mardi 18 janvier 2011

Morceaux choisis: les mensonges du FN ; les responsabilités des élus du territoire

Politis 13/1

Marine Le Pen pire que son père
Si son discours économique et social s’écarte de la tradition frontiste pour séduire un électorat plus large, populaire et salarié, elle ne renie rien des fondamentaux de son parti (préférence nationale, rejet de l’immigration, peine de mort). 

AA : sans oublier sa pseudo conversion à l’avortement, qui n’est qu’une ruse, pour contourner l’opinion de la majorité des Français (v. ci-dessous)

Car si Marine est plus dangereuse que son père, c’est qu’elle profite aussi d’un contexte favorable à la montée des peurs et à la recherche de boucs émissaires : chômage massif, remise en cause des protections sociales, creusement des inégalités, absence d’alternatives au capitalisme débridé, affairisme au plus haut niveau de l’État, retour de la tentation xénophobe en Europe, crispations autour de l’islam… Le sarkozysme lui servira-t-il de tremplin ? 

Sa méthode : ruser, biaiser, contourner...
Sourires et séduction sur les plateaux télé. Discours musclés dans la presse proche du parti. Décryptage de la stratégie de la fille du chef pour esquiver la diabolisation.
Pour dédiaboliser l’image de son parti, elle affirme sa volonté de tourner le dos à ceux qu’elle qualifie de « bras cassés » de la mouvance, visant les « catholiques intégristes », les « pétainistes » et les « obsédés de la Shoah ».
Concernant l’avortement, « elle souhaite donner le choix aux femmes de ne pas avorter ». « Parfois, il faut savoir contourner le problème »…
L’escroquerie éclate au grand jour lorsqu’elle donne sa devise de la lecture de notre République. La liberté qui « n’est pas le libertarisme », l’égalité qui « n’est pas l’égalitarisme » et la fraternité qui ne nous oblige pas « à nous sacrifier nous-mêmes pour prendre en charge toute la misère du monde »: « ce sont des valeurs chrétiennes qui ont été dévoyées par la Révolution ». 

AA : Fallait y penser ! Voilà pourquoi jamais le FN ne fait allusion à notre devise républicaine. Sa référence à la laïcité est encore un subterfuge pour bouter l’islam ! Et, effectivement, il y a 2 gros mots au FN qu'il ne faut pas utiliser: "République" et "Démocratie"

Ainsi sur les retraites, après avoir modifié le programme du parti qui prônait la retraite à 65 ans, le FN a changé cette proposition pour mieux s’opposer à Sarkozy et plaider pour les salariés, ouvriers, chômeurs et propose la retraite à la carte (40 annuités), avec possibilité de souscrire des retraites complémentaires par capitalisation dont les cotisations sont déductibles : comme élargissement des inégalités, on ne fait pas mieux!  

AA : cela s’appelle de l’opportunisme : savoir s’adapter à la volonté du peuple, même si elle est contraire à son projet ! Politis dans cette article n’a pas utilisé le mot, mais tout ce qui précède relève du mensonge. Nous le savons bien à Hénin-Beaumont où le FN évite de parler de tout ce qui fâche : islamisation (cela sent fort le racisme déguisé), préférence nationale (dans un territoire où la majorité de la population a des ascendants étrangers), etc…Par contre le « tous pourris » a de quoi s’alimenter !

Le Monde 15/1/2011

 Pour le député PS du Pas-de-Calais, dans la circonscription d'Hénin-Beaumont, A. Facon, la montée du FN dans cette région est due à une conjonction de plusieurs facteurs: " C'est le bassin minier. C'étaient les terres communistes. Depuis la fermeture des houillères, il y a eu une montée du FN face à la déshérence, la pauvreté et le chômage. Il y a un terreau de pauvreté et de misère pour le FN. " Selon l'élu, il y a eu un phénomène de vases communicants : " Les voix communistes sont parties au FN ", assure-t-il

AA : Cette interprétation fait fi (et pour cause!) de l’irresponsabilité dont le député a fait preuve ! Certes une partie du vote communiste est partie vers le FN, parce que les responsables politiques n’ont pas été capables de créer de l’emploi, ni d’être présents auprès des gens. Le FN a su prendre le relais. Cette façon de ne pas prendre en compte sa propre responsabilité se retrouve dans l’abandon par le PS des circonscriptions du Bassin Minier : là où le FN va partout , lors des cantonales, obtenir des scores entre 35 et 45% , le PS n’a pas mis au point de stratégie pour lutter contre le FN et ce n’est pas à 2 mois de ces élections qu’il va en mettre une en place. C’est donc la faillite du PS 62 qui est la raison essentielle de la montée irrésistible du FN dans le bassin 

Les questions de logement ont une place centrale dans le dispositif frontiste pour conquérir la population de cette ville ultra-endettée (Hénin-Beaumont). " Combien de dossiers de logement on a monté... On a Michel Vilain, un type de chez nous, que j'ai fait nommer au centre communal d'action sociale, il y a un an et demi, et il ne s'occupe que de ça. C'est l'élu du Front qui gère le fonds d'intervention sociale de la commune d'Hénin-Beaumont parce que l'adjointe au maire ne vient plus ! Pour les demandes de logement, les gens viennent ici ", assure M. Briois. 

AA : Sans commentaire sur l’irresponsabilité de la majorité municipale héninoise : on ne jurerait pas que c’est volontaire, mais la connivence (c’est un euphémisme) entre les élus de la majorité et l’opposition débouche sur de telles aberrations…

La Voix du Nord 16/1. Interview de S. Briois

- Marine Le Pen ne va-t-elle pas s'éloigner d'Hénin-Beaumont et de la région ? 

« Au grand dam de M. Percheron, pas du tout. Elle est et restera élue du Nord - Pas-de-Calais et d'Hénin-Beaumont. Elle viendra toujours au conseil régional. Elle restera ancrée dans la région, et nous allons tout faire pour renforcer la place du parti dans la région. »

AA : du grand mensonge ! Puisque, actuellement, Marion Le Pen est en situation de cumul de mandats (mais un appel suspensif permet de retarder l’heure de la décision) et il lui faudra choisir entre ses mandats de conseillère municipale d' HB, de conseillère régionale NPDC et de député européenne. Devinez lequel elle abandonnera ?  Nul doute qu’elle se désistera de celui d’HB, le seul non rémunéré (car MLP vit des autres 2 mandats et fait vivre S. Briois, professionnel de la politique, à qui elle verse la partie écrêtée de ses indemnités supérieures au plafond). Même les 2 mandats qu’elle conservera posent question sur la possibilité d’assumer, en même temps, la Présidence du FN et la candidature à la Présidence de la République. Et dire que le FN vitupère contre les cumulards et les pourris !

lundi 17 janvier 2011

Non, il n'est pas vrai que l'on ne travaille pas assez en France

AA: voilà près de 20 ans que je suis les travaux de Pierre Larrouturou, fervent partisan du partage du temps de travail.
- il est évident pour lui que la réduction du temps de travail est inscrite dans l'histoire. Dans 50 ans on sera à 32 heures, voire à 30 heures. Bien sûr, d'ici là, l'économie aura changé...
- les positions de la droite sur le sujet sont du pur conservatisme, archaïque, anti-économique et nous coûtent très cher.




La charge de Manuel Valls contre les 35 heures ne tient pas compte des faits

Avant d'affirmer qu'il faut " travailler plus ", Manuel Valls a-t-il pris quelques minutes pour essayer de comprendre la révolution qui bouleverse le monde du travail depuis quelques années, en France comme chez nos voisins ?
L'Allemagne a connu, en 2009, une récession deux fois plus grave que la France. A la demande des syndicats, Angela Merkel a décidé de développer le " KurzArbeit " (travail à temps réduit) : plutôt que de licencier 20 % des effectifs, une entreprise en difficulté baisse son temps de travail de 20 % et garde tous les salariés. Elle baisse les salaires mais l'Etat maintient les revenus.

Quand le gouvernement français favorisait les heures supplémentaires, les Allemands réduisaient leur temps de travail. Grâce au KurzArbeit, malgré une récession deux fois plus forte, le chômage a augmenté cinq fois moins vite en Allemagne qu'en France. Si nous avions agi comme nos amis allemands, nous aurions 1 million de chômeurs en moins !
Aux Etats-Unis, le Livre blanc publié par la Maison Blanche, en février 2007, indiquait que la durée moyenne réelle était tombée à 33,7 heures (sans compter les chômeurs). La durée moyenne dans l'industrie était de 40,7 heures mais il y avait, par ailleurs, tellement de petits boulots que la durée moyenne, tous secteurs confondus, était tombée à 33,7 heures. Avant même que commence la récession.
En quarante ans, la durée moyenne du travail aux Etats-Unis est passée de 38,6 à 33,7 heures. Ce chiffre devrait faire réfléchir Manuel Valls et Jean-François Copé : dans un pays qui bénéficiait d'une croissance forte - grâce à une forte immigration et à un niveau d'endettement colossal - et où n'existe quasiment aucune règle en matière de temps de travail : la durée moyenne est tombée à 33,7 heures !

Qu'en est-il en France ? Quelle est, chez nous, la durée moyenne du travail ? Si l'on en croit le Portrait social 2010 de l'Insee, " en 2009, la durée hebdomadaire moyenne du travail déclarée par les personnes ayant un emploi est de 37,8 heures en France métropolitaine : 41 heures pour les personnes à temps complet et 22,8 heures pour celles à temps partiel ". Dans beaucoup d'entreprises, si l'on tient compte des heures supplémentaires, déclarées ou non, la durée réelle d'un temps plein est plus proche aujourd'hui des 40 heures que des 35.
En 1978, quand la commission Giraudet rendait ses conclusions à Raymond Barre, elle affirmait qu'il fallait baisser le temps de travail de 10 %. En 1995, la commission Boissonnat (créée par Edouard Balladur) affirmait qu'il fallait " une baisse de 20 % à 25 % du temps de travail " mais, quinze ans plus tard, la durée moyenne d'un temps plein reste supérieure à 39 heures et un socialiste nous dit qu'il faut travailler plus !

Entre 1900 et 1970, alors que la productivité augmentait assez lentement, on a divisé par deux le temps de travail : on est passé de sept à six jours, puis de six à cinq jours, tout en donnant cinq semaines de congés payés. Mais, depuis 1970, alors que la productivité a fait des pas de géant, nous sommes incapables de faire évoluer vraiment notre contrat social. Certes, dans les entreprises de plus de 20 salariés, on a gagné quelques jours de RTT mais, fondamentalement, la norme d'emploi reste la semaine de cinq jours et le temps plein reste proche de 39 heures. Quel non-sens !
Au lieu de profiter à tous, les gains de productivité colossaux débouchent sur un partage du travail non dit : d'un côté, ceux qui travaillent plein pot et, de l'autre, plus de 3 millions de chômeurs et de RMIstes qui travaillent zéro heure par semaine. Et au milieu, la foule de tous ceux et celles - les femmes sont les plus touchées - qui galèrent avec des emplois à 20 heures par semaine...

Ce " partage du travail " sauvage, réalisé par le marché, est très favorable aux actionnaires : quand il y a autant de chômeurs, quel salarié peut exiger une augmentation de salaire ? Dans beaucoup d'entreprises, la négociation sur les salaires se résume à un " si tu n'es pas content, tu peux aller voir ailleurs ". Dans tous les pays, la part des salaires dans le produit intérieur brut (PIB) a nettement baissé depuis trente ans.
Pour les 15 pays les plus riches de l'Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), la part des salaires représentait 67 % du PIB à la fin des années 1970. Elle ne représente plus que 57 %. En trente ans, ce sont quelque 35 000 milliards d'euros qui auraient dû aller aux salariés et qui sont allés vers les actionnaires.

On comprend pourquoi l'aile néolibérale du Medef et de la droite voulaient tellement en finir avec les 35 heures : la forme actuelle du partage du travail et des revenus leur convient très bien.

Nous autres, écologistes, pensons que le débat sur le temps de travail mérite mieux que les caricatures que nous entendons depuis quelques années. Nous n'avons jamais pensé que la RTT était la baguette magique, la solution miracle. Il faut en même temps investir dans une vraie politique du logement, investir dans une vraie politique d'économie d'énergie, développer les énergies renouvelables, construire un service public de la petite enfance, rénover notre fiscalité, investir dans la recherche, développer les PME...

La RTT n'est qu'un levier parmi d'autres mais c'est sans doute le plus puissant ; en 1997, une étude du ministère du travail montrait qu'un mouvement général vers la semaine de quatre jours à la carte, financé essentiellement par une activation des fonds Unedic (l'idée vient de la CFDT), permettrait de créer 1,6 million d'emplois. Quelle autre réforme peut créer plus de 1 million d'emplois ?

Dans le texte sur l'égalité réelle qu'il a adopté en décembre, le Parti socialiste ne dit pas un mot sur la question du temps de travail. L'une des rares mesures annoncées en matière de lutte contre le chômage, ce sont les " dispositifs nouvelle chance pour les 150 000 jeunes sortant du système scolaire sans qualification ". Cent cinquante mille, c'est bien, mais il y a plus de 4 millions de chômeurs et tous ne sont pas jeunes. Tous ne sont pas sans qualification.

La réduction du temps de travail est aujourd'hui le levier le plus puissant dont nous disposons pour sortir du chômage. C'est aussi un révélateur de notre vision de la société : le peuple est-il une masse d'individus un peu stupides auxquels on s'adresse avec des slogans ou le peuple est-il un ensemble d'hommes et de femmes libres, de citoyens capables d'intelligence, capables, ensemble, de comprendre le monde et de choisir en conscience l'avenir qu'ils veulent construire ?

Le seul intérêt des déclarations de Manuel Valls est d'avoir rouvert le débat sur le temps de travail. Alors débattons.


Pierre Larrouturou
Economiste et pilote des Etats généraux de l'emploi organisés par Europe Ecologie - Les Verts
Article paru dans Le Monde
























dimanche 16 janvier 2011

Qu'il y a-t-il sous la burqa ?

J'ai trouvé ce texte dans une chronique d'abonnés du Monde...
Ce texte séduisant a été l'objet de commentaires divers: la burqa n'est pas dans le Coran, les 72 vierges c'est symbolique, que connaissons-nous vraiment, nous Occidentaux, du plaisir sexuel de ces femmes "enfermées", les autres religions n'ont-elles pas aussi leurs interdits vestimentaires castratrices du plaisir, etc...Néanmoins, ce texte est original et recèle une part importante de vérité! 


 
Puisque le Président de la République a décidé, pour séduire l'électorat FN, de faire de la loi sur la burqa un des éléments majeurs de l'année écoulée (ce qui n'est pas le cas), essayons d’aller un peu plus loin, pour voir ce qu’il y a sous elle (en tout bien tout honneur).
Toutes les sociétés ont essayé de réglementer la sexualité des femmes, et l’origine de cette obsession réside dans le fait que l’association « virginité avant le mariage/fidélité après le mariage » constitue une garantie de la paternité non adultérine des enfants, avec les conséquences que cela impliquait sur les transmissions des patrimoines –d’où la tolérance bien plus grande envers la sexualité des hommes, et une exigence sociale bien plus grande envers la pudeur des femmes qu’envers celle des hommes.

Remarquons d’abord que la seule virginité vérifiable (mais aussi la seule susceptible de garantir l’origine de la paternité des enfants) est la virginité vaginale, et que les femmes, musulmanes ou pas, ont toujours fait preuve d'assez d'imagination pour contourner cet interdit par d'autres pratiques sexuelles, qui se trouvent ainsi encouragées.

Notons aussi que si la religion a toujours été l’outil essentiel du contrôle de la sexualité féminine, elle n’en a pas été la seule : dans la société laïque française d’une bonne partie du XXe siècle, l’adultère était jugé comme une faute pénale (jusqu’en 1975), mais l'homme n'était puni que si sa maîtresse habitait au domicile conjugal, et la peine encourue était la prison pour la femme, et une simple amende pour l'homme.

On peut émettre l’hypothèse que le succès et la pérennisation de ce qui n’était, à son origine, qu’un système de sécurisation du patrimoine familial ne sont dus qu'au fait qu’ils ont rencontré un ressort psychologique profond, tout aussi universel, des hommes et jamais avoué : la hantise de la performance sexuelle peu brillante, ne permettant pas aux femmes d’atteindre l’orgasme.

Et si l’on considère que le but de toutes les « normes » sexuelles, c’est de nier le droit féminin au plaisir sexuel et à l’orgasme, qui serait l’apanage des hommes, bien de choses s’éclairent.
L’association « virginité avant le mariage/fidélité après le mariage » constitue une garantie de l’inexpérience sexuelle de la femme, et de son incapacité à faire des comparaisons qui risqueraient d’être peu flatteuses : comment se plaindre de l’absence de ce dont on ignore la possibilité et l’existence ? Quelle meilleure garantie, pour les hommes aux performances modestes, que le fait que leur femme s’imaginera que c’est ce qu’on peut faire de mieux ?

Comment expliquer la pratique de l’excision clitoridienne autrement que comme une tentative de supprimer la possibilité et le droit des femmes à l’orgasme, et son acceptation par les mères par leur refus inconscient que leurs filles connaissent ce qui leur a été interdit, ce qui serait perçu comme trop injuste ?

Comment comprendre autrement la promesse faite aux kamikazes musulmans des « 72 vierges qui les attendent au paradis » (notons, au passage, qu'on a l'air de batifoler davantage dans le paradis coranique que dans le paradis chrétien...), alors que l’homme sûr de lui préfèrerait sans doute des femmes sexuellement expérimentées à des vierges novices ? Et l’absence de promesse équivalente pour les femmes kamikazes ? Et qui ne voit que si, par extraordinaire, l’Islam décidait d’accorder aux femmes l’égalité des droits au plaisir sexuel, ce ne serait pas la promesse de « 72 puceaux » qui serait la plus enthousiasmante ?

Et l’on touche ici au point faible du « système » : en préférant l’inexpérience sexuelle féminine aux plaisirs plus risqués, mais plus riches de l’expérience sexuelle féminine, l’homme ampute aussi sa propre sexualité, préférant la sécurité à l’exploration et l'innovation : plutôt la burqa que le Kama-Soutra.
Lutter contre les limitations imposées à la sexualité féminine, c’est aussi lutter pour une sexualité masculine moins frileuse : la burqa n'est que la manifestation extrême de la peur que les femmes inspirent aux hommes, et sa disparition traduirait davantage l'émancipation sexuelle de l'homme qui l'impose que celle de la femme qui la subit.

Par ailleurs, la nature fait bien les choses : tout interdit sur la sexualité se transforme automatiquement en source de sensualité supplémentaire (au point que certains ont pu soutenir que le charme suprême de la sexualité — d'autres diraient de la perversion sexuelle — consiste à braver des interdits). On connaît des tas de romans du début du XXe siècle, où des hommes décrivent l'état de pâmoison dans lequel les avait plongés une cheville entr'aperçue d'une femme lorsqu'elle montait dans un tram... Il y a dans la burqa un côté sensuel un peu cérébral (mais, dans l'espèce humaine, l'érotisme, c'est le cerveau, et rien que le cerveau) de pochette-surprise : que va-t-on découvrir en la retirant ?

Elie Arié

samedi 15 janvier 2011

"L'un des grands dangers est l'alliance FN-droite"


LEMONDE | 15.01.11 | 14h49

 
A l'occasion du congrès du Front national (FN), les 15 et 16 janvier, qui va déboucher sur la proclamation de sa nouvelle présidente, Marine Le Pen, l'historien Michel Winock, professeur émérite à Sciences Po, analyse l'évolution de l'extrême droite française, dont il est l'un des meilleurs spécialistes. Auteur d'un livre intitulé Le XXe siècle idéologique et politique (Perrin, 2009), il revient sur les défis que pose l'émergence du "national-populisme" sur la scène politique.
Jean-Marie Le Pen quitte la présidence du Front national, qu'il occupe depuis 1972. En quoi s'agit-il d'un tournant? 

Ce qui me frappe, s'agissant de l'évolution du FN, c'est sa banalisation. Triple banalisation, en fait. D'abord une banalisation liée à une rupture du parti avec ses attaches historiques et mémorielles. Originellement, le FN était un parti résolument d'extrême droite, dont de nombreux membres avaient soutenu le régime de Vichy et la collaboration, puis l'Algérie française et l'OAS. La relève des générations, qui n'est pas nouvelle au niveau des cadres intermédiaires mais qui touche aujourd'hui le sommet du mouvement, a pour effet de brouiller l'image du FN, de rendre moins lisibles ses racines idéologiques et sociologiques.

La banalisation concerne aussi les discours et les pratiques, autrement dit la "culture politique" du FN. Il aurait par exemple été inconcevable, autrefois, qu'une femme puisse incarner l'extrême droite. C'est aujourd'hui possible. Pour une famille politique qui a toujours exalté la virilité et pratiqué le culte du chef, c'est une révolution.
La banalisation, enfin, est liée au fait que le FN n'est plus, comme dans les années 1980-1990, une exception française. Il a aujourd'hui des équivalents dans plusieurs pays d'Europe, comme en Autriche, en Italie, aux Pays-Bas, en Hongrie ou en Scandinavie, où des partis similaires obtiennent des scores comparables. En quelque sorte, l'européanisation du national-populisme dilue la spécificité du "lepénisme".

"National-populisme", dites-vous...

Le populisme n'est pas spécifiquement d'extrême droite. Le mot désigne une confiance dans le peuple, voire une religion du peuple, que l'on rencontre dans les discours de Robespierre ou les écrits de Michelet. Mais le populisme a eu tendance à se localiser à l'extrême droite, avec l'ère des masses et la démocratie parlementaire. L'extrême gauche, elle, était ouvriériste tandis que l'extrême droite tendait au populisme, sans distinction de classe.
Le FN est populiste, en ce sens qu'il est un mouvement protestataire contre les élites, contre ce que Le Pen a appelé, dans une traduction douteuse de l'anglais, "l'établissement" -, à commencer par les énarques, les intellectuels, les politiciens éloignés de la réalité populaire. C'est un national-populiste (le terme a été introduit en France par Pierre-André Taguieff), en ce sens qu'il est aussi un mouvement identitaire, nationaliste, protectionniste, xénophobe, islamophobe, antieuropéen.
Comme tous les extrémismes, il récuse la complexité du réel au profit de l'analyse et de la solution simplistes. C'est ce que l'historien Léon Poliakov a appelé la "causalité diabolique". Aujourd'hui, tout va mal, dit le FN, à cause de l'immigration, de l'euro, de l'Union européenne et de la mondialisation. Solution : la fermeture et le retour au franc. Les populismes s'adressent aux émotions et à la "psychologie des foules".

Le national-populisme perturbe-t-il les équilibres politiques traditionnels ?

On se représente traditionnellement le paysage politique sous la forme d'un demi-camembert. Je préfère pour ma part l'image du fer à cheval, que j'emprunte au philosophe Jean-Pierre Faye, qui l'utilisa à propos de la République de Weimar (1919-1933). Dans un fer à cheval, les extrêmes sont proches l'un de l'autre, il y a entre eux une sorte d'aimantation.
Je pense que cette image est pertinente pour qualifier une période comme la nôtre, mais ce n'est pas la première fois que cela se produit : le général Boulanger, Paul Déroulède ou Edouard Drumont à la fin du XIXe siècle, comme Jacques Doriot dans les années 1930, ont incarné ce rapprochement entre les extrêmes. La recette est toujours la même : elle consiste à séduire l'électorat populaire en essayant de le convaincre que les solutions de l'extrême droite - à commencer par la préférence nationale et le rejet de l'étranger - sont les bonnes pour résoudre ses problèmes. Ce phénomène se produit toujours dans un contexte de crise économique et de forte montée du chômage : la grande dépression des années 1880-1890, les lendemains du krach de 1929, la fin des "trente glorieuses", et aujourd'hui la crise financière mondiale.

Comment peuvent réagir les partis traditionnels dans un tel contexte ?

Il peut y avoir trois attitudes. L'une est de faire du populisme contre le populisme. Un tel discours peut être de gauche comme de droite. Quand Jean-Luc Mélenchon publie un livre intitulé Qu'ils s'en aillent tous ! (Flammarion, 2010), on pense au fameux slogan utilisé par Pierre Poujade dans les années 1950 : "Sortez les sortants !"
A gauche, il existe une tradition, la défense républicaine. Quand le régime est menacé, les républicains se rassemblent au-delà de leurs divisions. C'est ce qui s'est passé au moment du boulangisme, quand certains socialistes - à l'époque les partisans de Paul Brousse et de Jean Allemane - se sont mobilisés pour la République alors que d'autres - les "blanquistes" et les "guesdistes" - étaient séduits par Boulanger. C'est ce qui s'est passé au moment de l'affaire Dreyfus. C'est encore ce qui s'est passé avec le Front populaire, en 1936, quand les communistes se sont alliés aux socialistes et aux radicaux face au danger fasciste. C'est, enfin, ce qui s'est produit en 2002, quand Jacques Chirac et Jean-Marie Le Pen se sont retrouvés au second tour de l'élection présidentielle.
Cela dit, la stratégie de défense républicaine ne fonctionne pas à tous les coups : en 1958, par exemple, l'isolement du Parti communiste, lié au contexte de guerre froide, a empêché la gauche de faire front commun face au retour du général de Gaulle. La défense républicaine, aujourd'hui, peut prendre la forme de "discipline républicaine" dans les seconds tours d'élection.
La troisième attitude est la tentation qui concerne plus spécifiquement la droite : face à la montée de l'extrême droite, elle peut être intéressée par une alliance avec elle. Le risque est d'autant plus fort que la droite parlementaire est affaiblie : on l'a vu aux élections régionales de 1998 avec ce qui s'est passé en Rhône-Alpes, en Picardie, en Languedoc-Roussillon, en Bourgogne et dans le Centre. La possibilité de voir de telles alliances se nouer à nouveau est, à mon avis, l'un des grands dangers aujourd'hui. D'autant plus que l'on voit bien que toute une partie de l'électorat UMP se retrouve dans une idée que défend le FN depuis toujours : la peur des immigrés et l'islamophobie.

A ce propos, comment analysez-vous les récentes déclarations de Marine Le Pen contre les prières de rue des musulmans ?

C'est très habile de sa part. D'un côté, elle parle à un électorat de droite qui juge que l'islam est une menace pour l'identité nationale. De l'autre, elle peut toucher un électorat de gauche pour qui la laïcité est une valeur fondamentale de l'identité républicaine. De ce point de vue, c'est une nouveauté. Même s'il a toujours existé une tradition antireligieuse - notamment néopaïenne - au sein de l'extrême droite, cette défense de la laïcité a de quoi étonner. Avant 1914, et encore entre les deux guerres, dans la mesure où elle s'opposait à un régime républicain qui incarnait la laïcité face au cléricalisme, l'extrême droite n'avait aucun intérêt à défendre celle-ci. Au contraire, elle avait tout intérêt à s'opposer à la laïcité pour séduire l'électorat catholique.
Aujourd'hui, l'extrême droite use d'une pirouette qui consiste à utiliser l'arme historique de ses adversaires - la laïcité - à ses propres fins. Apparemment, cela n'est pas inefficace, comme le montrent les récents apéritifs géants où se côtoient des militants d'extrême droite et des laïcs qui se disent de gauche.

Vous avez évoqué le second tour de la présidentielle de 2002. Un tel scénario peut-il se reproduire en 2012 ?

A mes yeux, tout est possible. Première possibilité : Nicolas Sarkozy est tellement impopulaire qu'il ne parvient pas au second tour, et alors un scénario de type 2002, mais à l'envers cette fois, se produit. L'accession de Marine Le Pen à la présidence du FN représente ainsi un danger bien plus grand pour la droite que ne l'aurait été Bruno Gollnisch, qui n'a pas le même charisme, pas non plus la même image rassurante, et donc pas le même potentiel électoral.
Deuxième possibilité : une répétition de 2002. C'est envisageable si la gauche arrive atomisée au premier tour. Ce qui est malheureusement très possible, compte tenu des institutions de la Ve République. En faisant de l'élection présidentielle le rendez-vous majeur de l'agenda politique, notre Constitution implique que, pour exister, toute formation politique doive présenter un candidat à la présidentielle. Le multipartisme de gauche pourrait lui être fatal encore une fois.
Pour le Parti socialiste, c'est extrêmement compliqué, dans la mesure où le seul candidat aujourd'hui crédible - Dominique Strauss-Kahn - est en même temps celui qui est le plus rejeté par une partie de la gauche. Et donc celui dont la présence peut le plus favoriser cette atomisation qui a empêché la gauche d'arriver au second tour en 2002.

Propos recueillis par Thomas Wieder

La diplomatie française a défendu jusqu'au bout le régime tunisien

J'ajoute à ce triste constat que la France était prête à accueillir Ben Ali hier soir... jusqu'à une décision contraire du Président et du 1er Ministre. Ouf!


LEMONDE | 15.01.11 | 15h17  •  Mis à jour le 15.01.11 | 17h15

 
Nicolas Sarkozy et le président tunisien Ben Ali, le 10 juillet 2007.

Nicolas Sarkozy et le président tunisien Ben Ali, le 10 juillet 2007.AP/JEAN-PAUL PELISSIER

La diplomatie française aura donné l'impression d'appuyer jusqu'au bout le régime du président tunisien, Ben Ali, apparaissant dépassée par les événements et ne montrant à aucun moment le moindre signe de soutien aux revendications de démocratisation exprimées par les manifestations, qui ont conduit, vendredi 14 janvier, à la fuite vers Djedda, en Arabie saoudite, du dirigeant tunisien, au pouvoir depuis vingt-trois ans.
C'est par un communiqué laconique que l'Elysée a commenté, vendredi, vers 20 heures, le spectaculaire changement politique en Tunisie. "La France prend acte de la transition constitutionnelle annoncée par le premier ministre Ghannouchi. Seul le dialogue peut apporter une solution démocratique et durable à la crise actuelle. La France se tient aux côtés du peuple tunisien dans cette période décisive." Le texte est diffusé au moment où Nicolas Sarkozy et François Fillon sont réunis à l'Elysé pour se pencher sur la crise.
Vers 20 h 30, tandis que la destination de l'avion du président tunisien demeure l'objet de spéculations, Paris fait connaître son refus de l'accueillir sur le sol français. "La France n'a reçu aucune demande d'accueil de M. Ben Ali", indique un communiqué du Quai d'Orsay, qui précise : "Au cas où cette demande se présenterait, la France apporterait sa réponse en accord avec les autorités constitutionnelles tunisiennes."
Tout au long des quatre semaines de protestations de rue en Tunisie, qui ont commencé le 17 décembre 2010, la France aura adopté un profil bas, se limitant à appeler à l'"apaisement" sans jamais dénoncer la répression policière, en particulier l'emploi de tirs à balles réelles des forces de l'ordre, qui ont provoqué au moins 66 morts en un mois, selon les organisations de défense des droits de l'homme.
MME ALLIOT-MARIE PROPOSE... UNE COOPÉRATION POLICIÈRE
Mardi 11 janvier, tandis que la contestation gagne Tunis, des propos tenus par la ministre des affaires étrangères française, Michèle Alliot-Marie, devant l'Assemblée nationale, à Paris, suscitent une certaine consternation, y compris à l'intérieur du Quai d'Orsay. Le gouvernement tunisien vient d'établir un bilan de 21 civils tués par balles depuis le début des troubles, et Mme Alliot-Marie propose... une coopération policière.
La France veut faire bénéficier la Tunisie du "savoir-faire de (ses) forces de sécurité", afin de "régler des situations sécuritaires de ce type", explique la ministre, afin que "le droit de manifester soit assuré, de même que la sécurité". L'"apaisement peut reposer sur des techniques de maintien de l'ordre", estime Mme Alliot-Marie.
La crise semble ainsi ramenée à un problème de professionnalisme des forces de l'ordre tunisiennes, auquel viennent s'ajouter les difficultés économiques. Mme Alliot-Marie évoque des "troubles sociaux de grande ampleur", sans mentionner le volet politique des revendications des manifestants, qui dénoncent un pouvoir confisqué par la famille Ben Ali et s'en prennent aux affiches du chef de l'Etat. "Plutôt que de lancer des anathèmes, notre devoir est de faire une analyse sereine et objective de la situation", commente-t-elle.
Outre la coopération policière, Paris semble penser, ce jour-là, que l'annonce d'un accroissement de l'aide à la Tunisie, notamment au niveau européen, pourrait contribuer à dénouer la crise. "Notre premier message doit être celui de l'amitié entre le peuple de France et le peuple" tunisien, "sans nous ériger en donneurs de leçons".
"LE MESSAGE DE LA DIPLOMATIE FRANÇAISE A ÉTÉ PRAGMATIQUE"
Jeudi 13 janvier, la veille du jour où tout bascule, Paris insiste de nouveau sur son offre de coopération policière. Le Quai d'Orsay souligne que "la France dispose d'un savoir-faire reconnu en matière de maintien de l'ordre dans le respect de l'usage proportionné de la force afin d'éviter des victimes". Le soir, à la télévision, M. Ben Ali annonce un train de mesures : son renoncement à un nouveau mandat présidentiel en 2014, la fin des tirs à balles réelles de la police, et un rétablissement de la liberté de la presse.
Vendredi matin, sur instructions de l'Elysée, le Quai d'Orsay "note positivement" ces décisions "en faveur de l'ouverture politique et démocratique de la Tunisie". La France "encourage les autorités tunisiennes à poursuivre sur cette voie". Mais tout s'accélère. Les autorités françaises se réfugient derrière des communiqués succincts, sans le moindre commentaire sur le fait qu'un dirigeant arabe vient pour la première fois d'être chassé par la foule.
Dans l'entourage de Mme Alliot-Marie, vendredi soir tard, on se défendait d'avoir fait preuve de myopie sur la crise tunisienne. "Le message de la diplomatie française a été pragmatique,Ce n'est pas à la France de dire : Ben Ali doit partir. Nous avons voulu aider la Tunisie à résoudre ses problèmes. Si les médias ont été rouverts, ainsi qu'Internet, c'est peut-être grâce à nous. Nous avons voulu aider le pouvoir à avancer dans la démocratisation. On a tenté de faire cela." commente une source.
Interrogée sur le contraste avec les positions françaises adoptées sur l'Iran, où, en 2009, les grandes manifestations de l'opposition avaient reçu le soutien appuyé de Nicolas Sarkozy, et où chaque action répressive du pouvoir avait été dénoncée avec force par la diplomatie française, cette source commente que les deux dossiers ne sont pas comparables, car l'Iran représente une menace régionale, et qu'"avec la Tunisie, il y a des liens d'amitié et de coopération".

Natalie Nougayrède

Brèves d'humour


Repérées sur le site du Monde.fr (par un dénommé Hervé Le Tellier, dans une rubrique intitulée "Papier de verre") quelques "brèves" d'actualités, sous une forme humoristique.





- Un coolie nommé Chaser connaît 1 022 mots. C'est énorme pour un chien. Mais j'aurais été plus admiratif encore si Chaser avait été un footballeur.
AA: et pourquoi les footeux? Et les cyclistes, boxeurs, etc? C'est de la discrimination pure et simple!

- Le tueur de l'Arizona, qui a tué six personnes, avait été rejeté par l'armée pour usage de drogue. Les républicains récusent l'accusation de dépendance à la sarapaline. 
AA: bien sûr, ils sont barackobamophobes...

- Le Quai d'Orsay ne qualifie pas Ben Ali et refuse les simplifications. Il a raison : je ne saurais dire moi-même s'il s'agit d'un despote, d'un dictateur ou d'un tyran. 
AA: disons un autocrate despotique, dictatorial et tyrannique, pour résumer et faire simple!

- C'est un sondage de 2010, mais je l'ignorais : un républicain sur quatre pense, entre autres sottises, qu'Obama est l'Antéchrist. Les trois autres croient que c'est Voldemort. 
AA: ah ces Ricains républicains! Leur culture s'arrête au « Seigneur des Ténèbres » , ou au « Tu-Sais-Qui », ou au « Celui-dont-on-ne-doit-pas-prononcer-le-nom », autres surnoms de Voldemort. Feraient mieux de lire autre chose que Harry Potter!

- François Fillon s'inquiète de l'"usage disproportionné de la violence". Certes. Mais l'usage disproportionné de l'euphémisme pourrait faire plus de morts encore. 
AA: d'ailleurs, Sarko avait déclaré, il y a 2 ans, que les droits de l'homme s'amélioraient en Tunisie. C'était, en fait, une "litote disproportionnée"...

vendredi 14 janvier 2011

Affaire Dalongeville (suite...): des questions


Ainsi donc, G.Dalongeville a été libéré mercredi soir après un nouveau séjour d'un mois en prison, cette fois-ci pour avoir enfreint les obligations de son contrôle judiciaire. Un bracelet électronique, qu'il devra porter en permanence, garantira qu'il reste bien dans les Vosges où il est assigné à résidence. L'instruction serait sur le point d'être close.
A travers certaines informations données par La Voix du Nord et Nord-Éclair, quelques questions se posent:

- l'affaire viendrait devant le tribunal à la fin de l'année. Soit quelques semaines avant des échéances électorales importantes (présidentielles et législatives). Durant ce procès, le rôle de 2 partis politiques (PS et MRC) risque fort d'être évoqué, à différents points de vue (ne serait-ce que pour leur soutien jusqu'au boutiste à l'ex-maire). Une "bonne administration" de la justice est-elle compatible avec une période de campagne électorale dont les passions qu'elle déchaine ne sont pas propices à  la  sérénité de la justice . En outre, les 2 partis concernés ne verront pas d'un bon œil que leur implication (restons objectifs!) dans cette affaire fasse l'objet d'un déballage public. Quels moyens ont-ils pour que l'affaire soit décalée de quelques mois? 

- l'avocat de G.Dalongeville, Didier Cattoir, fréquent défenseur de leaders socialistes de notre région, serait sur le point de jeter l'éponge. Il invoquerait que, son client ne lui disant pas tout, il a du mal à gérer les "dommages collatéraux". Il mettrait en cause des menaces de mort reçues par des protagonistes de l'affaire...
Cet éventuel retrait de l'avocat aurait-il à voir avec le point précédent, et notamment avec le fait que le PS se retrouve en porte-à-faux à un moment peu favorable pour lui? Lâcher Dalongeville obligerait, par exemple, à ce que l'ex-maire d'HB prenne un autre défenseur qui devra se mettre au courant de ce gros dossier, ce qui prendra du temps et ferait retarder le procès de plusieurs mois, à une date située après les élections, par exemple...Bien sûr, ce ne sont que des conjectures...

- Pascal Wallart, journaliste de La Voix du Nord, écrit ceci: "Une libération surprise [...] qui, apparemment, serait due à la "bonne volonté" qu'aurait enfin manifestée M. Dalongeville. Lui qui, depuis vingt et un mois, faisait preuve du plus grand mutisme face à la juge Pair..." (Notez les points de suspension qui en rajoutent!).
Plus loin, le journaliste ajoute: ""cette demande de remise en liberté [...] fait suite à un un certain nombre d'interrogatoires au cours desquels M. Dalongeville a reconnu avoir enfreint son contrôle judiciaire et apporté un certain nombre d'éléments et explications" (c'est moi qui souligne). En d'autres termes, ne nous leurrons pas sur le style journalistique, G. Dalongeville, dont certains louait la loyauté, a "balancé". P. Wallart ne se serait pas permis d'écrire ce qui précède, sans avoir des informations sûres et je traduis: GD a livré des révélations, ce qu'il n'avait pas fait jusqu'à présent. Aurait-il également livré des noms de personnes (personnalités?) impliquées de façon différente que celles (une vingtaine, d'après la VDN) qui auraient été mises en examen, jusqu'à présent: on peut le supposer...De sales nuits en perspective pour ceux qui se sentent concernés par ces révélations et peut-être une raison supplémentaire pour que le procès ait lieu un peu plus tard...

Hausse des tarifs d’accès Internet et de téléphonie mobile : le « bon prétexte » de la TVA



Remarques préalables AA:

- Les augmentations iront, dans certains cas, jusqu’à 72 € par an. Motif allégué par les opérateurs télécoms : la fin de la TVA réduite sur les services de télévision inclus dans les forfaits. 


-  Les informations ci-dessous proviennent en grande parti de l'Institut National de la Consommation


- concernant le kit de résiliation d'UFC Que choisir, vous pouvez l'utiliser en contactant  le site national: http://www.quechoisir.org/un-litige pour trouver l'union locale proche de chez vous. 




Le gouvernement a décidé de supprimer la TVA réduite à 5,5 % pour les services de télévision inclus dans les forfaits Internet et téléphonie mobile. La loi du 29 décembre 2010 de finances pour 2011, en son article 26, dispose que tous ces services sont taxés à 19,6 % à compter du 1er janvier.

C’est la fin d’une mesure fiscale dont les fournisseurs d’accès Internet (FAI) et les opérateurs mobiles bénéficient depuis le 1er janvier 2008 (article 35 de la loi n° 2007-309 du 5 mars 2007), remise en cause par la Commission européenne. Selon le quotidien La Tribune, Bruxelles avait demandé à Paris, au printemps dernier, la suppression de cette disposition.


« Une marge qui n’a jamais été redistribuée aux consommateurs »

Dès septembre, les opérateurs se sont empressés de menacer de répercuter cette hausse de la TVA sur les factures de leurs abonnés (voir notre article du 15 septembre). Ils n’avaient pas manifesté un tel empressement, en 2007, lorsqu’ils avaient appris la baisse de cette même TVA en échange de leur contribution au développement des programmes audiovisuels (« taxe Cosip »).

L’Union fédérale des consommateurs (UFC-Que choisir) dénonce dans un communiqué un « bricolage fiscal » qui a permis aux opérateurs, entre 2008 et 2010, de « dégager une marge qui n’a jamais été redistribuée aux consommateurs ».

L’association UFC/Que Choisir demande aujourd’hui aux opérateurs et au gouvernement « de faire toute la lumière sur les montages fiscaux et financiers » opérés lorsque la TVA était encore à 5,5 %, et de lister précisément les offres comprenant un service télévisuel et qui peuvent donc « faire légitimement l’objet d’une augmentation de prix ». Car une grande majorité des forfaits sont concernés par ces hausses tarifaires, y compris ceux qui n’incluent pas de services de télévision !


Même les abonnés ne recevant pas la télévision subiront les hausses

Pour les abonnés, la facture s’annonce lourde. Dès février, certains devront s’acquitter d’un forfait plus cher – jusqu’à 5 € de plus par mois pour des forfaits de smartphones SFR, voire 6 € pour les accès Internet de Free en zone non dégroupée. Bouygues Telecom devrait présenter ses nouveaux tarifs mi-février.

Numericable a, lui aussi, bien compris l’effet d’aubaine. Il augmente plus des deux tiers de ses forfaits… alors que le câblo-opérateur bénéficie d’une disposition particulière pour maintenir une TVA réduite sur une partie de son offre !

Reste aux consommateurs la possibilité de résilier leur contrat. Dans un communiqué, l’Association française des utilisateurs de télécommunications (Afutt) incite les abonnés « à rechercher la meilleure proposition parmi les nouvelles offres présentées par les opérateurs ». Elle dénonce la situation de ceux qui payent le service télévisuel dans leur forfait alors qu’ils ne peuvent pas en bénéficier, notamment pour des raisons techniques. L’Afutt demande une concertation avec les opérateurs pour « mettre fin à cette injustice ». Elle demande aussi la suppression des offres liées « qui contraignent l’utilisateur à accepter des services qu’il ne désire pas ».


Des sanctions promises aux opérateurs qui ne respecteraient pas les formes

Dans une lettre en réponse à l’UFC-Que choisir, en partie publiée par l’Agence France-Presse, le secrétaire d’État à la consommation annonce avoir demandé à la Direction générale de la concurrence, de la consommation et de la répression des fraudes (DGCCRF) de surveiller « le respect par les opérateurs des règles d’information des consommateurs sur les modifications de leurs offres en cours » et « la bonne prise en compte par eux des demandes de résiliation consécutives à ces modifications contractuelles ». En cas de non-respect de la loi, le Secrétaire d'État, Frédéric Lefebvre, promet des sanctions.


•••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••••



Comment résilier son forfait ?
En répercutant la hausse de la TVA, les opérateurs modifient de fait leur contrat. L’article L. 121-84 du code de la consommation prévoit qu’un abonné peut alors résilier sans pénalité – et sans tenir compte d’une éventuelle durée d’engagement – jusqu’à quatre mois après l’entrée en vigueur des nouveaux tarifs.

Mais attention aux pièges, notamment pour les contrats signés récemment ! Les opérateurs assurent avoir informé d’une future augmentation tarifaire leurs clients ayant souscrit en novembre et décembre derniers. Si ceux-ci veulent mettre fin à leurs abonnements, les opérateurs estiment être en droit de leur réclamer des frais de résiliation. Certains de ces clients disent cependant avoir été mal informés, au moment signer le contrat, des évolutions tarifaires futures. La justice pourrait donc avoir à trancher.

Le mensuel 60 Millions de consommateurs explique en détail comment résilier un forfait en cas d’augmentation tarifaire. Et de son côté, l’UFC-Que choisir annonce la mise à disposition d’un « kit » de résiliation à destination des consommateurs.

jeudi 13 janvier 2011

Un texte, une video, une pétition



Un texte à lire: voir ci-dessous

Un film à regarder : Gasland
(1h40, en américain sous-titré français, vaut le coup de sacrifier une soirée télé): http://mega-streaming.info/video/6KKHKAY4484H/GasLand-VOSTFR

Une pétition de combat (sur les gaz de schistes)

La bataille contre l’exploitation des gaz de schistes en France commence. Il y a une pétition. Je n’accorde pas une importance démesurée aux pétitions, mais je viens de signer celle dont le texte figure ci-dessous, que je lance avec José Bové et une poignée d’amis. L’objectif n’est pas d’attraper quelques signatures, mais de faire déferler des milliers, des dizaines, des centaines de milliers de volontés. Et c’est pourquoi je vous demande avec solennité de signer et de faire circuler ce texte. À lui seul, il n’est rien. Mais si on le voit comme un début - c’est mon cas -, il peut et doit servir de socle. Utilisez vos carnets d’adresse. De la première à la dernière. Nous sommes face à la barbarie dans toute sa splendeur morbide. Ils veulent achever le travail si bien commencé, et détruire ce qui reste encore hors de leur portée. Je vous le dis comme je le pense : il faut se lever. Tous, et très vite. Compte tenu des enjeux, ce texte restera en ligne quelques jours sur Planète sans visa. En avant !
Gaz de schiste : non merci !
Sans aucune information, sans aucune consultation, le gouvernement français  a offert, à des sociétés nationales et étrangères le droit d’explorer le sous-sol français à la recherche de gaz et de pétrole de schiste.
La technique pour ramener le gaz à la surface est nouvelle, délicate et surtout, désastreuse sur le plan environnemental. La «fracturation hydraulique horizontale», consiste à provoquer des failles à l’aide d’un liquide envoyé à très forte pression, pour libérer le gaz et le pétrole pris dans la roche compacte, à environ 2000 mètres de profondeur. Trois «ingrédients» sont nécessaires pour créer ces mini séismes : des quantités phénoménales d’eau (entre 15 000 et 20 000 m3), des produits chimiques (plus de 500) pour attaquer la roche et des micro-billes pour maintenir ouvertes les failles.
Aux Etats-Unis, le bilan de l’extraction de ces énergies fossiles est catastrophique : pollution massive des nappes phréatiques et de l’air, destruction des paysages et de milieux naturels, etc. Leur exploitation, en France, conduirait inéluctablement aux mêmes dégâts ainsi qu’à des émissions accrues de gaz à effet de serre, alors même que notre pays s’est engagé à les diviser par quatre.
Les autorisations de prospection sur plus de 10% du territoire ont été accordées sans débat sur les besoins énergétiques à moyen et long terme, sans discussion sur la nécessité de lutter contre le gaspillage, rechercher une meilleure efficacité énergétique et les alternatives renouvelables.
Pour toutes ces raisons, nous exigeons un débat public avec la société civile, les élus locaux et nationaux, pour dresser un inventaire complet des conséquences environnementales, sanitaires, économiques et sociales de cette «nouvelle folie industrielle».
C’est pourquoi nous demandons un gel immédiat des prospections et la suspension des permis de recherche de gaz et pétrole de schiste sur l’ensemble du territoire français.

Fabrice Nicolino

Coordination des collectifs pour un moratoire sur la prospection du gaz de schiste

Certains thèmes développés par le gouvernement et Nicolas Sarkozy légitiment le discours du Front national.

Dans un chat sur LeMonde.fr, Abel Mestre et Caroline Monnot, journalistes au "Monde" estiment que certains thèmes développés par le gouvernement et Nicolas Sarkozy légitiment le discours du Front national.
Pascal : La première question semble évidente, pourquoi le Front national progresse-t-il à droite ?

Il y a semble-t-il une conjonction de deux phénomènes : tout d'abord, l'utilisation par les membres du gouvernement ou par Nicolas Sarkozy de certains thèmes – identité nationale, burqa, séquences sécuritaires de cet été – a légitimé le discours frontiste dans ces mêmes registres.
Ensuite, il y a un effet Marine Le Pen auprès d'une frange de sympathisants UMP qui adoucit l'image du Front national et rend plus aisée une certaine perméabilité.

Mickaël : La question ne devrait-elle pas être dans l'autre sens, pourquoi la droite progresse-t-elle vers le FN ? 

A la faveur de ses résultats aux régionales du printemps dernier, le Front national a retrouvé une visibilité politique. Il a toujours existé par ailleurs au sein de la droite une composante musclée plus ou moins importante.
Le FN est, pour cette composante, un aiguillon. Par ailleurs, la victoire de Nicolas Sarkozy en 2007 avait, entre autre, été obtenue en siphonnant les voix du FN. Il n'est pas exclu que les déçus de droite du sarkozysme lorgnent à nouveau vers cette formation.

Maigret : Quels éléments du discours du Front national sont-ils le plus susceptible de séduire la droite classique?

Selon le baromètre TNS Sofres pour Le Monde, Canal+ et France Inter que nous avons publié aujourd'hui dans Le Monde, les thèmes sur lesquels se retrouvent sympathisants de l'UMP et sympathisants frontistes sont : la défense des valeurs traditionnelles en France, l'insuffisante sévérité de la justice envers la petite délinquance.
Par ailleurs, les thèmes du "trop d'immigrés en France" ou du "trop de droits accordés à l'Islam et au musulmans" recueillent de forts taux d'assentiment auprès des sympathisants UMP.

Greg : La progression du FN ne passe t-elle pas aussi par son institutionnalisation, le FN profitant de la faiblesse des autres partis institutionnels classiques ?

Le FN a toujours su profiter des erreurs ou insuffisances des formations politiques de gouvernement. Pour autant, pour une majorité de l'opinion, il reste une formation de protestation. L'enjeu que s'est fixé Marine Le Pen est de le faire percevoir désormais comme un parti de gouvernement. C'est l'un des buts de la stratégie dite de "dédiabolisation". Il a pour atout de n'avoir jamais exercé de responsabilités gouvernementales et de ne pouvoir donc être jugé sur un bilan.

Laura : Sur quels points les sympathisants de l'UMP et les sympathisants frontistes restent-ils encore en désaccord absolu ?

La sortie de l'euro et la préférence nationale en matière d'emploi demeurent deux thèmes très clivants entre sympathisants UMP et sympathisants du FN.

Nicolas : Votre sondage montre que Marine Le Pen séduit mais ne convainc pas... A-t-elle les moyens de convaincre d'ici à 2012 ?

Les paramètres qui peuvent jouer en sa faveur sont : la crise qui perdure et rend plus audible son discours de lutte contre la mondialisation au nom de la défense des valeurs traditionnelles de la France, une polarisation du débat public sur l'islam.
Au-delà, elle peut espérer convaincre une frange des sympathisants de droite traditionnelle si elle parvient à maintenir le cap de sa stratégie de dédiabolisation après le congrès et si le FN ne bascule pas dans des querelles intestines.

Pauluc : La non-représentation du FN à l'Assemblée nationale n'explique-t-elle pas, en partie, sa poussée électorale, car il peut se contenter de critiquer ?

Il faut faire attention sur la question de la poussée électorale. Si le FN a enregistré de bons scores aux élections régionales, il n'a pas pour autant retrouvé ses plus hauts niveaux. La non-représentation du FN à l'Assemblée est plus un handicap qu'un avantage pour lui : il n'a pas de tribune nationale, il n'intervient donc dans aucun débat d'importance. Il n'a pas de postes à distribuer à d'éventuels transfuges.

Olive : Le discours "social" de FN peut-il mordre sur l'électorat de gauche, PS et Front de gauche ?

Il faut d'abord préciser ce qu'on entend par "électorat de gauche". L'électorat populaire, si c'est votre question, n'est pas automatiquement un électorat de gauche, il peut être un électorat de droite, voire comme on le constate depuis plusieurs années, un non-électorat se réfugiant dans l'abstention. C'est notamment à ce "non-électorat" que s'adresse le discours social du Front. Nous sommes plus dubitatifs sur l'électorat structuré de gauche.

Léon : Le fait que le Front national ait un programme simpliste mais clair et bientôt un ou une candidate pour 2012 n'explique-t-il pas tout simplement sa progression dans les sondages ?

Cela n'explique pas, en soit, la progression mais cela peut rentrer en ligne de compte. En effet, le FN bénéficie en ce moment d'une forte visibilité due au congrès et à la campagne interne pour la succession de Jean-Marie Le Pen.
Dès lundi, il sera en effet la première formation politique à pouvoir rentrer dans la campagne présidentielle 2012, car dotée d'un candidat et d'un programme qui sera aménagé. Cela va lui conférer un petit avantage mais qui, par définition, sera temporaire.

Nicolas : Pensez-vous que Marine Le Pen peut passer le premier tour de l'élection présidentielle en 2012 ?

Nous n'en savons rien, nous sommes encore à plus d'un an de l'échéance présidentielle, c'est à la fois très court et très long ! Ce qui est vrai, c'est que Jean-Marie Le Pen n'a jamais eu de sondages aussi favorables que sa fille à dix-huit mois d'une élection présidentielle.

Matthieu : Qui de Bruno Gollnisch ou de Marine Le Pen pourrait permettre un rapprochement entre les deux partis, UMP et FN ?

Aucun des deux n'envisage aujourd'hui un rapprochement entre le FN et l'UMP, chacun d'entre deux voulant faire imploser la droite pour la recomposer autour d'eux.
Dans notre baromètre, c'est d'ailleurs chez les sympathisants de l'UMP qu'on évoque la question des alliances. Reste que Marine Le Pen passe mieux auprès des sympathisants UMP que Bruno Gollnisch.

Cyril : Pensez-vous qu'une "guerre de pouvoir" au sein du FN, après le départ de Jean-Marie Le Pen, pourrait contrecarrer cette progression des idées du FN dans l'électorat UMP ?

Pour le moment, rien ne nous permet de dire qu'une telle "guerre de pouvoir" pourrait se déclencher, mais il est évident que, si elle a lieu, elle aura un effet repoussoir auprès des sympathisants UMP.

BG : Quelles sont les chances de Bruno Gollnish pour prendre la présidence du FN ?

Elles sont très minces. En effet, il a eu contre lui Jean-Marie Le Pen, président du Front national depuis sa création en 1972, et la quasi totalité de l'appareil frontiste.
Enfin, il n'a pas eu la même couverture médiatique que sa rivale. Cette dernière a eu surtout l'habileté de présenter la compétition interne comme une primaire pour désigner le candidat à la présidentielle et, pour la plupart des militants, Marine Le Pen fait une meilleure candidate que Bruno Gollnisch en 2012.
Chat modéré par Olivier Biffaud