Divers articles lus dans le Monde du 6/1/2011: c'est vrai que le combat est rude et sera long...
Corneille de Guam
La corneille de Guam, espèce endémique de l'archipel des Mariannes, dans le Pacifique, aura entièrement disparu dans soixante-quinze ans, selon une étude de l'université de Washington. Il reste environ 330 individus, et 60 % des oisillons n'atteignent pas la fin de leur première année.
Ampoules nigérianes
Au Nigeria, 100 millions d'ampoules basse consommation vont être distribuées gratuitement d'ici trois ans. Le projet, validé par le ministère de l'environnement, doit permettre de réduire la demande énergétique du pays, selon le quotidien Daily Trust du 29 décembre.
Record historique pour un thon rouge vendu près de 300 000 euros à Tokyo
Un thon rouge a été vendu, mercredi 5 janvier, au prix record de près de 300 000 euros lors de la première vente aux enchères de l'année au marché aux poissons de Tsukiji à Tokyo. Le spécimen de 342 kg, pêché au large de l'île septentrionale d'Hokkaido, a été acheté par deux propriétaires de restaurant de sushis au Japon et à Hong Kong, qui avaient déjà remporté la plus haute enchère en janvier 2009 et 2010. A ce prix, le sashimi (poisson cru) ou le sushi (accompagné de riz vinaigré) devraient être proposés à environ 3 450 yens (31,65 euros) pièce, ont calculé les médias japonais. Selon ces derniers, le thon de qualité supérieure est de plus en plus apprécié en Chine, et la participation des Chinois aux enchères a fait grimper les prix. Le Japon, qui consomme 80 % des thons rouges pêchés dans le monde, s'oppose à l'interdiction du commerce de cette espèce menacée.
En Chine, il faudrait 300 ans pour reconquérir les terres désertifiées
Au rythme actuel de reboisement, il faudra trois cents ans pour reconquérir les terres touchées par la désertification en Chine, pays du monde le plus touché par ce fléau, selon des responsables du gouvernement cités, mercredi 5 janvier, par le China Daily. Environ 27 % du territoire chinois, soit 2,6 millions de kilomètres carrés, sont considérés comme des terres désertiques, et 18 % supplémentaires subissent une forte érosion par le sable, a rapporté le quotidien de langue anglaise. Le reboisement et la remise en herbe des terres ensablées couvrent actuellement 1 700 km2 par an, selon Liu Tuo, directeur du Bureau national pour combattre la désertification, cité par le China Daily. Le journal attribue le phénomène à la pression démographique, à la faiblesse des précipitations et au changement climatique. L'allocation de surfaces excessives de terres à la construction ou au pâturage ainsi que la surconsommation des réserves d'eau ont également contribué à rendre très difficile la lutte contre l'avancée du désert, notamment dans le nord et l'ouest arides de la Chine, précise le China Daily. Dans le bassin du fleuve Jaune - deuxième rivière de Chine -, 62 % des terres sont affectées par l'érosion, ajoute le quotidien
Chiffonniers et recycleurs souhaitent bénéficier de mécanismes de soutien internationaux
Dans de nombreuses grandes villes des pays du Sud, une large part du traitement des ordures est assurée par des collecteurs de déchets indépendants, vivant en communautés à part, et tirant leurs moyens d'existence du tri et du recyclage de ces déchets. Ils sont environ vingt millions à travers le monde et se sont organisés en associations depuis une vingtaine d'années.
Ils ont formé il y a peu une Alliance mondiale des collecteurs (Global Alliance of Waste Pickers), présente à Cancun, en décembre 2010, lors de la conférence sur le climat. Il s'agissait d'affirmer le rôle des chiffonniers dans la réduction des émissions de gaz à effet de serre.
Comme l'a indiqué un rapport récent du Programme des Nations unies pour l'environnement, " Waste and Climate Change ", le secteur des déchets représente entre 3 % et 5 % des émissions globales de gaz à effet de serre, soit par le gaz carbonique dégagé par leur combustion, soit par le méthane qui se dégage de la décomposition des déchets organiques. Pour limiter les émissions, des projets d'incinérateurs ou de récupération du méthane sont éligibles au mécanisme de développement propre (MDP), qui génère des "crédits d'émission " monnayables sur le marché du carbone.
Mais les collecteurs de déchets critiquent la façon dont ces projets sont retenus et conduits. " Cela ne profite qu'aux grosses compagnies, proteste Silvio Ruiz, qui travaille à Bogota, en Colombie. Ces MDP ne visent qu'à mettre en place la mise en décharge et l'incinération, qui ne sont pas des bonnes solutions. "
Les pratiques de tri et de recyclage des collecteurs seraient plus efficaces. Selon une étude, intitulée " Cooling Agents " et réalisée par Chintan, une ONG indienne, les techniques existantes évitent près de quatre fois plus d'émissions de gaz carbonique qu'un incinérateur qui a bénéficié du MDP. " Il faut encourager le recyclage, que nous mettons en oeuvre, dit Simon Mbata, originaire de Sasolburg, près de Johannesburg, en Afrique du Sud. Pour l'améliorer, le plus efficace est de développer le tri à la source, après quoi nous assurons le bon recyclage. "
Les collecteurs assurent aussi que la récupération du méthane peut être avantageusement réalisée par le développement du compost et par de petits digesteurs et générateurs de biogaz. Ainsi, à Bombay et à Pune, en Inde, de tels dispositifs ont été mis en place, grâce à un partenariat entre la municipalité et les associations locales de collecteurs : " Nous séparons très strictement les matières organiques et les autres déchets, explique Vatsala Gaikwad, une collecteuse de Pune. Les matières organiques sont placées dans la machine à biogaz, dont le gaz fournit l'électricité et le combustible de cuisine à un quart de nos maisons. "
Tri, récupération, compost, biogaz : les collecteurs se présentent comme des prestataires plus efficaces que les compagnies privées avec lesquelles les municipalités passent de plus en plus souvent des accords. Et, bien sûr, ils créent des emplois et réduisent la quantité de matières premières à produire, du fait de leur recyclage.