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jeudi 20 août 2015

Dans moins de 4 mois, les élections régionales...


EELV organise ses journées d'été nationales à Villeneuve d'Ascq. C'est la seconde fois que notre région abrite ce rassemblement (en 1997, c'était à Calais: je venais d'adhérer chez les Verts et j'y fis une une brève incursion). En dehors des ateliers, et des débats avec les personnalités extérieures invitées, les discussions tourneront autour des alliances du parti pour les régionales de décembre. En NPDCP, la cause semble entendue : EELV et Front de gauche devraient partir ensemble. Cela ne va pas de soi ailleurs, le parti étant déchiré entre ceux qui veulent s'opposer au gouvernement et ceux qui veulent soutenir F. Hollande en s'alliant au PS dans quelques régions... Ces derniers sont souvent accusés de rechercher des strapontins ministériels et il est vrai que le Président et la 1er ministre n'attendent que cela : être soutenus par un autre parti que le seul PRG... Il est hautement improbable que le parti écologiste se tire une balle dans le pied en se précipitant dans les bras d'un PS bien mal en point et qui court à la catastrophe en fin d'année...

Parlant des régionales, les choses semblent se dessiner assez clairement, dans le Nord-Pas-de-Calais-Picardie. 2 sondages (Opinion Way et Ifop) de juin donnaient des prévisions à peu près identiques : à savoir, le FN arrivant en tête dans cette grande région de 6 millions d'habitants, avec environ 32%, la liste de droite (Les Républicains et UDI unis) menée par Xavier Bertrand serait à 28%, suivie par le PS, à 18% ou 23% suivant qu'il soit allié ou non avec EELV. Dans un second tour à 3, ce classement ne devrait pas changer et on peut penser que le troisième se désisterait (pour ne pas être accusé d'avoir fait gagner le FN s'il se maintenait). Dans ce cas, Xavier Bertrand deviendrait Président du Conseil régional et ce serait la première fois que la droite l'emporterait dans l'histoire de cette collectivité... Il y a peu de chances que ce scénario se modifie dans les prochaines semaines... 
On sait que X. Bertrand est candidat aux primaires de son parti (novembre 2016). Gagner en décembre serait-il un atout supplémentaire pour le Saint-Quentinois ? Difficile d'imaginer qu'il puisse concurrencer Sarkozy ou Juppé dans le duel fratricide qui s'annonce chez Les Républicains...
Quant à Marine Le Pen, une défaite aux régionales entamera sa crédibilité pour la course aux Présidentielles... surtout après la séquence "Petits meurtres en famille" à laquelle nous sommes conviés actuellement...
Le défaite prévue du PS amorcera-t-elle une remise en cause du parti concernant son extraordinaire déclin, 34 ans après avoir conquis le pouvoir ? Il est à craindre que l'aggiornamento inévitable soit reporté pour plus tard, après des présidentielles perdues... La reconstruction de la gauche ne concernera, d'ailleurs, pas uniquement le PS.

mardi 30 juin 2015

Elle a osé !

M. Le Pen a osé se déclarer candidate aux élections régionales dans le Nord-Pas-de-Calais-Picardie (NPCP), faisant fi de toutes les règles démocratiques. Non pas qu'elle n'ait pas le droit de se présenter, là n'est pas le problème. La présidente du FN, par ailleurs députée européenne, sera, donc, candidate aux élections régionales et présidentielles qui se succéderont à 15 mois d'intervalle. Elle a osé dire que si elle gagnait les régionales, elle se mettrait, dans la foulée, en congé de cette présidence pour se consacrer à la campagne présidentielle. Cela signifie donc que, déjà fort peu présente au Parlement européen, elle n'assistera plus aux séances à Bruxelles et Strasbourg pendant la campagne en NPCP, et quel que soit le résultat de cette dernière élection, elle ne continuera pas à siéger au Parlement européen et même, suprême injure aux électeurs, si elle devient présidente de région, elle n'exercerait pas cette présidence pendant la campagne présidentielle ! 
Il s'agit d'un outrage à la démocratie ! Se faire élire 2 fois et ne pas siéger ! De qui se moque-t-on ? Imagine-t-on que, si, par malheur, elle devenait présidente de la République, elle ferait fi de ses autres mandats pour lesquels elle se serait engagée tout en sachant que seule l'investiture suprême l'intéresse. Je donne peu cher pour la survie de nos institutions démocratiques avec une telle soif de pouvoir ! 

D'après les différents sondages, les intentions de vote de second tour, entre la droite, la gauche et l'extrême-droite se répartiraient par tiers, avec un avantage pour la dernière citée, l'UMP/UDI arrivant deuxième. Comme on sait que la liste arrivée en tête, au second tour, rafle la majorité des sièges, pour que le FN ne soit pas majoritaire, il faut qu'il n'y ait pas 3 listes au second tour. Conclusion, il faut être second à l'issue du 1er tour et que le désistement républicain joue pleinement. Pour que la gauche puisse arriver deuxième au 1er tour, il est nécessaire (et pas suffisant) qu'elle soit unie dès ce tour. Cela n'en prend pas la forme, le PS, EELV, le PC et éventuellement le parti de gauche annoncent qu'ils partiront séparés, laissant ainsi la droite et l'extrême-droite en découdre au second tour...
C'est tout le sens d'un appel (que j'ai signé), lancé il y a quelques jours, et appelant donc à l'unité de la gauche dès le premier tour : http://appelauxfemmesetauxhommesdebonnevolonte.fr/ Je ne peux qu'engager ceux qui croient qu'il y a encore une alternative au FN, à gauche, à signer cet appel lancé par des personnes de sensibilité de gauche, non liées à un parti politique...