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mardi 27 décembre 2016

Et toujours cette paix de plus en plus inaccessible au Proche-Orient...

Il paraît pourtant évident qu'il ne pourra y avoir de paix dans cette région du monde qu'à 2 conditions :
- une solution négociée concernant les territoires occupés par Israël, en Cisjordanie. Plus le temps passe et plus difficile ce sera...
- une reconnaissance d'Israël par le Hamas (le Fatah l'a déjà fait) et l'ensemble des pays arabes. Rappelons que la Charte du Hamas prévoit de "rejeter les Juifs à la mer". 
Nonobstant un accord sur ces 2 points, Israël ne sera pas gagnant à long terme, d'une part, et les "Palestiniens" ainsi que l'ensemble des pays arabes, d'autre part, se privent d'une collaboration économique fructueuse... 
Evidemment, cela n'est pas si simple que cela en a l'air :
- la région est une "pétaudière" (Syrie, Liban, Egypte, Irak, Libye...).
- Trump ne semble pas être l'élément modérateur et convaincant qu'exige la situation...
- les pays arabes sont divisés : ainsi les états sunnites ont une attitude ambiguë avec Israël alors que la Syrie et l'Iran (états chiites) menacent toujours Israël d'éradication...

Ah si l'Europe avait une politique étrangère coordonnée ! Et pourtant, c'est faisable : voir son attitude  vis-à-vis de la Russie... 

Editorial du « Monde ». L’ultime geste de l’administration Obama sur le conflit israélo-palestinien a été celui de son ambassadrice auprès de l’ONU, Samantha Power, le 23 décembre, lors du vote de la résolution 2334 au Conseil de sécurité. Bien tardive, son abstention a permis l’adoption du texte à l’unanimité des 14 autres membres. Cette résolution n’est ni révolutionnaire ni anti-israélienne. Elle rappelle une constante depuis des décennies : la condamnation internationale de la colonisation israélienne des territoires palestiniens occupés, considérée comme illégale. Ce n’est pas l’Etat hébreu qui est visé en soi, mais l’occupation, à l’œuvre depuis un demi-siècle.

Ce rappel aux fondamentaux a suscité une forme d’hystérie calculée parmi les dirigeants israéliens, qui accusent l’administration Obama de trahison, d’abandon et de complot. Depuis huit ans, le président américain avait bloqué toute mise en accusation d’Israël. Malgré sa relation personnelle exécrable avec le premier ministre israélien, Benyamin Nétanyahou, il n’avait jamais manqué à ses devoirs de président d’une grande puissance protectrice et amie de l’Etat hébreu. Son consentement silencieux sur un vote aussi symbolique exprime la frustration accumulée face à la dérive de la droite israélienne.

Miroir déplaisant

La résolution 2334 tend un miroir déplaisant à la société israélienne, qui préfère en majorité détourner les yeux. Elle marque aussi une grave défaite politique pour M. Nétanyahou. Depuis des années, le premier ministre jure sur tous les tons que les colonies ne sont pas la raison du conflit avec les Palestiniens. A ses yeux, celui-ci résulte du refus de ces derniers de reconnaître Israël comme Etat juif. En outre, il s’enorgueillit d’avoir développé de façon inédite les relations internationales d’Israël. Il en veut pour preuve sa visite, cet été, dans plusieurs pays d’Afrique de l’Est ou, début décembre, en Azerbaïdjan et au Kazakhstan, et en déduit volontiers que, au Moyen-Orient comme sur des continents plus éloignés, la question de la colonisation est devenue accessoire. Il n’en est rien. Le fait que l’Egypte, grand voisin arabe avec lequel Israël est en paix et coopère étroitement dans le domaine sécuritaire, soit à l’origine de la résolution devrait faire réfléchir.

Une « nouvelle ère » : tel est l’horizon vers lequel tend M. Nétanyahou. Avec l’installation de Donald Trump à la Maison Blanche le 20 janvier, il espère que se mettra en mouvement l’administration américaine la plus pro-israélienne de l’histoire. Les premiers indices plaident en ce sens : la désignation d’un nouvel ambassadeur, David Friedman, connu pour ses positions en faveur des colonies ; le déménagement promis de l’ambassade américaine de Tel-Aviv à Jérusalem. Un bouleversement sans précédent de la politique américaine sur le conflit israélo-palestinien est en gestation. Mais personne ne sait vraiment l’intérêt réel que prêtera le président milliardaire à un conflit devenu secondaire dans le fracas du monde.Hélas, il est peu probable que Benyamin Nétanyahou profitera de cette occasion pour remettre en question la mécanique de l’occupation et le développement des colonies. Au contraire, selon la presse israélienne, de nouvelles constructions devraient être prochainement annoncées. La droite nationale religieuse pousse à l’annexion de la zone C, soit 60 % de la Cisjordanie, rendant plus caduque que jamais la perspective d’un Etat palestinien.


lundi 19 décembre 2016

Quelques questions sur la tragédie d'Alep

- Beaucoup de manifestations en France pour protester contre le drame d'Alep. Les images TV sont sans équivoque sur ce que vit cette ville sous les bombardements des Syriens massivement aidés par les Russes, les Iraniens et le Hezbollah libanais, ces 2 derniers au nom du chiisme (Assad est alaouite, minorité chiite). Toutes ces manifestations, légitimes certes, me semblent arriver un peu tard alors que le calvaire d'Alep ne date pas d'hier... Veut-on se donner bonne conscience ?

- Que signifie cette allégeance à Poutine qui frappe des personnalités aussi diverses que le Turc Erdogan (pourtant sunnite et habituel pourfendeur des Chiites), l'imprévisible et inconstant Trump (futur président des USA), le candidat de la droite française Fillon ou la candidate d'extrême-droite Le Pen (le culte du chef ?), le candidat de l'extrême gauche française Mélenchon (favorable aux bombardements) ? Opportunisme politique ou ralliement anti-USA ? 

- L'ONU n'a pas réussi à imposer de trêve pour évacuer les populations et assurer l'aide humanitaire. Les vetos russe et chinois (pourquoi la Chine ?) ont empêché toute résolution en ce sens (même s'il semblerait que, ce lundi, Russie et Chine aient condescendu à ne pas s'opposer à une nouvelle résolution). Est-ce la fin de l'ONU ? Une réforme du droit de veto serait en préparation, lancé en 2014 par la France, et qui propose que les cinq membres permanents (France, Etats-Unis, Royaume-Uni, Russie, Chine) « s’engagent volontairement et collectivement à ne pas recourir au veto lorsqu’une situation d’atrocité de masse est constatée ». Qui décide alors qu’il y a crime de masse ? La proposition suggère que le secrétaire général de l’ONU, après avoir été sollicité par le Haut-Commissaire aux droits de l’homme et/ou 50 Etats membres, puisse saisir le Conseil de Sécurité demandant alors que les membres permanents renoncent pour la circonstance à leur droit de veto. 
Cela « pour qu’Alep ne devienne pas le tombeau de l’ONU », comme l'a dit le représentant français à New-York, François Delattre...

mercredi 14 décembre 2016

Quel avenir pour notre monde ?

La tragédie (mot éculé, mais désolé, je n'en trouve pas d'autre à la hauteur de ce qui se passe) d'Alep pose question sur l'avenir du monde et plus particulièrement sur la coexistence pacifique, nécessaire au "bonheur" des hommes...


La Russie vient une nouvelle fois d'imposer son ordre dans le silence médusé des autres pays. Après avoir annexé la Crimée, tenté de mettre la main sur l'Ukraine, voilà qu'elle a volé au secours de la Syrie, dirigée par un dictateur sanguinaire honni à l'intérieur de son pays et dénoncé, à l'extérieur, pour son mépris des droits de l'Homme. Comment veut-on que les ex-pays socialistes d'Europe centrale ne voient pas dans ces violations du droit international par la Russie, un danger pour leur indépendance ?
Comment ne pas être effrayé à l'idée que le nouveau président des USA qui entrera en fonction dans quelques semaines, ait l'intention de se rapprocher de Poutine. Veulent-ils se partager le monde comme Staline et Roosevelt le firent à Yalta ? S'agit-il de se liguer contre la Chine ? Assisterons-nous impuissants à la main-mise sur le monde de Trump et Poutine... Comme on aimerait une Europe forte pour avoir son mot à dire dans cette mainmise en gestation...
En Syrie, le dictateur Assad est issu d'une tribu (les Alaouites) proche des chiites, minoritaires dans ce pays dont la majorité sunnite est malmenée depuis des dizaines d'années. Poutine, dans son soutien à Assad, a été aidé par l'Iran chiite et le Hezbollah chiite libanais. Sans leur aide, Assad aurait été incapable de se maintenir au pouvoir. Le conflit entre les chiites et les sunnites (Daesch est d'obédience sunnite, comme Al-Quïda et ses différentes "filiales") est le poison qui mine l'islam et provoque une situation explosive dans les pays musulmans. Il y a une véritable guerre entre les chiites et les sunnites et on ne voit pas très bien quelle pourrait en être la solution pacifique. Était-ce le rôle de la Russie de prendre parti dans ce conflit, d'essence religieuse ? Que cherche Poutine si ce n'est de reconstituer son pays comme puissance incontournable, face à la Chine et aux USA (quant à l'Europe, il n'en a pas peur car il a pu juger de sa faiblesse).

Comment ne pas être étonné par le soutien à Poutine de la part de politiques français ? Que M. Le Pen puisse trouver en Poutine une idole qu'elle aimerait imiter dans son ultra-nationalisme et son autoritarisme, on n'en est pas dupe. Mais que JL Mélenchon trouve des vertus à cet homme ou que Fillon veuille se rapprocher du dictateur russe, pose question : s'agit-il de manœuvres hypocrites destinées à se concilier un électorat sensible au passé soviétique de la Russie ou anti-étatsuniens dans l'âme ? 
Quels sont les ressorts des Trump, Fillon, Le Pen, Mélenchon qui leur font soutenir Poutine, ce dictateur méprisant le droit international et les droits de l'Homme ?
Dans cette remise en cause de l'idée de paix dans le monde, il faudrait également signaler l'impuissance des Nations-unies à prévenir les massacres d'Alep et à organiser un sauvetage humanitaire des populations civiles. Tout cela à cause de la Russie qui s'est opposée à toute décision en ce sens. Il est temps de supprimer ce droit de veto qui empêche l'ONU de jouer son rôle de prévention et de résolution des conflits...

NB : Je me garde bien, dans ce qui précède, de prendre parti pour telle ou telle faction en Syrie : il y a des islamistes, des rebelles de tous ordres (modérés ou pas). Mais il y a bien un dictateur aux mains ensanglantées, ainsi que des populations civiles victimes des bombardements et massacres des Russes, de l'Iran et du Hezbollah, tous accourus au secours d'Assad...
De même, je mets dans le même sac, ces musulmans chiites ou sunnites qui ne songent qu'à imposer des régimes politicos-religieux dans leurs pays.  


mardi 13 décembre 2016

Honte à ceux qui soutiennent Poutine à Alep !


Alors que les forces gouvernementales ont annoncé avoir pris le contrôle de la quasi-totalité de la partie est d’Alep, trois députés français ont tenté, lundi 12 décembre, de se rendre en Syrie avant d’être refoulés à la frontière turco-syrienne. L’écologiste Cécile Duflot, le républicain Hervé Mariton et le socialiste Patrick Mennucci ont organisé ce voyage dans une ville détruite par plusieurs semaines de bombardements afin, disent-ils, d’obtenir une aide humanitaire pour la ville d’Alep.
«Nous avons été bloqués à Kilis» dans le sud-est de la Turquie, «l’endroit où on passe pour aller vers la zone d’Alep», a indiqué l'un d'entre eux. «Les Turcs n’ont pas voulu qu’on passe. Ils ont dit qu’il y avait eu des bombes au chlore et qu’il y avait un nuage» dangereux, 
Un massacre est en cours à Alep. Les troupes de Bachar Al Assad, soutenues par l’aviation russe sont en action et la communauté internationale reste passive face aux tueries de civils, bombardements d’hôpitaux et autres crimes de guerre (on parle de l'utilisation d'armes chimiques)..
L'ONU n'a pu rien faire, bloquée par les vetos successifs de la Russie. Aujourd'hui, ce que réclament ceux qui espèrent encore limiter les massacres, c'est qu'un corridor humanitaire soit ouvert pendant 24 heures pour laisser sortir les civils. On a toutes les raisons de penser, à l'heure où j'écris, que cela ne se fera pas...
Je suis révolté par les critiques adressées aux 3 députés français (accompagnés par 2 autres écologistes, Jacques Boutault, maire d'arrondissement à Paris et Marine Tondelier, élue d'opposition à Hénin-Beaumont et assistante de C. Duflot). On leur reproche un "coup politique". Cette critique déshonore ceux qui la profèrent, car qu'ont-ils fait, eux ? Trop facile de tancer une telle action, même si, vu les circonstances, elle n'est que symbolique... J'aurais aimé que les 5 personnes qui ont tenté d'aller à Alep aient été accompagnés d'artistes et intellectuels pour que cette action soit plus médiatisée et que la Russie se sente obligée, avec son allié syrien, de suspendre son action pour éviter que plus de civils soient assassinés... J'aurais aimé que ceux qui ironisent sur l'initiative parlementaire se tournent vers les admirateurs de Poutine, les Mélenchon, Fillon, Le Pen... afin que ces derniers désavouent Poutine et Assad ! Que nenni ! Tout ce qu'ils ont pu faire c'est se moquer de l'acte désespéré de quelques politiques qui ont voulu attirer l'attention sur les massacres en cours. Honte à ceux-la qui abreuvent les réseaux sociaux et les médias de leurs commentaires ironiques ! Non seulement ils n'ont, certainement, accompli aucun geste pour sauver l'honneur de l'Humanité, mais ce sont eux qui critiqueront l'inaction de la classe politique et qui continueront à aduler Poutine et à trouver des vertus aux politiques français qui soutiennent le dictateur russe.
Honte à eux et bravo aux députés français pour leur courageuse initiative !

samedi 19 novembre 2016

Et ils ont élu un tel président ! (3)

Un président des USA n'aurait pas dû dire ça...

Le Canard enchaîné 16/11

Bon nombre de ces citations ont été collectées et traduites par Elsa Benhaiem et Andrea Davoust pour leur livre "Trump fais-moi peur !" (Atlande).

Le grand complotiste
* Le 6/11/2012, Trump balance ce tweet : " Le concept de réchauffement de la planète a été inventé par et pour les Chinois pour empêcher l'industrie américaine d'être compétitive." Deux jours plus tard, toujours sur Tweeter : "Le Parti communiste chinois vient de se réjouir publiquement de la réélection d'Obama. La vie n'a jamais été aussi belle pour eux. Ils vont bientôt devenir les propriétaires de l'Amérique."
* Le 1er août 2016, lors d'un discours dans l'Ohio : " J'ai bien peur que l'élection ne soit truquée. Je dois être honnête." Finalement, vu le résultat, il avait peut-être raison...

La pauvre Hillary
* Lors de l'hiver 2015, il disait d'elle : "Comment peut-elle satisfaire son pays si elle ne satisfait pas son mari ?" Ou : " La corruption, c'est ce qu'elle sait faire de mieux." A l'été 2016, il passe directement la cinquième : "elle n'est pas loin d'être détraquée", "elle est comme une déséquilibrée", "son cerveau a souffert d'un petit court-circuit". 
Pourtant, en 2007, il écrivait encore : "Ce mec brillant et ami à moi de l'Arkansas, Bill Clinton, s'est présenté à l'élection et il a gagné. Il est capable de voir les choses en grand, et sa femme, Hillary, qui est une personne géniale, est elle aussi capable de voir les choses en grand" ("think Big" p. 278).

Le dingo
* Je ne porte pas de moumoute. Mes cheveux sont les miens à 100%. Aucun animal n'a été maltraité pour la création de mon style capillaire" ("How to Get Rich", p.178). Même pas un lama ? 
* Ce tweet, le 7/11 2012 : "Il gèle et il neige à New-York, on a besoin du réchauffement climatique." Et du refroidissement cérébral.

Le cul-bénit
* "Je serai le meilleur président de l'emploi que Dieu a jamais créé, je vous le dis" (New-York, 16/6/15).
* "J'ai d'excellentes relations avec Dieu" (CNN, 17/1/2016).
* Et encore, lors d'un discours : "J'ai apporté ma bible. Je vaux mieux que ce que vous pensiez. J'ai aussi apporté ma photo de confirmation parce que personne n'arrive à y croire; Personne n'y croit !" (Iowa, 19/9/15).

Le fricard
* "Ça n'a pas été facile pour moi. Vous savez, j'ai démarré à Brooklyn, mon père m'a accordé un petit prêt de 1 million de dollars" (NBC, 26/10/2015). Ce qui ferait l'équivalent de 6 millions de dollars aujourd'hui (AA : plus de 5 millions d'euros) ! Pauvre enfant.
* " J'ai du mal à refuser l'argent, parce que c'est ce que j'ai fait toute ma vie. Je prends et je prends et je prends. Vous savez, je suis cupide. Je veux de l'argent, de l'argent" (Nevada, 23/2/13). Dire que, sa fortune, Trump la doit beaucoup plus à son héritage qu'à ses talents de gestionnaire, lui qui a dilapidé des fortunes...
* Ultime maxime : "Une partie de mon charme, c'est que je suis riche" (ABC, 17/3/2011).

Voilà pour la première fournée de trumperies. Pas de panique, il reste (putain) quatre ans. Et pourquoi pas huit ?

Fin.

vendredi 18 novembre 2016

Et ils ont élu un tel président ! (2)


Un président des USA n'aurait pas dû dire ça...

Le Canard enchaîné 16/11
Bon nombre de ces citations ont été collectées et traduites par Elsa Benhaiem et Andrea Davoust pour leur livre "Trump fais-moi peur !" (Atlande).


Le bourrin
* "Mais où va notre pays, si on n'est pas censé envoyer à la tombe le fils de pute qui a dévalisé, battu, assassiné et jeté du haut d'un immeuble une femme de 90 ans ? " ("Playbay, mars 1990). 

Le miso
* Ce tweet léger, le 28/8/2012, sur la cofondatrice du Huffington Post : "Arianna Huffington est laide, aussi bien à l'intérieur qu'à l'extérieur. Je comprends tout à fait que son ex-mari l'ait quittée pour un homme, il a pris la bonne décision !"
* Sa meilleure ennemie à la télé, l'animatrice Rosie O'Donnell, la "dégoûtante", la "souillon", est servie, elle aussi : "Je vais probablement la traîner en justice parce que ça va être amusant. J'aimerais prendre l'argent directement dans les poches de pantalon de son gros cul" ("Entertainement Tonignt", 20/12/06).
* Dans la fameuse video de 2005 ressortie par le "Washington Post", il dit, à propos des femmes, même pas journalistes : "Quand on est une star, elles nous laissent faire. On peut faire tout ce qu'on veut. Les attraper par la chatte !" La grande classe, décidément.
* "Les problèmes que j'ai pu avoir avec les femmes viennent en partie du fait d'avoir eu à les comparer à cette femme extraordinaire qu'est ma mère, Mary Trump. Ma mère est sacrément intelligente." La planète la remercie, d'ailleurs !

Le culbuteur
* Ce que j'ai appris des femmes avec les années, c'est qu'elles en veulent (du sexe!) plus que nous" (Think Big" p.271).
* (...) Les femmes les plus belles du monde, j'ai pu coucher avec elles toutes parce que j'ai quelque chose que beaucoup d'hommes n'ont pas. Je ne sais pas ce que c'est, mais les femmes l'ont toujours aimé." On se demande bien ce que cela peut être, en effet.
* "Parfois, quand j'étais au lit avec une des plus belles femmes du monde, je me disais, en pensant au petit garçon du Queens que j'étais : "Tu te rends compte de ce que je me tape ?" ("Think Big", p 271). Et, elles, elles s'en rendent compte ?

Le mytho
* "Je me suis rendu compte très tôt que j'avais une nature d'esthète, étant attiré
par la beauté à la fois chez les gens et dans les bâtiments. Au vu de mon travail, il s'est avéré qu'une partie de cette connaissance précoce que j'avais de moi-même était parfaitement juste" (How to Get Rich, p. 220).
* "Pratiquement tout ce que j'ai fait a été un succès formidable" (Débat de la primaire républicaine).
* "Je suis intelligent. Certaines personnes diraient que je suis très, très intelligent" ("Fortune", 3/4/2000).
* "Désolé, les ratés et les rageux, mais mon QI est parmi les plus élevés. S'il vous plait, ne vous sentez pas si bêtes ou si fébriles, ce n'est pas de votre faute..."
N'en jetez plus ! Même Kadhafi s'en souvient : "Je lui ai loué une partie d'un terrain. Il m'a payé plus pour une nuit que ce que valait le terrain pour deux ans. Et puis je ne l'ai pas laissé utiliser ce terrain. C'est ça qu'on devrait faire ! Je ne veux pas utiliser le mot "niquer", mais je l'ai niqué !"

A suivre


jeudi 17 novembre 2016

Et ils ont élu un tel président ! (1)


Un président des USA n'aurait pas dû dire ça...
Le Canard enchaîné 16/11
Bon nombre de ces citations ont été collectées et traduites par Elsa Benhaiem et Andrea Davoust pour leur livre "Trump fais-moi peur !" (Atlande).

Le beauf
* "Ivana et Marla étaient toutes deux géniales, mais elles ne pouvaient pas rivaliser avec mon entreprise" ("Think Big", 2007, p.251). Les deux ex-épouses ont dû apprécier.
* "Mes deux fils, Eric et Don, sont de fins chasseurs et tireurs de la NRA depuis longtemps (AA : La National Rifle Association (NRA) est une association de protection des droits civiques, ayant pour but de promouvoir les armes à feu aux États-Unis). Ils sortent en safari et donnent des animaux aux pauvres villageois affamés." Pour le lion, on dit merci qui ?
* "J'aime le cinéma et la télévision autant que n'importe qui, mais la lecture est pour moi une manière de me ressourcer. Les chips et les bretzels aident pas mal aussi" ("How to get rich", 2004, p.112). Rien que des nourritures spirituelles !

Le raciste 
* Un petit tweet en pleines émeutes, le 27/4/2015 : "Notre superprésident afro-américain n'a pas exactement eu un impact positif sur les racailles qui saccagent ouvertement et joyeusement Baltimore."
* Un autre, le 6/8/2012 : "Une source "extrêmement crédible" a appelé mon bureau et m'a dit que l'acte de naissance de Barack Obama était un faux."
* Un troisième, tout aussi délirant, le 8/10/2013 : "Le président Obama veut changer le nom de "Maison-Blanche", parce que c'est très discriminatoire et pas du tout politiquement correct."
* Lors de l'émission pipole "Entertainement Tonight" (1/7/2015), cette dénégation : "Je ne suis pas raciste pour deux sous !"

Le démago
* Un seul cri et tout est dit : "J'adore les gens peu instruits !"(Nevada, 23/2/2016).

Le maçon
* Les Mexicains ? "Ils apportent la drogue. Ils apportent la criminalité. Ce sont des violeurs. Certains d'entre eux, je suppose, sont d'honnêtes gens" (Etat de New York, 16/6/2015). 
* Un mois plus tard : "J'ai d'excellentes relations avec les Mexicains. J'en ai plein qui travaillent pour moi" (NBC 8/7/2015).
* Et pour finir, la fameuse promesse : " Je construirai un grand mur, et personne ne construit des murs mieux que moi, croyez-moi, et je le construirai pour pas cher du tout. Je construirai pour pas cher du tout. Je construirai un grand, grand mur le long de notre frontière sud. Et je vais forcer le Mexique à payer pour ce mur. Retenez bien mes mots !"
Le Mexique les a tellement bien retenus que, deux jours après son élection, le "mur Trump" se fissure déjà : ce sera du barbelé, et pas tout le long de la frontière (AA : et puis, les Mexicains ne paieront pas...).
Vu comme ça, c'est sûr, c'est "pas cher du tout"

A suivre

vendredi 11 novembre 2016

Terrible constat de l'impuissance...

L'éditorial du Monde (voir ci-dessous), en date du 10/11, écrit quelques heures après les résultats des élections US, n'a, 2 jours après, rien de très neuf par rapport à tout ce qui a pu être dit et écrit, mais il insiste sur 3 points importants :
- le même pays qui a élu et réélu un homme noir, Barack Obama, l'a remplacé par un personnage à l'exact opposé, Donald Trump, et, ce, malgré un bilan positif du président sortant...
- la complexité des problèmes posés, par et à notre monde actuel, effraie les citoyens qui n'ont pas les moyens de les appréhender. Ceux qui apportent à cette complexité des réponses simplistes emportent la mise : non seulement ils ne comprennent pas non plus les choses, mais ils donnent, volontairement (et c'est là que leur responsabilité est énorme), de fausses clefs à une population désemparée... c'est la force de tous les dictateurs du monde que de lancer des slogans tels que "tous pourris", "c'est la faute de l'autre, (l'étranger), "on vous ment"...
- la porte est ouverte aux partis extrêmistes en France, en Hongrie, en Pologne, en Turquie...




Editorial du Monde

La colère a gagné

La colère a gagné, la rage protestataire l'a emporté. Un milliardaire douteux, qui ne paye pas d'impôts depuis vingt ans, ment comme un arracheur de dents, flirte ouvertement avec le racisme, la xénophobie et le sexisme, et qui n'a jamais exercé le moindre mandat électif ou public, a su la capter. Magistralement. Le républicain Donald Trump deviendra le 45e  président des Etats-Unis, et prendra possession de la Maison Blanche en janvier.
Le pays qui a élu Barack Obama en  2008 et en 2012, premier Afro-Américain à la Maison Blanche, diplômé d'Harvard, vient d'adouber un promoteur immobilier aux multiples faillites et qui se félicite de ses " bons " gènes européens. Telle est l'humeur de l'Amérique, tel est le fond de l'air dans l'ensemble de nos pays occidentaux. La démocrate Hillary Clinton n'est pas la seule vaincue de ce scrutin. Une déferlante protestataire bouscule les élites traditionnelles de part et d'autre de l'Atlantique. L'élection de Donald Trump est un bouleversement majeur, une date pour les démocraties occidentales. Comme la chute du mur de Berlin, comme le 11 septembre 2001, cet événement ouvre sur un nouveau monde, dont on peine encore à distinguer les contours mais dont une caractéristique est d'ores et déjà avérée : dans ce monde-là, tout ce qui était réputé impossible, ou irréaliste, devient désormais envisageable.

Quelles que soient les singularités d'un pays à l'autre, le mouvement de colère est ancré dans une critique diffuse de la mondialisation qui porte sur deux thèmes : le contrôle des flux migratoires et les inégalités de revenus. Les Britanniques ont voté pour le Brexit sur ces deux sujets. Trump avait prédit que son élection serait un " Brexit à la puissance trois ". Il avait raison. C'est aussi une façon de dire que l'Europe n'est en rien protégée du séisme qui vient de secouer Washington.
Certes, le résultat du scrutin du 8 novembre – les républicains conservent le contrôle du Congrès – est d'abord une affaire américaine. Le démocrate Obama achève ses deux mandats sur un bilan intérieur honnête. Héritier d'un désastre économique laissé par son prédécesseur républicain, George W. Bush, il a redressé la barre : chômage à moins de 5  %, croissance supérieure à la moyenne européenne, finances publiques en voie d'assainissement, assurance-santé considérablement étendue, industrie automobile rescapée et haute technologie plus conquérante que jamais.
Aussi étrange que cela paraisse en ce jour de triomphe pour les républicains, Barack Obama est crédité d'un fort taux d'approbation dans l'opinion américaine. Mais tout s'est passé comme si ces résultats et ces bons sondages ne lui avaient donné aucune prise sur ce qui se passe dans son pays. Il a échoué très exactement là où il était le plus attendu : rassembler un pays divisé. Il n'a pas su ou pas pu combler les lignes de fracture, ni les vieilles – celle de la race, les Noirs ne se sont pas mobilisés pour Mme Clinton – ni les nouvelles, celles nées de ces inégalités croissantes liées à une mondialisation des échanges portée par la révolution technologique. Lucide, il avait lui-même laissé entendre que ce dernier défi était l'affaire d'une génération, pas de deux mandats présidentiels.
Dans ce contexte, M.  Trump a fait preuve d'une intelligence politique diabolique. D'abord contre son parti, puis contre son adversaire démocrate, il a su incarner à merveille l'homme nouveau, celui qui n'appartient pas à un sérail politique discrédité par deux des catastrophes qui ont profondément marqué les Américains : la débâcle irakienne et la crise économique et financière de 2008. Peu importe que l'une et l'autre soient largement le produit de la politique menée par des républicains.
Avant Trump et Bernie Sanders, le concurrent malheureux d'Hillary Clinton, personne ne s'était fait le porte-voix des marginalisés de la mondialisation. Personne n'a été condamné pour la dévastation venue de Wall Street. Personne n'a anticipé les conséquences politiques d'un type de croissance qui met à mal la classe moyenne au sens large. Donald Trump, lui, l'a fait en choisissant trois boucs émissaires : les immigrés, le libre-échange et les élites. Il a aussi su exploiter le malaise d'une population américaine blanche qui pourrait vite perdre la majorité face à l'agrégat des minorités ethniques.
Pour son malheur, Mme Clinton incarnait à la perfection la quintessence de l'élite politique américaine traditionnelle. A tort ou à raison, elle portait l'image du statu quo – même si elle avait le seul programme réalisable et solide.
Les leçons de ce scrutin sont multiples. Elles s'adressent aux partis de gouvernement traditionnels. Elles concernent une presse et des sondeurs qui, dans leur immense majorité, n'ont pas vu venir la vague, et ne savent plus prendre le pouls de l'opinion. Ces leçons sont d'autant plus impérieuses que les représentants de la colère protestataire, qu'il s'agisse de Trump ou de ses clones européens, n'ont pas la moindre idée de la complexité des problèmes à résoudre. Ils vendent des illusions, l'Américain le premier. Ils cultivent un simplisme réducteur qui peut devenir une menace pour nos démocraties. Vue de Paris, la victoire de Trump, venant après le Brexit, est un avertissement de plus. Dans le monde qui s'ouvre avec cette élection, tout est possible, même ce que l'on a encore du mal à regarder en face : la prise du pouvoir par un parti extrémiste.

Jérôme Fenoglio

jeudi 10 novembre 2016

Les "élites"

Ainsi donc, la victoire de Trump serait celle du peuple sur les élites. Commentaire repris à satiété par tous ceux qui se retrouvent politiquement en Trump ou souhaiteraient profiter de ce sillage... Je voudrais ici démontrer que l'utilisation du mot "élite" est non seulement impropre, mais fait partie d'une stratégie délibérée de dresser une partie d'une population contre une autre. 

Que signifie le mot "élite" ? Rien de péjoratif quand on se réfère à son étymologie et à sa définition, bien au contraire !
Dauzat ("Le dictionnaire étymologique de la langue française") : "Vient de "eslite" (12ème siècle) ancien participe passé d'élire, substantivé, au féminin; d'abord : "action de choisir" et "ce qui est choisi"". AA : d'où l'idée valorisante de "reconnaissance"de l'élite.
"L'élite est la minorité d'individus auxquels s'attache, dans une société, un prestige et en pratique le plus de pouvoir dû à des qualités naturelles ou acquises. Le terme d’élite superpose les notions de meilleurs et d'élection". Wikipédia. AA : valorisant également...
Littré : "Ce qu'il y a d'élu, de choisi et de distingué". On ne peut mieux dire.

Quand Trump ou M. Le Pen montrent du doigt les "élites", ils désignent des catégories de personnes précises et qui, souvent, ne sont pas, selon les définitions précitées, des "élites" (ce qui n'est pas péjoratif, pour moi):
- les hommes politiques. Curieux, car ils en font partie. Alors, ceux qui gouvernent et auxquels ils s'opposent ? Mais ils aspirent, eux aussi, à gouverner ! C'est vrai que ces hommes politiques ont été "choisis", comme précisé plus haut. Trump et Le Pen aussi. Pour le premier, c'est une nouveauté et; peut-être, changera-t-il de vocabulaire; pour la seconde qui est député européenne depuis longtemps, on peut se poser des questions sur sa perspicacité...
- les intellectuels. Choisis ou désignés pour leurs qualités, en général... Il est vrai, cibles de tout temps, de ceux qui estiment ne pas avoir à réfléchir sur l'Homme et la Société... Les politiques ont toujours apprécié d'être conseillés par les intellectuels... Seuls les dictateurs, sûrs de leur supériorité, n'en ont jamais eu besoin et préfèrent les courtisans à ceux qui pourraient ne pas être de leur avis... N'épiloguons pas...
- les journalistes et commentateurs politiques. Ils ne font pas, à proprement parler, partie des élites. Mais il est commode de les pourfendre parce qu'ils ont pu se tromper. Nonobstant que la science politique n'est pas une science exacte, une erreur peut être relative. Ainsi, personne ne s'est trompé en prévoyant que Hillary Clinton obtiendrait plus de suffrages que son adversaire. Que ce dernier ait été élu est une autre histoire, d'importance certes, mais de là à crier à l'incompétence de ceux qui n'ont pas prévu la victoire de Trump est injustifié (cette discordance éclairera les instituts de sondage pour l'avenir...). Quand Madame Le Pen claironnait urbi et orbi que son parti emporterait des conseils régionaux et des conseils départementaux en 2015 et 2014, alors qu'il n'en a rien été, on aurait pu gloser sur son incompétence en matière de prévision, ce qui ne fut pas le cas...

Alors pourquoi montrer du doigt des "élites" qui souvent n'en sont pas, au sens propre ? Tout simplement parce que cela sert :
- à désigner du doigt ceux qui sont au pouvoir, ceux qui sont "responsables" (voir ci-dessous);
- à mettre en avant que seuls ceux qui ne font pas partie de ces "pseudo élites" comprennent les peurs de tous ceux qui se sentent incompris.

Et c'est sur ce dernier point que je voudrais insister : surfer sur les peurs des gens est une stratégie diabolique utilisée depuis fort longtemps... Voyez comment Hitler est arrivé au pouvoir : en mettant en avant la peur du bolchévisme, des Juifs, des gouvernements qui ont signé le traité infamant de Versailles et l'insupportable krach économique de 1929 qui s'en est suivi. Aujourd'hui, en France, c'est la conjonction des peurs de l'islamisme et des immigrants, de l'Union européenne, des gouvernements "UMPS" et de la crise économique de 2008... Aux USA, ce sont les mêmes dangers de l'islamisme et des immigrants mexicains et musulmans, des mandatures Obama, des traités de libre-échange et de la crise des surprimes. 
Retour à la pureté de la race aryenne en Allemagne nazie (à nos racines chrétiennes en Europe et aux vertus des pères fondateurs de l'"America"), au protectionnisme (à la lutte contre l'euro et contre le libre-échange en Europe) : voilà les mamelles du populisme à la Hitler, à la Le Pen et à la Trump... Ce populisme qui dresse ceux qui souffrent contre ceux qui "en profitent et ne voient pas ceux qui souffrent", ce populisme qui souffle sur la braise de la haine de tout ce qui est différent.
Voilà comment le mot élite a été détourné de son sens premier pour en faire une cible identifiable pour tous ceux qui n'ont pas d'espoir à l'horizon. 
Quand je suis arrivé à Hénin-Beaumont, il y a une dizaine d'années, j'ai écrit que les habitants de la ville n'avaient devant eux aucun espoir et qu'il fallait leur offrir des perspectives d'un avenir meilleur... Rien n'a été fait politiquement et le FN en a profité, bien entendu...

mercredi 9 novembre 2016

Que dire de plus, pour l'instant ?

Il est 6 H, ce mercredi, et il y a de fortes chances que D. Trump emporte les élections présidentielles US. Après que le Républicain ait gagné la Floride, l'Ohio et la Caroline du Nord, les jeux sont pratiquement faits...
A chaud, il faudra attendre, probablement, quelques jours pour faire une analyse objective de la situation.
On se gardera de commentaires sommaires, mais, pour nous, Français (et Européens), l'élection d'un homme comme Trump est stupéfiante : incompétent, raciste, hâbleur, imprévisible... les qualificatifs manquent... Comment les Etats-uniens ont-ils pu voter pour cet hurluberlu ? Il faudra dépasser ce type de questions pour analyser la réalité...
Et nous, en France, sommes-nous nous si sûrs d'éviter un tel phénomène ? Peut-on comparer avec le vote Le Pen ? Avant de tomber dans une comparaison douteuse, il conviendra d'attendre. Rappelons simplement que l'entourage de Trump lui a supprimé, ces derniers jours, son compte Twitter pour éviter les déclarations irresponsables du probable nouveau président US... Tout est dit! Les Ricains ont conscience qu'ils portent un irresponsable au pouvoir...
Sera-ce suffisant pour que nous, en France, prenions conscience des dangers qui nous guettent ? Nous aurons quelques mois, à partir de janvier, pour montrer qu'élire un irresponsable est... irresponsable !

lundi 7 novembre 2016

No-Trump !

Dans la nuit du 8 au 9 novembre, pour les plus courageux qui suivront les résultats heure par heure, ou mercredi matin pour ceux qui attendront d'être réveillés pour consulter le choix des Etatsuniens pour leur nouveau président, nous serons fixés sur le fait de savoir qui d'Hillary Clinton ou de Donald Trump aura été désigné.
Si, en Europe, on ne comprend pas très bien comment autant de "Ricains" vont voter pour Trump, c'est qu'on n'a pas bien réalisé que le mouvement qui porte l'homme d'affaires milliardaire est le même que celui que l'on retrouve en France, en Grande-Bretagne, en Belgique, etc. Surfant sur le ras-le-bol vis-à-vis des élites, sur une économie qui ne profite qu'à une minorité, sur le racisme latent... Populisme et nationalisme sont les 2 mamelles de ces bêtes dangereuses. La différence entre les Le Pen, Farage, De Bever et leurs équivalents en Allemagne ou dans les pays scandinaves, c'est que Trump a une "grande gueule" et n'hésite pas à insulter, non seulement H. Clinton, mais les 11 millions d'immigrants illégaux et clandestins, sans parler de ses discours anti-musulmans... L'équivalent de Trump en Europe, c'était Jean-Marie Le Pen, mais, en France les excès de ce dernier n'ont pas été très porteurs. 
Ce qui heurte le plus, c'est la virulence des insultes proférées envers H. Clinton : "escroc ", "sans talent", "crapule ", "méchante" ("nasty woman"), "très bête","menteuse pathologique", etc. Nous ne connaissons pas d'équivalent en Europe...
J'espère que Trump ne gagnera pas cette élection présidentielle US. Je l'espère, non seulement, pour les étasuniens, mais pour le monde entier. Qu'attendre d'un homme capable d'encenser Poutine et qu'attendre de cet homme dont Poutine a fait son favori ? Rien de bon pour les affaires de ce monde, décidément...
Pour les amateurs de jeux de cartes, je rappelle que le mot anglais "trump" signifie "atout". Et qu'à la belote, à la manille ou au bridge, "no-trump" signifie "sans-atout" (pas d'atout).

vendredi 30 septembre 2016

« Quousque tandem, Poutine, abutere patientia nostra? »

"Jusqu'à quand, Poutine, abuseras-tu de notre patience" ? Cela pour parodier Cicéron s'adressant à Catilina.
On le sait moins, mais le discours de Cicéron continue ainsi : « quamdiu etiam furor iste tuus nos eludet? quem ad finem sese effrenata iactabit audacia? » ce qui signifie «Combien de temps ta folie nous défiera-t-elle ? Jusqu'où ton audace effrontée se déchaînera-t-elle ?»
Cet exorde, prononcé il y a presque 1953 ans, s'adresse, à merveille à Poutine... 

Des voix s'élèvent, déjà, contre le rapport détaillé du parquet néerlandais accusant la Russie d'être à l'origine du tir de missile qui a abattu l'avion de la Malaysia Airlines en juillet 2014 (voir l'éditorial sans concession du Monde daté de ce jour, ci-dessous).
3 questions se posent après la confirmation de ce que beaucoup de monde supposait :
- que va-t-on-faire des conclusions de ce rapport que la Russie réfute avec sa mauvaise foi habituelle, digne de beaucoup des déclarations usuelles en matière de relations diplomatiques ? Peut-on imaginer qu'une association de familles de victimes (ces dernières étant en majorité néerlandaises) assignent la Russie en réparation des préjudices subis par ses membres ? Ce n'est pas impossible même si l'exécution du jugement sera difficile...
- après la Crimée, l'Ukraine et sans remonter à la Tchétchénie, une nouvelle fois l'impérialisme de la Russie est démontrée. Jusqu'à quand le monde occidental restera-il paralysé devant ces crimes et ces atteintes au droit international ? Ces jours-ci, la Russie est, de nouveau, mise en cause pour sa participation, aux côtés de l'armée d'Assad, aux massacres de populations civiles à Alep (Syrie), alors qu'un cessez-le-feu, comportant beaucoup de vicissitudes certes, était en cours. La communauté internationale qui envisageait de réduire ses sanctions contre la Russie doit, au contraire, les durcir pour faire barrage au cynisme de Poutine. 
- Poutine justement ! Que M. Le Pen admire l'autoritarisme du dictateur russe qui l'inspire dans sa façon de gérer un pays, on peut comprendre et cela donne, surtout, un exemple supplémentaire de la nocivité de ce parti à ceux qui envisageraient de lui confier la présidence de notre pays... Mais que JL Mélenchon se trompe, en soutenant Poutine, notamment dans son action en Syrie, voilà qui décrédibilise fortement celui qui cherche tellement à se singulariser qu'il rejoint, souvent, celle qu'il abhorre, MLP ! Le fait que Gérard Depardieu maintienne son soutien à Poutine devrait pourtant le faire réfléchir sur ce que représente réellement le tsar russe... 



Le Monde
Editorial

30 septembre 2016

Vol MH17 : la Russie confondue


Les coupables ne sont pas désignés nommément, mais le rapport du parquet néerlandais est accablant pour la Russie : le missile sol-air Buk, de fabrication russe, qui a détruit l'avion de la compagnie Malaysia Airlines, le 17 juillet 2014, au-dessus de l'Ukraine et tué les 298 personnes qui se trouvaient à bord, avait été acheminé de Russie et tiré d'une zone entièrement contrôlée par les rebelles prorusses. Une fois ce terrible méfait accompli, le lance-missiles a été rapatrié, le soir même, en Russie.
Quoi qu'en dise Moscou, il ne s'agit plus de spéculations, mais de faits solidement établis. L'équipe d'enquêteurs internationale (Joint Investigative Team) qui a minutieusement travaillé sur ce dossier depuis deux ans, sous l'autorité de la justice des Pays-Bas – le vol MH17 assurait la liaison Amsterdam-Kuala Lumpur et 193 victimes étaient néerlandaises – a rassemblé un nombre de données monumental pour parvenir à ces conclusions.
Sagement, le procureur général s'en est tenu aux faits. Il ne dispose pas, pour l'instant, d'éléments lui permettant d'incriminer directement les auteurs, voire les commanditaires de ce tir. Une centaine de personnes ayant participé activement à cette opération ont cependant été identifiées, et l'enquête judiciaire sur la responsabilité de la tragédie se poursuit.
La Russie a dénoncé une enquête " partiale " et " politiquement motivée ". On pouvait s'y attendre. Ce même régime a assuré que les petits hommes verts qui ont envahi la Crimée en 2014 n'étaient pas russes, puis a tranquillement annexé ce territoire ukrainien. Ce même régime affirme qu'il n'y a pas eu de militaires russes pour appuyer le mouvement des séparatistes prorusses dans le Sud-Est ukrainien, alors que résidents et journalistes les ont maintes fois vus et entendus, et que plusieurs de ces militaires eux-mêmes se sont publiquement identifiés. Ce même régime refuse de laisser l'OSCE, organisation internationale dont la Russie est membre, surveiller la frontière russo-ukrainienne dans le cadre des accords de Minsk. Ce même régime s'est opposé à la création d'un tribunal à l'ONU sur le dossier MH17. Sur l'affaire ukrainienne, Moscou est dans le mensonge permanent depuis deux ans.
Une hypothèse plausible sur la tragédie du vol MH17 est celle d'une méprise : les rebelles prorusses, cherchant à abattre un avion de chasse ukrainien, auraient visé par erreur l'avion civil. Certaines conversations téléphoniques captées entre rebelles accréditent cette possibilité. Mais, même si cette hypothèse venait à être confirmée, il reste que la Russie, en fournissant de l'équipement militaire aussi lourd aux séparatistes ukrainiens, a fomenté un état de guerre durable sur le territoire ukrainien, après s'être emparée de la Crimée.
C'est une double violation du droit international. La crise ukrainienne empoisonne les relations entre Moscou et les Occidentaux depuis 2014. Le processus mis en place par Paris et Berlin, qui a abouti aux accords de Minsk pour tenter de régler le conflit, est au point mort, en dépit de réunions régulières ; ni la Russie ni l'Ukraine n'accomplissent la totalité de leurs engagements. La Russie, cependant, s'est clairement installée dans le rôle de l'agresseur. A défaut de pouvoir amener les responsables devant un tribunal, le rapport sur le vol MH17 constitue à tout le moins un argument supplémentaire pour maintenir les sanctions américaines et européennes contre la Russie.

dimanche 14 août 2016

Cet homme est dangereux !


Le Monde est très critiqué pour ses positions anti-Poutine, bien résumées dans l'éditorial ci-dessous...
Je pense que la stratégie du dictateur russe est pourtant claire : il veut rétablir l'ordre ancien qui faisait que l'ex-URSS et les USA se partageaient la gestion de la planète. En somme, rétablir la guerre froide dans un consensus artificiellement convenu... Il est vrai que, aujourd'hui, la Russie est entourée de pays ex-communistes qui lui en veulent toujours (et c'est un euphémisme), de pays qui acceptent des bases de l'OTAN, de pays du Golfe dont les revenus sont tirés de leurs ventes de pétrole à l'Occident. Et Poutine a pour objectif de desserrer l'étreinte et profite de la moindre occasion pour déchirer les mailles du filet : annexion de la Crimée, tentatives d'attirer une Ukraine lorgnant trop sur l'Europe, rapprochement et relégitimation d'Assad, nouveau flirt avec la Turquie...
L'Europe est absente de ce débat parce que divisée sur l'attitude à adopter. En France, M. Le Pen est une admiratrice de l'autocrate Poutine et se fait même financer par des banques russes; la gauche semble écartelée entre son souci de se tenir à distance des USA et sa méfiance envers le régime dictatorial du nouveau tsar. Quant à la droite, si, traditionnellement, elle est l'alliée des Etats-uniens (malgré les hoquets des derniers gaullistes), elle voit dans ce type de conflit une opportunité de faire entendre la voix de la France (même si, pour l'instant, cette voix est aphone...). De plus l'ego de Sarkozy est régénéré par l'attention (hypocrite, disons-le) que lui porte Poutine... 


Les coups de poker de Vladimir Poutine

 Editorial du Monde du 14/8/2016


Le déploiement par Moscou de très sophistiqués missiles antiaériens S-400 dans la Crimée occupée et la remontée des tensions avec l'Ukraine alarment Washington et les capitales européennes, à commencer par Paris et Berlin. Cette inquiétude est justifiée. Car les rodomontades belliqueuses de Vladimir Poutine défient ouvertement Français et Allemands, co-parrains en  2015 des accords de Minsk, censés mettre un terme aux affrontements meurtriers dans l'est de l'Ukraine avec les séparatistes soutenus par le Kremlin.
Les Occidentaux s'interrogent, une nouvelle fois, sur les véritables objectifs du maître du Kremlin. Beaucoup, fascinés, le comparent à un joueur d'échecs déplaçant ses pièces avec quelques coups d'avance. Le président russe serait plutôt un joueur de poker, habile à saisir les occasions offertes pour pousser ses cartes, y compris par le bluff. Redoutable tacticien, il reste un piètre stratège, comme en témoigne justement le bilan de sa politique ukrainienne. Sa crainte était de voir cette ex-République soviétique s'autonomiser réellement de la Russie. Tel Gribouille, il a précipité ce qu'il voulait éviter.
A l'automne 2013, ses efforts pour bloquer l'accord d'association entre Kiev et l'Union européenne ont déclenché la " révolte de Maïdan " qui a balayé le président pro-russe Viktor Ianoukovitch et conduit à l'installation, avec Petro Porochenko, d'un pouvoir pro-européen. Au printemps 2014, l'occupation de la Crimée – première annexion par la force d'un territoire en Europe depuis 1945 – a entraîné la plus grave crise avec les Occidentaux depuis la fin de la guerre froide et précipité l'instauration de sanctions économiques. Elles ont été alourdies l'été suivant pour punir Moscou de son soutien actif aux rebelles séparatistes du Donbass.
Déjà affaiblie par la baisse des cours du pétrole, l'économie russe continue à en subir les conséquences. Elles sont tout aussi sérieuses sur le plan diplomatique. Rêvant jadis d'un resetdes relations américano-russes, l'administration Obama reste très méfiante et l'épisode en cours ne va pas améliorer les choses. Quant aux Européens, ils étaient de plus en plus divisés. Une bonne partie d'entre eux (les capitales traditionnellement pro-russes, mais aussi les sociaux-démocrates allemands et une majorité de la droite française) estimaient qu'il fallait progressivement lever des sanctions aussi pénalisantes pour les Vingt-Huit que pour la Russie, même si les accords de Minsk restaient largement lettre morte. Que feront-ils face à une remontée des tensions en Ukraine ?
La vraie force de Poutine a toujours été la faiblesse de ses adversaires. Il affiche d'autant plus ostensiblement aujourd'hui sa réconciliation avec son homologue turc, Recep Tayyip Erdogan, que ce dernier prend ses distances avec Américains et Européens depuis le putsch raté du 15  juillet. De même, l'impuissance des Occidentaux en Syrie l'a incité à intervenir militairement dans le conflit en septembre  2015 pour sauver le pouvoir d'Assad et se poser en acteur incontournable d'une solution négociée de cette guerre. Convaincu d'avoir désormais en main les cartes maîtresses et pressé d'agir dans l'hypothèse d'une victoire à la présidentielle américaine d'Hillary Clinton – probablement moins accommodante que son prédécesseur –, le président russe semble à nouveau décidé à relancer la mise face à Kiev. Au risque de tout perdre à nouveau.

vendredi 29 juillet 2016

Du pain sur la planche en Pologne...


Dans les tentatives, en Pologne, de "revoir" l'Histoire, et qui font l'objet de l'éditorial du Monde, ci-dessous, n'est pas mentionnée cette autre polémique sur la responsabilité de la population locale dans le pogrom de Kielce, perpétré un an après la fin de la seconde guerre mondiale... 
La Pologne donne, aujourd'hui, des signes inquiétants de dérives qui posent des questions sur son appartenance à l'Union européenne... 


Le Monde 27/7/2016
Editorial

Pologne : les ravages du révisionnisme
C'est l'une des caractéristiques des régimes ultranationalistes à tendance autoritaire : ils épurent. Une sorte de manie. Ils épurent les rangs de la haute fonction publique, de la justice et de l'enseignement supérieur, plus ou moins radicalement, selon les cas. Mais ils ne veulent pas seulement le contrôle de l'Etat en affaiblissant les contre-pouvoirs institutionnels. Ils veulent aussi la mainmise sur le passé, pour le réécrire, pour en faire une ode irénique à la nation, cette valeur suprême au nom de laquelle ils entendent gouverner.
Il n'y a pas que les ultranationalistes, d'ailleurs. Les communistes, du temps de l'URSS, à Moscou mais aussi à Varsovie, étaient passés maîtres en escamotage historique – champions du trucage des archives écrites et photographiques. Ironie du sort, en Pologne, c'est aujourd'hui, au tour des ultranationalistes de droite, au pouvoir depuis octobre  2015, de se livrer à une réécriture de l'histoire aussi révoltante qu'indigne de la part d'un pays membre de l'Union européenne.
L'inspirateur de cette régression – morale, intellectuelle et politique – s'appelle Jaroslaw Kaczynski. Il est le chef du parti PiS – Droit et justice – et, s'estimant volontiers directement en contact avec Dieu, il entend gommer toute la complexité et les heures sombres de l'histoire de la Pologne pour en faire un parangon de bonté catholique, avec tout ce que cette obsession de la pureté comporte de dangerosité potentielle pour la démocratie.
Celle-ci passe, toujours, par la volonté de regarder le passé en face. La France en sait quelque chose : elle a parfois mis longtemps avant de s'y résoudre. La Pologne a été un pays doublement martyr, du nazisme et du communisme. Mais M. Kaczynski veut éradiquer la marque antisémite que recèle aussi son histoire. C'est une obsession chez lui. La semaine dernière, le gouvernement PiS a nommé Jaroslaw Szarek à la tête de l'Institut de la mémoire nationale. A l'encontre de tous ses pairs, cet historien nie la responsabilité de civils polonais dans le pogrom de Jedwabne, village de l'est du pays, dans lequel ont péri au moins 340 juifs en juillet  1941, dont 300 brûlés vifs dans une grange. Il s'agit de nier toute complicité, même indirecte, des Polonais dans la " solution finale ".
Le révisionnisme historique du nouveau pouvoir ne s'arrête pas là. Il veut torpiller la réalisation, déjà en cours, d'un magnifique Musée de l'Histoire de la seconde guerre mondiale à Gdansk. Pour lui, la guerre s'achève à la campagne de 1939. Il n'y a qu'une chose à célébrer : le splendide isolement d'une Pologne héroïque abandonnée des grandes puissances. Le reste n'existe pas, notamment la libération du pays par les Russes et l'armée polonaise en exil sur le sol soviétique. Il y a plus. Dans un réflexe revanchard, le PiS s'efforce, en manipulant les archives, de ternir la réputation des grands Polonais – de Lech Walesa à Bronislaw Geremek – qui ont assuré, en  1989, la transition du régime communiste à la démocratie.
Cela se déroule sur fond de mainmise du PiS sur la télévision d'Etat et d'une volonté de paralyser les plus hautes sphères de la justice. Au nom d'une " Pologne éternelle ", paysanne et rétrograde, M.  Kaczynski, catholique intégriste vengeur, confit dans sa détestation du libéralisme politique et des élites urbaines prœuropéennes, prétend remodeler l'image et l'histoire de son pays. Il ne cesse de les abaisser.