dimanche 16 avril 2017

La "liberté de la presse" à Hénin-Beaumont.

Réponse "mesurée", ci-dessous, de La Voix du Nord aux attaques incessantes du FN (à travers notamment le magazine municipal, outil de propagande, payé par les contribuables héninois...). 
Je demande que le budget de cette publication soi-disant  municipale sorte du budget de la commune. Je propose aux élus d'opposition de saisir le Préfet, comme je le fais de mon côté...
Pour donner une idée supplémentaire de l'utilisation anti-démocratique de cet outil, sachez que les tribunes de l'opposition font l'objet d'une réponse systématique de la majorité, alors que l'inverse n'est pas possible puisque les opposants n'ont pas connaissance, avant parution, de la tribune de la majorité...

La Voix du Nord 13/4/2017
HÉNIN-BEAUMONT

Notre réponse aux attaques du dernier magazine municipal contre « La Voix du Nord »


- En guise d’« attaques », que lit-on ? Qu’un journaliste de l’agence n’hésiterait pas à s’afficher dans les bars de la ville avec l’ancien maire, Eugène Binaisse. Risible ! Tous deux étaient présents à une soirée de présentation d’un livre consacré à Hénin-Beaumont, à laquelle participait toute la classe politique héninoise, dont quatre adjoints frontistes de la Ville et des sympathisants FN. Lorsqu’on veut saluer quelqu’un à Hénin-Beaumont, faut-il dorénavant demander la permission au maire ?
- Le texte du bulletin municipal dénonce le compte rendu que nous avons fait du conseil municipal d’Hénin-Beaumont du 24 février, multipliant les expressions offusquées. «  Délirant  », «  dérive  », journaliste « procureur  », «  police de la pensée  ». Pourtant, dans le reportage de Complément d’enquête diffusé jeudi 23 mars sur France 2, l’adjoint Bruno Bilde donne une appréciation bien plus conciliante de ce même compte-rendu. On le voit annotant l’article et le commentant d’un «  ils ont été gentils, là  ». Puis, «  je voudrais qu’on réponde gentiment parce qu’ils n’ont pas été méchants ni très fielleux  » (sic). Alors, un contenu «  délirant  » ou «  pas très méchant  » ? Tout cela n’est pas très cohérent. Les indignations du FN sont à géométrie variable, ce qui en dit long sur leur sincérité.

Inversion des rôles

- Évoquant le climat houleux des conseils municipaux, un journaliste n’en serait plus «  à un mensonge près  ». Dès le premier conseil municipal de la mandature, les relations se sont tendues entre opposition et majorité. Elles n’ont cessé depuis de se dégrader. Sous les précédents mandats, il y a bien sûr eu des affrontements, des éclats de voix, mais ils n’étaient pas systématiques comme maintenant. Et le FN s’est montré tout aussi intransigeant dans l’opposition que dans la majorité.
- Dans une superbe inversion des rôles, il nous est reproché une «  posture de Caliméro  ». Si nous ne faisons que constater l’hostilité de la municipalité à notre égard, elle de son côté n’a de cesse de geindre sur un prétendu parti pris contre elle, comme en attestent les innombrables droits de réponse de la mairie (une trentaine en un an et demi), les courriels incessants de l’adjoint Bruno Bilde nous demandant pourquoi nous avons traité tel sujet et pas tel autre. La municipalité ne cesse de nous sommer de justifier nos choix éditoriaux. Curieuse conception de la liberté de la presse.

samedi 15 avril 2017

Conseil municipal d'Hénin-Beaumont (14/4/2017)

Comme annoncé, je n'ai pu être présent à ce conseil. J'ai, à travers la Voix du Nord (article et tweets) et des notes de Marine Tondelier, essayé de reconstituer l'ambiance pourrie de ce CM. Toujours la même : l'humour de bas étage du maire, les vociférations décomplexées de l'adjoint Bilde, la claque et les huées du public (orchestrées illégalement par la majorité), les coupures de micros de l'opposition, les insultes personnelles des 2 élus précités envers l'opposition...
NB : les textes, ci-dessous, ont été retranscrits dans leur intégralité (fond et forme).
Article de la Voix du Nord (Christophe le Couteux) :
Les conseils municipaux héninois se suivent et se ressemblent. Des odyssées au long cours alternant périodes d’accalmie et de bourrasques. Mais quand ça secoue c’est du sérieux. Cinq heures vingt de débat, entre une opposition et une majorité bien décidées à ne pas lâcher un pouce de terrain. Quand la première qualifie l’attitude de la majorité de «numéro de cirque », la seconde répond « numéro de claquettes ».Chaque camp répète ses argumentaires. La majorité reproche à l’opposition son mutisme en commissions et sa volonté de « faire du buzz » en conseil ou encore l’absence d’amendements proposés au budget.
« MINIMUM SYNDICAL »
De son côté, l’opposition, à plusieurs reprises, a défendu l’action de l’ancien maire Eugène Binaisse, un homme « honnête et droit » selon Stéphane Filipovitch. Marine Tondelier, à propos du budget : « Tout ce que vous nous proposez, ce n’est qu e le minimum syndical de ce que les administrés sont en droit d’attendre de leur maire, rendu possible par le rétablissement des finances de la municipalité précédente. »
Une comparaison qui fait sortir Steeve Briois de ses gonds taxant son prédécesseur « d’incompétent notoire… I l a laissé pourrir plein d’affaires. La friche Bénalu qu’on va récupérer en 2018 : en 2010, une entreprise locale a déversé des dizaines de milliers de tonnes de gravats pollués avec le concours d’une municipalité qui a fermé les yeux sur ça. La facture, c’est 11 millions d’euros pour dépolluer les sols . » Des propos « absolument lamentables, des méthodes de voyous », explose David Noël, qui réclame la parole debout sans l’obtenir.
« ZÉRO »
Autres moments de tension lorsque Bruno Bilde accuse Marine Tondelier d’avoir un « emploi fictif » ou lors de l’évocation du livre de cette dernière basé sur le témoignage d’agents municipaux. Le maire : « le personnel vit sereinement malgré le fait que vous essayez de le manipuler. Vous êtes zéro dans tous les domaines, sauf pour faire madame pipi et maintenant madame caca. Les trucs de caniveau, c’est pour vous. » Eh oui, à Hénin-Beaumont, ces choses-là se disent en conseil municipal.
Les coups ont été si rudes que des dépôts de plaintes ont été annoncés.
Quelques-uns des tweets de la Voix du Nord, pendant ce conseil, par ordre chronologique :
Bruno Bilde parle d'emploi fictif à propos de Marine Tondelier...
Steeve briois à Marine tondelier : "vous êtes zéro dans tous les domaines sauf pour faire madame pipi et même madame caca".
"Vous soutenez des gens totalement irresponsables, incompétents foncièrement malhonnêtes" de steeve briois à Marine tondelier
Marine tondelier à l'exécutif : "Vous venez de dire que j'étais corrompue, c'est de la diffamation".
Après des échanges très durs, le conseil municipal a repris un cours paisible. Jusqu'à quand?
Bruno Bilde pronostique: "On est là pour longtemps!"
Marine tondelier : "faire arrêter les gens (de leurs activités associatives), ça fait partie du plan".
Bruno bilde sur les subventions aux associations : "Je suis ravi que les cloportes ne reçoivent plus un euro de la ville. Merci m le maire!"
Steeve briois à l'opposition: " on peut faire des choses intéressantes en écologie sans vous car vous faites peur à tout le monde "
Marine tondelier : "32e applaudissement illégal du conseil".
Marine tondelier : " le cirque briois à planté son chapiteau à l'hôtel de ville, ça continue."
Fin du conseil municipal après 5h 20 de débat. Steeve Briois : "tout est bien qui finit bien".

Conclusion de Marine Tondelier
Le public, qui se croyait au cirque, a fait la claque à de multiples reprises, parfois même rejoints par les adjoints. Jusqu’à la sortie du Conseil où Bruno Bilde, dans une mise en scène digne de l’école maternelle, a organisé le chahut par tous les militants frontistes attroupés dans le hall pour « le pot de l’amitié » pendant ma descente de l’escalier d’honneur. Du grand art.

A signaler que la video "live" du conseil enregistré par Marine T a été coupée au bout de 1h18... Allez savoir pourquoi ! Il me semble me souvenir que celle du conseil précédent avait été brouillée après un certain temps de retransmission...

vendredi 14 avril 2017

Les promesses électorales n'engagent que ceux qui y croient...(2/2)

Continuons d'examiner les principales propositions de ce qui aurait pu être mon programme présidentiel.

- Agriculture
* Intensification de l'agriculture bio pour que chaque Français (y compris les agriculteurs) puisse manger bio au moins une fois par jour.
* Devant le manque de vocation des descendants à reprendre l'exploitation familiale, multiplions le nombre d'enfants dans cette profession. Polygamie et polyandrie (4 conjoints maximum) seront autorisées pendant 20 ans.

- Culture
* Chaque Français aura droit d'assister à 5 spectacles gratuits par an. 
* Toutes les compétitions sportives seront obligatoirement précédées d'une prestation d'une chorale ou d'une fanfare locales, dont la durée sera prise sur le temps de jeu.

- Démocratie participative 
* Vote obligatoire, sauf pour les femmes de ménage.
* Toutes les décisions importantes dans la vie familiale seront précédées obligatoirement d'un débat et d'un vote (les enfants y participeront à partir de l'âge de 6 ans).

- Immigration 
* Chaque Français sera tenu d'héberger une famille d'immigrés (ou l'équivalent : 3 personnes minimum), dans des conditions décentes, pendant une semaine. Ceux qui refuseront seront passibles d'une lourde amende ou de prison ferme.
* Les communes seront chargées, sur leur propre budget, d'organiser des voyages de découverte, pour leurs concitoyens, dans les principaux pays de provenance de l'immigration.

- Sécurité
* Chaque Français devra s'initier, sauf cas de force majeure, pendant un an, à un sport de combat, avant l'âge de 25 ans. Des stages de 6 mois seront organisés pour les 26/50 ans, pendant la période de transition. 
* Interdiction sera faite d'avoir en sa possession des sommes supérieures à 300 euros et de porter des bijoux d'une valeur supérieure à la même somme.

- Politique étrangère
* Des référendums seront organisés, en France métropolitaine, durant les 2 premières années du mandat, pour accorder ou non l'indépendance aux territoires d'outre-mer (y compris la Corse). 
* Suppression de toutes les ambassades. Des ambassadeurs itinérants sillonneront la planète.

- Justice 
* Les magistrats devront, pour être nommés, justifier que leurs 4 grands-parents sont ou étaient Français.
* Chaque Français sera astreint à passer 48h en prison. Ces 2 jours de découverte seront déductibles d'éventuelles peines de privation de liberté.

- Sports
* Il n'y aura plus d'équipes nationales, dans toutes les disciplines sportives. Les équipes seront désormais régionales ou européennes.
* Les clubs sportifs devront aligner, lors de chaque rencontre officielle, au moins 50% de joueurs nés sur le territoire régional.

jeudi 13 avril 2017

Les promesses électorales n'engagent que ceux qui y croient...(1/2)

Je vous l'avoue, je pensais me présenter aux élections présidentielles du 23 avril prochain. Las ! J'ai laissé passer la date limite de déclaration de candidature. En outre, je me suis mal organisé pour recueillir les parrainages. En résumé : un fiasco total ! 
Sauf que j'avais, depuis de nombreuses années, préparé un programme ! Plutôt que de le jeter aux oubliettes, je vous en livre, ci-dessous, quelques extraits. Peut-être que certains des onze candidats officiels seront intéressés par mes propositions et je me ferai un plaisir, avant mise au pilon, de les leur adresser (sauf à M. Le Pen).

- Institutions
* Suppression du Sénat comme assemblée parlementaire. Pour le remplacer, des citoyens tirés au sort et après formation accélérée, viendront siéger, bénévolement (mais défrayés), 3 mois par an. 4 groupes par an. Si cela fonctionne bien, on pourrait en faire autant avec l'Assemblée nationale.
* Les pouvoirs du Président de la République seront réduits à l'inauguration des chrysanthèmes. De ce fait, il sera élu, au suffrage universel, par les Français âgés de 8 à 17 ans (introduction à l'éducation civique).

- Emploi
* Réouverture des maisons closes, ce qui devrait créer entre 150 000 et 200 000 emplois nouveaux et rapporter environ 3 milliards d'euros à l'Etat, chaque année.
* Création de 4 millions d'emplois dans la fonction publique, gagée sur une taxe sur les mouvements financiers. Tout au long de mon mandat, mon adversaire désigné sera la finance.

- Société 
* Bigamie autorisée pour les couples gays.
* Une pension pour la veuve du Soldat inconnu (reprise de la promesse de Ferdinand Lop).

- Economie :
* SMIC à 2000 euros par mois, suppression de toute imposition pour ceux dont les revenus sont inférieurs à 25 000 euros par an. Mesures gagées sur un doublement de l'ISF et un impôt libératoire de 30% sur les salaires des sportifs et les cachets des artistes, supérieurs à 200 000 euros par an.
* Pénalités de 50 % sur les revenus non déclarés.

- Développement durable : 
* Obligation pour chaque Français de manger bio une fois par jour.
* La chasse ne sera autorisée que durant le mois de décembre.

- Europe :
* Redimensionnement de l'Europe à 6 pays : France, Suisse, Luxembourg, Malte, Andorre, Liechtenstein. De ce fait les institutions européennes siégeront désormais au Larzac.
* La France aidera ses nouveaux partenaires à se doter de l'arme atomique.

A suivre

  

mercredi 12 avril 2017

Cela se passe comme cela à Hénin-Beaumont (suite et pas fin...) !

Vendredi 14 avril aura lieu le conseil municipal de la ville gérée (?) par le FN.
Mêmes critiques habituelles sur l'heure de ce conseil (9h), ne permettant pas toujours aux salariés élus de se libérer, sur la date d'envoi de la convocation (8 avril), délai légal certes, mais limite pour prendre ses dispositions. Nul doute, d'ailleurs, que les élus majoritaires (mais pas les autres, bien sûr) ont été prévenus officieusement, avant la date limite. C'est ce qui se passe dans les communes gérées démocratiquement où le maire avertit tous les conseillers, dès qu'il en a pris la décision, de la date du prochain conseil. Préparer l'ordre du jour, avec les documents joints, requiert un délai bien en amont de l'envoi de la convocation. J'ajoute que bien des maires établissent un calendrier prévisionnel des réunions et en informent l'ensemble des conseillers afin que ceux-ci prennent leurs dispositions dans le cadre de leurs activités professionnelles ou même privées. 
Autre tactique voulue par le maire de la commune d'HB pour que des conseillers municipaux de l'opposition ne puissent assister au conseil et ainsi fustiger leur absence : fixer cette réunion, en pleines vacances scolaires, qui plus est le vendredi de Pâques (vendredi saint, fête religieuse, me semble-t-il pour les Chrétiens ?) ! Il avait déjà fait le coup le vendredi 15/7 dernier, en plein pont du 14/7 ! 
Ce ne sont pas seulement les élus minoritaires qui sont concernés, mais, également, les citoyens "actifs" désireux d'assister à ces conseils ouverts au public... Par contre la "claque" du FN est toujours présente en nombre, allez savoir pourquoi...

Pour ce conseil de vendredi, Marine Tondelier a prévu de poser une question orale au maire, dont le contenu vaut son pesant d'or ! Qu'on en juge :

"Le 18 avril 2015, alors que je participais avec d’autres jeunes militants d’Hénin-Beaumont à un tractage contre TAFTA pour sensibiliser au contenu de ce traité et aux risques qu’il fait courir sur nos normes sociales, environnementales et sanitaires, deux agents de la police municipale héninoise, visiblement mal à l’aise d’avoir à le faire, sont venus nous  demander de cesser notre diffusion de tracts en nous précisant qu’ils avaient reçu des ordres en ce sens. Motif invoqué: nous n’avions pas demandé l’autorisation au maire. Du jamais vu. Et des faits particulièrement angoissants pour nos libertés publiques et politiques.
Ce tractage faisait pourtant suite à une motion adoptée à l’unanimité au Conseil municipal, bien qu’émanant du groupe d’opposition. Il ne représentait aucune menace pour la sécurité, se déroulait dans une ambiance parfaitement bon enfant, du côté militant comme du côté des automobilistes, et n’avait fait l’objet d’aucun incident.
J’avais à l’époque déposé une question orale sur le sujet que Bruno Bilde avait prétendu ne pas avoir reçu car sa boite mail avait soit disant été « hackée ». En novembre, après que je l’ai redéposée, il m’a été répondu que notre action avait posé des questions évidentes de sécurité pour cause de proximité notamment de l’autoroute A1.
En réalité la distribution de tracts au sens large ne peut être interdite et n’est pas soumise à déclaration préalable. Nous n’avions donc pas à demander d’autorisation de distribution, et si cela avait été le cas, la demande était à faire en Préfecture. La mairie n’a pas en effet à se prononcer sur des routes départementales comme l’est le rond point des vaches.
Quelle ne fut donc pas ma surprise le 9 avril dernier d’être prévenue d’une action militante similaire en cours organisée par le rassemblement bleu marine, Laurent Brice posant fièrement sur les réseaux sociaux aux côtés de militants frontistes en vantant une « Énorme opération tractage au rond-point des vaches à Henin-Beaumont »
Sauf erreur de ma part, les conditions de ce tractage n’offraient pourtant pas davantage de garanties de sécurité.
Sauf erreur de ma part, la police municipale n’a pourtant pas été envoyée pour inviter les militants frontistes à cesser cette opération.
Avant que mes propos ne soient – comme souvent – manipulés par vos soins, je tiens à préciser que cette question ne met absolument pas en cause les policiers municipaux qui ne font que leur travail et, dans ce cadre, appliquent les consignes.
Alors Monsieur le Maire ma question est la suivante: pourquoi ce traitement à géométrie variable?"
Quel subterfuge utilisera le maire pour ne pas tenir compte ou ne pas répondre ? 
PS : je ne serai probablement pas présent au conseil de ce vendredi, car, même si je ne suis pas élu, j'ai mes propres obligations personnelles (non religieuses !)... Je me référerai donc aux commentaires que d'autres ne manqueront pas de retenir de cette réunion "pascale", pour vous raconter... Mais, d'ores et déjà, on peut prévoir : les quolibets et la claque de la part du public (interdits, bien sûr), les coupures de micro des élus de l'opposition, les attaques contre La Voix du Nord... Bref, "la démocratie à la mode FN" !



mardi 11 avril 2017

Drame familial en perspective chez les Le Pen...

J'avais mis un lien, hier, sur Facebook, vers un article du Monde sur les propos de M. Le Pen sur la rafle du Vel d'Hiv. Vous trouverez ce lien, ci-dessous (1). MLP rappelait les déclarations du général de Gaulle qui estimait que l'Etat français était à Londres à ce moment-là et que ce n'était donc pas la France qui avait ordonné la rafle : le régime de Vichy ce n'était pas l'Etat français. J Chirac était revenu, en 1995, sur cette doxa en déclarant que la France était bien responsable de la rafle du Vel d'Hiv...
J'avais introduit le sujet de la manière suivante : "Moi, ma famille paternelle a été raflée par des gendarmes français.
Ma famille maternelle a été prévenue par un commissaire de police qu'elle allait être cueillie chez elle le lendemain matin.
Dans les deux cas, c'était la France, Madame Le Pen !"

Or, toujours dans le Monde, Annette Wieviorka, historienne, directrice de recherche émérite au CNRS et spécialiste de la Shoah, revient sur les propos de Marine Le Pen sur la rafle du Vél’ d’Hiv. Lien ci-dessous (2). Et elle corrobore ma préface : "La France, c'était à la fois de Gaulle à Londres et Pétain à Vichy".
De Gaulle, à la Libération, n'avait qu'un seul objectif : réconcilier les Français. Pour cette raison, il n'eut de cesse de dire que Vichy n'était pas la France. Aujourd'hui, les collaborateurs de cette époque (élus, fonctionnaires, simples citoyens) ont pratiquement tous disparus : les plus jeunes (20 ans en 1945) auraient aujourd'hui plus de 90 ans. Et ce n'est plus la peine d'entretenir la stratégie ambiguë du général... La réalité est bien que l'Etat français, c'était celui représenté par le gouvernement de Vichy. La Résistance ne représentait pas la France, même si elle combattait pour elle, et contre le régime de Vichy. Chirac avait eu le courage de le reconnaître en 1995 et F. Hollande confirma ce constat d'évidence.
Alors pourquoi cette saillie de M. Le Pen ? Annette Wieworka l'explique bien : "Beaucoup se sont aveuglés en disant qu’il n’y avait plus d’antisémitisme au Front national. En fait, ce parti est composite et il y a aussi une tendance antisémite en son sein. Ce n’est pas parce qu’il y a un antisémitisme musulman que l’antisémitisme a disparu dans le reste de la population. Marine Le Pen espère sans doute flatter cet électorat. Le substrat antisémite est toujours remonté à la surface en période de crise. C’est encore le cas aujourd’hui. On l’entend encore au sujet d’Emmanuel Macron en rappelant qu’il était banquier chez Rothschild. Comme je le dis souvent, on ne lui collerait pas cette étiquette de banquier s’il avait travaillé au Crédit agricole."

Oui, il existe encore des nostalgiques de Vichy au FN, ceux qui créèrent ce parti, et cette "vieille garde", pas toujours vieille d'ailleurs (on sait qu'il existe de nombreux néo-nazis au FN, ou en marge du parti), n'est pas d'accord avec la politique de dédiabolisation voulue par MLP. Cette dernière mesure bien que, en cas d'échec lors des deux prochaines élections, certains remettront en cause sa stratégie. On pense bien entendu à Marion Maréchal-Le Pen et, en sous-main, à JM Le Pen. 

2- http://www.lemonde.fr/politique/article/2017/04/10/annette-wieviorka-la-france-c-etait-a-la-fois-de-gaulle-a-londres-et-petain-a-vichy_5108938_823448.html#Ahy28VgsDZihs3bR.99


lundi 10 avril 2017

On vous aura prévenus ! Combien vous perdrez à la suite d'une sortie de l'euro...


La déflagration d'une sortie de la monnaie unique
Le Monde 9/4
Le retour au franc, proposé par Marine Le Pen, la candidate du Front national, pénaliserait les Français les plus modestes

Pour le Front national, quitter l'euro permettrait à la France de retrouver sa souveraineté économique. Même si sa candidate, Marine Le Pen, assure qu'en cas de victoire elle proposerait d'abord un référendum aux Français sur le sujet, le scénario du " Frexit " inquiète les investisseurs. Mais aussi tous ceux affolés par les mensonges et les approximations que professent les frontistes afin de convaincre les électeurs déçus par l'Europe.

Depuis quelques semaines, les cercles de réflexion de tous bords multiplient les études pour tenter de mesurer le coût d'une telle décision. Selon l'Institut Montaigne (centre droit), le produit intérieur brut (PIB) reculerait de 2,3  % au bout d'un an et de 9  % d'ici quinze ans, soit une perte d'activité de 180 milliards d'euros. D'après Terra Nova (proche du Parti socialiste), chaque ménage perdrait entre 1 066 et 1 830  euros par an, tandis que Génération libre (libéral) estime que la facture immédiate pour le pouvoir d'achat serait de 10  milliards d'euros. La Banque de France, elle, calcule que la charge de la dette publique (les intérêts) gonflerait de 30  milliards d'euros par an… " En vérité, il est très dur d'établir un chiffrage précis, explique Jézabel Couppey-Soubeyran, économiste à l'université Paris-I. Mais une chose est sûre : les avantages qu'apporterait un retour au franc sont largement surestimés. "

Dévaluation de 10 % à 20 %
Du fait de notre important déficit commercial, le franc se dévaluerait au moins de 10  % à 20  % face à l'euro, selon les estimations. " Cela se traduirait par une explosion des prix des produits importés douloureuse pour le pouvoir d'achat ", explique Grégory Claeys, économiste chez Bruegel, un centre de réflexion bruxellois. Dans la foulée, les Français verraient la valeur de leurs économies diminuer. Avec une inflation à 0,5  %, un livret d'épargne qui affiche une rémunération de 1  % rapporte en effet 0,5  % (hors fiscalité). Mais si l'inflation grimpait à 6  %, le bas de laine fondrait mécaniquement. " En outre, le retour au franc s'accompagnerait d'une montée des taux d'emprunt : contracter de nouveaux prêts immobiliers coûterait beaucoup plus cher ", ajoute Philippe Crevel, économiste au Cercle de l'épargne.

De leur côté, les entreprises seraient-elles gagnantes ? Il s'agit du grand argument des soutiens au retour du franc : retrouver une monnaie dévaluée regonflerait notre compétitivité. Il est vrai qu'en théorie, les produits français coûteraient moins cher à l'exportation. Mais nos entreprises devraient d'abord absorber le choc de la hausse des prix des nombreuses consommations intermédiaires qu'elles importent (textiles, caoutchouc, pièces électroniques…).

Une course au moins-disant
Surtout, il est peu probable que la zone euro résiste à un " Frexit ". L'Italie et l'Espagne reprendraient, à coup sûr, leurs propres devises dans la foulée. Résultat : " nous reviendrions à l'instabilité des années 1970 et 1980, où les dévaluations compétitives à la chaîne faisaient rage en Europe ", rappelle Philippe Gudin, économiste chez Barclays. Résultat, le gain de compétitivité espéré face à l'Allemagne serait en partie effacé par la concurrence de l'Espagne ou du Portugal, dont les produits seraient bien moins chers que les nôtres… Une course au moins-disant dont personne ne sortirait gagnant.

Et l'Etat, dans tout cela ? Le FN assure que le stock de dette en euros pourrait être converti en francs. Une mesure qu'apprécieraient peu les investisseurs. Ils réclameraient automatiquement des taux d'intérêt plus élevés pour les nouveaux emprunts. Un argument que les économistes du FN – comme ceux de Jean-Luc Mélenchon – balaient un peu vite, faisant valoir que la Banque de France se chargerait de racheter les nouvelles obligations émises par le gouvernement. C'est oublier qu'une telle manœuvre reviendrait à faire augmenter la quantité de francs en circulation – d'où l'expression " faire tourner la planche à billets ". " On a déjà testé dans le passé : cela fait mécaniquement grimper l'inflation ", explique M. Claeys.

Là encore, les ménages les plus modestes en seraient les premières victimes. Les plus aisés auraient, eux, peu de mal à placer leurs économies à l'étranger pour en protéger la valeur. C'est ce qu'on l'a observé en Grèce au printemps 2015, lorsque le risque d'un " Grexit " a contraint Athènes à instaurer un contrôle des capitaux afin de limiter la fuite des dépôts. Dans son étude consacrée au sujet, Terra Nova résume ainsi les choses : " Le FN, qui se prétend partout le “parti du peuple”, est en fait le pire ennemi des gens ordinaires, des travailleurs modestes et des petits épargnants. "

© Le Monde