Fillon dément
Le Monde a révélé que l'ancien premier ministre François Fillon, co-président par intérim de l'UMP, a incité la présidence de la République, en plein scandale Bygmalion, à peser sur le cours judiciaire des affaires visant son rival, Nicolas Sarkozy (voir article AA du 9//11). Cette demande a été formalisée le 24 juin, lors d'un déjeuner entre M. Fillon et le secrétaire général de l'Elysée, Jean-Pierre Jouyet, accompagnés ce jour-là d'un ami commun.
François Fillon a alors démenti ces informations et annoncé qu'il portait plainte pour diffamation contre les journalistes Gérard Davet et Fabrice Lhomme et Le Monde. Dans le Journal du Dimanche, il a dénoncé « une forme de déstabilisation et de complot » de la part de l'Elysée. De son côté, Jean-Pierre Jouyet avait démenti avoir parlé aux journalistes dès jeudi.
Durant le week-end, soutiens de Nicolas Sarkozy et partisans de François Fillon se sont déchirés sur Twitter et dans les médias, le député du Nord Sébastien Huyghe appelant même l'ancien premier ministre à « quitter la présidence de l'UMP », qu'il assure pour l'instant avec Alain Juppé et Jean-Pierre Raffarin.
Dimanche après-midi, Jean-Pierre Jouyet a finalement admis que l'ancien premier ministre lui avait bien parlé, en juin 2014, de Bygmalion et des pénalités liées au dépassement du plafond des dépenses de la campagne présidentielle de M. Sarkozy en 2012.
Dimanche soir sur TF1, François Fillon a accusé le secrétaire général de l'Elysée de « mensonge », affirmant de nouveau qu'« à aucun moment » il n'avait essayé d'influer sur le cours de la justice.
AA : Pour résumer, Jouyet dit, puis dément, puis confirme que Fillon lui a demandé d'accélérer la mise en cause de Sarko. Les journalistes, eux, n'auraient pas menti sur ce que disait Jouyet. Mais Jouyet dit-il la vérité ? Quant à Fillon, aucun doute, il n'a rien dit à Jouyet. Qui ment et qui dit la vérité ?
- Vote symbolique sur l'indépendance de la Catalogne
Quelque 5,4 millions de Catalans âgées de 16 ans et plus, ou résidant depuis un à trois ans en Catalogne pour les étrangers, étaient appelés aux urnes dimanche lors d'un scrutin symbolique sur la séparation de leur région d'avec l'Espagne, organisé par l'exécutif catalan malgré l'opposition du gouvernement de Madrid.
Plus de deux millions de personnes ont participé au scrutin. « Un succès total », selon le président de la région, Arthur Mas, qui estime que cela démontre « qu'elle veut se gouverner seule ».
Cette « consultation des citoyens » a été programmée en remplacement d'un référendum plus officiel, jugé illégal, que souhaitaient les dirigeants de la région.
AA : si la Catalogne devient indépendante, la Corse et la Bretagne pourraient revendiquer leur indépendance...
Célébration des 25 ans de la chute du Mur de Berlin
L'Allemagne commémorait dimanche la chute du Mur de Berlin, qui avait ouvert la porte, il y a vingt-cinq ans, à la réunification du pays et symbolisé la fin de l'empire soviétique. Samedi, plus de 100 000 Berlinois et touristes se sont promenés le long de l'ancien tracé du mur qui a divisé la ville pendant vingt-huit ans.
Sur des poteaux de 3,6 mètres – la hauteur du mur – ont été placés 7 000 ballons lumineux qui ont été lâchés en début de soirée pour symboliser la disparition du « mur de la honte ». Ce jour du 9 novembre 1989 « nous a montré que le désir de liberté ne peut être éternellement étouffé », a déclaré la chancelière allemande Angela Merkel.
En parallèle de ces célébrations, l'ancien numéro un soviétique Mikhaïl Gorbatchev a déclaré samedi que le monde était au bord d'une nouvelle guerre froide en raison de la crise ukrainienne. L'homme de la perestroïka a reproché à l'Occident de ne pas avoir respecté ses promesses après les bouleversements de 1989 qui ont conduit à l'effondrement de l'URSS. Il a ajouté que l'ONU aurait dû agir avec détermination pour mettre fin au conflit dans l'est de l'Ukraine et il a également critiqué l'Europe, devenue« un champ clos d'agitation politique, de compétition entre les sphères d'influence et, en fin de compte, de conflit militaire ».
AA : La Russie va absorber l'est de l'Ukraine et, comme pour la Crimée, personne ne bougera. Puis, la Russie se tournera vers les pays lettons où vivent d'importantes populations russophones... et vous savez ce qui se passera ?
Inquiétude en Ukraine après l'arrivée de renforts massifs dans l'Est séparatiste
La chef de la diplomatie européenne, Federica Mogherini, a exprimé son« inquiétude » dimanche, après des informations faisant état de la présence de convois militaires et de chars dans l'Est rebelle de l'Ukraine.
Samedi soir, l'Organisation pour la Sécurité et la Coopération en Europe – dont les observateurs sont chargés de surveiller l'application du cessez-le-feu signé le 5 septembre entre Kiev et les séparatistes – s'est elle aussi déclarée « très inquiète » de la présence d'une quarantaine de camions et de chars dans l'est de l'Ukraine. Dans la nuit de samedi à dimanche, d'intenses combats d'artillerie ont éclaté à Donestk, bastion des séparatistes prorusses, et se poursuivaient dimanche.
AA : à l'est, rien de nouveau...
Manifestations contre « les violences policières » en France
Des incidents ont émaillé samedi soir la manifestation, interdite par la préfecture, organisée à Toulouse en mémoire de Rémi Fraisse, le jeune écologiste tué fin octobre par une grenade des forces de l'ordre lors d'une manifestation contre le barrage contesté de Sivens.
Près de 400 personnes s'étaient réunies dans le calme vers 14 heures à proximité de la station de métro Jean-Jaurès dans le centre-ville de Toulouse, avant que la situation ne dégénère au moment de la dispersion. La préfecture a fait état en soirée de 21 interpellations, de deux blessés légers parmi les forces de l'ordre, d'une voiture incendiée et d'établissements bancaires dégradés.
AA : on remarquera que les "Bonnets rouges", opposants à l'éco-taxe, furent beaucoup plus efficaces que les opposants au barrage de Sivens. La police n'était pratiquement pas intervenue, les dégâts furent importants et, eux, ils ont obtenu gain de cause à 100%.