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mardi 11 octobre 2016

Il faudra bien pourtant que l'écologie s'impose et le plus tôt sera le mieux...

La fusion, au XVIIe siècle, de cette pensée chrétienne , désacralisant la nature, et de la science moderne, symbolisée par le cartésianisme français, a accéléré ce processus de séparation entre l’homme et la biosphère. « Par la suite, poursuit le philosophe, la pensée occidentale, que ce soit les socialistes ou les libéraux, a pérennisé cette conception utilitaire. Or, la pensée écologique critique radicalement ces vues. Elle remet en cause la croissance et le productivisme. » 

Les Verts français

Dominique Bourg se montre par ailleurs sévère à l’égard des Verts français, avançant que la mauvaise réception de l’écologie en France tient pour beaucoup à leur attitude – et surtout à celle de leur chefs.« Ils se déchirent entre eux, ils se battent pour des maroquins, ils ne connaissent pas toujours les dossiers. Les Français s’en sont aperçus », résume le philosophe, pour qui leur grande erreur est de défendre « une politique plus de gauche qu’écologique ». C’est d’autant plus dommageable que l’écologie politique est apparue en France en fédérant plusieurs courants de pensée : des défenseurs des régions, des soixante-huitards anticapitalistes, des protecteurs de la nature. Elle a vocation à brasser largement, à tenter des expérimentations au niveau local, comme le montrent les succès des écologistes en Suisse et dans les pays scandinaves et des Verts en Allemagne, qui ont su s’allier des personnalités du centre et convaincre.
AA : Question : l'échec des Verts est-il la conséquence des difficultés à faire admettre l'exigence écologique ou l'insuccès des écologistes politiques est-il le fruit de leurs dissensions ?

Deux réponses

- Selon Daniel Cohn-Bendit, aidés par un scrutin avec une part de proportionnelle, les Grünen, en Allemagne, ont de nombreux élus et sont présents dans les Länder, où ils peuvent mettre en œuvre leurs propositions. « En France, le manque d’expérimentations concrètes dessert les Verts. » L’autre victoire politique des Grünen est d’avoir imposé la sortie du nucléaire et lancé la transition énergétique : « Depuis, l’Allemagne est la championne d’Europe des énergies renouvelables. En France, les Verts ont remporté peu de victoires significatives. »

- Pascal Canfin, ministre délégué au développement de 2012 à 2014, avance qu' un mouvement patrimonial semblable pourrait naître en France, où les littoraux sont menacés par la montée des eaux et où l’urbanisation dévore les territoires. Il constate aussi l’arrivée de nouveaux comportements : la consommation bio gagne des adeptes, celle de viande baisse significativement, le culte de la voiture individuelle est mis à mal par les réseaux de transports collectifs : « Autant de signes de changements civilisationnels. » Plutôt que de se présenter comme porteuse de contraintes, l'écologie politique devrait montrer qu’elle défend l’intérêt des Français en ce qui concerne la santé, l’alimentation, les territoires, les pollutions, l’emploi. « Il faut qu’elle défende une nouvelle qualité de vie. ­Ensuite, elle pourra expliquer qu’il faut des règles et des obligations », affirme Pascal Canfin.

La conclusion de D. Cohn-Bendit résume bien la difficulté essentielle : « L’écologie appelle à changer radicalement nos modes de vie et de production pour sauver cette planète. Or, personne n’a le courage politique de défendre un tel programme. »

mardi 13 septembre 2016

Lettre à mes enfants, à l'étranger (2)

Mes chers enfants, 
Je vous faisais part, hier, de cette France partagée entre ceux qui exploitent les bas instincts de certains de leurs concitoyens et ceux qui, vaille que vaille, tentent de préserver une France solidaire et unie... Cette guerre latente pourrait précipiter notre pays dans un chaos inextricable...
Autre source d'inquiétude : l'inconséquence des politiques français (il va de soi que cette inconséquence est quasi-partagée dans le monde entier) d'agir vigoureusement contre les 2 graves menaces qui se profilent à moyen terme. L'une concerne votre génération et celle de vos enfants, à savoir les conséquences connues du réchauffement climatique en cours : submersion de terres suite à l’élévation du niveau des mers, réapparition de virus et bactéries disparus depuis longtemps, extension des zones arides, difficulté d'accès à l'eau et à la nourriture, etc. Une des conséquences prévisibles les plus immédiates sera l'exode de centaines de millions de personnes dont les terres auront été submergées ou qui seront incapables de se nourrir... Quand on voit comment nous sommes incapables, aujourd'hui, de répondre collectivement à l'immigration de quelques centaines de milliers de personnes chassées de chez elles par les guerres, on peut douter que, dans un très proche avenir, nos sociétés soient capables d'assumer l'accueil de populations fuyant les catastrophes annoncées. Nous sommes conscients de ce qui va arriver... Malgré les discours, les accords internationaux et les avertissements, nos gouvernants sont incapables de prendre les mesures préventives indispensables : on construit des aéroports et des routes, on prélève, à outrance, les énergies fossiles, on ne réduit pas les consommations, on favorise l'agriculture intensive, etc. Est-il encore temps de prendre les décisions qui s'imposent ? Beaucoup commencent à en douter !
Comme si cette catastrophe annoncée ne suffisait pas, une autre est perceptible : la sixième extinction animale de masse (la cinquième était la fin des dinosaures, il y a 66 millions d'années). Et les humains feront probablement partie des espèces qui disparaîtront. Les causes de la disparition des espèces comprennent notamment le changement climatique, la pollution et la déforestation. Les études des spécialistes ne laissent aucun doute sur cette extinction de masse imminente. Théoriquement, au rythme actuel, la disparition de l'Homme est programmée pour dans quelques siècles, sauf que le réchauffement climatique aura probablement déjà réglé définitivement la question par les conséquences violentes de l'immigration massive des réfugiés climatiques qui va débuter dans les prochaines années...
Je ne sais si vous et vos enfants vivront cette destruction programmée de l'espèce humaine par l'Homme lui-même : j'espère que non... Mais nous devons être conscients de notre responsabilité de citoyens : luttons contre le racisme sous toutes ses formes et pressons nos gouvernants de prendre les mesures d'urgence pour contrecarrer un destin qui semble inéluctable...
J'ai bien conscience du pessimisme de ces 2 missives, mais je pense que c'est mon devoir de père et grand-père citoyen de vous en informer, même si je sais que vous en êtes conscients...

Je vous embrasse.

jeudi 8 septembre 2016

Je suis très, très pessimiste...

Je ne sais pas s'il convient encore d'être optimiste sur l'avenir de notre planète...
Les USA et la Chine ont ratifié l'accord de Paris de 2015. Mais je pense qu'il y a là-dessous une lutte pour le leadership mondial politique...
La Russie se moque éperdument de l'écologie...
Quant à l'Europe, une fois de plus, les voix sont discordantes, alors qu'on attend beaucoup d'elle...
En France, le constat est simple : à droite, ce qui compte, c'est le libéralisme économique, antithèse du développement durable. A l'extrême-droite, quand on prononce le mot "écologie", on sort les kalachnikovs ! Quant à gauche, on a vu ce que sont devenues les promesses du candidat Hollande, en matière d'environnement...
Il est d'ailleurs significatif que, dans le cadre des élections de 2017, seuls 2 candidats ont un programme véritablement écologique (en particulier pour lutter contre le réchauffement climatique) : celui d'EELV et Jean-Luc Mélenchon. Le constat est terrible ! 

Climat : Pékin et Washington donnent l’exemple
LE MONDE | 06.09.2016

Editorial.

C’est un grand bond en avant. La Chine et les Etats-Unis ont ratifié, en marge du G20 de Hangzhou, l’accord conclu le 12 décembre 2015 à Paris pour endiguer le réchauffement climatique. Près de neuf mois après la COP21, les deux plus gros émetteurs de gaz à effet de serre envoient un signal aux 195 nations qui ont participé au rendez-vous onusien.


Sans ratification, l’accord de Paris, fruit de plus de vingt ans d’âpres négociations, restera lettre morte. Pour entrer en vigueur, le traité doit être ratifié par au moins 55 Etats représentant au moins 55 % des émissions de gaz à effet de serre. Jusqu’alors, seule une vingtaine de petits pays l’avaient approuvé, cumulant à peine plus de 1 % des émissions mondiales. La Chine et les Etats-Unis y contribuent à eux deux pour près de 40 %. Pékin et Washington transforment le seuil utopique des 55 % en hypothèse crédible.

En attendant l’Europe, l’Inde et la Russie
La ministre de l’environnement, Ségolène Royal, qui préside pour deux mois encore la COP21, a salué une « très bonne nouvelle pour la planète ». Laurent Fabius, qui l’avait précédée à ce poste, exhortait mardi 30 août « les cinq premiers émetteurs mondiaux de C02 » – après la Chine et les Etats-Unis, il reste l’Europe, l’Inde et la Russie – à tenir leurs promesses. Or l’avancée sino-américaine masque le surplace de l’Europe.
Enlisés dans des discussions de marchands de tapis sur l’effort que chaque Etat est prêt à consentir pour atteindre l’objectif que s’est fixé l’UE – réduire d’au moins 40 % les émissions d’ici à 2030, par rapport aux niveaux de 1990 –, les Vingt-Huit voient leur leadership contesté par Pékin et Washington. Trois pays ont, certes, bouclé leur processus de ratification parlementaire – la France, la Hongrie et l’Autriche –, mais la procédure ne sera acquise que lorsque les vingt-cinq autres Etats membres, d’une part, et la Commission européenne, d’autre part, auront accompli le même parcours.

Privé du soutien de l’UE et de celui de la Russie, pour qui le réchauffement est une préoccupation lointaine, l’accord de la COP21 ne pourra s’appliquer que si l’Inde s’y soumet. New Delhi en est conscient, mais sait aussi que le charbon est le premier carburant de sa machine économique. Une ratification rapide serait un pari pour le gouvernement indien.

Urgence
Le grand bond en avant de la Chine et des Etats-Unis ne doit pas faire oublier l’urgence imposée par la hausse des températures. L’Agence océanique et atmosphérique américaine a confirmé, en août, que 2015 avait été l’année la plus chaude de l’histoire moderne, surpassant de 0,1 °C le record de 2014. Les incendies et les inondations qui se succèdent aux Etats-Unis, les épisodes de sécheresse qui affament l’Afrique, la montée des eaux qui menace l’existence des Etats insulaires du Pacifique sont autant de sonnettes d’alarme.
Pour maintenir la hausse des températures sous le seuil des 2 °C, l’accord de Paris esquisse une feuille de route : un transfert financier et technologique massif des pays riches vers les plus vulnérables, un renoncement aux énergies fossiles. La planète a besoin d’un traitement de choc.

jeudi 18 août 2016

Réinventons le monde...


Si vous n'avez pas vu le film "Demain", vous êtes impardonnable... Il est sorti en DVD. Il existe le livre... Non franchement, on ne vous pardonnera pas cette ignorance ! Et même si vous lisiez ce qui suit, cela ne suffira pas ! 


LE MONDE |  Par 

Auteur, réalisateur et militant français, Cyril Dion est cofondateur du mouvement Colibris avec Pierre Rabhi en 2006. Il a publié en 2015, chez Actes Sud, Demain. Un nouveau monde en marche et Demain, les aventures de Léo, Pablo et Lou en quête d’un monde meilleur. Il écrit et coréalisé avec Mélanie Laurent le film Demain, César du meilleur documentaire en 2016.



Certes il y aurait de quoi désespérer un peu. Et même de quoi se demander si mettre des enfants au monde dans le contexte actuel était bien raisonnable… Car la plupart d’entre nous le savent désormais (à moins d’être atteints de déni aigu), la situation ne va pas s’améliorer. Du moins pas toute seule.
Pour la première fois dans l’histoire, nous sommes confrontés à une conjonction de problèmes qui, en s’additionnant, pourraient conduire à la disparition d’une partie de notre espèce. On pourrait croire à un mauvais scénario de science-fiction. Malheureusement tout cela est en train de se produire. Sous nos yeux.
Il serait long et fastidieux d’énumérer tous ces troubles. Pour une partie, nous en voyons les symptômes chaque jour dans les médias : migrants, terrorisme, chômage, changement climatique, scandales politiques et financiers… Oui, ça va mal. Pourtant, il existe aussi de bonnes raisons d’espérer, comme nous le verrons plus loin. Mais commençons par les mauvaises nouvelles.
Si nous devions résumer, nous sommes confrontés à deux enjeux majeurs : l’un concerne l’augmentation intenable des inégalités (aujourd’hui, 85 personnes possèdent autant que 3,5 milliards d’autres) ; l’autre, la disparition des ressources naturelles et des espèces vivantes à une vitesse étourdissante, qui ne leur permet plus de se renouveler. Ce sont d’ailleurs ces deux facteurs qui, lorsqu’ils se combinent, précipitent la chute des civilisations. C’est ce que nous apprenait une étude américaine retentissante il y a quelques années.

Cocktail explosif

L’augmentation des inégalités résulte d’un système économique qui concentre mécaniquement les richesses dans un nombre toujours plus réduit de mains.
Schématiquement, plus vous avez d’argent et plus vous en aurez. « The poor stay poor and the rich get rich, that’s how it goes », chantait Leonard Cohen. On pourrait dénombrer un certain nombre de causes à cette situation : le mécanisme de création monétaire fondé sur la dette, l’évasion fiscale (au cœur du scandale des « Panama papers »), la spéculation effrénée, l’ultralibéralisme économique, l’hégémonie des multinationales…

Contrairement à ce que certains économistes prétendent, ce modèle ne crée pas d’emplois, au bout du compte il ne cesse d’en détruire. Il déstructure des économies entières, démantèle des services publics et jette des populations dans la pauvreté. Certes, il génère énormément de richesses mais qui sont très peu partagées. Ce qui attise la convoitise, exacerbe les tensions sociales et géopolitiques, fait le lit du terrorisme…
Assez logiquement, la crise écologique résulte, elle aussi, de ce modèle économique. La recherche effrénée de croissance matérielle, de profits immédiats nous a conduits à bâtir une société mondialisée, nourrie au consumérisme de masse.
Pour continuer à produire et à consommer sans relâche, nous rasons les forêts, vidons les océans, épuisons les sols, massacrons les animaux, polluons l’air et l’eau, tout en envoyant des quantités considérables de gaz dans l’atmosphère et en empilant les déchets.
De nombreuses études pointent désormais le risque d’un effondrement écologique sans précédent, susceptible de déclencher conflits, migrations de masse, ruptures alimentaires, cracks économique et financier… Et il pourrait intervenir dans les vingt à trente ans.
Face à cette situation, notre réponse est faible. Pour ne pas dire inconsistante. Une grande part d’entre nous attend patiemment que quelqu’un résolve le problème à notre place : nos dirigeants politiques (qui ne semblent pas décidés), de brillants ingénieurs qui inventeraient des technologies miraculeuses, des patrons d’entreprise qui verraient soudain la lumière, des activistes qui nous dérangent ou nous donnent bonne conscience selon les situations…

« Veillée d’armes »

Mais un système aussi global et complexe que le nôtre ne pourra pas changer de cette façon. Comme le répète souvent l’astrophysicien Hubert Reeves, « nous vivons une veillée d’armes ». Ce qui signifie que nous devrions être mobilisés, unis, comme à l’aube d’une guerre mondiale. Les problèmes que nous affrontons sont énormes et ils nécessitent que nous soyons ensemble pour les relever.
D’abord en mettant en œuvre dans notre vie de tous les jours, tout ce qui est en notre pouvoir pour inverser la tendance. Les possibilités sont nombreuses mais là encore nous pourrions les résumer en quelques gestes simples : manger bio, local et moins de produits animaux, économiser l’énergie, choisir un fournisseur d’électricité renouvelable, acheter tout ce qui peut être fabriqué localement à des entrepreneurs locaux et indépendants, choisir une banque qui n’a pas de filiale dans les paradis fiscaux et ne spécule pas sur les marchés, systématiquement recycler, réutiliser, réparer, composter, acheter moins et mieux (des produits bios, équitables, fabriqués dans des conditions sociales et environnementales satisfaisantes)…
Mais la société ne changera pas simplement en additionnant des gestes individuels. Il est également nécessaire de transformer nos entreprises, nos métiers, pour qu’ils contribuent à résoudre ces problèmes.
Ce que la spécialiste du développement durable Isabelle Delannoy appelle l’économie symbiotique (concept réunissant les innovations économiques de ces dernières années telles que l’économie circulaire, du partage, sociale et solidaire, bleue, le biomimétisme…) permet aujourd’hui d’envisager un monde où nos activités ne détruiraient plus les écosystèmes mais les régénéreraient tout en répartissant plus équitablement les richesses. Elle encouragerait la formation de sociétés plus autonomes et donc plus libres, tout en étant reliées les unes aux autres.
Mais cela suppose une véritable métamorphose de notre vision du monde : passer de l’avidité et de la recherche de sécurité par l’accumulation, du culte matérialiste et de la peur de manquer à un monde de coopération, de partage, où le bonheur d’être remplacerait la frénésie d’avoir.
La bonne nouvelle est que ces changements nous demanderont une immense créativité. Or, être créatif est l’une des choses les plus excitantes qui soient pour un être humain. Particulièrement lorsqu’il peut créer dans un champ qui le passionne et pour lequel il est doué.
Pour moi, c’est ici que la révolution peut commencer : renoncer au servage du travail moderne, à un certain conformisme, qui nous contraint à vendre notre temps, notre énergie, notre inventivité en échange d’un salaire, et embrasser des vocations. Des activités dont la finalité n’est plus de faire tourner la machine infernale, mais qui participent à créer une société plus épanouissante, plus en équilibre.
Certes, renoncer à une certaine sécurité nous demandera du courage. Mais que préférons-nous ? Souffrir à petite dose pendant des années, rationnellement nous asseoir sur nos rêves tandis que le bateau se dirige vers l’abîme ou connaître une existence vibrante, donner du sens, nous réaliser, avoir la satisfaction d’être utile ? Et peut-être l’emporter…

Réinventer la politique

Enfin, des mesures politiques devraient être prises. D’abord en termes de fiscalité et de régulation : taxer le carbone pour accélérer la transition énergétique vers les renouvelables, alléger la fiscalité du travail, taxer les transactions financières à caractère spéculatif, réorienter les subventions agricoles pour stimuler une agriculture biologique, vivrière, locale, qui ne détruit ni les écosystèmes ni les emplois, transformer le mécanisme de création monétaire pour progressivement se libérer de la dette.
Ainsi pouvoir consacrer des fonds aux activités d’intérêt général et pouvoir aider les plus fragiles : santé, éducation, culture, services publics…
Selon les calculs que nous avons faits pour le film Demain, nous pourrions, au bas mot, créer 1,5 million d’emplois en adoptant une ambitieuse transition énergétique, en relocalisant une grande part de notre alimentation et en montant notre taux de recyclage à 80 % (contre 25 % aujourd’hui).
Nous connaissons la plupart des solutions à nos problèmes. Et elles fonctionnent. Nous savons régénérer les sols, ralentir le dérèglement du climat, sortir des populations entières de la pauvreté, fabriquer des produits neufs à partir de déchets, produire de l’énergie à partir du soleil, de l’eau, du vent…
En quelques décennies, nous pourrions redresser la barre et sauver une bonne partie de l’humanité. Et lui permettre de vivre mieux. A condition de favoriser la coopération entre droite et gauche, citoyens et élus, législatif et exécutif. De nous unir. Et de cesser les petites guéguerres politiciennes et les stratégies électoralistes.
Aujourd’hui, nous sommes nombreux à ne nous retrouver ni dans ce que propose la droite, ni dans ce que propose la gauche. Et encore moins dans le Front national. Nous n’appartenons souvent à aucun parti. Nous sommes de simples citoyennes et citoyens. Mais nous ne pouvons plus regarder la situation se dégrader de la sorte. Il nous faut amorcer le mouvement. Et tout réinventer, y compris la politique. Nous en avons les moyens et, encore une fois, qu’y a-t-il de plus enthousiasmant ?


lundi 25 avril 2016

A ne pas manquer

Avec Lestrem Nature, rendez vous à Lestrem le lundi 9 mai de 14h à 17h Espace 
Culturel Jean de la Fontaine pour une conférence débat sur le thème :
Les perturbateurs endocriniens et les écosystèmes
Animée par André Cicolella Président national du Réseau Environnement Santé, chimiste, toxicologue et chercheur français en santé environnementale, spécialiste de l’évaluation des risques sanitaires.
En partenariat avec Nord Nature Environnement et DPPM
Perturbateurs endocriniens, environnement et biodiversité ne font pas bon ménage!
Si les perturbateurs endocriniens ( PE ) ont des effets néfastes sur la santé humaine, 
ils en ont également sur la biodiversité, étant donné que nous les retrouvons dans notre environnement, notamment dans la quasi totalité des milieux aquatiques via les 
effluents des stations d’épuration, la dispersion des produits phytosanitaires....
Ces produits chimiques induisent chez la faune des effets sur le développement, la métamorphose, la croissance, la reproduction, la proportion mâles-femelles, l’immunologie.
Ils favorisent certaines pathologies telles que des tumeurs cancéreuses.Ils favorisent également les troubles neurocomportementaux (perte d’équilibre chez les insectes pollinisateurs) et les modifications des caractères impliqués dans la reproduction, 
la survie et l’adaptation au milieu.
La dispersion de perturbateurs endocriniens est l’un des aspects trop négligés de 
la crise des déchets. De nombreux additifs PE des plastiques, comme le bisphénol A, 
les phtalates contaminent les océans à partir des milliards de particules plastiques flottantes qui supplantent peu à peu le plancton en début de chaîne alimentaire.
De tels PE se retrouvent également dans les jus de décharge, dans les effluents 
ou les boues de station d’épuration qui contiennent aussi des résidus pharmaceutiques
et médicamenteux à caractère PE.
Il est urgent de mettre en place des mesures de réduction des pollutions à la source 
et des mesures appropriées de traitements des effluents urbains et industriels.

Jean Louis Wattez
LESTREM NATURE
Association agréée pour la protection de l'environnement dans la région Nord Pas de Calais.

mercredi 3 février 2016

Si l'état ne joue pas son rôle, c'est à nous, les citoyens, d'agir !


Pour ceux qui n'auraient pas vu l'émission d'Elice Lucet, hier soir, sur ces produits, dits phyto-sanitaires pour masquer leur dangerosité, que sont les pesticides, vous trouverez, en fin d'article (avant-dernier ligne), le lien direct sur ce reportage. Je rappelle que le suffixe cide (de pesticide) vient du latin "caedere" qui signifie tuer. Tuer donc les parasites ("pest"en anglais), mais comment penser que cela ne puisse nuire à l' Homme" alors que cela vise des animaux ?
Que faire ? Quelques pistes vous sont données. Il faut vous informer tout d'abord (les liens sont nombreux), agir dans une association et agir individuellement dans sa vie quotidienne. 
Lisez également les commentaires de réaction : certains sont très instructifs...

Que faire après les révélations de « Cash Investigation » sur l’agriculture qui tue ?

Le blog d'Anne-Sophie Novel

dimanche 6 décembre 2015

Y a-t-il des raisons d'être optimiste ? Je ne le pense pas...

L'article, ci-dessous, tente d'expliquer pourquoi l'écologie ne convainc pas la majorité des Français, alors que l'enjeu est de taille, puisqu'il s'agit, purement et simplement, de l'avenir de l'Humanité à travers un réchauffement climatique difficile à nier aujourd'hui et dont les conséquences sont pourtant évidentes. Certes, le texte, on le verra, n'est pas complètement négatif, mais quand même...
Je voudrais ajouter quelques autres remarques, pouvant expliquer l'attitude incrédule d'une grande majorité de Français.
- Au delà du fait que la COP21 a eu un retentissement quelque peu effacé par les événements vécus ces dernières semaines, les Français pensent, en général, que l'on trouvera toujours des solutions pour s'adapter à l'augmentation des températures. N'oublions pas non plus que ce sont les pays pauvres qui pâtiront, en premier, des conséquences les plus dramatiques...
- Les partis politiques (à part, EELV, le Parti de Gauche et Nouvelle Donne) n'ont pas pris en compte, lorsqu'ils étaient au pouvoir, mais également dans l'opposition, l'enjeu du problème. Entre ceux qui n'ont aucun programme environnemental, ceux qui parlent de développement durable parce que c'est une mode, et ceux qui reculent devant les groupes de pression, les partis mènent une politique irresponsable !
- Si l'on veut prendre les mesures drastiques qui s'imposent (au-delà de ne plus recourir aux énergies fossiles), il faut envisager un nouveau mode de société, mettant en cause le libéralisme économique et financier, le mythe de la croissance (nous sommes dans un monde fini...), les modes de production, la consommation, etc. Ce programme n'est pas très "vendeur", en effet...
- C'est l'ensemble des états qui doivent prendre des mesures pour revoir leur mode de fonctionnement et passer, pour les pays riches, à une solidarité envers les plus pauvres. Les réticences sont nombreuses sur ce point... La COP21, qui doit aboutir à un accord sur ce point, pourrait ne pas être à la hauteur... 

L'écologie, j’y pense et puis j’oublie
LE MONDE CULTURE ET IDEES | 03.12.2015 à 18h00 | Par Catherine Vincent

Bien sûr, il y eut toutes ces paires de chaussures entassées à Paris, place de la République, à l’initiative du mouvement mondial de mobilisation citoyenne Avaaz. Il y eut cette chaîne humaine de plusieurs milliers de personnes se donnant la main, le long du boulevard Voltaire, à l’appel d’Attac et d’Alternatiba. Et d’autres rassemblement symboliques, organisés ce même jour à Toulouse, Marseille et ailleurs. Mais l’essentiel aura manqué. En rendant possible l’interdiction de la Marche mondiale pour le climat, qui devait se tenir dans les villes de France dimanche 29 novembre en marge de la COP21, ainsi que de la Marche pour la justice climatique du 12 décembre, l’état d’urgence décrété après les attentats du 13 novembre a considérablement affaibli la visibilité de cet événement citoyen. Ses organisateurs n’avaient vraiment pas besoin de ça. Eux qui, année après année, ont déjà tant de peine à sensibiliser l’opinion sur l’état de santé gravissime de notre planète.

Car c’est un fait. Les conférences sur l’environnement ont beau se multiplier, les rapports alarmants s’accumuler, qui, tous, font craindre une catastrophe écologique globale, la mobilisation de chacun face à ce cri d’alar­me reste dérisoire. Effectuée en mars par BVA, une étude d’opinion révélait que la lutte­ contre le réchauffement est une priorité pour seulement 13 % des sondés, très loin derrière celle qui doit être menée contre le chômage (60 %), contre le terrorisme (41 %) ou pour la défense du pouvoir d’achat (36 %). Confronté au mot « écologie », le citoyen lambda se sent au mieux vaguement concerné. Au pire excédé, voire saisi d’une envie de fuir. Pourquoi un tel décalage ?

Vocabulaire et connaissances complexes
En raison, d’abord, de la difficulté du sujet. Parce qu’elle interagit avec le champ des sciences, de l’économie, des questions sociales, l’écologie nécessite, pour être intelligible, un vocabulaire et des connaissances complexes. Les rendre accessibles est une tâche ardue. Il y a bien un public, comme en témoignent, en France, les lecteurs des sites alternatifs tels que Reporterre, Terra Eco ou Bastamag. Mais ces médias restent fragiles, et leur propos ignoré du plus grand nombre.
En raison, aussi, de l’énormité du problème. « L’urgence écologique mobilise peu parce que les causes de ce qui nous arrive sont lointaines et invisibles. Parce que cela demande de s’in­téresser aux inégalités, comme l’a bien souligné le pape François dans son encyclique Laudato Si, publiée en juin dernier. Parce que c’est un sujet de guerre, qui implique d’accepter les situations de conflit – par exemple, entre l’énergie nucléaire et les énergies alternatives. C’est donc un sujet qui rend fou », résume le sociologue et philosophe Bruno Latour. D’autant plus, ajoute-t-il, qu’il aurait fallu agir contre le réchauffement climatique dès les années 1980, et qu’il est désormais trop tard pour éviter des conséquences graves. « Il faut donc absorber cette ­situation d’irréversibilité, en assumer la responsabilité sans en supporter trop durement la ­culpabilité… Tout ça est très dur à avaler. » Face aux problèmes les plus graves, le déni de réalité est une attitude courante. Surtout lorsque domine le sentiment d’impuissance. Et qu’on appartient, comme le dit joliment le philo­sophe Dominique Bourg, à une espèce plus Homo faber qu’Homo sapiens.
« Ce qui nous fait vraiment bouger, c’est d’être confronté à un danger sensible et immédiat. Les représentations abstraites, elles, n’ont guère d’influence sur notre conduite », souligne-t-il. Entendre à longueur d’année que des seuils de dégradation de l’environnement irréversibles ont été dépassés peut entraîner une réaction du type : « Alors à quoi bon ? Profitons de ce qui nous reste avant que tout s’effondre. » Mauvaise réponse, évidemment, puisqu’il est encore temps d’éviter le pire.
Oui, mais à quel prix ? Car plus personne ne se fait d’illusions : enrayer durablement la crise écologique actuelle implique de redéfinir nos relations avec le monde dans lequel nous vivons. De profonds changements de mode de vie, portant aussi bien sur notre alimentation que sur nos moyens de transport, sur nos ressources énergétiques que sur notre modèle de productivité. Pas franchement réjouissant par les temps qui courent. « Nous sommes dans une crise économique qui dure. Ce n’est pas la meilleure situation pour imaginer un changement radical dont on ne connaît pas le résultat et dont la nécessité reste en partie invisible », souligne Lucile Schmid, membre du bureau exécutif d’Europe Ecologie-Les Verts (EELV). Coauteur avec Edouard Gaudot et Benjamin Joyeux d’un décapant Manifeste des écologistes atterrés, elle sait que même si l’économie verte engendre à terme des emplois, la période d’ajustement sera rude.

Un discours moralisateur qui irrite
« Ce n’est pas l’écologie qui résoudra le chômage. Cette période de transition génère donc une réelle angoisse que la vie se transforme et qu’on y perde en confort », admet-elle. Moins consommer, moins se chauffer, manger moins de viande… Pas très glamour, tout ça. « Le projet écologique remet fortement en cause la place de la croissance, qui reste une notion essentielle pour penser la puissance d’une nation, la santé de son économie et le bien-être social », poursuit Lucile Schmid. Le mot« décroissance » fait peur, le discours ­moralisateur des écologistes irrite. Et l’on s’interroge : « A quoi bon agir si les grands de ce monde ne le font pas ? » Le citoyen veut bien se donner du mal pour trier ses déchets, mais quand il apprend que le géant de l’automobile Volkswagen truque ses moteurs diesel ou que la firme pétrolière Total affiche des profits indécents, la tentation est forte d’envoyer tout promener.
D’autant que l’« écolo attitude » l’entraîne vite dans une spirale de contradictions, qui décourage les meilleures volontés. Opter pour les ampoules basse tension ? Leur recyclage est énergivore et polluant. Manger du poisson d’aquaculture pour lutter contre l’épuisement des ressources maritimes ? C’est oublier l’impact de cette activité pour les ­côtes et les conditions sanitaires de production. Bannir la fourrure ? La principale alternative est un tissu synthétique à base de ­pétrole. Et ainsi de suite.
Détail supplémentaire : l’écologie est souvent perçue comme un luxe que tous ne peuvent pas s’offrir. De fait, l’autocar polluant coûte moins cher que le train, l’alimentation bio plus que celle issue de l’industrie. Mais il est aussi des mesures qui ne coûtent rien, voire qui font faire des économies : éteindre les lumières, utiliser les transports en commun, recycler au lieu de ­jeter… Des leviers sur lesquels il faudrait s’appuyer largement pour que l’écologie soit perçue comme une opportunité plutôt que comme une contrainte.

Car le terreau est fertile. « En vingt ans, les modes de vie sont devenus plus sobres. Que ce soit en termes d’écogestes, de transport, de chauffage ou de consommation durable, de nouvelles évidences tendent à s’installer, rappelle Lucile Schmid. Lorsque l’écologie rime avec l’économie de coûts ou les emplois ­locaux, les citoyens sont prêts à changer leurs habitudes quotidiennes. » En janvier 2014, une enquête du Centre de recherche pour l’étude et l’observation des conditions de vie (Crédoc) indiquait ainsi que plus de 80 % des Français utilisent désormais des sacs réutilisables pour faire leurs courses, tandis que 66 % choisissent en premier lieu la consommation de produits de proximité. Des petits riens au regard des changements qu’il faudrait consentir, mais qui ne demandent qu’à être cultivés.


C’est aussi ce qu’a remarqué la médiatrice culturelle Chantal Latour – épouse de Bruno – en participant à la mise en œuvre du spectacle Le monde et nous. Cette création artistique, dont le thème était lié au changement climatique, a été réalisée avec une cinquantaine d’habitants de Poitou-Charentes. Qu’est-ce que ces citoyens avaient envie de dire, en marge de la COP21 à venir ? En quoi se sentent-ils concernés ? Comment en parlent-ils ? « Au cours des discussions et des ateliers qui ont précédé le spectacle, il nous est vite apparu que le mot “écologie” était très loin des préoccupations de ceux que nous venions solliciter, raconte-t-elle. C’est même un mot qu’ils auraient tendance à rejeter, car pour eux, les écologistes sont des gens complètement déconnectés de la nature et de la réalité. Mais il suffit d’évoquer des choses concrètes, de parler énergie, déchets, biodiversité, agriculture ou pollution pour découvrir que ces sujets les préoccupent. » Et que l’envie d’agir n’est pas loin, pour peu que la démarche ne soit pas trop sacrificielle.


Rendre l’écologie désirable, donc… Mais comment ? En évoquant la qualité de vie, par exemple. « Les aspects des modes de vie qui sont mis en cause par les pollutions et par les dégradations des ressources et des milieux ­naturels (habitat, alimentation, travail, loisirs), et les problèmes de santé qui peuvent s’ensuivre, constituent autant d’aspects propices aux ­convergences entre l’idée de qualité de vie et celle de développement durable », constate le sociologue Marcel Jollivet, cofondateur de la revue Natures Sciences Sociétés. En témoigne l’ampleur qu’a prise au Royaume-Uni la ­démarche participative « Incredible Edible » fondée sur le jardinage urbain. Lancée en 2008 par deux mères de famille de ­Todmorden, ville du nord de l’Angleterre fortement touchée par la crise économique, elle a pour objet de transformer l’espace public en jardin potager gratuit. En France, une action similaire se développe ­timidement sous la bannière « Les Incroyables Comestibles »  à Bayonne notamment, où jardiniers et artistes cultivent leurs potagers ensemble et partagent leurs récoltes avec les habitants.


Exemple anecdotique ? Bien au contraire. Car les initiatives de ce type se multiplient dans la société civile, qui concernent aussi bien l’utilisation de l’épargne que l’agriculture urbaine, la consommation responsable ou l’habitat participatif. C’est l’association Terre de liens, qui fait appel à l’épargne ­citoyenne pour acheter des fermes destinées à l’agriculture bio. C’est le mouvement des ­Associations pour le maintien d’une agriculture paysanne (AMAP), fort de 50 000 adhérents. C’est l’habitat participatif, mixant espaces privés et publics et décidant de façon collective à la fois de la conception de l’immeuble et du choix des matériaux. Ce sont les économies coopérative, collaborative ou circulaire, soit autant de manières nouvelles d’échanger biens et services… Chez les scientifiques transformés en lanceurs d’alerte, chez les agriculteurs, les architectes, les partisans du « green high-tech », partout émergent réflexions et projets visant une ­société plus juste et plus respectueuse de son environnement.
« Sur tous les territoires existent des foyers de mobilisation, une défense des alternatifs et des luttes locales, dont certaines commencent à faire tache d’huile », affirme Edouard Gaudot, conseiller politique du groupe Verts/ALE au Parlement européen. En résonance avec cette évolution, les politiques écologiques ont pris de l’ampleur à l’échelle des régions, des grandes villes et des collectivités territoriales. « Elles ont aujourd’hui une vraie ­consistance en matière d’aménagement ­urbain et font le lien entre politiques sociales et préoccupations environnementales », estime Lucile Schmid.
Mais tout cela ne suffit pas à provoquer un véritable élan citoyen, ni à sensibiliser le plus grand nombre. Entre cette « écologie en actes » et le niveau national, il y a selon elle un véritable « chaînon manquant », qui empêche d’amorcer le virage à grande échelle. Un vide politique propre à tous les pays occidentaux, mais dont l’absence se ­ferait particulièrement sentir en France.

Spécificité française
Pourquoi ? Le fait que le parti EELV soit au plus bas – dans les intentions de vote comme dans la mise au point de son projet – n’aide évidemment pas. Mais cette faiblesse ne constitue pas en soi une explication : dans des pays où la conscience environnementale est élevée (Pays-Bas, Danemark), les partis correspondant sont faibles, mais les préoccupations écologiques sont prises en compte par l’ensemble des partis politiques. Si spécificité française il y a, elle serait plutôt à chercher, selon Lucile Schmid, dans son modèle démocratique très centralisé, qui limite le rôle des territoires et de l’expérimentation.

« L’Etat et le marché ont ceci en commun que les initiatives locales ne les intéressent pas. Ils ont la même tendance monopolistique, normalisatrice qui écrase toute possibilité d’innovation », analyse Edouard Gaudot. Proche collaborateur de Daniel Cohn-Bendit, ce jeune conseiller politique n’en est pas moins convaincu : sur le terrain, la révolution écologique est en marche. « Face aux initiatives qui émergent un peu partout, les partis politiques devraient devenir des incubateurs de projets. Ce serait plus efficace que de s’épuiser à faire des amendements qui ne changeront pas grand-chose, ou de se battre pour des normes environnementales contraignantes qui de toute façon ne seront pas respectées, ­estime-t-il. Nous devons être le garant que ni l’Etat ni les marchés ne viennent détruire ce qui veut émerger sur le territoire. » Ce qui « cherche le jour », et qui contribuera demain, à l’échelle citoyenne, à soigner notre planète.