Affichage des articles dont le libellé est Adevia Soginorpa.... Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est Adevia Soginorpa.... Afficher tous les articles

mercredi 24 mai 2017

Lettre à M. Bayrou.

Monsieur le Ministre de la Justice, Garde des Sceaux, 

J'ai eu l'occasion de saisir une de vos prédécesseurs, Madame Taubira, le 2/9/2015 (alpernalain.blogspot.fr/2 015/09/lettre-madame-taubira-ministre-de-la.html), concernant les 2 premières affaires évoquées ci-dessous. Je n'ai pas reçu de réponse de sa part.
Je reviens donc sur l'objet de ma première saisine et vous fais part, également, d'un troisième sujet. Bien entendu, ma démarche vise au bon fonctionnement de la justice.
En annexe, vous trouverez des notes complémentaires sur ces différentes affaires.


1- L'ancien député PS du Pas-de-Calais, Jean-Pierre Kucheida a été mis en examen pour corruption passive et recel d'abus de biens sociaux, selon l'annonce du parquet de Lille faite le mercredi 8 janvier 2014. 
A ce jour, aucune suite ne semble avoir été donnée à cette mise en examen, soit 3 ans et 5 mois après. 

2- j'ai écrit, en date du 20 juillet 2015, au Procureur de la République de Béthune en lui rappelant que Monsieur Gérard Dalongeville avait été condamné le 19 août 2013 par le tribunal correctionnel de Béthune à quatre ans d'emprisonnement, dont trois ferme, à cinq ans d'inéligibilité et à 50.000 euros d'amende, pour détournements de fonds publics, délits de favoritisme et usages de faux, au préjudice de la commune d'Hénin-Beaumont dont il a été maire de 2001 à 2009.
Il avait fait appel de cette décision, mais s'en était désisté en novembre 2014. J'ai fait part au Procureur de mon étonnement devant la non-application du jugement du tribunal de Béthune et lui ai demandé de me faire connaître comment il envisageait la mise en œuvre de la condamnation du sieur Dalongeville, compte tenu des 9 mois de détention préventive qu'il a déjà effectués. 
Le Procureur m'a répondu le 20 août 2015 "le Parquet de Béthune est tenu d’attendre la notification de l’arrêt rendu au printemps dernier par la Cour d’Appel qui seule avait le pouvoir de constater officiellement le désistement de l’intéressé et de rendre par là-même exécutoire le jugement du Tribunal correctionnel de Béthune.
J’ai d’ailleurs donné des instructions afin que dès réception prochaine de la décision de la Cour d’Appel, le juge d’application des peines de Béthune soit saisi pour en préciser les modalités d’application comme nous l’impose la loi."
Apparemment, à ce jour, Gérard Dalongeville n'a toujours pas exécuté sa peine.

3- J'ai écrit le 18 juillet dernier à Michel Dagbert, président du conseil départemental du Pas-de-Calais, pour lui rappeler qu'il avait déclaré, en séance "qu'une élue de votre assemblée serait ciblée dans un dossier de contentieux pour fraude au RSA à la Caisse d’allocations familiales (CAF) du Pas-de-Calais." Était désignée ainsi "l'adjointe aux affaires sociales du maire Front national d'Hénin-Beaumont Steeve Briois, Aurélia Beigneux qui n’aurait pas mentionné ses indemnités d’élue (environ 700 € par mois) lors de quatre déclarations trimestrielles, jusqu’au moment où elle fut élue au conseil départemental, en avril 2015. Elle aurait aussi mentionné une situation maritale et une adresse inexactes." "L’élue est vice-présidente du centre communal d’action sociale (CCAS) d’Hénin-Beaumont, en charge de l’instruction des dossiers de demande du RSA." (La Voix du Nord).
Je terminais mon courrier à Michel Dagbert, ainsi : "J'aurais aimé connaître les suites qui ont été données à cette affaire et, plus particulièrement, si vous avez déposé plainte. Nos concitoyens veulent savoir comment réagit un parti politique, en l'occurrence le Front National, qui fustige une prétendue politique d'assistanat". Je ne sais si le Parquet s'est saisi de cette affaire à défaut de plainte de Monsieur Dagbert.

Monsieur le Ministre, à l'heure où vous préparez la bienvenue loi sur la moralisation de la vie politique, les trois affaires précitées mériteraient d'être traitées par la Justice comme il se doit, de façon efficace et rapide. 
J'aurais souhaité que vous puissiez me situer où en sont ces trois dossiers. Ces derniers sont suivis de près par nos concitoyens du Nord de la France, mais aussi par les Français, en général, soucieux d'une Justice exemplaire en la matière. Les lecteurs de mon blog politique, que j'informe régulièrement des dérives de certains hommes politiques, veulent aussi savoir ce qu'il en est.

Respectueusement
Alain Alpern



Notes complémentaires :

1- L'ancien maire de Liévin, JP Kucheida avait été condamné en mai 2013 à 30 000 euros d'amende pour abus de biens sociaux au détriment d'un bailleur social qu'il a présidé de 2004 à juin 2012. Il avait été reconnu coupable d'avoir utilisé abusivement la carte bancaire de cette entité, la Soginorpa, et de ne pas avoir justifié quelque 11 000 euros de dépenses entre 2009 et 2012.Il affirmait avoir remboursé les dépenses qui ne rentraient pas dans ce cadre et pour lesquelles il aurait utilisé la carte par erreur. Ces dépenses concernent des factures d'hôtel, de restaurant de grand luxe, de bijoux ou encore d'essence
Outre l'amende, une interdiction d'exercer une profession commerciale ou industrielle pendant cinq ans a été prononcée mais aucune peine d'inéligibilité n'avait été demandée.
Jean-Pierre Kucheida avait été exclu du PS pour une candidature dissidente, puis battu au premier tour des législatives en juin 2012, par le candidat socialiste, Nicolas Bays. Il avait cédé son fauteuil de maire de Liévin en janvier.
Pour en savoir plus, allez sur Wikipédia et tapez "Alpern Kucheida", vous pourrez lire les très nombreux posts que j'ai écrits sur le sujet...

2- Concernant la réponse du Procureur, dans l'affaire Dalongeville, vous pouvez lire mes commentaires : :alpernalain.blogspot.fr/2015/09/le-procureur-de-bethune-ma-repondu.html

3- Concernant mon courrier et mon rappel à M. Dagbert, voir : alpernalain.blogspot.fr/2016/07/lettre-au-president-du-conseil.html


vendredi 15 février 2013

Pour bien comprendre l'engrenage judiciaire qui secoue le PS 62 (2)


Rappel:
La presse se fait l'écho de 2 informations judiciaires ouvertes à Lille sur la gestion d'Adévia et Soginorpa. Information ouverte pour favoritisme, recel de favoritisme et abus de biens sociaux. JPK a présidé Adevia de 1983 à 1991, ainsi que la Soginorpa jusqu'à très récemment .
Vous trouverez ci-dessous, les liens vers les différents posts que j'ai écrits sur le sujet, depuis fin janvier 2011, et, ce, même avant la parution officielle des rapports de la CRC...


Au tour de la Soginorpa: les 150 000 000 euros de pertes prévisibles de la Sogi me conduisaient à conclure, le 14 février :   "La chute programmée de JPK aura des conséquences sur le fonctionnement du système PS62, et probablement au-delà (l’affaire Guérini, à Marseille, étant vraiment, à côté de celle-ci, une broutille...)" http://alpernalain.blogspot.fr/#!/2011/02/150-000-000-deuros-de-pertes.html

Puis, le même jour, je reprenais des échanges qui avaient eu lieu lors de conseils d'administration précédents de la Soginorpa et ma conclusion était celle-ci : "le CA (y compris Jacques Vernier) a tout avalé". Jacques Vernier aujourd'hui Président de l'institution...
http://alpernalain.blogspot.fr/#!/2011/02/150-000-000-deuros-de-pertes-suite.html

Le 17 février, j'écrivais à l'ensemble de "la presse nationale pour la sensibiliser au scandale politico-financier dont nous sommes victimes...". Le Point et les Inrockuptibles ne prirent contact avec moi que plus de 9 mois plus tard...
http://alpernalain.blogspot.fr/#!/2011/02/lettre-la-presse.html

Le 24 février, Nord Eclair faisait état des rapports toujours officieux de la CRC et j'en profitais, en commentaires, pour mettre en cause, l'élu FN administrateur de la Sogi qui avait également tout avalé, ainsi que les élus de la CALL qui avaient donné leur blanc-seing à JPK!
http://alpernalain.blogspot.fr/#!/2011/02/soginorpa-un-nouveau-rapport-accablant.html

Le même jour, je notais que JPK "roulait des mécaniques" :
http://alpernalain.blogspot.fr/#!/2011/02/les-rodomontades-de-jean-pierre.html

Le 25 février, je sentais bien, en citant des pratiques illégales supplémentaires que c'était le "début de la fin" pour la Sogi
http://alpernalain.blogspot.fr/#!/2011/02/soginorpa-le-debut-de-la-fin.html


Un peu d'humour le 27 février où j'imaginais que JPK quittait la France: http://alpernalain.blogspot.fr/#!/2011/02/jpk-en-marre-de-la-soginorpa-il.html

A suivre

mercredi 13 février 2013

Pour bien comprendre l'engrenage judiciaire qui secoue le PS 62 (1)


La presse se fait l'écho de 2 informations judiciaires ouvertes à Lille sur la gestion d'Adévia et Soginorpa. Information ouverte pour favoritisme, recel de favoritisme et abus de biens sociaux. JPK a présidé Adevia de 1983 à 1991, ainsi que la Soginorpa jusqu'à très récemment .
Vous trouverez ci-dessous, les liens vers les différents posts que j'ai écrits sur le sujet, depuis fin janvier 2011, et, ce, même avant la parution officielle des rapports de la CRC...



Adevia : voir les 2 posts : le début d'un énorme scandale politico-financier. Le premier le 29 janvier 2011: http://alpernalain.blogspot.fr/#!/2011/01/adevia-le-debut-dun-enorme-scandale.html
On n'avait pas encore connaissance du rapport de la CRC, mais quelques points laissaient déjà apparaitre l'énormité de l'affaire: ainsi les terrains achetés surévalués sur Beaumont.



Le second:  http://alpernalain.blogspot.fr/#!/2011/01/adevia-le-debut-dun-enorme-scandale_31.html dans lequel je revenais plus particulièrement sur le recrutement du frère du dernier Président, en tant que chauffeur, ainsi que sur les illégalités des augmentations d'indemnités des 2 derniers présidents (F. Lemaire et M. Dagbert) ainsi que celles concernant le DG. Je ne suis pas sûr que le Préfet ait fait quelque chose pour dénoncer les illégalités dans les procédures...



Le 1er février, je faisais un rappel sur les "structures enchevêtrées" (Adevia, Soginorpa, CFR, UNEO, PDH...) : http://alpernalain.blogspot.fr/#!/2011/02/adevia-le-debut-dun-enorme-scandale.html



Le 2 février, j'expliquais le scandale des terrains surpayés:  http://alpernalain.blogspot.fr/#!/2011/02/adevia-le-debut-dun-enorme-scandale_02.html

Le 3 février: examen des pratiques illicites chez Adevia: http://alpernalain.blogspot.fr/#!/2011/02/adevia-le-debut-dun-enorme-scandale_03.html



Le même 3 février, l'étude de certains marchés passés par Adevia mettait en cause plusieurs personnes, dont le propre fils de JPK, Frédéric, bénéficiaire d'un marché passé dans l'illégalité: http://alpernalain.blogspot.fr/#!/2011/02/adevia-le-debut-dun-enorme-scandale_6656.html
Je rappelle qu'à ce moment-là, le rapport de la CRC sur Adevia n'était pas encore sorti



Le 4 février: analyse du rapport sur la scandaleuse CFR avec le surpaiement incroyable de terrains à Hénin-Beaumont.http://alpernalain.blogspot.fr/#!/2011/02/apres-adevia-cfr-le-debut-dun-enorme.html
Le 7 février: CV de JPK (à réactualiser pour tenir compte de son exclusion du PS, de sa défaite aux législatives, de sa démission en tant que maire...) : http://alpernalain.blogspot.fr/#!/2011/02/jean-pierre-kucheida.html



Le 12 février, analyse critique d'un article de La Voix du Nord afin d'éviter que l'on ne minimise le scandale en cours:  http://alpernalain.blogspot.fr/2011/02/lecture-entre-les-lignes.html



Le 13 février: je décortiquais un interview de JPK (par la Voix du Nord) et comme le précédent post, cela vaut son pesant d'or! http://alpernalain.blogspot.fr/2011/02/lecture-entre-les-lignes-2.html

A suivre

samedi 1 décembre 2012

3 articles du Monde du 1/12/12 (3)

 

 

Il y a plusieurs préalables pour qu'un solution à 2 états soit encore possible:
- Hamas et Fatah doivent participer ensemble au pouvoir, sur des bases laïques;
- ils doivent reconnaître l'existence d'Israël;
- ils doivent cesser les actes terroristes et guerriers contre Israël;
- les Israéliens doivent, non seulement, cesser les colonisations sur les territoires qu'ils occupent illégalement, mais aussi présenter un plan de retrait de ces territoires;
- il faut internationaliser Jérusalem.

La Palestine à l'ONU


Devant l'Assemblée générale de l'ONU, Mahmoud Abbas a gagné une bataille. Mais il est encore loin d'avoir gagné la paix. Après son plébiscite planétaire, le président de l'Autorité palestinienne va rentrer dans un pays occupé par une armée étrangère, morcelé par les colonies et divisé en deux camps rivaux : celui du Fatah, son parti, et celui du Hamas, le mouvement islamiste, maître de la bande de Gaza. A défaut d'être un tournant, la date du 29 novembre 2012 promet d'être une étape, une station dans la longue marche des Palestiniens vers l'indépendance.
Il y a soixante-cinq ans jour pour jour, le 29 novembre 1947, en réponse à la guerre civile entre Juifs et Arabes qui ensanglante la Palestine, alors sous mandat britannique, l'Assemblée générale de l'ONU décide de couper cette terre en deux Etats, l'un juif et l'autre arabe. L'Etat juif est proclamé en mai 1948 par David Ben Gourion. Une guerre éclate aussitôt avec ses voisins arabes, opposés au plan de partition de l'ONU. L'Etat promis aux Palestiniens est englouti dans ce conflit. La Jordanie et Israël se partagent son territoire. Près de la moitié de sa population prend la fuite ou est expulsée par les troupes du jeune Etat juif. C'est la Nakba (" catastrophe " en arabe).
22 % de la Palestine historique
La cause palestinienne renaît après la guerre des Six-Jours, en juin 1967, qui conduit Israël à occuper la Cisjordanie et la bande de Gaza. Dans les camps de réfugiés, une nouvelle génération de militants a grandi, adepte du Fatah, le mouvement de Yasser Arafat, qui s'empare de l'Organisation de libération de la Palestine (OLP) et prône la lutte armée. Objectif : libérer toute la Palestine, Israël compris.
Cette tactique, qui mène l'OLP dans l'impasse du terrorisme, est peu à peu revue, à partir de la seconde moitié des années 1970. Le démarrage de la première Intifada, en décembre 1987, oblige la centrale palestinienne à accélérer sa mue. Onze mois plus tard, à Alger, l'OLP proclame l'indépendance de l'Etat de Palestine. Une déclaration symbolique, qui s'accompagne d'une reconnaissance de la résolution 242, qui appelle Israël à se retirer des territoires occupés durant la guerre de 1967. Tournant majeur : l'OLP accepte l'existence de son voisin juif et se résout à ne créer son Etat qu'en Cisjordanie et dans la bande de Gaza, soit 22 % de la Palestine historique.
Le processus de paix débute en 1993. Israël se retire de 40 % de la Cisjordanie, désormais gouvernée par l'Autorité palestinienne (AP) d'Arafat. Les pourparlers s'enlisent cependant très vite, sous les coups des attentats en Israël et de la colonisation juive. Une deuxième Intifada éclate en 2000, encore plus meurtrière que la précédente.
Elu président de l'AP en 2005 après la mort d'Arafat, Mahmoud Abbas met au pas les groupes armés palestiniens. Son premier ministre, Salam Fayyad, construit une administration modèle. Mais le processus de paix d'Annapolis, en 2007-2008, débouche sur un nouvel échec. D'autant qu'Israël se refuse à geler la colonisation. A court d'idées, lâché par Barack Obama et talonné par le Hamas, Mahmoud Abbas se tourne alors vers New York. " Dans ce bas monde, quand on veut se plaindre, a-t-il coutume de dire, il y a deux adresses : Dieu et les Nations unies. "

Benjamin Barthe
© Le Monde 1/12/2012

jeudi 15 novembre 2012

Après le père et la fille, je demande: le fils!

La PJ lilloise enquête sur des marchés que le fils de l'ancien baron PS du Pas-de-Calais a conclus avec une SEM dont son père est administrateur.

Dans la famille Kucheida, après le père et la fille, les enquêteurs s'intéressent désormais au fils. Alors que l'ancien député-maire PS de Liévin et sa fille Marie sont renvoyés le 9 avril prochain devant le tribunal correctionnel de Douai pour "abus de biens sociaux" (ABS) et "recel d'abus de biens sociaux", le fils Frédéric est au centre des investigations de la direction interrégionale de la police judiciaire de Lille. Les enquêteurs s'intéressent à Frédéric Kucheida dans le cadre de l'une des quatre enquêtes préliminaires ouvertes par le parquet de Lille sur les liens entre des élus du bassin minier, le Parti socialiste et plusieurs établissements publics de la région. Outre le fait d'être le fils de l'ancien baron du Parti socialiste dans le Pas-de-Calais, Frédéric Kucheida est un ancien responsable du Mouvement des jeunes socialistes (MJS) et l'ex-secrétaire de la section PS d'Avion.

Dysfonctionnement des appels d'offres

Selon nos informations, les policiers de la PJ lilloise étudient de près les marchés que ce gérant d'entreprise aurait conclus avec Adevia, une société d'économie mixte de la région Nord, dont Jean-Pierre Kucheida est administrateur. Troisième SEM de France après celles de Lyon et de Nantes, Adevia, qui gère notamment l'ambitieux aménagement du projet Louvre-Lens, a fait l'objet de plusieurs rapports incendiaires de la chambre régionale des comptes (CRC). Les magistrats de la CRC ont notamment pointé des dysfonctionnements au sein de la commission d'appels d'offres.
"Des anomalies graves se concentrent sur un nombre limité de prestataires d'études et de maîtrise d'oeuvre, avec lesquels certains administrateurs d'Adevia entretiennent des liens directs ou indirects", notait le rapport. Parmi ces sociétés, la Sorepa, une entreprise dirigée par Frédéric, le fils de Jean-Pierre Kucheida, et une autre dirigée par Patrice Delaleu, maire PS de Servins (Pas-de-Calais) et administrateur de la SEM Adevia. Lors d'une conférence de presse, la direction d'Adevia avait reconnu "des erreurs" "imputables notamment" à "une croissance rapide mais pas suffisamment maîtrisée". Contacté par Le Point.fr, Frédéric Kucheida n'a pas souhaité répondre à nos questions.
Pour l'anecdote, en 1997, Frédéric Kucheida avait déjà été au coeur des investigations de la PJ lilloise dans l'affaire de la Sacomi (Société pour l'aménagement des communes minières). À travers cette société d'économie mixte, Jean-Michel Kucheida, qui avait la mainmise sur les logements miniers, avait alors été soupçonné de conflit d'intérêts. Comme l'ont révélé les journalistes Benoît Collombat et David Servenay dans leur livre (1), son fils, avait, lui, été soupçonné d'avoir acheté une maison à un prix défiant toute concurrence. Les frais de notaire (7 927 euros) avaient même été réglés par le vendeur, et non l'acheteur comme cela se fait d'habitude, sur ordre du directeur général de la Soginorpa, un bailleur social dont la Sacomi avait la gérance. Cela n'avait pas empêché le fils comme le père de bénéficier alors d'un non-lieu. L'épilogue sera-t-il identique cette fois-ci ?
Click here to find out more!

samedi 20 octobre 2012

Derrière la carte bleue utilisée par JP. Kucheida (1)


Comme je le pressentais, dès mercredi soir, avant la fin de la garde à vue, pas besoin d'instruction dans le dossier de JPK concernant l'accusation d'abus de biens sociaux dont il devra répondre devant le tribunal de Douai le 13 novembre prochain. La police a déjà tous les éléments, avoués, en son temps, par l'intéressé!
Tout le bruit fait autour de cette affaire paraît disproportionné avec un simple abus de bien social. Eh bien, non: nous sommes au hors d'oeuvre d'une affaire qui pourrait avoir des conséquences nationales! parce qu'elle touche de plein fouet un parti qui vient d'accéder au pouvoir suprême après 10 ans ans d'opposition.



Voyons cela plus précisément:


1- Une simple histoire de carte bleue


En effet, nous sommes dans une simple affaire d'utilisation d'une carte bleue à des fins présumées de règlement de frais personnels, carte bleue au nom de la Soginorpa, présidée par Jean-Pierre Kucheida. La Soginorpa gère le patrimoine immobilier des Houillères (62 000 logements). Le montant des dépenses indues, sur plusieurs années, est "dérisoire": moins de 50 000 euros. S'y ajoute le paiement, par association interposée, d'honoraires de 12 000 euros à Marie Kucheida, dite Marieka, pour un livre de photographies sur les mineurs.
Il faut dire que JP Kucheida, maire de Liévin, Président de la douzième Agglo de France, depuis peu ex-député et ex- Président de la Soginorpa, mais aussi d'Adevia, toute puissante société d'amènagement du territoire, en charge de maitrises d'ouvrage déléguées ou de maitrises d'oeuvre des plus importants chantiers du Pas-de-Calais (exemples: stade Bollaert, Louvre-Lens), JPK, donc, a eu pendant longtemps la main-mise sur des dossiers où les plus grandes entreprises intervenaient. On se doute bien que, depuis longtemps, la suspicion règnait sur les contre-parties des marchés attribués. Mais les preuves manquaient. Et voilà que l'on peut coincer Kucheida sur une affaire de carte bleue! L'occasion idéale pour délier quelques langues et ...la pelote de laine.
D'autant plus que JPK, dans cette affaire, a été particulièrement maladroit: il a commencé par nier l'évidence des dépenses personnelles, puis a invoqué des histoires à dormir debout, sur des cartes bleues personnelles avalées ou perdues, avant finalement d'avouer la vérité et de rembourser la Soginorpa. Mais cela était bien révélateur du fait que JPK se pensait intouchable! Lui, un des rénovateurs du PS dans les années 70 avec son ami (copain même) Percheron, homme tout puissant du PS (régional et national), lui, fils et petit-fils de mineur et donc inattaquable, lui, le maire et député de France le mieux élu (au 1er tour, à chaque fois)...Intouchable!
On comprend donc que, être traduit devant le tribunal de Douai, dans quelques semaines, pour une banale (!) affaire d'abus de bien social, est une bombe à retardement pour tous ceux qui, dans le Pas-de-Calais, ont été les féaux du "roi de Liévin". Et comme derrière tout cela, il y a de forts soupçons, non seulement d'enrichissement personnel (vassaux et suzerain compris), mais aussi de financements politiques, il y a de quoi trembler du sommet du parti et de l'Etat jusqu'au petit maire socialiste du Pas-de-Calais!


2- Un immense marché de travaux et de services.


Gérer un marché de 62 000 logements (Soginorpa), avec des rénovations et des constructions neuves, nécessitent de passer des marchés de plusieurs dizaines de millions d'euros. Des entreprises dépendent de ces marchés, on s'en doute...et sont prêtes à tout pour les obtenir!  Outre l'aspect économique, les relations entre le patron de la Sogi et les maires sont forcément ambigues: ainsi la Chambre régionale des comptes (CRC) avait remarqué que certaines communes étaient régulièrement avantagées: on rénovait ou on construisait, par exemple, plus à Barlin qu'ailleurs, dont le maire avait été désigné Président d'Adévia (vous savez celui qui avait, dès son arrivée, embauché son frère comme chauffeur, 3 mois avant d'avoir une voiture de fonction...). Bref, un réseau d'obligés, allant jusqu'à des emplois fictifs... 
Adevia exerce ses compétences dans les métiers de la ville, l’ingénierie financière et la négociation foncière. Elle a absorbé, sous la houlette de JP Kucheida, les autres sociétés au passé sulfureux: Saemic, Artois Développement, Sépac...Adevia est devenu incontournable dans tous les montages de projet...
Il faudrait également parler de l'éphémère CFR (fruit des amours consanguins Soginorpa, Adevia et Pas-de-Calais Habitat), chargée d'achats de terrain, mais qui disparut, vite fait, à l'occasion d'achats surpayés sur Hénin-Beaumont. Epinglée par la CRC, on peut supposer que la justice va prochainement se pencher sur cette affaire symbolique de la rapacité de certains fauves...

A suivre

vendredi 11 mai 2012

Si vous êtes sondé...


Un sondage est donc en cours, sur le territoire de la 11ème circonscription, pour connaitre la popularité de JL Mélenchon.
Afin de vous y préparer, je vous livre, ci-dessous, les questions qui pourraient vous être posées:
- êtes-vous un habitant du secteur?
- quelle est votre profession?
- connaissez-vous les personnes suivantes:
* Desennes
* Mélenchon
* Kemel
* Urbaniak
* AS Taszarek
* Tondelier
* Vast
* Ramdani
* Le Pen

- Pour qui avez-vous voté au 1er tour des Présidentielles?
- Pour qui avez-vous voté au second tour des Présidentielles?
- De quel bord politique êtes-vous?
- Pour qui avez-vous voté en 2007?
- Entre les personnes suivantes, qui choisisseriez-vous?
*Kemel
*Tondelier
*Mélenchon


Pour ne pas influencer les résultats, je ne ferai aucun commentaire, tant sur l'objectif de certaines des questions, que sur le pourquoi des noms cités...Quant à la pertinence de ces questions, nous en parlerons plus tard...

jeudi 22 mars 2012

Ce n'est pas bien de tirer sur une ambulance!


Une série de 3 excellents articles de DailyNord qui se font référence les uns aux autres...


Jean-Pierre Kucheida soucieux de l’argent du contribuable et du TGV Nord


 Par Ch. D. • le 19 mars 2012 •


Vrai de vrai. Et c’est peut-être même grâce à lui, qui sait, que l’usager du TGV Nord va pouvoir économiser quelques précieux euros. Le Gouvernement vient de répondre à une question écrite de fin 2011 sur les tarifs du TGV Lille-Paris. Une tarification jugée « effrayante » par le tout-puissant-député-maire de Liévin qui s’y connaît fort bien en matière de chiffres, surtout quand ils sont à la marge (Pour Kucheida, les dépenses à la marge sont… de 47 400 euros ! voir ci-dessous, l'article du 12/12/2011). La preuve encore avec cet extrait de la question écrite: « 221 kilomètres de la ligne Lille-Paris coûtent 56,60 euros, soit 25 centimes du kilomètre« . Au centime près. Il est comme ça JPK, toujours soucieux de l’argent du contribuable, même si lui peut voyager à l’oeil en première en sa qualité de parlementaire. Le gastronome liévinois aurait aussi pu se plaindre des tarifs du sandwich pratiqué au wagon bar. Un tarif « effrayant » digne d’un Marc Veyrat….Pour Kucheida, les dépenses à la marge sont… de 47 400 euros !





Pour Kucheida, les dépenses à la marge sont… de 47 400 euros !

Par Nicolas Montard • le 17 mars 2012 •
On apprend sur le site de l’Express que Jean-Pierre Kucheida, député-maire de Liévin, inquiété de toutes parts ces temps-ci (relire : Jean-Pierre Kucheida encore dans la tourmente), a commencé à rembourser les dépenses personnelles réglées avec sa carte professionnelle de la Soginorpa. Deux autres versements du même montant sont prévus ces prochains mois. De combien ? 15 800 euros. Soit 47 400 euros. Des dépenses à la marge, avait pourtant déclaré le député-maire pour sa défense (relire Parole à la défense du 12 décembre 2011, ci-dessous). La marge n’est pas la même pour tout le monde.




 
 
Jean-Pierre Kucheida dans la tourmente : parole à la défense !


Par DailyNord • le 12 décembre 2011 • Dans la catégorie DailyUne,Réflexions

Jean-Pierre Kucheida est dans l’oeil du cyclone depuis quelques jours et les premières révélations du Point sur les bavardages de Gérard Dalongeville. Après un temps de silence, le député-maire de Liévin a dû s’exprimer pour se défendre des accusations portées contre lui. Depuis, il n’arrête plus. Décryptage des techniques de défense que l’homme politique utilise.

La défense, c’est le silence
La première des défenses dans cette affaire a été la plus simple. Le silence. Contacté par les journalistes du Point – et par ceux des Inrocks, ayant également réalisé une enquête fouillée sur le Pas-de-Calais – on apprend que la première stratégie de Jean-Pierre Kucheida a donc été de se taire. Laisser les journalistes raconter n’importe quoi, publier leurs articles… et espérer que l’affaire ne fasse pas trop de bruit. C’est raté.

La défense, c’est le fantasme des autres
Pourtant, Jean-Pierre Kucheida a bien été obligé de sortir du silence vu l’écho des différents articles. Ce qu’il a donc fait dès le samedi. Et sa défense, face aux accusations de Gérard Dalongeville, c’est d’abord la négation qui est utilisée, mais argumentée par le fantasme. Il présente l’ancien maire d’Hénin-Beaumont comme un homme quasi déséquilibré : « Je ne peux pas empêcher Gérard Dalongeville de fantasmer »; « Gérard Dalongeville possède une imagination débordante ». Toute une stratégie pour affaiblir l’accusateur en chef.

La défense, c’est plaider sa propre naïveté
On ne le savait pas, mais Jean-Pierre Kucheida est donc un homme né de la dernière pluie. A une question sur les pressions qu’un élu pourrait faire sur les entreprises, sa réponse est touchante. Jugez-en vous même : « Je ne vois pas comment c’est possible à vrai dire ! » (sous entendu de faire pression sur les entreprises). Il doit être à peu près la seule personne au monde à ignorer quelques rouages élémentaires. Cette naïveté l’a d’ailleurs trahi. Retour sur Dalongeville : « je lui ai en quelque sorte sauvé la vie et voilà comment il me remercie. » (à propos du poste qu’il l’a aidé à obtenir dans les années 90).

La défense, c’est reconnaître un peu…
Depuis mercredi, l’affaire est entrée dans une seconde phase avec les dépenses supposées de Jean-Pierre Kucheida avec sa carte bleue estampillée SOGINORPA. On remarquera que le député-maire prend le soin de ne pas tout nier en bloc. « Il a pu m’arriver d’utiliser la carte de Soginorpa parce que je n’avais pas la mienne, mais j’ai systématiquement remboursé » ; « Si j’ai oublié quelque chose au passage, ce n’est pas impossible, je vous garantis que ce sera forcément à la marge ». Pratique au cas où le tout serait prouvé par A+B. L’emploi de l’expression « à la marge » ayant ce côté sympathique de pouvoir être utilisée pour des sommes très différentes.

La défense, c’est crier au complot
Le complot. En vogue ces temps-ci chez les socialistes. Vendredi matin, l’homme fort du Bassin Minier n’a pas manqué de balancer ce mot : « J’ai vraiment l’impression qu’une sorte de complot a été bâti autour de moi ». Une stratégie qui permet de montrer le plan machiavélique contre lui, mais aussi contre « Hollande qu’on veut abattre ». Ainsi, Jean-Pierre Kucheida devient de la chair à canon en première ligne pour son général. Et il détourne les balles de sa propre personne.

La défense, c’est l’attaque
Et on attaque aussi. Important de se défendre en distillant quelques cartouches bien visées, montrant qu’on est un homme, debout et bien debout. Ainsi, selon Jean-Pierre Kucheida, Arnaud Montebourg est un « pleutre » qui baisse les yeux quand il le croise. Ça, c’est pour amuser la galerie. Comme porter plainte. Au nom de la SOGINORPA, contre le blogueur Alain Alpern, ou en son nom contre les médias qui ont trop parlé de sa carte bancaire volage (plainte contre Le Point par exemple). Comme on n’a rien à se reprocher, on va devant la justice. Même si en général, ces affaires de plainte contre la presse se finissent dans l’anonymat le plus total.

La défense, c’est savoir se montrer humain
Dans toute stratégie de défense, il ne faut pas oublier que l’on est d’abord là pour le bien de la population en tant qu’élu ou président de ceci et de cela. Ça aussi, Jean-Pierre Kucheida l’a rappelé : « Tout ce que je veux, moi, c’est faire du bassin minier un territoire normal où les gens sont heureux. » Un côté humaniste pour quelqu’un de profondément humain :« Et je suis par certains moments, je dois le dire, complètement désemparé par rapport aux affabulations absolument énormes que j’entends ».

(Extraits d’interviews données dans la presse quotidienne régionale (La Voix du Nord, Nord Eclair) et sur Europe 1, notamment).



dimanche 18 mars 2012

Enquête préliminaire contre Kucheida: le début de la fin pour le roi de Liévin?


La justice s'intéresse au député maire socialiste de Liévin (Pas-de-Calais) Jean-Pierre Kucheida, soupçonné de malversations financières, rapporte Le Journal du dimanche.
Le parquet de Lille a ouvert le 6 mars dernier une enquête préliminaire qui désigne nommément l'élu et porte sur des soupçons d'enrichissement personnel et de financement politique associés à la gestion de logements sociaux, écrit le JDD.
Cette procédure s'ajoute à quatre enquêtes préliminaires en cours sur les liens entre des élus du bassin minier, le Parti socialiste et plusieurs établissements publics de la région.
Les enquêtes ont été ouvertes après les accusations d'un ancien élu PS du Pas-de-Calais, Gérard Dalongeville, qui a dénoncé un système de corruption mis en place selon lui de longue date dans sa région par son parti.
Dans son livre, "Rose mafia", l'ancien maire de Hénin-Beaumont décrit tout un dispositif avec enveloppes de billets, marchés truqués et clientélisme. Le candidat socialiste à la présidentielle François Hollande, ancien premier secrétaire du PS, n'a pu en ignorer l'existence, estime Gérard Dalongeville.



AA: 3 remarques:

- je pense que Dalongeville n'a rien à voir avec le déclenchement de cette enquête préliminaire. En effet, si le système organisé existe réellement, c'est la 1ère secrétaire fédérale qui aurait dû faire l'objet d'une enquête. A mon avis, l'enquête préliminaire a été diligentée suite, d'une part, aux différents rapports de la CRC sur la Soginorpa, Adevia et CFR, et plus encore, d'autre part, suite aux révélations sur l'usage d'une carte bleue de la Soginorpa par JPK pour des dépenses qui n'avaient rien à voir avec la société dont il est Président. Ces révélations sont parues sur le présent blog suite à des informations qui m'avaient été fournies par du personnel de la Soginorpa, outré par ces abus...

- je rappelle qu'au départ, JPK avait nié, puis dans un deuxième temps, avoué que sa carte personnelle avait été avalée, et dans un troisième temps,  qu'il rembourserait les quelques factures qu'il avait fait prendre en charge, à tort par la Soginorpa. Enfin, nous venons d'apprendre que, après tous ces mensonges, JPK a finalement déclaré qu'il rembourserait les 50 000 euros (!) dépensés, en 3 fois: il aurait payé, ces derniers jours, le 1er tiers. Depuis décembre, donc, M. Kucheida nous a menés en bateau par ses différents mensonges...Il n'est plus crédible du tout!

- la candidature de JPK a été gelée par le PS. Maintenant qu'une partie de la vérité éclate, il est évident que le PS doit immédiatement désigner un autre candidat et prendre les sanctions qui s'imposent, sous peine de porter préjudice à la candidature de F. Hollande. D'autant plus que nous devons nous attendre à d'autres révélations, la parole de JPK étant sujet à caution.

jeudi 15 mars 2012

JPK en vedette dans Le Monde



Après trente ans de règne, Jean-Pierre Kucheida, l'homme de fer de Liévin, vacille

Jean-Pierre Kucheida, député du Pas-de-Calais depuis 1981, pourrait ne pas être réinvesti par le PS dans sa circonscription.

Au premier regard, on ne voit que François Mitterrand. Emacié, les pommettes pâles, le cheveu rare. La fresque au réalisme si socialiste édifié dans la mairie de Liévin rend hommage à la dernière visite de l'ex-président au Pas-de-Calais, en 1994, quelques mois avant sa mort. A sa droite, on remarque ensuite un homme plus rond, plus rose, à la barbe blonde et nourrie. Jean-Pierre Kucheida himself figure en costume-cravate sur le bas-relief qui orne un des murs du salon de la mairie de Liévin, comme un disciple de la dernière Cène. " Je lui avais dit que je n'étais pas très favorable à cette idée, mais il y tenait... ", sourit Daniel Percheron - son aîné, ami et mentor.

C'était en marge du dernier congrès du PS de François Mitterrand. Les temps heureux de la gauche technicolor, celle des symboles, des grands hommes. Le chef de l'Etat avait rendu hommage aux 43 mineurs disparus trente ans plus tôt dans la fosse 3 bis. Puis Jean-Pierre Kucheida avait reçu à déjeuner le chef de l'Etat chez lui. " Toi, Lionel, ici ; Laurent, là ; Pierre, à côté... " : Mitterrand, pourtant à bout de forces, dressait le plan de table, se souvient Kucheida. Marc Meurin, alors jeune chef à Béthune, était venu préparer le repas. " C'est mon cousin ", raconte Kucheida.
Un cousin dont le nom vient d'apparaître au milieu des 47 000 euros de notes de frais non justifiées et mises en ligne sur le blog d'un ancien socialiste du coin. La Carte bleue professionnelle a servi à payer les additions de La Rascasse, meilleure table de Saint-Florent, en Haute-Corse, de Marc Veyrat, en Savoie, où les Kucheida ont un chalet, mais aussi du nouveau trois étoiles (AA: non! il est resté 2 étoiles) de Meurin, à Busnes, non loin de Béthune.

" C'est comme pour l'huissier dans l'affaire d'Outreau. On est salis et on peut rien faire ", soupire le sénateur Daniel Percheron, président de la région Nord - Pas-de-Calais - l'un des hommes les plus puissants et les plus méconnus du PS. Dans un département où une veuve de mineur vit souvent avec moins de 700 euros mensuels, ces dépenses, que Kucheida a fini par reconnaître et commencé de rembourser, ont fait mauvais effet. A nouveau, Liévin, qui a réélu son maire en 2008 avec 75 % des voix, a fait front. Mais, pour la première fois depuis 1981, à 69 ans, l'homme de fer de Liévin, qui détient le record français du nombre de cartes roses par habitant, n'est pas réinvesti dans sa circonscription, momentanément " gelée " par la direction du PS.

Tous les dix ans environ, la " fédé " socialiste du Pas-de-Calais est pointée du doigt. Trafic de cartes à 50 francs dans une grosse section, " affaire de l'Orcep ", l'office régional de la culture, qui, en 1991, fait tomber de nombreux élus pour abus de biens sociaux et emplois fictifs... Cette fois, c'est par un socialiste, Gérard Dalongeville, ex-maire d'Hénin-Beaumont, que le scandale arrive. Lui-même mis en examen en 2009 dans une affaire de fausses factures, il a fini par écrire de sa prison au juge, et ses lettres sont à l'origine de l'une des quatre enquêtes préliminaires ouvertes à Lille. Le " repenti " s'est choisi une cible : Jean-Pierre Kucheida, qu'il dénonce à chaque page de Rose Mafia (Jacob-Duvernet), un livre qui s'arrache depuis trois semaines dans tout le bassin minier.
" Une pure fiction ", pour les camarades du PS 62. " Un torchon qui ne sort jamais du caniveau ", selon Kucheida. Mais en pleine campagne présidentielle, alors que Marine le Pen s'impose d'abord dans les villes socialistes empêtrées dans les " affaires ", telles Hénin-Beaumont, l'histoire prend un tour particulier. L'entre-soi rose mis en place depuis les années 1970, quand Percheron et Kucheida ont réussi à damner le pion aux communistes - leurs principaux adversaires dans le basin minier -, s'ébranle.

Voilà quarante ans qu'à eux deux - le passage de témoin a eu lieu en 1997 - " Perche " et " Kuche ", comme on les appelle, tiennent la plus puissante " fédé " rose de France : elle regroupe, à elle seule, 7 à 8 % des militants socialistes. En 1973, les deux " conjurés " de l'Union de la gauche avaient eu la peau de Guy Mollet, maire d'Arras et patron de la SFIO. Pas n'importe qui. On trouve encore, aujourd'hui, dans le Pas-de-Calais, des Guy Mollet bien vivants - comme l'éditeur du gratuit Le Journal du pays, mis en examen avec M. Dalongeville. Mémoire ou trophée ? Le portrait du vrai Guy Mollet, fine moustache et larges lunettes, trône toujours au pied de l'estrade en feutrine pourpre du local d'Arras, " Les faucons rouges ". Le nom donné à ces enfants des corons envoyés en colo socialiste dans le Jura par des parents soucieux qu'ils emplissent leurs poumons de l'air pur des montagnes.
Elevé cité des garennes, à Liévin, dans une maison de " quatre pièces avec deux familles comme c'était la règle dans le bassin minier ", Kucheida est de ceux-là. " Quand mon père retirait sa chemise, il avait la peau zébrée de lignes bleues, raconte le maire de Liévin. C'étaient des cicatrices dans lesquelles s'était nichée de la poussière de charbon, celle que de toute sa vie on n'arrive jamais à retirer ". Comme tant d'autres élus du coin, ce prof de géo connaît du bout des doigts toute l'histoire du bassin minier. Et comme son maître Percheron, passionné par les Etats-Unis et les nouvelles technologies, il s'est toujours acharné à expliquer avec lucidité - contre la doxa communiste - que l'avenir de l'homme dépassait la mine. Au-delà des terrils, il fallait voir la voiture, le textile, les routes...

" J'ai essayé de faire de ma ville une ville normale. J'ai horreur de ce mot mais je n'en trouve pas d'autre ", dit Kucheida. Quand en 1990 ferment les toutes-puissantes Houillères, qui contrôlaient depuis la guerre logements, salles de spectacle et stades, Jean-Pierre Kucheida se bat pour que les 80 000 maisons de mineurs en briques rouges deviennent des logements publics sociaux gérés par les élus eux-mêmes. A la tête de l'agglomération de Lens-Liévin, (36 communes, 250 000 habitants), il se transforme en super-agent immobilier. Le président de la Soginorpa - la société immobilière chargée de gérer ce patrimoine - récupère les programmes de réhabilitation de l'habitat minier, aménage, fixe les loyers, négocie avec les entreprises de BTP... " Un pouvoir incroyable, mais dangereux ", analyse un élu lillois. Et qui, à 69 ans, après une vie de labeur passée à régner de l'aube à la nuit sur une ville, une fédé, un bassin, peut sans doute tourner la tête.

Ariane Chemin.
© Le Monde
16 mars 2012







vendredi 23 décembre 2011

Rappel sur la chronologie: merci, David!


Sur l'excellent site d'"Arrêt sur images" de Daniel Schneidermann (qui porte un oeil critique sur les médias)
est paru, en date du 13/12 un article intitulé:

Pas-de-Calais : pourquoi l'affaire éclate maintenant?
Montebourg, Le Point, les Inrocks : qui a fait quoi?

David Noël (secrétaire de la section PCF Hénin-Beaumont   http://www.lheninois.com//) a ajouté un commentaire (sympathique à mon égard) qui est une belle synthèse de la chronologie des évènements. Le voici, ci-dessous, avec quelques petites remarques (numérotées et renvoyées en fin d'article) qui n'enlèvent rien à la pertinence de l'écrit...



Par David NOEL
Re: l'action des blogueurs locaux 19:13 le 19/12/2011

Pour compléter l'article de Dan, il faudrait au moins citer l'action d'un blogueur local, Alain Alpern, ex adjoint au maire de Béthune opposant à Jacques Mellick et ex vice-président Verts puis PS du conseil régional Nord-Pas-de-Calais envoyé en mission (1) en 2004 (2) par Daniel Percheron, président de la région, sénateur et véritable patron du PS régional, à Hénin-Beaumont pour soutenir l'ex maire Gérard Dalongeville, ce qu'Alain Alpern s'est refusé à faire.

Son blog politique http://alpernalain.blogspot.com/ est devenu un des plus influents de la blogosphère du Nord-Pas-de-Calais. Non repris par le PS pour les régionales de 2010 pour cause de positionnement anticorruption, proche de Marie-Noëlle Lienemann, même s'il critiquait le choix qu'elle avait fait d'un soutien critique à Gérard Dalongeville, estimant qu'elle aurait dû mener avec lui une liste d'opposition de gauche à l'ancien maire, Alain Alpern s'est attaqué à tout le système PS du Pas-de-Calais. Ses contacts à la CFDT Soginorpa (3) lui ont permis de se procurer les rapports préliminaires de la CRC sur la Sogninorpa, sur Adevia et la Centrale Foncière Régionale, et depuis, près de deux ans, d'alerter la presse nationale à qui il a transmis ces rapports.

Moi-même, j'ai transmis ces rapports préliminaires de la CRC, qu'Alain Alpern m'a envoyés, à mes autres contacts presse, afin d'attirer l'attention des médias.

Les révélations du Point sur la carte bleue de Jean-Pierre Kucheida tirées d'un audit interne de la CFDT Soginorpa sont d'abord parues sur le blog d'Alain Alpern. http://www.lavoixdunord.fr/Region/actualite/Secteur_Region/2011/12/09/article_jean-pierre-kucheida-cette-fois-directem.shtml
La Voix du Nord lui a consacré un portrait, parlant de son implacable croisade contre le système de corruption : http://www.lavoixdunord.fr/Locales/Lens/actualite/Autour_de_Lens/Henin_et_Alentours/2011/12/11/article_ps-l-implacable-croisade-militante-d-un.shtml

Dès le mois de février, ce courageux blogueur local était passé à France 3 Nord-Pas-de-Calais sur cette question. La vidéo, relayée comme tous les articles sur cette affaire par le blog du PCF local est ici : http://www.dailymotion.com/video/xgxqvq_jt-france-3-07-02-11_newsundefined

Jean-Pierre Kucheida ne s'y est pas trompé, il n'a pas seulement annoncé qu'il portait plainte contre Le Point et Les Inrocks, mais il a aussi annoncé qu'il portait plainte contre Alain Alpern.

Il me paraît difficile de faire un article sur cette affaire du Pas-de-Calais sans parler de ce blogueur local....
 
 
 
Remarques AA:
 
(1) j'ai décidé de venir à HB parce que la présence du FN devenait insupportable dans cette ville. Quand je l'ai annoncé à D. Percheron, il m'a félicité de cette "belle" initiative...
(2) ma décision fut prise durant l'été 2005 et je me suis installé, à Hénin, en 2006
(3) les rapports provisoires me sont arrivés par une autre source. Bien sûr, mes relations avec la CFDT Soginorpa sont excellentes...

Je rappelle, pour être complet, que j'ai adressé une lettre ouverte à Arnaud Montebourg, le 4 mars dernier, lui faisant part des dérives du PS dans le Pas-de-Calais: http://alpernalain.blogspot.com/2011/03/lettre-ouverte-arnaud-montebourg.html.
Son intervention auprès de Martine Aubry, fin novembre seulement, pose question...
















jeudi 15 décembre 2011

Kucheida sur BFM TV

Un journaliste qui ne connait pas son dossier (pas de question sur la carte Soginorpa utilisée hors NPDC et à l'étranger, confusion sur Adevia...), un JPK pas convaincant...

mercredi 14 décembre 2011

Variations sur une carte bleue...


J'ai été très intrigué par la première réaction de JP Kucheida, concernant l'utilisation de sa carte bleue Soginorpa. Il a commencé par dire que, s'il l'a utilisée, c'est parce qu'il ne disposait que de celle là, l'autre ou les autres ayant été avalée(s)! Comme ces dépenses (restaurants, parking, cadeaux...) se sont répétées sur des mois et des mois (au moins de 2005 à 2008), on peut supposer que le député/Maire/Présidents n'a pas de chance parce que ses cartes (mais pas celle de la Soginorpa!) sont régulièrement avalées...


J'ai alors suivi ses différentes déclarations:



"Les dépenses évoquées par Le Point existent mais ont été remboursées dans les semaines qui ont suivi. Sur le moment, je n'avais pas de carte bleue, j'ai donc payé avec la carte bleue de la Soginorpa. Je reconnais que ce n'était pas très malin." (France 3 8/12)

"Déclaration qui lui a valu le gel de sa désignation dans sa circonscription. "Entre-temps, Kucheida a reconnu s'être servi de sa carte bleue de façon douteuse. On est passé de rumeurs à des faits reconnus par l'intéressé lui-même. Ça change tout"", Mme Aubry (Le Monde 10/12)

AA: l'"avalage" par le distributeur des cartes était dure à ...avaler. Changement de pied: n'ayant que la CB de la Soginorpa sur lui, il est bien obligé de payer avec. Admettons donc que M.Kucheida ne possède qu'une seule CB ou bien qu'il oublie toujours les autres. Remarquez, quand il n'est pas à l'étranger, il pourrait se faire adresser la facture des restaurants chez lui et régler par chèque. Après tout, il est élu de la République et on doit pouvoir lui faire crédit, surtout dans les nombreux restaurants étoilés qu'il affectionne. Mais son cousin, le chef étoilé de Busnes, Marc Meurin, ne lui fait peut-être pas confiance et exige le règlement immédiat et comme JP n'a, sur lui, à chaque fois que la carte de la Sogi...Bon, JPK reconnait que ce n'était "pas très malin"



"J'en profite pour signaler qu'au sein du conseil d'administration, personne ne touche la moindre indemnité. Les cartes bancaires mises à ma disposition l'ont été pour régler des frais de bouche et de représentation dans le cadre de mes fonctions de président. J'ai procédé à une estimation de mes dépenses. Elles sont de l'ordre de 500 euros par mois, rien d'extravagant je pense". (VDN 9/12)


AA: d'après les relevés 2007 et 2008, c'est un peu plus, Monsieur le Président: presque le double, mais 500 euros ou 1000 euros, après tout ce ne sont que les revenus d'un bénéficiaire du RSA ou d'un smicard. Rien d'extravagant effectivement... Sauf qu'ici ce sont des gueuletons dont on peut se demander ce qu'ils ont à voir avec des frais de représentation aux 4 coins de la France et à l'étranger. Quant aux frais de parking dans les aéroports de Paris et de Lyon, c'est inexplicable, même si nous savons que vous vous rendez souvent à l'Assemblée Nationale ou dans votre résidence secondaire à Mercury. Notons que le système de contrôle interne de la Soginorpa fut bien défaillant.
En tous les cas, une chose de sûre, à défaut d'explication crédible de votre part, nous connaitrons la vérité par la justice.



"Les dépenses personnelles que j'ai pu effectuer ont été classifiées et intégrées dans la comptabilité avec les factures et la preuve de mes remboursements qui ont suivi peu après". (VDN 9/12).

AA: Pratiquement rien n'a été remboursé dans l'année qui ont suivi les dépenses...Certes, les dépenses ont été "justifiées": à savoir que l'on a indiqué les noms des convives lors des repas et les circonstances de l'utilisation de parking...J'ai hâte de voir cela, car certaines situations doivent être cocasses. D'autant plus que JPK nous dit qu'il s'agit de dépenses personnelles (voir ci-dessus), mais je confirme, non remboursées.



Jean-Pierre Kucheida a affirmé avoir remboursé l’intégralité de ses dépenses. "J’ai réuni mon conseil d’administration cette semaine, explique-t-il au JDD, j’ai demandé un inventaire de toutes ces dépenses et si par inadvertance je devais encore le moindre euro, je le paierais immédiatement." (JDD 10/12).

AA: JPK commence à admettre qu'il pourrait y avoir des inadvertances. Tiens, tiens...

"Je perçois 500 € de frais pour mes fonctions à la Soginorpa. J’aurais pu demander dix fois plus." (JDD 11/12)

AA: Nouveau changement de pied: il reçoit des montants forfaitaires mensuellement pour ses frais! Virés sur son compte Soginorpa? Comment fait-il, avec 500 malheureux € de frais mensuels, pour en dépenser presque le double? Mystère...De plus, on n'y comprend rien! Si je résume les différentes déclarations successives, les dépenses personnelles qu'il a toutes remboursées (!) rentreraient dans le cadre des 500 euros de frais mensuels (mais qui sont en réalité 1000 euros)!!! M. Kucheida, vous devriez bien préparer les réponses que ne manquera pas de vous poser la justice. Celle-ci ne se laissera pas "enfumer" comme vous le faites avec nous...
Enfin, vous auriez pu demander 10 fois plus, dites-vous! Rappelons que la Soginorpa est exsangue avec 198 millions de pertes latentes suite aux décisions financières que vous avez prises dans le casino boursier...Et que cette société de 900 employés craint fort pour son avenir à cause d'une gestion inconsciente de votre part et que seule la venue d'un (ou de plusieurs) actionnaire (s) permettra de sauvegarder l'emploi et ce patrimoine minier dont vous faites si peu cas. En tous les cas, le ou les nouveau (x) partenaire(s) exigeront votre départ, surtout quand ils apprendront l'épisode de la Sacomi...