jeudi 18 juin 2015

Souvent Sarko varie...


Du gaz de schiste au droit du sol, les sept revirements de Sarkozy

Le Monde.fr | 

« Il se trouve que je suis l’un des rares hommes politiques qui ne change pas d’avis après avoir été élu »proclamait Nicolas Sarkozy en septembre 2008. A la conquête d’un nouveau mandat présidentiel en 2017, l’ancien président n’hésite plus à prendre des libertés avec ses prises de position passées. Nous avons recensé sept volte-face.
·         1. Le droit du sol
·         2. Le vote des étrangers
·         3. Le gaz de schiste
·         4. L’aide médicale d’Etat
·         5. Le mariage homosexuel
·         6. La laïcité et le voile

1. Le droit du sol
Dernière transgression en date : la relance du débat sur le droit du sol dans l’acquisition de la nationalité française, l’un des thèmes favoris du Front national. « Faut-il remettre en cause le droit du sol ? Cette question, incontestablement, peut se poser », a assuré Nicolas Sarkozy le 13 juin.
Entre les deux tours de l’élection présidentielle de 2012le président-candidat avait pourtant exclu sans ambiguïté cette proposition : « Je suis pour le droit du sol. Nous le garderons. J’ai été tout à fait constant sur cette position, même quand cela peut nous poser des problèmes. Le droit du sol, c’est la France. »
AA : à vau l'eau, Sarko ?

2. Le vote des étrangers
Au cours de sa carrière politique, Nicolas Sarkozy a changé deux fois d’avis sur l’octroi du droit de vote aux étrangers extracommunautaires pour les élections locales, comme le racontait Le Parisien en 2012.
Il y était défavorable « sans ambiguïté » en 1997, avant de se prononcer pour en 2001, à condition qu’il concerne les étrangers en situation régulière qui « paient des impôts », « respectent nos lois » et justifient de cinq ans de résidence. En 2005, il remonte le seuil à dix ans de résidence, et ajoute la « condition de réciprocité » (que des Français puissent voter dans le pays d’origine de l’étranger) en 2006 dans son livre Libre (Robert Laffont)… mais renonce à intégrer la mesure à son programme présidentiel en 2007.
Encore « favorable à titre intellectuel » à cette proposition « sur la base de la réciprocité » en 2008, mais coincé par une absence de majorité, le président de la République finit par se rétracter en 2011. Le droit de vote des étrangers, sur lequel le PS commence à faire campagne dans l’optique de la présidentielle, devient une « proposition hasardeuse » qui risque de « diviser profondément les Français » dans le seul but d’attirer un « vote communautaire ».
Précisons toutefois que si le PS fait preuve de constance sur la question depuis 1980 : ni François Mitterrand ni François Hollande n’ont tenu leur promesse de l’instaurer.
AA : Sarko : schizo ?

3. Le gaz de schiste
Lors de son retour à la vie politique, à l’automne 2014, pendant sa campagne pour la présidence de l’UMP, Nicolas Sarkozy a surpris en se prononçant pour l’exploitation du gaz de schiste, appelant à prendre exemple sur les Etats-Unis pour lutter contre le chômage avec cette nouvelle énergie créatrice d’emplois.
A l’Elysée, en 2011, il s’était pourtant personnellement opposé à l’exploitation de cette énergie par la technique de la fracturation hydraulique (seule éprouvée à ce jour), soutenant l’interdiction adoptée par le Parlement quelques mois plus tôt. « C’est clair et c’est définitif », avait-il assuré.
Candidat à sa propre réélection, M. Sarkozy avait commencé à infléchir sa position en 2012, en ne fermant pas la porte à l’exploitation « des ressources en hydrocarbures contenues dans notre sous-sol » – sans préciser s’il s’agissait des gaz de schiste – car elles représentent selon lui « un enjeu stratégique pour notre pays ».
AA : Sarko : schisto ?

4. L’aide médicale d’Etat
Pendant la campagne présidentielle, le président-candidat Sarkozy s’était refusé à remettre en cause l’Aide médicale d’Etat (AME), un dispositif qui permet aux immigrés en situation irrégulière de bénéficier de soins médicaux. Il avait défendu cette « générosité française », tranchant avec la plateforme présidentielle de l’UMP pour 2012, qui proposait de la restreindre aux « situations d’urgence sanitaire » et aux « risques épidémiques ».
Dans sa campagne pour la reconquête de l’UMP, en octobre 2014, il s’est pourtant aligné sur la ligne dure prônée par l’aile droite du parti, en réclamant sa suppression. « Le tourisme médical sous prétexte d’urgence, c’est un scandale ! », s’est-il exclamé à Nice, avant de justifier dans Le Figaro son revirement : une « explosion » du coût de l’AME… largement exagérée.
AA : L’AME changeante de Sarko

5. Le mariage homosexuel
Sans jamais proposer formellement d’ouvrir le mariage aux couples de même sexe, Nicolas Sarkozy a plusieurs fois changé d’avis sur le sort à réserver à l’union des couples homosexuels. Un long parcours, retracé l’an dernier par Libération, qui commence par l’intégration de l’union civile à son programme présidentiel de 2007. Une fois élu, il renonce toutefois à tenir sa promesse, arguant tantôt de la priorité de lutter contre la crise, tantôt des risques d’inconstitutionnalité de la mesure.
Pendant la campagne de 2012, M. Sarkozy renonce à reproposer l’union civile et se rabat sur une amélioration du pacs. Mais à l’occasion de son retour politique, à l’automne 2014, il juge finalement que « le pacs n’est pas suffisant », et propose d’abroger le mariage homosexuel de la loi Taubira pour le remplacer par… une union civile pour les homosexuels.
AA : Sarko : bobo aux homos ?

6. La laïcité et le voile
Nicolas Sarkozy semble également s’être largement éloigné de la « laïcité positive » qu’il défendait en 2004 dans son livre La République, les religions, l’espérance (Cerf).
Dès 2003, celui qui était alors ministre de l’intérieur s’opposait à François Hollande et à une bonne partie de son camp sur l’opportunité d’interdire les signes ostentatoires à l’école. « Avec cette loi, vous communautariserez les gens par ce que vous direz aux Français dont les familles croient qu’ils n’ont plus leur place dans l’école de la République », lançait-il au premier secrétaire du PS. Une position désavouée quelques mois plus tard par le vote de la loi dite « Stasi » par la droite.
« Totalement d’accord » avec Barack Obama quand celui-ci critiquait ceux qui dictent « les vêtements qu’une femme doit porter », le président Nicolas Sarkozy déclarait encore en 2009 qu’« en France, toute jeune fille qui veut porter le voile peut le faire. C’est sa liberté », à condition qu’il s’agisse d’un libre choix et que cela ne concerne pas des fonctionnaires au guichet des administrations.
A la fin de son mandat, en 2012, son ministre de l’éducation Luc Chatel avait toutefois pris une circulaire pour interdire aux femmes voilées d’accompagner les enfants lors des sorties scolaires. Après son retour politique, l’ancien chef de l’Etat a clairement repris à son compte cette ligne, en fustigeant la décision de la nouvelle ministre de l’éducation nationale, Najat Vallaud-Belkacem, d’autoriser ledit voile au cas par cas lors des sorties scolaires. En mars 2015, il est même allé jusqu’à se prononcer pour l’interdiction du voile à l’université et contre les menus de substitution dans les cantines – positions à rebours du concept de « laïcité positive ».
AA : Sarko cuistot ? (Vous comprenez quelque chose à la « laïcité » positive ?).

7. Le front républicain contre le FN
Tenant au début de sa carrière de la ligne traditionnelle du « front républicain » – consistant à appeler à voter pour la gauche en cas de risque de victoire du FN lors d’une élection –, Nicolas Sarkozy a changé son fusil d’épaule lors des cantonales de 2011, en inventant le concept du « ni-ni » : en cas de duel FN-PS, l’UMP n’appellera dès lors à voter « ni pour l’un ni pour l’autre ».
Une tactique qui s’ancre dans les comportements des électeurs de l’UMP, qui sont de moins en moins nombreux à se reporter sur les candidats de gauche au second tour en cas d’élimination de leurs candidats. Et que l’ancien président a semble-t-il voulu appuyer en faisant rebaptiser son parti « Les Républicains ».
AA : du no-no au ni-ni…

mercredi 17 juin 2015

Et dire que le FN est contre l'Europe !


Commentaires AA après l’article

Strasbourg, l’autre QG du Front national
LE MONDE | 17.06.2015

Comme souvent depuis un an, ce mercredi 10 juin, Wallerand de Saint-Just se rend gare de l’Est, à Paris, pour prendre un train direction Strasbourg. Le trésorier du Front national n’est pourtant pas député européen ni assistant parlementaire. Il appartient au bureau exécutif du FN, sorte de gouvernement resserré du parti, qui se retrouve ce jour-là dans la capitale alsacienne. Impossible d’organiser cette réunion au « Carré », le siège de Nanterre (Hauts-de-Seine) : sept des huit membres du bureau sont députés européens, et le Parlement est réuni en session plénière. Bon gré mal gré, Wallerand de Saint-Just se plie à la contrainte. « C’est comme prendre le métro », cherche-t-il à se convaincre.
La constitution, mardi 16 juin, au Parlement européen, du groupe d’extrême droite « Europe des nations et des libertés », auquel va appartenir le FN, est une étape supplémentaire dans le déplacement d’une partie de la vie interne du FN vers les institutions européennes. Depuis sa victoire au scrutin du 25 mai 2014, le parti de Marine Le Pen, fort de vingt-trois eurodéputés et d’une soixantaine de collaborateurs, voit les villes de Strasbourg et Bruxelles être aussi courues par ses troupes que Nanterre, sinon davantage. « On ne se rencontre qu’au Parlement, je ne vais pratiquement plus au siège », concède Steeve Briois, maire d’Hénin-Beaumont (Pas-de-Calais) et député européen. Ces dernières semaines, le bureau exécutif, réuni plus souvent qu’à l’accoutumée pour gérer le cas Jean-Marie Le Pen, ne s’est presque jamais tenu au siège du parti.
Dans la bulle du lumineux bâtiment Louise-Weiss, théâtre une fois par mois des sessions plénières, les frontistes se retrouvent même pendant trois à quatre jours d’affilée sous le même toit. « Nous sommes fréquemment à Bruxelles, mais de manière individuelle, en commission. Strasbourg, c’est un moment plus au calme où nos agendas s’harmonisent », explique Nicolas Bay, secrétaire général du FN et député européen.

Précipité des affinités et des conflits
Quand Marine Le Pen tient une conférence de presse, elle trouve face à elle près de la moitié de son bureau politique. Et dans les couloirs, certains assistants parlementaires, qui sont pour beaucoup des cadres locaux du parti, peuvent se rencontrer plus souvent qu’ils n’en auraient l’occasion en temps normal : le secrétaire départemental du Var Frédéric Boccaletti, assistant de Dominique Martin, et l’élu d’Hénin-Beaumont Bruno Bilde, qui travaille avec Sophie Montel, n’ont a priori que peu le loisir de se croiser.
Le cocon de Strasbourg représente un précipité des affinités et des conflits au sein du FN. Jean-Marie Le Pen, un des plus anciens de la maison (il a été élu pour la première fois au Parlement européen en 1984), dispose d’une table tacitement réservée à la cantine de l’assemblée, mais il ne déjeune plus qu’en compagnie de sa collègue Marie-Christine Arnautu, quand il est présent. Les anciens du FNJ, Louis Aliot, Edouard Ferrand, Philippe Loiseau ou Dominique Martin, se retrouvent ensemble, quand un autre groupe se forme autour de Florian Philippot, Steeve Briois et Sophie Montel. « Le déjeuner à Strasbourg est un lieu d’échanges privilégiés, peut-être plus qu’au bureau politique », juge Bruno Gollnisch, vieux routier de l’institution depuis 1989. Et de rappeler que cette tendance n’est pas nouvelle. « Quand il y avait Bruno Mégret, moi, Jean-Yves Le Gallou, Carl Lang ou Marie-France Stirbois, ça existait déjà. »
Le phénomène agace néanmoins ceux qui ne sont pas élus ou ne travaillent pas au Parlement européen. « Les assistants parlementaires européens se comportent un peu comme s’il ne se passait rien hors de leur périmètre. Ils oublient qu’ils ont des élus nationaux », regrette le collaborateur d’un élu FN au Parlement français. Paradoxe d’un parti qui pourfend l’Union européenne mais dont les institutions lui permettent d’assurer une partie de son train de vie.

Nouvelle garde
Le 24 mars, le parquet de Paris a ouvert une enquête préliminaire pour abus de confiance, après avoir été saisi par le Parlement européen sur les cas de 29 assistants parlementaires – des assistants locaux basés en circonscription pour majeure partie – suspectés de travailler exclusivement pour le FN sur le territoire français. Depuis cette date, les mis en cause s’efforcent de prouver que leur emploi au Parlement n’a rien de fictif. Philippe Murer, assistant local de Marine Le Pen, sort ainsi son téléphone portable pour montrer une photo de lui travaillant dans un couloir à Strasbourg. « Regardez, ils ne nous laissent même pas la place de nous installer dans des bureaux. » Un autre assistant, interrogé sur ce supposé manque d’espace, s’étonne : « Je travaille dans le bureau de mon député… »
Les frontistes, désormais assez nombreux pour siéger dans toutes les commissions du Parlement, ont en tout cas décidé, sous l’impulsion de Marine Le Pen, d’investir l’institution pour tenter de gagner en crédibilité. « Il y a une vieille garde qui continue à ne pas faire grand-chose, et une nouvelle garde, beaucoup plus présente, qui joue le jeu des institutions pour mieux les casser », reconnaît l’assistant d’un député de gauche. Aussi paradoxal que cela puisse paraître, la formation d’un groupe participe aussi de cette entreprise.


Olivier Faye

AA 
- Le journaliste est celui qui a écrit l'article controversé sur Hénin-Beaumont 
- C'est moins cher d'utiliser les locaux du Parlement européen, probablement gratuitement, pour les réunions de bureau du FN. Comme quoi ça sert quand même à quelque chose, l'Europe !
- D'ailleurs, le FN est tellement contre l'Europe ("tout contre", dirait Sacha Guitry) que 7 des 8 membres de l'exécutif FN sont députés européens !
- Ainsi les avantages de l'Europe (avec maintenant ceux liés à la constitutions d'un groupe) entretiennent le "train de vie" du FN. Bientôt, il ne sera plus nécessaire de faire appel à la Russie pour assurer "les fins de mois difficiles".
- On se demande toujours comment un maire d'une ville de 27 000 habitants peut concilier son mandat local avec celui de député européen (et de député en général, ce qui sera interdit à partir de 2017, mais profitons-en en attendant...). Je parle du maire d'Hénin-Beaumont, qui, en outre, est vice-président du FN. Je me souviens que l'ancien maire de Valenciennes (43 000 habitants), Dominique Riquet, par ailleurs député européen, avait quitté son mandat local, dès que la loi sur le non-cumul, pourtant applicable à partir de 2017 seulement, fut votée en 2012...
- On se demande, une nouvelle fois, comment les députés européens et leurs assistants, tous très actifs pour leur parti, sur le plan national, à Bruxelles ou Strasbourg, comme on le lit dans l'article, exercent leur mission pour laquelle ils sont payés ou indemnisés. 
- Ceci est valable pour le maire d'HB, comme pour son adjoint, assistant parlementaire européen et membre du bureau politique de son parti, quand il n'est pas chargé des campagnes de M. Le Pen... 

mardi 16 juin 2015

On continuera à entendre parler de Daniel Percheron...

DAILYNORD |15 JUIN 2015
Port de Calais : quand Percheron, président de Région, craque…

C’est ce qu’on appelle un craquage dans les règles. La Voix du Nord rapporte dans son édition de ce jour des propos plus que limite du président du conseil régional Daniel Percheron. Lors de l’inauguration à Calais d’une maison de projet de Calais Port 2015 samedi, Daniel Percheron a carrément encouragé les Calaisiens à se révolter un peu, en donnant “une prime de 1000 euros à celui qui ira bloquer le tunnel” et en précisant “sachez que quand on brûle une sous-préfecture, généralement on gagne la partie”. Ce qui provoque cette colère de l’élu ? Que le PDG d’Eurotunnel, concurrent direct du port sur le trafic transmanche du Port de Calais, ait déposé un recours au tribunal administratif contre la nouvelle concession portuaire, au motif que le financement public rendrait la concurrence déloyale. Le projet Calais Port 2015, immense projet de rénovation pour que le port de marchandises soit prêt à accueillir des navires de plus en plus grands, sera en effet largement soutenu par les finances publiques (284 millions d’euros sur un total de 650 millions d’euros). A la veille des prochaines élections régionales qui sonneront l’heure de la retraite, Daniel Percheron ne s’encombre plus des politesses d’usage. Et montre clairement qu’on ne contrecarre pas ses plans impunément !
AA : l’exhortation de DP aux Calaisiens est une allusion au saccage des portiques des péages par les Bonnets rouges: plus d'un milliard de dégâts et de dommages-intérêts payés par les contribuables et absolution totale. J’ai, ces dernières années, mis en cause Daniel Percheron pour avoir érigé un « système » de cadenassage du parti socialiste, « système féodal » par excellence, fait de clientélisme et d’obligés, inapte à se renouveler et dont on mesure l’écroulement aujourd’hui. C’est ce système qu’il a calqué dans la gestion des collectivités publiques. C’est fort regrettable car l’homme est un visionnaire et tous ceux qui ont travaillé avec lui savent qu’il écoute, fourmille d’idées et ne lâche pas un dossier. Il ne s'agit pas d'une oraison funèbre (!), mais d'un constat à la veille de son départ de la présidence du Conseil régional. Je pense qu’il restera, dans les prochaines années, très influent, notamment au PS. Il sera toujours sénateur et cela ouvre encore beaucoup de portes. N’oublions pas que l’on aura besoin de son entregent dans la poursuite de l’aventure du Louvre-Lens, dans ce qui est l’avenir très proche du RC Lens ainsi que dans l’édification du RER Hénin-Beaumont-Lille (étendu à Arras et à Tourcoing), pour lequel il demande un référendum, sans parler de projets comme « Les chemins de la mémoire »…
Certes, il a commis des erreurs et, notamment celle de vouloir s’opposer, en vain, au poulain de Martine Aubry, Pierre de Saintignon, pour conduire la liste PS aux prochaines régionales. A noter, d’ailleurs, que, pour ce faire, il avait poussé Patrick Kanner, aujourd’hui ministre, et alors président du Conseil général du Nord. Mais cette tentative de « débauchage » fut un échec…


lundi 15 juin 2015

Est-ce vraiment "fake" ?

Marine Le Pen : « Je commence à me sentir proche de l’Islam »
C’est avec stupeur que les membres du Front National apprennent la nouvelle. De son côté, Gilbert Collard reste silencieux pensant qu’il s’agit d’une blague. Cet après-midi, dans la région Centre au département du Loir et Cher, lors d’une conférence annuelle réservée aux agriculteurs membres du parti de Marine Le Pen, celle-ci confesse son intérêt pour la deuxième religion de France: « Une mosquée m’a invitée pour que j’apprenne la réalité de l’Islam en France ».
Elle s’est en effet rendue quatre jours auparavant à la mosquée de Champs sur Marne pour remplacer l’imam au sermon de la prière du vendredi. Elle confie à son auditoire qu’elle y a été bien accueillie, si bien qu’après son intervention à la mosquée de Champs sur Marne elle a demandé à emprunter des livres à la bibliothèque du lieu de culte. Après une rapide lecture, elle déclare avoir été « transformée par la beauté et la sagesse des textes » pour conclure face aux agriculteurs sa proximité avec la deuxième religion la plus pratiquée sur la planète.
Actualités.co 8/6/2015


Toujours aucune nouvelle de la troupe de mimes envoyée en Irak pour calmer les combattants de Daech 
Voilà plus de deux semaines qu’ils n’ont montré aucun signe de vie. La troupe de mimes déployée par l’armée américaine pour faire face aux combattants de l’état islamique en Irak semble être un échec.
L’état major de l’armée américaine a bien confirmé lors d’une conférence de presse avoir perdu tout contact avec ses mimes dans le secteur de la ville de Ramadi.
Hier, CNN affirmait en ouverture de son JT que les mimes étaient probablement passés aux mains de l’ennemi en moins de 38 secondes. Ce matin, la Fox annonçait que les chances d’un retour des mimes sur le territoire américain en tant que soldats infiltrés pour le compte de l’état islamique étaient plus que préoccupantes. 
Même si le général John Allen répète qu’il est encore trop tôt pour affirmer que la mission est un échec, les critiques concernant l’envoi de mimes en Irak commence à pleuvoir dans la presse américaine. « Les mimes sont connus pour leur pouvoir d’apaisement. Ils sont tout aussi efficaces qu’un missile Tomahawk pour un coût bien moindre » s’est défendu le général avant de s’avancer et de placer son index devant sa bouche pour tenter de calmer les journalistes présents. 
Le Gorafi


Brétigny : Des équipes d’iTélé affirment avoir été caillassées par des équipes de BFMTV 
Que s’est-il vraiment passé en marge du terrible drame ferroviaire de Brétigny-sur-Orge ? Les avis divergent toujours. Mais ce matin, une journaliste d’iTélé a affirmé qu’elle et son équipe avaient été violemment prises à partie par une équipe de BFMTV et prétend avoir été victime de caillassages de leur part. « Nous nous rendions sur les lieux du drame pour faire notre travail mais une équipe de BFMTV était déjà là » a-t-elle raconté, encore sous le choc. D’après elle, le camion-régie de cette même équipe avait précédemment tenté de leur faire plusieurs queues de poisson sur la route de Brétigny. Sur place, les deux équipes vont devoir se partager témoins et survivants et très vite des tensions vont apparaître.
« Ils nous ont caillassés pendant que nous réalisions des interviews et l’un des journalistes est même venu se placer derrière moi pendant mon direct et a fait des gestes obscènes à la caméra » raconte un membre de l’équipe. Selon lui, il y a toujours eu des frictions et de la concurrence entre les chaînes d’informations en continu mais jamais de ce type encore. « J’ai fait beaucoup de reportages sur le terrain, parfois en temps de guerre, mais désormais j’appréhende de me retrouver face à eux, on ne sait jamais de quoi ils sont capables ». En dernier recours, la journaliste de iTélé a dû se résoudre à tirer plusieurs coups de feu en l’air pour stopper les agressions.
De leur côté la direction de BFMTV minimise l’incident et affirme qu’au contraire ce sont ses propres équipes qui ont été mises en danger« Nous allions interroger un blessé qui gisait par terre quand le camion régie de iTélé est venu se garer devant nous, sur les voies. Nous l’avions vu en premier !  
Le Gorafi


« Mais c’était la Finale quand même » par Manuel Valls, Premier Ministre 
Je constate que, depuis quelques jours, je suis mis en cause par certaines et certains. On me fait le reproche de l’utilisation personnelle d’un appareil de l’Etat pour un déplacement qui n’aurait selon eux rien de professionnel, le tout à la charge des contribuables français.
On me reproche d’agir de façon égoïste, à l’image de mon principal adversaire qui utilise lui aussi des appareils volants imitant l’oiseau naturel pour des déplacements beaucoup plus réduits et pour un coût exorbitant.
J’entends tout cela et je voudrais vous préciser un détail qui, à mes yeux, semble assez important :
Mais c’était la Finale quand même !
Vous connaissez la difficulté pour obtenir des billets bien placés pour ce genre de rencontre ?! Et comment faire pour arriver assez tôt au stade vu l’affluence ?! Et puis c’est pas tous les jours la Finale ! Devais-je la regarder à la télévision !? Non, la Finale, elle se regarde dans le stade, avec les supporters ! Une seule voix pour encourager les joueurs ! Et quand le virage se met à chanter, c’est tout le stade qui va s’enflammer !
Outre mes deux enfants, j’en ai aussi profité pour amener des amis proches qui avaient comme moi suivi les matchs précédents. Des matchs auxquels nous nous étions déjà rendus  en avion. Car un match de cette envergure c’est tellement mieux avec les amis et la famille.
En plus le match était vraiment bien. Si vous y aviez assisté, vous seriez définitivement de mon avis : ce match était inratable.
C’était la Finale quand même !
Manuel Valls, Premier ministre
Le Gorafi

dimanche 14 juin 2015

Une justice indépendante et une presse objective : deux piliers de la démocratie.

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L’affaire du Carlton et les vertus du procès
LE MONDE | 13.06.2015


Editorial du « Monde». 
Me Henri Leclerc, l’une des consciences du monde judiciaire – et l’un des avocats de Dominique Strauss-Kahn – a bien posé le problème : « Cette affaire, ce tapage immense autour de cette affaire, est quelque chose qui devrait donner à tous à réfléchir. » L’ancien président du FMI, jugé pour « proxénétisme aggravé », accusation infamante s’il en est, a en effet été relaxé, vendredi 12 juin, par le tribunal correctionnel de Lille, comme douze des treize autres prévenus dans cette affaire du Carlton de Lille. Le tout assorti de quelques considérations peu amènes sur les juges d’instruction.
Si l’on ajoute la relaxe récente d’Eric Woerth, ancien trésorier de l’UMP et ancien ministre, dans l’affaire Bettencourt, et l’ahurissant procès de Daniel Legrand, innocenté à deux reprises dans l’affaire Outreau, il y a, effectivement, de quoi réfléchir.
« Charges suffisantes »
La justice française juge 600 000 délits par an et les juges d’instruction traitent moins de 4 % de ces dossiers. L’affaire du Carlton est-elle un désastre judiciaire ? Les choses sont moins simples qu’il n’y paraît. Les juges d’instruction ont pour mission d’évaluer s’il existe contre une personne des « indices graves ou concordants rendant vraisemblable qu’elle ait pu participer à la commission des infractions ». Au tribunal ensuite de décider si ces indices sont des « charges suffisantes ». Faute de preuves, le prévenu est relaxé, car, depuis 1789, et c’est heureux, « tout homme est présumé innocent ».

Le système est évidemment faillible, et il existe des juges d’instruction incompétents. Faut-il pour autant renoncer à juger des dossiers qu’on pressent fragiles ? Non. D’ailleurs, qui en déciderait ? Le regard du président du tribunal et de ses deux assesseurs, qui n’ont pas, eux, travaillé des années sur l’affaire, n’est-il pas nécessaire ? Et la confrontation générale et solennelle de l’audience publique n’a-t-elle pas quelque vertu ? Au risque, certes, de désavouer les magistrats instructeurs. En ce sens, l’affaire DSK n’est pas un raté procédural, mais une vérité judiciaire.
Deux autres débats se greffent sur celui-là. Le rôle de la presse, bien sûr, qui a « livré aux chiens l’honneur d’un homme », selon la formule de François Mitterrand après le suicide de Pierre Bérégovoy. Les témoignages contre DSK, s’ils n’ont pas entraîné de condamnations, étaient-ils mensongers pour autant ? Fallait-il en cacher le contenu ? Les avocats de M. Strauss-Kahn pensent que oui, puisqu’ils ont porté plainte pour recel de violation du secret de l’instruction contre cinq journaux, dont Le Monde. Mais si elle s’était tue, la presse aurait été soupçonnée de protéger un homme politique, précisément parce qu’il était puissant. La Cour européenne des droits de l’homme a fait des journalistes « les chiens de garde de la démocratie ». Rien ne démontre qu’ils soient sortis de ce cadre.
Quant à notre organisation judiciaire, elle a incontestablement besoin d’une refonte profonde. Mais le modèle du juge d’instruction, symbole du magistrat indépendant, restera le moins mauvais système que l’on puisse imaginer, tant que le parquet – les procureurs –, qui gère l’énorme majorité du contentieux, ne sera pas statutairement indépendant. De droite comme de gauche, le pouvoir exécutif l’a bien envisagé, de façon sporadique, depuis vingt ans. Mais il n’a jamais eu le courage de sauter le pas. Quand bien même il l’aurait fait, cela ne serait pas une garantie ultime contre les égarements des magistrats qui enquêtent. Le procès reste le meilleur rempart contre les erreurs judiciaires.



AA :
- On ne peut pas se passer lors d’un procès du regard d’un homme indépendant qui a pesé le pour et le contre (« à charge et à décharge ») dans une enquête qu’il a menée. Certes, si les procureurs étaient indépendants du pouvoir, ils pourraient jouer ce rôle. Mais les gouvernants ont tellement peur de perdre la main sur ceux qu’ils nomment…
- Le rôle de la presse est bien celui du 4ème pouvoir, garant de l’équilibre des autres pouvoirs. La presse est une lanceuse d’alerte, comme elle constitue également une enquêtrice primordiale. Mais la presse prédatrice et en quête de sensationnalisme nuit aux fonctions précédentes. Elle, seule, peut se tempérer et on doit lui faire confiance, sinon on sape les fondements de la démocratie…  

samedi 13 juin 2015

On parle beaucoup d'eux et j'en rajoute...


- Martine Filleul, nouvelle secrétaire fédérale de la Fédé PS du Nord. La discrète et appréciée Martine a battu l'autre Martine (Aubry) via son fidèle G. Pargneaux, usé par 10 ans à la tête des socialistes du département du Nord. Malgré son âge (que je tairai, courtoisie oblige...), MF incarne une sorte de changement, mais cela arrive quand même un peu tard et cela ne mettra pas fin à la "dégringolade" du parti...
- Tsipras, le fringant leader grec a bien essayé de négocier la dette de son pays face à des créanciers inflexibles. Mais, après avoir brillamment défendu l'impossible, le Grexit (sortie de la Grèce de l'euro) semble inéluctable... Étonnant que personne ne lui ait encore dit : "Va te faire voir chez..."
- Comme on s'y attendait, DSK a été relaxé par le tribunal correctionnel de Lille. Quand on y pense, celui qui aurait pu être l'actuel président de la République, sort blanchi de toute ses épreuves judiciaires et peut recommencer une nouvelle vie. Pas en politique certes, mais il pourra profiter du reste : il ne doit pas manquer d'argent et il pourra se concentrer sur sa vie sexuelle (ses besoins sont "au-dessus de la moyenne" a-t-il avoué aux juges lillois), faire des conférences à travers le monde, écrire ses mémoires...
- François Hollande est partout actuellement. Comme il le dit, il n'est pas en campagne électorale, mais auprès des Français et des entreprises pour tenter de redonner une dynamique à notre pays. Qu'est-ce que ce sera lorsqu'il sera en campagne ! Je ne suis pas sûr qu'il tiendra alors le coup... Au fait, imaginez un peu que DSK, Sarko et Hollande se retrouvent à l'étranger au détour d'une conférence : quelle bringue en perspective, surtout si Carla et Julie sont de la partie... (zut, je ne l'ai pas fais exprès !)
- Un qui doit se faire encore plus de soucis que Pargneaux, Tsipras et Hollande réunis (DSK n'a plus de soucis...), c'est JM Le Pen ! Rendez-vous compte, il ne bénéficie plus de la carte de crédit du parti, carte liée à la présidence d'honneur du parti, dont il est suspendu. Au fait, pourquoi un président d'honneur bénéficie d'une carte de crédit ? Peut-être est-ce là la raison profonde de sa mise à l'écart du parti ? Les finances du parti sont à sec et Poutine ne veut plus prêter...
- Quant à Manuel Valls, il n'a pas été très bon le week-end dernier et les jours suivants. Non seulement il nous a embrouillés mais il a mouillé Michel Platini. Ce pauvre Michel qui s'était déjà fait avoir par Blatter, le patron soit-disant démissionnaire de la FIFA (il ne quittera cette présidence que l'an prochain, le temps de "faire" ce qu'il y a à "faire" pour "faire" place nette...), Michel qui n'a donc pas arrêté de déblatérer (!), se retrouve, donc, une nouvelle fois, humilié : il a menti en disant qu'il avait eu une réunion avec Valls à Berlin avant, pendant ou après le match, alors qu'il venait à Paris 4 jours après... Tout ça pour sauver la face du supporter du FC Barcelone... "Un grand naïf, ce Michou", dirait le Canard !

vendredi 12 juin 2015

Des nouvelles du Front...

Les nouvelles de ces derniers jours ne sont pas réjouissantes...


- Ce matin, le député européen JM Le Pen doit se présenter devant le tribunal de grande instance de Nanterre pour plaider en faveur de l’annulation de sa suspension de son parti. M. Le Pen, se disant victime d’une « infamie », espère retrouver les prérogatives liées à sa fonction de président d’honneur : fauteuil réservé au sein des instances dirigeantes, carte de crédit, etc. Des privilèges dont il est privé depuis plus d’un mois !
Tiens, tiens, une carte de crédit pour un président d’honneur… Etrange, n’est-ce pas ?
JMLP fait valoir que la procédure ayant abouti à sa suspension ne serait pas régulière. Il estime que « la qualité de président d’honneur n’est pas affiliée à celle de membre d’une association et, donc, que sa suspension ne saurait entraîner le retrait des droits liés à cette fonction ». 

- Dans la matinée, également, le bureau politique du Front national doit se réunir au siège du parti, à Nanterre, (le hasard fait bien les choses...) pour décider des questions qui seront soumises aux adhérents lors de l’assemblée générale extraordinaire. Ce vote par correspondance doit trancher sur le sort réservé à la fonction de président d’honneur. "Des adhérents nous disent juste de ne pas trop le maltraiter », constate un responsable du parti. « Il ne faut pas supprimer cet article (AA : celui sur le poste de président d'honneur), pour le passé et pour l’avenir. Marine pourrait elle-même être présidente d’honneur dans dix ou quinze ans » (AA : la fin de MLP est déjà envisagée : elle aura alors moins de 60 ans !) Jean-Marie Le Pen estime que seule la réunion physique d’un congrès peut défaire son statut de président d’honneur. « Je ne vois pas comment on peut supprimer cette fonction sans que son titulaire s’exprime devant les adhérents » déclare un de ses plus fervents supporters, Bruno Gollnisch.

- Un ex-responsable départemental Front national de Seine-et-Marne a été interpellé mardi soir pour avoir incendié des voitures et feint une agression.
Adrien Desport, 25 ans, candidat FN lors des départementales et aujourd'hui suspendu, a été placé en garde à vue en compagnie de trois autres personnes dans les locaux de la police judiciaire de Meaux. Il leur est reproché d'avoir "sciemment incendié 13 véhicules dans la nuit du 8 au 9 avril" dans la ville de Mitry-Mory. Un événement par la suite largement utilisé sur les sites personnels d'Adrien Desport pour dénoncer une montée d'insécurité dans la commune.
La justice reproche en outre au jeune homme d'avoir "inventé une agression", le 28 mars, à la veille du second tour des départementales. Lors des perquisitions aux domiciles des mis en cause, les policiers ont saisi de la cocaïne ainsi que plusieurs effets appartenant à la police tels que des menottes, un gyrophare ou une bombe lacrymogène, a ajouté le procureur.
Les quatre hommes, âgés de 21 à 26 ans, ont reconnu les faits.
Source : Le Monde

- Le secrétaire général du Front national, Nicolas Bay, a annoncé l’exclusion définitive du parti de 16 candidats aux élections départementales de mars après des propos polémiques ou litigieux tenus lors de la campagne.
« A l’issue de la commission des conflits des 28 et 29 mai derniers, les décisions suivantes ont été prises et notifiées aux intéressés : sur 31 dossiers étudiés sur 33 [deux ont été reportés par nécessité de complément d’information], 16 exclusions définitives »,
Concernant les 15 autres cas, il y a eu « deux suspensions de deux ans, trois suspensions d’un an, quatre suspensions de six mois, une suspension de trois mois, un blâme, un avertissement, et trois personnes “mises en indésirables” [n’étant plus adhérentes statutairement, elles n’auront pas la possibilité de réadhérer] »
Lors des départementales, où le FN a pu faire élire 62 conseillers départementaux, les propos xénophobes, islamophobes, antisémites ou homophobes tenus par plusieurs dizaines de candidats FN sur les réseaux sociaux avaient été relevés par de nombreux médias. Le parti en avait suspendu certains. D’après un décompte du Huffington Post, sur 104 profils épinglés par la presse, soit 1,4 % de l’ensemble des candidats FN, aucun n’est parvenu à s’imposer lors de ces élections de la fin de mars, même si 56 avaient franchi le cap du premier tour.
Des plaintes d'associations anti-racistes sont également annoncées...


Pour l'instant, aucune nouvelle des lingots de JM Le Pen en Suisse, ni des affaires Riwal et Jeanne de MLP. A suivre, donc !


jeudi 11 juin 2015

Souvenirs, souvenirs (4)...

On se rappellera que "la guerre en Bosnie est une conséquence de la dislocation de la Yougoslavie, elle-même liée à la chute des régimes communistes en Europe de l'Est en 1989. La renaissance des idées nationalistes en Yougoslavie a fragilisé le rôle central du Parti communiste" (Wikipédia). Après l'indépendance de la Serbie, de la Slovénie et de la Croatie notamment, celle de Bosnie est proclamée en 1992, mais les Serbes de Bosnie refusèrent, ce qui fut le point de départ de cette guerre entre Croates, Musulmans et Serbes de Bosnie, ces derniers s'étant constitués en République indépendante... 
C'est dans cette pétaudière que nous avions l'intention de pénétrer et de rejoindre Sarajevo, après avoir quitté notre point de ralliement, Split, en Croatie. Je reprends le récit fait dans le texte cité hier (http://shuraedit.com/BOSNIE_AU_COEUR-Michel_Lemaitre.pdf) : "Le rassemblement a lieu au stade. Nous sommes environ deux mille. Le départ est prévu pour le lendemain à 10h30. Nous partons le 4 août à 12h. Plus de soixante-dix véhicules, environ mille personnes. Le reste de groupe doit nous rejoindre plus tard. Nous passons la douane à Kamensko… A Tomislavgrad, des militaires croates confisquent les films de Michel Riviere (ARTE)… Après avoir emprunté la « Diamand Road », piste construite par les militaires anglais, nous arrivons dans la nuit au camp près du lac Rama. Vers 4 heures 30 nous sommes réveillés par des tirs de roquettes de l'autre côté du lac (tirs croates vers les bosniaques). 8h00 – arrivée d'un hélicoptère qui amène des blessés. Des bruits courent : nous pourrions recevoir des tirs, être pris en otage… Réunion sur réunion…" Ces réunions durent des heures et des heures sous un soleil de plomb, avec comme sujet de discussion : on y va ou pas ? Sachant que la route vers Sarajevo est parsemée de check-points serbes, musulmans et croates que les Casques bleus essayent tant bien que mal de contrôler. On nous dit que les roquettes qui se sont échangées pendant la nuit avaient eu comme unique but de nous effrayer pour nous dissuader de continuer. Ainsi, au moment du début des tirs, mon amie Andréa, photographe à Beuvry, avec qui je partageais un sac de couchage (j'avais oublié d'en prendre un, alors qu'il figurait sur la liste des choses à emporter que j'avais moi-même rédigée !), se leva brusquement et s'écria : " Maintenant cela suffit, on retourne à la maison !" Faut dire que, si, jusque là, on avait peu eu l'impression d'être dans un pays en guerre, les roquettes nocturnes se chargèrent de nous rappeler aux réalités. Au lever du jour, comme tous les matins, les bouddhistes du groupe firent leurs prières et tout cela nous semblait étrange... Après les moultes réunions de la journée, après les recommandations des Casques bleus de nous arrêter, la décision fut prise que chacun déciderait s'il tente de parvenir à Sarajevo ou faisait demi-tour. C'est cette dernière solution que nous prîmes : il est vrai qu'il nous fallait rendre le bus avant le 10 août et que l'on prévoyait une fin de parcours longue et difficile. Nous étions pourtant les seuls à voyager en bus climatisé et nos conditions de transport étaient largement meilleures que celles des autres, souvent à bord de véhicules rudimentaires, avec un maximum de 9 personnes. Le bus des Ch'tis se fit remarquer... 
65 personnes, finalement, arriveront à Sarajevo le 11 août : c'est peu, par rapport au 2000 partis de Split et que dire par rapport aux 100 000 personnes prévus au lancement de cette opération "Mir Sada"! Nous étions plus calmes, dans le bus, pendant le retour... Nous fîmes le bilan de l'opération : nous avions livré à Split, à des organisations humanitaires, tout ce que nous avions emporté, quelques journalistes livraient quotidiennement des reportages (Le Monde avait un envoyé spécial), les journaux régionaux et FR3 nous accueillirent à Lille... Chacun eut l'impression d'avoir contribué, a minima à la paix, même si la guerre dura encore jusqu'en 1995...
Seuls mes enfants n'étaient pas contents car j'avais mordu de quelques jours sur le mois d'août qu'ils devaient passer avec moi... Mais ceci est une autre histoire ! 

mercredi 10 juin 2015

Souvenirs, souvenirs (3)...

Dès la frontière italo-slovène passée, l'ambiance fut quelque peu perturbée, un camion slovène nous ayant doublé dans des conditions acrobatiques sur une petite route sinueuse, il emporta notre rétroviseur... Constat amiable difficile à rédiger entre le chauffeur slovène qui ne parlait que sa langue et moi-même, ignorant totalement ce parler slave ! Mais la propriétaire du bus fut indemnisée, apprîmes-nous plus tard... Pour nous remettre de nos émotions, nous nous arrêtâmes dans une petite auberge pour nous restaurer et, là, on nous apprit qu'un garagiste pouvait nous faire une réparation de fortune. Quelques-uns de nos amis et l'un des chauffeurs se rendirent sur place et nous attendîmes sous un soleil matinal éclatant. En début d'après-midi nous commençâmes à nous impatienter et, tout le long de l'après-midi,  l'inquiétude gagna : et si nous nous étions fait voler notre bus ? C'est vrai que nous n'avions pris aucune garantie dans une région limitrophe d'un pays en guerre et certains envisageaient déjà un rapatriement honteux et imaginaient les titres de presse  du style : "ils étaient partis pour participer à la paix et ils ont été victimes d'un vol de bus avant même d'arriver !". Nous n'étions pas très fiers de nous être ainsi fait berner, sans parler du sort réservé à nos camarades...
Heureusement, bus et amis revinrent, avec la bonne nouvelle que, en raison du but humanitaire de notre voyage, la réparation nous était offerte... Rappelons que la Slovénie était, comme la Bosnie, partie de l'ex-Yougoslavie avant que n'éclate la guerre civile...
A la frontière slovéno-croate, nous fûmes retenus de longues minutes, les douaniers croates tentant de nous faire comprendre que le mot bakchich se déclinait dans toute les langues, mais nous restâmes sourds à leur demande, en estimant que le coût de ce voyage était déjà suffisamment élevé comme cela et nous finîmes par passer sans rien payer !
Nous arrivâmes, après 2 jours et 2 nuits de voyage, à Split, sur la côte croate, d'où nous devions entamer la partie la plus difficile du voyage, puisqu'il nous fallait pénétrer dans la zone de guerre où Serbes, Croates et Musulmans de Bosnie se battaient. C'est à Split qu'était fixé le rendez-vous de tous ceux qui voulaient marcher sur Sarajevo, animés par cette idée que si la communauté internationale n'arrivait pas à arrêter la guerre, il restait aux citoyens du monde entier à tenter de faire quelque chose pour la paix. On avait parlé de 100 000 personnes à Sarajevo, puis quelques semaines avant le départ, le chiffre de 30 000 était avancé. Nous nous retrouvâmes 2 000 à Split. J'ai toujours pensé que notre rendez-vous était fixé au 1er août à Sarajevo. Je viens de lire dans des mémoires d'un participant que notre départ de Split date du 3 août (http://shuraedit.com/BOSNIE_AU_COEUR-Michel_Lemaitre.pdf). Si quelque ancien du voyage lisait ces lignes, pourrait-il rafraîchir mon souvenir ?

A suivre

mardi 9 juin 2015

Souvenirs, souvenirs (2) ...

La guerre en Bosnie était la première depuis 1945 et l'opinion publique européenne et même mondiale souhaitait que cela cesse. Nous étions prêts à apporter notre contribution à cette volonté de paix et l'initiative de l'association "Équilibre" tombait à pic. Notre décision fut prise début juillet d'y participer. Il fallait non seulement trouver un autobus à un coût raisonnable (payé par les participants), avec son assurance obligatoire, mais également les personnes qui rempliraient le bus, ce qui n'ait pas évident en période estivale et pour un départ programmé une semaine avant le rendez-vous du 1er août à Sarajevo.
Plusieurs sociétés refusèrent de nous louer un bus (avec 2 chauffeurs), se retranchant derrière le refus de leur assureur d'accorder sa garantie pour un voyage dans un pays en guerre. C'est une petite société noeuxoise, Delannoy-Jumez, qui accepta immédiatement ma sollicitation. J'ai bien connu, ensuite, Annie Jumez, la directrice, élue d'opposition (droite) sur Noeux, et je ne fus pas étonnée de l'accueil favorable qu'elle me fit. Elle nous fournit un bus tout neuf (climatisée !), trouva un assureur responsabilité civile (mais pas "tous risques", donc sans garanties vol, incendie et dommages aux véhicules) et nous fit confiance. Je l'en remercie encore aujourd'hui, car elle prit des risques financiers énormes comme nous le verrons.
Dans le peu temps qui nous restait avant le départ, nous réussîmes à remplir le bus de 50 personnes. Nous étions une dizaine du Béthunois et avions trouvé une trentaine de personnes de la région lilloise (en majorité des bouddhistes... ou adeptes de la méditation). Il était prévu également de prendre en route des militants individuels (que nous avions trouvés, sans l'aide d'Internet et pour cause !) Nous fûmes également rejoints par une Serbe habitant le Bruaysis et qui fut d'une très grande utilité, car, bien entendu, elle nous servit d'interprète... Nous étions tous très émus quand nous nous rendîmes devant ce qui avait été sa maison, détruite par la guerre:  nous accompagnâmes ses larmes, tant à travers son histoire, on comprit la bêtise de cette guerre civile...
Parmi les voyageurs, tous mus par la même foi en la paix, régnait la certitude de faire leur devoir. Nous étions jeunes, pour la plupart (je devais être le plus âgé avec mes 46 ans), autant de femmes que d'hommes et de toutes conditions sociales. Il y avait un avocat, des enseignants, deux infirmières me semblent-il, un conservateur de musée, une photographe...
Départ improvisé et dans l'urgence, mais cela n'altéra pas notre bonne humeur, à tel point que je me souviens de cette co-voyageuse qui, dès la première journée, se leva et prit la parole pour dire qu'elle nous trouvait inconscients, par nos plaisanteries, alors que nous allions vers un pays en guerre... Son anxiété, permanente durant le voyage, ne nous empêcha pas de continuer à rire de tout. Le jour de notre départ coïncida avec la nouvelle que le maire de Béthune, Jacques Mellick, avait déclaré se trouver dans le bureau de Bernard Tapie, au jour et à l'heure où Nanard était accusé avoir discuté avec l'entraîneur de Valenciennes, Primorac, un arrangement pour laisser gagner Marseille, dans le fameux match OM/VA... Témoignage de complaisance, pensions-nous, nous les Béthunois. Dans les jours suivants, ce témoignage que tout le monde mettait en doute fit la une des médias : Paris-Béthune en moins d'une heure, le DGS de Mellick, Jean-Pierre Chruszez (oui, oui, celui qui sévit encore à Béthune et à l'Agglo d'Hénin-Carvin) qui démentit, dans l'hilarité générale, l'heure indiquée, sur une photo, par la montre d'une employée municipale, présente à une réception où figurait Mellick, pour justifier la présence du Maire à Béthune, parce que sa montre retardait toujours (sic !); la police se rendant dans les Antilles pour interroger, sur son lieu de vacances, Corinne Krajewski, supposée être avec Mellick dans le bureau de Tapie etc. Notre absence de Béthune nous empêcha de suivre ce feuilleton estival qui fit rire toute la France ! 

A suivre