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mardi 27 mai 2014

Les élections européennes dans le Nord-Pas-de-Calais.


Tour d'horizon des résultats dans notre région, intégrée dans la grande région Nord-Ouest. Notons d'abord que les 10 députés élus dans cette grande région, se répartissent ainsi : 5 pour le FN (Marine Le Pen, Steeve Briois, Mylène Troszczynski, Nicolas Bay, Sylvie Goddyn), 1 pour EELV (Karima Delli), 1 pour UDI-Modem (Dominique Riquet), 1 au PS (Gilles Pargneaux) et 2 pour l'UMP (Jérôme Lavrilleux et Tokia Saïfi). Le Front de gauche perd son député sortant.

1- Dans le NPDC

- Le FN est en tête avec plus de 35% (38,87% dans le Pas-de-Calais) alors qu'aux dernières présidentielles, il avait réalisé 23%! Le PS avec 11,63 % perd exactement 17 points... Chute forte de l'UMP (7 points). Seul EELV améliore largement le résultat d'Eva Joly particulièrement faible en 2012 (1,54), mais réalise un score inférieur à son score national.
- La chute du PS est étonnante et cela est particulièrement visible dans quelques villes emblématiques:
* Boulogne : 18,77% dans la ville du secrétaire d’État, F. Cuvillier qui avait failli être élu au 1er tour (union de la gauche).
* Douai : le PS (13%) a perdu 17 points par rapport à son candidat au 1er tour des municipales...
* Mons-en-Baroeul : Rudy Elgeest (au nom de l'Union de la gauche) avait été élu au 1er tour avec plus de 64% aux municipales dernières. G. Pargneaux a réalisé 16% dimanche !
* Roubaix : le PS était parti en mars en ordre dispersé et l'ensemble des listes avait dépassé largement les 50 %. 14% pour le PS  aux européennes...
*Tourcoing : 27 points de moins pour G. Pargneaux (12%) par rapport à l'union de la gauche de MF Delannoy, il y a 2 mois.
*Saint-Omer : Bruno Magnier (PS) avait atteint 42 % le 23 mars; G. Pargneaux fait moins de 11%, dimanche !

- Le FN dépasse les 35 % dans la Région (dans le 62 : près de 39 %). Plus du double du score du deuxième, l'UMP. Nous verrons plus loin dans le Bassin Minier, mais dans de nombreuses autres villes, il dépasse largement les 40 %. Ainsi (entre parenthèses les scores au 1er tour des municipales, à titre d'exemple) :
* Anzin : 43,63% (15,32%).
* Beuvry : 43,49% (pas de liste !).
* Bruay sur Escaut : 49, 94% (pas de liste !).
* Denain : 43,13% (liste PS élue au 1er tour avec 59% contre 3 autres listes de gauche).
* Le Cateau-Cambrésis : 41,55% (pas de liste FN, mais la droite gagne avec 59,46 au 1er tour).
* Le Portel : 42, 55% (pas de liste FN; la droite gagne au 1er tour avec 50,26%).
* Vieux-Condé : 44,19% (pas de liste FN mais la liste communiste avait obtenu plus de 40% au 1er tour, alors que J. Hénin a réalisé dimanche 12% !).

- Enfin, signalons le cas particulier de Lille, ville de Martine Aubry, maire PS : le FN distance le PS de 0, 69%, avec 18, 85%. Notons le bon score des Verts avec plus de 16%. Comment va réagir nationalement la Maire de Lille ? 

2- Dans l'ex-bassin Minier

- A Hénin-Beaumont le FN confirme largement, avec 3 points de plus (53,49%) sa victoire des municipales au 1er tour. Il réalise 68% dans un bureau ! Élément intéressant : les voix FN sont passées de 6006 voix (municipales du 23 mars) à 3794 voix (dimanche 25 mai) soit 2212 voix en moins. C'est aussi à Hénin que le PS réalise un de ses plus mauvais scores de la Région avec moins de 10%. Une fois de plus, je dis que le FN à Hénin, c'est la conséquence de l'abandon de cette ville par le PS.
- Sinon, la litanie des résultats du FN dans l'ex Bassin Minier, c'est plus de 40% partout ou presque avec des pointes à Courcelles les Lens (plus de 56%), Noyelles-sous-Lens (50, 91%), Harnes (47,49%), Méricourt (45,26%), Montigny en Gohelle (47,23%), Billy-Montigny (46,47%), Drocourt (47,03%), Dourges (47,49%), Leforest (46,94%) etc. En contrepartie la chute du PS et du PC est impressionnante... Résultat qui interpelle à Loos-en-Gohelle, la ville du Vert JF Caron : le FN approche les 44%, tandis que Les Verts n'obtiennent que 14,67% (PS : 10,47%). Étonnant, n'est-ce pas ?
- Dans les principales villes :
* Lens : dans cette ville socialiste, le PS réalise péniblement 18% et le FN culmine à près de 40% (rappelons-nous la prestation télévisée pitoyable du candidat FN qui avait quand même atteint 25%, alors qu'il débarquait à Lens). Certes les municipales ont laissé des traces à gauche et il est probable que le FN a bénéficié des rancœurs locales...
* Béthune :  la droite, pourtant minoritaire, s'était emparée de la ville suite à la division de la gauche. Là aussi des traces de ces divisions ont permis au FN de réaliser 31,43%, dans une ville où le FN a toujours été relativement faible.
* Liévin : dans cette ville de gauche, le PS et le Front de gauche ont réalisé moins de 24%, alors que le FN dépassait les 43% soit 16 points de mieux qu'aux précédentes municipales, emportées, dès le premier tour, par l'Union de la gauche avec près de 55% des voix...
* Bruay-Labuissière : un peu le même phénomène qu'à Liévin., sauf que le FN avait obtenu 37% aux municipales (43% dimanche), le maire socialiste, A Wacheux, avait eu besoin d'un second tour parce que le PS n'a pas voulu s'allier avec EELV.



lundi 26 mai 2014

Réflexions après les résultats des Européennes, en France


- Le constat : avec un taux de participation au vote de moins de 40%, le résultat des Européennes en France fait apparaître un séisme ou un chaos (mots repris par plusieurs hommes politiques dont Valls et Juppé), du fait de la première place, prévue certes, du Front National (25%) avec une avance importante sur l'UMP (20%) et plus encore sur le PS (14%). Victoire prévue, disais-je, mais amplifiée par rapport aux sondages auxquels beaucoup ne voulaient pas croire. Bérézina renouvelée, après celle des municipales, pour le PS, menaces d'implosion pour l'UMP...

- On peut toujours minimiser ce résultat. Certains affirment que l'abstention est une forme de non-engagement envers le FN, d'autres font remarquer que le résultat du FN se réduit à moins de 10% des inscrits (mais le PS serait dans ce cas, à moins de 4%...). On a entendu que, s'agissant d'élections européennes, la signification du résultat est ambiguë... JF Copé, menacé dans son leadership à l'UMP, poussa, hier soir, le bouchon un peu loin, en affirmant que le scrutin de dimanche signifiait un rejet du PS, en omettant son score peu glorieux. Enfin, des UMP (dont Copé toujours) signalaient, hier soir, que l'addition des résultats de la droite et du centre faisait que ces 2 formations étaient largement en tête...

- Si on considère que les Français se sont prononcés sur des critères nationaux (40% l'auraient fait), cela reste très préoccupant. Pourtant, on ne peut arguer du résultat que F. Hollande doit démissionner ou qu'il doit dissoudre l'assemblée nationale. Cela ne correspond pas, en effet, à nos institutions : d'une part, parce que F. Hollande a entamé une série de réformes dont il pense qu'au terme de son mandat, elles diminueront le chômage et feront redémarrer la croissance  et, d'autre part, parce que le mode de scrutin des législatives est majoritaire et uninominal (même si l'instillation d'une dose de proportionnelle était prévue dans le programme du candidat Hollande). 

- Ce désaveu vis-à-vis des partis de gouvernement (et particulièrement vis-à-vis du gouvernement Valls) se double d'un désaveu vis-à-vis de l'Europe. Non pas que les Français soient contre l'Europe, mais ils ne voient pas en quoi l'Europe, telle qu'elle existe, est un plus dans leur vie quotidienne.  Ceux qui s'intéressent à l'Europe savent que beaucoup est fait à Bruxelles : dans les domaines où seul le collectif des nations peut être efficace (santé, environnement, agriculture...mais malheureusement pas pour la défense ou le social), l'Union européenne est avantageuse, mais cela ne se sait pas... Demandez aux agriculteurs  s'ils sont prêts à ce que la France quitte l'UE... D'autant plus que courent les idées les plus saugrenues telles que celle selon laquelle notre législation nationale serait à 80% décidée par Bruxelles (toutes les études montrent qu'il s'agit de moins de 20%), ou que les institutions européennes ne sont pas démocratiques (le Parlement, co-décideur en toutes matières, est élu au suffrage universel et on ne voit pas comment, à moins de fédéraliser l'Europe, on pourrait se passer de cet organe prédominant, à savoir le Conseil européen composé des chefs d'état et de de gouvernement). A qui la faute donc ? Au gouvernement, aux parlementaires européens et aux médias. Dans beaucoup de pays, des émissions télé et radios régulières font état des travaux à Bruxelles... Finalement, les Français veulent savoir comment leur quotidien (chômage, sécurité, protection des consommateurs, etc) est pris en compte par l'Europe. Nous voulons savoir comment l'Europe peut avoir son mot à dire dans ce monde tripolaire partagé entre la Chine, la Russie et les USA alors que les bruits de bottes se multiplient (Ukraine, Syrie, Irak, conflits latents  Chine/Vietnam, Chine/ Japon...) et alors que nous sommes le premier marché au monde...

- Alors, que faire ? Il y a un préalable évident, c'est qu'on ne peut refuser de voir ce qui s'est passé hier en rejetant la responsabilité sur l'autre, sans aucune auto-critique. De même, il n'est pas question de considérer le FN comme "premier parti de France" : certes, son importance n'est pas à négliger, mais le premier parti de France, c'est bien celui des abstentionnistes (nombreux lors de tous les scrutins) et ce sont ces personnes dont il s'agit de comprendre les motivations. 
Aussi, je pense que nous ne pourrons éviter à la France de sombrer dans les bras de ceux qui prônent la haine et l'exclusion, et combattent les valeurs républicaines, tout en voulant isoler la France, qu'en redonnant confiance aux Français. A cet effet, le Président Hollande doit prendre 2 initiatives :

- "nettoyer les écuries d'Augias " : à savoir maintenir son projet de réforme territorial, envers et contre tout. En outre, il doit accélérer la mise en place de la loi sur le cumul de mandats, dont l'application est prévue en 2017, tout en étendant son application : ce n'est pas seulement le cumul mandat parlementaire/ mandat exécutif local, mais également les cumuls locaux (maire, président d'intercommunalité et vice-président du conseil régional, par exemple), d'une part, et, d'autre part,  les cumuls de certains mandats nationaux ou locaux avec des fonctions exécutives dans les partis politiques. Le double exemple qui devrait devenir un cas d'école, est bien celui des 2 députés européens frontistes du Pas-de-Calais. Comment peut-on admettre que :
* S. Briois soit maire d'une ville de 26 000 habitants, conseiller régional, député européen et secrétaire général de son parti ? On ne peut attendre 2017 pour qu'il soit obligé de choisir entre maire et député... Il semblerait qu'il ait décidé d'abandonner son mandat de conseiller régional, mais c'est insuffisant et ce multi-cumul est une claque envers la démocratie et ses électeurs : chacune de ses fonctions ou chacun de ses mandats est un plein temps (sauf conseiller régional qui est un mi-temps). On peut supposer que comme les 3 députés FN sortants (Le Pen, père et fille, et Gollnisch), il ne fera que de rares apparitions au Parlement européen, le temps de signer les cahiers de présence...
*M. Le Pen soit député européenne, conseillère régionale et présidente de son parti ? La loi prévue en 2017 sur le non-cumul ne la touchera pas... C'est inadmissible ! D'où ma proposition.

- inviter les différents partis "républicains" à envisager comment travailler ensemble pour restaurer la confiance des Français en la Politique et les Politiques. Sans parler de gouvernement d'union nationale (pourquoi pas, d'ailleurs ?), il conviendrait d'envisager, au-delà des partis, comment sortir de cette descente aux enfers. Demander à des partis politiques de faire fi de leurs ambitions et de leurs différences, 3 ans avant les présidentielles, peut paraître utopique, mais comment envisager, sinon, de mettre fin à l’inexorable issue qui nous attend ? Chacun doit mettre dans sa poche préjugés et certitudes pour œuvrer dans le sens de l'intérêt général et de la France.  




dimanche 25 mai 2014

Résultats européennes à HB


- FN :  53,49%
- PS :   9,80 %
- UMP : 8,33 %
- FdG : 7,29 %
- EELV:  6,40 %

Commentaires demain...

mardi 13 mai 2014

"Sortir de l'Europe, c'est sortir de l'Histoire"

Cette formule, qui restera probablement dans les mémoires, est celle utilisée par François Hollande publiée dans le Monde du 9 mai dans une tribune.

Sortir de l'Histoire, c'est sortir de l'Histoire passée, présente et à venir.

- Hier encore, avant que la fièvre des nationalismes ne s'empare de l'Europe au XIX ème siècle, notre continent n'a cessé de chercher à se rassembler. Bien sûr, ce n'était pas l'Europe des peuples, mais bien sûr celle des monarchies pour asseoir leur pouvoir, celle des bourgeois pour commercer hors de leurs frontières et celle de l’Église pour gouverner les âmes. Les Empires romain, carolingien et napoléonien ne garantirent pas la paix, c'est le moins que l'on puisse dire, mais eurent comme avantage de propager des idées nouvelles. Sinon, les royautés n'eurent de cesse de consolider leur pouvoir par des mariages consanguins. Les nationalismes des 2 siècles précédant le nôtre mirent à feu l'Europe et l'on voit bien dans les guerres des Balkans et dans le nationalisme grand-russe renaissant, que comme le disait Mitterrand "Le nationalisme c'est la guerre". Depuis 70 ans, la paix règne dans l'Europe constituée par 6 états en mars 1957, et parvenue à 28 aujourd'hui. Après la chute du mur de Berlin en 1989, l'Europe a pu intégrer des pays ex-communistes et des pays sous influence soviétique... L'Histoire d'hier de nécessaire collaboration (quelles qu'en soient la forme et l'étendue) se perpétue donc...

- L'Histoire présente est l'héritière de celle du passé. Et pourtant elle est loin de satisfaire ses citoyens, comme celle d'hier, souvent meurtrière. Mais elle a accéléré le progrès : grâce au libre-échange, on produit, on exporte et la hausse du niveau de vie des derniers entrants favorise tout le monde. Les gens circulent et, comme au Moyen-Age les étudiants poursuivent tout ou partie de leurs études à l'étranger... Les pays-membres prennent l'habitude de travailler ensemble, des projets communs industriels et des initiatives communes de recherche décuplent les moyens de chaque pays. L'Europe culturelle existe également. C'est cette Europe en mouvement et en progrès qu'il convient de préserver, que dis-je : de faire progresser. Comme hier, elle est loin d'être parfaite, mais en 57 ans, elle a largement fait plus d'avancées qu'en deux dizaines de siècles.

- L'Europe de demain doit donc, outre préserver les acquis (la paix, les échanges), aller vers plus d'Europe et mieux d'Europe. Nous n'avons guère avancé en matière de défense, parce que les États n'en ont pas voulu, alors que, non seulement cette défense commune serait plus efficace, mais elle libérerait également des budgets pour d'autres politiques. Ces mêmes États ont freiné à mort, sous prétexte de souveraineté nationale, une fiscalité commune alors que les entreprises délocalisent au sein même de l'Union européenne. Une Europe sociale parait de bon sens : une égalité de droits sociaux et un salaire minimum à unifier dans le temps doivent constituer la prochaine étape de l'Europe vers la constitution d' une force qui compte entre l'Asie et l'Amérique. 



Alors cette démarche inéluctable de progrès ne peut être entravée par ceux qui voient dans le nationalisme étriqué une solution pour faire prévaloir leur obsession xénophobe. Comment croire aujourd'hui que se retirer de l'Europe et abandonner la monnaie commune est un progrès, alors qu'il s'agit d'idées qui conduiraient à la catastrophe : le protectionnisme est une aberration puisque les mesures de rétorsion feraient immédiatement plonger le pays qui s'y adonnerait (spécialement la France qui exporte 25% de sa production) et la sortie de l'euro conduirait de suite à une dévaluation renchérissant les importations, et donc à une réduction de pouvoir d'achat, en tout premier lieu, des plus défavorisés...
Il faut donc voter le 25 mai pour élire des députés européens qui pourront faire avancer l'Europe dans le sens que nous souhaitons. Le Parlement européen a maintenant des pouvoirs pour refuser des décisions prises par le Conseil européen (les représentants des Etats) : donnons-nous les moyens de faire plus et mieux d'Europe. C'est le sens de l'Histoire et elle est conforme aux intérêts des citoyens, non seulement européens, mais également du monde entier.