Q: En quoi consisteraient ces anomalies?
R : En l'absence d'informations et mise à part l'anomalie "avouée" ( les Pompes Funèbres) par la municipalité, du bout des lèvres, on ne peut que supputer... Le montant de 1 million 300 mille euros revient fréquemment dans les bruits de couloir...Je ne pense pas qu'il y ait de malversations, mais je crois qu'il y a eu des erreurs dans la confection du budget. Par exemple, des recettes incertaines qui y figurent... Plus sûrement, une sous-évaluation des encours de dettes doit avoir minoré les provisions. On pense notamment à celles constituées pour faire face aux annuités de remboursement des emprunts toxiques : l'augmentation des taux d'intérêt variant avec des taux de référence qui explosent du fait de la crise financière. Les services financiers de la ville ont pu mal évalué ces dépenses. Nous avions raison de demander au Maire de prendre, dès son élection, ce problème des emprunts toxiques à bras le corps, ce qui n'a pas été fait ou, tout au moins, l'a été avec beaucoup trop de retard...Si ce que je suppose comme erreurs dans le budget est confirmé, l'explication du maire paraît simpliste, pour ne pas dire autre chose: "si la chambre régionale des comptes demande bien de modifier le budget, c'est à la marge. Pour de petits rectificatifs d'écriture budgétaire" déclarait-il à Nord-Eclair. A La Voix du Nord, il s'avançait même à dire: " je peux d'ores et déjà vous dire que tout cela est très comptable, très technique, mais qu'au final, nous n'aurons pas à rougir jusqu'aux oreilles ". On ne demanderait pas mieux qu'il ait raison, mais pourquoi avoir laissé le doute s'installer ?
Q: Est-ce que l'administration n'est pas responsable de tous ces désordres?
R: Il faut rappeler que c'est le maire qui est responsable de la bonne marche de son administration. Que des délibérations aient été "retoquées" par le Préfet depuis 2 ans ou un budget refusé, ce sont des erreurs. Rappelons que la Chambre Régional des Comptes avait proposé que l'on muscle cette administration dont certains agents, et pas des moindres, avait montré leur servilité à l'égard de l'ancien maire déchu. A l'occasion de ses différents contrôles, la Chambre avait fait part, dans des termes policés, de la faiblesse de l'encadrement et de la nécessité de former les agents...Recommandation du rapport de 2009, page 13: " Mettre un terme au sous-encadrement en dotant la ville d’une équipe de direction disposant des qualifications requises aux postes occupés : catégorie d’encadrement et filière statutaire adaptée ". " Se doter d’une expertise juridique à même de valider les principaux actes de la collectivité, s’agissant de la gestion contentieuse ou pré-contentieuse des personnels, de l’achat public, de la gestion patrimoniale et de l’administration générale notamment ". Peine perdue, on a embauché une juriste débutante et un directeur financier, dont ce n'était pas particulièrement la compétence (en écrivant cela, je ne mets pas en doute la bonne volonté de ces personnes)
Q: on parle souvent du DGS qui ne serait pas à sa place...
R: Le DGS, c'est la clef de voûte du système: la majorité a confirmé celui qui avait été nommé par G Dalongeville: il fallait bien sûr quelqu'un de neuf et expérimenté pour gérer la difficile situation héninoise. Or le DGS actuel (que je ne connais pas et qui est probablement un homme de bonne volonté également) n'était manifestement pas l'homme de la situation du fait de sa proximité avec G. Dalongeville et de son inexpérience de la fonction. Ainsi la CRC notait (rapport du 3/9/2009, page 10): "Le poste de DGS a ensuite été dévolu temporairement, par défaut, à l’ancien directeur des sports, cadre A de la filière sportive (conseiller territorial des activités physiques et sportives), dans l’attente d’un recrutement extérieur différé pendant le premier semestre 2009 par le maire en fonction ". Autre bévue commise dans la gestion des personnes : avoir promu un cadre qui avait pris des mauvaises habitudes par le passé, et qui est accusé, aujourd'hui de corruption. Certes, cette personne est présumée innocente, mais il faut avouer que l'on a été léger dans la gestion du personnel... Et aujourd'hui on veut faire porter le chapeau à du personnel de condition modeste (une vingtaine, semble-t-il), en le mettant à disposition du Centre de gestion...
La responsabilité de toute cette désorganisation est bien celle des élus...
Q: Que peut-il se passer maintenant au niveau budgétaire?
R: Encore une fois, nous ne pouvons que supputer: des coupes sombres dans le budget (espérons que l'on ne touchera pas aux subventions des associations) ? Une augmentation de taux des taxes locales ? Peut-être le Maire étalera-t-il le déséquilibre budgétaire, dont il est question, sur le budget 2012...De toutes les façons c'était le plan imposé par le Préfet en 2008, étalant la réduction du déficit sur 4 exercices.
Ce plan n'a d'ailleurs pas été très bien appliqué par le Maire actuel. Il prévoyait, en effet, que tous les ans, un certain montant d'investissement serait consacré à des travaux d'entretien nécessaires (écoles, voirie principalement), ce qui n'a pas été le cas pendant 2 ans, alors que, dès la fin 2009, le déficit était à peu près apuré
Q: Il est étonnant de ne pas avoir entendu l'opposition officielle sur le sujet?
R : Oui, c'est surprenant ! Si elle ne s'est pas exprimée, c'est peut-être qu'elle était au courant, par le Maire, des anomalies et cette connivence, bien connue, avec la majorité, pose toujours question; ou alors elle ne l'était pas, et, dans ce cas, son incompétence est au même niveau que celle de la majorité (ce dont je n'ai jamais douté)...
Q: Qu'a voulu dire le Préfet dans ces déclarations rapportées par La Voix du Nord d'hier?
R: Il a confirmé ce qu'il m'avait écrit, à savoir le déséquilibre du budget, malgré les dénégations du Maire, et la procédure de suspension. Sans cet échange, nous n'aurions rien su!
Sans vouloir me répéter, il aurait suffit que le Maire informe ses concitoyens de cette procédure lors de son annonce de report du conseil municipal du 12/7. Même s'il n'est pas facile d'avouer ses erreurs, celles-ci auraient été "à moitié pardonnées". Mais la communication n'est pas le fort de cette municipalité: cela se confirme...Pourquoi ne se remet-elle pas en question?