La Voix du Nord 26 juillet 2012
Les premiers mois de la mandature Dalongeville marquent une véritable hécatombe sur la liste PS où, l'un après l'autre, les élus démissionnent. Jean-Claude Delhaye, Marcelle Varet et le PRG Guy Gilbert quittent successivement la scène municipale.
Si, sur les bancs de la (désormais) opposition socialiste, rabrouée quand elle n'est pas humiliée par un Gérard Dalongeville revanchard à souhait lors de chaque séance de conseil, c'est panique à bord, du côté de la section toujours forte de 217 adhérents, l'eau prend de partout. Il n'a en effet pas fallu deux mois pour que la suffisance de Pierre Darchicourt, aigri de surcroît par son cuisant échec, ne provoque des crises d'urticaire dans les rangs de la section. « Pierre était resté très hautain. Ainsi, lorsqu'il venait au siège, rue Elie-Gruyelle, il ne se mélangeait jamais aux militants et restait cloîtré dans son bureau à l'étage. Pour lui parler, il fallait grimper là-haut et beaucoup avaient du mal à le supporter ! » se souvient Daniel Duquenne. AA: je n'ai connu cette section que fin 2005 et je peux dire qu'à cette date, Darchicourt n'existait plus...Suivant un commentaire, sur le présent blog et datant de mercredi, la section avait déjà été mise à mal à la fin des années 60, à la mort de F. Darchicourt, quand il fut envisagé un rapprochement entre PS et PC et que l'on parachuta Piette...En 1971, une liste dissidente, contre des accords avec le PC, se présenta et fit un très bon score. Cela a probablement laissé des traces et ce n'est plus 12 ans d'enfer dont il faudrait parler mais peut-être 42 ans! Quoique que l'ère Piette fut, semble-t-il, sereine...
En mai, le clash est inévitable lorsque le torchon commence à brûler entre l'ancien maire et la trésorière de la section, à savoir son ancienne adjointe à la vie associative, Micheline Rudi. Dont il exige qu'elle lui remette toutes les pièces comptables. Raison invoquée : l'imminente informatisation de la trésorerie... Mais la vraie raison est autre, tout autre même, puisqu'elle tient aux liens d'amitié qu'entretiendrait la trésorière... avec ce félon de Gérard Dalongeville (ce qui, au passage, était loin d'être un fantasme !). AA: bonnes relations qui continuent encore...Rappelons que la fille de M. Rudi fut pressentie comme candidate aux cantonales de 2010, pour succéder à Picque, sur forte sollicitation de G. Dalongeville lui-même: une très forte campagne dénonciatrice, par blogs interposés, mit fin aux velléités surprenantes du PS (en pleine instruction de l'affaire Dalongeville!).
Dix-neuf ans de carte et trois mandats dictent à Mme Rudi de ne pas jouer les béni oui-oui... Ce qui la pousse à entrer en guerre ouverte avec son ancien patron, rejointe dans cette croisade par le secrétaire de section, en personne, René Albert, qui sonne la charge contre le maire déchu et démissionne de son mandat. « Le vrai problème de Pierre Darchicourt est qu'il n'arrive toujours pas à accepter sa défaite. Et s'en prend à tout un tas de vieux militants qui, comme moi, ont depuis longtemps compris quel était le vrai problème et ne s'enfermeront pas dans ce type de démarche aveugle », tempête alors M. Albert. Qui, avec sa camarade Micheline, va remuer ciel et terre pour extirper le PS de l'influence de Pierre Darchicourt. En septembre, tous deux émettent le voeu de créer une seconde section socialiste à Hénin-Beaumont, une bizarrerie qui a déjà été vécue douloureusement du côté des socialistes de Boulogne ou de Lens... Une initiative qui, bien évidemment, est très très mal prise au sein de la section héninoise que Daniel Duquenne a repris en mains après le forfait de René Albert. Une section au sein de laquelle Pierre Darchicourt s'isole de plus en plus, ayant, juste avant l'été, mis sur la place publique ses différends avec le député (et patron de la circonscription PS) Albert Facon, le qualifiant d'homme « sans scrupules » au « comportement que d'aucuns qualifient de scandaleux » après que ce dernier ait volontairement omis de créditer à Pierre Darchicourt la réalisation de la résidence Léo-Ferré, inaugurée en juin 2001. Et pour laquelle Gérard Dalongeville n'aura eu d'autre mérite que celui d'avoir acquis le ruban tricolore ayant servi à l'inauguration. Combat des chefs, scission en vue et, derrière tout ça, l'ombre de Gérard Dalongeville qui manipule avec jouissance tout ce petit monde en regardant la maison Darchicourt s'effriter. AA: rappelons que A. Facon a repris la présidence du District (qui allait devenir, peu de temps après, la Communauté d'Agglo Hénin-Carvin), après la défaite de P. Darchicourt...La rivalité existait avant 2001 et l'acrimonie de PD s'est, bien sûr, poursuivie. La vérité oblige également à dire que les 2 hommes connaissent tellement de secrets sur le PS et ont certainement beaucoup à se reprocher, que, après leurs disgrâces respectives (2001 pour PD, 2012 pour AF), ils n'ont pas trop bougé...
Le Rubicon sera même franchi en septembre 2001 lorsque Micheline Rudi, à la suite de démissions en cascade, finit par devenir conseillère municipale. Et choisit alors en son âme et conscience de tourner le dos à la section darchicourtienne : « J'ai mûrement réfléchi à ce que j'allais faire dans le contexte actuel où nous cherchons à recréer un vrai PS démocratique à Hénin.. Aujourd'hui, ma position est claire. Les décisions que je prendrai au conseil municipal ne viendront que de moi, sans avoir à obéir à un groupe qui, par des comportements rancuniers et irresponsables, s'éloigne de plus en plus de son rôle de "faire avancer notre ville". Je suis toujours socialiste et je le resterai » À deux on fait mieux, paraît-il... Pas sûr !
PASCAL WALLART