vendredi 22 mars 2013

Derrière la grande illusion de la "Manif pour tous"(1)


Le Monde.fr |

Elles sont au nombre de trente-sept. Trente-sept associations co-organisatrices de la Manif pour tous, dont on trouve la liste détaillée sur le site officiel du mouvement, et qui incarnent sa diversité : Plus gay sans mariage et Homovox représentent des homos anti-mariage homosexuel, tandis que Les musulmans pour l'enfance ou Fils de France parlent au nom des musulmans. Et il y en a pour tout le monde : un appel des professionnels de l'enfance, une association des Jeunes pour la famille, un collectif de juristes, et même une "Association pour un nouveau féminisme européen".
Le Monde.fr a voulu vérifier si cette diversité correspondait à une réalité. Nous avons adopté une démarche systématique, en vérifiant l'existence de chacune des trente associations co-organisatrices : qui en est le responsable ? Ont-elles un site Internet ? Depuis quand ? Qui l'édite ? Sont-elles enregistrées au Journal officiel ? Autant de questions qui nous ont permis de construire un tableau détaillant les réponses pour chaque association.  
En apparence, la Manif pour tous représente de larges pans de la population. En apparence seulement. Car en réalité, nombre de ces mouvements sont des coquilles vides qui n'ont aucune existence. Quant aux autres, ils sont presque tous liés à l'Eglise, soit directement, soit par les engagements de leurs responsables.
 Sommaire :
1/ Des associations fantômes
2/ La religion très présente
3/ Des sites récents et souvent anonymes
4/ Des noms qui reviennent et se croisent
5/ Une communauté qui revient souvent
6/ Des organisations parfois radicales

 
 1/ DES ASSOCIATIONS FANTÔMES

En essayant de faire une typologie, on constate qu'un tiers des associations ne sont en fait que des "coquilles vides", qui, soit n'ont aucune existence identifiable au niveau légal (inscription au Journal officiel), soit n'en ont aucune sur le Web (pas de site ou pas de mention dans l'actualité hors Manif pour tous).
Les coquilles vides : il y a tout d'abord les collectifs créés pour "coller" à un porte-parole de la Manif pour tous. Ainsi, Frigide Barjot possède son "Collectif pour une humanité durable", qui consiste surtout en un site créé au printemps 2012, et dans lequel on retrouve, outre Virginie Tellenne, alias Frigide Barjot, d'autres responsables de la Manif pour tous, comme Xavier Bongibault, Laurence Tcheng-Reynes, Elizabeth Montfort ou Béatrice Bourges.
Même chose pour Plus gay sans mariage, collectif supposément dirigé par M. Bongibault, et qui consiste surtout en une page Facebook "aimée" un petit millier de fois. Idem pour La gauche pour le mariage républicain de Laurence Tcheng-Reynes, ou encore pour David et Eugenia, de Lionel Lumbroso, lui aussi un vieil ami de Mme Tellenne. Ces derniers ne cachent d'ailleurs pas l'aspect "coquille vide" de leurs structures, comme ils l'avaient expliqué en décembre à Yagg et Mediapart.
Les vraies-fausses organisations de la "société civile" : nous avons aussi créé une catégorie "société civile" pour les associations représentant des catégories socioprofessionnelles ou des intérêts particuliers. A l'intérieur de celle-ci, nous avons procédé à une nouvelle ventilation, pour distinguer entre mouvements préexistant à la Manif pour tous, mouvements ad hoc créés pour cette occasion, et mouvements créés récemment (depuis 2012), dont les responsables peuvent être rattachés clairement à l'Eglise d'une manière ou d'une autre.
Mais d'autres collectifs sur-mesure ont vu le jour, qui ne sont souvent que des noms sans guère de réalité. Ainsi, un Médecins et pédiatres pour l'enfance, qui n'a ni site Internet ni association enregistrée officiellement, et qu'on ne retrouve, via une recherche Google, qu'en référence à la Manif pour tous.
Dans le même esprit, on peut citer Famille Méditerranée, Conseil national identité républicaine, ou encore AP21 supposément une "asssociation de psychologues", qui n'est pas enregistrée au JO et dont on ne trouve aucune trace en ligne. Quant à La manif des juristes, c'est surtout une page Web d'appel à manifester.
Variante, Juristes pour l'enfance existe en tant qu'association enregistrée en 2008, mais n'a aucune trace d'activité depuis. Elle fait partie d'un "Collectif pour l'enfant" également cité parmi les associations organisatrices, et dans lequel on trouve Béatrice Bourges, ancienne candidate divers-droite à Versailles, ex-assistante parlementaire du député UMP Franck Borotra et l'une des porte-parole de la Manif pour tous dont le nom revient, comme d'autres, très souvent dans notre enquête.

A suivre

Bloc-notes


Bienvenue au club !

L'ancien chef de l'Etat, Nicolas Sarkozy, est poursuivi pour "abus de faiblesse, abus de confiance aggravés et escroqueries aggravées au préjudice de Mme Liliane Bettencourt". Les magistrats bordelais soupçonnent un financement occulte par Liliane Bettencourt de la campagne présidentielle du candidat UMP en 2007 dans des proportions dépassant le seuil légal autorisé de 7 500 euros par personne et par an, sans que la milliardaire ait pu donner un consentement éclairé à ces dons. Ils s'interrogent sur sept rapatriements d'argent en liquide des Bettencourt depuis la Suisse, de 2007 à 2009, pour un montant total de 4 millions d'euros.  Sur ces sept retraits, deux de 400 000 euros avaient notamment eu lieu en février et en avril 2007, au moment de la campagne présidentielle.  L'abus de faiblesse est passible de trois ans d'emprisonnement, de 375 000 euros d'amende et d'une peine d'inéligibilité de cinq ans maximum.

Si certains se posent des questions sur l'indépendance de la justice, après la mise en examen du ministre Cahuzac avant-hier, et celle de Sarkozy, hier, ils ont une réponse. Encore une fois, mis en examen ne signifie pas coupable. On attend avec impatience les suites de l'instruction sur les sondages de l'Elysée et celles, touchant indirectement Sarko, sur l'affaire Karachi. L' "acharnement" (dixit ses amis) dont il est l'objet se concrétise, également, par la menace d'un éventuel refus de valider ses comptes de campagne 2007.

Conseil municipal d'Hénin-Beaumont du 21 mars 2013


Je suis arrivé 10 minutes avant le début de la séance, juste pour apercevoir quelques élus majoritaires, dont un adjoint, venir saluer chaleureusement leurs collègues frontistes. La grande majorité de la majorité, arrivée ensuite, regagnât sa place immédiatement, sans faire de détour...

Trois binaissades pour vous mettre en appétit :
- au sujet d'un marché public, le maire assura que "le marché est attribué au plus disant", qu'il rectifia devant la surprise générale : "au moins disant" ou "au mieux disant", les rires empêchant de distinguer quelle expression fut utilisée ! Ouf, on eut l'impression d'être revenu au temps de Dalongeville, quand les marchés étaient surfacturés !
- "il nous arrive de réfléchir". Je tairai, par charité, les commentaires qui fusèrent dans le public...
- "vous faîtes semblant d'être autiste": binaissade prononcée par...Briois! Comme quoi, c'est contagieux !

Le maire n'était pas très à l'aise dans le suivi des délibérations, demandant à plusieurs reprises le numéro de page concernée. Également énervé par une réflexion de Briois sur le fait que l'Etat avait manqué à sa promesse de verser 1 million d'euros suite à son impéritie du temps de Dalongeville ; en effet l'Etat n'a payé que 350 000 euros, et S. Briois regrettait le manque de "combativité" du maire : ce dernier bredouilla à plusieurs reprises le mot "écrêtage" qui signifiait probablement "écrêtement". Il faisait ainsi allusion au fait que Marion Le Pen versait, légalement, son surplus d'indemnités, au-delà du plafond autorisé,  à Briois, laissant entendre qu'elle aurait pu en faire don à la ville, dont elle fut un temps conseillère municipale. Ce qu'ignore le Maire c'est que l'on ne peut verser cette somme qu'à un autre élu... Juste avant, déjà sous le coup de l'émotion, il avait semé le trouble dans les esprits en annonçant 2 nouvelles contradictoires :  l'une sur l'éventualité que la CALL et la CAHC se rallient à l'option choisie par "Béthune/Bruay" à savoir un bus à haut niveau de service (plutôt que le tram), pour quelques secondes plus tard annoncer un "scoop" : le tramway était préféré par les élus concernés...Comprenne qui pourra!
Enfin pour en terminer (ou presque) sur la fébrilité (?) du maire, il voulut absolument que le "débat d'orientation budgétaire" donne lieu à un vote, ce qui n'est jamais le cas (je pense me rappeler qu'il s'était obstiné de la même façon lors d'un DOB précédent...). Ah j'oubliais ! sur une délibération concernant un marché de remplacement du matériel d'impression, personne ne fut capable de donner le montant du dit marché en réponse à une question de l'opposition. Le maire promit une réponse pour la fin de séance. Tout le monde oublia! Je me demande si le défaut de mention des conditions financières n'entraîne pas l'annulation de la délibération : le Préfet, certes, peut "retoquer" l'acte mais il manque de personnel pour exercer son contrôle de légalité ; quant à l'opposition... 

Ledit débat d'orientation budgétaire fut présenté par le cabinet Kalyps (celui-la même qui fut, il y a bientôt 2 ans, entièrement rémunéré à 100% pour un soi-disant audit sur la culture, dont il ne remit jamais les conclusions et propositions...). Je l'ai déjà écrit ici, Hénin-Beaumont doit être la seule ville de France à faire présenter ses orientations budgétaires par un cabinet extérieur. C'est, en effet, du ressort du politique (aidé, bien sûr, par les services). Qu'importe que le maire appelle cela pompeusement "une prospective budgétaire" et s'en gargarise, mais c'est bien à lui et à l'adjoint aux finances de proposer les options pour le Budget Primitif (BP) qui doit être présenté avant le 15 avril. On n'eut à aucun moment l'impression que la majorité héninoise avait pris, elle-même,  ses décisions : elle se contenta de confirmer les propositions du cabinet. A noter que ce que je viens de relater fut repris avec beaucoup plus de véhémence par Briois...
Les propositions de Kalyps (dont l'intervention avait le mérite de la clarté) étant, alors qu'une certaine marge de manoeuvre a été retrouvée grâce à l'effort fiscal des Héninois et grâce aussi à la pression du Préfet auprès du Maire, de consacrer les 4,5 millions de cette marge d'auto-financement, à parts égales, entre une augmentation des investissements encore trop faibles pour une ville comme HB (7 millions) et une diminution de la fiscalité locale (G. Bouquillon souhaita que cette baisse soit consacrée, non seulement à la taxe d'habitation, mais également à la taxe  le foncier bâti, dont le taux est le plus élevé de la Région NPDC). Comme cette diminution était une promesse de début de mandat, elle sera, bien sûr, appliquée (moins 10% ?).
La fin de ce débat fut marquée par une pitoyable intervention de S Briois, très, très mal gérée par le maire qui, au lieu de prendre de la hauteur et de laisser le conseiller d'opposition s'empêtrer, se mit à jouer son jeu...
Intervention courageuse d'une conseillère de la majorité, Madame Nicole Morel (belle-soeur de Brigitte Duquenne), excédée par les attaques de Briois contre le personnel (le DGS, en l'occurrence).  Elle demanda que l'on dirige ces propos outranciers contre des agents municipaux vers les élus... Autre parole, celle de G. Bouquillon qui regretta que P Kemel, le député, n'ait pas jugé bon, même symboliquement, de verser une part de sa réserve parlementaire à la ville la plus importante de sa circonscription (seules Courrières, Dourges, Libercourt, Leforest et Montigny sur les 14 villes de la circonscription en ont profité à parts sensiblement égales. Carvin, dont il est maire, et Oignies sont les 2 seules villes socialistes à n'avoir pas bénéficié de ces dons ; peut-être que, en 2013, les villes non socialistes seront servies...).

Stupide fin de séance où de longues minutes de discussions (dont une interruption) furent nécessaires à la majorité pour décider de ne pas s'associer à une motion du FN sur un RER Hénin-Lille ! Encore cette majorité avait proposé de la reporter pour mieux l'étudier... Heureusement, pour les élus majoritaires, le FN la maintint et elle fut refusée ! Ouf !
La Politique est un art difficile qui ne devrait pas être confiée à certains Politiques...

Moment étonnant, quand, in fine, S. Briois demanda au maire pourquoi il avait refusé le régime de la protection fonctionnelle à Ahmed Nacer (cadre mis au placard, sans explication) alors qu'il l'avait accordé à d'autres (notamment aux 3 agents qui m'attaquent en diffamation : c'est moi qui prend cet exemple...). Le premier magistrat n'a pas souhaité répondre : transparence, transparence quand tu nous tiens !

jeudi 21 mars 2013

Bloc-notes


Un malaise de plus en plus étourdissant...

Jérôme Cahuzac, ministre du budget, objet d'une information judiciaire, a démissionné du gouvernement. Les incriminations portent sur un blanchiment de fraude fiscale (réinjection dans l'économie du fruit d'une opération illégale, à savoir des sommes d'argent gagnées grâce à de la fraude fiscale) et la perception par un membre d'une profession médicale d'avantages procurés par une entreprise dont les services ou les produits sont pris en charge par la Sécurité sociale, blanchiment et recel de ce délit.
M. Cahuzac est présumé innocent tant que les faits qui lui sont reprochés n'ont pas été prouvés.
On notera la qualité du travail de Médiapart, ce quotidien numérique, sans financement publicitaire, et qui, une nouvelle fois, a mené une enquête sans faille.
Outre le fait que l'accusation est grave, s'agissant du ministre chargé de lutter, notamment, contre la fraude fiscale, cette affaire, quelles qu'en soient les conséquences, jette un nouveau discrédit sur la classe politique. Qu'importe que la majorité des Politiques soit honnête, les Français ne supportent pas qu'on leur fasse la leçon alors qu'on n'est pas exemplaire. Évidemment, les mises en cause médiatisées sont exceptionnelles, mais l'opprobre des citoyens vient de ces multitudes de faits reprochés à des élus qui profitent de privilèges (on ne compte pas le nombre d'élus, de profession modeste, qui se sont achetés des résidences secondaires ou mènent un train de vie étonnant) : malheureusement, ce ne sont  souvent que des rumeurs qui ne peuvent être étayés alors qu'elles correspondent à une réalité et on ne peut les dénoncer sous peine de diffamation et si on saisit la justice, elle classe sans suite...J'ai toujours dit que la corruption passive d'un élu commence le jour où il accepte, par exemple, un cadeau de fin d'année de la part d'un fournisseur de sa collectivité...Combien refuse le présent ou le remette à la disposition des citoyens ?

Bomber le torse: une méthode?




Ci-dessous article de La Voix du Nord/ Nord-Eclair du 21 mars 2013, concernant une candidature FN à Bruay-La Buissière (ville de la même importance qu'Hénin-Beaumont) pour les municipales.


Le FN entend présenter une liste aux élections municipales de Bruay-La Buissière en 2014 : une première. Le parti d'extrême droite a ouvert sa permanence de campagne au début du mois, dans le quartier de la gare. Explications avec Jean-Marc Narr, candidat frontiste.

PAR RENO VATAIN
 
Jean-Marc Narr (AA : d'où vient-il? l'article ne le dit pas...mais il semble être d'ailleurs) ne s'en cache pas : il compte appliquer à Bruay-La Buissière les méthodes que son parti a utilisé à Hénin-Beaumont : «  On va faire un copié-collé de ce qui s'est fait là-bas. » Entendez, du terrain, du terrain et encore du terrain. « On tracte, on va à la rencontre des gens sur les marchés, on tracte. Je suis de toutes les réunions publiques, comme celle qui a récemment eu lieu sur le projet busway. J'assiste aux conseils municipaux. » AA : La méthode héninoise a fonctionné parce qu'il y a eu Dalongeville... C'est dans cette logique que le candidat a ouvert sa permanence de campagne rue Jules-Guesde, dans le quartier de la gare, où a lieu le marché. Une permanence « ouverte à tous, quelles que soient leurs orientations politiques », affirme le candidat frontiste (AA : qui n'est carté que depuis peu). Où les visiteurs prendront connaissance de son programme et « pourront faire ma connaissance ».
« Opposition constructive »
Mais question programme, Jean-Marc Narr reste encore prudent : « Pour l'instant, on étudie les dossiers en cours (d'où sa présence dans les réunions publiques), les enjeux de la ville. On ne va pas prendre parti tant qu'on n'a pas tous les tenants et aboutissants, quant aux enjeux bruaysiens. » Une chose certaine, il entend porter « une opposition constructive »(AA : ?). Avant de rajouter : « Notre objectif, c'est d'apporter des solutions réalisables aux Bruaysiens. On n'est pas là pour faire de vaines promesses qu'on ne saurait tenir. » Si on en doutait encore, le message de la nouvelle présidente du FN, dont le visage s'affiche en grand dans la permanence bruaysienne du parti, est bien passé chez ses lieutenants : il faut être pragmatique. Ce qui n'empêche pas d'avoir des ambitions. Au vu des précédents scores du FN dans le secteur (aux dernières législatives Monique Lamare (AA : débarquée quelques semaines avant à Bruay !) avait fait 36,59 % (AA : sur la circonscription) au second tour face au socialiste Serge Janquin), Jean-Marc Narr croit-il à une victoire frontiste en 2014  ? « C'est très difficile de se baser sur ces scores, l'élection municipale est totalement différente, c'est une élection locale  », tient d'abord à préciser le candidat frontiste.
Il n'empêche, Jean-Marc Narr veut y croire : « Avec une bonne campagne de terrain, la mairie de Bruay-La Buissière est prenable. AA : pour rétablir la réalité des faits, notons que le maire sortant, Alain Wacheux, avait gagné les élections municipales de 2008, au 1er tour avec 73,22% ! Qu'au 1er tour des législatives 2012, Serge Janquin avait réalisé sur Bruay-La Buissière, 54,58% contre 18,67% à la candidate FN...
 » Selon ses enquêtes de terrain, « les gens commencent à en avoir ras-le-bol de la mainmise socialiste. D'ailleurs, la politique de François Hollande apporte de l'eau à notre moulin ». Les municipales, une élection exclusivement locale, vraiment ?

Inauguration reportée 
En attendant de rentrer de plain-pied dans la campagne, Jean-Marc Narr devrait bientôt inaugurer sa permanence. D'abord en compagnie de Steve Briois, secrétaire départemental du FN, « on devait le faire ce dimanche, mais on va à la manif pour tous, à Paris ». (AA : manif pour tous : entendez, la manifestation contre le mariage pour les gays) Et dans un second temps, si son agenda le permet, Marine Le Pen devrait également faire le déplacement. Comme à Hénin.

mercredi 20 mars 2013

Bloc-notes



Confraternité

A l'issue d'une pièce de théâtre que j'ai vue hier, les comédiens sont arrivés au bar et, de nombreux artistes de la région étant venus assister à ce spectacle de qualité, les embrassades se multiplièrent. J'ai posé la question de savoir pourquoi ces accolades sympathiques. La confraternité, me répondit-on...
"Relations et sentiments qui existent entre confrères", lus-je, ensuite, dans un dictionnaire. A la différence de la fraternité, celle entre tous les hommes, la confraternité ne joue qu'entre personnes de la même profession (avocats, experts-comptables, médecins...) ou ayant un même intérêt (les confréries de Charitables, d'amateurs d'andouillettes, de goûteurs de vin ou de gastronomes...). La fraternité devrait être universelle, la confraternité, elle, est centrée sur un intérêt commun. Les artistes s'embrassent, mais pas les avocats...Question de sensibilité ? de pudeur ? de convenances ? 
Et les hommes politiques ? Sont-ils fraternels ou confraternels (pas de césure dans le mot, SVP) ? La confraternité des hommes politiques n'existe pas, non seulement à l'intérieur d'un parti, mais encore moins entre les parties (!). Jean-François Copé et François Fillon ne s'embrassent pas, pas plus que Jean-Luc Mélenchon et Jean-Marine Le Pen...Mais ont-ils un intérêt commun ?

Concernant la pièce de théâtre, il s'agissait de Roméo et Juliette, revisitée avec une mise en scène moderne et une traduction au plus près du texte de Shakespeare. A voir à la Comédie de Béthune jusque vendredi (il reste peu de places).

Devant le zinc


Roger : bon, je crois que c'est plié, le FN est devenu le premier parti de France...

Silvio : qu'est-ce qui te fait dire ca ?

Roger : dans l'Oise, notre candidate va gagner...

Rachid : tu prends tes désirs pour des réalités. L'UMP va gagner parce que ceux qui n'ont pas voté FN au premier tour vont voter UMP !

Roger : tu paries que le FN fera beaucoup plus que dimanche dernier ?

Pierre : ce qui m'inquiète c'est qu'une partie des électeurs UMP vote maintenant pour les frontistes !

Silvio : et moi ce qui m'inquiète c'est que le PS va morfler en 2014 aux municipales...

Rachid : c'est sûr que s'il ne change pas de politique, ça va faire mal...

Pierre : et que doit-il faire ?

Silvio : il faut augmenter les salaires de 10% !

Roger : c'est ce que dit Marine !

Pierre : pour creuser le déficit ?

Silvio : non, parce que l'on augmente les impôts sur les transactions financières, les sociétés et les hauts revenus. De plus, on lutte contre les paradis fiscaux et merci les milliards d'euros pour réduire le déficit !

Rachid : difficile à faire car on tue les entreprises et les capitaux vont fuir la France...

Silvio : on interdit toute sortie de capitaux...

Pierre : ...interdit par Bruxelles !

Roger : c'est pour cela qu'il faut sortir de l'euro ! C'est ce que n'arrête pas de répéter Marine !

Rachid : mais elle n'y connait rien en économie, ta Marion !

Pierre : si la France sort de l'euro, le jour même les Français perdent 20% de leur salaire, l'essence augmente de 20%, nos exportations sont bloquées...

Rachid : alors y'a rien à faire ? Nous devons crever !

Pierre : non ! Il faut que l'Union européenne avance de conserve...

Roger : de concert...

Pierre : les deux se disent. Donc, les pays européens doivent trouver des solutions ensemble, notamment sur des mesures de croissance...

Rachid : c'est ce que Hollande devait négocier, mais il a échoué...

Roger : l'Europe, pouf...

Silvio : tu vois la France, toute seule, dans cette économie mondialisée...

Pierre : en nous unissant, on est les plus forts, surtout que l'Europe est la première puissance économique au monde;

Silvio : et puis, moi je voudrais bien continuer à manger des pâtes, du couscous et du kebab !

Roger : et ton kebab, tu le manges halal ?

Silvio : pourquoi, tu veux me refiler l'adresse de ton copain, ex-conseiller régional FN qui était le plus gros fournisseur de viande halal ?

Roger : il a été viré du FN !

Pierre : oui, quand l'information a été divulguée ! Jusque là, ça faisait bien les affaires du FN...

Silvio : moi, en tous les cas, je vous invite à venir manger un plat bien de chez nous : ma femme a préparé un waterzooi gantois, je ne vous dis pas !

Roger : gantois, c'est donc pas français...

Pierre : "de chez nous" signifie européen...

Rachid : comme le couscous et le kebab ! Garantis halal...

mardi 19 mars 2013

Bloc-notes


Le PS a du souci à se faire

Le premier tour de l'élection législative partielle dans l'Oise a vu l'élimination de la candidate socialiste laissant ainsi s'opposer, pour le second tour, le candidat UMP et la candidate FN.
Etant donné le grand nombre d'abstentions (passées de 41,2% lors de la législative de juin dernier à 67,2% dimanche, soit une diminution de plus de 44% de votants), il convient d'analyser les résultats en fonction du nombre de voix et non pas des pourcentages obtenus. 

Entre juin 2012 et mars 2013, la candidate socialiste passe de 15 143 voix à 5 828, soit une perte de 61,5 %, largement supérieure à la baisse du nombre de votants. Dans le même temps, ses deux rivaux, les mêmes qu'en juin, essuient respectivement un recul, en nombre de voix, de 33 % pour l'UMP (11 073 contre 16 564) et de 37 % pour la candidate du FN (7 249 contre 11 534), mais inférieur au recul du nombre de votants. C'est dire l'échec cuisant de la candidate PS, soutenue par le PRG et EELV. La candidate FN a moins gagné que le candidat UMP. Ce dernier élu en juin, puis invalidé, se présentait pour la onzième fois aux législatives. Malgré des démélés judiciaires (en 2005: 18 mois de prison avec sursis, 30000 euros d'amende et dix ans d'inéligibilité, cette dernière ayant été annulée en appel) et une exclusion du RPR en 1998 pour avoir pactisé avec le FN aux cantonales et régionales, les électeurs ne lui en ont pas voulu...
Quelles leçons le PS va-t-il tirer de cet effondrement ?

Lettre à mes enfants, à l'étranger


Mes chers enfants,

Voilà maintenant plus d'un an que je ne vous ai donné des nouvelles de cette France que vous avez, pour l'instant, quittée.
Comme vous le savez, à travers vos lectures et autres regards, notre pays est bien mal en point. Pourquoi ? Pour 2 raisons essentielles : l'espoir est absent et la solidarité disparaît.

Les 10 années que nous avons passées jusqu'en mai dernier, avait été marquées par des gouvernements de droite qui ont mené des politiques... de droite. Ce qu'avaient fait Reegan et Thatcher, nos présidents Chirac et Sarkozy l'ont fait : ils ont défait ce qui avait été mis en place, les 50 années précédentes et, en grande partie, ils ont détruit ce lien social défini par le programme issu de la Résistance et développé par tous les gouvernements successifs de droite comme de gauche... Les Français avaient alors vécu d'espoir : l'espoir d'un avenir meilleur pour eux et leurs enfants, l'espoir d'un progrès constant de leur environnement économique et social. Un effort collectif pour vivre mieux dans un monde meilleur. Les projets les plus fous ont pu naître à ce moment-là : la construction de l'Europe, certes, mais également une sécurité sociale unique au monde, des réalisations, telles que le Concorde ou le bateau France, qui ont redonné fierté à un peuple malmené pendant la seconde guerre mondiale, un développement culturel et littéraire qui faisait de notre pays un phare pour les autres : Sartre et Simone de Beauvoir, Foucault, Levi-Strauss et Derrida, mais aussi Cocteau, Truffaut et Godart...ont maintenu haut la notoriété française. Ces rêves fous ont trouvé leur apogée en mai 68 avec cette révolution qui n'était pas politique, mais utopique, par le fait qu'elle symbolisait le passage d'une génération qui avait vécu la guerre à celle qui était née après 45 et qui souhaitait que le progrès économique, social et culturel s'accompagne de l'émancipation de l'Homme. Tout était alors possible, même l'impossible... Certes, les premières crises dites "pétrolières" étaient annonciatrices de lendemains plus difficiles, mais l'espoir subsistait et aboutissait à l'élection de François Mitterrand comme Président de la République. C'est cette foi en l'avenir qui a maintenant disparu : nous avons vécu, depuis 2002, une droitisation des politiques, culminant avec une grave crise économique, quasi-mondiale, dans laquelle nous baignons depuis 2008...

Et pendant ces dix dernières années, où le désespoir a succédé à l'espoir, les politiques de solidarité ont été écornées, voire détruites : l'indemnisation du chômage, les prestations sociales, la progressivité de l'impôt... Sans parler des politiques sécuritaires qui ont dressé les Français les uns contre les autres, et provoqué une xénophobie digne des années trente... Les Français font face aux difficultés quotidiennes, se demandent comment leurs enfants s'en sortiront et, pendant ce temps-là, on avive ce climat angoissant par des mesures renforçant la peur de l'autre, délinquant en puissance, surtout s'il a un "look" étranger. Cette défiance, que l'on instille chez chacun, provoque un recroquevillement sur soi, peu favorable à la créativité ou à l'épanouissement de chacun...

C'est dans cet état d'esprit désespéré que les Français ont élu François Hollande (ou se sont débarrassés de Sarkozy), en mai dernier, il y a à peine 10 mois. Alors que Mitterrand avait, dans les mois suivant son élection, fait voter de grandes lois de réenchantement (39 heures, hausse du SMIC, cinquième semaine de congés, abolition de la peine de mort, nationalisations, retraite à 60 ans, lois de décentralisation...), le nouveau François s'attelle, dans une situation économique difficile, à mettre en place son programme, avec quelques écarts ou retards (accords de compétitivité, vote des étrangers non communautaires, limitation du cumul de mandats, mesures contre le chômage jugées insatisfaisantes...) qui ne satisfont pas les Français: les uns sont déçus par le manque de résultats des mesures prises, d'autres (parfois les mêmes) sont accablés par la politique d'austérité menée par le gouvernement. Y a-t-il une autre politique possible, dit F. Hollande ? Le fait est que, même si la situation est quasiment identique dans les autres pays européens (exceptée l'Allemagne), même si les contraintes semblent difficiles à desserrer tant les solutions ne sont pas nationales, mais internationales, les Français ne s'y retrouvent pas. Pire encore, les chantres d'une autre politique (à droite comme à gauche) ne sont pas crédibles et on en arrive à une situation telle que le ras-le-bol est généralisé et qu'une étincelle pourrait provoquer l'explosion.
Vous comprendrez pourquoi la situation est morose (et c'est un euphémisme!) et l'on ne voit pas, à ce jour, ce qui pourrait changer. Les Français n'ont toujours pas d'espoir en leur futur... et c'est grave, parce que n'importe quel bonimenteur pourrait leur faire croire n'importe quoi...

J'espère pouvoir, dans un prochain courrier, être moins pessimiste...

Je vous embrasse.
Votre père


lundi 18 mars 2013

Bloc-notes


Face à la grave crise économique actuelle : quelques "évidences".

Bien sûr, je ne mêlerai pas ma voix à tous ceux qui prétendent avoir une solution et qui critiquent à qui mieux mieux celle des autres... Augmenter les impôts ou les diminuer, emplois aidés ou pas, 35 h ou pas, etc..., j'ai bien mon opinion personnelle, mais que vaut-elle face à des sujets complexes et interdépendants ? Je voudrais juste relever quelques évidences (ou tout au moins qui me paraissent telles) :
- la crise est internationale et elle doit être traitée comme telle : au niveau de l'Europe et au-delà ;
- on a intérêt à protéger les entreprises, sous condition de créations d'emplois ;
- c'est au niveau mondial que l'on pourra juguler l'emprise de la finance ;
- la préservation de la biodiversité et la lutte contre le changement climatique, non seulement participent au sauvetage de l'humanité, mais sont créatrices d'emploi à grande échelle ;
- les formations (initiale ou continue) contribuent aux progrès de l'Humanité ;
- la recherche et l'innovation créent les emplois de demain ;
- une meilleure croissance est plus pérenne qu'une forte croissance ;
- la coopération, sous toutes ses formes, avec les pays dits du Sud, contribue aux progrès de chacun ;
- les politiques de grand projets profitent à tous ;
- il n'y a pas de fatalité du chômage : chacun a le droit à une activité rémunérée.

Durant le week-end...


- François Hollande, s'est dite prêt, jeudi 14 mars, à " prendre ses responsabilités " et à livrer des armes à l'opposition syrienne s'il ne parvient pas à convaincre ses partenaires européens d'en faire autant." Nous avons comme objectif de convaincre nos partenaires à la fin de mai, et si possible avant. Nous allons employer notre sens de la diplomatie. Si d'aventure il devait y avoir un blocage d'un ou deux pays, alors la France, elle, prendrait ses responsabilités ", a-t-il déclaré.
Sujet difficile car on reproche déjà à la France de vouloir armer des djihadistes, en Syrie, qu'elle combat au Mali...Ainsi le Front Al-Nosra est en train de s'imposer comme le principal groupe armé en Syrie.  Certains y voient une filiale de l'Etat islamique en Irak, lui-même affilié à Al-Qaida. D'autres estiment que Jabhat Al-Nosra est un groupe très majoritairement syrien sans lien organique avec Al-Qaida, mais proche sur le plan idéologique.

- Il resterait entre 420 000 et 650 000 éléphants en Afrique : 25 000 ont été tués en 2011, sans doute près de 30 000 en 2012. 62 % des éléphants de forêt ont été abattus pour leur ivoire au cours des dix dernières années. A ce rythme, les populations d'Afrique centrale pourraient avoir disparu en 2025. Et, si le braconnage continue, affirment les experts, c'est à terme tous les éléphants du continent qui seront menacés...C'est un des aspects les plus visibles de la diminution de la biodiversité : la 6ème extinction des espèces est en route, la dernière ayant été celle des dinosaures...

-  Les coûts économiques engendrés par les catastrophes naturelles dans le monde ont atteint en 2012 la somme de 112 milliards d'euros, et la moitié de ces pertes est imputable à l'ouragan Sandy et à la sécheresse qui ont frappé les Etats-Unis. C'est la troisième année consécutive que ce chiffre dépasse la barre des 100 milliards d'euros.

- Traditionnellement, les élections intermédiaires suscitent un vote sanction contre le gouvernement en place. La droite espère que ce mouvement de balancier se réalisera de nouveau pour mettre fin à la domination locale de la gauche, qui gère la majorité des villes de plus de 9 000 habitants. Un récent sondage de l'institut CSA révélait que 62 % des Français pensent se prononcer d'abord " en fonction de considérations purement locales " quand seuls 19 % voteraient pour s'opposer à l'exécutif.
Dans de nombreuses villes, le parti n'a pas encore de candidat désigné. Suite au fiasco de l'élection pour la présidence de l'UMP, fin 2012 la désignation des candidats a pris du plomb dans l'aile. De plus" On manque de cadres intermédiaires pour mener des listes, gagner et gérer après", admet un dirigeant, confirmant qu'il est difficile de recruter des futurs conseillers municipaux pour boucler les listes. Faudra-t-il passer par les petites annonces pour trouver des candidats UMP ?

- Face à la menace brandie par la Corée du Nord d'une frappe nucléaire " préventive " contre les Etats-Unis, Washington a décidé de renforcer sa défense antimissiles.

- Une vingtaine de projets de géothermie profonde attendent le feu vert du gouvernement français pour débuter.  Le principe consiste à pomper par un puits, à 5 000 mètres de profondeur, de l'eau à 200°C. En surface, un échangeur thermique la transforme en vapeur entraînant une turbine électrique, avec une cogénération possible de chaleur. L'eau, refroidie à 70°C est ensuite réinjectée, par un puits séparé, dans le sous-sol, où elle se réchauffe avant d'être pompée à nouveau. Bien que les experts parlent de stimulation hydraulique (en agrandissant les failles existantes), il conviendra de vérifier qu'il ne s'agit pas de fraturation comme celle qui est interdite en France pour l'exploration de gaz de schistes...

- Hervé Kempf dans Le Monde du 17 mars : " le nouveau directeur de cabinet de la ministre de l'écologie, Delphine Batho, est Gilles Ricono, ingénieur général des Ponts et Chaussées, qui a fait toute sa carrière dans des services d'équipement. Rappelons que les ingénieurs des Ponts et Chaussées ont été les plus ardents " déménageurs " du territoire, empilant autoroutes, lignes TGV, aéroports, ponts et viaducs jusqu'à plus soif. Ils continuent, d'ailleurs...
La nomination de M. Ricono consacre la prise de contrôle par les Ponts et Chaussées de l'administration de l'environnement engagée avec la réforme du ministère de l'écologie : en 2009, les directions de l'environnement, de l'industrie et de l'équipement, jusqu'alors séparées, furent fusionnées dans des directions régionales de l'environnement, de l'aménagement et du logement (Dreal). L'environnement, jusqu'alors autonome, a de fait été absorbé par ses puissants voisins administratifs.
Voilà que l'on s'apprête à nommer comme président de la Commission nationale du débat public (CNDP) Christian Leyrit, ingénieur des Ponts et Chaussées. Il a été un ardent bâtisseur d'autoroutes en tant que directeur des routes, et est l'actuel maître du corps des Ponts, puisqu'il est vice-président du conseil général de l'environnement et du développement durable (CGEDD), masque de l'ex-conseil général des Ponts.
La CNDP, chargée des débats publics sur les grands projets, n'a jamais brillé par son audace, mais ce serait la fin de l'espoir d'un débat démocratique sur ces questions si on le confiait au patron des bétonneurs. On espère qu'un reste de bon sens animera ceux qui peuvent peser sur cette nomination. Ou alors, nommons un botaniste à la tête de la Direction générale des infrastructures."

dimanche 17 mars 2013

Carnets du dimanche


Les autorités norvégiennes de contrôle alimentaire vont porter plainte contre un producteur de viande industrielle après la découverte d'importantes quantités de porc dans des produits supposément halal..
On ne peut même plus se fier à rien. Moi, non musulman, qui mangeait halal, pour être sûr de la qualité de la viande! Je vais donc devoir devenir végétarien par la force des choses ou même végétalien. Et puis, pourquoi pas "vegan" (végane en bon français): « Le Véganisme est une philosophie et une façon de vivre qui cherche à exclure, autant qu’il est pratiquement possible, toutes les formes d’exploitation et de cruauté envers les animaux, que ce soit pour se nourrir, s’habiller, ou pour tout autre but". Na!  

"La photographie mise en ligne sur le compte Facebook de Women's Right News, prise dans un magasin H&M en Suède, agite la Toile depuis jeudi 14 mars. On y voit deux mannequins (en plastique) portant la collection de lingerie de l'enseigne. Jusqu'ici rien d'anormal, à ceci près que ces derniers ont des formes généreuses, loin des silhouettes classiques figées dans un petit 36" (.Le Monde).
C'est ça la vraie vie! Des femmes de toutes les formes: minces, maigrelettes, rondes, grassouillettes...On les aime de toute façon (de toutes les façons?)

D'après Mediapart, l'enquête préliminaire pour "blanchiment de fraude fiscale" visant Jérôme Cahuzac aurait reconnu que l'enregistrement fourni par ses journalistes était authentique. Dans cet enregistrement, l'actuel ministre du budget reconnaît avoir un compte non déclaré à l'UBS de Genève. Selon le site, la bande n'aurait pas été manipulée et il s'agirait bien de la voix de M. Cahuzac.
Pour une fois que l'on avait un ministre sérieux... D'ailleurs, pour prouver sa bonne foi, il aurait transféré ce compte à Singapour ! Un ministre qui n'a pas de compte en Suisse, moi je trouve ça bien...

Contrairement à ce qu'avait annoncé le gouvernement vénézuélien deux jours après la mort du président Hugo Chavez, le corps de l'ancien dirigeant ne sera pas embaumé. L'opération, qui impliquait un transfert de la dépouille en Russie pendant au moins sept mois, a finalement été écartée.
JL Mélenchon avait donc raison : Hugo Chavez était (et même : reste) un écologiste.

- Le ministre Lurel envoyé par la France aux obsèques de Chavez avait déclaré : "Le monde gagnerait à avoir beaucoup de dictateurs comme lui, puisqu'on prétend que c'est un dictateur, alors qu'il a pendant ces 14 ans, respecté les droits de l'homme (...). C'est de Gaulle plus Léon Blum". Il a fait encore plus fort: "Il était tout mignon (...), frais, apaisé, comme peuvent l'être les traits de quelqu'un de mort. On avait un Hugo Chavez pas joufflu". JL Mélenchon qui ne souffre pas que l'on dise un mot de travers sur Chavez, à lâché que ce Lurel était "solférinien, arrogant et méprisant".
Et pourtant, je pense que le ministre des Outre-Mer était sincère... pas très "solférinien" certes, mais bon...

- Aux mêmes obsèques (où, apparemment, on a quand même rigolé malgré les circonstances), le chef iranien (un des amis de Chavez), le très sympathique Ahmadinejad, a osé serré la main et donner l'accolade à une femme (la mère du défunt). Inutile de dire que la photo de ce "calin" a provoqué l'ire des mollahs iraniens. Certains ont prétendu que Ahmadinejad avait "perdu le contrôle" et que cette accolade était "en contradiction avec le comportement normal d'un Musulman". Le dictateur s'est défendu en disant qu'il n'avait pas embrassé  la maman de Chavez, mais l'avait prise dans ses bras, seulement. Il faut dire que des partisans de Ahmadinejad avaient prétendu que la photo avait été truquée par les médias occidentaux et que la mère Chavez était en fait un homme !
Tiens ! les étreintes entre hommes sont maintenant permises en Iran ?

Le Canard Enchaîné s'est encoure plus...déchaîné que de coutume :
- Conclave au Vatican. Que font les cardinaux ? Ils papautent !
- Comment trouver le paquet de milliards qui fait défaut ? Hollande serre les mains, Cahuzac fait les poches...
Tout est dit !

samedi 16 mars 2013

Où va l'Europe?


Alors que, en ces temps de crise, il faudrait plus d'Europe et mieux d'Europe, cette dernière se fourvoie. Plusieurs dossiers le démontrent, alors qu'ambition et solidarité devraient en être les maîtres-mots :
- celui, emblématique, du Mali, où on laisse la France, qui a pris ses responsablités, seule (voir l'éditorial ci-dessous) ;
- le dossier d'une Europe, moteur de la croissance. Non seulement le budget que le Parlement, heureusement, s'appête à refuser, est un bric-à-brac pour contenter chacun des pays, mais il ne porte pas de projets d'avenir, comme celui de la recherche et de l'innovation, celui du développement durable (y compris l'énergie), celui des grandes infrastructures de transport et bien d'autres : ces investissements d'avenir qui feront exister l'Europe de demain, celle qui devrait être porteuse d'espoir.
- le dossier d'une défense commune permettra de diminuer les budgets nationaux pour amplifier des programmes ambitieux, mais également de faire peser la parole européenne au niveau international.
- dans le même souci de rationaliser les dépenses pour les réorienter dans des projets motivants, il est temps que la fiscalité et les politiques sociales convergent dans l'intérêt général, au-delà des égoïsmes nationaux!

Seules des institutions démocratiques et un Président élu permettront à l'Europe de jouer une rôle déterminant face aux autres pôles continentaux (Asie, Afrique, Amérique...). Plus on attend et plus l'Europe déclinera et sera dépendante d'autres qui auront su unir leurs ambitions. Le monde devient multipolaire et le risque est grand que nous n'apparaîssions plus comme pôle, alors que nous fûmes pendant longtemps, un phare parmi les civilisations...


ÉDITORIAL Le Monde du 14 mars 2013

Bêtise et pingrerie de l'Europe au Sahel


On ne voudrait pas ajouter au désenchantement européen. En ces temps de grosse déprime continentale, on rechigne à l'idée de mettre une nouvelle fois à nu la vacuité qui caractérise aujourd'hui l'idée européenne. Bref, on hésite avant de jouer encore les esprits chagrins en constatant la désespérante absence de l'Europe au chapitre de la défense et des affaires étrangères.
Ce n'est pas un échec - lequel supposerait qu'on ait sincèrement essayé -, c'est une débâcle, une triste pantalonnade. Le Mali en témoigne, magistralement. Et ce fut tout particulièrement le cas lors du conseil des 27 ministres des affaires étrangères réuni lundi 11 mars à Bruxelles. La France s'y est sentie plus seule que jamais depuis le début des opérations militaires au Sahel.
Avec la fermeté courtoise, un tantinet distante, qui est sa marque, Laurent Fabius en fut réduit à quémander 30 soldats pour le Mali auprès de la Belgique et de l'Espagne. Pas 300, 30 ! Pourquoi ? Parce qu'il en manque encore 90 pour protéger les 500 instructeurs que l'Union européenne a dépêchés à Bamako pour former l'armée malienne.
Ces 90 soldats, il faut les " arracher " un par un aux 27 pays de la riche Europe, celle qui se targue volontiers d'être l'une des toutes premières puissances économiques mondiales. Disons les choses comme elles sont : les réticences belges ou espagnoles ne sont pas d'ordre politique ni même financier. C'est bien plus simple : Bruxelles et Madrid se fichent éperdument de ce qui peut bien se passer dans les sables du Sahel.
L'hypocrisie triomphe. Sur le papier, les Vingt-Sept sont d'accord. La stabilité de l'Afrique dépend très largement de l'extinction du foyer djihadiste qui se propage au Sahel, disent les Européens ; il en va aussi de la sécurité de l'Europe, si proche et si vulnérable, au terrorisme islamiste, ajoutent-ils.
Mais ce ne sont que des mots. Quand il faut agir ensemble, il n'y a plus personne ou presque. Certes, Paris a eu le tort, au départ, de lancer ses troupes sans consultation avec ses partenaires. Mais il eût fallu ensuite une vraie solidarité européenne, l'affichage d'un intérêt commun, défendu ensemble - en somme, un partage du fardeau qui devra être porté à l'avenir. Il eût fallu manifester une présence forte de l'Union dans cette partie du monde, sauf à laisser la Chine, les Etats-Unis ou d'autres devenir les partenaires privilégiés des Africains au XXIe siècle.
Hélas, l'Europe n'affiche que désunion pathologique et pingrerie aveugle. Seuls cinq pays sur vingt-sept sont vraiment engagés dans la mission de formation de l'armée malienne. Au-delà des déclarations sentencieuses sur la nécessité d'un " plan de stabilisation politique et économique du Sahel ", la réaction à peine voilée de la plupart des 27 aux événements du Mali tient en une phrase : " Que la France se débrouille ! " Et tant pis pour la contradiction qu'il y a à soupçonner les Français de velléités postcoloniales et de les laisser en première ligne dans l'Afrique francophone...
L'Europe fuit l'Histoire. Elle le paiera, un jour.

vendredi 15 mars 2013

Bloc-notes



La démocratie fonctionne mal à tous les niveaux...

Au moment où le Parlement européen, profitant des nouveaux pouvoirs que lui a procurés le traité de Lisbonne, s'apprête à s'opposer au budget européen concocté par la Commission et le Conseil européen, force est de constater que les institutions (et ici je ne m'intéresse qu'à la France) ne fonctionnent pas bien...
L'exemple de l'Europe est parlant : c'est parce qu'il y a des contre-pouvoirs (en l'occurrence les députés) que le diktat budgétaire pourrait être remis en cause. Les euro-députés veulent que le budget soit l'âme de l'Europe et ils le font savoir à une très grosse majorité. Nous y reviendons sur le fond.

En France, donc, le système constitutionnel, s'il laisse souvent la place à la concertation avant adoption d'une loi, est bancal, pour 2 raisons : d'une part, les citoyens ne sont pas directement associés au processus législatif (Internet est pourtant un outil parfait pour cela), et, d'autre part, le Parlement est à la remorque de l'exécutif... Il y a probablement une réforme de la Constitution à envisager en commençant par la suppression du poste de 1er Ministre et la revalorisation du rôle des assemblées...
Sur le plan local, les élus sont rarement proches des habitants... Je passe sur ceux qui, naturellement, n'osent pas aller à la rencontre de leurs concitoyens, mais je pense également à ceux qui n'ont pas le temps, souvent à cause du cumul de mandats et de fonctions auxquels ils sont liés. Au moment où les intercommunalités prennent de plus en plus de pouvoirs, les élus municipaux ont un rôle primordial à jouer pour que s'exerce véritablement la démocratie...

Bus, tramway...


Dans l'édition Bruay de La Voix du Nord du 14 mars, figure un article sur le "premier projet de bus à haut niveau de service (BHNS), présenté aux Bruaysiens", soit le transport en commun en site propre. Ci-dessous de larges extraits de l'article, avec mes commentaires.



"Le projet de tramway ne sera pas allé plus loin que les réunions de concertation. Le Syndicat mixte des transports revient avec un nouveau projet de transport en commun en site propre. Un bus à haut niveau de service (BHNS). Le SMT a soumis le projet aux habitants mardi soir en mairie. Les techniciens du SMT se sont présentés avec un projet séduisant sur le papier mais les riverains, pour beaucoup anciens membres de l'anti tram, restent sur leurs gardes. MATTHIEU BOTTE
AA: on pourra s'étonner que le projet soit aussi avancé sur Bruay/Béthune et que rien ne semble bouger sur le secteur lensois. J'y vois 2 raisons :
- la mise en cause de la gestion du syndicat mixte des transports (SMIRT) par la Chambre régionale des comptes rend encore plus prudents les maires de ce secteur, peu connus pour leur imagination...
- la perspective de rallumer, avant les élections municipales de 2014, des polémiques. Or, cette prudence n'existe pas à Bruay dont le maire est ultra-favori à sa réélection. A toutes fins utiles, Alain Wacheux, ledit maire, est également vice-président en charge des transports au Conseil Régional, initiateur du projet tramway. Connaissant D. Percheron, c'est bien un coup à 3 bandes...
- Du côté de Béthune, c'est la bagarre, puisque lors du conseil municipal, la délibération fut d'abord rejetée, puis approuvée (le 1er adjoint interpellant le maire par un : "T'es qu'un menteur, un tricheur" qui sent l'approche des municipales !). Bref, le maire propagandiste du busway est en difficulté, d'autant plus que les communes de Gosnay et Hesdigneul ont refusé le projet !


Le tramway permettait de relier Bruay à Béthune sur une ligne de 17 km. Le BHNS, moins coûteux à l'investissement, permet des prolongations de parcours. Dix kilomètres devraient être ajoutés avec des extensions vers Barlin, Ruitz mais aussi la zone d'activité Washington à Béthune. AA: comme cela était prévu avec le tramway (ce qu'on appelait des "rabattements").
Le BHNS, même s'il s'agit d'un bus sur pneus, n'a rien à voir avec le réseau de bus déjà existant. Alain Wacheux s'en explique : « Avant, il fallait tout calculer en fonction du bus et de ses horaires. Là, il y en a un toutes les six minutes. C'est lui qui est à disposition de vos envies » . AA: le bus ne sera probablement pas aussi ponctuel que le tram.
Le tramway, même si son coût était estimé à la louche, car l'étude n'a jamais pu être approfondie, devait coûter plus de 650 millions (AA: c'était le coût total prévu pour les 2 lignes, soit 657 millions; 275 millions pour Béthune-Bruay d'après La Voix du Nord du 13 juin 2011). Cette fois, on divise la facture par plus de deux (235 millions). AA: ces chiffres seront à revoir.... Certes le bus coûte moins cher, mais on ajoute 10 km et  il faut savoir également que la durée de vie d'un bus est de 8 ans, contre 30 pour un tram. L'argument coût ne semble pas si évident... Cette fois, ce sont 23 véhicules qui sont prévus sur le circuit. Ont été pointés 43 arrêts sur le parcours avec une moyenne de 600 mètres de trajet entre les stations. Quand le tram devait accueillir 23 000 voyageurs par jour, on estime cette fois plus modestement à 9 300 le nombre de passagers quotidiennement.
Le coût de fonctionnement, lui, est estimé à près de 6 millions par an. Un coût qui sera notamment pris en charge par le SMT via le versement transport des entreprises. Une taxe perçue depuis 2008 et qui sera réduite à partir de juillet 2013 (de 1,8 % à 1,4 %). AA: puisque la taxe a été perçue pour rien ! Le BHNS devrait circuler en 2018."

L'article reprend ensuite les principaux points épineux du tracé tramway.

Remarques AA: 
- comment gérer les conflits naissants sur le Béthunois/Bruaysis, d'un côté, et le silence sur Lens/Hénin? Va-t-on une nouvelle fois vers un enterrement "première classe" ?
- le projet tramway supposait que l'on puisse aller de Lens à Lille en passant par Sainte-Henriette "sans rupture de charge", c'est-à-dire, en conservant le même mode de transport. Y a-t-il toujours un intérêt pour construire à HB la gare TGV ?
- l'argument de ceux qui sont maintenant, vent debout, contre le BHNS, c'est : "trop cher". A savoir, le même que celui de ceux qui étaient contre le tram. On a finalement l'impression que peu souhaitent une quelconque modification de l'existant... Je confirme ce que j'ai toujours dit, à savoir qu'il faut avoir une vision à long terme des choses et que le transport est une façon de sortir un territoire de son enclavement, c'est-à-dire une ouverture vers le monde. C'est la même chose que pour le canal Seine-Nord. En d'autres termes, il faut considérer les projets de transport de Bruay à Lille (je préfèrerais le tram...) comme un investissement nécessairement rentables pour l'avenir. Au moment où l'on critique (et je suis de ceux-là) le peu qui a été fait pour sortir nos territoires de leur situation exécrable, il me paraît intéressant de ne pas enterrer des projets d'envergure. Le dossier Louvre-Lens a eu du mal à sortir et seule la persévérance et l'obstination d'un homme a permis son éclosion. Le même homme (que je suis le premier à critiquer, par ailleurs) a des perspectives innovantes (liaison vers la métropole et gare TGV à Hénin) et il semblerait bien dommage que des élus conservateurs freinent des 2 pieds, une nouvelle fois. Saluons les maires de Béthune et Bruay qui s'impliquent dans ces projets, au contraire de ceux qui devront encore se faire violer pour avancer. On n'a que les élus que l'on mérite, dit-on...

jeudi 14 mars 2013

Bloc-notes


Le saviez-vous?

Le nouveau pape, François 1er, est déjà régulièrement appelé François tout court. Les exégètes ont de suite pensé que ce nom provenait de François d'Assises, ce saint incarnation de la pauvreté, de l'anti-corruption et même de l'écologie (!) comme je l'ai entendu commenté très doctement sur une chaîne TV. 
Je pense être en mesure de vous révéler que le nom choisi par le pape argentin était en l'honneur de notre Président de la République. Forcément, il ne pouvait emprunter celui du président du pays où il officie, car ils sont fâchés... Remarquez que même si la paix régnait entre eux, le fait que le président argentin soit une femme était rédhibitoire...vous vous rendez compte un pape Cristina !
Donc, François est un admirateur de François Hollande, président d'un pays "fille ainée de l’Église". Et comme la France n'a plus eu de pape depuis Félix V, en 1439 (et encore c'était un anti-pape!), il s'agirait bien d'un geste fraternel envers notre pays...ou tout simplement d'une compensation!
Et heureusement que F. Hollande a été élu, sinon nous n'aurions pu bénéficier de cet honneur. Il eut été impossible que Jorge Mario Bergoglio (François 1er) choisisse le nom de Dominique ou Nicolas et encore moins de Martine ou Ségolène...

Que se passe-t-il au conclave?


Vous savez qu'il est impossible d'obtenir des informations sur ce qui se passe à l'intérieur du conclave et que toute personne qui livrerait quelque renseignement que ce soit serait excommuniée sur le champ. "Dura lex, sed lex !". 
Hier, je vous ai livré quelques conversations privées entre cardinaux, enregistrées à leur insu. Malheureusement, il semblerait que les micros aient été découverts et que nous n'aurons plus accès aux préoccupations personnelles de ceux qui élisent le pape... Dommage !
Mais j'ai pu obtenir l'interview exclusive d'un des participants écclésiastiques et je vous en rapporte les éléments. Bien entendu, je ne dévoilerai pas le nom de cette personne, vous vous en doutez. Il est anglo-saxon et, pour cette raison, je le nommerai "His Eminence Twenty-Four". A noter que cet entretien a eu lieu avant l'élection, hier soir, du nouveau Pape

AA : Eminence, merci de m'accorder cet entretien, en principe interdit. Pourquoi vous affranchissez-vous du serment que vous avez prêté sur le secret de ce qui se passe dans la Chapelle Sixtine?

24 (twenty-four) : parce que je suis pour la transparence. L'Eglise voit se détourner d'elle des millions de fidèles ou souffre du peu d'intérêt que les jeunes lui porte. Je pense que l'Eglise doit être plus moderne et la transparence peut y aider... Moi, je tweete, je suis sur les réseaux sociaux...

AA : Quelle est l'ambiance à l'intérieur du conclave ?

24 : Froide...ça ne rigole pas, je peux vous dire ! Certains ont essayé de dérider l'atmosphère en racontant quelques blagues, parfois salaces, d'ailleurs, mais se sont fait rappeler à l'ordre. Heureusement les plus de 80 ans ne sont pas là, parce que ce serait encore moins marrant!

AA : Y a-t-il du mouvement à l'intérieur de la Chapelle ou reste-t-on sagement assis ?

24 : Entre les votes, on essaye de se regrouper par affinités. Par exemple, moi, j'aime bien me retrouver avec les "footeux". Je ne devrais pas le dire, mais hier on a revu le match Barcelone-Milan, joué la veille. Il n'y a rien à redire puisque le Messi était là...Ha, ha, ha!

AA : Y a-t-il plus particulièrement des clans ?

24 : Oui... Par exemple, il y a ceux qui aimeraient que l'on s'habille différemment et ne seraient pas opposés à ce que l'on porte des vêtements comme ceux portés par les fidèles et cela nous rapprocherait d'eux. Il faut dire que notre accoutrement ne plaît pas à tout le monde. Enfin, vous vous doutez qu'il y a aussi le clan de ceux qui veulent que nous renoncions à nos voeux de chasteté. Je n'insiste pas la-dessus, puisque vous savez que la chasteté ne signifie plus grand chose...

AA : Justement, quand vous parliez de modernité, en début d'entretien, faisiez-vous référence à cela?

24 : Cela en fait partie... de même, nous sommes un certain nombre à prôner la mixité parmi les prêtres, dans les couvents, partout. Nous devons nous ouvrir. Il m'arrive, mais ne le répétez pas, de fréquenter certains bars de nuit et c'est là que je peux faire connaissance avec la vraie vie. Dans ces soi-disant lieux de perdition, il m'arrive de ramener à Dieu certaines âmes égarées... Cela fait partie de notre mission...

AA : En somme, vous voulez que les gens d'église deviennent des hommes parmi les hommes...

24 : Oui...Dans mon cas particulier, j'aime faire la fête et je pense que nous attirerions plus de monde dans les églises, si nous organisions des buffets pour les ouailles, mais pas seulement pour eux. Pourquoi pas des bals pour que les fidèles fassent connaissance, dialoguent, dans la Maison même de Dieu? La fréquentation des églises pourrait être accrue, également, si nous en faisions des sortes de cafés, avec une consommation modérée d'alcool. Cela améliorerait les finances et susciterait des vocations et ainsi chaque église aurait les moyens d'avoir son prêtre sur place, comme au bon vieux temps...

AA : Eminence, êtes-vous candidat à la fonction de Pape ?

24 : Je me mets effectivement à la disposition de l'Eglise. Je pense que je peux apporter quelque chose pour son renouveau !

AA: Merci de votre confiance et bonne chance pour la gagne !