lundi 10 novembre 2014

Que s'est-il passé ce week-end ?

Avec l'aide du Monde, Reuters et AFP
Fillon dément

Le Monde a révélé que l'ancien premier ministre François Fillon, co-président par intérim de l'UMP, a incité la présidence de la République, en plein scandale Bygmalion, à peser sur le cours judiciaire des affaires visant son rival, Nicolas Sarkozy (voir article AA du 9//11). Cette demande a été formalisée le 24 juin, lors d'un déjeuner entre M. Fillon et le secrétaire général de l'Elysée, Jean-Pierre Jouyet, accompagnés ce jour-là d'un ami commun.

François Fillon a alors démenti ces informations et annoncé qu'il portait plainte pour diffamation contre les journalistes Gérard Davet et Fabrice Lhomme et Le Monde. Dans le Journal du Dimanche, il a dénoncé « une forme de déstabilisation et de complot » de la part de l'Elysée. De son côté, Jean-Pierre Jouyet avait démenti avoir parlé aux journalistes dès jeudi.
Durant le week-end, soutiens de Nicolas Sarkozy et partisans de François Fillon se sont déchirés sur Twitter et dans les médias, le député du Nord Sébastien Huyghe appelant même l'ancien premier ministre à « quitter la présidence de l'UMP », qu'il assure pour l'instant avec Alain Juppé et Jean-Pierre Raffarin.
Dimanche après-midi, Jean-Pierre Jouyet a finalement admis que l'ancien premier ministre lui avait bien parlé, en juin 2014, de Bygmalion et des pénalités liées au dépassement du plafond des dépenses de la campagne présidentielle de M. Sarkozy en 2012.
Dimanche soir sur TF1, François Fillon a accusé le secrétaire général de l'Elysée de « mensonge », affirmant de nouveau qu'« à aucun moment » il n'avait essayé d'influer sur le cours de la justice.
AA : Pour résumer, Jouyet dit, puis dément, puis confirme que Fillon lui a demandé d'accélérer la mise en cause de Sarko. Les journalistes, eux, n'auraient pas menti  sur ce que disait Jouyet. Mais Jouyet dit-il la vérité ? Quant à Fillon, aucun doute, il n'a rien dit à Jouyet. Qui ment et qui dit la vérité ? 

  • Vote symbolique sur l'indépendance de la Catalogne
Quelque 5,4 millions de Catalans âgées de 16 ans et plus, ou résidant depuis un à trois ans en Catalogne pour les étrangers, étaient appelés aux urnes dimanche lors d'un scrutin symbolique sur la séparation de leur région d'avec l'Espagne, organisé par l'exécutif catalan malgré l'opposition du gouvernement de Madrid.
Plus de deux millions de personnes ont participé au scrutin. « Un succès total », selon le président de la région, Arthur Mas, qui estime que cela démontre « qu'elle veut se gouverner seule ».
Cette « consultation des citoyens » a été programmée en remplacement d'un référendum plus officiel, jugé illégal, que souhaitaient les dirigeants de la région.
AA : si la Catalogne devient indépendante, la Corse et la Bretagne pourraient revendiquer leur indépendance...

Célébration des 25 ans de la chute du Mur de Berlin
L'Allemagne commémorait dimanche la chute du Mur de Berlin, qui avait ouvert la porte, il y a vingt-cinq ans, à la réunification du pays et symbolisé la fin de l'empire soviétique. Samedi, plus de 100 000 Berlinois et touristes se sont promenés le long de l'ancien tracé du mur qui a divisé la ville pendant vingt-huit ans.
Sur des poteaux de 3,6 mètres – la hauteur du mur – ont été placés 7 000 ballons lumineux qui ont été lâchés en début de soirée pour symboliser la disparition du « mur de la honte ». Ce jour du 9 novembre 1989 « nous a montré que le désir de liberté ne peut être éternellement étouffé », a déclaré la chancelière allemande Angela Merkel.

En parallèle de ces célébrations, l'ancien numéro un soviétique Mikhaïl Gorbatchev a déclaré samedi que le monde était au bord d'une nouvelle guerre froide en raison de la crise ukrainienne. L'homme de la perestroïka a reproché à l'Occident de ne pas avoir respecté ses promesses après les bouleversements de 1989 qui ont conduit à l'effondrement de l'URSS. Il a ajouté que l'ONU aurait dû agir avec détermination pour mettre fin au conflit dans l'est de l'Ukraine et il a également critiqué l'Europe, devenue« un champ clos d'agitation politique, de compétition entre les sphères d'influence et, en fin de compte, de conflit militaire ».
AA : La Russie va absorber l'est de l'Ukraine et, comme pour la Crimée, personne ne bougera. Puis, la Russie se tournera vers les pays lettons où vivent d'importantes populations russophones... et vous savez ce qui se passera ?

Inquiétude en Ukraine après l'arrivée de renforts massifs dans l'Est séparatiste
La chef de la diplomatie européenne, Federica Mogherini, a exprimé son« inquiétude » dimanche, après des informations faisant état de la présence de convois militaires et de chars dans l'Est rebelle de l'Ukraine.

Samedi soir, l'Organisation pour la Sécurité et la Coopération en Europe – dont les observateurs sont chargés de surveiller l'application du cessez-le-feu signé le 5 septembre entre Kiev et les séparatistes – s'est elle aussi déclarée « très inquiète » de la présence d'une quarantaine de camions et de chars dans l'est de l'Ukraine. Dans la nuit de samedi à dimanche, d'intenses combats d'artillerie ont éclaté à Donestk, bastion des séparatistes prorusses, et se poursuivaient dimanche.
AA : à l'est, rien de nouveau...

Manifestations contre « les violences policières » en France
Des incidents ont émaillé samedi soir la manifestation, interdite par la préfecture, organisée à Toulouse en mémoire de Rémi Fraisse, le jeune écologiste tué fin octobre par une grenade des forces de l'ordre lors d'une manifestation contre le barrage contesté de Sivens.
Près de 400 personnes s'étaient réunies dans le calme vers 14 heures à proximité de la station de métro Jean-Jaurès dans le centre-ville de Toulouse, avant que la situation ne dégénère au moment de la dispersion. La préfecture a fait état en soirée de 21 interpellations, de deux blessés légers parmi les forces de l'ordre, d'une voiture incendiée et d'établissements bancaires dégradés.
AA : on remarquera que les "Bonnets rouges", opposants à l'éco-taxe, furent beaucoup plus efficaces que les opposants au barrage de Sivens. La police n'était pratiquement pas intervenue, les dégâts furent importants et, eux, ils ont obtenu gain de cause à 100%.

dimanche 9 novembre 2014

Ni Sarko, ni Hollande, ni Le Pen...

Si on ne veut pas des combines de Sarko, si le mandat raté de Hollande (au bout de 2 ans et demi : cruel constat) ne demande pas à être renouvelé, et si l'évocation de M. Le Pen donne des boutons, il ne nous reste plus beaucoup de temps pour trouver "l'oiseau rare"...


M. Fillon a sollicité l'Elysée pour accélérer les poursuites judiciaires contre M. Sarkozy

Le Monde.fr | 
Par 


L'ancien premier ministre, François Fillon, co-président par intérim de l'UMP, a incité le secrétaire général de l'Elysée, Jean-Pierre Jouyet, en juin 2014, à « taper vite » contre Nicolas Sarkozy pour accélérer les enquêtes en cours. Un enregistrement audio atteste que M. Jouyet a fait le récit de cette rencontre à deux journalistes du Monde.
François Fillon a bien incité la présidence de la République, en plein scandale Bygmalion, à peser sur le cours judiciaire des affaires visant son rival. Cette demande a été formalisée le 24 juin, lors d'un déjeuner entre M. Fillon et le secrétaire général de l'Elysée, Jean-Pierre Jouyet, accompagnés ce jour-là d'un ami commun. La révélation d'une telle initiative, alors que M. Fillon s'est d'ores et déjà déclaré candidat à la présidence de la République pour l'élection de 2017, pourrait être dévastatrice pour l'image de l'ex-premier ministre. Elle intervient au moment où l'UMP s'apprête à désigner son futur président et que le parti est visé, comme l'ancien chef de l'Etat, par plusieurs procédures judiciaires, liées au financement de la campagne présidentielle de 2012.
La démarche de M. Fillon auprès de l'Elysée, révélée par une source fiable peu de temps après ce fameux déjeuner, nous fut confirmée sans la moindre ambiguïté le 20 septembre par M. Jouyet lui-même, lors d'un entretien – que nous avons enregistré. Rapportée dans l'ouvrage « Sarko s'est tuer » (Stock, 312 pages, 19 euros), la sollicitation pressante de M. Fillon auprès de M. Jouyet a en effet été vivement démentie par les deux hommes, jeudi 6 novembre. M. Fillon d'abord, puis M. Jouyet, qui a assuré à l'AFP, à propos de M. Fillon : « Il ne m'a, bien entendu, pas demandé une quelconque intervention, démarche par ailleurs inimaginable. »
Les propos de M. Jouyet, recueillis le samedi 20 septembre en fin de matinée dans un petit salon de l'Elysée, révèlent d'abord que le repas du 24 juin, dans un restaurant du 8e arrondissement de Paris, avait été organisé à la demande de M. Fillon – contrairement à ce qu'assure ce dernier – par un ami commun aux deux hommes, Antoine Gosset-Grainville, ancien directeur adjoint du cabinet de M. Fillon à Matignon.


M. Fillon et M. Jouyet se connaissent et s'apprécient de longue date. Ami intime de François Hollande, M. Jouyet avait accepté, après l'élection de Nicolas Sarkozy, de devenir secrétaire d'Etat aux affaires européennes du premier gouvernement Fillon, poste qu'il quitta en décembre 2008. Au moment où les deux hommes se rencontrent, M. Fillon a pris la tête de l'UMP aux côtés de Jean-Pierre Raffarin et Alain Juppé, et ce après que M. Copé a été contraint de quitter son poste de secrétaire général sous la pression de l'affaire Bygmalion.
« J'ai déjeuné avec Fillon le 24 juin, nous assurait ainsi M. Jouyet. J'ai de bonnes relations avec Fillon, puis surtout, j'ai travaillé très étroitement avec Gosset-Grainville, qui est un ami proche », a-t-il précisé d'emblée. Avant d'indiquer : « J'ai dit au président [François Hollande] : “Est-ce que je vais voir Fillon” puisque Antoine m'a dit : “François Fillon serait content de te voir” ? » Il [M. Hollande] m'a dit : “Bien sûr, [mais] faut pas que ce soit à l'Elysée.” Très bien, donc on est allés dans un restaurant à côté, et j'étais avec Antoine et Fillon. »
Après avoir évoqué la véhémence des propos de M. Fillon à l'endroit de M. Sarkozy lors de ce déjeuner, M. Jouyet a ajouté : « Où Fillon a été le plus dur, vraiment le plus dur, c'est sur le remboursement que Sarkozy avait demandé des pénalités pour le dépassement des frais de campagne. Fillon m'a dit, texto : “Jean-Pierre, c'est de l'abus de bien social. C'est une faute personnelle. Il n'y avait rien à demander à l'UMP, de payer tout ça.” Il était extrêmement clair. Je lui ai dit : “Vous pensez que c'est partagé par Raffarin et Juppé ?” Il m'a dit : “Bien sûr. Juppé le sait et Raffarin le sait.”(…) Je lui ai dit : “Dans quel état vous avez trouvé l'UMP ?” Il me dit : “Il n'y avait aucune trace, ni de factures, ni de ce qui était dépensé, ni de rien du tout… Donc on était incapables de faire une comptabilité.” »

Ce premier élément de la conversation est crucial : ce 24 juin, le trio d'anciens premiers ministres s'apprête en effet à dénoncer devant la justice le fait que M. Sarkozy ait demandé et obtenu – contre le code électoral – que l'UMP s'acquitte à sa place, fin 2013, des sanctions financières (363 615 euros) liées au dépassement de ses comptes de campagne 2012. Une affaire qui fait l'objet depuis le 6 octobre d'une information judiciaire pour « abus de confiance », mais qui aurait pu valoir à M. Sarkozy une citation directe en correctionnelle, tant les faits semblaient établis. Le parquet de Paris, sur lequel l'exécutif a autorité, aurait pu le décider. M. Fillon sait tout cela, ce 24 juin.


A la question : « Il ne s'est pas interrogé devant vous devant la lenteur de la justice par rapport à tout ça ? », M. Jouyet nous a répondu : « Mais si ! En gros, son discours c'était de dire : “Mais tapez vite ! Tapez vite !” J'ai dit à Gosset-Grainville : “Vois plutôt Sylvie Hubac [directrice du cabinet de François Hollande]. Moi on me dit qu'on ne peut pas aller plus vite et que c'est la justice qui instruit normalement les procédures”. »

M. Jouyet poursuit, à propos de M. Fillon : « Et puis il me dit : “Mais Jean-Pierre, t'as bien conscience que si vous ne tapez pas vite, vous allez le laisser revenir ?” Alors moi, je reviens voir le président, je lui dis : “Voilà ce qu'a dit Fillon, c'était très intéressant, tout le machin…” Puis je lui dis : “Ce qu'il demande, c'est taper vite.” Il me dit : “Oui mais, taper vite, comment ? On peut pas, c'est la justice.” Je lui dis : “Je te le fais pas dire, c'est ce que je lui ai dit [à Fillon].” »
On demande ensuite à M. Jouyet s'il a le sentiment que M. Fillon était dans la provocation ou s'il pensait que François Hollande avait la possibilité d'accélérer les enquêtes visant M. Sarkozy. « Moi je pense qu'il y avait les deux, répond-il. Un, il voulait me faire passer vraiment le message : il était très choqué de ce qu'il avait vu. Et je connais Fillon, il n'aime pas Sarkozy, mais enfin, je ne l'ai jamais vu quand même balancer sur des affaires. Là il était quand même très choqué de ce qu'il voyait, très choqué de Bygmalion (…) et très choqué de cette affaire de pénalités. Et après, la deuxième partie du déjeuner, c'était pour me faire passer : “Mais agissez ! Agissez ! Faites le truc.” Mais je lui dis : “Quoi ? La justice est indépendante.” Il pense toujours, et tout le monde pense, je vous parle très franchement, que l'Elysée a toujours une main invisible sur la justice (…)Mais là ce n'est plus le cas, je n'y peux rien ! Même les trucs de Sarkozy… C'est un grand progrès de la démocratie. Moi maintenant je vois comment les choses se passent à l'Elysée. »

Un élément plutôt à porter au crédit du camp Hollande, accusé par les sarkozystes d'avoir créé un « cabinet noir » permettant d'instrumentaliser la justice. Depuis le début de son mandat, François Hollande affirme que la justice est indépendante, et que l'exécutif n'intervient jamais sur les procédures en cours. D'ailleurs, un peu plus tard au cours de l'entretien, M. Jouyet revient sur les propos de M. Fillon au cours du déjeuner du 24 juin :« Quand Fillon m'a dit ça, j'ai dit, tiens, oui, on pourrait peut-être simplement signaler le machin… Mais François [Hollande] m'a dit : “Non, non, on ne s'en occupe pas.” »
Puis M. Jouyet a de nouveau cité des propos que lui aurait tenus M. Fillon sur l'affaire des pénalités : « “Là, c'est pas Copé, c'est pas Bygmalion.” Il m'a dit : “Là, c'est lui [Nicolas Sarkozy]. C'est un truc personnel que tu fais prendre en charge par l'UMP.” »
 Relancé une nouvelle fois sur les propos exacts de M. Fillon, M. Jouyet a répété : « Il m'a dit : “Faut aller vite”, ça je me souviens. “Faut aller vite (…) pour lui casser les pattes avant” », sous-entendu : avant le retour annoncé de M. Sarkozy, alors annoncé comme imminent.
Sollicité vendredi, M. Fillon a confirmé son démenti, dans les mêmes termes. M. Jouyet n'a pas souhaité s'exprimer.

samedi 8 novembre 2014

J'aime bien François Hollande !

Ben oui, je l'aime bien, le Président ! Ce n'est pas par provocation ou par dérision que j'écris cela, mais parce que je le ressens profondément.
J'aime bien FH, parce que, ayant échoué sur ses promesses prioritaires (chômage, croissance), il reste droit dans ses bottes. Il nous a confirmé jeudi que, si l'échec se confirme, il ne se représentera pas en 2017. Ce n'est pas Sarko qui aurait dit cela !
J'aime bien FH, parce qu'il est sympathique et simple. On peut lui cracher dessus et il garde le sourire. Voyez-le au contact des Français, ce n'est pas lui qui s'écrierait "casse-toi, pauv con !". Il est bien trop poli et respectueux de ceux qui ne sont pas d'accord avec lui.
J'aime bien FH parce qu'il est cultivé et il a lu, lui, la Princesse de Clèves. Même s'il n'a pas aimé ce classique de la littérature française, il ne l'a pas dénigré.
J'aime bien FH parce qu'il respecte les femmes qu'il a aimées. Je n'en connais que 3, mais cela me suffit pour apprécier qu'il n'a pas réagi devant les vilenies de Ségolène et de Valérie. Je suis certain qu'il traitera Julie de la même façon si un jour la comédienne le salit.
J'aime bien FH parce qu'il nous fait croire qu'il agit dans l'intérêt de l'Humanité, quand il décide de l'engagement de la France sur le terrain international.
J'aime bien FH parce que j'admire son opiniâtreté dans ce qu'il croit bon pour l'économie française alors que tout le monde ou presque (en France et ailleurs) lui crie qu'il se trompe. Au moins se trompera-t-il jusqu'au bout... avez-vous déjà vu un Président autant résister aux pressions ?
J'aime bien FH parce qu'il ne se départit jamais de son sourire et de sa gentillesse. A tel point que les Guignols lui donnent un rire niais, qui n'est aucunement le sien.
J'aime bien FH qui se déplace en berline moyenne ou en scooter pour ses échappées privées...
J'aime bien FH pour ses contradictions ("mon ennemi, c'est la finance") et ses anaphores auxquelles il ne croyait pas lui-même.
A part cela, j'aime bien François Hollande parce qu'il n'avait pas vocation à devenir président. C'est un homme de consensus qui a assisté le PS dans son effondrement, parce qu'il a ménagé les "éléphants". Ses opposants à la primaire n'étaient pas à sa hauteur : Valls, la droite du parti, S. Royal, caricaturée à outrance, DSK pas crédible depuis longtemps, Montebourg, le "fier à bras"... Seul Hollande était en mesure de battre Sarko et il l'a fait ! Mais il n'aurait jamais dû être président, tant il faut être un leader pour cette fonction. Hollande a battu  Sarko et pour cela, je l'aime bien.
J'aimerai bien le Hollande non président. Mais que pourra-t-il faire après un tel fiasco ? Président de l'Europe, car, là, il faut du consensus...

vendredi 7 novembre 2014

Je ne me tairai toujours pas !


Plusieurs commentaires me reprochent d'exprimer mon avis sur l'inaction de la municipalité FN (voir mon post d'hier).

La démocratie, c'est de respecter ce que les autres disent ou écrivent. Ce n'est pas parce que les élus héninois crient haut et fort qu'ils font des économies qu'on est forcés de les croire. On verra le prochain compte administratif pour vérifier si c'est vrai ou non. La propagande "Decaux" veut nous faire croire que tout avance... Je ne vois rien là non plus ! Les projets figurant dans le programme n'ont même pas eu le début d'un commencement d'exécution ! On nous a déjà fait le coup de ce qu'il convient de faire au préalable d'un projet. Le plus simple, c'est de commanditer une étude de faisabilité. Cela n'a été fait ni pour le Cèdre bleu, ni pour l'espace Lumière, ni pour la video-protection, pourtant priorités parmi les priorités énoncées, et objets de nombreuses et répétées critiques quand le FN était dans l'opposition. Rien, semble-t-il, car le minimum serait au préalable de consulter les habitants et le conseil municipal, l'étude en main. Rien en 6 mois pour aucun de ces dossiers !

Depuis quand un citoyen s'"égare" (commentaire d'hier, à mon propos, de la part d'un FN) parce qu'il souligne ce qui ne va pas ? Depuis que le FN est au pouvoir ?
J'ai dénoncé Dalongeville et Binaisse et les résultats de leur inaction et de leurs dérives m'ont donné raison. On ne m'empêchera pas, par des invectives, de dénoncer les dérives du FN. Je n'ai rien dit pendant les premiers 6 mois de mandature : maintenant, je constate que rien ne se passe, malgré les déclarations d'autosatisfaction. J'ai donc suffisamment d'éléments pour dire ce qui ne va pas, faute de dire ce qui va.
Un élément significatif me convainc de l'inaction de la majorité actuelle malgré ses rodomontades. Pendant 6 mois, le personnel de la mairie, comme moi, s'est tu, respectant un délai de grâce d'usage. Même si nous sommes en période électorale syndicale, je ne surestime pas les échos qui me parviennent dorénavant sur la gestion interne de la mairie. La plus grande surprise vient de l'absence d'un maire qui ne prend pas position sur les questions qui lui sont soumises. Quand je parle d'absence, je n'évoque pas l'absence physique d'un maire multi-cumulard (maire-député européen-conseiller communautaire-secrétaire général de son parti), mais bien de ses esquives pour ne pas répondre. On a reproché, à juste titre, au maire précédent d'avoir délégué ses pouvoirs au DGS. Il semblerait que ce même abandon des prérogatives majorales continuent. Oh, certes, le maire actuel sait, au contraire de son prédécesseur, aller au devant des citoyens. Mais cela ne suffit pas pour restaurer une ville dégradée. E. Binaisse avait l'avantage de pouvoir bénéficier de toutes les aides financières et de conseil possibles : il n'en a jamais tenu compte et a superbement ignoré ce qu'il pouvait lui être apporté, par absence total de projet. Aujourd'hui, le maire d'Hénin-Beaumont est isolé et il ne pourra se prévaloir de considération de la part des autres collectivités, voire même d'autres intervenants... Ceci dit, ce qui est prévu par les textes sera accordé, mais il n'y aura pas de privilège. Comment pourrait-il en être autrement, concernant un parti qui ambitionne de conquérir des lieux de pouvoir importants, afin d'appliquer sa politique d'exclusion basée sur la préférence nationale. On a vu dans quelques collectivités ce dont était capable le FN : tricheries, non respect de la liberté d'expression, discriminations, etc.

Voici ce que j'écrivais le 19 décembre 2012 dans un post déjà intitulé, "je ne me tairai pas" : "Je réitère ici un engagement maintes fois exprimé: je ne me tairai pas et je continuerai à faire connaître tout ce qui est contraire à l'intérêt général et à la démocratie, et quels qu'en soient les auteurs! En bref : à informer mes concitoyens..."
Il n'est donc toujours pas question de me taire sur les dérives, erreurs, inactions du maire d'Hénin-Beaumont.
Il y a 6 ans et demi, après 6 mois d'observation de l'activité de G. Dalongeville, je refusais de me joindre à lui aux élections municipales de 2008. Il y a près de 5 ans, devant les premières dérives d'Eugène Binaisse, je dénonçais son incompétence et sa surdité. Aujourd'hui, j'ai toutes les raisons de penser que les Héninois doivent se préparer, encore et toujours, à la poursuite de la descente aux enfers, sans fin, de leur ville ...

jeudi 6 novembre 2014

A Hénin-Beaumont...

Après un "état de grâce" relatif, favorisé par le fait que la municipalité FN n'a rien fait depuis qu'elle est arrivée à la mairie d'Hénin-Beaumont, les manquements commencent à apparaître au grand jour. Quand je dis que la majorité municipale n'a rien fait, je ne parle pas de la gestion quotidienne de la ville, ni des activités habituelles qui reviennent chaque année... Non je dis que, comme nous y sommes habitués depuis des années, aucun projet n’apparaît. Comme précédemment, aucune promesse électorale ne se réalise...Où sont passées les priorités : renégociation des emprunts toxiques, vidéo-protection, aide aux victimes, aménagement du lac du Bord des Eaux, lutte contre l'habitat indigne et l'insalubrité, Cèdre bleu, accès des personnes handicapées, guichet d'aide pour les entreprises, Maison des associations, Espace lumière..? Rien à l'horizon, en tous les cas...

Les rares décisions prises ces derniers temps soulèvent pas mal d'interrogations :
- pour répondre aux questions posées par la campagne de propagande actuelle, la municipalité répond qu'elle s'inscrit dans le cadre d'un contrat passé avec la société d'affichage JC Decaux, la Ville disposant de huit campagnes promotionnelles gratuites par an. Pour qui nous prend-on pour nous raconter de telles salades ? La société Decaux ne fait rien de gratuit et le contribuable paie bien ces campagnes soi-disant gratuites, dans la globalité de la prestation de Decaux... Le devoir d'un maire était de remettre à plat ce contrat qui ne peut pas être correct s'il comporte autant de prestations gratuites. Mais la majorité actuelle y trouve son compte puisqu'elle peut ainsi faire sa promotion sans débourser un sou... Cela rappelle fortement l'utilisation du "Journal du pays" de Guy Mollet, outil de propagande de G. Dalongeville !
- concernant la Sainte-Barbe, le Maire a "puni" l'abbé Loxhay, coupable d'avoir dit ce qu'il pensait du FN ! Décision a été prise de ne pas inclure la messe habituelle dans les fêtes de la Sainte-Barbe... Le prêtre courageux doit être mis au pas... La liberté d'expression se paie cher à Hénin-Beaumont : rappelons l'épisode précédent concernant la LDH, privée de son local pour opposition au FN. A qui le tour ?

J'ai déjà évoqué ici le mécontentement des élus majoritaires à qui on avait promis avant les élections des embauches en mairie, mais qui se retrouve "Gros-Jean comme devant"... L'émoi règne au sein des agents sur l'embauche au CCAS de l'épouse du nouveau DGS. Emoi également devant le refus opposé à la CGT d'accorder le pont du 11 novembre...
Certes, je sais bien que les élections à la commission technique paritaire auront lieu le 4 décembre, et que la période est propice aux récriminations, mais l'on retrouve dans les tracts en cours de diffusion ou en projet des préoccupations qui marquent bien la fin d'une collaboration souhaitée entre les syndicats et le maire (fin de l'état de grâce là aussi...). Un syndicat (FO) se demande qui est le maire et dénonce que la "chasse aux sorcières" est pire que ce que l'on avait pu imaginer. Un autre (CGT) demande au maire d'écouter les besoins exprimés par les agents. Ce dernier syndicat pourrait être plus offensif dans les jours prochains...










mercredi 5 novembre 2014

Partie terminée...

L'article, ci-dessous, a le mérite de ne pas "trop tourner autour du pot" et de considérer que Hollande ne fera pas de second mandat. 

Il est temps, maintenant, de passer à la seconde étape de l'analyse pour juger qui pourrait être le mieux à même d'emporter la présidentielle de 2017. Quelques pistes semblent se dégager, 2 ans et demi avant cette élection...
La gauche aura beaucoup de mal à se remettre d'un mandat désastreux, d'autant plus qu'elle semble se diviser en 2 morceaux : le centre gauche et la gauche de la gauche, apparemment irréconciliables avant le premier tour. Or, rappelons que seuls les 2 premiers du premier tour sont qualifiés pour le second tour. Ce qui exclut pratiquement, à coup sûr, la gauche d'un second tour. Sauf à assister à un regroupent des centres, mais cela paraît peu plausible et insuffisant pour figurer dans le couplé gagnant.
Les 2 premiers paraissent devoir être la droite et l'extrême-droite. La première semble retirer sa confiance à N. Sarkozy et l'on commence à se faire à l'idée que Juppé pourrait être le vainqueur au sein de la droite. Peut-il être le Chirac du second tour de 2002 ? Il est sûr qu'il pourrait rassembler plus de voix de gauche que N. Sarkozy. Ce dernier, en effet, ne rallierait pas tous les électeurs au cas où il affronterait M. Le Pen au second tour...
Marion (dite Marine) Le Pen a de fortes chances d'être présente pour l'empoignade finale. Au cas où elle aurait comme adversaire A. Juppé, on peut penser que ce dernier pourrait tirer son épingle du jeu.
C'est dans ce cadre que la gauche doit raisonner pour préparer l'après-2017...


Hollande peut-il s'en sortir ?




Grand amateur de football, François Hollande sait qu'un match n'est jamais perdu avant le coup de sifflet final. C'est l'espoir ténu auquel cet éternel optimiste est condamné à se raccrocher, tant la première moitié de son mandat a été calamiteuse, tant la seconde s'annonce périlleuse.
Trente mois après son entrée à l'Elysée, trente mois avant le rendez-vous de 2017 qu'il a fixé pour juger de son action, la question s'impose en effet : qu'est-ce qui peut encore sauver son quinquennat de l'échec cinglant que chacun prédit, à son de trompes dans l'opposition, et de façon de moins en moins discrète dans son propre camp ?
Le premier remède tient en un mot qui fait florès, en ce moment, dans les allées du pouvoir : la pédagogie. Le premier ministre le soulignait dans son entretien récent à L'Obs : " Nous aurions dû faire dès 2012 un constat plus clair sur la situation de la France, sur sa triple crise de croissance, de la dette et des déficits, de confiance. Tout part de là. " En écho à Manuel Valls, le ministre du travail, François Rebsamen, insistait au même moment : " On aurait dû faire preuve de plus de pédagogie, ne pas laisser penser que les choses se feraient plus vite qu'elles ne se font. "
Sans doute. Mais c'est pleurer sur le lait versé. Car François Hollande s'est déjà employé, à maintes reprises, à fixer et refixer son cap, à détailler le contenu de sa boîte à outils. Pas moins de quatre grandes conférences de presse ont été organisées à cet effet, la dernière en date le 18  septembre. Le chef de l'Etat affectionne, à l'évidence, l'exercice. Mais c'est peu dire qu'il n'a pas permis jusqu'à présent de convaincre les Français du bien-fondé de sa politique économique : plus de 80  % d'entre eux en sont mécontents, de l'ordre de 15  % seulement lui font confiance.
Pour l'heure, le verdict est sans appel. Le président parle, il n'est plus entendu. Le rendez-vous organisé jeudi 6  novembre sur TF1 pour renouer le dialogue avec le pays a donc déjà des allures d'énième oral de rattrapage.
TempoLe second remède paraît évident : pour que la parole présidentielle retrouve quelque crédit, il faudrait que la réalité et des résultats probants viennent l'étayer. Chacun sait que ce n'est pas le cas. La croissance ? Elle est à l'arrêt ou presque. Le chômage ? Depuis mai  2012, il a progressé de près d'un demi-million d'inscrits en catégorie A à Pôle emploi, un " échec " selon l'aveu du ministre du travail. La dette et les déficits ? La première flirte avec la barre des 2 000  milliards d'euros, les seconds paraissent irréductibles. Et, pour l'heure, rien n'indique une amélioration déterminante en  2015 sur aucun de ces fronts.
Mais il ne faut pas surestimer l'impact que pourraient avoir de bons résultats économiques. Plusieurs trimestres de solide redressement, au bas mot, seraient nécessaires pour que les Français commencent à y croire. Et encore ! Il suffit, pour s'en convaincre, d'observer la situation actuelle de Barack Obama. Au prix, il est vrai, de lourdes inégalités, l'économie américaine a retrouvé un rythme de croissance de quelque 3  % par an, le chômage touche moins de 6  % de la population active grâce à la création de quelque 10  millions d'emplois en cinq ans, les Etats-Unis ont restauré compétitivité industrielle et leadership technologique. Et pourtant, le président américain n'en tire aucun profit, sa cote de confiance est au plus bas et les candidats démocrates aux élections de mi-mandat du 4  novembre font tout pour s'en démarquer.
ParalysieLe troisième remède est tout aussi aléatoire : il consiste, contre vents et marées, à poursuivre le mouvement des réformes, ne serait-ce que pour démentir le constat d'impuissance ou conjurer l'impression de paralysie. C'est le mot-clé de Manuel Valls. Plus prudemment celui du chef de l'Etat, et l'on verra, le 6  novembre, jusqu'où il est prêt à suivre le tempo de son premier ministre.
Il reste que, selon les mots de ce dernier, " réformer, c'est difficile, il y a toujours des résistances, car beaucoup de Français, dans le public comme dans le privé, ont peur d'être déclassés, de perdre leur situation ". Avant de toucher les bénéfices de la réforme, il faut donc qu'elle soit engagée, votée par le Parlement, effectivement mise en œuvre, et que les citoyens, tels saint Thomas, puissent en mesurer les effets positifs annoncés. S'il s'agit de changements en profondeur, comme la réforme territoriale en cours d'examen, c'est l'affaire de quelques années. Ce qui nous mène très au-delà de 2017.
Le dernier remède, enfin, consisterait – au-delà des objectifs comptables fixés par le gouvernement, et qu'il ne parvient d'ailleurs pas à tenir (réduction des déficits publics, inversion de la courbe du chômage…) – à redonner du souffle et du sens à la politique menée. Martine Aubry, récemment, a bien résumé le problème : " Aujourd'hui, une raison profonde du malaise est que les Français ne comprennent pas quelle société nous voulons construire, le sens donné à l'action et les valeurs qui la fondent. " La charge est sévère, mais juste. Et elle est d'autant plus embarrassante pour le chef de l'Etat que c'est l'enjeu même de l'élection présidentielle de tracer un projet de société. Bref, à mi-mandat, il est trop tard ou trop tôt pour fixer un tel dessein.
François Hollande en est-il réduit à attendre l'heure du verdict ? Pas encore. Le cours d'un match peut être renversé, une première mi-temps affligeante peut être effacée par une seconde mieux maîtrisée. Cela suppose, comme on dit sur les terrains de football, une ténacité de tous les instants, un " mental " à toute épreuve, quelque but chanceux, des adversaires qui se mettent à " déjouer "… Appelons ça la Providence !

par Gérard Courtois

mardi 4 novembre 2014

Les guerres de pouvoir

Avis de tempête sur la CGT

« Tout est possible », lâche un dirigeant de la CGT au sujet de la crise déclenchée par l'affaire de l'appartement de fonction du secrétaire général, Thierry Lepaon. Pour la première fois depuis les révélations du Canard enchaîné, mercredi 29 octobre, Thierry Lepaon s'est expliqué, mardi 4 novembre au matin, devant le comité confédéral national (CCN) - le parlement de la CGT qui réunit les secrétaires généraux des 33 fédérations et des 96 unions départementales de la centrale.
Ce CCN s'annonce d'autant plus tendu que les dirigeants des fédérations sont dûment mandatés pour demander des explications claires sur cette affaire qui a provoqué une tempête sur la CGT. Déjà affaibli depuis son élection en mars 2013 au congrès de Toulouse, Thierry Lepaon se trouve dans une situation d'extrême fragilité.
Dans son intervention, Thierry Lepaon s'est de nouveau abrité derrière la théorie du complot contre la CGT : « Les initiateurs et les complices de cette entreprise de déstabilisation visent à faire vaciller la représentation sociale de la CGT aux yeux des salariés. »  Et il a mis en cause « un problème de fonctionnement du bureau confédéral qui handicape notre capacité collective » — la « note interne » diffusée le 29 octobre en réponse aux informations du Canard enchaîné n'avait pas été votée par quatre membres (Eric Aubin, Sophie Binet, Valérie Lesage et Mohammed Oussedik) sur dix de cette instance dirigeante.
« Des dirigeants qui s'expriment sous couvert d'anonymat, selon la formule trop connue et entendue, fragilisent l'organisation, a-t-il martelé. Lorsqu'ils se répandent dans la presse en disant que le secrétaire général rencontre les ministres en dilettante, c'est toute la CGT qu'ils offensent. » Pour M. Lepaon, « cette opération visant la CGT révèle des failles majeures dans le fonctionnement interne de prise de décisions de notre maison. Il y a donc une faute collective qui ne peut à aucun moment masquer les responsabilités individuelles. »
M. Lepaon a affirmé qu' « un document a été subtilisé à l'intérieur de la CGT », son auteur ayant « choisi volontairement, un mois avant une élection professionnelle décisive dans la fonction publique, de nuire à la CGT, à ses syndiqués, à ses militants. Il est responsable aujourd'hui des conséquences de ses actes ». Il a indiqué qu'il avait demandé à la commission financière de contrôle (CFC) de « contrôler la procédure et les montants des travaux réalisés dans l'appartement »ainsi qu'au 8e étage de la confédération où se trouve son bureau. Le président de la CFC, qui a visité l'appartement, devait présenter dans la foulée un rapport.
« M. Lepaon sortira de cette affaire encore plus affaibli »
M. Lepaon, qui habite toujours en Normandie, a indiqué que son logement de fonction, situé à Vincennes (Val-de-Marne) faisait 79 m2 (et non 120 m2) et que le devis des travaux s'élevait à 105 000 euros (et non à 130 000). « Vincennes, a-t-il expliqué, a été choisi parce que c'est à côté de la porte de Montreuil. Cet appartement correspondait aux critères recherchés : la proximité de la confédération, la discrétion, le calme et la sécurité, mais également un certain degré d'urgence », pour lui éviter de continuer à loger à l'hôtel...
Tirant les enseignements de cette affaire, Thierry Lepaon, après avoir reconnu que le choix de son logement de fonction n'avait fait l'objet d'aucune délibération et validation, a annoncé le prochain recrutement d'un directeur administratif et financier qui sera notamment chargé de proposer un « montant pertinent d'engagement de dépenses de fonctionnement et d'investissements à partir duquel le bureau confédéral devra donner son accord ». Jeudi 6 novembre, il recevra individuellement chaque membre du bureau confédéral « afin, a-t-il dit, de m'assurer de leur engagement et adhésion à l'esprit d'équipe ». Et il proposera à la commission exécutive du 12 novembre la nomination de deux membres supplémentaires du bureau confédéral, « une femme et un homme, issus d'une profession et d'un territoire ».
Il n'est pas sûr que les explications de Thierry Lepaon et sa mise en cause du bureau confédéral suffisent à calmer la tempête. « Tout est possible », souligne un dirigeant, tout en excluant dans l'immédiat la démission du secrétaire général. Si la fronde est trop forte, le patron de la CGT pourrait sacrifier un « fusible », en la personne d'Eric Laffont, le trésorier, qui avait maladroitement justifié le choix de Vincennes en déclarant : « On n'a pas osé le loger à Clichy ou à Aubervilliers », banlieues ouvrières.
L'idée d'un CCN extraordinaire, qui pourrait être réclamé pour faire le bilan à mi-mandat de Thierry Lepaon, est également évoquée. Alors que ce dernier affirmait auMonde du 9 octobre qu'il était prêt à rempiler pour un second mandat, lors du prochain congrès prévu en octobre 2016, cette éventualité a plus que du plomb dans l'aile. La question qui se pose de nouveau, après cette nouvelle tempête, est plutôt de savoir si M. Lepaon pourra aller jusqu'au terme de son actuel mandat.  « Il sortira de cette affaire encore plus affaibli, note un dirigeant. Mais le problème, c'est que c'est toute la CGT qui est affaiblie. Cette situation pourra-t-elle perdurer encore deux ans ? » La réponse est à l'évidence négative.

Info

Pour des raisons techniques, je ne suis pas en mesure de publier mon post ce matin comme de coutume. J'espère un peu plus tard dans la journée...

lundi 3 novembre 2014

Le FN : un parti sérieux ?

Marion (dite Marine) Le Pen traverse une mauvaise passe actuellement. Pas facile d'être à la tête d'un parti hétéroclite qui rassemble beaucoup de mécontents de la politique actuelle. Elle qui veut changer l'image d'extrême-droite accolée à son parti, a beaucoup de mal avec les anciens du FN qui ont toujours cru qu'ils militaient avec des marqueurs fondamentaux, spécialement le racisme et l'antisémitisme. Et c'est cela que la Présidente veut éradiquer, malgré la résistance interne de son père et de Bruno Gollnish. Comment faire entendre aux anciens et aux traditionalistes qu'aujourd'hui, le FN compte en ses rangs des homosexuels, des Juifs, des Arabes et même des Francs-Maçons. Alors pour amortir le choc, le FN conserve, dans son programme, la "préférence nationale" et la lutte contre l'islamisation de la France... Cela n'a pas suffit au Parlement européen où MLP n'a pu constituer un groupe "populiste" et europhobe (avec tous les avantages financiers en résultant) parce que certains partis européens d'extrême-droite jugeaient le FN trop antisémite !

Dur, dur de changer l'image d'un parti politique, d'autant plus que des irascibles de base n'ont pas bien compris cette volonté de ripolinage . Ainsi ce conseiller municipal frontiste de Noisy-le-Grand qui s'était converti à l'Islam en juillet dernier et avait voulu justifier son choix à des collègues en leur envoyant des vidéos sur l'Islam. Ni une, ni deux, il a été suspendu et convoqué devant la commission des conflits ! Au nom de l'interdiction du prosélytisme et du respect de la laïcité... Devant le buzz, le parti a rapidement fait marche arrière en levant la suspension. Comme, à peu près au même moment, la tête de liste FN lors des dernières municipales à Nancy, avait rendu visite à un stand de défense des droits des homosexuels, lors d'une manifestation, il fut menacé de sanction mais, dans la foulée, le FN est revenu sur les premières déclarations de Florian Philippot. Cette question de l'homosexualité pose question au sein du parti entre les traditionalistes homophobes du parti, les incompréhensions d'un électorat anti-homo et ceux qui, à l'intérieur du parti, ne voient pas le problème que cela pose (il faut dire que de plus en plus nombreux sont les gays parmi les militants et notamment ceux auprès de MLP). Dans les 2 cas précipités, la base du parti a réagi en fonction de ce qu'elle croyait être des constantes (contre l'islam et l'homosexualité). La réaction de la direction fut rapide, mais cela démontre la difficulté qu'il y a de gérer ce changement d'image.

Comme les couacs se multiplient dans beaucoup de villes devenues frontistes, les soucis de la présidente du parti sont quotidiens. La perspective des cantonales et des régionales, l'an prochain, élections sur lesquelles le FN fonde beaucoup d'espoirs, apportera son lot de couacs supplémentaires, d'autant plus que le parti ne peut pas compter sur beaucoup de militants formés. Il faudra faire des choix. Par exemple, MLP, présidente du FN, conseillère régionale, députée européenne et probable candidate à l'élection présidentielle de 2017, pourra-t-elle conduire une liste frontiste aux régionales ? Sans elle, peu de chances de l'emporter, alors que comme tête de liste, elle peut gagner !

Devant tous ces problèmes qui ne contribuent pas à faire du FN un parti responsable, MLP devra, par ailleurs, assumer la légèreté dont elle a fait preuve en ne payant pas ses contraventions et en voyant son permis de conduire annulé, parce qu'elle n'a pas su gérer la question (elle aurait pu contester le fait qu'elle était au volant, participer à des stages de récupération de points). Phobie administrative (mise à l'honneur par T. Thévenoud) ? Sentiment d'être au-dessus des lois (pour une avocate, ce n'est pas à son honneur) ? Ou tout simplement le droit de bénéficier de privilège (l'ivresse du pouvoir) ? En tous les cas, l'irresponsabilité dont elle a fait preuve va la poursuivre ces prochaines années...

Le Front national apparaît bien comme un parti dont le fonctionnement n'a rien à envier à celui de ses adversaires. Son immaturité politique éclate tous les jours et ses électeurs, qui pensent qu'il se normalise, se doivent d'ouvrir les yeux pour constater la supercherie qui leur est présentée... Evidemment, si l'ensemble de la classe politique était exemplaire, cela aiderait beaucoup à séparer le bon grain de l'ivraie...

dimanche 2 novembre 2014

Carnets du dimanche

- Le Burkina Faso aura connu trois dirigeants en moins de vingt-quatre heures, entre vendredi 31 octobre et samedi 1er novembre, à la suite de la démission du président Blaise Compaoré.
Dans la nuit de vendredi à samedi, le lieutenant-colonel Isaac Zida, numéro 2 de la garde présidentielle, s'est autoproclamé chef de l'Etat. Samedi, en début d'après-midi, l'armée a publié un communiqué dans lequel elle affirme qu'elle soutient le lieutenant-colonel Zida comme président de la transition alors que le général Nabéré Honoré Traoré, qui venait de briguer aussi le pouvoir reconnaissait finalement la victoire de son rival.
AA : Il fut un temps ou ce pays, qui s'appelait, alors, la Haute-Volta, était l'endroit sur terre où la population était réputée pour son hospitalité légendaire en dépit de son extrême pauvreté... Les jeunes ont démontré que leur patience avait une limite et ils ont viré leur président, Compaoré, qui voulait ajouter 15 nouvelles années aux 27 ans déjà effectués... Alors, 2 dirigeants d'un coup à la place du viré, cela faisait quand même beaucoup !  

- Le vaisseau destiné au tourisme spatial, imaginé par le fondateur de Virgin, a explosé deux minutes après le décollage, à 45 000 pieds, alors qu'il survolait le désert de Mojave, dans le sud de la Californie. L'un des deux pilotes est mort, le deuxième est dans un état critique. 500 personnes, parmi lesquelles le physicien Stephen Hawking ou le chanteur Justin Biber, ont déjà acheté des billets pour les vols suborbitaux. Des sièges à 250 000 euros !
AA : on dit que le Front national avait également réservé des places pour ses élus en vue des voyages de 2018/2019... A vrai dire, je ne suis pas contre qu'ils aillent s'envoyer en l'air tous ensemble !

- La Suède a reconnu la Palestine ce jeudi. "Le Moyen-Orient est plus compliqué à saisir que le montage d'un meuble Ikea" a lancé, furieux, le ministre israélien des Affaires étrangères à son homologue suédoise. Cette dernière a répliqué en filant la métaphore : "Je lui enverrais volontiers un kit Ikea. Il verrait que pour le monter il faut avant tout un partenaire. Mais aussi de la coopération et un bon manuel. Or je pense que nous disposons de la plupart de ces éléments". 
AA : Ikéa n'a pas parlé d'ouvrir un magasin à Gaza. A Tel-Aviv, c'est plus sûr, malgré la menace des roquettes...

 - Jeudi, Tim Cook, qui dirige Apple depuis août 2011, a révélé son homosexualité dans une lettre publiée par un grand journal financier. Après ce coming-out, certaines personnes n'ont pas hésité à exprimer publiquement leur homophobie. Un exemple ? Vitaly Milonov, le député russe à l'origine de la loi anti-gay en Russie: "Qu'il soit interdit de séjour à tout jamais ! Qu'est-ce qu'il va nous apporter ? Le virus Ebola ? Le sida ? La chaude-pisse ?" 
AA : s'ils étaient au FN, ils se feraient virer tous les 2 : l'un pour prosélytisme, l'autre pour homophobie... Réflexion faite, ce n'est pas si sûr que cela...

- Selon un documentaire ( "Written by Mrs Bach"), l'épouse (Anna Magdalena) du compositeur aurait écrit quelques-unes des plus célèbres partitions attribuées à Johann Sebastian Bach : les Variations Goldberg et les Suites pour violoncelle.
AA : C'est comme si on disait que des élus faisaient écrire leurs discours par leur copain/copine/conjoint(e)... Après tout c'est pourquoi des députés embauchent leur conjoint/compagnon/amant/maîtresse comme assistant parlementaire. On a bien connu cela à HB, puisque l'ex-député de la circonscription et la député européenne avaient procédé ainsi... Maintenant, c'est terminé parce que le député a été battu et que le compagnon de la député européenne est devenu lui-même député européen...


Le retour de Nicolas Sarkozy en politique est « raté » pour une majorité de Français, selon un sondage Odoxa pour le Parisien, publié samedi 1ernovembre. A la question « Diriez-vous que le retour de Nicolas Sarkozy en politique est plutôt raté ou réussi ? », 75 % des sondés répondent « raté »,et 23 % le jugent « réussi »« Mais, surtout plus fâcheux », commente l'organisme de sondages, 57 % des sympathisants de droite (contre 41 %) jugent également que ce retour est un échec, ainsi qu'un sympathisant de l'UMP sur deux (48 % contre 50 %).
AA : Comme quoi les Français, même de droite, ne sont pas dupes de l'illusionniste Sarko. Pendant 9 ans, il a essayé de nous faire prendre des vessies pour des lanternes. Sarko est devenu une véritable caricature de lui-même. Quand on voit ses imitateurs (les Guignols, Laurent Gerra, Nicolas Canteloup), ils font du sous-Sarkozy et l'original me fait plus rire que les copies. Le discours de Marseille fut un grand moment comique... 

samedi 1 novembre 2014

Le FN se fiche-t-il de nous ?


La ville d'Hénin-Beaumont, dirigée par le Front National depuis mars dernier, a sollicité le Mémorial de la Shoah afin que lui soient prêtées 2 expositions : celle sur les Justes de France (qui serait présentée à l'hôtel de ville) et celle consacrée à Maus (qui aurait lieu à la médiathèque). Rappelons ce que représentent ces 2 événements (j'ai emprunté des éléments au site du Mémorial):
- Les Justes : Durant la Seconde Guerre mondiale, le silence qui entourait la persécution dont les Juifs étaient victimes semblait signifier que l'Europe avait sombré dans la peur et l'indifférence ou la collaboration. Pourtant dans chacun des pays concernés, des hommes et des femmes se sont levés, choqués par les exactions dont ils étaient les témoins. Depuis plus de quarante ans, au nom de l'Etat d'Israël, le Musée Mémorial de Yad Vashem honore ces hommes et ces femmes en leur décernant le titre de Juste parmi les Nations, sur la foi des témoignages de ceux qui ont été sauvés.
En France, tout particulièrement, les Justes furent nombreux, permettant ainsi aux deux tiers des Juifs de survivre à la Seconde Guerre mondiale en dépit de la contribution apportée par le gouvernement de Vichy à la déportation des Juifs de France. 
Si je peux écrire aujourd'hui cet article, c'est parce que des personnes cachèrent ma famille maternelle à Béthune, Noeux-les- Mines et près de Pau. Les 3 familles concernées sont devenues des "Justes parmi les Nations"

- Art Spiegelman est un mythe de la bande dessinée moderne. Il a publié en 1986 l’ouvrage qui rencontrera un succès mondial : Maus.
Bande dessinée monochrome de plus de 250 pages, traduite en 18 langues, Maus est un récit mêlant deux histoires : celle de la Shoah, et celle des relations entre un père et son fils.
Composée de deux tomes, « Mon père saigne l’histoire », sorti en 1986, et « Et c’est là que mes ennuis ont commencé », sorti en 1991, Art Spiegelman retrace dans Maus l’histoire de son père, juif polonais déporté à Auschwitz.
Si le sujet de la déportation a de nombreuses fois été traité, Maus s’avère différent et s’impose grâce à son originalité. En effet, tous ses protagonistes sont représentés sous une forme animale. Ainsi, les juifs sont des souris (maus, en allemand), les allemands des chats, les français des grenouilles, les américains des chiens, les anglais des poissons, etc. 
Art Spiegelman reçoit le prestigieux Prix Pulitzer, en 1992.

La BD écrit avec un réalisme poignant, est d'une grande rigueur historique. Elle est accessible, et c'est sa force, à tous les publics. J'ai particulièrement souvenir, dans cette BD, de la Marche de la Mort, quand les Nazis quittèrent Auschwitz, avant l'arrivée des Soviétiques, emmenant avec eux des dizaines de milliers de survivants dans une marche de plusieurs semaines, en plein hiver, où plus de la moitié des marcheurs décédèrent. Mon père fit partie de ceux qui survécurent, mais jamais je n'ai osé l'interroger sur le sujet...

Le Front national a été créé le 5 octobre 1972, sous les auspices du mouvement néo-fasciste Ordre Nouveau. Comment ce parti politique fondé par des nostalgiques de Vichy, des antisémites notoires, et des collaborateurs de Pétain peut-il, aujourd'hui, se déclarer philosémite au point de vouloir organiser des expositions sur la Shoah ? Comment peut-il vouloir faire croire qu'il a changé, alors que son président d'honneur, JM Le Pen, est l'auteur de saillies antisémites mémorables ("Durafour crématoire", "la Shoah point de détail de l'Histoire", etc) dont la dernière en date (juin dernier) concernait Patrick Bruel ("Écoutez, on fera une fournée la prochaine fois"). Malgré les efforts de Marine Le Pen pour faire taire le vieux fond antisémite traditionnel de l'extrême-droite, la réalité est là : le FN est un parti xénophobe, raciste et donc antisémite.
Pourtant, l'entourage de MLP (Aymeric Chauprade) a pris des positions pro-israéliennes dans le conflit israélo-palestinien. Le FN met en avant les origines juives de certains élus importants : Louis Aliot (compagnon de MLP), Jean-Richard Sulzer (aujourd'hui adjoint à Hénin-Beaumont)... M. Le Pen déclare même que le FN est "le meilleur bouclier" pour "protéger" les "Français juifs !

Alors comment interpréter cette volonté de vouloir faire croire aujourd'hui qu'il n'est pas antisémite ?
On peut penser que le FN veuille se concilier les Juifs qui seraient son meilleur allié contre l'invasion arabo-musulmane. C'est la théorie du "grand remplacement" (chère à Renaud Camus) qui prévoit que, bientôt, le peuple français « de souche » sera remplacé par d’autres peuples, principalement venus du Maghreb et d’Afrique,. Ainsi, l'immigration arabo-musulmane privera la France de ses origines chrétiennes. Même si cette théorie a été scientifiquement démontée (notamment : http://www.lemonde.fr/politique/article/2014/01/23/le-grand-boniment_4353499_823448.html), elle "parle" à beaucoup d'électeurs... De là à penser que des Juifs pourraient faire l'assimilation entre Musulmans et Palestiniens qui seraient tous antisémites ("antisionistes", disent-ils) pour se tourner vers le FN, défenseur d'Israël et des Juifs, cela ne me parait pas évident. S'agit-il là d'une stratégie à 2 bandes, consistant à bannir l'Islam avant de se retourner contre les Juifs ? Cette duperie me semble crédible... Aux Français de toutes origines d'être vigilants...