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lundi 26 juin 2017

Non-cumul des mandats.

Au-delà des constats sur les « cumulards », il apparaît nécessaire de procéder à 3 réformes :
* Les élus ne pourront exercer plus de 3 mandats identiques et successifs (prévu par le projet de loi sur la moralisation de la vie publique).
* Il convient d’interdire à un député de siéger dans le conseil municipal dont il était maire lorsqu'il a été élu à l'assemblée.
* Un ministre ne pourra plus se présenter à une élection législative, sauf à renoncer à son portefeuille. Le projet de loi, évoqué ci-dessus, prévoit seulement que les ministres ne pourront plus rester maires ou maires-adjoints de leurs communes, ni rester présidents ou vice-présidents d'un conseil régional ou général.


Non-cumul : au moins 223 députés vont devoir abandonner un mandat
Le Monde 25/6/2017

Députés, mais pas que. Pas moins de 327 des 577 membres de l’Assemblée nationale élue dimanche 18 juin disposaient d’au moins un autre mandat à la date de leur élection, selon notre enquête sur les profils des nouveaux députés.
Mais toutes les situations ne sont pas égales au pays des cumulards. Sur les bancs du Palais-Bourbon, on trouve aussi bien des « petits poissons » que des « requins », qui cumulent jusqu’à quatre mandats électifs, sans même compter les diverses responsabilités liées à leurs fonctions.

·         Quatre députés sur dix vont devoir abandonner au moins un mandat
Après la conquête d’un siège à l’Assemblée nationale, voici venue l’heure du choix pour les cumulards les plus gourmands. Les 577 députés fraîchement élus sont en effet les premiers concernés par la limitation du cumul des mandats imposée sous François Hollande. La nouvelle règle interdit de cumuler un mandat de député avec un exécutif local, c’est-à-dire de siéger au Palais-Bourbon tout en étant maire, président de région, à la tête d’un département ou même adjoint ou vice-président d’une collectivité.
Aujourd’hui, 223 députés, soit 38,6 % de l’Hémicycle, sont dans cette situation. Ils ont trente jours à compter de leur élection pour déclarer quel mandat ils souhaitent conserver, faute de quoi ils devront, par défaut, rester député et abandonner leurs autres responsabilités.
Ce dilemme touche en premier lieu les fameux députés et maires : pas moins de 135 nouveaux élus à l’Assemblée nationale ont cette double casquette. Ce sera ainsi la fin d’une longue histoire pour le fantasque Jean Lassalle, qui va devoir choisir entre la petite mairie de Lourdios-Ichère (Pyrénées-Atlantiques) qu’il dirige depuis 1977 et son siège de député qu’il occupe depuis 2002.
Dans le détail, on ne trouve aucun maire de ville de plus de 100 000 habitants qui siège à l’Assemblée nationale, mais quatre maires d’arrondissements de grandes villes : Paris (Claude Goasguen, Les Républicains, LR), Marseille (Valérie Boyer, LR) et Lyon – Thomas Rudigoz (La République en marche, LRM) et Hubert Julien Laferrière (LRM).
Deux autres sont les premiers magistrats de villes de 50 000 à 100 000 habitants : François Pupponi (PS, Sarcelles), et Michel Herbillon (LR, Maisons-Alfort). Derrière ces quelques cas, le gros du contingent est maire de villes de 10 000 à 50 000 habitants (42 députés et maires), de 2 000 à 10 000 (48) et de moins de 2 000 (39).
A tous ces élus s’ajoutent en outre 49 adjoints au maire, eux aussi concernés par la loi qui restreint les possibilités de cumul. Soit 184 élus qui vont devoir lâcher les rênes de leur commune.

Mais les députés n’ont pas que des mandats municipaux. Dans la nouvelle Assemblée, on compte également quatre présidents de départements : Eric Ciotti (LR, Alpes-Maritimes), Eric Straumann (LR, Haut-Rhin), Maurice Leroy (UDI, Loir-et-Cher) et Hervé Saulignac (PS, Ardèche). Auxquels s’ajoutent vingt-sept vice-présidents de départements ainsi que dix-sept vice-présidents de région, également concernés par la nouvelle loi.
Du côté des autres mandats parlementaires, qu’il n’était déjà pas possible de cumuler avec un siège de député, on compte :
-       deux sénateurs : Béatrice Descamps (Nord, LR) et Luc Carvounas (Val-de-Marne, PS) ;
-       quatre eurodéputés : Jean-Luc Mélenchon (La France insoumise), Marine Le Pen (Front national, FN), Louis Aliot (FN) et Constance Le Grip (LR).

·         Plus d’un député sur deux a au moins un autre mandat électif
L’entrée en vigueur de la loi de 2014 ne signe pas la fin du cumul pour autant : il reste tout à fait possible de conserver plusieurs mandats, à condition qu’ils ne soient pas exécutifs. De quoi rassurer les 328 députés, soit 57 % de l’Assemblée nationale, qui ont au moins un autre siège en parallèle.

La réforme de 2014 devrait quelque peu alléger l’emploi du temps surchargé de certains élus. On pense par exemple à Béatrice Descamps (LR), qui était jusqu’ici à la fois sénatrice du Nord, maire de Météren et vice-présidente du conseil départemental du Nord, avant même d’être élue députée. Un cas de figure unique dans la nouvelle Assemblée.
Mais derrière ce cas particulier, on trouve tout de même pas moins de 85 députés qui exercent en parallèle deux autres mandats, soit 15 % environ et 241 autres (42 % de l’Hémicycle) qui en ont un autre. Ils ne seront que 43 % à se consacrer uniquement à la députation.

Certains députés concernés par les nouvelles limitations du cumul ont d’ailleurs déjà trouvé la parade pour conserver le pouvoir. Agé de 29 ans, le maire LR de Marck (Pas-de-Calais) et désormais député, Pierre-Henri Dumont, a prévenu qu’il comptait rester maître de sa ville, bien que contraint par la loi de passer les rênes à un de ses adjoints en conservant une simple fonction de conseiller municipal. Une ficelle popularisée par Christian Estrosi (LR), qui quittait en 2015 sa mairie de Nice, tout en y restant conseiller, pour prendre la tête de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur… Fonction qu’il a abandonnée en mai pour redevenir maire et que bien des députés pourraient imiter.
Pour aller plus loin, Emmanuel Macron a promis pendant sa campagne de limiter également le cumul dans le temps, en interdisant aux élus d’enchaîner plus de trois mandats identiques consécutifs. Si elle entre en vigueur, cette réforme ne devrait concerner qu’une mince partie des députés élus en juin : l’Assemblée vient en effet d’être renouvelée aux trois quarts, et 68 députés n’ont fait qu’un mandat auparavant, ce qui laissera dans tous les cas moins d’une centaine d’élus potentiellement concernés.
Du haut de ses six mandats législatifs passés, le député LR du Haut-Rhin Jean-Luc Reitzer ne serait ainsi pas concerné en 2022 par une telle limitation, car il n’a pas siégé de 2012 à 2017. Ses collègues Olivier Dassault (Oise, LR) et Jérôme Lambert (Charente, PS), seuls autres députés à commencer leur septième mandat, seraient en revanche concernés car ils n’ont plus été battus depuis 2002.

La palme de la longévité revient, quant à elle, à un trio de députés LR – François Cornut-Gentille (Haute-Marne), Gilles Carrez (Val-de-Marne) et Guy Teissier (Bouches-du-Rhône) ainsi qu’à l’UDI Charles de Courson (Marne), tous élus sans discontinuer depuis 1993, ce qui fait qu’ils amorcent leur sixième mandat de suite.

·         La droite championne du cumul
Si le « renouvellement » dont se targue La République en marche (LRM) est à relativiser, notamment par la forte présence dans ses rangs de personnalités qui n’avaient jamais été élues mais étaient déjà engagées dans la politique au sens large, il est encore plus loin de se trouver à droite. C’est simple : 96 % des 136 députés LR, UDI et divers droite exerçaient déjà au moins une fonction élective à la date de l’élection.
Même constat à gauche (PS et apparentés), où 92 % des élus détenaient déjà au moins un mandat, ainsi qu’à l’extrême droite (90 %) et chez les régionalistes corses et ultramarins confondus (100 %). A l’arrivée, seule la gauche radicale et LRM ont fait élire environ un député sur deux sans mandat électif.

Autre phénomène parlant : là où un député sur quatre de la majorité présidentielle et de la gauche radicale va devoir abandonner au moins un mandat, cette proportion est trois fois plus importante à droite.
Seuls deux députés de la droite et du centre droit n’ont jamais exercé de mandat électif avant d’être élu à l’Assemblée nationale. Il s’agit de l’élu des Vosges Christophe Naegelen (divers droite) et de l’UDI Béatrice Descamps (Nord). Le parti Les Républicains n’a fait élire aucun novice de la politique.



mardi 30 mai 2017

Ils sont fous, ces politiques !

On avait vécu l'affaire Fillon, en pleine élections présidentielles. Médiatisation extrême...
Vint l'affaire Le Pen et des assistants parlementaires du FN dont on présume qu'ils étaient fictifs parce que travaillant directement pour le parti. On fut surpris que le dossier soit moins médiatisé que celui des époux Fillon...

Il y a quelques jours survenaient les accusations sur le passé du ministre Richard Ferrand concernant l'achat d'un bien immobilier, sans bourse déliée, par son épouse, sous couvert d'une société immobilière pour le compte d'une Mutuelle dirigée par... R. Ferrand. Je n'insisterai pas sur cette affaire sauf à signaler, ce que personne n'a fait jusqu'à présent, qu'une mutuelle ou une société d'assurance est tenue de représenter par des "provisions techniques" (pour "sinistres à payer" ou encore ces fameuses "provisions mathématiques", l'argent des assurés-vie), les créances de ses assurés ou des tiers. Elles sont obligées, par la loi, d'investir, notamment en valeurs mobilières ou en immobilier, afin de garantir ces créances. Alors, soit dit en passant, pourquoi avoir payé un loyer pour le siège social de la Mutuelle de Bretagne plutôt que de l'avoir acheté, pour la même somme ? Étonnant, non ?

Bernard Cazeneuve a fait savoir dimanche 28 mai qu’il allait porter plainte contre Jean-Luc Mélenchon pour diffamation. L’ancien premier ministre reproche au député européen de l’accuser de la mort de Rémi Fraisse. Ce militant écologiste avait été tué par le jet d’une grenade de gendarmes alors qu’il protestait contre la construction du barrage de Sivens (Tarn) en 2014. M. Cazeneuve était ministre de l’intérieur à l’époque.
Mardi dernier, le même Mélenchon avait attaqué ce « type » qui « ose la ramener avec son costume de bedeau. Oui, le bedeau du capital et de ce gouvernement ! Qui est-ce qui a tué Rémi Fraisse sauf erreur ? C’est pas moi, non ? »

Aujourd'hui, selon Le Parisien, on apprend que 19 eurodéputés français, dont la ministre des affaires européennes, Marielle de Sarnez, sont visés par une enquête préliminaire pour « abus de confiance » sur des soupçons d’emplois fictifs visant leurs assistants parlementaires.
Réponse du berger à la bergère ? Comme évoqué plus haut, une enquête similaire vise déjà des députés européens du Front national, dont Marine Le Pen, accusés par le Parlement européen d’avoir versé frauduleusement des salaires d’un montant de près de 5 millions d’euros à des assistants parlementaires entre 2012 et 2017.


Si on voulait dégoûter encore plus les Français de la politique, on ne procéderait pas autrement...

vendredi 26 mai 2017

E. Macron/V.Poutine

Lundi prochain, E. Macron recevra Poutine à Versailles. Comment le Président français supportera-t-il son homologue russe alors que les médias de son pays ont traité E. Macron plus bas que terre ? Voir, ci-dessous, quelques exemples cités par le Monde daté du 23 mai :
Le 14 mai : à 39 ans, explique Dmitri Kisselev, présentateur vedette de la première chaîne russe, M. Macron est le plus jeune dirigeant de l'Hexagone depuis Napoléon. "Mais le parallèle s'arrête là, précise-t-il aussitôt, car Napoléon était un personnage brillant, et Macron, personne, même parmi ceux qui sont proches de lui, ne le voit comme ça."
"29 avril. NTV, la deuxième chaîne russe, diffuse un long sujet sur la " dynastie des banquiers Rothschild", qui aurait préparé la route de l'Elysée à M. Macron. Pour illustrer son propos, le journaliste se rend dans une salle de coffres-forts, ouvre l'un d'eux et en extirpe une grosse liasse de billets : "C'est comme ça que tout a commencé." Le 5 mai, avant le second tour de l'élection, une présentatrice de Tsargrad TV annonce sans sourciller qu'il " n'est pas exclu que le candidat sodomite " Emmanuel Macron devienne le nouveau locataire de l'Elysée.
Homosexuel caché – selon l'agence pro-Kremlin Spoutnik, alimentée par le député français Nicolas Dhuicq (Les Républicains) –, marié à une enseignante "pédophile"(Komsomolskaïa Pravda), assujetti à l'Allemagne, où il "est allé se prosterner devant la vieille dame Merkel" (suivant le député ultranationaliste Vladimir Jirinovski) : les Russes ont eu droit à une version stupéfiante du nouveau chef de l'Etat."
On rappellera également à E. Macron que Poutine a longtemps marqué sa préférence pour F. Fillon, avant de porter son choix final sur M. Le Pen.
Alors Emmanuel, comment accueilleras-tu le camarade Vladimir : avec la bise comme pour Angela ou avec une poignée de mains virile comme pour Donald ? Je pense que tu ne feras sûrement pas comme JL Mélenchon qui, probablement, donnerait l'accolade à celui qu'il admire tant pour son soutien à Assad, en Syrie...

mardi 23 mai 2017

Macron/Hulot : une collaboration durable ?

Il faut reconnaître que la nomination de Nicolas Hulot comme ministre d'Etat, chargé de "la transition écologique et solidaire" en a surpris plus d'un. Non seulement parce que l'ex-animateur de TV avait toujours refusé toutes les propositions, mais aussi parce qu'on sait que le candidat Macron avait un programme écologique réduit à sa plus simple expression, contrairement à ceux de Mélenchon et Hamon... Politiquement, cela ne pose aucun problème puisque Nicolas Hulot a travaillé avec Chirac, Sarkozy et Hollande. Et comme le dit Dany Cohn-Bendit : " Hulot est typiquement le mec qui n'est ni à droite ni à gauche mais à droite et à gauche. " Comme Macron...
Une double question se pose, donc :
- E. Macron a-t-il pris conscience de sa légèreté, écologiquement parlant, ou a-t-il voulu réaliser "un coup" en faisant venir Nicolas Hulot ? Ce dernier, par exemple, est un adversaire de la notion de "croissance économique" qui ne tient pas compte de la finitude des ressources; or, le président est un libéral pour qui seule ce type de croissance répondra à nos problèmes d'emplois. Si on ajoute à cela que le nouveau Premier Ministre, Edouard Philippe, est un "nucléocrate" patenté, on ne voit pas très bien ce que Hulot est venu faire dans cette galère...
- Quelles garanties l'ex-animateur d’Ushuaïa a-t-il pu obtenir ? On ne peut, en effet, pas imaginer que E. Macron l'ai fait entrer au gouvernement comme numéro 3 sans s'être mis d'accord sur quelques points essentiels. Il semblerait que le passage de 75% à 50% de la part du nucléaire dans le "mix" énergétique soit acté, ce qui est le minimum alors que les Suisses viennent de voter pour la sortie du nucléaire à l'horizon 2050. Rien sur Fessenheim, par contre... Malgré l'annonce, pendant la campagne présidentielle, de la nomination d'un médiateur chargé de mettre toutes les cartes sur la table pour l'aéroport de Notre-Dame-des Landes, on ne voit pas comment N. Hulot pourrait accepter une décision impliquant sa construction. D'autant plus qu'Edouard Philippe s'est déclaré, en son temps, pour le démarrage des travaux... Comment Macron et Hulot vont-ils s'en sortir, car ni l'un, ni l'autre n'ont intérêt au clash... Rappelons que le second est une des personnalités préférées des Français...
D'autres sujets semblent également opposer les 2 hommes : le capitalisme, l'agriculture conventionnelle, les traités transatlantiques (CETA et TAFTA), contre lesquels N. Hulot parait intransigeant. Au moins a-t-il obtenu l'organisation d'un Grenelle de l'alimentation " afin d'assurer l'émergence d'un modèle garant de la souveraineté alimentaire et débarrassé de tout pesticide".

Sans aller jusqu'à la prédiction de JL Mélenchon qui ne donne pas 6 mois pour que NH quitte le gouvernement, il est certain que l'attelage est promis à de fortes perturbations. Mais les deux hommes ont intérêt à durer le plus longtemps possible, même si leur collaboration ne sera pas un long fleuve tranquille ! 




vendredi 19 mai 2017

Tapie, Le Pen, Mélenchon.

L'actualité présente quelque fois des coïncidences troublantes. Voyez ces 3 personnages dont on parle beaucoup depuis quelques heures...
Bernard Tapie a vu sa condamnation à rembourser plus de 400 millions, confirmée par la Cour de Cassation suite à un arbitrage jugé frauduleux...
M. Le Pen, après moultes hésitations, a décidé de se présenter aux législatives à Hénin-Beaumont.
Jean-Luc Mélenchon, après s'être enflammé pour combattre le FN, juge plus utile de s'assurer une sinécure à Marseille, là où le FN est au plus bas...

Qu'y a-t-il de commun entre BT, MLP et JLM ? 
*Outre un ego surdimensionné, une volonté d'aller au plus facile, là où les chances de succès sont les plus fortes : à Marseille pour l'un, à Hénin pour l'autre... Pour BT, c'était encore plus simple : il suffisait d'avoir "dans la manche" le principal arbitre du trio arbitral qui a jugé en sa faveur (rien à voir avec un quelconque match de foot truqué...)

*Les 3 personnages ont du panache : le néo-Marseillais est un tribun remarquable, l'Héninoise de passage est capable de dire, avec aplomb, tout et n'importe quoi dans la foulée, l'ex-Marseillais est un artiste (chanteur, animateur TV, entrepreneur, "footeux", politique, écrivain, acteur...).

*L'insoumis, avec un clin d’œil à Bernard T, a déclaré : "A Marseille, nous sommes tous des parachutés", tandis que la châtelaine de Montretout s'est égosillée qu'elle avait une "relation affective très forte avec les habitants du bassin minier", tous pour justifier un ancrage peu évident.

*Nos 3 "vedettes" sont des adeptes de la langue de bois et de l’esbroufe :
-BT, alors que sa condamnation vient d'être confirmée : « Une justice n’est efficace que quand elle est sévère et juste avec tout le monde, même lorsque l’Etat est partie au dossier. La vie continue et le combat aussi »
-MLP, avouant son débat raté : "Je l’ai fait avec peut-être trop de fougue, trop de passion".
-JLM, tentant d'expliquer, de façon alambiquée, sa candidature à Marseille : 
  •  Léa Salamé : Pourquoi vous n’allez pas à Hénin-Beaumont ?
  • Jean-Luc Mélenchon : Parce que, madame, je vais à Marseille. Voilà !

*Ces trois bateleurs sont ou ont, tous, été parlementaires : MLP est députée européenne, BT fut député dans les Bouches-du Rhöne, JLM est député européen et fut sénateur...

jeudi 18 mai 2017

A propos du nouveau gouvernement...

J'ai relevé, sur Facebook, quelques commentaires "intéressants" sur certains nouveaux ministres...

1- Sur Nicolas Hulot : 
- Je ne peux pas juger de son action mais un écolo qui va dans un gouvernement bien à droite c'est comme un Vegan qui se fait embaucher dans une boucherie ou un militant Fn qui adhère à la ligue des droits de l'homme.

- Un ancien collaborateur de Bouygues, c'est sûr ça donne confiance direct, surtout avec un premier ministre sortant d'Areva. Et encore je ne parle pas de la ministre du travail sortant de chez Danone et de chez Dassault.

- Avec un 1er ministre autant pro nucléaire, je crains que Nicolas Hulot ait vendu son âme au diable!!!

2- Sur d'autres :
- Mettre un ancien directeur de l'ESSEC à l'éducation nationale c'est encore privilégier la finance ou son culte.
- Parce que l'ESSEC n'est pas vraiment un temple des humanités et de la culture désintéressée.


- Un spécialiste très très spécial. 
En bref, une vraie provocation pour l'immense majorité des enseignants.

- Le nouveau ministre de l'agriculture a voté contre l'interdiction des pesticides néonicotinoïdes tueurs d'abeilles.(JL Mélenchon dixit)

- Emmanuelle Cosse ne sait pas à qui remettre les clés du ministère du Logement (Libération)


Récompenser un homophobe notoire qui a lutté contre l'égalité de droits en le nommant ministre lors de la journée mondiale contre l'homophobie.  (au sujet de Darmanin)

mardi 16 mai 2017

Un tripartisme en perspective (2/3)...

Il y a quelques jours, dans le cadre d'une étude sur ce qu'il pourrait advenir du paysage politique français, nous avions vu, dans une première partie, comment l'extrême-droite pourrait évoluer, à travers un rapprochement avec la droite de la droite, au prix de soubresauts internes, aujourd'hui imprévisibles, mais dont M. Le Pen pourrait faire les frais...
Dans la seconde partie, ci-dessous, essayons, à la veille des législatives, de voir comment la gauche va tenter de se renouveler. En effet, force est de constater que les militants et les électeurs socialistes se sont déterminés, lors des présidentielles, dans 3 directions :
- les uns ont respecté le candidat officiel désigné à l'occasion des primaires du PS, mais Benoit Hamon n'a recueilli que 6% des voix le 23 avril, y compris celles d'EELV et des Radicaux... Ce positionnement est donc ultra-minoritaire...
- d'autres ont voté pour E. Macron dès le premier tour des présidentielles. Probablement la majorité...
- il y a également ceux qui ont rejoint JL Mélenchon et qui doivent représenter une forte minorité...
Le PS est donc éclaté et va probablement disparaître... même si certains veulent, pourtant, maintenir l'illusion qu'il existe encore... 

Le Parti communiste va sortir exsangue des législatives, tout comme les écologistes. Pour le premier, qui s'est fait "rouler dans la farine" par JLM, ce n'est que la confirmation d'une mort annoncée depuis quelques années. La question est de savoir s'il conservera des députés Si, ces dernières années, il a maintenu une certaine représentativité, grâce au soutien du PS, puis de JLM, sa survie, comme celle du PS, est problématique...
Le même constat peut être établi pour EELV. Divisé depuis 2012, notamment, sur le plan stratégique, une partie officielle, mais minoritaire, a signé un accord avec B. Hamon pour le premier tour de l'élection présidentielle, une majorité a rejoint Mélenchon dont le projet écologique était encore plus séduisant que celui de B. Hamon, et une petite minorité s'est laissée séduire par "En marche", bien que l'écologie soit un point faible du projet du nouveau président de la République.
Ainsi, les différentes composantes officielles de la gauche traditionnelle vont disparaître corps et biens, le plus vraisemblable étant qu'elles conserveront difficilement quelques députés, au prix d'alliances compliquées, d'autant plus que la "France insoumise" (FI) a décidé d'en finir avec elles !

La FI peut paraître présomptueuse dans cette affaire... JLM a décidé que la gauche, dorénavant, c'était lui ! Certes, il est nettement majoritaire à gauche, mais de là à penser qu'avec 19% des voix au soir du 23 avril, on puisse devenir majoritaire à l'Assemblée nationale, il pourrait y avoir une très forte désillusion quand on regardera le nombre de députés "mélenchonistes" élus ! En premier lieu, beaucoup d'électeurs ont été choqués par le positionnement personnel de JLM pour le second tour des présidentielles et sont prêts à le lui faire payer quand il sera question de voter au second tour pour un candidat FI face à un autre candidat, surtout s'il est FN ("la réponse du berger à la bergère"). En second lieu, nombreux sont ceux des électeurs potentiels de JLM qui n'apprécient pas ses prises de position sur l'International (rapports avec la Russie, rapprochements avec des pays d'Amérique latine, sortie de l'Union européenne). Enfin, des électeurs de gauche le montrent du doigt comme étant le responsable de la dispersion des candidatures lors des 2 élections de ce printemps...

En résumé, une gauche bien mal en point, dont le nombre de députés pourrait être équivalent à celui du FN, soit quelques dizaines (50 à 70) et préfigurer une longue traversée du désert...

lundi 15 mai 2017

Cela ne peut pas faire de mal au moral...

La presse étrangère saisie par la « macronmania »
L’enthousiasme sans réserves pour l’élection du nouveau président français des médias du monde entier révèle l’espoir d’un renouveau européen.
LE MONDE | 15.05.2017
-
Editorial du « Monde ». La presse étrangère a moins de réserve que les médias français. Elle s’enthousiasme à plein vent pour le jeune homme qui a pris ses fonctions, dimanche 14 mai, à l’Elysée. Cela n’était pas arrivé depuis très longtemps. D’un point à l’autre du globe, le président Emmanuel Macron fait la « une » des journaux et des actualités télévisées. C’est bon pour l’ego des Français et l’image de la France à l’étranger. Cela cache peut-être quelque chose de plus profond, surtout en Europe.
Bien sûr, on n’échappe à aucun poncif et on doit subir une bordée de clichés très largement dépourvus de sens – cela va du Obama français au Justin Trudeau des bords de Seine, sans compter la résurrection de John Fitzgerald Kennedy. Mais cette « macronmania » n’est pas seulement liée à la jeunesse (39 ans) du chef de l’Etat français. Elle ne tient pas non plus à l’étonnante séquence politique que M. Macron a su magistralement exploiter ces derniers mois : l’effondrement des candidats des deux grands partis de gouvernement ; le refus de François Hollande de se représenter ; la création d’un parti ex nihilo ou presque (La République en marche !).
Sur la scène internationale, M. Macron est sans doute le symbole d’une classe politique française en phase de renouveau. Il incarne un changement de génération.

Tout cela est vrai et bien sympathique. Merci, confrères de l’étranger ! Mais le président Macron est d’abord le symbole du coup d’arrêt donné, au moins momentanément, à une vague nationaliste, passablement xénophobe et inquiétante, qui paraissait devoir submerger nombre de démocraties occidentales. Avec les élections en Autriche et aux Pays-Bas, cette année, la victoire de M. Macron est saluée comme une sorte de réponse à deux des événements qui ont marqué 2016 : le Brexit et l’arrivée de Donald Trump à la Maison Blanche.

Moqueries et mépris russes
Très logiquement, les médias russes, souvent sous la coupe du pouvoir, font exception dans ce concert de louanges. Ils affichent moqueries, mépris et propos déplaisants à l’adresse du chef de l’Etat français. Le président Vladimir Poutine comptait sur une victoire de la candidate de l’extrême droite, Marine Le Pen, pour démanteler l’Union européenne (UE), affaiblir l’OTAN et mener une politique étrangère plus conforme aux intérêts de Moscou.

C’est justement sur cette scène européenne que le président Macron peut jouer un rôle important. Il est le premier dirigeant français depuis François Mitterrand (1981-1995) à s’être fait élire en affichant haut et fort ses convictions européennes. Il compte sur ses réformes intérieures pour rééquilibrer la relation franco-allemande : il devait le dire dès ce lundi, à Berlin, à la chancelière Angela Merkel. Il table sur un nouveau rapport de force entre Paris et Berlin pour changer l’UE : moins de laisser-aller face à la concurrence des autres grands blocs économiques ; plus de coopération en matière de sécurité ; moins de débats institutionnels au sein de la zone euro et plus de coordination.

De même qu’il n’ignore pas qu’une bonne moitié de la France a voté pour l’extrême droite et la gauche de la gauche, il sait la crise de confiance qui s’est installée entre les peuples et l’UE. Il semble aborder cet immense défi avec un mélange bienvenu de détermination et d’humilité. M. Macron est trop intelligent pour se payer de mots et d’images. Son portrait à la « une » du Time, de The Economist ou du Spiegel, c’est avant tout l’espoir d’un renouveau européen.

vendredi 12 mai 2017

Un tripartisme en perspective (1/3)...

Avant-hier, je dressais un tableau particulièrement sombre de la situation des partis politiques, en France.
Voyons comment le paysage pourrait évoluer dans les prochaines semaines et, notamment, à l'occasion des législatives de juin.
A ce moment-là, nous pourrions observer que la scène politique française se partage en 3 blocs (un tripartisme depuis longtemps en gestation)

1- l'extrême-droite, à savoir le FN, déjà rejoint par Debout la France et, en prévision, des adhérents du parti Les Républicains, en voie d'éclatement. Pour glaner à droite, il faudrait que le FN cesse de poursuivre l'ambition de M. Le Pen et F. Philippot qui consiste à aspirer l'électorat de gauche (cela a réussi, en partie, avec l'électorat communiste, particulièrement dans les Hauts-de-France), politique qui a montré ses limites ces dernières semaines avec les 34% obtenus par MLP au second tour de la présidentielle, alors que beaucoup de dirigeants frontistes espéraient (secrètement ?) que ce score soit celui du premier tour... Pour crever ce plafond de verre (déjà entrevu lors d'élections précédentes), beaucoup au FN  estiment que le temps est venu maintenant d'attirer des hommes (et femmes) politiques de droite. En quelque sorte, de sortir de l'orientation sociale actuelle du FN pour tenter de séduire la droite de la droite, ce qui signifie prendre des orientations libérales en matière économique. Ce virage stratégique pourrait être conforté par la volonté de JL Mélenchon qui vient chasser sur les terres du populisme et tente de rattraper les anciens électeurs de gauche qui votent, aujourd'hui, FN. Bien entendu, pour que cette nouvelle stratégie puisse fonctionner, il faut un changement de pied de la part du parti d'extrême-droite. 
M. Le Pen se présentera-t-elle aux législatives ? Même si elle part sur la 11ème circonscription du Pas-de-Calais (Hénin-Carvin) où sa marge de sécurité est grande (58,17% dimanche dernier), face à une gauche éclatée (PC, PS, Insoumis, EELV !), à une candidate LR inconnue et une nouvelle venue (tout aussi inconnue) de "La République en marche", le risque est qu'elle soit astreinte à un second tour, ce qui constituerait un nouvel échec pour elle... Je ne serai pas étonné qu'elle décide de ne pas se présenter, en invoquant qu'il faut qu'elle aille aider les autres candidats frontistes dans toute la France, et que cela est impossible à mener de front (!) avec sa propre campagne. Cette désertion pourrait également être mal perçue à l'intérieur du parti, où la fronde anti-Philippot grandit, où la piètre prestation de MLP, lors du débat avec Macron, a déçu et où le retrait de Marion Maréchal-Le Pen interpelle... Ajoutez à cela les foucades de JM Le Pen, qui garde quelques fans, et on peut s'interroger sur l'avenir de MLP à la tête du parti... 
Cela signifie qu'une réorientation stratégique du FN prendra quelques mois. Certes, il y aura un congrès avant la fin de l'année, mais, entre temps, des Ciotti, Wauquier..., à droite, piaffent d'impatience, tandis que JL Mélenchon, à gauche, ne cache pas son ambition, non seulement de remplacer le PS et le PC, mais aussi de faire revenir au bercail les brebis égarés dans des votes frontistes...

A suivre : La gauche.

jeudi 11 mai 2017

Le populisme ne passera pas !

Outre la remise en cause de la légitimité d'E. Macron évoquée ci-dessous, je suis choqué par les qualificatifs accolés à sa personne : bankster, ultra-libéral, candidat de la finance, etc. L'on pourrait en faire un livre... On notera que ces termes proviennent de l'extrême-droite comme de l'extrême-gauche. C'est insupportable... Il sera temps, éventuellement de faire le procès du Président quand on aura des éléments de critique vis-à-vis de sa politique ! Mais aujourd'hui, laissons-le faire ses preuves avant de se disqualifier soi-même... 
Quoiqu'en pensent les populistes des deux bords, la France n'a pas besoin d'une révolution, mais bien d'une évolution qui prendra du temps... 


Editorial : l’étrange procès en légitimité fait à Emmanuel Macron

Le nouveau président serait un président minoritaire, en dépit des 66 % de suffrages qui se sont portés sur son nom. C’est un fort mauvais procès.
LE MONDE | 


On vit, décidément, une époque formidable. Ou plutôt, quarante ans après Reiser, excitée jusqu’à l’absurde et nerveuse jusqu’à l’aveuglement. L’on en veut pour preuve ce simple constat : à peine élu, voilà Emmanuel Macron récusé par certains.
Il n’a pas encore pris ses fonctions et voilà sa légitimité mise en doute. L’on ne sait rien de son gouvernement, pas même s’il aura une majorité à l’Assemblée et voilà, déjà, ses projets condamnés. Notamment par les procureurs de La France insoumise et les sans-culottes autoproclamés qui n’ont pas attendu 24 heures pour descendre dans la rue et décréter la « guerre sociale ».

L’outrance pourrait prêter à sourire si cette intolérance ne témoignait d’un fâcheux déni des règles de la démocratie. C’est, en effet, un étrange procès qui a été engagé, sans perdre une minute, contre le nouveau chef de l’Etat : il serait un président minoritaire, en dépit des 66 % de suffrages qui se sont portés sur son nom.
La démonstration se veut implacable. Elle souligne d’abord qu’un quart des Français (12 millions) n’ont pas été voter le 7 mai. C’est effectivement un record d’abstention depuis l’élection présidentielle de 1969. Elle pointe ensuite le nombre des électeurs qui se sont déplacés pour mettre dans l’urne un bulletin blanc ou nul et signifier ainsi leur défiance à l’égard des deux candidats en lice ; ils étaient 4 millions, nouveau record. Le calcul est simple : si l’on tient compte de ces 16 millions d’abstentions et de votes blancs, Emmanuel Macron n’a recueilli le soutien que de 43,6 % des électeurs inscrits. CQFD.

Contestation
C’est oublier une vérité élémentaire : il en est ainsi depuis un demi-siècle ! A l’exception du plébiscite en faveur de Jacques Chirac contre Jean-Marie Le Pen en 2002, aucun président de la Ve République n’a rassemblé sur son nom la majorité des inscrits. Le général de Gaulle en a recueilli 45,3 % en 1965, Valéry Giscard d’Estaing 43,7 % en 1974, François Mitterrand 43,8 % en 1988. Quant à Georges Pompidou en 1969 (37,5 %), François Mitterrand en 1981 (43 %), Jacques Chirac en 1995 (39,4 %) et François Hollande en 2012 (39,1 %), ils ont fait moins bien qu’Emmanuel Macron. L’on n’a pas le souvenir que, pour autant, leur élection ait été contestée.

Ce n’est pas tout, ajoutent les sceptiques. Quelque 40 % des électeurs qui ont voté Macron l’ont fait, disent-ils, pour faire barrage à la candidate du Front national. La belle affaire ! Comme si la victoire de François Mitterrand en 1981 ne résultait pas, pour une bonne part, du rejet de Valéry Giscard d’Estaing. Et tout autant celle de François Hollande face à Nicolas Sarkozy en 2012.
Bref, il s’agit là d’un fort mauvais procès. Qu’il relève d’un mouvement général de contestation de la légitimité des autorités – politiques, notamment – est une évidence. Qu’il reflète l’état de doute, de défiance, voire de colère d’une partie des Français à l’égard de leurs gouvernants, ne l’est pas moins. Mais l’on ne saurait, sans danger, contester le principe même de l’élection : le président de la République est celui des candidats qui a obtenu la majorité des suffrages exprimés.

Il sera bien temps pour ses adversaires de combattre Emmanuel Macron sur le terrain parlementaire ou social. Qu’ils lui accordent, dans l’immédiat, non pas un état de grâce, ni même un délai de grâce, mais tout simplement le temps de s’installer, de constituer son équipe et d’engager son action. Ce serait la moindre des corrections démocratiques.

mercredi 10 mai 2017

On efface tout et on recommence ?

Quel champs de ruines ! Voici, à aujourd'hui, le tableau apocalyptique de la situation des partis politiques français :
- Les Républicains sont en cours de scission : certains lorgnent toujours vers l'extrême-droite (Wauquiez), d'autres ont carrément demandé l'investiture d'En marche! (devenu "La République en marche") tels Le Maire ou l'incroyable motodidacte Estrosi, tandis qu'un quarteron de cheffaillons (Baroin, Sarko...) tentent de sauver la maison que Fillon a incendiée.
- Le Front national avait dopé ses militants et électeurs par d'agaçants "Le Pen présidente", même si les cadres dirigeants savaient qu'il serait difficile de crever le plafond de verre fixé à 40/42%. La tension règne dans le parti après la piètre performance de leur leader lors du débat avec Macron. Même sans le dire, beaucoup pensent que MLP n'a pas la carrure et que sa stratégie est un fiasco, malgré l'illusion des 10 600 000 électeurs... Que des hommes comme Ménard ou Couteaux se permettent les mêmes critiques que JM Le Pen, 4 semaines avant des élections importantes, prouve bien que la contestation interne ne restera pas longtemps en sourdine. D'autant plus que le cours des nombreuses affaires financières, dans lesquelles est impliquée MLP, devrait s'accélérer... Le retrait "provisoire" de Marion Maréchal (qui avait tendance à occulter, ces derniers temps, le nom de Le Pen) est révélatrice de ce qui se prépare...
- L'ex-futur Premier Ministre de M. Le Pen, Dupond-Aignan, a fait exploser son parti de droite extrême, "Debout la France"...
- Le PS est, peu ou prou, dans la même situation que les Reps. Une partie chez Macron, une autre chez Hamon, et un groupe croupion qui ne sait où aller et qui, pour l'instant, se fige dans des soubresauts annonçant la phase finale.
- Le PC n'en finit pas d'agoniser, et Mélenchon vient de lui porter le coup fatal ! On est tétanisé par son résultat prévisible des législatives... 
- La France insoumise de Mélenchon va se "soumettre" au verdict des législatives, qui devrait sonner le glas des espoirs de ceux qui voient en JLM le seul homme de gauche. Incapable de composer avec les autres partis qui se réclament de la gauche pour présenter des candidatures communes dans 4 semaines, la FI n'échappera pas à la décomposition générale...
- Quant à EELV, sa fin ne date pas d'aujourd'hui... Si l'écologie a pu inspirer les programmes de Hamon et Mélenchon, il est fort à craindre que le parti ne se relèvera pas de la séquence électorale de 2017.

Que va-t-il se passer maintenant ? Devant ce tableau impressionnant, difficile d'imaginer ce qui peut arriver :
L'élection d'E. Macron aboutira-t-elle à une recomposition de la scène politique française ? De quelle façon ? Va-t-on assister à l'émergence d'un bipartisme comme dans beaucoup de démocraties ? Ou, au contraire, se dirige-t-on vers un régime de parti unique qui ne dit pas son nom (comme en Turquie ou en Russie...) ? Nul doute que la vie politique de demain devra tenir compte des exigences suivantes :
- le renouvellement des hommes;
- le changement des "mœurs" politiques;
- la rénovation des institutions;
- la prise en compte de l'urgence écologique et sociale
- l'approfondissement de l'Europe.

Vaste chantier, n'est-ce pas ?

jeudi 6 avril 2017

Mœurs et comportements politiques...

Je vais citer, ici, le cas d'une circonscription législative dans laquelle les choses se précipitent et représente un exemple parfait de mœurs politiques auxquelles il faudrait remédier au plus vite.
Je ne citerai ni la circonscription, ni les noms des personnes impliquées tant il apparaît que cette situation pourrait se retrouver ailleurs... prouvant ainsi la déliquescence des comportements des hommes politiques en général.
Les commentaires de ceux qui feront état des noms des personnes et des lieux ne seront pas validés.
Soit, donc, une circonscription dont le député sortant est membre d'un parti politique proche du parti aujourd'hui au pouvoir. Ce député portera ici les initiales A B. Un maire (appelons-le X Y) d'une commune de la circonscription et membre de ce parti au pouvoir (il s'agit du PS), se porte candidat aux législatives alors que le parti de A B a signé un accord national avec le PS pour que le député sortant soit le candidat commun. Je ne veux porter aucun jugement sur la légitimité des 2 candidats, mais je souhaiterais, ici, mettre en avant les raisons qu'ils ont exprimées pour justifier leur propre candidature...

1) X Y se défend d'être un cumulard et accuse A B d'être un professionnel de la politique.
* Exemple parfait de l'homme politique complètement coupé de ce que ressentent les citoyens (alors que X Y se vante d'être "un homme de terrain" !). La nouvelle loi, qui entre en application lors des législatives, interdit le cumul de mandats nationaux et locaux : ainsi un parlementaire-maire (ou membre d'un exécutif local, tel un conseil régional ou départemental, par exemple) devra choisir entre son mandat de député et celui de maire (ou d'adjoint). En ce sens X Y n'est, pour l'instant, pas un cumulard. Mais de fait cet élu (maire depuis 28 ans, conseiller général/départemental depuis 19 ans) est plus qu'un cumulard, c'est un multi-cumulard ! Qu'on en juge : maire, conseiller départemental, vice-président d'un SIVOM, vice-président du Service départemental d’incendie et de secours (SDIS), président de la Maison départementale des personnes handicapées (MDPH) et j'en oublie, probablement (par exemple : dans l'importante intercommunalité de plus de 100 communes !)... Et c'est là que l'on se rend compte que la loi sur le non-cumul des mandats n'a atteint que partiellement son objectif. On pourra continuer à rester maire ou conseiller départemental ou régional pendant des dizaines d'années, sans parler de toutes les autres fonctions ou mandats, en parralèle... Qui mettra en oeuvre une réduction drastique de ces privilèges uniques au monde ? Ce ne sont certainement pas les élus eux-mêmes qui se feront hara-kiri ! Le prochain président de la République ne pourra-t-il pas nommer une commission de citoyens non élus pour faire des propositions en ce sens ?
* X Y (comme on vient de le voir, même s'il n'en est pas conscient) et A B sont de véritables professionnels de la politique. Ce dernier a adhéré au PS à 16 ans, son père étant conseiller général et maire d'une ville de plus de 20 000 habitants. Il a continué à baigner dans la vie politique, comme attaché parlementaire à plusieurs reprises, de même qu'il fut membre et directeur de cabinet de différents maires. Et ce n'est pas terminé, car il va seulement avoir 53 ans ! 
Or c'est bien de cela dont les Français ont ras-le-bol ! Aucun renouvellement de la classe politique, aucun contact avec les réalités quotidiennes du monde du travail... C'est une véritable révolution des mœurs à laquelle il faudrait procéder. La même commission citée précédemment pourrait esquisser des propositions sur le sujet précis que la politique ne doit pas être une profession...

2) le parti de A B a choisi de soutenir Hamon pour la présidentielle. Or, le secrétaire de section PS de la ville centre se plaint que A B ne "se mouille pas beaucoup pour soutenir le candidat PS"... De mauvaises langues prétendent que beaucoup de candidats désignés pour les législatives (droite ou gauche) ne soutiennent pas activement leur candidat parce qu'ils attendent le résultat de la présidentielle au cas où Macron serait élu, ce qui imposerait un changement stratégique... Vous avez dit : opportunisme ? Dans ce cas, aucune commission ne pourra régler cela... 

mercredi 22 mars 2017

Assistants, parents, enfants, amants...

Il y a 3 ans (voir le texte ci-dessous), je m'étais interrogé sur l'utilisation des postes d'assistants parlementaires, à l'occasion d'une affaire que l'on a un peu oubliée (on se demande bien pourquoi ? ), celle de l'assistant parlementaire de M. Le Pen, qui cumulait collaboration et compagnonnage avec sa patronne (il s'agit de Louis Aliot). Le même cas existait pour le député de l'actuelle 11ème circonscription du Pas-de-Calais.
On notera également que les emplois présumés fictifs d'assistants parlementaires du FN à Bruxelles, qui travailleraient au siège du parti, ne sont pas un cas unique puisque le PS employait au siège de la Fédé 62 un assistant d'un parlementaire français. Il est probable que l'on trouverait la même situation ailleurs en France et dans d'autres partis...
Enfin, deux questions se posent : 
- S'il parait simple d'interdire l'emploi de proches comme assistants parlementaires, comment pourra-t-on prouver les liens extra-conjugaux entre un député (ou sénateur) avec son assistant (e) ?
-  Comment empêcher qu'un parlementaire fasse embaucher son proche (parent ou amant) par un collègue ? C'est ce qu'avait fait le FN au Parlement européen et aucune parade n'était prévue ? 

(Il est de la même urgence de) rendre transparent l'embauche des collaborateurs. Le parlementaire dispose d'un montant maximum pour recruter des assistants (nombre plafonné différemment dans chaque assemblée). Admettons qu'il puisse fixer les salaires comme bon lui semble (encore que l'on connait un député du 62 qui avantageait outrageusement sa maîtresse et le fils de cette dernière...), mais il faudrait que :

* soit réglementée la mise à disposition de salariés au parti politique du député ou du sénateur. Le plus souvent, il s'agit d'un assistant "détaché" au groupe politique parlementaire (qui dispose pourtant de moyens propres en ce domaine). Mais aussi d'assistants mis au service du parti politique localement. Ainsi la Fédération 62 du PS disposait, il n'y a pas longtemps encore, en son siège lensois, de mise à disposition partielle d'assistants de députés ou sénateurs. Je ne sais si cette pratique existe toujours et si les autres partis profitent également du système...

* soient connus les noms des collaborateurs et les fonctions des conjoints. Une loi d'octobre 2013 sur la transparence de la vie publique a été votée, permettant à la "Haute Autorité pour la transparence" de publier les déclarations d'intérêts des principaux élus français, où devront être renseignées les informations indiquées ci-dessus et seront disponibles fin juillet.  Nul doute que l'on pourra ainsi contrôler le travail des collaborateurs familiaux employés par les parlementaires. A noter que le Parlement européen interdit à ses députés d'employer des membres de leur famille, ce qui n'empêche pas les abus puisque M. Le Pen employait son compagnon comme assistant. L'exemple du député du 62 (maîtresse...), cité auparavant, prouve les limites de l'exercice...  


mercredi 1 mars 2017

Lu sur Facebook

J'ai "piqué" quelques commentaires intéressants sur FB,  chez des "amis" dont je n'ai repris que les prénoms et noms, faute d'avoir pu leur demander l'autorisation de les citer. 


Thierry L: "Donc, si j'ai bien compris : 

La primaire des socialistes désigne Benoît Hamon comme candidat.
Le candidat conclut un accord programmatique et électoral avec EELV.
Les adhérents de EELV sont consultés par un vote à ce sujet, pas ceux du PS (alors même que la ligne politique de l'accord programmatique conclu n'est pas celle de ses congrès précédents).

Cet accord réserve 43 circonscriptions législatives à EELV, dans lesquelles les candidats PS sont priés de se retirer.

Après quoi, EELV investit ailleurs d'autres candidats aux élections législatives, avec le soutien de Jean-Luc Mélenchon, contre des députés PS (au hasard, comme Caroline de Haas contre Myriam El Khomri dans le 18ème).
Et certains s'étonnent que cette situation crée incompréhension et malaise ?"


Pierre M Parlant du nécessaire revenu à assurer aux agriculteurs

"Il fut un temps où les prix de tous les produits dans ce pays était contrôlés, alors qu'on ne vienne pas nous dire qu'on ne peut contrôler les prix agricoles, ce sera bien moins que du temps du communisme totalitaire qu'incarnait le général de Gaulle"
Mélenchon a le sens de la formule.

Du même PM : "Francois Fillon est d'un flou programmatique à la Macron.
La question n'est pas d'armer la police municipale, c'est déjà fait, mais de savoir si on la dote ou pas de chars Leclerc, et, dans les villes de plus de 100 000 habitants, d'hélicoptères Tigre et de Rafales."

Arthur D : " «Les colonies nous ont coûté plus cher qu'elles nous ont rapporté.» a déclaré Marion Le Pen. Des propos scandaleux de la part d'un élu de la nation française qui a brillé dans l'ignorance de l'histoire entre la France et l'Afrique."