Certes, me rétorque-t-on, pour que Macron soit avant Fillon, faut-il encore voter pour lui au premier tour, ce que l'on appelle le "vote utile"... Je suis persuadé que, parmi les 3 millions d'indécis (si tant est que ce chiffre soit exact...), une majorité votera Macron et me déchargera de l'idée d'un vote utile... Mes préventions contre E. Macron sont les mêmes que celles de beaucoup de concitoyens : inexpérience, programme trop libéral, trop consensuel... Par contre, j'aime sa jeunesse, sa foi en l'Europe, son pragmatisme...
J'ai toujours beaucoup aimé JL Mélenchon : le tribun, le laïque, le désormais écologiste convaincu, la proximité avec les "blessés de la vie"... Malheureusement, grande fut ma déception en prenant connaissance de sa volonté de quitter l'Europe, de sa proximité avec la Russie, la Syrie et l'Iran et de cette idée farfelue d'intégrer l'Alba (Alliance bolivarienne pour les Amériques) avec comme pays observateurs la Russie et l'Iran !
Restait donc B. Hamon. Et ce n'est pas un choix par défaut ! Son programme me satisfait entièrement (il y aurait, certes, à revoir les modalités de sa proposition sur le revenu universel) : suffisamment écologiste, européen et social pour me convaincre. L'homme est simple, honnête et volontaire... Il ne sera probablement pas président de la république et aura du mal à faire oublier la trahison de "frondeur" qui lui a été reprochée..., pour pouvoir rassembler la gauche dans l'avenir. Mais, au moins, c'est un homme de conviction...

lundi 17 avril 2017

Je saisis à nouveau Préfet et Ministre...

Les conseils municipaux d'Hénin-Beaumont se suivent et se ressemblent, et ce, depuis le début de l'ère frontiste à la tête de la mairie. Celui du vendredi 14 avril dernier n'a pas failli...
Le conseil municipal du 29/9/2015 m'avait semblé avoir dépassé toutes les bornes. Je rappelle le compte-rendu que j'en avais fait : 

Conseil municipal d'Hénin-Beaumont (29/9/2015) Le conseil de la honte ! (1)

Assister à une séance du conseil municipal d'Hénin-Beaumont devrait être un must pour tous ceux qui veulent être vaccinés à jamais contre le Front national. Peut-être l'Education nationale devrait-elle programmer une "sortie" en conseil municipal d'Hénin dans le cadre des cours d'éducation civique afin qu'il ne vienne jamais à l'idée de nos jeunes de voter un jour FN. Je vais vous raconter, non le détail de ce conseil, mais l'ambiance incroyable qui a prévalu.
Un conseil municipal fixé à 16h paraît toujours suspect. Aucune explication n'a été fournie. On me dit que l'ordre du jour était fourni (c'est vrai que la séance a duré 4h15), mais rien n'empêchait de prévoir 2 conseils municipaux... Une salle pleine (plus de 150 personnes), à 95% composée d'adhérents ou de sympathisants FN. J'étais assis au milieu de personnes dont tout indiquait qu'ils étaient venus pour glorifier leurs élus majoritaires et fustiger l'opposition. 
S. Briois demande que l'on se cantonne au sujet des délibérations et que le public reste silencieux... Vœu pieux ou plutôt, comme on le verra, de la poudre aux yeux. L'adjoint Szczurek commença à lire une motion de soutien au maire attaqué, durant l'été, par le conseiller municipal d'opposition, S. Filipovitch qui l'a fait passer pour "un pédophile et un prostitué" (termes inventés) parce que posant en bikini (dans une piscine) au milieu d'enfants également en maillot. Le conseil municipal condamna ces "propos abjects". Le ton était donné. A chaque fois que le conseiller incriminé prit la parole, les élus FN se levaient pour sortir ou discuter entre eux, l'exemple était donné par le maire lui-même qui tenait des mini-conférences avec d'autres élus... Et dire que Briois avait réclamé que l'ordre républicain soit respecté ! Ambiance indescriptible... A noter qu'à plusieurs reprises, B. Bilde demanda à l'opposition de respecter la démocratie, en ne l'interrompant pas. Il monopolisa souvent la parole, sans même la demander au maire, attaquant ses adversaires sur leur vie privée. Ses interventions, tolérés par Briois, sortaient du cadre des délibérations. Insupportable tant par son attitude physique (il se déplaçait de l'un à l'autre pendant la séance) que par son outrance verbale, le directeur de campagne de MLP est véritablement le maire bis... 
Marine Tondelier (EELV) demanda bien pourquoi ses questions écrites n'avaient pas été reprises : la mauvaise foi de Bilde éclata quand il dit qu'il ne les avaient pas reçues (mais il se "vendit" aussitôt après) et le maire "démocrate" coupa le micro à la conseillère écologiste. Ce qu'il fit, à plusieurs reprises, avec d'autres conseillers d'opposition, puis se ravisa au bout d'une heure. Interrompant les élus adverses, se moquant d'eux, il bredouilla à plusieurs reprises rendant ses propos inintelligibles. 
Quant au public, il applaudit une vingtaine de fois (ce qui est strictement interdit), insultant les élus d'opposition assis devant eux et leur tournant le dos (c'était une première, d'ailleurs : l'opposition tournant le dos au public, bizarre, non ?). J'ai repris quelques invectives émanant du public, dans le verbatim ci-dessous. 
En fin de séance, une motion présentée par la majorité demanda à ce qu'aucun migrant ne soit accueilli à HB. L'hystérie et le racisme du FN s'exprima alors au grand jour, et les gens dans la salle manifestèrent bruyamment quand David Noël, Marine Tondelier ou Stéphane Filipovitch tentèrent de faire entendre la voix de la raison (24 000 migrants en 2 ans, soit une seule personne pour une ville comme HB) : rien n'y fit, on était en plein dans un "meeting FN" (M. Tondelier dixit) avec ses vociférations, ses huées et ses applaudissements... "La motion de la honte", dixit David Noël (PC).
Comme on parlait des mal-logés français (par rapport à l'accueil des migrants), M. Tondelier s'interrogea pour savoir pourquoi "un conseiller régional présent" (collaborateur qui plus est, sur place, du député européen Briois) bénéficiait d'un logement social (loyer ajusté a ses revenus, précisa l'adjointe, confirmant donc la réalité de cet avantage alors qu'un mal logé restait probablement en attente d'un autre toit), le maire fit mine de ne pas comprendre, puisque ni Sulzer et ni Bilde n'était logé dans un habitat social. On apprit que l'adjoint visé avait démissionné en catimini, il y a quelque temps, de sa fonction de conseiller régional... Ben oui, la transparence, on ne connait pas au FN ! Le favoritisme, on en profite quand on a le pouvoir... Tous pourris, disent-ils !

Le lendemain, je racontais comment "j'ai pu sortir abasourdi d'une telle soirée", en publiant des extraits de ce que j'avais entendu : 

J'écrivis donc à la Préfète de l'époque :
(http://alpernalain.blogspot.fr/2015/10/lettre-au-prefet-du-pas-de-calais.html).

Et elle me répondit en date du 20/10/2015 http://alpernalain.blogspot.fr/2015/10/reponse-de-la-prefete-mon-courrier.html
Réponse conforme à ce que l'on pouvait attendre du représentant de l'Etat, à savoir : "Je vous informe que j'ai, d'ores et déjà, demandé des explications au maire d'Hénin-Beaumont au sujet des conditions dans lesquelles se dérouleraient des séances du conseil municipal. Je lui ai également rappelé ses obligations en la matière."


Je rappelais tout cela dans une lettre du 24/2/2016 au Ministre de l'Intérieur :
A aujourd'hui, je n'ai reçu aucune réponse...

Je me vois donc dans l'obligation de saisir, à nouveau, les plus hautes autorités de l’État. Je vous ferai part de leurs réponses...


dimanche 16 avril 2017

La "liberté de la presse" à Hénin-Beaumont.

Réponse "mesurée", ci-dessous, de La Voix du Nord aux attaques incessantes du FN (à travers notamment le magazine municipal, outil de propagande, payé par les contribuables héninois...). 
Je demande que le budget de cette publication soi-disant  municipale sorte du budget de la commune. Je propose aux élus d'opposition de saisir le Préfet, comme je le fais de mon côté...
Pour donner une idée supplémentaire de l'utilisation anti-démocratique de cet outil, sachez que les tribunes de l'opposition font l'objet d'une réponse systématique de la majorité, alors que l'inverse n'est pas possible puisque les opposants n'ont pas connaissance, avant parution, de la tribune de la majorité...

La Voix du Nord 13/4/2017
HÉNIN-BEAUMONT

Notre réponse aux attaques du dernier magazine municipal contre « La Voix du Nord »


- En guise d’« attaques », que lit-on ? Qu’un journaliste de l’agence n’hésiterait pas à s’afficher dans les bars de la ville avec l’ancien maire, Eugène Binaisse. Risible ! Tous deux étaient présents à une soirée de présentation d’un livre consacré à Hénin-Beaumont, à laquelle participait toute la classe politique héninoise, dont quatre adjoints frontistes de la Ville et des sympathisants FN. Lorsqu’on veut saluer quelqu’un à Hénin-Beaumont, faut-il dorénavant demander la permission au maire ?
- Le texte du bulletin municipal dénonce le compte rendu que nous avons fait du conseil municipal d’Hénin-Beaumont du 24 février, multipliant les expressions offusquées. «  Délirant  », «  dérive  », journaliste « procureur  », «  police de la pensée  ». Pourtant, dans le reportage de Complément d’enquête diffusé jeudi 23 mars sur France 2, l’adjoint Bruno Bilde donne une appréciation bien plus conciliante de ce même compte-rendu. On le voit annotant l’article et le commentant d’un «  ils ont été gentils, là  ». Puis, «  je voudrais qu’on réponde gentiment parce qu’ils n’ont pas été méchants ni très fielleux  » (sic). Alors, un contenu «  délirant  » ou «  pas très méchant  » ? Tout cela n’est pas très cohérent. Les indignations du FN sont à géométrie variable, ce qui en dit long sur leur sincérité.

Inversion des rôles

- Évoquant le climat houleux des conseils municipaux, un journaliste n’en serait plus «  à un mensonge près  ». Dès le premier conseil municipal de la mandature, les relations se sont tendues entre opposition et majorité. Elles n’ont cessé depuis de se dégrader. Sous les précédents mandats, il y a bien sûr eu des affrontements, des éclats de voix, mais ils n’étaient pas systématiques comme maintenant. Et le FN s’est montré tout aussi intransigeant dans l’opposition que dans la majorité.
- Dans une superbe inversion des rôles, il nous est reproché une «  posture de Caliméro  ». Si nous ne faisons que constater l’hostilité de la municipalité à notre égard, elle de son côté n’a de cesse de geindre sur un prétendu parti pris contre elle, comme en attestent les innombrables droits de réponse de la mairie (une trentaine en un an et demi), les courriels incessants de l’adjoint Bruno Bilde nous demandant pourquoi nous avons traité tel sujet et pas tel autre. La municipalité ne cesse de nous sommer de justifier nos choix éditoriaux. Curieuse conception de la liberté de la presse.

samedi 15 avril 2017

Conseil municipal d'Hénin-Beaumont (14/4/2017)

Comme annoncé, je n'ai pu être présent à ce conseil. J'ai, à travers la Voix du Nord (article et tweets) et des notes de Marine Tondelier, essayé de reconstituer l'ambiance pourrie de ce CM. Toujours la même : l'humour de bas étage du maire, les vociférations décomplexées de l'adjoint Bilde, la claque et les huées du public (orchestrées illégalement par la majorité), les coupures de micros de l'opposition, les insultes personnelles des 2 élus précités envers l'opposition...
NB : les textes, ci-dessous, ont été retranscrits dans leur intégralité (fond et forme).
Article de la Voix du Nord (Christophe le Couteux) :
Les conseils municipaux héninois se suivent et se ressemblent. Des odyssées au long cours alternant périodes d’accalmie et de bourrasques. Mais quand ça secoue c’est du sérieux. Cinq heures vingt de débat, entre une opposition et une majorité bien décidées à ne pas lâcher un pouce de terrain. Quand la première qualifie l’attitude de la majorité de «numéro de cirque », la seconde répond « numéro de claquettes ».Chaque camp répète ses argumentaires. La majorité reproche à l’opposition son mutisme en commissions et sa volonté de « faire du buzz » en conseil ou encore l’absence d’amendements proposés au budget.
« MINIMUM SYNDICAL »
De son côté, l’opposition, à plusieurs reprises, a défendu l’action de l’ancien maire Eugène Binaisse, un homme « honnête et droit » selon Stéphane Filipovitch. Marine Tondelier, à propos du budget : « Tout ce que vous nous proposez, ce n’est qu e le minimum syndical de ce que les administrés sont en droit d’attendre de leur maire, rendu possible par le rétablissement des finances de la municipalité précédente. »
Une comparaison qui fait sortir Steeve Briois de ses gonds taxant son prédécesseur « d’incompétent notoire… I l a laissé pourrir plein d’affaires. La friche Bénalu qu’on va récupérer en 2018 : en 2010, une entreprise locale a déversé des dizaines de milliers de tonnes de gravats pollués avec le concours d’une municipalité qui a fermé les yeux sur ça. La facture, c’est 11 millions d’euros pour dépolluer les sols . » Des propos « absolument lamentables, des méthodes de voyous », explose David Noël, qui réclame la parole debout sans l’obtenir.
« ZÉRO »
Autres moments de tension lorsque Bruno Bilde accuse Marine Tondelier d’avoir un « emploi fictif » ou lors de l’évocation du livre de cette dernière basé sur le témoignage d’agents municipaux. Le maire : « le personnel vit sereinement malgré le fait que vous essayez de le manipuler. Vous êtes zéro dans tous les domaines, sauf pour faire madame pipi et maintenant madame caca. Les trucs de caniveau, c’est pour vous. » Eh oui, à Hénin-Beaumont, ces choses-là se disent en conseil municipal.
Les coups ont été si rudes que des dépôts de plaintes ont été annoncés.
Quelques-uns des tweets de la Voix du Nord, pendant ce conseil, par ordre chronologique :
Bruno Bilde parle d'emploi fictif à propos de Marine Tondelier...
Steeve briois à Marine tondelier : "vous êtes zéro dans tous les domaines sauf pour faire madame pipi et même madame caca".
"Vous soutenez des gens totalement irresponsables, incompétents foncièrement malhonnêtes" de steeve briois à Marine tondelier
Marine tondelier à l'exécutif : "Vous venez de dire que j'étais corrompue, c'est de la diffamation".
Après des échanges très durs, le conseil municipal a repris un cours paisible. Jusqu'à quand?
Bruno Bilde pronostique: "On est là pour longtemps!"
Marine tondelier : "faire arrêter les gens (de leurs activités associatives), ça fait partie du plan".
Bruno bilde sur les subventions aux associations : "Je suis ravi que les cloportes ne reçoivent plus un euro de la ville. Merci m le maire!"
Steeve briois à l'opposition: " on peut faire des choses intéressantes en écologie sans vous car vous faites peur à tout le monde "
Marine tondelier : "32e applaudissement illégal du conseil".
Marine tondelier : " le cirque briois à planté son chapiteau à l'hôtel de ville, ça continue."
Fin du conseil municipal après 5h 20 de débat. Steeve Briois : "tout est bien qui finit bien".

Conclusion de Marine Tondelier
Le public, qui se croyait au cirque, a fait la claque à de multiples reprises, parfois même rejoints par les adjoints. Jusqu’à la sortie du Conseil où Bruno Bilde, dans une mise en scène digne de l’école maternelle, a organisé le chahut par tous les militants frontistes attroupés dans le hall pour « le pot de l’amitié » pendant ma descente de l’escalier d’honneur. Du grand art.

A signaler que la video "live" du conseil enregistré par Marine T a été coupée au bout de 1h18... Allez savoir pourquoi ! Il me semble me souvenir que celle du conseil précédent avait été brouillée après un certain temps de retransmission...