dimanche 22 novembre 2009

Dalongeville : l'homme par qui la faillite héninoise est arrivée (1/2)


Avec l'aimable autorisation de La Voix du Nord, vous trouverez, une série de 2 articles qui ont plusieurs mérites:

- fournir des informations nouvelles sur ces 10 dernières années de descente aux enfers;

- rappeler que sous GD un régime "maffieux" s'est mis en place et que les fanfaronnades de l'ex- maire, aujourd'hui sorti de 7 mois de détention provisoire (!) sont surréalistes;

- précise bien la situation de GD: certes il est présumé innocent tant qu'il n'est pas jugé, mais cela ne signifie pas qu'il ne soit pas coupable, comme on essaye de nous le faire croire!

- évoque, bien que ce ne soit pas tout à fait le sujet, la carence (inaction aggravée par une absence totale et désespérante de communication) et la connivence stupéfiante avec le FN...

samedi 21.11.2009, 05:04 - PASCAL WALLART


L'HEURE DE LA REVANCHE

Au départ était un garçon débrouillard, débordant d'idées et d'empathie pour les gens... Après une prime jeunesse passée en Seine-Saint-Denis, le voilà, débarquant, adolescent, à Ervillers, tout près de Bapaume, où sa maman ouvre un café-restaurant dans l'ancienne boucherie familiale.

Le jeune Gérard Dalongeville y bout très vite de l'envie d'organiser la vie du village. À telle enseigne qu'en 1989, à peine âgé de 19 ans, l'étudiant en sciences éco intègre une liste aux municipales, sous la houlette d'un cousin, Barthélémy Bizart, afin de déboulonner le maire sortant.

Arborant déjà son célèbre collier de barbe, le jeune Dalongeville se lance alors à corps perdu dans sa délégation au sport. Ce sont là, officiellement, ses premiers pas dans la vie politique même si, quelques années plus tard, M. Dalongeville s'inventera, au fil des entretiens, une carte au PS dès l'âge de 16 ans ou une participation en 1988 aux cantonales, sous l'étiquette socialiste face à un lieutenant de Jean-Paul Delevoye. Duel qui n'a existé que dans ses rêves... En revanche, ce qui est alors bien réel, c'est que l'étudiant crève d'envie de se frotter aux réalités de la vie politique à une autre échelle que celle de son village. Son souhait est tout simplement de vendre son talent à un politique assez puissant, de gauche de préférence, et de grandir dans son ombre.

Ce qui motive le Bapalmois à quitter sa contrée bucolique pour s'attaquer à la capitale lilloise, là où tous les pouvoirs sont concentrés.

Notre homme prend alors en ligne de mire le conseil régional, où il a déjà effectué un stage d'été. Faisant preuve de trésors de diplomatie et de charme, l'étudiant assiège les secrétaires de trois vice-présidents emblématiques du PS dans le Nord - Pas-de-Calais : Daniel Percheron, Serge Janquin et Umberto Battist. « Il discutait tout le temps avec nous, nous apportait des roses et l'on sentait bien qu'il avait une fascination pour Daniel Percheron qu'il voulait à tout prix rencontrer », raconte l'une d'entre elles.

L'étudiant crève d'envie de se frotter aux réalités de la vie politique

L'homme se fait tellement insistant que l'élu liévinois finit par le recevoir. Ne pouvant lui fournir d'emploi, il l'aiguille alors vers un jeune et brillant maire qui vient d'être élu à Hénin-Beaumont. « Va voir Pierre Darchicourt de ma part ! », confie-t-il à l'apprenti Rastignac, qui ne se fait pas prier pour frapper à la porte de celui qui, à Hénin-Beaumont, a su mettre ses pas dans ceux du « monument » Jacques Piette et vient également d'être nommé vice-président à la Région.

La recommandation de Percheron fait mouche puisque le maire d'Hénin-Beaumont trouve illico presto un poste au jeune homme au sein d'une société d'économie mixte. Zélé et cherchant vite à se rendre indispensable, Gérard Dalongeville n'y fera pas de vieux os, se retrouvant rapidement propulsé au cabinet du maire, alors dirigé par l'efficace Anne de Coupigny.

Dès son arrivée au cabinet Darchicourt, l'enfant d'Ervillers commence à mettre au point la stratégie qui lui assurera un succès foudroyant. Déployant des tonnes d'empathie pour les uns, de petites attentions pour les autres, l'attaché de cabinet focalise toutes les attentions et tire dans l'ombre les ficelles d'un jeu cruel dont la directrice de cabinet de Pierre Darchicourt fera rapidement les frais.

La place est alors libre pour la première heure de gloire de Gérard Dalongeville, « dircab » fourbe et mielleux pour les uns, efficace et disponible pour les autres. Un personnage qui ne laisse guère indifférent mais révèle déjà les zones d'ombre qui feront du futur maire d'Hénin-Beaumont une personnalité sulfureuse. Avec un goût prononcé pour l'intrigue, le mensonge, la manipulation, tout cela enrobé dans une bonhomie, un indéniable savoir-faire relationnel et un constant sourire enjôleur.

On commence à le dire futur dauphin de Darchicourt lorsque, début 1999, tout bascule. Le maire passe une soufflante magistrale à son « dircab » qui a poussé le bouchon un peu trop loin en jonglant sans modération avec des bons de commande. Une irrégularité que le directeur général des services, ayant Dalongeville dans le collimateur, s'était empressé de dénoncer à Pierre Darchicourt.

Une nouvelle ville est en marche, promet son slogan. Mais à quel prix

Vexé d'avoir été pris la main dans la confiture, Dalongeville donne alors sa démission, espérant secrètement être rattrapé par le fond de la culotte. Il ne le sera pas. À compter de ce jour, il n'aura qu'une obsession : déloger Darchicourt de son fauteuil et devenir calife à la place du calife. Pour ce faire, tous les moyens seront bons, y compris la mise en connexion de tous les ennemis du maire d'Hénin-Beaumont. La rébellion de Dalongeville sera l'occasion rêvée pour le maire de Liévin, Jean-Pierre Kucheida, et le futur président de Région, Daniel Percheron, de se débarrasser d'un Darchicourt véritable desperado refusant de se plier aux exigences de la fédération du PS, qui venait de briser l'occasion unique de créer une communauté urbaine réunissant Lens-Liévin et Hénin-Carvin.

Gérard Dalongeville se réfugie sous l'aile protectrice du puissant édile liévinois qui lui trouve un job au conseil supérieur de l'électricité et du gaz où il est missionné. Au contact du cacique, Gérard Dalongeville apprend mille et une ficelles... qu'il n'oubliera jamais.

Début 2000, il se déclare officiellement candidat contre Darchicourt. Le PS feint alors de l'exclure, même si la sanction ne sera jamais officiellement entérinée, et regarde finalement le fier Pierre Darchicourt tomber sous les coups nourris de son ex-poulain sachant mettre le doigt où ça fait mal. En créant un front uni anti-Darchicourt et promettant aux Héninois des lendemains rieurs, Gérard Dalongeville s'empare sans coup férir de la mairie d'Hénin-Beaumont. Une nouvelle ville est en marche, promet son slogan. Mais à quel prix... Les clés de l'hôtel de ville d'Hénin-Beaumont en main, le nouveau maire se concentre sur une priorité : assurer ses arrières puisqu'après six mois à la mission gaz-électricité, il a dû lâcher son job de commercial au sein de l'agence Marianne Communication.

Devenant de droit président de la SAEMIC, gérant un important patrimoine immobilier, il envisage alors de salarier cette fonction. Un tour de passe-passe qui ne peut s'effectuer que si le conseil d'administration donne son feu vert... ainsi que le conseil municipal. Il refusera cette double humiliation.

Très vite, une rencontre va faire basculer sa vie. Au coeur de l'été 2001, Fréquence Nord parraine une tournée qui a été déléguée à un certain Guy Mollet, un « faiseur » d'affaires à la sulfureuse réputation usée essentiellement dans le milieu cycliste. Du Groupement au CC Wasquehal en passant par le Grand Prix d'Isbergues, notre homme, roué comme pas un, madré et possédant un carnet d'adresses épais comme un Bottin, est aussi connu que redouté.

Un profil de roublard sympathique, toujours prêt à monter une affaire ou recommander une combine sur le fil du rasoir, qui fascine le nouveau maire d'Hénin-Beaumont. Mais il faudra attendre une année pour qu'un « deal » finisse par les unir. Mollet reprend en main un hebdo gratuit, Hénin Info, le métamorphosant en Journal du pays, bras armé de la propagande dalongevilienne et de premières petites affaires en famille. Le contrat est simple, Dalongeville déléguant au JDP la communication municipale au rythme de plus de 14 000 euros par mois... Un passage « publicitaire » quasi obligatoire pour les entreprises travaillant régulièrement pour la ville. Dalongeville, quant à lui, endosse dans l'ombre le rôle de rédac'chef de l'hebdomadaire dont il relit à la loupe chaque épreuve. le « la » pour les premières relations entre Gérard Dalongeville et les entreprises amenées à travailler pour Hénin-Beaumont, contacts scellés via des accords déroutants. C'est ainsi que, petit à petit, disparaîtront curieusement du patrimoine communal toute une série de matériels... que l'on retrouvera parfois loués à la ville à des tarifs prohibitifs. Ce sera le cas pour une balayeuse, un pont lumineux... Entre la ville et certaines entreprises frappant à la porte, le contrat de confiance est pour le moins particulier, se réglant très souvent en toute discrétion lors d'une rencontre avec l'adjoint aux finances, avant qu'un autre élu n'entre dans la danse. Dans un premier temps, les « deals » sont passés directement à l'hôtel de ville avec une partie officiellement réglée s'accompagnant d'un droit d'entrée en liquide qui prenait la direction du coffre-fort majoral.

samedi 21 novembre 2009

On efface tout et on recommence ! Les 100 premiers jours du Maire d’Hénin-Beaumont (2)


SEPTEMBRE

- 2 : Conseil municipal ordinaire

- 3 : Réunion sur le Développement Durable : services et adjoint avec délégation spécifique (transversale)

- 4 : Position à prendre sur l’éventuelle réponse du Préfet sur les impôts : continuer à négocier ?

- 7 : Point Presse . Réunion du Comité des Sages : mise en place et objectifs

- 8. : Réunion de l’Atelier d’Urbanisme : mise en place et objectifs

- 9 : 1ère réunion des Conseils de quartier (C Q) : rôle, compétences, budget

- 11 : Point sur la mission d’audit (avec DGS)

- 14 : Point Presse

- 15 : Espoir n°2 : parution

- 16 : 2ème CQ :

- 18 : Conseil municipal rôle, compétences, budget

- 21 : Point Presse

- 22 : Conseil des Jeunes : mise en place et objectifs

- 23 : 3ème réunion de CQ : : rôle, compétences, budget :

- 24 : Résultats de l’appel d’offres pour désignation des 3 cabinets HB 2030

- 28 : Point Presse . Point Audit

- 30 : 4ème réunion CQ : rôle, compétences, budget :


OCTOBRE

- 1 : Conseil municipal extraordinaire pour faire le point sur les priorités fixées

- 5 : Point Presse. Conseil Municipal

- 6 : Programme Formation des élus

- 7 : 5ème réunion CQ :

- 8 : Rapport final audit

- 12 : Point Presse. Conseil municipal extraordinaire : Présentation du rapport d’audit


Cet agenda ne tient pas compte des dossiers CAHC, des commissions municipales, des dossiers avec la Région et le Département, etc.

Il tient compte de ce que nous avions proposé depuis plusieurs mois, à savoir :

- les priorités (gestion interne, Projet de ville, implication des citoyens)
- l’impératif de communiquer pour donner l’Espoir à nos concitoyens

Est-il trop tard pour s’y mettre ?

vendredi 20 novembre 2009

On efface tout et on recommence ! Les 100 premiers jours du Maire d’Hénin-Beaumont (1)

Voici ce qu’auraient pu être les 100 premiers jours (les 3 premiers mois plus la semaine "non officielle du 6/7 au 12/7) de la nouvelle mandature (13/7 au 12/10)…

JUILLET

- semaine du 6 juillet (avant élections du Maire) : rencontre avec le personnel (agents, syndicats, cadres)

- 13 : Remerciements aux électeurs (lettre, presse)

- 15 et 16 : séminaire élus et cadres sur les priorités

- 17 : premières décisions d’économies de gestion. Choix d’une assistance pour élaborer le cahier des charges HB 2030 pour le choix de 3 cabinet d’études chagés de nous présenter chacun un projet (toutes ces études et assistance prises en charge par le SMT)

- 20 : Réunion Presse. Décisions sur les nouvelles procédures d’engagement

- 21 : lettre au Préfet sur l’augmentation des impôts et demande de RV

- 22 et 23 : suite du séminaire sur les priorités

- 24 : RV avec le nouveau DGS pressenti (libre à partir de la fin octobre)

- 27 : Point presse. Lettre au centre de gestion pour mettre en place une équipe d’audit sur les procédures internes et conseil sur l’organigramme (stagiaires encadrés par des enseignants)

- 29/30 : suite et fin du séminaire sur les priorités

- 31 : RV avec D.Dupilet (Président du Conseil Général) pour mise à disposition, par voie de détachement, pour 2 ans, de cadres expérimentés (juriste, ingénieur Travaux, Directeur administratif et financier)

AOÛT

- 3 : Point Presse. Consultations (élus, société civile) sur les priorités)

- 4 : suite consultations

- 5 : RV Préfet sur les impôts : demande de dotation extraordinaire , en compensation de la responsabilité de l’Etat pour manque de surveillance des finances d’HB, malgré tous les clignotants.

- 6 : RV D.Percheron, Président du Conseil Régional (voir 31/7)

- 7 : conseil municipal extraordinaire sur les priorités : gestion financière et administrative, projet urbain HB 2030 (y compris Tramway), démocratie participative locale (voir propositions AA 22, 23, 24 juillet sur son blog).

- 10 : Point Presse. Consultation élus et Société civile sur le cahier des charges pour l’étude HB 2030

- 11 et 12 : suite consultation

- 13 : mise en place du comité consultatif permanent pour HB 2030

- 14 : RV Mission audit (avec élus, cadres et futur DGS)

- 17 : Point Presse. Finalisation cahier des charges pour choix des 3 bureaux d’études HB 2030

- 18 : Conseil municipal extraordinaire sur « La démocratie participative locale »

- 19 : Parution du Journal municipal n°1 (Espoir)

- 20 : 1ère réunion du CC HB 2030

- 21 : Réunion sur la formation du personnel, avec futur DGS, mission d’audit, syndicats. Réunion pour faire le point sur la mission d’audit (avec DGS)

- 24 : Point presse. Lancement appel d’offres projet HB 2030

- 25 : Réunion CAHC et Conseil régional pour faire le point sur les projets ANRU sur HB

- 27 : réunion des associations

- 28 : réunion des associations sportives

- 31 : Point Presse. Réunion des commerçants



A suivre

jeudi 19 novembre 2009

Dernière minute: AFP: G. Dalongeville libre...

Par AFP, publié le 19/11/2009 à 17:29 -


ARRAS - La cour d'appel de Douai (Nord) a décidé jeudi de remettre en liberté sous contrôle judiciaire l'ancien maire socialiste d'Henin-Beaumont (Pas-de-Calais), G. Dalongeville, mis en examen et écroué en avril dans une affaire de fausses factures, a-t-on appris de sources concordantes.


Gérard Dalongeville devrait quitter la prison de Longuenesse (Pas-de-Calais) jeudi soir ou vendredi matin, a indiqué à l'AFP son avocat, Maître Cattoir

"La chambre de l'instruction (de la cour d'appel de Douai) a estimé que sa détention n'était plus utile aux nécessités de l'enquête", selon une source judiciaire. Le parquet général ne s'est pas opposé à sa libération.

Son contrôle judiciaire lui fait notamment interdiction de sortir du département des Vosges où il a indiqué vouloir se rendre, et l'oblige à se présenter une fois par semaine dans un commissariat ou une gendarmerie.

"Je ne peux que me réjouir de sa mise en liberté. J'ai toujours considéré que cette détention provisoire était un peu longue", a indiqué à l'AFP Me Cattoir, qui était "prêt à aller jusqu'au bracelet électronique" pour obtenir la mise en liberté de son client.

"Je suis plutôt pas mécontente. M. Dalongeville va pouvoir parler des complicités éventuelles dont il a bénéficié. Ca pourrait être intéressant pendant la campagne des régionales", a réagi pour sa part Marine Le Pen, vice-présidente du Front national (FN) et conseillère municipale à Henin-Beaumont.

Gérard Dalongeville avait été mis en examen et écroué début avril pour détournement de fonds publics, faux en écriture et favoritisme présumés. Il encourt dix ans de prison et 150.000 euros d'amende.

L'enquête, lancée en juin 2008, a mis au jour un système de fausses factures établies entre 2006 et 2008 au bénéfice de sociétés qui n'auraient jamais honoré les prestations correspondantes. Le montant de ces factures pourrait atteindre pas moins de quatre millions d'euros.

Suspendu, puis révoqué de son poste de maire fin mai, Gérard Dalongeville a été exclu depuis du Parti socialiste.

Le tribunal administratif de Lille a annulé fin octobre l'arrêté de suspension du 27 avril 2009 du ministère de l'Intérieur et l'avocat de l'élu a déposé un recours devant le conseil d'Etat pour faire annuler le décret de révocation pris par le président Nicolas Sarkozy.

Le 5 juillet, le divers gauche Daniel Duquenne, soutenu par le PS, avait succédé à M. Dalongeville comme maire, en devançant de peu la liste FN menée par Steeve Briois et la vice-présidente du parti, Marine Le Pen, lors de l'élection municipale provoquée par cette révocation.

mercredi 18 novembre 2009

Grippe A et vaccination : les quatre raisons d'une crise de confiance



(Ci-dessous, un article du Monde daté du 17/11, que j'ai remis en forme)




En dehors des contre-indications avérées, il ne devrait pas y avoir de raison d'être réticent à la vaccination contre la grippe pandémique. L'intérêt de se protéger individuellement d'une maladie qui peut prendre des formes graves et de ne pas transmettre à plus fragile que soi le nouveau virus grippal A(H1N1) aurait dû suffire, malgré la crainte d'effets indésirables, rares mais possibles, comme l'illustre la survenue d'un cas à confirmer de syndrome de Guillain-Barré.

Alors, comment expliquer les doutes, les interrogations ou l'hostilité, reflétés par les médias, que suscite la campagne de vaccination de masse proposée à la population ?

Quatre catégories de raisons peuvent être individualisées, toutes exacerbées par la crise économique : celles liées aux incertitudes, les liens entre santé et argent, les réactions au cours suivi par la pandémie et une crise de confiance durable à l'égard des gouvernants et des institutions.

- Premier type de raisons : l'ébranlement des certitudes devant une pandémie qui ne ressemble pas à ce qui était annoncé. Loin des millions de morts des pandémies du siècle précédent et des 50 % à 60 % de taux de mortalité pour l'homme du virus de la grippe aviaire H5N1, la première pandémie du XXIe siècle a l'apparence d'une grippe banale. L'aiguillon de la catastrophe imminente est sérieusement émoussé. S'y ajoute le syndrome de la ligne Maginot. Le gouvernement a dû effectuer un virage sur l'aile pour adapter ses plans. Il a réintégré par la fenêtre les médecins de ville qu'il avait fait sortir par la porte. Difficile ensuite de les mobiliser. Idem pour les pharmaciens. L'impossibilité réelle de maintenir une comptabilité des cas de grippe A (H1N1) a aussi accentué le flou sur la maladie. Logique épidémiologique contre bon sens populaire.

- A ces premières raisons s'ajoute la question de l'argent. Notre culture reste pétrie de l'idée, salubre, que la santé a peut-être un coût mais n'est pas une marchandise. C'est précisément ce qui a choqué dans les scandales de sécurité sanitaire, grands et petits, depuis celui du sang contaminé qui ont bouleversé notre paradigme : des praticiens, des industriels pouvaient faire passer leurs intérêts matériels avant notre santé.

On aurait du mal à tirer des larmes aux personnes frappées par la crise en leur disant que, par exemple, GlaxoSmithKline, auquel la France a passé commande de cinquante millions de doses de vaccins et de neuf millions de doses de Relenza - avec le Tamiflu, l'un des deux médicaments antiviraux utilisés contre la grippe -, en plus des ventes du vaccin contre la grippe saisonnière, n'aura pas fait de bonnes affaires en 2009. L'importance des bénéfices des industriels est un sujet en soi, mais ne peut être le seul critère d'appréciation de l'intérêt médical d'un vaccin.

L'argent est aussi au coeur des conflits d'intérêts. Des institutions, des responsables politiques peuvent estimer avec pragmatisme que les experts les plus compétents sont naturellement sollicités par les industriels et qu'il suffit de rendre ces liens publics pour régler le problème. Pas sûr que cela suffise à dissiper les doutes sur l'indépendance des conseils donnés. De même, comment éviter que, passées sous silence, les années de Roselyne Bachelot dans l'industrie pharmaceutique ne posent question ? Surtout que, s'agissant de vaccins, continue de planer en France l'ombre des effets attribués aux vaccins contre l'hépatite B, malgré les données épidémiologiques n'allant pas dans ce sens.

- Une troisième catégorie de raisons est en jeu. Contrairement à d'autres pays, le gouvernement français a vu large dans ses commandes afin de pouvoir vacciner toute personne qui le souhaite. L'abondance de vaccins, a fortiori si une seule injection suffit, alimente l'attentisme : " Puisqu'il y en aura pour tout le monde, les autres d'abord ! ", se disent ceux qui craignent de servir de cobaye à l'industrie pharmaceutique. D'autant que le manque d'empressement des soignants à se faire vacciner incite à tergiverser. Il y a gros à parier qu'une évolution péjorative de la pandémie précipiterait, mais un peu tard, beaucoup de monde vers les centres de vaccination.

- La dernière raison aux doutes persistants relève d'un hiatus entre les centres de pouvoir et la majorité des Français. Comme dans toutes les crises majeures, s'expriment ici les sentiments de la population à l'égard de la manière dont l'Etat garantit la santé des citoyens : " Vos actes nous disent l'importance que nous avons à vos yeux de gouvernants. " Le débat sur le principe de précaution n'exprime pas autre chose. Un Etat qui fait des promesses de maintien de l'emploi dans des usines en conflit sans les tenir devrait-il s'étonner de ne pas être cru sur parole ou de susciter des anticorps lorsqu'il parle de la grippe ?

Tout cela a donné aux ligues antivaccinales une occasion historique de déborder de leur public habituel, grâce à l'Internet, en débitant des sornettes. Plus que leurs arguments, c'est le manque de débat public organisé, d'implication démocratique de la population dans la préparation et la réponse à la pandémie qui se révèlent si contre-productifs lorsqu'il faut mobiliser autour de la vaccination.

Paul Benkimoun

Prémonitoire

Que peut-il ? Tout.

Qu'a-t-il fait ? Rien.

Avec cette pleine puissance,

en huit mois un homme de génie

eût changé la face de la France,

de l'Europe peut-être.

Seulement voilà, il a pris la France

et n'en sait rien faire.

Dieu sait pourtant que le Président se démène :

il fait rage, il touche à tout, il court après les projets ;

ne pouvant créer, il décrète ; il cherche

à donner le change sur sa nullité ; c'est

le mouvement perpétuel ; mais, hélas !

cette roue tourne à vide.



L'homme qui, après sa prise du pouvoir

a épousé une princesse étrangère

est un carriériste avantageux.

Il aime la gloriole, les paillettes, les grands mots,

ce qui sonne, ce qui brille, toutes les verroteries du pouvoir.

Il a pour lui l'argent, l'agio, la banque, la Bourse, le coffre-fort.

Il a des caprices, il faut qu'il les satisfasse.

Quand on mesure l'homme et qu'on le trouve si petit

et qu'ensuite on mesure le succès et qu'on le trouve énorme,

il est impossible que l'esprit n'éprouve pas quelque surprise.

On y ajoutera le cynisme car, la France, il la foule aux pieds,

lui rit au nez, la brave, la nie, l'insulte et la bafoue !



Triste spectacle que celui du galop, à travers l'absurde,

d'un homme médiocre échappé.







Victor Hugo dans "Napoléon le Petit"

Réédité chez Actes Sud



A qui pensiez-vous?
Voir à ce sujet, l'interview de VH, publié le 19/2/08

lundi 16 novembre 2009

Sur la manifestation de samedi 14 novembre

Pour répondre aux questions sur ce que je pense de la manifestation organisée par "Un nouvel élan"ce dernier samedi:

A- si l'on juge cette manif quantitativement, elle ne fut pas une réussite: une cinquantaine de personnes seulement. Pourquoi? Probablement parce que beaucoup y ont vu une tentative de récupération politique: les organisateurs auraient dû faire abstraction des étiquettes politiques. Plus sûrement parce qu'il est difficile de mobiliser à HB, j'en ai déjà fait l'expérience, même si la cause paraît juste...On fait référence à la manifestation de 2005 qui avaient rassemblé 500 personnes suite à l'augmentation de 85% de la fiscalité! Vous voyez le seuil minimum pour mobiliser quelques centaines de citoyens...Dûr, dûr!

En outre, n'oublions pas que moins de 40% des Héninois payent un impôt local...

Je ne suis pas sûr non plus que le contenu de l'appel à manifester était audible: réclamer le remboursement du montant de l'augmentation de l'impôt, c e n'était pas le meilleur des slogans...

B- Mais si l'on se place sur le plan qualitatif, je pense que cette manifestation était positive:

- elle a fait parler d'elle et les Héninois, même s'ils ne se sont pas déplacés, et même s'ils ne sont pas concernés par l'impôt, savent que ce dernier, a, une nouvelle fois augmenté et que le Maire ne s'est pas battu pour refuser l'augmentation.

- elle a prouvé que des citoyens pouvaient encore se révolter contre une injustice, malgré l'individualisme, TF1, Auchan, le Loto... tous ces "opiums du peuple"!

- elle a démontré, et c'est le point essentiel, qu'il existe d'autres protagonistes politiques à HB, que les 2 partis composant le conseil municipal. Les Héninois ont pu apprendre que le mano a mano FN/AR n'était pas une figure imposée, comme le souhaitent ces 2 partis (ou association, de moins en moins apolitique)... La diversité ce n'est pas seulement bon pour la nature et les hommes, mais cela l'est également pour les idées...

En conclusion:

- il faut inventer d'autres formes de mobilisation (ce n'est pas pour rien que le FN n'organise pas de manifestation de ce genre, parce qu'il sait très bien, qu'à part ses militants, il n'attirerait personne...). Beau sujet de réflexion pour les militants héninois, à prendre à bras le corps!

- il est nécessaire de pacifier le débat politique: pour cela construisons, débattons, préoccupons-nous du quotidien de nos concitoyens, et cessons les insultes et invectives, notamment sur les blogs: elles sont en effet démultipliées par le bouche à oreille et décrédibilisent encore plus la parole politique. Il faut absolument faire cesser tout commentaire blessant: aux webmester républicains de jouer! Je suis partisan d'expurger les propos indignes des blogs: si l'on s'y mettait tous (Modem, MJS, UMP, AR, DLR1, PC, AA ...)? Une charte éthique des blogs héninois serait certainement une bonne chose!

Dérapages

Éditorial du Monde daté du 14 novembre 2009


Méchantes " blagues ", provocations à l'emporte-pièce, " boutades " qui disent tout haut ce que l'on pense tout bas : un climat déplaisant, détestable même, s'est installé depuis deux mois dans ce pays. L'on aurait tort de mettre ces dérapages successifs sur le compte des inévitables scories et saillies du débat public.

En septembre, c'est Brice Hortefeux qui provoque le tollé. Lors de l'université d'été de l'UMP, il déclare à la cantonade, à propos d'un jeune militant d'origine maghrébine qui vient le saluer : " Il ne correspond pas du tout au prototype. Quand il y en a un, ça va. C'est quand il y en a beaucoup qu'il y a des problèmes. "

En octobre, la secrétaire d'État aux sports, Rama Yade, souhaite être candidate aux élections régionales dans les Hauts-de-Seine, où elle est implantée. Une élue UMP de ce département lui conseille plutôt, conformément aux souhaits de l'état-major du parti présidentiel, de se présenter dans le Val-d'Oise, où elle ferait davantage " couleur locale ". " J'avais la naïveté de croire que j'étais une citoyenne comme les autres ", commente, blessée, la secrétaire d'Etat, d'origine sénégalaise.

C'est désormais le député UMP de Seine-Saint-Denis, Eric Raoult, qui s'en prend à l'écrivaine Marie NDiaye, de père sénégalais, lauréate du prix Goncourt. En août, elle avait jugé que la France de Nicolas Sarkozy lui paraissait " monstrueuse ", avec son " atmosphère de flicage, de vulgarité ". Estimant ces propos " insultants " et arguant du " devoir de réserve " auquel seraient tenus les lauréats du Goncourt, M. Raoult a saisi le ministre de la culture, Frédéric Mitterrand. " Nous - comprendre : la France - lui avons donné le prix Goncourt... ", a-t-il ajouté. Stupéfiant.
Justifier
Misérable et ridicule polémique, ont répliqué en choeur, à chaque fois, le gouvernement et la majorité devant les protestations de l'opposition, des associations antiracistes et, désormais, de la république des lettres. Non. Ces dérapages successifs sont tout sauf " anecdotiques ", n'en déplaise à M. Mitterrand : décomplexée et débarrassée, pense-t-elle, de la menace du Front national depuis 2007, la droite s'autorise peu à peu des propos qui étaient l'apanage de Jean-Marie Le Pen depuis vingt ans et étaient alors condamnés sans réserve, y compris à droite, au nom des valeurs de la République. Tout se passe comme si l'affaiblissement de l'extrême droite avait levé les tabous. Et redonnait libre cours à un vieux fond, refoulé, plus nationaliste que national, facilement xénophobe. C'est malsain et inquiétant.

samedi 14 novembre 2009

Reprenons-nous!


Depuis le message que j'ai écrit samedi matin, pour parution ce soir, il s'est passé beaucoup de choses: un torrent de haine s'est déversé, à travers les blogs, des attaques de bas niveau sur les personnes ont été proférées, indignes de tous ceux qui se réclament d'un humanisme!

Le FN fait école: le combat de rue plutôt que le combat d'idées.

Je ne me livrerai pas à de telles pratiques: la démocratie mérite mieux que cela!

Ma part de vérité



Je voudrais mettre le holà à des non-vérités (des mensonges?), proférés à plusieurs reprises, sur ce blog, dans des commentaires récents:

1-J'ai effectivement pensé, comme bien d'autres, en 2008 et en 2009, qu'une nouvelle majorité pourrait se constituer autour de démocrates, dont l'AR. Je signale que je n'ai pas ménagé ma peine en début 2008 pour que MN Lienemann ne fasse pas alliance avec Dalongeville, mais poussée par Percheron, elle n'a pu résister à la pression.Je suis intervenu auprès du Président de Région, qui a essayé de me convaincre, un jour, de la justesse de sa stratégie, devant MNL: mon refus de m'associer n'a pas plu, c'est le moins que l'on puisse dire...

2-Lors d'une conversation téléphonique 2 ou 3 jours avant la désignation par l'AR de sa tête de liste, en juin 2009, GB m'a demandé quelles seraient mes conditions pour participer à la liste.Je lui ai répondu que tout ce qui m'intéressait, c'était le projet (je l'ai écrit également)! Il a insisté sur ces conditions: je lui ai répété que ce n'était pas le plus important; j'aurais dû alors comprendre que ce n'était pas en 48H qu'un projet pourrait être négocié (de mon côté, il était prêt...). Je n'ai pas voulu répondre. J'ai lâché, finalement,sur le ton de la plaisanterie: "Mais tu sais bien que dans une négo, on commence toujours par le maximum, mais que c'est ensuite que les demandes s'affinent"; GB m'a dit qu'il ne ferait pas état de cela, et qu'il signalerait ma volonté de monter un projet, et que lui et d'autres souhaitaient que nous collaborions (cela m'a été rappelé par certains membres de l'AR, ces dernières semaines : il se reconnaîtront) . Vous vous doutez de ma surprise d'apprendre que l'on avait présenté une demande de ma part d'être tête de liste!

J'aurais dû alors comprendre que le souhait de l'AR était bien de partir seule et d'éviter toute alliance...

Comment voulez-vous d'ailleurs que j'imagine qu'elle était décidée à faire ce cavalier seul, quand certains d'entr'eux étaient d'accord sur mon appréciation (discrète) concernant la faiblesse de l'équipe ("oui, tu as raison, c'est pour cela que l'on doit se rassembler pour muscler l'équipe!")

3- Aujourd'hui, je me dis que je n'ai pas voulu voir la vérité en face, car j'avais tous les éléments en ma possession pour prévoir la situation d'aujourd'hui...
A savoir:

- C'est vrai que nous avions une vrai divergence avec GB sur le FN. Il me disait être d'accord avec moi sur le fond (le combat contre les idées extrêmistes), mais qu'il ne servait à rien de combattre les hommes du FN à HB! Cela aurait dû être un avertissement pour moi!

- D'autant plus que 3 évènements auraient dû également m'avertir:

a) en 2005, j'avais fait venir un sociologue de mes amis, spécialisé sur le FN, pour nous en parler. 39 personnes présentes et réunion boycottée par l'AR (un seul membre, très autonome et qui a quitté l'AR, depuis, a boycotté le boycott! Il se reconnaitra...) sous prétexte que ce n'est pas ce qu'attendent les Héninois...

b) 2ème avertissement: les "révélations " faites par C.Coget et M.Le Pen étaient suffisamment précises pour faire comprendre les manipulations auxquelles se sont livrés certains.

c) Le 3ème événement est ce rapport d'un sociologue, dont j'ai fait part de la teneur dans un article du 6 août 2008, qui s'était infiltré au sein du FN d'HB et qui a fait référence aux rapports entre le FN et le l'AR; à l'époque, GB, ulcéré, m'avait juré ses grands dieux que cela n'était pas vrai (j'avais même écrit que je le croyais car c'était un "honnête homme"!); or, comme m'a dit le sociologue, personne ne l'a attaqué en diffamation (ni lui, ni Politis qui avait publié des extraits, ce qui prouvait bien ses observations...

Quel aveuglement de ma part!

Et je me dis que, malgré ses déclarations contraires, connaissant mes préventions anti-fâchistes, l''AR (certains membres?) n'a jamais eu l'intention de travailler avec moi. Ou si cette dernière assertion est erronnée, et que j'avais fini par collaborer avec l'AR, l'attitude conciliante (pour ne pas dire plus!) de cette dernière avec le FN aurait entraîné ma démission, assez rapidement!

Malheureusement tout cela ne fait pas l'affaire des habitants d'HB, roulés dans la farine par tous ceux qui les ont bernés et trahis: que ce soit par des incapables ou des escrocs, la gestion de la ville aura été ces 10 dernières années un véritable calvaire!

Quand dès 2005 je dénonçais (comme d'autres, l'AR et le PC, en particulier) la gestion éffarante de la ville, certains (aux PS, en particulier) me disaient que j'exagérais et ils m'opposèrent les résultats des élections de mars 2008 pour me dire que les Héninois étaient contents de leur Maire sortant!

Quand aujourd'hui, je dénonce l'incapacité de la majorité à gérer cette ville, et sa honteuse connivence avec le FN, on me répond encore que j'exagère ("il faut réablir la sérénité à Hénin" m' a écrit, récemment C. Génisson, 1ère Secrétaire Fédérale du PS, comme elle m'avait écrit quelques jours avant la révocation du Maire, qu'il fallait que "je respecte les Héninois" et qu'une personne es toujours présumée innocente, et que, jusqu'à preuve du contraire, G. Dalongeviille n'était pas coupable"!).

Je ne souhaite pas que l'on me dise un jour: "vous aviez raison", car cela signifierait que HB a sombré "corps et âme"!

vendredi 13 novembre 2009

A propos d'une manifestation à Hénin-Beaumont: stratégies des uns et des autres

Le Nouvel Elan pour HB organise une manifestation le 14/11 pour protester contre la nouvelle augmentation d'impôts décidée par l'État, et avec l'aval tacite du Maire.

La question m'a été posée, à plusieurs reprises, de savoir ce que j'en pensais.

Sur le fond, j'ai déjà exprimé mon opinion: je regrette que la ville ne se soit pas battue pour obtenir une aide de l'État. En effet, j'estime que nous avons un atout extraordinaire entre les mains: le pouvoir central a mis plusieurs années (au minimum 3 ans) pour réagir devant la gabegie héninoise, et sa responsabilité est évidente. Je ne comprends pas pourquoi D.Duquenne n'a pas essayé de négocier une dotation extraordinaire, en contrepartie d'un non-exercice d'un recours en indemnisation du préjudice subi par les finances de la Ville. J'avais lancé un appel aux citoyens intéressés pour se joindre à moi pour exercer ce recours. Nous avons rendez-vous avec un avocat, dans quelques jours, pour en examiner les modalités: base juridique et montant du préjudice. Sans présager des réponses sur ces 2 points, j'estime que le montant du préjudice se situe à l'intérieur des 12 millions de déficit que nous devons rembourser avant 2014.

La manifestation de demain samedi se situe dans un cadre à peu près identique, à savoir: faire comprendre au Maire que les Héninois ne sont pas d'accord sur cette nouvelle augmentation d'impôts. Mais cela n'aura aucun impact sur les finances héninoises. Ma démarche est discrète et prendra du temps ( sauf si l'Etat se décide à négocier avec la Mairie, ce qui est notre objectif), celle du Nouvel Elan est de l'ordre de la mobilisation. On pourrait dire qu'elles sont complémentaires.

Ce rassemblement est-il opportun? C'est toute la question:

a) certains (FN et AR) pensent que D.Noël et P. Ferrari ont participé à l'équipe Dalongeville, responsable, ces dernières années, de cette politique désastreuse et, qu'à ce titre, ils n'ont pas de légitimité pour réclamer une diminution d'impôts, alors qu'indirectement, ils ont cautionné la politique de Dalongeville. Je serai plus nuancé: ils ont cru, comme une majorité importante des Héninois, que Marie-Noëlle Lienemann pourrait s'imposer face à GD! Malheureusement MNL, poussée par le PS, au lieu de rompre, dès avant les élections, s'est laissée berner, ce qui a entraîné la Bérézina que nous avons connue. Pour avoir essayé de rassembler AR et PS, puis avoir refusé de suivre l'aventure Lienemann, je peux vous dire que, pour moi, les responsabilités sont évidentes: elles sont entièrement à mettre à la charge du PS, dont la stratégie politique à HB est une longue suite d'erreurs qui conduit à dérouler le tapis rouge au FN. J'aurais l'occasion d'y revenir très précisément dans les prochains jours...
b) en ce qui me concerne, je pense que nous sommes à un tournant de la vie politique héninoise...
En effet, l'AR et le FN ont une stratégie semblable: éliminer toute autre alternative politique pour se retrouver, seuls, face à face (c'est ce qu'a voulu l'AR, en refusant toute alliance entre les 2 tours), le jour venu .

- L'attitude de l'AR est maintenant bien identifiée: persuadée qu'elle va résoudre, seule, les problèmes d'HB, elle se recroqueville sur elle-même et évite de communiquer. De toutes les façons, même si elle communiquait aujourd'hui, elle ne serait pas crédible parce qu'elle n'a pas su prendre, de suite, les mesures drastiques qui s'imposaient en matière de gestion administrative (audit de procédures, formation, embauche de quelques cadres dont un DGS expérimenté), ni fixer ses priorités. Pour mieux éliminer toute autre opposition, elle mène cette politique consensuelle, avec l'extrême-droite, que plusieurs ont dénoncée. Quand on voit la chaleur régnant entre les conseillers FN et la plupart des conseillers de l'AR, avant le début du précédent conseil municipal (j'ai vu, devant mes propres yeux, une des figures de la majorité saluer S.Briois, en lui tapotant amicalement le bras), quand on voit aujourd'hui les connivences lors des manifestations (stupéfaction, pour beaucoup, mercredi, lors d'un banquet, de voir Marine Le Pen danser avec un membre de l'Alliance), on se dit que pour l'AR, le FN est un parti comme un autre, et qu'après tout, il est fréquentable...

Seulement l'AR oublie 2 choses: d'une part, son incompétence aujourd'hui avérée (j'avais eu la délicatesse de parler, au début, d'inexpérience...) nous entraîne vers des conséquences désastreuses pour HB; d'autre part, je ne suis pas sûr que tous les conseillers municipaux soient ravis des amours, qu'ils considèrent contre nature, entre les 2 composantes de la municipalité (on l'a vu lors de certains votes blanc, en conseil, désapprouvant des listes de représentation uniques AR/FN...): des dissensions devraient apparaître, faisant suite également aux 2 démissions d'élus et au désaveu de certains au sujet des positions de G. Bouquillon (adhésion au MRC, parti qui a soutenu GD; publicité pour le livre de Chruszez, âme damnée du même GD; rétention d'informations)


- Pour le FN, tout cela est pain bénit: parti fréquentable, connaissance des dossiers supérieure à celle de la majorité, Marine Le Pen qui n'a aucun mal à débattre face à des élus qui ne sont pas à la hauteur. De plus, il contribue à l'élimination de toute autre force politique, persuadé que lors d'un face à face avec l'AR, il n'en fera qu'une bouchée...
A la limite, le FN n'a plus qu'à laisser faire: la politique de l'AR lui déroule le tapis rouge...
Marine Le Pen pourra, grâce à l'exemple héninois, montrer que le FN est un parti comme les autres. A l'instar d'autres partis d'extrême-droite en Europe (l'exemple autrichien et même belge flamand), il est dédiabolisé! Regardez, même ses thèmes favoris: l'insécurité, la haine de l'autre (comprenez l'étranger) sont édulcorés dans son discours. Et il est vrai que le discrédit de Sarkozy jette dans les bras du FN des électeurs, déculpabilisés, et attirés par les discours subliminaux du FN.
En tous les cas, l'Histoire (je n'ai pas peur des mots) retiendra que l'Alliance Républicaine aura tout fait pour faire émerger le Front National!
(Paradoxalement, et c'est un aparté, le PS pourrait profiter d'un score du FN supérieur à 10%, aux Régionales, lui permettant de se maintenir au second tour et empêchant ainsi l'UMP de triompher. N'allez surtout pas me faire dire que les abominations commises par le PS à HB avaient uniquement pour but d'aider le FN à franchir la barre des 10%, et ainsi favoriser la victoire de la gauche: personne ne vous croirait!).

Et donc à la question de l'opportunité de se rendre à la manifestation de demain, je réponds que pour éviter le face à face AR/FN, avec le résultat couru d'avance, il faut que continuent d'exister d'autres forces politiques à HB, capables de mettre un terme aux dérives en cours...et donc, plus il y aura de monde, plus les Héninois montreront qu'ils ne sont pas dupes de ce qui se joue devant leurs yeux!

jeudi 12 novembre 2009

Sommes-nous toujours en démocratie? (suite)


1- Dans la série "Sommes-nous encore en démocratie?", Sarko 1er, notre monarque, finalement, se croit tout permis! Même mentir...En soi, affirmer qu'il était à Berlin le 9 novembre 1989 pour assister à la chute du Mur, pourrait faire sourire: on connait bien son besoin de se valoriser personnellement, de se mettre constamment en avant, d'être présent partout. A ce sujet: quand est-ce qu'un psychanalyste nous livrera les secrets de cette attitude? NS a-t-il eu un problème avec son père, dans sa tendre enfance? A-t-il souffert d'une non-reconnaissance par M.Sarkozy père? A-t-il été sevré trop tôt? Fait-il des complexes? Quel est le rôle de Carla? Celui de Cecilia? Est-ce pour cela qu'il accèlère la carrière du Prince Jean, pour lui éviter d'être aussi vantard que lui?

Bref, Sarko 1er, Président-Roi des Français a menti à ces derniers (mensonge maintenant démontré, je n'y reviens pas, cela n'en vaut pas la peine)! Français qui, entre nous, ont d'autres péoccupations: leur pouvoir d'achat, le chômage principalement...A qui donc profite le "crime"? L'écart à la vérité s'est produit sur Facebook, ce réseau social sur lequel il (ou sa plume) tient, paraît-il, une chronique régulière. Facebook est lu, en grande partie, par des jeunes (même si beaucoup d'adultes y sont inscrits, souvent parce que cela fait bien), qui, s'ils vont lire les écrits de NS (cela reste à démontrer) n'iront pas vérifier les rodomontades de notre autocrate...Voilà, comment on essaye de se forger une image...

Ce mensonge me rappelle un autre mensonge, autrement plus lourd: celui qui obligea Richard Nixon à démissionner de la Présidence des Etats-Unis, lors de l'affaire dite du Watergate. Etant à l'époque sur place, je peux vous dire que des premiers doutes sur l'implication de Nixon (mars 73) à sa démission forcée en août 74, la population fit monter crescendo son dégoût pour le menteur et finit par obtenir qu'il parte avant la mise en route de la fameuse procédure de l'impeachment...Loin de moi de comparer le petit mensonge de NS (le Berlingate?) au gros mensonge du Watergate, mais quand on met le doigt dans l'engrenage...

Par incidence, vous noterez que j'utilise plusieurs noms pour désigner le Président: Sarko 1er (Nicolas 1er, mais pas ce jour), le monarque, NS, l'autocrate, le Président-Roi ou le Président tout court... je n'arrive, en effet, pas à me décider... Face au respect du à la fonction présidentielle, je suis souvent titillé par l'ironie, l'humour ou la fureur (dans le cas du mensonge, par exemple) et je saute d'un registre à l'autre...

2- Nouvelle atteinte à la démocratie: la mise en cause de la liberté d'expression en général, et celle des artistes en particulier...Le député Eric Raoult, par ailleurs bien connu pour ses "chatouillements sécuritaires", reproche à Marie Ndiaye, récente lauréate du Goncourt, d'avoir critiqué le Président (le Roi-Soleil?)! Prétexte: le lauréat du Goncourt est l'image de la France!
Or comme vous le savez certainement, le prix consacre un livre, essentiellement...

Encore une fois, ce n'est qu'un député isolé, en mal de lumière, qui dérape. Je n'en suis pas si sûr...la réaction du député est significative de la sacralisation du Président. Vous vous rendez compte: dans le pays où Charlie Hebdo et le Canard Enchaîné fournissent, toutes les semaines, une bonne dose de remise en cause de la parole officielle, (rappelons que, dans ce pays, le Président de France-Télévisions est, en fait, nommé par le Président de la République...), dans le pays où Voltaire osa se révolter contre l'intolérance et le pouvoir absolu, dans cette France, terre de la liberté de pensée et de conscience, on commence à mettre en cause la liberté de critiquer le chef de l'Etat!

Je pense que, depuis que je me pose la question de savoir si nous sommes encore en démocratie, le message d'Eric Raoult est une des dérives les plus graves...Frédéric Mitterand, que le député a saisi, en tant que Ministre de la Culture, a prévu de répondre épistolairement, et j'espère que le holà sera mis immédiatement à cette tentative de brider la liberté d'expression dans notre République!

mercredi 11 novembre 2009

De notre observateur liégeois...

Serge Jacquin est un chercheur liégeois en sociologie venu observer Hénin-Beaumont en vue d'une thèse...Il écrit, régulièrement, à son ami Boris (dit Beau) Haas, resté au pays et lui fait part de ses observations. Il a promis de m'adresser certains de ces courriers en copie. Il m'apparaît intéressant de connaître le regard extérieur de ce sociologue et il m'a donné son accord pour que ses lettres soient publiées sur ce blog, quand je le jugerai utile.
Mon cher Beau,
Me voici un peu comme dans les "Lettres Persannes" de Montesquieu, à observer les moeurs de mes amis héninois. Bien sûr, je n'ai pas le talent de cet écrivain, mais j'essayerais, à travers ces chroniques, de te faire comprendre l'originalité de cette petite ville, que j'ai eue précédemment l'occasion de te présenter.
Figure-toi qu'après les péripéties de Maire (équivalent à notre Bourgmestre), en détention préventive depuis presque 6 mois, inculpé (on dit ici, maintenant, "mis en examen"), grosso modo, pour détournement public, le Parti socialiste (PS comme chez nous, et aussi mal en point, d'ailleurs) auquel appartenait ce dénommé Dalongeville, s'est fait hara-kiri, en dissolvant la section...
2 militants, que j'ai rencontrés, veulent reconstruire une nouvelle section, sur des bases saines ("retrouver les vraies valeurs socialistes", disent-ils, apparemment sincères). Ils disent que des dizaines de militants actuellement cartés ne peuvent plus militer, faute de structure locale...
Imagine-toi également qu'on leur a refusé cette création, parce que les chefs du département veulent, soi-disant, ramener la sérénité. Evidemment, cela fait rigoler tout le monde, même au sein de ce parti, parce que ce sont eux qui ont eu tout faux, comme je te l'ai expliqué: alors qu'au cours des 8 dernières années de mandat du maire, l'évidence s'est peu à peu installée que la ville était non seulement mal gérée (démontrée à tire-larigots par les instances de contrôle), mais qu'il y avait manifestement escroquerie, le PS a soutenu jusqu'à son arrestation le bourgmestre...
Nos 2 loulous (terme à ne pas utiliser en France, parce que, contrairement à chez nous, c'est péjoratif) ont pourtant un pedigree, pratiquement sans reproche. L'un, Pierre Ferrari, jeune, portant beau, fut échevin (adjoint en France) la dernière année, mais étant donné ses critiques, s'est vu retirer ses pouvoirs, et lors des élections de juin, après la révocation du maire, a mené une liste, approuvé par Martine Aubry, mais désavoué par les instances départementales!!! L'autre, Alain Alpern, élu du Conseil Régional (équivalent à nos Régions, mais avec beaucoup moins de compétences), était auparavant chez les Verts (les "Ecolos"français), et a toujours dénoncé les dérives de l'ancien Maire...
J'ai téléphoné à la Secrétaire départementale (une dénommée Gémissons, je crois) pour connaître les raisons de ce refus qu'ils prennent en mains les destinées, localement, du PS: les explications étaient confuses, mais j'ai compris que les 2 n'étaient pas dans la ligne du Parti et qu'ils contestaient trop. Mon franc est alors tombé! En effet, d'après les explications données par Alain et Pierre, c'est vrai qu'ils ne sont pas d'accord avec le système, cadenassé au profit de quelques-uns, véritable parti dans le parti, comme tout le monde le sait en France. Par un système de cartes "vendues" gratuitement ou presque, à des proches (des parents ou des employés communaux, municipaux dit-on en France), c'est la plus grosse fédération en France...et pour cause! Elle fait donc pratiquement la loi chez les Socialistes! Alors, évidemment, on comprend que nos gaillards ne soient pas en odeur de sainteté.
Demain, jeudi, auront lieu les élections à la candidature pour le Parti socialiste à l'intérieur des sections. A Hénin, des dizaines de militants ne pourront voter. Ferrari et Alpern ont donc décidé de les faire, quand même, voter, en installant une urne en pleine rue: sur une place appelée Jean-Jaurès, cela ne s'invente pas!
Je te raconterai les péripéties qui s'en suivront.
Bien à toi, Serge.
AA: effectivement, la section dite "officieuse" installera une urne, demain, 12 novembre, de 18 à 19H, Place Jaurès, pour les militants cartés, mais écartés (!), afin qu'ils puissent accomplir leur devoir électoral (Ne pas oublier sa carte!).

mardi 10 novembre 2009

Conversation secrète avec François M.

Je me rends bien compte du privilège qui fut le mien que d'avoir eu cet entretien exclusif avec François M. Le Président m'a paru en grande forme, guilleret et surtout heureux de l'hommage que vient de lui rendre Jacques Chirac dans ses Mémoires...

Vous trouverez, ci-dessous l'essentiel de notre entretien, exceptées certaines paroles personnelles que je préfère garder pour moi (avec l'accord de François M) et de quelques censures que j'ai effectuées afin de ne pas subir, une nouvelle fois, le reproche d'injures, si facilement brandi, actuellement (le sujet...ne "valant pas tripette", comme le dit Mitterand, François, bien sûr!).

AA: En ces temps de commémoration de la chute du Mur de Berlin, on a rappelé vos réticences quant à la réunification...

FM: Je ris doucement quand je lis ou entends les commentaires de ceux qui se trouvaient, soi-disant, à Berlin, le 9 novembre...Bref! Avec Margaret, George et Helmut, on s'étaient concertés, c'était notre responsabilité, pour contrôler la situation. Je dis bien contrôler et non pas canaliser, ni juguler cet évènement...Nous étions attentifs aux réactions est-allemandes, Mikhaël nous ayant avertis des risques...Je pense que si tout s'est bien passé, sans aucun excès, ni dérapage, nous y fûmes pour quelque chose...

AA: Puisque nous sommes dans l'actualité comment voyez-vous le débat suscité par le gouvernement sur l'identité nationale?

FM: 3 points, comme aurait dit mon ami, Charles Hernu:

- le sot Eric Besson apparait comme le porte-flingue d'une majorité qui a peur de perdre, lors des futures régionales, les voix qu'elle avait siphonées au FN. D'où le recentrage de sa politique sur la sécurité: la délinquance à outrance, les "étrangers" au pilori, bref du Sarko dans ses oeuvres

- lors de la synthèse du 4 février (5 semaines avant les élections régionales...) on résumera le débat par un vibrant "la France, toute la France, rien que la France" suivie d'une Marseillaise retentissante, dans un décor "bleu, blanc, rouge"pour ceux qui n'auraient pas compris...

- j'enrage de l'image que nous laissons de la France, à tous ceux qui de Bagdad à Lima, d'Alger à Luanda, ont toujours vu la France comme une "Terre d'asile", le pays où les "damnés de la Terre" avaient une chance de pouvoir continuer le combat contre la faim et l'injustice! Que le pays de Montesquieu, de Hugo et de l'Abbé Pierre expulse à tour de bras ceux qui ne sont pas conformes à l'image que se fait E.Besson de l'identité nationale, en dit long sur le déclin de la France des Droits de l'Homme, depuis une quinzaine d'années!

AA: Venons-en au Parti Socialiste...D'une manière générale, pensez-vous que Martine Aubry ait une chance de sauver le Parti de Jaurès, Blum et...Mitterand?

FM: Je pense qu'elle en a les capacités, en tous les cas...Elle est désintéressée, c'est une vraie socialiste et elle est à l'écoute. Saura-t-elle concilier les ambitions démesurées de S.Royal, le retour du Messie, Strauss-Kahn, l'ambition effrayante de M.Valls, sans parler des Moscovici et Fabius, persuadés depuis toujours qu'ils incarnent, chacun, celui que toute la France attend...?
Je ne suis pas sûr que Martine veuille vraiment ce combat...Et puis, il y a ce sidérant aveuglement du Parti à l'égard de l'écologie. Je sais que vous étiez revenu au PS, en espèrant que le Parti allait prendre ce sujet à bras-le-corps...Mais le conservatisme et surtout l'immobilisme du Parti sont effrayants...

AA: Justement, quel est votre sentiment vis à vis de la puissante Fédération socialiste du 62?

FM: Voilà l'exemple même de la sclérose du Parti! Les mêmes hommes aux commandes depuis des dizaines d'années, régimentant tout, faisant et défaisant, régulièrement, les uns et les autres, lors des votes importants. Quand on pense que, en 2007, la Fédération du 62 a fait gagner Ségolène, pour la candidature aux Présidentielles, et qu'un an après, comme un seul homme (c'est le cas de le dire!) elle l'a délaissée, lors du Congrès de Reims, au profit de Martine, on ne peut qu'être stupéfait de l'emprise de D.Percheron, par ailleurs homme visionnaire, en tant que Président du Conseil Régional...

AA: D'où vous êtes, vous avez, certainement, entendu parler d'Hénin-Beaumont, symbôle de la faillite du PS...

FM: Faillite, je ne sais pas, mais la somme d'erreurs commises par la Fédération du 62 sur ce dossier est effarante! Si j'ai bien compris, en 10 ans, elle a favorisé puis soutenu un incompétent notoire, avant de l'adouber, au moment où tout le monde parlait d'escroquerie, pour finalement ne le lâcher que quelques semaines avant que l'Etat ne se décide à en terminer! Que Percheron, Janquin, Kucheida et le député du coin (je ne sais plus son nom: ah oui, Faucon, non Facon) ait soutenu ce type soulève, bien sûr, un tas de questions sur ce qui a pu motiver de telles faveurs...Certes l'habituelle soumission à l'autorité ne se dément pas, mais...
Alors je sais, que vous êtes entrés, à quelques-uns, en lutte contre ce système: vous avez tout mon soutien, mais ce ne sera pas facile. En tous les cas, je vous félicite de ne pas vous être porté candidat à la candidature lors des prochaines Régionales, bien que je sais que vous aviez été sollicité pour faire barrage au poulain de Facon (vous voyez j'ai retenu son nom à ce...censuré), mais comme de toutes les façons le choix final sera celui de Percheron, vous n'aviez aucune chance...mais vous êtes resté cohérent, dans votre démarche...

AA: Auriez-vous un conseil à me donner?

FM: Priez Dieu...

AA: Mais c'est que... je n'y crois pas tellement...

FM: Je plaisantais: je voulais dire, appelez-moi de temps en temps, nous en parlerons...



lundi 9 novembre 2009

Un cauchemar?

J'ai un jour évoqué qu'en 2017, Sarko ne pouvant se représenter, d'après la constitution, pour une troisième fois consécutive, il ferait comme Poutine: 1er ministre, le temps d'un mandat, au cours duquel il revaloriserait la fonction... Puis de nouveau Président en 2022 et 2027. Ce qui pourrait vouloir dire qu'en 2017, pour un seul mandat, nous aurions Jean-François Copé? Mais quid de Xavier Bertrand?

Nous aurons donc Sarkozy jusqu'en 2032. Il aura ainsi régné 25 ans!

Il pourra ensuite passer le sceptre à son fils Jean, qui aura alors 46 ans, et qui pourra faire comme Papa: régner pendant 25 ans...

Comme Jean Sarkozy attend un enfant pour bientôt, cela signifie qu'en 2057, le fils ou la fille (petit-enfant de Nicolas 1er) aura alors 48 ans, prêt ou prête pour 25 ans de mandat jusqu'en 2082!

Soit au total 75 ans de Présidence pour la dynastie Sarkozy! Cela si, entretemps, on ne modifie pas la Constitution pour supprimer l'interdiction de faire plus de 2 mandats consécutifs. Auquel cas, Sarko 1er, Sarko deuxième et Sarko troisième pourrait faire chacun au minimum un quinquennat supplémentaire, soit jusqu'en 2097!!! Vous qui me lisez ce jour et avez 25 ans, si votre descendance se reproduit à chaque fois à 25 ans, comme vous, votre arrière-arrière-petit-enfant aura la chance (!) de vivre sous la Présidence d'un Sarkozy jusqu'à l'âge de 13 ans (vous aurez vous l'âge honorable de 113 ans...)...

Ai-je vraiment fait un cauchemar?

dimanche 8 novembre 2009

Suite aux déclarations de M.Facon

M. Facon met en cause « mon attitude injurieuse » à l’occasion d’un article que j’ai commis, sur ce blog, en date du 22/9. A cet effet, il demande mon exclusion du PS! Voir en fin d'article les propos de M.Facon (vous apprécierez, d'ailleurs, l'élégance de style d'un député de la République...)

Cet article était une réponse à une déclaration « limite » du député : je ne serai pas « l’homme de la situation » pour créer une section du PS à Hénin. Il a peut-être raison, sauf que j’ai appris que ses propos avaient été édulcorés par le journaliste (pas étonnant quand on connaît le personnage!).

Est-ce une attitude injurieuse que de rétablir la vérité sur des propos erronés (« il est passé par toutes les couleurs de l’arc-en-ciel »), puisque je n’ai connu que 2 partis dans ma vie (dont 15 ans au PS)?

Est-ce une attitude injurieuse que de dire qu’il a failli dans l’animation de la circonscription (que de sections PS démolies : Hénin, Evin, Dourges…! Quels scores du Front National !) ou de rappeler son soutien éhonté à Dalongeville ?

Est-ce une attitude injurieuse que de mettre en avant sa belle carrière (enfant de famille modeste, il est devenu Député de la République) et sa bonne gestion familiale (il laissera à ses descendants un patrimoine de qualité) ?

Est-ce une attitude injurieuse que de reprendre des articles (sites « députésgodillots » et « votredéputé.com ») qui le situent comme un des plus mauvais députés de l’Hexagone ?

Je n’ai fait que rappeler des vérités pour répliquer à des propos, eux injurieux, du Député.

Je sais bien que la culture socialiste du Pas-de-Calais veut que l'on s'incline, avec soumission, devant le député...C'est contre cette culture que je me bats et c'est ce combat qui dérange le bel ordonnancement imposé par certains dirigeants socialistes de notre département, depuis des décennies, à la suite d'une autre culture de la soumission imposée par les Houillères depuis bien plus longtemps!




Déclarations de M.Facon dans La Voix du Nord du 6/11:
"Alpern n'a plus lieu d'être au PS, à cause de son attitude injurieuse, de ce qu'il a mis sur son blog. J'ai demandé son exclusion à la première secrétaire. Et Ferrari lui a emboîté le pas. On ne peut pas laisser des électrons libres attirer à tout va. Il faut que chacun tire vers l'intérêt général"



samedi 7 novembre 2009

Réponse à Catherine Génisson, 1ère Secrétaire fédérale 62

A la suite de l'agression de Catherine Génisson (et du député Facon), rapportée par un article de la Voix du Nord du 6/11, nous avons décidé de rendre publique notre réponse à son courrier de refus déguisé de création d'une section PS à Hénin-Beaumont (A signaler que dès octobre, Madame Génisson nous répondait, dans l'édition d'Arras de La Voix du Nord!).

Tout cela ne contribue pas à la sérénité que la Fédération souhaite instaurer à Hénin-Beaumont, ni au climat apaisé que demande Martine Aubry, au sein du Parti, à quelques mois des élections régionales!





Alain Alpern, Conseiller Régional PS
Pierre Ferrari, Secrétaire National MJS

à Catherine Génisson
Première Secrétaire Fédérale 62



Hénin-Beaumont, le 4 novembre 2009


Chère Madame,

Nous avons bien reçu votre réponse du 19 octobre à notre demande de création de section du 22 septembre dernier.
Votre courrier appelle de notre part quelques remarques :

1- « A l’heure actuelle, il importe à la population Héninoise et Beaumontoise de panser les blessures et de retrouver un fonctionnement municipal démocratique », écrivez-vous. Malheureusement, ce n’est pas le cas, puisque la nouvelle majorité fonctionne en autarcie : aucune communication extérieure, absence de projets et de débats. Elle n’a même pas profité de l’état de grâce consécutif à une élection…


2- « La présence des socialistes à Hénin-Beaumont ne peut se réaliser que dans la sérénité » Nous ne pouvons qu’y souscrire. Malheureusement, nos convictions socialistes sont fortement ébranlées par les rapports consensuels de la majorité avec le Front National (nous supposons que la lecture de la presse vous a édifiée à ce sujet). Vous parlez de « expression et défense la plus haute de nos valeurs à Hénin-Beaumont » : vous comprendrez que de vrais socialistes ne peuvent assister, sans broncher, à ce triste spectacle, qui provoque l’ire des démocrates, en général.


3- « La Fédération socialiste du Pas-de-Calais s’attache à recréer ce climat de sérénité afin de permettre, le moment voulu, de remettre en place une section. ». Si tel était le cas, les militants, que nous représentons, auraient bien aimé être, au minimum, tenus au courant, si ce n’est participer à ce qui, manifestement, se trame en catimini. Bel exercice de démocratie interne qui augure mal de l’avenir !


4- Cela nous rappelle que trop les précédentes manœuvres de la Fédération, agissant par dessus les militants :


- choix de soutenir Dalongeville en 2005 au détriment de la section socialiste;

- adoubement du même Dalongeville aux élections municipales de 2008, malgré les avertissements d’Alain Alpern et de Pierre Ferrari ;


- réintégration au PS du triste sire, en 2008 ;

- aucune réaction pendant plusieurs mois devant la descente aux enfers de la ville, provoquée par le Maire socialiste, en dépit des rapports de la CRC, des mises en garde de nombreux Héninois et de la presse ;

- aucune réaction non plus au retrait de fonction de Maire-Adjoint de Pierre Ferrari en septembre 2008 faisant suite à sa mise en garde publique concernant le nouveau rapport de la CRC, accablant

- convocation de Pierre Ferrari devant la commission des conflits en avril 2009 pour avoir voté CONTRE le compte administratif 2008 et le budget 2009 de Gérard Dalongeville.

- soutien aux élections de 2009 à un inconnu non socialiste à l’encontre de la décision de Martine Aubry qui avait fait le choix de Pierre Ferrari.

Après toutes ces décisions prises en cénacle restreint, comment peut-on encore décider sans les militants (il est par exemple extraordinaire qu’il ne vous soit jamais venu à l’idée de nous inviter à venir discuter de cette demande de création de section !) ? Est-ce l’aveuglement ou le souhait de garder la main sur un système en voie de délitement ? Est-ce une réelle volonté de faire gagner le Front National ? Nous en doutons, mais tout est fait pour y parvenir. Comment pensez-vous que la population réagira devant les manœuvres que le PS utilise, par exemple en confiant à une section voisine la campagne des élections régionales, alors que des dizaines de militants et sympathisants Héninois étaient prêts à s’y lancer. Croyez-vous que la situation inconfortable du Parti permette de se passer des voix héninoises aux prochaines élections ?

Ne voyez-vous pas que ces renoncements, ces turpitudes et ce mépris auront pour résultat inéluctable la victoire du Front National, que ce soit dans d’éventuelles proches élections municipales ou en 2014 ?

Vous en porterez la responsabilité pleine et entière après tant d’années de fourvoiement et d’incapacité à lire la réalité du terrain.

Nous ne pourrons, bien entendu, pas accepter d’être complices de tels errements

Veuillez croire, Madame, à l’expression de nos salutations les meilleures,


Alain Alpern Pierre Ferrari

jeudi 5 novembre 2009

Conseil municipal de ce jeudi soir: courage et bonne volonté ne suffisent pas!

Je suis très ennuyé pour commenter ce qui s'est passé ce jeudi soir.

Certes, nous connaissions l'inexpérience de l'équipe majoritaire, et certes, nous ne doutions pas de sa bonne volonté. Mais ce soir, nous avons eu la confirmation de son amateurisme qui pose question, quand on sait que cela va durer comme cela pendant plus de 4 ans. Malgré un souci de ne pas trop accabler la majorité, Marine Le Pen a appuyé là où cela fait mal: le manque de compétence et de préparation des dossiers et l'absence totale de sens politique de la majorité. Avant de voir ces 2 points, il convient également de signaler que la prestation d'Eugène Binaisse fut très faible. Certes, il a des circonstances atténuantes pour lui: il débute en politique...

1- Passons très rapidement là-dessus et mettons les erreurs commises sur le compte de ce manque d'expérience. Très pénible fut pour beaucoup cette succession de couacs: mauvaise utilisation du micro, oubli de donner le résultats de certains votes, manque de vigilance quand le scrutateur FN était en même temps candidat (Pompes Funèbres), manque d'a-propos en ne continuant pas le déroulement de la séance pendant les dépouillements, lecture complète des délibérations plutôt que d'en faire la synthèse, etc...

Certes, Eugène B a pour lui, son calme et sa gentillesse, mais...

Je ne suis pas sûr que le DGS, présent à ses côtés, ait beaucoup aidé E. Binaisse...mais lui-même débute, également, dans sa fonction!

Le consensus éhonté avec le FN (le "rapport sado-maso" disait le journaliste P.Wallart) fut moins évident cette fois-ci, même si la tape amicale d'un adjoint (et pas n'importe lequel) sur le bras de S.Briois, même si le sourire aux lèvres des membres de la majorité, venus saluer leurs collègues FN, même si un bulletin de vote de la majorité a rejoint celui du FN, dans un vote négatif ou que des votes blancs, manifestement majoritaires, avaient des significations ambiguës, ou qu'on ait décidé, dans la plupart des représentations de la Ville, d'inclure un représentant du FN (ce n'est pas obligatoire), on était loin de l'ambiance du conseil précédent. Et là, on parlera, cette fois, de courtoisie plutôt que de collusion, même si, à titre personnel, j'estime que c'est encore trop!

2- Sur l'amateurisme:


Quelques exemples:

- oubli d'inclure, dans le compte-rendu du conseil précédent, la motion sur la poste;

- désignation, pour exercer un recours contre Dalongeville, de l'ancien avocat de ce dernier!!!

- embauche d'une juriste, certainement très douée, mais novice...

- pour sièger au conseil d'administration des Pompes Funnèbres, on envoie 4 hommes pour 4 places; par contre à celui de la Caisse des écoles: 8 femmes sur 11. La parité, vous connaissez?

- sur le vote des nouveaux statuts de la CAHC, personne n'a fait de synthèse ou de commentaires...et tout le monde a voté pour dans la foulée...

- E. Binaisse, lors d'un vote pour décider qui représentera la ville au Conseil d'administration d'Adevia (fusion de la SAEMIC et de la SEPAC), entre D.Duquenne et M. Le Pen, demanda, avant le vote, à la leader frontiste de fournir à D.Duquenne les arguments pour intervenir dans l'instance en question! Pas très grave, mais enfin, un peu léger...

- des dossiers où l'on voit que la ville ne s'est pas battue (alors que l'on manque d'argent): on fait une avance de fonds sur l'indemnité que l'Etat doit payer à l'occasion d'un accident survenu à un gendarme; on veut payer, sans sourciller, 5000 euros au Trésorier Municipal (indemnité facultative, puisque ce fonctionnaire est rétribué pour son travail), alors que la situation financière de la ville était un argument suffisant pour négocier; de même, on accepte d'honorer une transaction conclue illégalement, 2 jours après l'élection municipale de juillet dernier, par l'ancien 1er adjoint, pour la somme de 193 000€, sans avoir négocié avec la cocontractante qui savait bien qu'elle n'avait pas affaire à l'élu en droit de signer! on accepte sans broncher un refus de l'assureur de payer (soi-disant que l'on avait trop de sinistres) et on se substitue à lui.

3- Sur le manque de sens politique:

- lors du dernier Conseil Municipal, le FN avait présenté une motion demandant que la ville exerce un recours contre l'Etat, en lui réclamant 5,8 millions pour avoir manqué à sa mission de surveillance, puisqu'il avait avalisé le gigantesque dépassement par la ville, en 2005 et 2006, du déficit maximum légal de 5%, d'une part; et d'autre part, avait, malgré les avis de la CRC, laissé la ville embaucher du personnel, alors que ce dernier était déjà en surnombre (250 personnes recrutées juste avant les élections de 2008!).

Recours tout à fait justifié sur le fond. D.Duquenne avait fait reporter la motion et j'avais suggéré que l'on prenne contact avec le Préfet pour négocier une dotation exceptionnelle immédiate, la responsabilité de l'Etat étant manifestement en cause. A défaut, et si la majorité ne voulait pas voté une motion présentée par le FN, elle n'avait qu'à rédiger une motion légèrement modifiée. Il était évident qu'il fallait bouger sur ce dossier. Et bien non! la majorité a voté contre, par une argumentation développée par G.Bouquillon, totalement infondée (le juge ne se prononcera pas sur l'opportunité et n'appréciera que la légalité de la délibération et donc donnera raison à l'Etat...) et E. Binaisse argua que l'ancien Maire n'ayant jamais demandé conseil au Préfet, celui-ci ne pouvait agir (raisonnement totalement absurde)! Marine le Pen lâcha d'ailleurs, ce que beaucoup pensait: "vous ne comprenez même pas ce que vous nous lisez"

Résultat: le FN ne se privera pas de dire que le Maire ne veut pas réclamer 5,8 millions à l'Etat et qu'à côté de cela, D. Duquenne n'a, de plus, même pas pris la peine de faire prendre en charge par l'Etat l'augmentation de la fiscalité, laissant le soin aux habitants de payer! Le FN a déjà annoncé que, lui, porterait plainte!
Je pense que la majorité n'a pas mesuré combien elle s'est fourvoyée, en votant contre cette motion, et que les dégâts politiques sont incommensurables...

- ce n'est pas faute d'avoir "supplié" la majorité de nous faire part de ses priorités et de, notamment, prendre à bras le corps le dossier du tramway, et plus généralement le projet urbain, en travaillant sur "HB dans 20 ans"!

Et bien S.Briois a présenté des propositions (même si elles n'étaient pas, et loin de là, à la hauteur de l'enjeu...) et pourra en tirer profit politiquement...

Et oui, il ne suffit pas d'être honnête et de vouloir gérer éthiquement (comme l'ont péroré certains dans leurs commentaires, avant-hier, sur ce blog), c'est largement insuffisant, comme on en a eu la preuve ce soir. En effet:

- Il faut être compétent: or ni les élus de l'AR ne le sont (certes, ils peuvent le devenir, mais il sera trop tard), ni les services (ce n'est pas de leur faute, bien sûr, mais rien n'a été fait, ou si peu, pour y pallier)

- Il faut avoir une démarche politique: or, à l'évidence, les élus de la majorité ne savent pas ce que c'est et ils se font manger tout cru par Marine Le Pen (qui avait, d'ailleurs, l'air désolé de ce qui arrivait...pensant, certainement, que c'était trop facile...)

Après ce 5 novembre 2009, on peut effectivement se dire combien il sera dur de vivre ainsi 4 ans et demi... Et ne me parlez pas d'éventuelles élections prochaines, car, si cela arrivait, le résultat est couru d'avance...

Il n'y a pas qu'à Hénin-Beaumont...

Hé oui, il n'y a pas qu'à HB que la sérénité brille par son absence!
Sarko 1er en fait le constat tous les jours (Le Canard enchaîné rappelait une parole de Chirac: "Les merdes volent en escadrille").

Jugez-en...Les affaires se succèdent, depuis quelques semaines:

1- En haut de l'affiche, les personnes:

- Hortefeux et les "Auvergnats";
- l'affaire Mitterand dans la foulée de l'affaire Polanski;
- Sarko 1er qui déclare Villepin "coupable", pendant le procès;
- tentative de putsch de Jean, fils de...

2- les dossiers:

- la polémique sur les déficits (Etat et SS) et l'endettement-record;
- la taxe carbone;
- les indécents bénéfices des banques (refus de la majorité de les taxer) et les bonus subséquents des traders;
- la réforme territoriale;
- la réforme des taxes locales (avec la suppression de la TP);
- le montant du grand emprunt;

3- La fronde à l'intérieur de la majorité:

- JF Lamour qui vote "par erreur" contre le gouvernement et fait rectifier son vote qui avait mis en minorité sa majorité!
- les sénateurs UMP (avec comme leader Raffarin) qui se rebellent contre la suppression de la TP (rebellion avortée dans les 24 heures: tout le monde au garde à vous!).
- JF Copé qui joue sa partition solo, avec comme objectif, les Présidentielles de 2017 (alors que Villepin, lui, serait prêt à commencer dès 2012). Heureusement que Fillon est de plus en plus transparent, au point d'être invisible!
- quant à Rama Yade, certains au PS la verraient bien grossir leurs rangs (une ouverture, quoi...);
- même Juppé, du fin fond de sa province, a esquissé quelques critiques à peine voilées, sur la TP et le grand emprunt, mais c'était plus pour rappeler qu'il existait...

Ah oui, pendant ce temps-là, au plus fort de la tourmente, Sarko 1er a quelques moments privilégiés:

- Villepin, qu'il veut pendre à "un croc de boucher", risque gros pour son avenir politique;
- Chirac n'échappera pas à la justice (emplois fictifs), malgré les aides: autres affaires prescrites, classement sans suite par le Parquet (heureusement que le juge d'instruction existe encore, temporairement, certes, pour envoyer JC devant le tribunal correctionnel);
- Pasqua (pourtant un des parrains de notre monarque, mais oh combien dangereux par ce qu'il sait), enfin condamné (un an de prison ferme). C'est de lui que pourrait venir le danger: d'autres affaires l'attendent, et après avoir mis en cause Balladur et Chirac, il pourrait dénoncer Sarko1er, lui-même...Et ce crime de lèse-majesté le Roi, pardon le Président, ne l'admettrait pas!

Comme vous le voyez, l'ambiance est aussi délétère à Hénin que dans notre beau royaume de France! La seule différence, c'est qu'à HB, on a le FN, même si certains commencent à minimiser son importance...

mercredi 4 novembre 2009

Pour les non-Héninois uniquement...

Des non-Héninois se sont étonnés de ne pas bien comprendre mon article d'hier. Il est vrai que les subtilités de la vie politique héninoise sont telles...

A leur intention uniquement, voici quelques explications:

- citations des 31/1, 21/1 et 27/3: G. Bouquillon, qui est généralement le rédacteur du blog, et un peu le "deus ex machina" de l'Alliance Républicaine, a réintégré le MRC, il y a quelques semaines. Evidemment, on ne peut qu' ironiser sur ses déclarations de 2008...

- 11/1: de ce fait, et surtout par l'influence du responsable régional (en dissidence avec JP Chévènement), et son omniprésence ( il était là, bien en vue, à l'installation du Maire; il a prêté du matériel pour tondre...) l'indépendance revendiquée vis à vis des partis peut faire sourire...

- 7/4: allusion à l'influence précédente ("qui t'a fait Roi"?), prémonitoire, c'est le moins que l'on puisse dire...

- 23/4: après 85% d'augmentation de la fiscalité locale en 2005, 10% en 2008, 10% en 2009 (tout compris: taux+bases), ces derniers ayant été imposés par le Préfet, sans apparemment d'opposition du Maire (qui avait pourtant les moyens de discuter, vu la responsabilité flagrante de l'Etat).

- 28/10: allusion au fait que, en 2009, l'opposition a également fait un score 48%, sauf que cette fois-ci l'opposition officielle c'est uniquement le FN... Et cette opposition officielle est spécialement favorisée, et même au-delà... On aurait pu, à relire les déclarations du futur Maire, alors dans l'opposition, et pour rééquilibrer, penser que la nouvelle majorité accorde une oreille favorable à l'opposition officieuse. D'où les accusations de consensus avec le FN!

- 2/12: au moment où la chute de Dalongeville commençait à se dessiner, certains avaient pu douter de la véracité de l'argument invoqué par la nouvelle conseillère municipale de l'AR démissionnaire dans la foulée, et pensaient qu'il s'agissait, tout simplement, de laisser la place au suivant de liste, Georges Bouquillon. Ils ont beau jeu aujourd'hui de faire remarquer que les problèmes personnels de celle qui est, depuis, nouvellement élue, aient aussi rapidement disparu, en quelques semaines... Honni soit qui mal y pense!

mardi 3 novembre 2009

Exercice de mauvaise foi...

Je l'avoue, j'ai commis cet exercice de mauvaise foi qui consiste à reprendre des citations du blog de l'Alliance Républicaine, pour l"année 2008.

C'est de la mauvaise foi, car certaines sont sorties de leur contexte (quoique...), d'autres sont trop faciles, enfin certaines mériteraient un œil moins acide que le mien.

Bien sûr, j'aurais pu faire de même avec d'autres blogs, dont le mien, mais cela aurait manqué de piquant: c'est l'AR qui est aux manettes municipales...

En vérité, vous ne trouverez pas d'énormités (peut-être les ai-je volontairement omises...), mais quelques phrases qui prêtent aujourd'hui à sourire...

Je vous jure: je ne le ferai plus!





31/1/2008 :
"Reste le MRC dont chacun sait que même une cabine téléphonique est 3 fois trop grande pour l’organisation de leur AG."

11/1 :
"L'Alliance Républicaine est un rassemblement de Républicains totalement indépendants des partis politiques. "

21/1:
(adressé à David Noël) "Comment pouvez-vous rallier le MRC, MRG, ces mêmes partis qui ont voté les yeux fermés les propositions (même les plus scandaleuses et affolantes de Dalongeville)? "

9/2 :
" les Héninois ont des préoccupations beaucoup plus simples. Ils veulent des routes en bon état, moins d'impôts et aussi un maire à leur écoute et qui les respecte" (AA : quid des routes et des impôts, « préoccupations très simples » bien analysées par l’auteur).

15/2 :
(AA : de qui s’agit-il ? Indice : son nom de famille commence par un W) "Un journaliste, après avoir vomi pendant 6 ans le maire en place, tout simplement parce qu’il ne supportait pas l’existence d’un journal gratuit lui faisant de l’ombre, retourne soudain sa veste. Quoi de plus normal ?
Ce même journaliste, suite au dépôt de bilan de cette presse concurrente, contribue désormais à la promotion de celui qui fut l’objet de sa vindicte pendant six ans. Quoi de plus normal ?"

23/2 :
"qu’elle (AA: la municipalité) n’ait pas contraint certains bailleurs indélicats au respect des lois, qu’elle n’ait pas appliqué les règles en vigueur en matière de parking et garages se privant ainsi de ressources substantielles qui auraient permis la créations de places de parking de proximité" (AA : qu’a fait l’AR, sur ce sujet depuis qu’elle est au pouvoir ?).

27/3 :
"Tout au plus, leur ralliement ( AA :au MRC et PRG) permet d'ajouter un logo sur les tracts et professions de foi."

7/4 :
"Est-il vrai que les princes installés demeurent assujettis à leurs protecteurs ? Savent- ils que ceux- là même qui ont applaudi à leur sacre peuvent à tout moment réclamer des comptes et devenir subitement intraitables ?" (AA : c’était en 2008, je le rappelle…)

11/4 :
"Wallart a définitivement retourné sa veste (AA : Titre de l’article)!
C’était sous-jacent depuis quelques semaines avant la fin de la campagne, mais cette fois-ci, c’est clair !
A la lecture de la VDN de ce matin, je ne peux qu’être surprise. Wallart a-t-il assisté aux mêmes séances de conseil municipal que moi ?
Pas sûr ! Enfin, à sa décharge, il est vrai qu’on ne peut pas retranscrire objectivement les propos tenus en séance si, un jour on ne prend pas de notes, et que le lendemain on affiche ostensiblement ses affinités avec une militante très proche du maire… dans le fond de la salle."

23/8 :
"Pendant que les salaires stagnent, que le pouvoir d’achat diminue, que les franchises médicales et les déremboursements sont de plus en plus nombreux, les impôts locaux continuent d’ augmenter à HENIN BEAUMONT. (Communiqué de presse)" (AA: 2008...)

28/10 :
"Et pourtant Mr DALONGEVILLE n’a remporté les élections municipales qu’avec 489 voix d’écart par rapport à celles engrangées par l’opposition, celai laissait légitimement supposer une plus large place au droit d’expression pour les 47% d’opposants.(AA : extrait d’une intervention de D.Duquenne)"

2/12 :
"Depuis quelques mois, je dois cependant et malheureusement affronter des difficultés personnelles et familiales importantes(…) mon intention de vous adresser rapidement un courrier vous faisant part de ma démission.
Je tiens à préciser que c’est totalement libre et sans avoir subi l’influence de qui que ce soit que je suis amenée à prendre cette décision. "(AA : il s’agissait de Madame Slaverio, adjointe aujourd’hui, qui laissait, ainsi sa place à G.Bouquillon)

6/12 :
"nous pourrions alors battre un nouveau record: celui de la fiscalité la plus élevée de France! (AA : citation de …AA reprise par l’AR : je pense que, depuis la nouvelle augmentation, nous y sommes)"

18/12 :
"j’affirme qu’il faut absolument supprimer le poste d’adjoint aux écoles" (AA : aujourd’hui, l’adjointe aux écoles est également adjointe à la jeunesse).

lundi 2 novembre 2009

L'absentéisme des parlementaires

Je fais suite à un commentaire qui me demandait mon avis sur le sujet de l'absentéisme parlementaire , sujet évoqué par la Voix du Nord de dimanche...

C'est à la fois simple et compliqué!

1- Compliqué, parce que l'absentéisme est du à de bonnes ou mauvaises raisons.

- Bonnes, parce que pendant la séance publique, il y a des tas de réunions en cours qui concernent le travail parlementaire, comme l'explique le député C.Bataille. Disons que, peut-être, une meilleure organisation du travail parlementaire s'impose: une journée en moins (les séances ont lieu du mardi au jeudi...) mais cela ne ferait plus que 2 jours de séance. Ou alors multiplier les séances nocturnes, mais...Ou alors moins de vacances parlementaires (un mois par an devrait suffire...)

- Mauvaises raisons: toutes celles liées au cumul des mandats. Le mandat parlementaire est un mandat à plein temps!

2- Cela devrait être un problème relativement simple à résoudre:

- Par le mandat unique, sûrement.

- Par le nouveau système de la sanction financière pour absence due à des motifs extra-parlementaires. Désolé M.Flajolet, député, mais les séances parlementaires ont priorité sur d'autres réunions comme celles que vous invoquez: "réunion avec des patrons (AA: il n'a qu'a les voir moins! Ou rencontrer les syndicats de salariés!) ou dans les ministères", prétextes pour masquer les contraintes de ses autres mandats. Désolé, Madame Génisson, le "on n'est pas à l'école maternelle" (exemple particulièrement mal choisi, parce que la maternelle n'est pas obligatoire, alors que la députation...) est un mauvais argument car les cumulards doivent être rappelés à l'ordre (Mme la 1ère secrétaire fédérale PS est députée, Vice-Présidente du Conseil Régional).

3- Pour mieux comprendre l'absentéisme je prendrais l'exemple, justement, de Madame Génisson pour saisir l'ampleur du travail parlementaire (j'aurais pu prendre un autre exemple dans la Région, mais Catherine est, en dehors de Jack Lang, la députée la plus connue; n'y voyez donc pas malice de ma part...).

Notre députée arrageoise est, dans le cadre de son mandat à l'Assemblée Nationale:

a) Vice-présidente de la commission des affaires sociales

b) membre des groupes d'études suivants :
- en tant que Vice-Présidente : Coutellerie et arts de la table; Mondialisation : régulations économiques et sociales;
- en tant que Secrétaire : Cinéma et production audiovisuelle;

c) en tant que simple membre : Agro-alimentaire et filière agricole ; alimentation et santé; amiante ; cancer et causes sanitaires nationales; chasse et territoires; défense; dépendance; enfant; ethique et dopage dans le sport; Français de l'étranger; humanitaire; médicament et produits de santé; minières; partenariats publics et privés; pauvreté, précarité et sans abri; pénibilité du travail et maladies professionnelles;pics pétroliers et gaziers; population et développement; presse; prisons et conditions carcérales; professions de santé; route et sécurité routière; santé environnementale; sida; tabac; tauromachie; trufficulture; voies navigables et transports multimodaux (ouf!)

d) Elle fait partie de la Mission d'évaluation et de contrôle des lois de financement de la sécurité sociale

e) Elle est membre des Groupes d'amitiés suivants :
- Vice-Présidente : Jordanie; Syrie
- Secrétaire : Nouvelle-Zélande

f) Elle appartient en outre à l'organisme extra-parlementaire suivant:
Membre titulaire du conseil de modération et de prévention

Comme vous pouvez le noter c'est une charge à temps plein, car Madame Génisson se doit d'être présente dans sa circonscription pour recevoir les citoyens (normalement le lundi et le vendredi; le week-end étant réservé aux manifestations locales), assister à des réunions locales. Et je ne parle pas du travail nécessaire à l'œuvre législative proprement dite (lecture des projets de lois, préparation des amendements, des questions écrites et orales, etc).

On se rend bien compte du boulot des parlementaires!
Quand on sait que Madame Génisson est, d'autre part, Vice-Présidente chargée de la culture au Conseil Régional, autre charge à plein temps, et 1ère Secrétaire Fédérale du Parti Socialiste (à temps partiel?), on comprend pourquoi un parlementaire ne peut pas être toujours présent en séance publique (ou ailleurs...). Qui plus est, Madame Génisson, et c'est tout à son honneur, a tenu à conserver un lien avec le monde professionnel: elle a conservé quelques gardes médicales (elle est médecin-anesthésiste).

En conclusion, je ne suis pas sûr que le système des sanctions soit le bon pour que les parlementaires soient plus assidus dans leur mandat parlementaire. La seule solution, rappelons-le, c'est le mandat unique parlementaire...le reste ce sont des rustines qui masquent la réalité!

Alors, en attendant, va pour les sanctions pécuniaires!