mardi 23 novembre 2010

Une enquête du commissaire Cimares: du rififi à Hévin-Balmont (3)

Résumé de l’épisode précédent : à HB, pour accéder au pouvoir, « la fin justifie les moyens ! »

 


Des personnages peu recommandables



L’accueil au « Pace » fut de qualité et Doni le patron fit un accueil sympathique au commissaire et à Alain P, vantant les mérites de cuisinière italienne de son épouse native de Bologne : ses spaghettis « bolos » n’avaient rien à envier à celles de « là-bas ».. Le commissaire se laissa tenter, tandis que son compagnon de table opta pour un « tartare » qui se révéla être un excellent choix, aussi.

Au milieu de l’ambiance bon enfant, le commissaire fit part de sa perplexité : « au mieux, la Fédération PS du Pas-de-Boulogne a fait montre de légèreté, d’incompétence et d’irresponsabilité. Au pire, elle a agi comme si elle était sous la contrainte, pour protéger quelqu’un ou quelque chose…Qu’en pensez-vous ? » 
Au même moment, un dénommé Jean-Ciré passa saluer Alain P et ce dernier en profita pour lui poser la question. La réponse fusa, lapidaire : « il y a probablement des secrets qu’il vaut mieux cacher pour éviter des scandales en chaîne ». « Oui, mais encore ? » fut la répartie du policier ? « A vous d’y répondre, commissaire, c’est votre job ! » signifia, mi-péremptoire, mi-ironique, Jean-Ciré qui s’éclipsa aussitôt…

«  J’ai entendu dire que le PS avait introduit un espion-manipulateur-conseiller dans la place, au début 2007 . Qu’en savez-vous ? ». Je pense que vous voulez parler du dénommé Jean-Pierre Cruché…J’avais connu cet homme à Belune d’où je suis originaire. Je militais activement dans un parti politique écologiste, et m’étais opposé à un cacique du PS, Jacques Méric, ancien ministre et qui avait dirigé la ville de façon très critiquable, mais avec certains résultats, il faut le dire, positifs. Ce compagnon de route de D. Mèrecheron (au même titre que Kucheniet ; tous les 3 s’emparant de la Fédération 62 du PS en 1973), trésorier du Parti (le fut, ensuite, le député Lacon…ce qui explique les complicités et connivences entre, en particulier, Mèrecheron, Lacon, Méric, Kucheniet…), du temps où il n’y avait pas de loi bannissant, du financement politique, les dons des entreprises (rappelez-vous les « affaires » dans lesquelles tous les partis furent touchés), ce Méric, donc, utilisait des moyens, disons peu orthodoxes, pour faire de la politique, plus ou moins au vu et au su de tout le monde. D. Mèrecheron avait l’habitude, quand on parlait de Bélune, en ma présence, de se tourner vers moi et de me demander ingénument : « c’était des billets de 50 ou 100 francs que distribuait Jacques pour être sûr que les gens voteraient bien ? » 

L’autocrate social de Bélune avait un bras droit, secrétaire général de la mairie, en charge de tous les coups douteux : Jean-Pierre Cruché, qui s’empara au milieu des années 90 du Parti Rasical du Pas-de-Boulogne pour en faire une annexe inféodée du PS. Son machiavélisme (dévoilée à la France entière lors de sa défense maladroite de son patron dans l’affaire Bernard Patie), son côté sans foi ni loi, l’avaient classé parmi les gens dangereux dans la caste des hommes politiques. Un drame personnel et les ennuis judiciaires de Méric l’avaient fait se retirer de la scène politique. Quelle ne fut donc pas ma surprise quand il m’appela fin 2006 pour me proposer de le rencontrer…en mairie. Il me raconta qu’il avait été envoyé par le PS pour « surveiller » GD et me demanda si j’étais prêt à l’aider…Je pris contact avec Serge Jaquin, secrétaire fédéral, qui me confirma le rôle assigné à JPC. Je fus surpris car Serge J m’avait juré ses grands dieux que lui, tant qu’il serait à la tête du Part Social, il était hors de question que GD ne revienne au PS et obtienne l’investiture pour les municipales de 2008. J’interrogeai Mèrecheron qui me dit ne pas être au courant…

Cimares souriait : « ainsi donc, dès 2006, malgré les rapports de la Chambre Régionale des comptes et les commentaires sans équivoque affluant de partout, dont vos prises de position sans langue de bois, le PS avait décidé de soutenir Dalongebourg. Et la question est de savoir pourquoi ? 
J’ai lu les articles de P.Ballart, que vous m’avez transmis et il apparaît évident qu’à l’époque, le PS était ennuyé: ne pouvant réintégrer GD dans le parti, parce que la section menée par Daniel Delequenne (futur maire éphémère) était contre, quelques barbouzes, teléguidés en sous-main par GD, avaient créé une section rasicale-sociale dont le siège était… à la Fédé PS à Vens. Preuve de la duplicité des uns et des autres, 2 employés de mairie hévinois avaient fait un fric-frac au siège du Mouvement des jeunes sociaux (MJS), mais s’étaient fait prendre la main dans le sac. Le MJS, sur ordre probablement du PS, n’avaient pas porté plainte : cet Hévingate aurait pu, à l’époque, permettre de changer les choses, mais encore une fois, le PS n’a pas voulu couler GD ! Toujours la même question : pourquoi ? 

A quoi pensait le journaliste de « La Parole du Nord » quand il écrivait : « À Hénin, en 2007-2008, de nouvelles entreprises débarquent d'on ne sait où pour effectuer divers travaux, pas toujours nécessaires d'ailleurs, mais toujours à des tarifs prohibitifs, à la piscine ou au centre culturel de l'Estapade par exemple ». A des entreprises liées au Parti ? Ou à des entreprises travaillant en réseaux avec des municipalités PS ? Qui empochent les surplus, les commissions… ?  Autant de questions auxquelles l’enquête pénale devrait donner des réponses, sans doute explosives. La proximité des élections présidentielles de 2012 est un gage que le pouvoir n’empêchera pas que l’on aille jusqu’aux ramifications politiques susceptibles de mettre en cause un parti d’opposition…

Je pense que c’est pour cette raison que l’on m’a demandé d’enquêter, bien que ma mission soit purement politique… ».
Son convive ajouta : « De plus, Marion El Ben vient s’implanter à Hévin, en 2007, après avoir disputé le second tour des législatives contre le candidat social Albert Lacon dont les 55% réalisés à HB lui restent en travers de la gorge, alors qu’il y réalise habituellement plus de 60%... Ayant tour à tour, depuis 10 ans, soutenu et combattu GD, il sait très bien que son devoir social est de ne pas cracher dans la soupe, et on le lui rappelle souvent, en haut lieu, lors de ses errements colériques. L’implantation de MAB (Marion Al Ben) à HV est un avertissement pour le PS qui voit se déliter son emprise sur le secteur ».

Les crêpes étaient délicieuses et le café, gracieusement offert par Doni, clôtura repas et confidences d’excellente façon.
Il fut convenu que l’on se retrouverait le lendemain à 14h à l’hôtel du commissaire…


A suivre

lundi 22 novembre 2010

Une enquête du commissaire Cimares: du rififi à Hévin-Balmont (2)


Résumé de l’épisode précédent : l’arrivée de Dalongebourg à HB et ses compromissions avec le FN

Petits arrangements en famille

Petit déjeuner de travail au Novotel en compagnie de témoins de la période qui suivirent la première élection de G. Dalongebourg. Témoins demandant l’anonymat, révélant ainsi le climat de terreur régnant encore aujourd’hui à Hévin-Balmont.

Le commissaire possède tout un art pour faire accoucher les souvenirs de ceux qui faisaient de gros efforts pour mettre leur mémoire à contribution.
De quand date le retour en grâce auprès du PS de celui qui l’avait défié en se présentant contre son candidat officiel ?  Quelqu’un fit remarquer que la planche de ce candidat désigné (Darchi) avait été soigneusement savonnée par 2 « barons » locaux : les députés Kucheniet et Lacon, le premier n’ayant pas digéré le refus de fusion entre les 2 Agglo, le second  voyant, dans le dézinguage de Darchi, le moyen de prendre la Présidence de l’Agglo Hévin-Careau. Certes, l’apport de son parc immobilier par la SAENIC, outil « logement social », dès 2003, à Pas-de-Boulogne Habitat, après une fusion avec Artois-Développeur, fut un geste envers le PS, tant PDBH est le bras armé financier et électoral pour le Parti. C’était un geste de bonne volonté de la part de G. Dalongebourg envers le PS pour marquer sa volonté de s’éloigner de son mentor, Jean-Marie Alexandrie, patron du MRC (Mouvement des Républicains Controlés).
Pour les élections régionales de 2004, GD apporta son soutien à la liste PS menée par Daniel Mèrecheron. A chaque cérémonie de vœux, les barons sociaux venaient se réjouir du renouveau d’Hévin, alors que les rapports de la CRC se succédaient dénonçant la mauvaise gestion de la ville.
Alain Pernal ajouta que, sur demande de Daniel Mèrecheron, il accompagna ce dernier aux vœux municipaux 2005, qu’il y annonça son installation à Hévin, tout en déclarant son refus de collaborer avec GD. « D.Mèrecheron me dit à plusieurs reprises, les mois suivants : « tu es sûr que c’est une bonne idée de ne pas travailler avec lui ? ». J’avais beau lui faire part des extraits des rapports de la Chambre, manifestement il n’y croyait pas ou refusait de le croire : certes, je me posais la question de pourquoi cet aveuglement, mais je n’avais pas de réponse sur ces liens aussi forts qui lui faisaient dénier ce qui me semblait pourtant très clair… ». C’est quelques jours plus tard que Alain P ajouta que G. Dalongebourg lui avait demandé 3 fois, avant 2008, par l’intermédiaire d’un émissaire, de participer à sa prochaine liste de gauche soutenue par le PS, avant de le solliciter lui-même et de s’enquérir des raisons de son refus : « tu gères très mal la ville », répondit Alain P, surpris par la réponse : « justement, viens m’aider à gérer ». Cela confirma à Cimares que GD se sentait adoubé par le PS.
Il faut dire que le bougre savait protéger ses arrières et que, quand on découvrit comment il « tenait » des élus locaux, participants réguliers à des parties fines dans des appartements loués par la ville d’Hévin, dans une commune voisine, Flers-en-Escrédieux, on comprit qu’il s’était constitué des réseaux qu’il serait difficile de combattre, le jour venu.
Et c’est donc sans surprise que le commissaire apprit que, loin de s’être arrêté aux entrevues secrètes avant 2001, avec le FN, les relations perduraient malgré un FN pas dupe de la tactique. Ainsi Dalongebourg prit prétexte d’une rencontre entre son adjoint Georges Cabrillon et Steeve Brioud pour laquelle il avait lui-même mandaté le premier nommé, pour lui retirer ses délégations ! Est-ce de cette collaboration forcée avec le FN que datent les relations Cabrillon/FN, découvertes bien après ? Le policier déclara que l’on approfondirait  plus tard.
Il confirma dans un aparté avec Alain Pernal qu’il était fortement troublé par ce jeu maléfique avec le FN, dont l’idéologie était dénoncée par les uns et les autres, alors que les mêmes jouaient un rôle équivoque dans l’ombre. A. Pernal lui fit part de son sentiment : « J’avais été sidéré par les révélations sur l’affaire Balou (les rencontres secrètes G. Dalongebourg/ Steeve Brioude dévoilées par ce dernier après avoir compris s’être fait berné). Je n’étais pas au bout de mes surprises, bien des années plus tard, durant l’été 2009, d’apprendre que G. Cabrillon avait également entretenu des relations avec Brioud et son conseiller Boulde afin d’éliminer Dalongebourg, jeu auquel s’était livré ce dernier pour faire tomber Darchi ! Il est vrai que, dès 2006, j’avais été surpris par le discours de Georges C qui tempérait mon aversion pour l’idéologie lepéniste, en me disant qu’il ne fallait surtout pas penser que  Hévin était empreinte des idées du FN et que ce dernier prospérait, non par son idéologie, mais par les erreurs commises par les 2 derniers maires. Ce discours, enrobé de préventions anti-El Ben alors qu’il entretenait à l’époque des liens suivis avec le FN ! Liens dénoncés en 2008 par la nouvelle conseillère municipale, égérie du FN, Marion El Ben, en plein conseil municipal. ». « Je vois », dit le commissaire, « l’histoire se répète : la fin justifie les moyens et les machiavels hévinois ont retenu la leçon. Mais comment ne vous en êtes-vous pas rendu compte ? ». J’aurais dû m’en apercevoir quand, en 2006, j’ai fait venir un ami spécialiste du FN et que G. Cabrillon a donné instruction à ses amis de ne pas venir assister à l’exposé, ce que j’ai appris, quand même, de suite. Je me suis fait endormir…Le summum de la duplicité a été atteint quand il m’a demandé de donner mon avis sur un recours déposé par lui pour annulation de l’élection de GD, alors que j’ai appris plus tard que ledit recours avait été rédigé par…l’avocat du FN. En septembre 2009, je lui écrivais enfin : « Ce n'est qu'aujourd'hui que je comprends tes circonvolutions autour de ce sujet... ». Et oui, il m’en avait fallu du temps pour comprendre la duplicité de toutes ces personnes ! ».. « Croyez-vous que le PS était au courant de tout cela ? » interrogea le policier. Non, je ne pense pas, cela ne l’intéressait pas du tout… »

« Voulez-vous dire.que, pour la Fédération du Pas-de-Boulogne du PS, la fin justifiait les moyens également ? » J’étais persuadé, en tout cas, qu’elle voulait garder le pouvoir, sans trop regarder les moyens employés… ».
« J’aimerais que nous en parlions un peu plus précisément dès demain ». Rendez-vous fut pris dans un café, ex-PMU, face à l’Eglise, pour le lendemain midi.

A suivre

dimanche 21 novembre 2010

Le PS 62 se trompe d'adversaire...

  • Martine Aubry a désormais le destin de Pierre Ferrari entre les mains

    vendredi 19.11.2010, 05:10 - La Voix du Nord
     Pierre Ferrari, s'il n'a désormais plus son destin socialiste entre les mains, laisse entendre sa volonté de ne pas changer de cap. Pierre Ferrari, s'il n'a désormais plus son destin socialiste entre les mains, laisse entendre sa volonté de ne pas changer de cap.

    |  ON EN PARLE |

    Est-ce une réelle surprise ? À vrai dire non... Depuis quelques mois, Pierre Ferrari (dont on sait qu'à l'instar de son ex-patron, Gérard Dalongeville, la patience n'est pas la qualité première) a en effet tout mis en oeuvre pour que le Parti socialiste le mette hors jeu. Depuis lundi, une procédure d'exclusion, formulée par la « fédé 62 » a été placée entre les mains de Martine Aubry. Le préambule à un... nouvel élan ?
    PAR PASCAL WALLART
    henin@info-artois.fr
    Lundi dernier, Pierre Ferrari s'est, pour une fois à son corps défendant, invité au conseil fédéral du Parti socialiste. Bien évidemment en ces temps de guérilla électorale assumée, le jeune Héninois n'était pas présent physiquement. Mais son cas n'en était pas moins au coeur de toutes les conversations.
    Car en choisissant de guerroyer contre le candidat officiel aux cantonales d'Hénin-Montigny, après avoir organisé des votes officieux d'une section héninoise que la fédération n'a toujours pas autorisé à renaître, l'ex-MJS s'est engagé dans un bras de fer quasi-suicidaire avec les autorités fédérale et nationale. Un combat du pot de terre contre le pot de fer qui en arrive donc au round décisif. Lundi soir, une demande d'exclusion de l'ancien leader MJS a donc été validée à l'unanimité par un conseil fédéral qui, ce soir-là, avait fait le plein.
    Catherine Génisson, secrétaire fédérale, commentait, hier, cette décision collégiale : « La candidature de Pierre Ferrari, j'en ai référé à notre Première secrétaire nationale en indiquant que le seul socialiste désigné et légitime était Jean-Marie Picque avec comme suppléante Caroline Troy... Toute autre initiative place de facto son auteur en dehors de notre parti. La situation de M. Ferrari doit désormais être traitée par Martine Aubry... Qui m'a d'ailleurs indiqué que des décisions seraient rapidement prises afin de clarifier la situation héninoise... » Un des premiers à se satisfaire de la situation, c'est le député Albert Facon. Un patron de la « quatorzième » qui, après une période de bonne entente avec M. Ferrari, en a désormais plus que marre : « Ce qu'il a fait à Jean-marie Picque, ces courriers à répétition, ce harcèlement, c'est tout simplement odieux ! Que ce garçon, aujourd'hui, se décide sauvagement à se lancer dans cette cantonale, là ça a été la goutte qui a fait déborder le vase. Mais dans quel parti se trouve-t-on pour tolérer ça ? Personnellement, il y a longtemps que j'aurais déjà tranché. Catherine a été très patiente dans cette affaire... » Et le Courriérois de se réjouir de l'unanimité de ses camarades, lundi soir : « Même Guy Delcourt a voté pour. Aujourd'hui Guy a compris qui était Ferrari. C'est un garçon qui a "pris" une tête énorme et qui n'écoute personne. Là il charrie ! Il a vraisemblablement beaucoup appris au contact de Dalongeville, ça a été un bon élève qui a aujourd'hui presque dépassé son maître !
     » Un coup de massue que Pierre Ferrari attendait bien évidemment. Mais pas si vite : « C'est fou tout de même que tout ça se soit joué lors d'une réunion à laquelle je n'ai même pas été convié pour me défendre... En tout cas, de ce que je sais, le vote n'a pas été obtenu à l'unanimité comme on vous l'a dit. Et Guy Delcourt, s'il était bien présent en début de séance, ne l'était plus lors du vote. Mais je ne veux pas polémiquer. En tout cas, quoi qu'il arrive, qu'ils sachent que je ne quitterai pas Hénin-Beaumont et que je continuerai à m'y investir dans les années à venir avec ou sans l'étiquette socialiste... »Petit sel supplémentaire concernant ce conseil fédéral que la précision confiée en « off » par certains et laissant entendre qu'un troc aurait été proposé à Pierre Ferrari : pour échapper à l'exclusion, une proposition de « transfert » dans le Nord. Une opportunité que confirme d'ailleurs David Hecq, le maire d'Anzin-Saint-Aubin, dans une lettre ouverte, confiant que Daniel Percheron aurait comparé ce troc à « un mercato peu glorieux ».




    AA:

    - Le PS 62 s'enfonce de plus en plus, en voulant exclure un militant qui n'a pu defendre ses chances dans des "primaires"
    - Demander a un militant de partir militer dans un autre departement est un mepris total des hommes engages dans leur ville de residence. Pourquoi vouloir parachuter PF ailleurs que dans la ville dans laquelle il milite depuis plusieurs annees?
    - Depuis longtemps, le PS "oublie" que le FN est l'adversaire..
    - Tout le monde a compris que signifie la renovation au PS 62: le statu quo car il est trop dangereux de voir de nouvelles tetes qui risquent de mettre leur nez ou il ne faut pas...
    - Nous ne ferons pas marche arriere et PF sera le candidat des socialistes d'HB, quitte a se faire exclure.
    - La meilleure des publicites est faite par le PS dans ses declarations irresponsables. Qu'il continue a faire comprendre aux electeurs qui represente vraiment les valeurs de gauche. 
    - Les declarations intempestives renforcent la candidature de PF 
    - A lire les declarations d'excommunication, nous sommes de plus en plus resolus a continuer.
     Le PS se trompe, encore une fois, de combat.


    Ce texte est ecrit depuis l'etranger sur un clavier QWERTY et donc ne peut faire figurer les accents necessaires. Mille excuses.



Une enquête du commissaire Cimares: du rififi à Hévin-Balmont (1)

Belle entrée en matière

Le Commissaire Cimares faisait grise mine dans ce TGV qui le menait à Mille : il repensait à sa réunion à la DCRI, Direction centrale du renseignement intérieur  (unité née de la fusion des RG et de la DST). La mission était fort simple : quelles étaient les raisons objectives de l’abandon progressif de la ville d’Hévin-Balmont aux mains du Front Nazional (FN), parti d’extrême-droite. Le Président de la République, Nic Sarkozizi était alerté et exigeait de connaitre les responsabilités : il y voyait, là, le début d’une implantation d’une de ses adversaires les plus virulentes, Marion El Ben, susceptible de lui enlever des voix, à droite, aux prochaines présidentielles. Cette enquête politique ne lui disait rien qui vaille : remuer la m…, il connaissait bien, mais dans sa propre région natale!
A Mille, dont la Secrétaire Nationale du Parti Social (PS), Martine Autry, était Maire, son ami, Alain Pernal, habitant Hévin-Balmont, l’attendait, pour l’emmener dans le fief du FN, objet de toutes les attentions des observateurs politiques.
Dans la voiture, le commissaire rappela rapidement sa mission.et Alain P lui fit part de ce qu’il avait concocté pour l’aider dans son enquête. Il lui glissa des feuillets d’une série d’articles rédigés par le chef d’édition du quotidien régional « La Parole du Nord », Patrice Ballart : celui-ci avait, en 11 épisodes, retracé la vie politique hévinoise (« Le PS a-t-il tout à craindre de la chute de la maison Dalongebourg ? »), plus d’autres articles du même journaliste, et des extraits de blogs locaux, dont le sien. Cela constituait une excellente entrée en matière.

L’arrivée à HB fut un choc pour le policier qui n’y était plus revenu depuis fort longtemps. L’aspect délabré des chaussées, les rues vides et les nombreux magasins fermés définitivement ou ponctuellement (on était lundi)  donnaient une impression de ville-fantôme.
Ils allèrent boire un café au « Monde », bistrot situé derrière l’église néo-byzantine, en ruine, dont la coupole dominait toute la ville, comme la flèche de l’Hôtel de Ville (« la guerre ancestrale des pouvoirs temporels et spirituels », ne put s’empêcher de penser Cimares).
Le Commissaire résuma le pourquoi de son enquête: à chaque élection, le score du FN s’approchait, de plus en plus, du seuil des 50% et on avait l’impression que rien n’était fait pour mettre fin à cette ascension.
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Alain lui conta ce qu’il avait appris au sujet des débuts de cette saga hévinoise. En 1993, le Maire de la ville était Pierre Darchi, dont le père avait été également 1er magistrat de 1953 à 1969. Cette année 1993 était importante, parce que c’est à cette date qu’arriva, à Hévin, Gérard Dalongebourg, recommandé par Daniel Mèrecheron, à l’époque tout puissant Secrétaire Fédéral du Parti Social (et, aujourd’hui, encore tout-puissant Président du Conseil Régional et véritable n°1 de la, également toute-puissante, Fédération de Pas-de-Boulogne du PS). Membre du Cabinet, de la section PS, ce jeunot de 23 ans n’a de cesse que de pousser la Directrice de Cabinet à la porte pour prendre sa place. Le maire fait, de ce Gérard, un fils adoptif, qui devient Directeur de Cabinet et prépare tranquillement… les élections municipales de 2001, où il a bien l’intention de se présenter contre le Maire sortant. Il tisse ses réseaux, conforte le Maire dans certains penchants excessifs, fait un stage auprès du député de la circonscription, Albert Lacon, pour lequel il mène la campagne des législatives de 1997 : il y fait connaissance de certains secrets du PS à travers les responsabilités du député (trésorier de la Fédération PS du département, Président de ce qui est devenu Pas-de-Boulogne Habitat). Alain Pernal se souvient du fort appui du PS à cette étoile montante du parti à travers une phrase du Président Daniel Mèrecheron, prononcé en sa présence, qui rappelait à celui qui était alors Maire d’Hévin-Balmont, en 2005 : « je me souviens de ce jeune et brillant militant du PS qui pourra retourner au bercail quand il le souhaitera » (GD n’était plus alors au Parti Social).
Les témoins de l’époque raconte un Directeur de Cabinet colérique et boudeur qu’il fallait faire quérir chez lui par la police municipale, ou bien réfugié aux archives, après un coup de sang…
« La Parole du Nord » voit en ce dircab « fourbe et mielleux pour les uns, efficace et disponible pour les autres, un personnage qui ne laisse guère indifférent, mais révèle déjà les zones d'ombre qui feront du futur maire d'Hévin-Balmont une personnalité sulfureuse. Avec un goût prononcé pour l'intrigue, le mensonge, la manipulation, tout cela enrobé dans une bonhomie, un indéniable savoir-faire relationnel et un constant sourire enjôleur. ».
Le commissaire, en sirotant sa 3ème Affligem, hocha la tête et dit tout haut sa pensée : « C’est ce garçon ambitieux que le PS va cautionner aux municipales de 2001 contre Darchi dont Mèrecheron ne voulait plus, non seulement à cause de ses excès, mais aussi parce qu’il s’opposait à la constitution d’une Communauté Urbaine avec Lens/Liévin. Vilipendé par le même Président de Région pour son action au Conseil Régional, Darchi était bien l’homme à abattre en sous-main ». « Oui », repris Alain P, « d’autant plus que G. Dalongebourg, après avoir été viré par Darchi, pour une histoire de bon de commande révélatrice de son ambition, en 2000, est hébergé par Jeant-Pierre Kucheniet, député-maire de Liéeau, dans une structure nationale dont JPK est Président, le conseil supérieur de l'électricité et du gaz. Un job que certains qualifieront de fictif, pour lui permettre de préparer les élections. Au contact du député, GD retirera également quelques informations sur des montages qui lui serviront plus tard.
C’est peu avant sa disgrâce, finalement bienvenue, en mars, qu’une autre pièce du puzzle se met en place : l’échange d’informations avec le représentant local de l’extrême-droite, Steeve Brioud, qui avait suivi la dissidence FN de l’époque, au sein d’un éphémère MNR ( Mouvement Nazional des Républicains) ; en lui fournissant des renseignements sur des dossiers et sur le Maire, il donne au leader extrémiste des outils pour pilonner Darchi. Cet accord secret, passé sur le parking du magasin « Balou » a donné ce nom à cette affaire, révélée par Brioud lui-même en 2002… C’est cette tactique, qui fut reprise quelques années plus tard par Georges Cabrillon, stratège de l’ANR (Alliance non République), vainqueur des municipales de 2009, pour « descendre »…Gérard Dalongecourt : un pacte de complaisance passée avec le FN…
En résumé, dit Cimares, cette connivence PS/FN a servi le Parti Social dans un premier temps, mais a surtout mis en orbite le second qui de moins de 20% en 2001 fera plus que doubler son score 8 ans après…

A suivre

samedi 20 novembre 2010

Le feuilleton parlementaire de la réforme des collectivités territoriales prend fin



Il aura fallu plus d'un an pour que le projet de réforme des collectivités territoriales, déposé le 21 octobre 2009, soit définitivement adopté. Après le Sénat qui, mardi 9 novembre, a voté de justesse le compromis laborieux issu de la commission mixte paritaire, l'Assemblée nationale devait à son tour ratifier, mercredi 17 novembre, la dernière version du texte. Farouchement opposés à cette réforme, les parlementaires de gauche ont annoncé leur intention de mener une ultime bataille en déposant une série de recours devant le conseil constitutionnel.
Le "big bang territorial" engagé par Nicolas Sarkozy pour simplifier le "millefeuilles" des structures locales aura essentiellement buté sur la création du conseiller territorial, une nouvelle catégorie d'élus siégeant à la fois au conseil général et au conseil régional. Mais la loi, qui comprend au total 90 articles, introduit de nouvelles dispositions, plus consensuelles, en faveur des communes et de leurs groupements.

Le conseiller territorial pour le département et la région. A l'origine, la volonté du chef de l'Etat était de réduire le nombre d'élus siégeant dans les assemblées départementales et les régionales. Au final, 3 496 conseillers territoriaux devraient remplacer les 4 037 conseillers généraux et 1 880 conseillers régionaux actuels à l'issue des élections du printemps 2014. Ils seront élus dans de nouvelles circonscriptions cantonales, selon un scrutin uninominal à deux tours. Un système de pénalité a été instauré pour favoriser la parité mise à mal par ce type d'élection. Des dispositions complémentaires devront être adoptées pour Paris, où les conseillers municipaux sont conseillers généraux, la Corse ainsi que pour les départements d'outre-mer.
Le texte renvoie au 1er janvier 2015 la redéfinition des compétences entre les départements et les régions. Initialement, le projet avait prévu de limiter leurs responsabilités d'intervention au strict cadre légal. La suppression de la "clause de compétence générale" pour les départements et les régions avaient suscité des craintes dans les milieux associatifs, du sport, de la culture et du tourisme fortement dépendants des subventions des collectivités locales.

Métropoles, pôles et syndicats. La réforme réaffirme le rôle majeur des 36 682 communes, cellule de base de l'organisation territoriale. Toutefois, il prévoit de réduire, d'ici à juin 2013, le nombre des quelque 15 378 syndicats et groupements de communes à 3 000 à 4 000 déterminés par des commissions départementales.
A partir de 2014, le scrutin de liste, avec l'obligation de la parité, sera institué dans les communes de plus de 500 habitants au lieu de 3 500 actuellement. Les élus des structures intercommunales seront "fléchés" en tête de liste.
Parmi ses priorités, la commission Balladur avait érigé la création de métropoles consacrant le "fait urbain" de grandes agglomérations de taille européenne. Le texte propose un échelon supplémentaire : des métropoles, sur le modèle de super-communautés urbaines dotées de pouvoirs renforcés pouvant inclure des transferts avec les régions et les départements. Avec un seuil minimum de 500 000 habitants, cette nouvelle collectivité ne devrait concerner que 8 grandes agglomérations hors Paris : Lyon, Marseille, Lille, Toulouse, Bordeaux, Nice, Nantes et Strasbourg. Pour les autres grandes villes, la réforme prévoit l'institution de "pôles métropolitains" pour favoriser les rapprochements et coopérations d'agglomérations, à l'image de Nancy et Metz.

Fusion de communes, départements et régions. A l'issue d'ultimes discussions avec l'association des maires de France, la réforme encourage la fusion et la création de nouvelles structures locales, entre communes, départements, voire de régions. Ces projets restent solidement encadrés, sur la base du volontariat. Le premier exemple pourrait venir de l'Alsace où le président (UMP) du conseil régional, Philippe Richert, devenu ministre des collectivités locales, est un farouche partisan de la fusion des départements du Bas et du Haut-Rhin.

Michel Delberghe

vendredi 19 novembre 2010

Riffifi à “Rivarol” : “Marine Le Pen est un démon” déclare son directeur

17 novembre 2010, Droites extrêmes (blog du Monde.fr). 
Que se passe-t-il à Rivarol? Depuis que Jérôme Bourbon, directeur du plus ancien hebdomadaire de l’extrême droite française, imprime une ligne “nationaliste et catholique” exacerbée, certains  historiques du journal grognent. Ces derniers jours, un cap a été franchi avec les démissions annoncées de l’Association des Amis de Rivarol d’Eric Delcroix, son président, de Ghislain de Diesbach, son vice-président, du trésorier Jean-Paul Angelelli, une des plumes de Rivarol, ainsi que de Camille Galic, ancienne directrice du titre.
rivarol.1289984822.jpgC’est Eric Delcroix, l’ancien avocat des négationnistes Robert Faurisson et Henri Roques, qui a mis ces dissenssions sur la place publique. Dans une lettre qu’il a fait diffuser sur le Net, le militant négationniste et ancien d’Ordre nouveau, dénonce la ligne imprimée par M. Bourbon. “Malgré les mises en garde de son ancienne directrice [Camille Galic] et de moi-même, M. Bourbon s’est lancé sans discernement ni mesure dans des attaques rabiques contre Marine Le Pen, au point de gêner Bruno Gollnisch, contraint de publier un communiqué, le 20 octobre, pour désavouer de tels excès… Là, que les choses soient très claires : révisionniste, opposé aux débordements du sémitisme  chez nous (hallal ou casher, peu m’importe), j’ai beaucoup de défiance envers la ligne politique choisie par Marine ainsi que pour nombre de gens dont elle s’entoure. Je m’inquiète cependant des façons exaltées de M. Bourbon, qui ne change rien malgré les observations faites par Camille et moi sur des questions essentielles de politique et de société”, écrit M. Delcroix.
Il ajoute à propos de Marine Le Pen : “Il ne faut pas l’attaquer comme une ennemie, notamment avec des arguments ressortissants de l’ordre moral sur fond de théologie. N’oublions tout de même pas que Rivarol a aussi été le journal de Cousteau et Rebatet ! Et que dire des attaques personnelles, dont certaines sont au niveau zéro du politique ? (Aller reprocher à Marine de porter des jeans! Nous ne sommes pas un journal islamiste ou de mode !) ; que dire encore d’autres, passionnelles, blessantes ou d’un moralisme  puritain qui, à mes yeux, ne relèvent pas non plus du sens politique mais du fanatisme”. 
Une fois le chapitre politique clos, Eric Delcroix dénonce le climat interne à Rivarol, notamment l’attitude qu’aurait eue M. Bourbon à l’encontre de Camille Galic. “Devant nos amicales remarques, non seulement Jérôme Bourbon n’a rien modifié, mais encore il a pris à l’égard de son prédécesseur un ton extrêmement vif et discourtois. Il n’a pas hésité à aller jusqu’à l’invective contre sa bienfaitrice, y compris en public (…). M. Bourbon lui a retiré brutalement, sans préavis ni concertation, la rédaction en chef d’Écrits de Paris, après qu’elle lui ait annoncé, le 19 octobre, sa décision de ne plus écrire du tout dans Rivarol.  Ces épreuves injustes ont été très douloureuses pour notre amie Galic, stupéfiantes et inadmissibles pour moi. Ne supportant pas que je défende notre amie, Jérôme Bourbon s’est retourné contre moi, avec la même démesure caractérielle.” Contactée par “Droites extrêmes”, Camille Galic a refusé de nous répondre.
“Marine Le Pen est la Carla Bruni de la droite nationale”
Jérôme Bourbon reconnaît qu’il y a “quelques petits remous” au sein de l’hebdomadaire, dûs à des “nuances au sein de la rédaction” et “des divergences tactiques”. “Certains voulaient rester neutres”, concède M. Bourbon à “Droites extrêmes”. “J’ai de bons rapports avec Camille Galic, je n’ai aucune antipathie à son égard, bien au contraire. Il y avait des divergences tactiques et de fond”, assure-t-il. Il justifie sa prise de position pro-Gollnisch en affirmant qu’il était, à son arrivée à Rivarol en 1994, “le plus lepéniste. Ce que je vois, c’est que les gens les plus sincérement lepénistes, sont réticents à l’égard de Marine Le Pen et de sa ligne”.
En ce qui concerne Camille Galic et son éviction des Ecrits de Paris (le mensuel de Rivarol), M. Bourbon assure qu’“à partir du moment où elle m’avait dit que, compte tenu de l’orientation du journal, elle ne souhaitait pas pour le moment collaborer à Rivarol, il y a eu une tension qui est montée dans les locaux que nous partageons. Il valait mieux prendre un peu de champ, au moins jusqu’au congrès du Front.”
Pour M. Bourbon, “Eric Delcroix est libertin. Il est pour la loi Veil, pour le Pacs. Moi je suis catholique et nationaliste, on ne peut pas s’entendre. C’est un peu la  Nouvelle droite libertine, athée, neo-païenne qui se réclame de la philosophie libertine des Lumières. C’est son droit, mais j’avoue que ce n’est pas ma tasse de thé. Il y avait des combats communs comme le révisionnisme, mais ça ne suffit pas.”
“J’ai toujours été plus proche de l’aile radicale que de l’aile modérée”, indique encore M. Bourbon qui “assume la crise”. “Je ne suis pas un gamellard”. “Je n’ai pas de parts sociales au journal, on peut m’éliminer si on veut. Je préfère me retrouver au chômage plutôt que d’abdiquer mon idéal.”
Et Jérôme Bourbon qui revendique la virulence de ses écrits estimant que Rivarol est un “journal d’opinion”, renouvelle ses attaques violentes contre Marine Le Pen - qu’il nomme “la Carla Bruni de la droite nationale”, et contre le congrès du FN qu’il qualifie de “succession génétique”. “Pour moi, Marine Le Pen est un démon, c’est l’ennemie absolue à tout point de vue, sur le plan moral, sur le plan politique, sur le plan intellectuel. C’est une catastrophe absolue, je n’ai aucune confiance en elle. C’est une révulsion totale, qui est réciproque d’ailleurs.” Pour lui, les proches de la vice-présidente du FN, sont “une bande de dégénérés”.

jeudi 18 novembre 2010

Jérusalem doit être divisée

A partir de dimanche prochain, retrouvez, sur ce blog, une nouvelle enquête du commissaire Cimares : "Rififi à Hévin-Balmont". On s'inquiète, en haut lieu, de savoir pourquoi on en est arrivé là et le commissaire a été chargé de remonter aux sources...


["Même à Jérusalem, des mensonges trop répétés ne se transforment pas en  vérité. La vérité reste celle-ci: ou Jérusalem devient la capitale de deux peuples, ou Israël devient l’État de deux peuples", écrivait lundi l'éditorialiste Akiva Eldar dans les colonnes "opinion" du quotidien israëlien Ha'aretz.]

Ha’aretz, le 15 novembre 2010
Jérusalem doit être divisée
Par Akiva Eldar
Traduction : Tal pour "La Paix Maintenant" (et...revue par AA!). En anglais:http://www.haaretz.com/print-edition/opinion/jerusalem-must-be-divided-1.324728

Le Président Barack Obama ne brade pas les faveurs américaines à prix cassés, par exemple, par un gel temporaire des constructions dans les implantations. Afin d’obtenir les généreux avantages déjà décidés avant lui, le Premier ministre Benjamin Netanyahu se voit demander de se séparer d'une série d’implantations qui seront rayées de la carte – dont celles de Hébron et Shiloah, de la vallée du Jourdain et du nord de la mer Morte, de même que celles de Jérusalem-Est.
Sur la carte au mur du bureau de Netanyahu, ces vastes aires portent le nom “Jérusalem“ ; alors que sur d’autres, de par le monde, figure celui de “territoires occupés“. Aucun pays ne reconnaît l’annexion de 70 km2 de la rive gauche du Jourdain par l’extension des limites municipales de Jérusalem (6,4 km2 à l’époque jordanienne). S’opposer à un retrait de Jérusalem-Est conduirait sans nul doute à un échec des négociations et ferait tourner le dos à une solution à deux États.
Il est à porter au crédit de l’ex-Premier ministre Ehud Barak d’avoir été le premier à tenter de briser le tabou de la division politique de Jérusalem (sur tous les autres aspects, Jérusalem est restée divisée). Marchant sur ses traces, Ehud Olmert a délimité les quartiers juifs et arabes dans la partie orientale de la ville.
Des sondages d’opinion ont montré que le public israélien juif commençait à se libérer des poncifs trompeurs servant à dissimuler l’échec de n'avoir rien fait en faveur de la ville la plus pauvre d’Israël. Nombreux sont ceux qui se sont accoutumés à l’idée de devoir abandonner le camp de réfugiés de Shouafat et 250 000 Palestiniens. Depuis que les dissensions sur le gel des implantations ont éclaté, il ne s’est  pas passé un jour sans que Netanyahu ou ses porte-paroles aient répandu une autre légende célébrant le mythe de “la capitale éternelle qui ne sera jamais redivisée“.

Netanyahu: "Israël ne voit aucun rapport entre le processus de paix et la politique d’urbanisation et de construction à Jérusalem, qui n’a pas changé en quarante ans…   les constructions n'interrompront jamais le processus de paix.”

Les faits : À la suite de la décision prise par Netanyahu début 1997 (durant son premier mandat de Premier ministre) de construire le quartier de Har ‘Homa à Jérusalem-Est, la Ligue arabe s’est réunie d’urgence en session extraordinaire. Son secrétaire général, Ismat Abdel Magid, condamna la ”politique de judaïsation de Jérusalem visant à poser des faits accomplis sur le terrain, à la veille de négociations en vue d’un règlement définitif. “ Le roi Hussein de Jordanie adressa publiquement à Netanyahu un message incisif, l’avertissant que ce plan conduirait à un déferlement de troubles ; l’Égypte exprima sa préoccupation quant aux dommages que ce projet infligerait au processus de paix ; le Président des États-Unis, Bill Clinton, promit au chef de l’Autorité palestinienne, Yasser Arafat, qu’il ferait pression sur Netanyahu pour qu'il gèle ses plans. Mais le dirigeant israélien repoussa tous les appels et le ‘Hamas emporta une nouvelle victoire contre le processus de paix.

Netanyahu : "Jérusalem unifiée est la capitale du peuple juif et sa souveraineté est indiscutable." 

Les faits : Selon la "Feuille de route" approuvée en mai 2003 par le gouvernement Sharon (dont Netanyahu était l’un des principaux ministres), les accords définitifs censés être signés en 2005 devaient comporter "une solution d’un commun accord, juste, équitable et réaliste à la question des réfugiés, et une résolution négociée sur le statut de Jérusalem”. Il était encore dit que, dans une première phase, le gouvernement israélien rouvrirait le Bureau palestinien de commerce ainsi que d’autres institutions palestiniennes à Jérusalem-Est, qui avaient été  précédemment fermées. Qui plus est, deux Premiers ministres israéliens ont d’ores et déjà admis  que la souveraineté israélienne sur Jérusalem-Est pouvait être soumise à discussion.

Netanyahu : “Tous les résidents de Jérusalem peuvent acquérir des maisons dans toutes les parties de la ville.”

Les faits : Il existe une clause dans les baux emphytéotiques du cadastre israélien qui autorise l’administration à annuler l’acquisition d’une maison si l’acheteur n’est ni citoyen israélien ni éligible à l’immigration sur la base de la loi du Retour (en d’autres termes, s’il n’est pas juif). Un rapport d’enquête publié par Nir Hasson le 5 novembre dernier (”À Jérusalem-Est, l’État a cédé des terres à des groupes de droite sans appel d’offres préalable”), a démontré la relation symbiotique qui unit le gouvernement à des éléments de droite dont le but est de bouter les Arabes hors de Jérusalem-Est. Le gouvernement Netanyahu est le premier à avoir attribué [la gestion du] parc national de la Cité de David à l’association Elad sans procédure d’adjudication. L’un des directeurs de cette association avait affirmé par le passé que l’objectif du groupe était de ”prendre le contrôle de zones de Jérusalem-Est afin de créer une situation irréversible dans l’aire sainte entourant la Vieille Ville.“
Même à Jérusalem, des mensonges trop répétés ne se transforment pas en  vérité. La vérité reste celle-ci: ou Jérusalem devient la capitale de deux peuples, ou Israël devient l’État de deux peuples.


mercredi 17 novembre 2010

Toujours le tramway et... le reste...

A partir de dimanche prochain, retrouvez, sur ce blog, une nouvelle enquête du commissaire Cimares : "Rififi à Hévin-Balmont". On s'inquiète, en haut lieu, de savoir pourquoi on en est arrivé là et le commissaire a été chargé de remonter aux sources...



 J'avais mentionné, dans un article paru le 11 novembre dernier, sur le présent blog,  ma présence à Fouquières-les-Lens, lors de la présentation du tracé prévisionnel du tramway concernant les communes de Fouquières, Noyelles et Montigny. La Voix du Nord, édition de Lens, y a fait allusion lundi (voir ci-dessous) et j'en profite pour ajouter quelques nouvelles réflexions.


"Une visite en voisin
L'ancien conseiller régional Alain Alpern, fortement impliqué dans la vie politique héninoise, s'intéresse forcément au tracé du tramway qui fait polémique à Hénin-Beaumont. Pour en savoir plus sur le sujet, il a suivi la concertation publique de Fouquières-lez-Lens où on évoquait la section allant de Noyelles-sous-Lens à Montigny-en-Gohelle. C'était l'occasion pour lui de poser la question de la répartition des coûts entre les travaux urbains et ceux du tramway. Idée intéressante mais qui ne trouve pas de réponse puisque le budget est décomposé en 19 postes : impossible de distinguer ces deux-là plus précisément."

Ma question n'avait rien d'innocent, bien sûr, puisqu'il s'agissait de montrer quelle somme le SMT avait prévu pour des travaux directement liés à l'urbanisme. N'avait-on pas les chiffres ou ne voulait-on pas les communiquer? A tout le moins, à l'occasion d'une réunion comme celle-là, dite de concertation, aurait-on pu me répondre qu'on allait me les fournir. J'espère ne pas à avoir à reposer la même question le 25 novembre, lors de la réunion prévue à Hénin, et que la réponse viendra au cours de l'exposé. 
En ajoutant ce montant à ceux de l'Europe et du Fonds Bassin Minier du Conseil Régional, plus les subventions de ce dernier et d'autres... on aurait pu, comme je ne cesse de le répéter, réaliser un beau projet d'urbanisme (et je ne parle pas d'un emprunt à long terme tout à fait justifié pour redessiner l'Hénin-Beaumont des générations futures). Malheureusement, la municipalité a été incapable de travailler sur un projet. Elle n'a été capable d'en dessiner aucun, je dis bien aucun...Quand elle se prévaut d'avoir résorbé le déficit de trésorerie, on en rirait si la situation n'était aussi dramatique. Une ville sans espoir est une ville moribonde. Le Préfet a obligé à diminuer les dépenses (bonne chose), à augmenter les impôts locaux de 10% et à étaler la diminution du déficit sur 4 ans pour mettre en place des projets, recommencer à investir, gérer le quotidien. Personne n'a jamais dit que cela devait se faire sur 2 exercices, tellement c'est une aberration de gestion que de cesser toute dépense! Rappelons-nous que, lors du Conseil Municipal de septembre 2009, où fut annoncée l'augmentation des taux, Daniel Duquenne, alors maire, s'était excusé en mettant cette décision sur le dos du Préfet. Cette année, aucune allusion au sujet, alors que, du fait de l'augmentation des bases (sur lesquelles s'appliquent les taux), les impôts augmentent à nouveau et là ce n'est pas le Préfet qui a décidé de conserver les mêmes taux! Sur ce sujet, j'avais demandé, en juillet 2009 (proposition reprise ensuite par le FN, et non par la majorité!) que l'on fasse un recours contre l'État qui avait manqué à son devoir de surveillance des dérives dalongeviliennes, malgré les nombreux rapports de la CRC...Même si on nous a annoncé, à plusieurs reprises, qu'une discussion avec les services de l'État était en cours, nous savons très bien qu'il n'en sortira rien, si tant est que la discussion a lieu (je rappelle que la réclamation doit porter sur une subvention exceptionnelle située entre 5 et 10 millions, car c'est dès 2005 que le Préfet aurait dû prendre les mesures qu'il a enfin prises 4 ans après!). Nos élus sont incapables de prendre des décisions fortes! Pas de changement, ni de renforcement de l'encadrement défaillant des services, mollesse (c'est un euphémisme) devant l'opposition, création de 500 emplois (Kiabi) rejetée sans explication (celle invoquée était insupportable pour les chômeurs!), "petit doigt sur la couture" devant l'Etat, etc... que de manquements en 16 mois! Et dire qu'il en reste encore 40 avant 2014 et donc 40 mois à voir des élus subir nonchalamment les évènements. 
Pour en revenir au tramway, l'opposition des commerçants, des habitants non informés (ce n'est pas uniquement en organisant une exposition sur le tracé et une réunion publique, mais en allant expliquer aux citoyens les enjeux que l'on peut se targuer d'avoir mis en place une concertation!) et un FN qui va forcément aller dans le sens des mécontents,  tout cela va conduire à une situation difficile qui risque, comme je l'ai écrit la semaine dernière, de mettre à mal le projet et de le tuer définitivement...Les citoyens hors HB, dont les élus, pourront, s'ils ne le savent déjà, mesurer l'incompétence de nos élus! 
Que peut-on faire face à ce fiasco total? Car le tramway c'est un échec, mais le reste, moins visible, est tout aussi désastreux. 40 mois avant de pouvoir éliminer cette équipe incapable, après avoir subi l'incapacité dalongevilienne, et sous la menace du FN, tout aussi incapable...
Pauvre Hénin-Beaumont! Qu'as-tu fait pour mériter tout cela?

mardi 16 novembre 2010

Il y a 2 ans...

A partir de dimanche prochain, retrouvez, sur ce blog, une nouvelle enquête du commissaire Cimares : "Rififi à Hévin-Balmont". On s'inquiète, en haut lieu, de savoir pourquoi on en est arrivé là et le commissaire a été chargé de remonter aux sources...


 


Le 17 février 2008, je publiais la dernière partie de propositions à mettre en place. Il me semble que tout est encore d'actualité...D'autant plus que, comme pour les autres propositions, elles ne coûtent pas cher, et qu'elles concernent souvent nos enfants: alors qu'attend-on?

Parmi les priorités évoquées, nous avions souhaité développer un point spécifique:
manger mieux pour vivre mieux
Ou : prévenir plutôt que guérir


Notre région possède des records peu enviables :
- durée de vie inférieure à la moyenne nationale ;
- nombre de cancers supérieur de 30% à cette même moyenne ;
- en outre, nous sommes la dernière région pour l’obésité et le surpoids des habitants


Nous devons donner à nos concitoyens les moyens de bien s’alimenter, condition essentielle pour garantir une bonne santé, et notamment pour éviter les problèmes de surpoids, générateurs de maladies cardiovasculaires et de cancers
:
1- Dans les établissements scolaires, proposons des repas équilibrés et apprenons aux enfants le goût des aliments :

- des repas équilibrés : quand elles n’existent pas (très rares à Hénin-Beaumont), nous devons créer dans les écoles maternelles et primaires, des commissions repas associant parents, élèves, enseignants, cuisinier et diététicienne pour établir les repas, avec des explications à disposition des élèves. Il faut établir un contact avec les collèges et les lycées pour proposer les mêmes dispositions. Il s’agira, par exemple, que les enfants ne se nourrissent pas de sandwich ou ne boivent pas ces boissons gazeuses si nocives. Il s’agira également de réapprendre à manger des fruits et légumes frais. Des journées seront organisées régulièrement pour permettre aux parents de partager les repas avec leurs enfants
Il faut distribuer gratuitement des fruits dans les écoles.


- l’apprentissage du goût : il existe aujourd’hui toute une pédagogie du goût, pour les enfants, à appliquer. Mettons à disposition des écoles, des terrains pour créer des jardins potagers.  Faisons venir de grands chefs, demandons aux parents de préparer leurs plats favoris, en associant leurs enfants. Développons des repas à thème (spécialités régionales et étrangères), etc…
2- Chacun à Hénin doit pouvoir s’alimenter de façon saine :

- Remettons à la mode des cours de cuisine pour tous, afin de réapprendre à manger bien, de façon saine et économique


- Pour permettre à tous de profiter d’une nourriture biologique (pas de pesticides ni d’engrais chimiques, consommation de produits locaux), invitons commerçants, marchands de marché et agriculteurs à s’associer à la mise en place d’une filière à la portée de toutes les bourses; de même, demandons aux commerçants (y compris les grandes surfaces), de nous aider à offrir aux habitants tous les conseils pour bien se nourrir, à moindre frais

- Privilégions les circuits courts (ventes directes), en réservant une place importante aux biocabas (ventes régulières de produits bio pour ceux qui se sont inscrits)

- Participons à la mise en place d’un restaurant bio, et aidons ceux qui n’en ont pas les moyens, à en profiter.

NKM, une écolo à la tête d'un "ministère fantoche"

A partir de dimanche prochain, retrouvez, sur ce blog, une nouvelle enquête du commissaire Cimares : "Rififi à Hévin-Balmont". On s'inquiète, en haut lieu, de savoir pourquoi on en est arrivé là et le commissaire a été chargé de remonter aux sources...




Les écologistes s'inquiètent de "la marge de manœuvre dont disposera NathalieKosciusko-Morizet" au ministère de l'écologie.

LEMONDE.FR | 15.11.10 | 19h14

  • Les é
C'est son grand retour. Presque deux ans après avoir été secrétaire d'Etat chargée de l'écologie, Nathalie Kosciusko-Morizet, 37 ans, revient au ministère, cette fois en première ligne, pour y remplacer Jean-Louis Borloo, son ancien ministre de tutelle. Elle prend ses fonctions, lundi 15 novembre, forte de son expertise dans le domaine et de son crédit auprès des associations, mais affaiblie par un ministère au périmètre fortement restreint.
Pendant ses dix-huit mois à l'hôtel de Roquelaure, de juin 2007 à janvier 2009, la maire de Longjumeau (Essonne) a su imposer sa marque et se faire respecter. "C'est quelqu'un de légitime car elle maîtrise les dossiers écologiques et c'est une bosseuse", assure Bruno Genty, président de France nature environnement (FNE), qui regroupe 3 000 associations.
EXPERTISE ÉCOLOGIQUE
Cette compétence, elle la tient de sa formation en biologie à l'École nationale du génie rural, des eaux et des forêts, qu'elle a intégrée une fois diplômée de Polytechnique, puis de ses débuts, en 2002, comme conseillère technique pour l'écologie et le développement durable de Jean-Pierre Raffarin, avant de devenir rapporteuse de la charte de l'environnement et de la mission d'information sur l'effet de serre à l'Assemblée nationale.
En 2007, les associations saluent le dialogue qu'elle instaure lors du lancement du Grenelle de l'environnement et ses prises de position engagées, qui détonnent dans un gouvernement frileux sur le sujet. C'est ce "courage d'assumer ses convictions" que lui reconnaissent les ONG qui lui vaut d'être mise au ban. En avril 2008, accusée par une partie des parlementaires UMP d'avoir fait voter un amendement défavorable aux cultures OGM contre l'avis de la majorité, elle dénonce un "concours de lâcheté" entre Jean-Louis Borloo et Jean-François Copé, président du groupe UMP. Recadrée par François Fillon, elle quitte le ministère de l'écologie au remaniement suivant pour rejoindre le secrétariat à l'économie numérique.
DES COMPÉTENCES ROGNÉES
Aujourd'hui, si les acteurs associatifs se félicitent de son retour sur le devant de la scène écologique, ils déplorent néanmoins un champ de compétences significativement rogné. "On gagne en qualité ce qu'on perd en quantité", résume Stéphen Kerckhove, délégué général de l'association Agir pour l'environnement. Contrairement à Jean-Louis Borloo, Nathalie Kosciusko-Morizet, ministre de l'écologie, du développement durable, des transports et du logement, n'est en effet pas ministre d'Etat. Dans l'ordre protocolaire, elle devient numéro 4 du gouvernement, alors que son prédécesseur était en deuxième position, et se voit entourée de deux secrétaires d'Etat, au lieu de quatre dans l'ancien "superministère". Surtout, "NKM" perd le portefeuille-clé de l'énergie, qui revient à Bercy, ainsi que ceux de l'aménagement du territoire et de la mer.
"C'est la preuve que l'environnement n'est plus au cœur des politiques publiques. Il risque de redevenir une vitrine, une variable d'ajustement", estime Bruno Genty. Pour le député européen Europe-Ecologie-Les Verts Yannick Jadot, Nicolas Sarkozy ne fait que mettre en œuvre ses récentes prises de position, comme lorsqu'il affirmait en mars lors du Salon de l'agriculture : "L'environnement, ça commence à bien faire." "On a aujourd'hui un ministère de l'écologie fantoche. La France ne souhaite clairement plus apparaître comme un pays luttant contre le réchauffement climatique. A un mois du sommet de Cancún [qui se déroule sur le réchauffement climatique], c'est inquiétant", déplore le député.
Un recul de l'écologie qui doit s'analyser comme un signal à l'approche de l'élection présidentielle, estime Daniel Boy, spécialiste de l'écologie au Centre de recherches politiques de Sciences Po : "A deux ans du scrutin, Nicolas Sarkozy veut se rapprocher de son électorat de base. Or, les agriculteurs ou les professions indépendantes désapprouvent les mesures environnementales, qui pèsent sur leur croissance."
"OPÉRATION DE CHARME"
"Le pari du président est de vider de son contenu le ministère et de mettre à sa tête une écologiste afin de mener une opération de charme auprès des associations, ajoute Yannick Jadot. Elle va utiliser son talent de communication pour faire croire qu'elle reste dans l'élan du Grenelle, mais plus personne n'est dupe."
Les associations sont en effet très sceptiques quant à la marge de manœuvre dont disposera Nathalie Kosciusko-Morizet et se disent "inquiètes" du tournant que prendra la politique environnementale en France. "Elle devra prouver que le Grenelle, symbolique, n'est pas en panne. Mais sa relance sera très difficile car elle ne dispose pas de latitude pour le faire : elle sera opposée à François Fillon, connu pour être défavorable à l'environnement, au ministère de l'agriculture et à celui de l'économie, qui fera barrage sur des sujets cruciaux comme les énergies fossiles, l'éolien ou le solaire. Face à Bercy, l'écologie n'a jamais pesé très lourd", analyse Daniel Boy.
"VAINCRE LES FORCES HOSTILES"
Nathalie Kosciusko-Morizet devra donc prouver qu'elle peut influencer, ne serait-ce que modérément, la politique gouvernementale. "On attend qu'elle poursuive le dialogue environnemental et surtout une application stricte des engagements du Grenelle et notamment la promulgation des deux cents décrets d'application prévus par la loi", annonce Bruno Genty.
Parmi les doléances concrètes des associations, déçues par l'échec du Grenelle, figurent "une remise en cause du schéma national d'infrastructures de transports, qui prévoit vingt-neuf nouveaux projets d'autoroute, la hausse du crédit d'impôt pour les investissements dans les énergies renouvelables, l'abandon du projet de centrale nucléaire à Penly et la suppression des freins à l'implantation d'éoliennes", détaille Stéphen Kerckhove. Des compétences qui reviennent en partie à Eric Besson, nouveau ministre délégué à l'énergie. "On attend donc qu'elle vainque les forces hostiles qui entourent son ministère", conclut Serge Orru, directeur général de WWF.

Audrey Garric

lundi 15 novembre 2010

Rien de nouveau sous le soleil de Sa...rkozy!

J'écris ce texte juste après la communication de la composition du nouveau gouvernement.
Nouveau? Hum! Les mots ont un sens pourtant: pourquoi n'a-t-on pas parlé de remaniement plutôt que cette mise en scène grotesque dans laquelle Fillon 1 démissionne pour laisser la place à Fillon 2 (en fait, il s'agit du 3 qui succède au 2, car Fillon 1 avait duré...1 mois) pour nous faire croire qu'il y avait du nouveau?
Tentons une première analyse politique:

- la parité aura encore bon dos: 8 femmes sur 21 ministres; 3 sur 8 Secrétaires d'Etat..Et dire que l'on multiplie les lois pour renforcer la place des femmes dans tous les secteurs! Faites ce que je dis et pas ce que je fais...leit-motiv bien connu de N.Sarkozy...
- fiasco sur l'ouverture politique (Kouchner et Bockel) et sur la diversité (F. Amara et R. Yade);
- recentrage vers ...la droite (ce que certains appelleront: retour vers l'Etat-RPR): avec l'élimination plus ou moins forcée de Morin, Létard et Borloo. Pourquoi N. Sarkozy pousse-t-il le(s) centre (s) à présenter un (des) candidat(s)? Il est vrai qu'entre Borloo, Morin, Villepin et Bayrou, cela fait du monde. Qui émergera pour compléter la majorité UMP dans un 2ème tour des Présidentielles? Est-ce la fin du Modem? Villepin peut-il réunir tout le monde? Borloo a-t-il le profil pour être candidat à la Présidentielle?
- en parlant de Borloo (et dire qu'on lui a fait changer de coiffure pour rien!): il ne pouvait pas rester au gouvernement après le camouflet reçu (voir mon texte de ce matin). Peut-il être le courant centre-droit de la droite? Je ne comprends pas la décision de Sarko qui prend le risque de ne pas être en tête au soir du 1er tour des Présidentielles, stratégie opposée à celle de 2007...
- autre camouflet: celui infligé aux...Nordistes, Létard, Borloo (Valenciennois par adoption) et Daubresse out! Plus aucun Ministre de la Région NPDC, qui représente, à elle seule, 6% de la population française et pas un seul représentant au gouvernement!
- le nouveau (!) Premier Ministre a annoncé les priorités de son gouvernement: la croissance (et donc l'emploi), la solidarité et la sécurité. Tiens, c'était pourtant les mêmes priorités que celles de l'ancien (!) Premier Ministre. Comme il s'agit d'un gouvernement qui veut le changement on peut supposer que les priorités anciennes ont échoué, mais le nouveau Fillon ce sera autre chose! Est-ce crédible? La croissance, personne n'y croit avec l'austérité confirmée...La solidarité, on a vu avec les retraites...Quant à la sécurité, si c'est pour lutter contre les polygames, les burka et les Roms, avec de moins en moins de forces de l'ordre, on peut être assuré que les électeurs du FN ne reviendront pas au bercail de la droite...
- n'oublions pas de signaler les départs de E. Woerth (on se demande bien pourquoi...) et de Patrick Devedjan (la relance, nom de son ministère, c'est fini?) et l'arrivée de "l'horrible" Frédéric Lefebvre, chargé d'un secrétariat d'Etat comme on n'en a jamais vu:  le commerce,  l'artisanat, les petites et moyennes entreprises, le tourisme, les services, les professions libérales et  la consommation!

En somme "rien de nouveau sous le soleil", pas même "sous le soleil de Satan" (merveilleux livre de G. Bernanos), Satan que j'ai abusivement modifié en Sarkozy pour les besoins du titre: comme si j'avais pensé une seule seconde...

dimanche 14 novembre 2010

Insoutenable suspens!

Cet article a été écrit samedi après-midi avant que l'on annonce officieusement que M Fillon, après sa démission, était chargé de former un nouveau gouvernement.



La France ne vit plus que pour cela depuis près de 6 mois (défense de rire!): qui sera le nouveau 1er ministre? Lundi ou mardi, le pays tout entier pourra de nouveau songer à des préoccupations plus nobles. Nous pourrons nous consacrer au scandale de la reconstruction de Haïti au milieu d'une épidémie cholérique dont nous sommes responsables, au chômage galopant, à la guerre monétaire, lire le Goncourt 2011, nous préparer à la finale de la coupe Davis, etc...
Enfin, nous aurons l'esprit dégagé, après 6 mois de nuits difficiles à nous demander si Fillon réussira à se maintenir, Borloo à pérenniser son nouveau look et Baroin, l'outsider, à se placer pour les Présidentielles de 2017.
De toutes les façons, un premier ministre (ou un ministre) sous Sarkozy, cela ne sert à rien, puisque le Président cumule toutes les fonctions. Comment un Fillon, que le Président considère comme un simple "collaborateur", peut-il rester au gouvernement, alors qu'il a essuyé de la part de celui qu'il ne considère pas comme son "mentor", les pires avanies: aurait-il encore une quelconque crédibilité, s'il était confirmé?
JL Borloo devrait également pâtir, pour la suite de sa carrière, d'une éventuelle nomination. Après avoir encaissé, sans broncher, bouclier fiscal et compromissions de plus en plus évidentes de l'État dans des affaires ragoûtantes, devra-t-il servir de carpette pour les 18 mois précédant les élections présidentielles? Ce serait une bien triste fin de carrière politique...Quant à Baroin, il pourrait être le bouclier de N. Sarkozy devant l'ambitieux JF Copé qui ne rêve que d'une chose: la Présidentielle de 2017 et en toile de fond, celle de 2022, celle, vous savez, à laquelle pourrait se représenter Sarkozy. Baroin pourrait faire un mandat de transition avant de redonner le sceptre à son prédécesseur...qui n'aura que 67 ans (tiens, l'âge de la retraite, pourtant...)
Combien tout cela paraît inconsistant face aux problèmes quotidiens des Français...C'est vrai que le 1er Ministre ne sert à rien et une bonne réforme constitutionnelle actant sa suppression permettrait de faire de substantielles économies, d'autant plus que cela diminuerait les indemnités du Président qui se les était augmentées de 144% dès son intronisation, pour les mettre à niveau avec celles du 1er Ministre. Une remise en ordre constitutionnelle permettrait d'économiser plus de 500 000€ (tout compris) par an!

Quand vous lirez ou verrez, lundi ou mardi, les pages ou les images consacrées au nouveau Premier Ministre, quand vous entendrez les déclarations des uns et des autres et quand vous écouterez les discours des politologues disséquant les conséquences de cette nomination, répétez-vous que tout cela n'est que bla-bla et que le véritable chef de l'exécutif, c'est N.Sarkozy, aidé par C. Guéant. Dites-vous également que tout cela ne sera que cinéma pour mieux préparer les 18 prochains mois, à moins que, malgré l'obstruction insoutenable du Président, des juges probes et honnêtes arrivent à aller au fin fond des 2 affaires d'État qui sont comme une épée de Damoclès sur la tête du Président...

samedi 13 novembre 2010

Au sujet du présent blog

Réponse à une question soulevée par un commentaire.

Les auteurs de la grande majorité des blogs  sélectionnent les commentaires qu'ils souhaitent faire apparaitre. Pour cette raison, sur certains d'entre eux, n'en figure aucun qui soit critique...
En ce qui me concerne, je les laisse tous paraître, quitte à supprimer, après parution, ceux qui ne respectent pas certains critères (diffamation, insultes, contenu incompréhensible, propagande FN).
La différence est qu'il  n'est pas nécessaire de mentionner son adresse mail pour émettre un commentaire, comme c'est le cas chez ceux qui filtrent. Parce que je pense que cela favorise l'expression spontanée, au risque de dérapages que je ne peux, malheureusement, maîtriser immédiatement...

Brèves d'humour

Repérées sur le site du Monde.fr (par un dénommé Hervé Le Tellier, dans une rubrique intitulée "Papier de verre") quelques "brèves" d'actualités, sous une forme humoristique.

- Amis écologistes, si c'est en hommage à Röntgen, découvreur voilà 115 ans des rayons X, que vous bloquez le convoi radioactif, arrêtez tout de suite. La radioactivité, c'est les rayons gamma.  

- Comment fêter à la fois les anniversaires des morts d'Apollinaire et de De Gaulle ? Il suffit de réciter "Le pont Mirabeau martyrisé, le pont Mirabeau humilié, mais le pont Mirabeau libéré"

- Ecoute des journalistes : la DCRI est maligne. Elle mène l'enquête aujourd'hui pour découvrir la source de l'article de demain où l'on révélera qu'elle mène l'enquête pour découvrir la source de l'article d'hier.

- Insoutenable suspense du remaniement : sera-ce Filloo ou Borlon ? L'un serait plus socique et l'autre plus technal. La moitié des Français s'en mout, et l'autre s'en contrefoque.

Frédéric Lefebvre se fait discret depuis peu : il se veut secrétaire d'Etat au tourisme. Le poste est taillé pour lui : qu'il apparaisse, et j'ai envie de partir loin, loin.


Et toujours, l'humour de nos hommes (et femmes) politiques


Si je suis élu, rien ne changera en France. (François Bayrou - citation  contestée). AA: Et pourtant le Béarnais n'est pas un conservateur...

Hollande propose des Assises de la Gauche. Pourquoi des Assises ? La correctionnelle suffirait . (Jean-Pierre Chevènement). AA: et pourquoi aux Pays-Bas?

 Je suis peut-être nul, mais le ministre, c'est moi (Pascal Clément, du temps où il fut Ministre de la Justice). AA: Na! Même un ministre nul décide!

Il m'a fait l'impression de l'amant qui craint la panne (Ségolène Royal à propos de François Bayrou qui refuse que Mme Royal monte le rencontrer à son domicile parisien entre les deux tours de la présidentielle ; des journalistes étant à l'affût au bas de son immeuble). AA: la panne d'ascenseur?

Johnny Hallyday qui annonce son intention de rester français et Bernard Laporte qui entre au gouvernement, c'est une période faste pour l'intelligence française (François Goulard, ancien Ministre).
AA: Johnny n'est pas belge? Ni suisse? Et B. Laporte? Il l'a rapidement pris en pleine figure (la porte...). Tout ça ce sont des coups de Sarko!