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mardi 6 juin 2017

La gestion du personnel municipal à Hénin-Beaumont.


Beaucoup d'Héninois connaissent la situation des fonctionnaires territoriaux à la mairie. Ces derniers se confient le plus souvent à leurs proches qui ne sont pas toujours avares de confidences... Avant l'élection de 2014 qui vit le FN arriver en mairie, le personnel, comme beaucoup d'habitants, en voulaient au Maire pour son attitude hautaine. Briois, tout souriant, serrant les mains et claquant la bise avait fait penser que tout allait changer. Depuis 3 ans, les masques sont tombés et les langues se délient, difficilement, il est vrai. Suffisamment quand même pour que l'on sente une véritable pétaudière s'enclencher. Quelques appels extérieurs à la grève ont même fleurit, mais en vain. 
Contrairement à ce que raconte l'adjoint Bilde, dans l'article ci-dessous, les conséquences électorales commencent à se faire jour : M. Le Pen n'a réalisé que 46,5% au premier tour de la présidentielle, alors que Briois avait réalisé plus de 50% lors des municipales, 3 ans auparavant. Certes, en nombre de voix, c'est différent, mais tout simplement parce que la participation électorale est beaucoup plus importante lors de l'élection majeure. On en aura confirmation dimanche prochain lors du premier tour des législatives, où MLP sera largement sous les 50% dans la ville d'Hénin... 

"Humiliations", "harcèlement", "flicage"... Y a-t-il un malaise chez les employés municipaux d'Hénin-Beaumont ?
France Télévision Vincent Lenoir 5/6/2017

Le management de la majorité dirigée par Steeve Briois est la cible de nombreuses accusations venant d'opposants politiques ou au sein même des murs de l'hôtel de ville. Un phénomène difficile à mesurer, mais qui semble bien réel.


"Je veux bien vous parler, mais il ne faut pas dire mon nom." "J'ai tourné la page de cette époque, je préfère ne plus l'évoquer." Les langues ne se délient pas facilement chez les anciens de la mairie d'Hénin-Beaumont (Pas-de-Calais). Depuis l'arrivée de la nouvelle majorité municipale Front national dans cette commune de 27 000 habitants, plusieurs des 700 employés ont quitté leur poste. Un grave malaise entourerait le management de la nouvelle équipe municipale menée par les cadres du Front national.
Début mars, un livre décrit des "pratiques vraiment effrayantes" de la part des cadres municipaux à l'égard des employés. Il est l'œuvre de Marine Tondelier, une élue écologiste d'opposition qui décrit son expérience depuis la victoire du FN dans la ville trois ans plus tôt. Pour Nouvelles du front. La vie sous le Front national, elle raconte avoir interrogé des employés ou anciens employés qui témoignent de nombreux cas d'humiliation et de pression.
S'il est clair que les cas de harcèlement ont sans doute lieu dans de nombreuses mairies de France, sous le contrôle de partis politiques divers, le cas d'Hénin-Beaumont est particulier pour le Front national qui a fait de la gestion de cette ville du Pas-de-Calais la vitrine de l'action du parti. Steeve Briois, le nouveau maire, est même devenu président par intérim du FN pendant la campagne d'entre-deux-tours de Marine Le Pen. Cette dernière a d'ailleurs décidé de se présenter une nouvelle fois dans la circonscription de la ville pour les élections législatives, après deux échecs en 2007 et 2012. Franceinfo a donc décidé d'aller voir au sein de cette municipalité pour vérifier les accusations dont elle est l'objet.
Un management de la terreur ?
Isabelle*, citée dans le livre de Marine Tondelier, a quitté la mairie il y a quelques mois. Elle confirme auprès de franceinfo les passages qui la concernent et expliquent qu'elle ne pouvait plus travailler dans de telles conditions. Pour elle, après des débuts sans problème, "le vent a tourné" au cours de l'année 2015. Elle reçoit beaucoup de pression de la part de l'équipe dirigeante et se plaint de l'incompétence du nouveau directeur à la tête de son service. Après des échanges de courriers avec Steeve Briois, où elle tentait de l'avertir des dysfonctionnements, elle reçoit des menaces de sanction du département des ressources humaines (RH). A la suite des "humiliations" et des situations d'"angoisse" décrites, elle doit arrêter de travailler une semaine pour un "stress post-traumatique". Les causes de "harcèlement au travail" étant même inscrites sur le rapport du médecin. Elle décide finalement de quitter la mairie et travaille aujourd'hui dans une autre collectivité.
Au début, ils m'avaient dit : 'Il y a les chevaux de course et l'abattoir. Vous êtes les chevaux de course, les autres sont l'abattoir.' Je restais stoïque, mais ces propos me révoltaient. Puis le vent a tourné, des chevaux de course, je suis passée à l'abattoir. Isabelle*, ancienne employée dans le livre "Nouvelles du Front"
Le cas d'Edouard Blanc met à mal l'explication d'un règlement de comptes entre opposants politiques. Car s'il est habituel que les équipes municipales subissent un renouvellement important après un changement de majorité, Edouard Blanc, lui, est arrivé après l'entrée du FN à l'hôtel de ville. Il se définit comme "antieuropéiste""gaulliste" et "patriote" et, en 2014, le FN lui semblait "être la meilleure possibilité de renouvellement du politique". Au début, comme Isabelle, il décrit une ambiance "de cohésion" qui bascule peu à peu dans "une chasse aux sorcières" qui prend pour cible tous ceux susceptibles de poser problème avec les décisions de la majorité.
Selon l'ancien directeur juridique - qui veut aujourd'hui devenir guide de haute montagne -, son contrat n'a pas été renouvelé car les cadres frontistes ont vu qu'ils auraient du mal à le contrôler. Edouard Blanc était d'ailleurs devenu "un des porte-parole..." Il se reprend : "Pas un porte-parole, mais un des psychiatres de tous ceux qui se sentaient agressés par ce management-là. Donc, j'avais beaucoup de gens qui me parlaient (...) et j'essayais d'en parler moi à la direction. (...) J'ai dit à M. Briois que j'avais des trucs à lui dire sur la gestion et qu'il y avait beaucoup de choses qui me revenaient aux oreilles. Mais il n'a pas voulu m'accorder de rendez-vous." La mairie réfute formellement la version de l'ancien directeur juridique : selon la municipalité, si son contrat n'a pas été renouvelé, c'est tout simplement parce qu'il n'était "pas assez compétent".
Néanmoins, les exemples d'interventions de la mairie sur le personnel municipal foisonnent : de l'employée qui reçoit des SMS agressifs à celui dont le bureau est déplacé "entre les toilettes et le placard à balais" en passant par cet animateur reclassé à un poste d'"agent d'entretien", jusqu'aux soupçons de "flicage". Plusieurs employés contactés ont d'ailleurs refusé d'échanger par téléphone portable, persuadés d'être surveillés. Certains sont tellement méfiants qu'ils croient à un piège. En témoigne ce représentant syndical qui répond "Comment je peux être sûr que vous êtes bien journaliste ?" et ne donnera pas de suite. 
La menace judiciaire
Les seuls à accepter de parler à visage découvert sont des élus CGT qui ont tous des problèmes judiciaires avec la mairie. "On est les seuls à accepter de parler", décrit l'un d'eux, que franceinfo a rencontré mais ne nommera pas afin de ne pas leur porter préjudice dans leurs procès respectifs. Ils décrivent un malaise ambiant et une omerta généralisée chez les employés par peur d'être la prochaine cible. Même si ces représentants syndicaux ont des difficultés (procès, suspension, retenue de salaire...), ils relativisent : "Certains employés sont plus en souffrance que nous. Nous, on arrive à se défendre. Mais quand on se met à la place d'une femme de ménage ou d'un agent technique qui a du mal à faire un courrier..."
Parmi les 700 employés, seuls cinq ou six cas posent problème. Bruno Bilde, adjoint à la mairie à franceinfo
Steeve Briois étant trop occupé par les législatives, c'est Bruno Bilde, adjoint aux affaires juridiques, qui répond aux questions de franceinfo. Pour ce proche des cadres du parti, parfois considéré comme le "maire bis" d'Hénin-Beaumont, ces accusations sont le fait d'une petite minorité. Il réfute la présence d'un malaise généralisé, prenant à témoin la popularité de la nouvelle majorité municipale : "Les agents municipaux sont à 90% des habitants d'Hénin-Beaumont, avec leur famille cela signifierait que potentiellement 2 000 Héninois seraient en conflit avec la mairie." Une situation qu'il juge incompatible avec les scores obtenus par le parti de Marine Le Pen à la présidentielle (46,5% au premier tour, 61,56% au second).
Parmi ces "cas", celui de René Gobert, secrétaire général de la CGT d'Hénin-Beaumont, en procès avec la mairie. En arrêt de travail depuis le 30 juin 2016 pour "syndrome dépressif" dont "l'affection est directement causée par le travail habituel de l'agent", il est également mis en examen pour des menaces qu'il a proférées sur Facebook. Des cadres de la mairie qui se sont sentis visés ont porté plainte. Il a, depuis, été révoqué explique La Voix du Nord. Auparavant, il avait été reclassé au pôle animation au poste d'"agent d'entretien des locaux". La mairie ayant cessé de lui payer ses salaires et ne lui ayant pas accordé la protection fonctionnelle juridique, il subvient aux frais de ses trois avocats grâce à la caisse de la CGT. Bruno Bilde assure néanmoins que la protection lui aurait été accordée si René Gobert avait fourni les pièces administratives réclamées par le maire.
Une situation sanitaire qui inquiète
Obligatoires depuis 2014, les comités d'hygiène et de sécurité des conditions de travail (CHSCT) sont compétents pour gérer ce type de conflits. Mais la mairie n'en est toujours pas pourvue. Bruno Bilde assure que sa mise en place est "imminente" et devrait voir le jour cet été : "On est parti de rien", assure l'adjoint. Il indique que le taux global d'absentéisme est en légère hausse (de 11,3% en 2011, sous majorité socialiste, à 11,8%), mais que cela est dû à un changement de méthode de calcul. Plusieurs sources estiment que l'absentéisme tourne plutôt autour des 20%. Le nombre d'agents en arrêt maladie de longue durée est, lui, passé de 22 à 26 en cinq ans.
Il y a dix cas graves de harcèlement moral. Un cadre de la mairie à franceinfo
Plusieurs cas de contrôles d'alcoolémie inopinés sont également rapportés. Si ces contrôles sont légaux, leur recours est encadré par la loi et doit faire l'objet d'un suivi auprès de la médecine du travail. Un cadre a assuré à franceinfo avoir fait l'objet d'un contrôle simplement parce qu'il avait eu une altercation avec un responsable. Il a néanmoins refusé de s'y plier, mais décrit une situation humiliante. La mairie reconnaît un recours à des contrôles pour lutter contre l'alcoolisme au travail ("On a une petite dizaine de cas", décompte Bruno Bilde), mais assure que les procédures sont respectées et que ces contrôles sont rares.
La mairie a engagé une société pour vérifier le bien-fondé des motifs d'incapacité temporaire de travail (ITT) et s'assurer qu'il ne s'agisse pas de diagnostics de complaisance. Bruno Bilde confirme le recours à une société privée. Il explique que c'est le cas pour de nombreuses collectivités et qu'il s'agirait d'ailleurs d'une "recommandation de la chambre régionale des comptes". La CRC des Hauts-de-France réfute néanmoins donner ce type de conseil aux collectivités.
Franceinfo a souhaité demander aux médecins proches des employés s'ils constataient un malaise particulier. Tous ont esquivé les questions : l'un argumentant qu'il n'avait "aucun intérêt personnel à s'exprimer", un autre qui a vu un de ses arrêts de travail contesté par la mairie minimise l'épisode et assure que "tout est rentré dans l'ordre" depuis. Sollicitée à de nombreuses reprises ces dernières semaines, la responsable de la médecine du travail chargée des employés municipaux n'a jamais souhaité répondre à nos appels.
Un "malaise" qui sert l'équipe municipale ?
Mais pourquoi ce silence si une telle ambiance règne ? "Parce que vous avez des gens qui sont en état de dépendance professionnelle, répond Edouard Blanc. Pour leur promotion, pour leur avancement, dans leur vie de tous les jours, parce que c'est un petit monde clos, Hénin-Beaumont." Une explication qui résonne avec les propos d'un ancien employé, resté anonyme par crainte de perdre son logement social.
Il faut avoir une vision politique pour les comprendre. Ils nous prennent pour des militants de gauche. Donc pour eux, on est dangereux. Un employé de la mairie à franceinfo
Certains employés, ouvertement en conflit avec la mairie, expliquent que l'équipe de Steeve Briois mène cette "chasse aux sorcières" pour faire d'Hénin-Beaumont une place forte du Front national. Ils prennent également en exemple, comme Marine Tondelier dans son livre, le comportement de la mairie vis-à-vis des associations auxquelles elle demanderait "allégeance" ou le traitement des journalistes de La Voix du Nord par les cadres de la mairie. 
Mais Bruno Bilde préfère relativiser : "Il y a un tel décalage entre ce qu'on dit de nous et ce que les agents municipaux vivent, que cette mauvaise publicité est contre-productive pour nos adversaires." Ce proche de Marine Le Pen annonce à franceinfo avoir porté plainte pour "diffamation" contre l'opposante écologiste après son livre. Selon lui, les agents "connaissent les 5-6 individus qui depuis longtemps polluent la mairie". Il estime même que la situation bénéficie électoralement à son parti. Et s'il est difficile de mesurer l'ampleur de ce malaise qui semble bien réel pour un certain nombre d'employés, les urnes, elles, montrent qu'une majorité d'Héninois font effectivement confiance au parti qui dirige leur ville depuis trois ans.

* Le prénom a été changé


mercredi 17 mai 2017

Nouveau témoignage sur le régime dictatorial en place à Hénin-Beaumont

Je me répète : je ne sais pourquoi les médias ne boycottent pas le FN, par solidarité avec La Voix du Nord ?
Atteintes à la liberté d'informer, aux droits du personnel communal, à ceux de l'opposition municipal, utilisation de l'argent public à des fins de propagande... Voilà ce que certains appellent la vitrine héninoise du Front national...


Le quotidien difficile des journalistes de La Voix du Nord Hénin-Beaumont 
PAR LAURENT DECOTTEregion@lavoixdunord.fr  13/5/2017

Au lendemain d’une campagne parfois tendue entre le FN et les médias, nous avons jugé utile de vous rendre compte de l’ambiance dans laquelle travaillent les journalistes de La Voix du Nord à Hénin-Beaumont. Entre invectives, intimidation et refus de transmettre des informations au journal et, de fait, aux Héninois.  

HÉNIN-BEAUMONT.
C’est la dernière en date. L’outrance de trop. Le 7 mai, vers midi, La Voix du Nord rapporte sur son site Internet qu’il y avait moitié moins de journalistes pour couvrir le vote de Marine Le Pen au second tour qu’au premier. Un pur et simple constat sans commentaire. Sauf que s’ensuit un mail de Bruno Bilde, adjoint héninois, adressé à l’auteure de l’article : « Si les journalistes de la Voix du Nord faisaient leur métier (ce qui est beaucoup leur demandé) (sic) (…)ils pourraient expliquer que nous avons exigés (sic) un pool pour les médias étrangers contrairement au premier tour. »
Notre collègue, perplexe : «Pourquoi ? Il fallait aussi une accréditation pour rester sur le trottoir ? Allons… »
C’est là que Bruno Bilde cingle d’un élégant : « Sur le trottoir ? Vous parlez en experte ! »
Il faut avoir la santé et les nerfs bien accrochés pour travailler à La Voix du Nord Hénin. « J’ai été un peu sonnée, et même étonnée. Je me suis dit que là il allait vraiment loin, dans l’insulte. » En même temps pas une première pour le conseiller spécial de Marine Le Pen: l’équipe se souvient de son doigt d’honneur adressé à une autre collègue le jour de la Sainte-Barbe 2015. On raconte cette rencontre fortuite au restaurant, « hors boulot », l’année dernière : « Bruno Bilde nous a pris en photo avec son téléphone avant de nous dire :Bye bye les bébés socialos », raconte Christophe Le Couteux. Le « pacte », la « collusion », les «rencontres secrètes » avec l’opposition, c’est l’un des angles d’attaques complotistes du journal de la ville dont Bruno Bilde est directeur de la publication. Il est très régulièrement question de La Voix du Nord Hénin dans ce mensuel payé avec les impôts des Héninois. En février 2016, il lui est même consacré la « Une » et quatre pages dont un article délicatement titré : « Pascal Wallart, l’anti-Charlie ». Le chef d’édition est la cible préférée de Bruno Bilde, de « La Voie d’Hénin », page Facebook proche de la municipalité qui vise à « réinformer». Et du maire Steeve Briois lui-même. Mais aucun journaliste n’est épargné. « Il faut être en forme et bien dans sa vie », confie Isabelle Conynck. « Quand tu vas à un conseil municipal, tu n’y vas pas de gaieté de cœur, tu sais que tu vas être pris à partie », poursuit Céline Debette, rebaptisée Céline Bébette (niveau maternelle deuxième année). Elle qui s’est retrouvée au centre d’une vidéo publiée sur « La Voie d’Hénin » où on la voit discuter avec l’opposition, discussion qui se serait naturellement poursuivie lors d’«une soirée privée », d’une «sauterie » à La Voix du Nord. Pur mensonge. Tendance abject.
L’enquête retentissante de La Voix du Nord avant les régionales publiée en novembre 2015 a certes rompu définitivement les liens avec la municipalité, « mais déjà quand ils étaient dans l’opposition, au temps des blogs je me souviens d’infamies. Ça date de là, le fameux Pascal Wallart est au journalisme ce que la pornographie est à l’amour », raconte Anna Morello.

Et puis il y a le quotidien : « On n’est informé de rien, invité à rien», développe Christophe Le Couteux. « Impossible d’avoir un adjoint ou un technicien sur un sujet. Même les réunions de quartier nous sont interdites au motif qu’elles sont réservées aux habitants du quartier. Ils ont inventé le concept de réunion publique privée. » Un refus de répondre quasi systématique mais qui s’accompagne de droits de réponse tout aussi systématiques (36 en un an et demi) et d’injonctions stupéfiantes à justifier le moindre choix éditorial : pourquoi couvrir ça et pas ça, comme si et pas comme cela ? « Ce qu’ils veulent, c’est nous intimider, casser le lien de confiance que l’on a avec la population et nous assécher pour que les habitants soient obligés de passer par leurs canaux de communication. »

Le rédacteur en chef du quotidien régional , Jean-Michel Bretonnier a, à l’occasion de cet article, publié un éditorial (voir ci-dessous) dont le titre me semble « gentil » : « Rediabolisation » signifierait que le FN se soit déjà dédiabolisé… C’était, certes, son ambition, mais jamais il n’y eut dédiabolisation. Qu’importe ! Le FN prouve, si cela était encore nécessaire, quel est « À Hénin-Beaumont, son rapport à la vérité et sa conception de la liberté de la presse!

REDIABOLISATION
J’ai travaillé il y a presque quarante ans dans un bassin encore (un peu) minier. C’était déjà la fin du charbon, mais cette société était toujours structurée par des partis, des syndicats, des associations. Plus d’un siècle de mine avait forgé une culture du travail et de la solidarité.
Je connais cette population et je ne me permets pas de la juger. Je fais la différence entre les électeurs du Front national et ses dirigeants. C’est la fin du charbon et du textile qui a dévasté ce territoire, désespérant les générations d’après et créant les conditions d’un vote populiste.
Notre métier consiste à publier des informations ou des commentaires qui parfois déplaisent, et il n’est pas rare que des élus nous le reprochent ; mais ce que subissent nos journalistes à Hénin-Beaumont est sans équivalent.
Les pratiques du maire Front national et de ses adjoints proches constituent une entrave au droit d’informer. Le refus systématique de répondre à nos questions et l’avalanche de droits de réponse veulent nous priver d’informations et nous dissuader de publier celles auxquelles nous accédons néanmoins. Les SMS agressifs, les propos insultants, les attaques personnelles, ont pour objectif de tenter d’humilier nos journalistes devant la population et de les intimider.
Avec courage et sang-froid, au nom de leur métier et de leur journal, grâce au soutien d’Héninois, ils tiennent bon. Je veux leur rendre hommage.

On avait cru comprendre que le Front national consentait des efforts de dédiabolisation ces dernières années. À Hénin-Beaumont, son rapport à la vérité et sa conception de la liberté de la presse ont réveillé le diable !

dimanche 30 avril 2017

Le nouveau président "fantoche" du FN

Les multiples casseroles de Steeve Briois, président fantoche du FN
Extraits de l’Obs du 28/4, article écrit par Paul Laubacher
« Steeve Briois, maire FN d'Hénin-Beaumont et proche de Marine Le Pen, remplace Jean-François Jalkh, rattrapé par ses propos négationniste, à la présidence du FN. »
L’Obs reprend ensuite ces différentes casseroles, sous 3 chapitres (en bleu : commentaires AA) :
     1-   La vitrine frontiste fissurée

  La gestion municipale est vidée de toute idéologie. Steeve Briois veut "une gestion de bon sens". Les faits d'armes de la mairie FN d'Hénin-Beaumont :

  * L'expulsion de la "Ligue des droits de l'homme" d'un local municipal. Une association "politisée" selon Steeve Briois. Et donc punie : la mairie lui avait également retiré ses subventions.
  * La mairie avait aussi tenté de reprendre le local du "Secours populaire" en octobre dernier.
 * Steeve Briois avait décidé de construire un mur "anti-cambriolage", des grilles remplies de pierres transformant une rue en impasse. Une méthode absurde.
 * Steeve Briois, dès juillet 2014, balance un arrêté anti-mendicité, une promesse de campagne du candidat du Front national. La cible réel : les Roms, accusés de "mendicité agressive". Une mesure retoquée prestement par le tribunal administratif de Lille.

J’ajouterai à cela :
   * Le comportement anti-démocratique envers l’opposition. Les conseils municipaux d’Hénin-Beaumont sont de véritables séances de cirque au cours desquelles la majorité se moque de l’opposition, lui coupe la parole, sous les huées et les applaudissements d’un public quasi-hystérique, acquis à la cause du FN.
     * La terreur comme mode de gestion du personnel municipal

     2-   "La Voix du Nord" et le doigt d'honneur

"La situation est devenue sidérante". Cette alerte est de Gabriel d'Harcourt. Le directeur général délégué et directeur de la publication de "la Voix du Nord" a dénoncé, au lendemain du premier tour, l’attitude de ces élus FN. En 2015, "La Voix du Nord" prenait ouvertement position contre le parti de Marine Le Pen aux élections régionales avec un tire en une : "Pourquoi une victoire du FN nous inquiète". Depuis, le quotidien est la cible du maire d’Henin-Beaumont, Steeve Briois, qui a choisi la stratégie du harcèlement et la guerre des droits de réponse.
Dans l'émission "Envoyé spécial" de France 2, diffusée jeudi 16 mars, il est notamment question de Steeve Briois, maire d'Hénin-Beaumont et député européen. Alors que les journalistes tournent des images dans les couloirs du Parlement européen, des agents de sécurité et des assistants parlementaires d'eurodéputés frontistes tentent de les en empêcher. Présent, le vice-président du FN filme les journalistes avec son portable avant de s'en aller en leur adressant un doigt d'honneur... Voir la vidéo, sous ce lien :
3- "Ma commune sans migrant"

C'était la rentrée 2016. Steeve Briois, l'un des vice-présidents du FN chargé des "exécutifs locaux", lance une association de maires "ma commune sans migrants". Le but ? Vouloir "forcer les municipalités à se positionner", notamment à droite, sur ce sujet. Les immigrés, l'immigration, toujours au cœur du projet frontiste. Et surtout pour Steeve Briois. Les maires membres de cette association devront s'engager à faire voter par leur conseil municipal une charte en 8 points "attestant, devant les Français, que tous les moyens légaux en la possession des maires, seront mis en œuvre pour s'opposer à l'accueil des migrants." Comme on lui demandait les suites de cette initiative, Steeve Briois a répondu qu'elle visait surtout à "lister les conseils municipaux qui voteront contre" [cette charte]. "Qu'ils prouvent qu'ils ne veulent pas de migrants. On va clarifier la position des élus 'Républicains'".
Enfin, pour ajouter au tableau de chasse du nouveau « président » du FN :
Il est renvoyé le 11 octobre prochain devant la 17e chambre du tribunal correctionnel de Paris pour provocation à la haine raciale et diffamation raciale pour avoir écrit :« La répartition des #migrants a pour conséquence l’explosion des agressions sexuelles, en Allemagne, en Suède, en Autriche, etc. » 
Avant-hier, on apprenait que le le parquet de Bobigny avait ouvert une information judiciaire visant Steeve Briois et David Rachline après que des messages à caractère haineux contre Stéphane Gatignon, le maire de Sevran, ont été diffusés sur les comptes Facebook des deux élus du Front national.
Les messages publiés par les internautes après la diffusion par M6 d’un reportage sur l’islam et la ville de Seine-Saint-Denis qualifiaient le maire de Sevran de « belle ordure à exterminer avec le reste (…) qui a vendu son âme aux mécréants salafistes » et à qui ils promettaient « une bastos pour le maire ».

vendredi 21 avril 2017

La justice vue par le FN !


Lu et entendu sur le blog de David Noël (20/4), conseiller municipal d'opposition à Hénin-Beaumont

Crèche de Noël en mairie : en commission municipale, Bruno Bilde annonce déjà qu'il violera les décisions de justice !

Bruno Bilde, l'adjoint aux affaires juridiques de Steeve Briois, est déterminé à refuser d'appliquer les décisions de justice qui seraient défavorables à la Commune et à violer la loi si besoin pour des raisons purement idéologiques.
Interrogé sur la question des frais de justice engagés par la ville d'Hénin-Beaumont pour un procès en appel à propos de la présence d'une crèche de Noël qui n'a pas lieu d'être dans l'hôtel de ville et qui a été annulée suite à mon recours au Tribunal Administratif de Lille, l'adjoint au maire d'extrême droite s'est lâché, jeudi dernier, en commission municipale :
"Bruno Bilde : Tant que nous serons élus dans cette ville, il y aura une crèche de Noël.
David Noël : Vous violerez le Conseil d'Etat.
Bruno Bilde : Vous pourrez aller devant le Tribunal administratif, le Conseil d'Etat, la Cour européenne des droits de l'homme, le tribunal international de New-York...
David Noël : Qui vous donneront tort...
Bruno Bilde : On s'en fout. Il y aura toujours une crèche de Noël ici.
David Noël : Il n'y en a jamais eu !
Bruno Bilde : On s'en fout. Il y aura toujours une crèche de Noël ici !"
Cet échange hallucinant est à écouter en cliquant sur le lien ci-dessous.
Bien évidemment, n'en déplaise à M. Bilde, j'irai jusqu'au bout pour faire respecter les lois de la République à Hénin-Beaumont. La France est une République laïque !

dimanche 16 avril 2017

La "liberté de la presse" à Hénin-Beaumont.

Réponse "mesurée", ci-dessous, de La Voix du Nord aux attaques incessantes du FN (à travers notamment le magazine municipal, outil de propagande, payé par les contribuables héninois...). 
Je demande que le budget de cette publication soi-disant  municipale sorte du budget de la commune. Je propose aux élus d'opposition de saisir le Préfet, comme je le fais de mon côté...
Pour donner une idée supplémentaire de l'utilisation anti-démocratique de cet outil, sachez que les tribunes de l'opposition font l'objet d'une réponse systématique de la majorité, alors que l'inverse n'est pas possible puisque les opposants n'ont pas connaissance, avant parution, de la tribune de la majorité...

La Voix du Nord 13/4/2017
HÉNIN-BEAUMONT

Notre réponse aux attaques du dernier magazine municipal contre « La Voix du Nord »


- En guise d’« attaques », que lit-on ? Qu’un journaliste de l’agence n’hésiterait pas à s’afficher dans les bars de la ville avec l’ancien maire, Eugène Binaisse. Risible ! Tous deux étaient présents à une soirée de présentation d’un livre consacré à Hénin-Beaumont, à laquelle participait toute la classe politique héninoise, dont quatre adjoints frontistes de la Ville et des sympathisants FN. Lorsqu’on veut saluer quelqu’un à Hénin-Beaumont, faut-il dorénavant demander la permission au maire ?
- Le texte du bulletin municipal dénonce le compte rendu que nous avons fait du conseil municipal d’Hénin-Beaumont du 24 février, multipliant les expressions offusquées. «  Délirant  », «  dérive  », journaliste « procureur  », «  police de la pensée  ». Pourtant, dans le reportage de Complément d’enquête diffusé jeudi 23 mars sur France 2, l’adjoint Bruno Bilde donne une appréciation bien plus conciliante de ce même compte-rendu. On le voit annotant l’article et le commentant d’un «  ils ont été gentils, là  ». Puis, «  je voudrais qu’on réponde gentiment parce qu’ils n’ont pas été méchants ni très fielleux  » (sic). Alors, un contenu «  délirant  » ou «  pas très méchant  » ? Tout cela n’est pas très cohérent. Les indignations du FN sont à géométrie variable, ce qui en dit long sur leur sincérité.

Inversion des rôles

- Évoquant le climat houleux des conseils municipaux, un journaliste n’en serait plus «  à un mensonge près  ». Dès le premier conseil municipal de la mandature, les relations se sont tendues entre opposition et majorité. Elles n’ont cessé depuis de se dégrader. Sous les précédents mandats, il y a bien sûr eu des affrontements, des éclats de voix, mais ils n’étaient pas systématiques comme maintenant. Et le FN s’est montré tout aussi intransigeant dans l’opposition que dans la majorité.
- Dans une superbe inversion des rôles, il nous est reproché une «  posture de Caliméro  ». Si nous ne faisons que constater l’hostilité de la municipalité à notre égard, elle de son côté n’a de cesse de geindre sur un prétendu parti pris contre elle, comme en attestent les innombrables droits de réponse de la mairie (une trentaine en un an et demi), les courriels incessants de l’adjoint Bruno Bilde nous demandant pourquoi nous avons traité tel sujet et pas tel autre. La municipalité ne cesse de nous sommer de justifier nos choix éditoriaux. Curieuse conception de la liberté de la presse.

vendredi 31 mars 2017

Dictature municipale à Hénin-Beaumont...


Dans mon post de mardi j'évoquais, exemples à l'appui, les mesures anti-démocratiques prises par la majorité frontiste d'Hénin-Beaumont, "dignes des pires dictatures". Et je citais la chasse aux associations "mal pensantes",  l'idéologie frontiste instillée dans une gestion partisane insupportable,  une liberté d'expression bafouée, une communication de propagande, la terreur comme mode de gestion du personnel communal... 
"Tout ce qui est excessif est insignifiant" écrivait un commentateur, probablement frontiste, à la suite de ce post. J'étais déjà interloqué que l'on puisse minimiser ces atteintes aux valeurs républicaines, mais, hier, on avait confirmation d'un nouveau coup porté, cette fois-ci, au droit syndical, symbole de l'expression des salariés.  
Le maire avait demandé la révocation de la fonction publique territoriale de René Gobert, secrétaire général de la CGT des Territoriaux d'Hénin-Beaumont. Le Conseil de discipline de la FPT avait été saisi et avait transformé cette révocation en blâme. Malgré cela, un arrêté de révocation avait été adressé au syndicaliste. Certes, le maire n'est pas tenu par l'avis du Conseil. Par contre, il le sera par le conseil de discipline de recours, situé auprès du centre de gestion qui a été saisi. A noter que ce type de décision d'un maire contournant l'avis de l'instance officielle est très rare. La rapidité de la décision de S. Briois, sans attendre le recours, reflète bien le peu de considération du FN pour les syndicats "qui ne lui mangent pas dans la main".
Bien entendu, je soutiens René Gobert et lui souhaite bon courage pour la suite des événements.
Je confirme donc que la ville d'Hénin-Beaumont est gérée de façon dictatoriale et que son objectif est bien de faire cesser toute contestation : les tentatives de mise au pas des associations, de l'opposition, du personnel communal et de la presse sont des exemples de ce qui pourrait se passer au plan national au cas où le FN emporterait la présidentielle... 






dimanche 26 mars 2017

Le FN veut la presse à sa botte !

Jeudi 23 mars, France 2, dans son émission "Complément d'enquête", a consacré son numéro au sujet : "Médias : menteurs ?"
Les chapitres suivants ont été évoqués :
- La Voix du Nord fait front., 
- RT News, Sputnik TV : la voix de son maître ? 
- Fakr News : fausses infos et vrais bénéfices.

Vous trouverez, ci-dessous, le reportage concernant Hénin-Beaumont sur la guerre entre la mairie FN et La Voix du Nord :

J'attends toujours que les médias français se solidarisent avec le quotidien régional, objet de toutes les attaques "violentes et vicieuses" de la part de la mairie à majorité d'extrême droite.

jeudi 9 mars 2017

"Nouvelles du Front" de Marine Tondelier (1/2)

Le sous-titre du livre est révélateur de ce que Marine Tondelier (la vraie Marine parce que l'autre s'appelle réellement "Marion" : probablement une technique de "dédiabolisation"...) a perçu d'HB depuis que le Front national est devenu majoritaire, en mars 2014 : "La vie sous le Front national". Marine Tondelier est conseillère municipale d'opposition depuis cette date...
Comme Lucas Belvaux, dans son film "Chez nous", elle peint l'envers du décor. L'image qu'essaye de nous renvoyer le FN est fausse, et la volonté des 2 auteurs est de nous montrer ce qu'est la réalité de ce parti et c'est tout simple : c'est un parti autocrate qui utilise toutes les méthodes des dictateurs, à savoir étouffer toute opposition, faire régner la peur, voire la terreur chez ceux qui n'obéissent pas, mépriser les plus faibles. Tout cela en singeant la normalité.
L'auteure a eu le mérite de recevoir les témoignages anonymes de ceux qui travaillent en mairie ou dans les associations. Quand elle restitue ce que lui ont confié ces personnes, on a une impression de "déjà vu" : sous la Stasi de l'Allemagne de l'Est ou le KGB soviétique. On imagine les tentatives d'embrigadement des nazis, après 1933 et plus tard, on connaîtra les mêmes manipulations des régimes syrien, russe ou turc, etc... Et encore, ces systèmes sont à l'échelon national, alors qu'Hénin-Beaumont c'est une ville de 26 000 habitants et pourtant on assiste aux prémisses de ce que serait un pouvoir frontiste au niveau de l'état français !
Comment on jugule le mouvement associatif (les exemples du Secours populaire ou de la Ligue des droits de l'Homme montrés du doigt parce que politisés), de quelle façon la communication est verrouillée (on ostracise La Voix du Nord et on publie un journal municipal de propagande aux frais du contribuable), comment on instaure un régime de la terreur dans le personnel municipal, voilà les principaux vecteurs de l'emprise du FN sur les esprits. Au sujet de cette terreur, notamment chez les employés communaux, voici quelques propos édifiants : " des "taupes" quadrillent tous les étages de la mairie. "Des vrais kapos" disent d'autres. "Le règne de la délation avait débuté" rapporte-t-on...
Je n'aurai garde d'oublier comment on méprise l'opposition au cours de conseils municipaux, véritables jeux du cirque (voir mes différents compte-rendus de conseils municipaux), de quelle façon on parle en privé des "cas soc" ou de la façon dont Bilde (premier adjoint) et Briois, devant témoin, parlent des "boeufs de Darcy" (Darcy étant un quartier défavorisé d'HB), étalant leur mépris pour le "peuple"...
Le mécanisme décrit par Marine Tondelier est "glaçant".
Tout cela sous la direction du couple B. Bilde/Steeve Briois, le premier étant le décideur et l’exécuteur des basses œuvres, le second, personnage mièvre mais "figure" du parti.
Le portrait de Bilde, dressé par Marine Tondelier, fait penser à d'autres personnages qui ont marqué l'histoire des dictatures évoquées ci-dessus ! "Il fait la police des opinions" "Bruno Bilde is watching you" (par référence à Big Brother, terrifiant personnage de fiction du roman 1984 de George Orwell), "la peur bleue des agents municipaux". Un syndicaliste dit de lui : "C'est lui, le manipulateur, il crie un coup, tout le monde se couche par terre, tout le monde fait profil bas devant lui. Même au  FN !"
Quant au maire, "il suffit de quelques minutes pour que son masque avenant se fissure et laisse place à un visage autoritaire, empreint de méchanceté et de morgue".

Ce livre aura eu le mérite immense de dévoiler, à ceux qui ne le croyaient pas, que certains, en mairie (mais à l'extérieur aussi), ne se "couchaient pas". Ils vivent, certes, difficilement cet enfer, mais savoir que leurs témoignages a percé la chape de plomb qui régnait jusqu’à présent, leur permettra de comprendre qu'ils ne sont pas seuls et que leur courage aidera ceux qui doutent encore du système oppressif instauré par le FN. Cette forme de résistance devrait ainsi s'élargir au fur et à mesure qu'ils parleront (anonymement, bien sûr).

Demain, je ferai part de quelques remarques critiques sur ce livre dont j'ai déjà souligné le plus grand bien qu'il m'inspirait.

A suivre


jeudi 16 février 2017

Trois regards sur la réalité quotidienne sous le "règne" du FN...

Trois témoignages sur la gestion municipale au quotidien du Front national vont se succéder dans les jours qui viennent et éclaireront la réalité de terrain : un roman-photo, un film et un livre-témoignage. 
Nous aurons l'occasion d'en reparler dès que nous aurons pris connaissance de ces "documents". 
On peut également espérer que le rapport de la Chambre régionale des comptes viendra prochainement compléter les trois "œuvres" précitées... 


"Comment le Front national a-t-il répondu aux attentes dans les villes qu’il gère depuis 2014 ? Fruit d’une enquête menée durant deux ans à Hayange, Beaucaire et Hénin-Beaumont, par l’historienne Valérie Igounet et Vincent Jarousseau, photographe, « L’Illusion nationale » apporte un éclairage saisissant, le reflet à l’échelon local de ce que pourrait donner une France gérée par le FN (La Voix du Nord 13/2/2017)
Les Arènes - XXI, 168 pages, 22,90 €.
"Alors c’est vrai, nous sommes porteurs de propos qui sont élogieux à l’égard de la municipalité, on en a conscience. Mais on met quand même des réserves dans le hors texte, qui est essentiel."

"Chez nous" (sortie du film : 22/2)
Télérama 13/2 :  "Lucas Belvaux  montre  comment un parti populiste imaginaire (« le Bloc ») s’implante dans une petite ville du nord de la France : en instrumentalisant une infirmière connue et appréciée de tous, donc candidate locale idéale."
"Vous faites état, dans votre film, d’une conversion collective aux idées du FN dans la vie quotidienne...
Oui, un discours se banalise. Une parole se libère. Les gens glissent, imperceptiblement d’abord, puis franchement, du ressentiment à la peur et à la haine. Le discours dominant et médiatique a considérablement changé en quelques années. Tout à coup, la parole d’Eric Zemmour et celle de Dieudonné se sont répandues à toute vitesse dans l’espace public. Le surmoi collectif a explosé. Les cadres du Front national le savent. Avant, ils se vantaient de dire tout haut ce que l’on n’osait pas dire. Maintenant, ils savent qu’ils n’ont plus qu’à laisser dire, à acquiescer. Le vote FN est devenu le seul exutoire pour crier sa colère, quelle qu’elle soit. C’est un vote pulsionnel. Beaucoup d’électeurs se disent qu’ils ne voteront FN qu’au premier tour, juste pour exprimer leur exaspération. Mais ensuite, le pas est facile à franchir entre le premier et le second tour. La colère, on ne sait jamais quant elle s’arrête."

Le 1er mars sort le livre de Marine Tondelier (conseillère municipale d'opposition à Hénin-Beaumont) : "Nouvelles du Front".
"Un témoignage essentiel qui permet de saisir comment le parti d’extrême-droite administre ses communes. Ses armes principales : humiliations, vexations, intimidations et une stratégie parfaitement huilée pour étendre son pouvoir…"
Entretiens avec des agents municipaux, en place ou partis, qui osent parler... 

mardi 31 janvier 2017

Du bon usage des assistants parlementaires au FN...


Assistants parlementaires : Marine Le Pen sommée de payer 340.000 euros

  • Par  27/01/2017 Le Figaro

La candidate du FN doit s'acquitter des versements exigés par Bruxelles avant la fin du mois de janvier (AA : ce qui n'aurait pas été fait) sous peine de se voir pénaliser par une retenue appliquée à ses indemnités d'eurodéputée.

François Fillon n'est pas le seul à se trouver empêtré dans une affaire relative à l'emploi d'assistants parlementaires. Marine Le Pen, elle, est accusée d'avoir rémunéré des cadres du Front national avec l'argent public: il s'agit du Parlement européen cette fois, pour deux emplois d'assistants parlementaires jugés fictifs par l'Office européen de lutte antifraude (Olaf). Le magazine Challenges révèle cette semaine deux documents : la patronne du FN a déjà reçu, depuis décembre, deux courriers de l'administration bruxelloise. Par ces missives, il est exigé de Marine Le Pen qu'elle rembourse 298.497 euros pour les salaires «indûment versés» à Catherine Griset, sa chef de cabinet, et ce avant le 31 janvier prochain. Elle doit par ailleurs verser 41.554 euros pour les salaires de Thierry Légier, son garde du corps, avant le 28 février.
Si Marine Le Pen ne s'acquitte pas de ces paiements, le Parlement européen procédera de lui-même à des ponctions en retenant son enveloppe de frais généraux, la moitié de son indemnité parlementaire et la moitié de ses frais de séjour. Des retenues qui se poursuivraient jusqu'à remboursement total des sommes réclamées. Par ailleurs, la présidente du FN devra s'acquitter d'intérêts «au taux appliqué par la Banque centrale européenne à ses opérations principales de refinancement majoré de trois points et demi». L'avocat de Marine Le Pen dénonce une dimension politique et partisane et affirme n'avoir pas pu consulter le rapport sur la base duquel ces poursuites ont été engagées. Au FN, on désigne également une volonté de vindicte du président sortant du parlement européen, le socialiste Martin Schultz.

Le FN refuse la comparaison avec l'affaire Fillon

L'administration européenne accuse Marine Le Pen, ainsi qu'un certain nombre d'autres eurodéputés FN d'avoir rémunéré des cadres et permanents du parti pour des activités sans rapport avec le parlement européen. Selon les courriers qui lui ont été adressés, la candidate à la présidentielle n'a pas fourni de pièces permettant de prouver les activités de Catherine Griset à Strasbourg sur la période du 3 décembre 2010 au 15 février 2016, alors que ses nombreuses activités au siège du parti à Nanterre sont, elles, bien établies. Le garde du corps historique de la famille Le Pen, Thierry Légier, a quant à lui été embauché sur une courte période, fin 2011, également au titre d'assistant parlementaire, pour un montant total de plus de 40.000 euros. Or, là aussi, les hauts fonctionnaires européens doutent de la réalité de cet emploi, et soupçonnent la présidente du FN d'avoir fait financer le salaire de son officier de sécurité par le contribuable.
Interrogé mercredi soir sur iTélé sur la comparaison entre l'affaire Penelope Fillon et celle des assistants parlementaires du FN au niveau européen, Florian Philippot avait répondu: «On parle pas du tout de la même chose (…) Pas question d'emploi fictif et pas question de dissimulation du fait que tel ou tel ait été assistant parlementaire, et donc on n'est pas du tout dans le même cas de figure». La révélation de l'envoi de ces «notes de débit», permettent par ailleurs de peut-être mieux comprendre la relative discrétion du Front national dans les premières heures de la polémique éclabousse le champion des Républicains.

AA : Rappelons que le parquet de Paris a ouvert le 15 décembre une information judiciaire pour « abus de confiance », « recel d’abus de confiance », « escroquerie en bande organisée », « faux et usage de faux » et « travail dissimulé ». Elle vise à déterminer si des assistants parlementaires d’eurodéputés du Front national ont été rémunérés indûment par Bruxelles, alors qu’ils exerçaient par ailleurs des fonctions au sein du parti. 
Les doutes que l'on peut avoir sur la réalité du travail effectué à Bruxelles sont illustrés par le cas de l'assistant au Parlement européen, Bruno Bilde, par ailleurs adjoint à la ville d'Hénin-Beaumont, conseiller régional Hauts-de-France :" Il est rattaché à Sophie Montel, eurodéputée du Grand-Est. « Je redige les interventions orales et écrites de Mme Montel" "(Le Monde 12/3/2015). B. Bilde est assistant "local " , ce qui suppose être implanté dans la circonscription de la députée, ce qui est étonnant pour cet Héninois aux multiples autres fonctions déjà citées, sans parler de celles de "conseiller spécial de Marine Le Pen, membre du Bureau Politique, membre de la Commission d’Investiture, membre du Comité Central" (selon le site officiel du FN). 

Aujourd'hui, B. Bilde n'est plus assistant de S. Montel. 
Voir:http://france3regions.blog.francetvinfo.fr/politiquefranchecomte/2017/01/06/leurodeputee-fn-sophie-montel-dans-le-tourbillon-de-laffaire-des-assistants-fantomes.html