samedi 7 novembre 2015

Quand abandonnera-t-on l'illusion de croissance ?

Jean Gadrey, professeur d'économie (en retraite), a une autre idée que la croissance pour que l'économie soit respectueuse de l'environnement et crée des emplois. Pour avoir collaboré avec lui, je peux affirmer que ce n'est pas un utopiste, mais un homme connaissant bien les réalités... 

Novethic 6/11/2015

Novethic. Quels peuvent être les impacts de la crise climatique sur l’économie ?  
Jean Gadrey. Il y a d’ores et déjà des impacts même si ce n’est rien par rapport à ce qu’il risque de se produire. Les pays sont plus exposés aujourd’hui qu’il y a vingt ou trente ans aux cyclones, aux tempêtes, aux inondations, à la sécheresse, aux événements climatiques extrêmes… Mais si on ne fait pas ce qu’il faut à temps, la crise climatique va avoir des impacts bien plus importants y compris sur le fonctionnement de l’économie.  
Deux rapports ont marqué les esprits. Le premier est le rapport Stern de 2006 qui avait fait grand bruit car il avait démontré que le coût de l’inaction en termes strictement économiques pourraient être considérables et réduire le PIB de façon drastique, entre 5 et 14 %, voire plus. Alors qu’a contrario, avec 1 % du PIB mondial – le chiffre a été réévalué par la suite – nous aurions de quoi éviter des scénarios désastreux.  
L’autre rapport est celui du GIEC (groupe d'experts intergouvernemental sur l'évolution du climat) en 2014  qui détaille longuement les conséquences du réchauffement dans toute une série de domaines : sécheresses, ressources de la pêche, inondations, cyclones, baisse des rendements des principales cultures céréalières en particulier, tensions sociales, migrations...  

Novethic. Comment peut-on contourner ou éviter ces risques ?  
Jean Gadrey. Nous pouvons les prévenir. Nous pouvons même en faire une opportunité pour un autre type de développement économique et social qui ne soit plus aussi accro à la croissance et qui tienne compte des limites des ressources naturelles et des écosystèmes dont l’on dispose. C’est l’une des grandes pistes que j’ai essayé de creuser dans mon livre (1). Le sous-titre est explicite : "bien vivre dans un monde solidaire". Pour faire une analogie, nous pouvons comparer la croissance à une drogue dure dont nous aurions du mal à nous passer. Lorsque l’on parvient à se désaccoutumer de cette drogue, est-ce que nous vivons plus mal une fois passée l’étape de sevrage ou bien au contraire est-ce que nous retrouvons du bien-être et de la liberté de choix de vie ?  
Car au fond, qu’est-ce que la croissance ? C’est produire et consommer toujours plus. Or, aujourd’hui, de plus en plus de personnes, y compris des économistes, contestent l’idée que le "toujours plus" peut encore être considéré comme une source de progrès en termes de qualité de vie dans un environnement préservé. La crise dans laquelle on se trouve depuis 2008 a probablement accéléré cette prise de conscience. D’une part, la croissance ne reviendra pas ou de façon épisodique et elle sera faible. Ce n’est peut-être plus l’objectif principal qu’il faut poursuivre pour créer de bonnes conditions de vie dans une société.  

Novethic. Mais comment se passer de croissance dans une société qui s’est construite avec ?  
Jean Gadrey. Il y a deux arguments pour désirer passer à une société post-croissance. Le premier, le plus important, est que cela peut éviter à l’humanité des risques majeurs pouvant aller jusqu’à son effondrement. Tout simplement parce qu’il y a une relation très étroite entre la croissance et les émissions de gaz à effet de serre ou la destruction de la biodiversité. Nous avons donc déjà une bonne raison de désirer cette transition.  
L’autre argument, c’est que cette transition peut permettre de donner naissance à une nouvelle société, celle du "prendre soin", le "care" en anglais. Cela ne ressemblerait en rien à ce qu’on nous dit, une sorte d’austérité punitive, une récession continue ou une régression sociale. En fait, il s’agirait de passer d’une comptabilité où l’on raisonne en "plus" et en "moins" à une comptabilité portant davantage sur le qualitatif, le "mieux". Manger moins de viande par exemple et, à l’inverse manger des choses plus saines, ayant plus de goût, venant de circuit courts, sans gaspiller. C’est une autre façon d’envisager le progrès, une autre façon de réfléchir.  

Novethic. Est-ce que cette transition que vous évoquez est déjà en marche ?  
Jean Gadrey. Nous allons être contraints, en tout cas je l’espère, de changer de façon de voir l’avenir et le progrès. Mais déjà toute une série d’initiatives se développe autour d’une autre agriculture, des énergies renouvelables, du partage de savoirs, des monnaies locales, etc… Certaines localités développent des programmes économiquement viables et socialement acceptés qui vont dans ce sens-là. Nous avons un foisonnement sans précédent d’initiatives alternatives. Pour l’instant, elles ne convergent pas suffisamment et n’emportent pas encore le morceau politique mais elles sont la principale raison d’espérer. Prendre cette voie, cela ne signifie pas moins d’innovations. Nous en avons besoin non pas pour produire toujours plus mais pour faire mieux avec nettement moins de ressources naturelles et de pollution. Cela pourrait être le nouveau modèle d’innovation des décennies à venir.  
Malheureusement nous n’en prenons pas vraiment le chemin en France. Pour l’instant, nos dirigeants politiques se situent encore, dans leurs préconisations et leurs actes, dans le modèle de pensée du vieux monde. Ils sont persuadés que l’on peut continuer dans la voie de la croissance tout en respectant des objectifs climatiques sans en avoir la moindre preuve.  

Novethic. Le modèle vers lequel nous semblons tendre est en effet celui d’une économie décarbonée avec un découplage fort entre croissance et émissions de GES (dans laquelle la croissance continuerait tout en réduisant les émissions de gaz à effet de serre) défendue par les partisans d’une croissance verte. Pour vous, il n’est donc pas réaliste.  
Jean Gadrey. Très honnêtement, je crois que c’est un discours sans fondement scientifique sérieux, un mythe scientiste. Si l’on veut réduire d’au moins 5 % par an nos émissions de gaz à effet de serre d’ici 2050 – l’objectif à se fixer pour tenir les impératifs du climat dans un pays comme la France – continuer dans la voie de la croissance c’est comme continuer à appuyer sur l’accélérateur d’émissions au moment où il faut freiner. Certes, il peut y avoir un découplage relatif, et de fait il y en a un, mais l’objectif n’est pas celui-là. Il est de viser un haut niveau de réduction. Faute de quoi nous ne resterons pas sous les 2°C.  
Il n’existe pas de scénario sérieux qui montre que l’on peut y arriver sur la base de la poursuite de la croissance. Le plus crédible selon moi est le scénario Négawatt (AA : voir absolument https://www.negawatt.org/la-demarche-negawatt-p33.html). Il combine trois voies : l’efficacité énergétique et la montée en puissance des énergies renouvelables avec une sortie progressive du nucléaire. Mais surtout, il ajoute un troisième aspect, oublié par les avocats de la croissance verte : la sobriété énergétique. C’est elle qui permet de faire la plus grande partie du chemin.  

Novethic. Le changement climatique signe-t-il l’arrêt de mort du capitalisme ?  
Jean Gadrey. Sur cette question, on ne peut avoir que des hypothèses ou des convictions. Mais aucune certitude. Pour ma part, je pense qu’il y a un problème avec le capitalisme. Cependant même si je pense qu’il faudra un jour ou l’autre sortir de ce système ou en tout cas le contenir, il y a des urgences qui ne peuvent pas attendre et qui nécessitent que l’on agisse dans le système actuel avec les acteurs actuels. C’est pourquoi j’aime reprendre cette formule d’Edgar Morin à propos du capitalisme qui dit qu’on ne va pas le remplacer par un coup de baguette magique mais qu’on peut refouler sa zone de domination absolue. C’est comme cela que l’on peut réfléchir : mettre hors de portée de la logique de profits privés ou d’actionnaires toute une série de biens communs vitaux écologiques mais aussi sociaux.  
L’une des étapes essentielles pour atteindre ce refoulement de la zone de domination absolue serait de reprendre la main sur ce bien commun malheureusement privatisé qu’est la monnaie, le crédit, le système bancaire et financier. C’est le nerf de la guerre contre le réchauffement climatique sur le plan économique. Il est aberrant de le laisser entre les mains d’actionnaires privés et de spéculateurs. On pourrait envisager de très larges alliances pour que la finance redevienne ce qu’elle a cessé d’être, à savoir un bien public au service notamment du climat.  

Novethic. Préconisez-vous le même modèle économique pour les pays en développement ?  
Jean Gadrey. L’un des principes de la justice climatique est de prendre des mesures convergentes mais différenciées. Il est tout à fait clair que la société post-croissance que je décris concerne les pays dits développés. Les pays en développement ont besoin d’un développement humain durable qui exige la croissance de certaines activités et productions. Mais ils ne peuvent pas suivre le chemin de croissance que nous avons connu. A peu près tout le monde le reconnaît, y compris des représentants de ces pays. Dans l’intérêt de leur population et de l’humanité, leur croissance doit rejeter le modèle productiviste et pollueur qui a été le nôtre.  
Il est ainsi possible d’imaginer un passage direct à des économies à faibles émissions selon des scénarios qui existent. La plupart de ces pays en sont souvent davantage conscients que nous et certains mènent déjà des politiques plus avancées que les nôtres.  
Enfin, il est important que les pays développés montrent l’exemple car nos émissions par habitant restent bien supérieures aux leurs.  

vendredi 6 novembre 2015

Réalités du Front National...


On se souvient que dès qu’il fut élu, le maire d’Hénin-Beaumont avait pris 2 mesures symboliques : l’expulsion de la Ligue des droits de l’Homme de son local à HB et un arrêté anti-mendicité. Sur la première, on a beaucoup glosé et je n’y reviendrai pas. Mais c'était le début de la crise d'autorité de la municipalité frontiste...
Quant à l’arrêté, il montrait l’intérêt du FN pour les gens démunis, mais aussi le racisme, sa marque de fabrique, puisque les premiers visés par l’interdiction étaient les Roms… Un référé, porté par la LDH, association qui démontrait ainsi son utilité, aboutissait à la suspension provisoire de l’acte, dès juillet 2014. S. Briois, le maire avait, aussitôt, déclaré qu’il prendrait un nouvel arrêté, mais acte de forfanterie ou incompétence, rien ne fut entrepris. Le tribunal administratif vient de rendre sa décision définitive, en annulant un arrêté « non nécessaire et portant une atteinte disproportionnée à la liberté d’aller et de venir ».

Il y a une quinzaine de jours, un sondage BVA sur le résultat des élections régionales en France, avait laissé sceptiques les commentateurs politiques de la région NPDC, parce que trop différents des sondages publiés les jours précédents (gros score du FN, très faible résultat de la liste PDS au premier tour et nette victoire du FN dans un duel de second tour). Ces résultats furent peu commentés dans l'attente que la commission des sondages, saisie, ne donne son avis. Il vient d’être publié et en voici sa teneur : « La méthode utilisée par l’institut BVA pour établir les scores publiés a soulevé des interrogations de la part de la Commission des sondages. Invité à délivrer des informations complémentaires, l’institut de sondage, dont la bonne foi, en l’absence de toute manœuvre de sa part, n’est pas en cause, a fourni des explications qui n’ont pas paru suffisantes à la commission. Le sondage apparaît en effet entaché d’un défaut de méthode qui en affecte la qualité. D’une part, les redressements retenus pour établir les résultats relatifs au second tour de scrutin diffèrent de ceux utilisés pour établir les résultats relatifs au premier. D’autre part, l’institut a procédé, s’agissant de certains candidats seulement, à une correction des résultats obtenus au vu des redressements qu’il avait décidé de retenir en se fondant sur d’autres éléments sans justifier de la cohérence globale de sa méthode. Dans ces conditions, la commission estime que les résultats de ce sondage sont dépourvus de caractère significatif."

Les éditions Flammarion ont demandé à quatre journalistes implantés dans 3 villes concernées  (Hénin-Beaumont, Fréjus et Mantes-la-ville) de faire la chronique des cinq cents premiers jours des nouveaux maires FN et cela a donné un livre : « Ma ville couleur bleu Marine », 330 pages, éditions Flammarion document, 19,90 euros.
Nous y reviendrons. En attendant, je vous livre la remarque du chef d’édition de la Voix du Nord Hénin, un des co-auteurs du livre : « Ils (AA : les élus FN) ne supportent absolument pas la critique et à la moindre remarque, ils tombent dans l’attaque personnelle. Je me fais traiter régulièrement de « bolcho », il y a un lexique du parler frontiste qui se révèle au fil du temps. Ce parti a un vrai culte du chef, une nature autoritaire qui s’accommode mal des contraintes du débat politique ».
« Cette pression mise sur les interlocuteurs, cette incapacité à gérer les avis contraires, c’est la faiblesse de toutes les municipalités FN ».
« Je n’ai pas eu de retour de Steeve Briois, mais Bruno Bilde, qui est l’adjoint à la communication, m’a envoyé un message, où il déplore que chaque paragraphe soit chargé de fiel » constate le journaliste.
Tout est dit et confirme l’attitude autoritaire et anti-républicaine du FN. Il suffit, d’ailleurs, de se référer au conseil municipal du 29 septembre dernier pour connaître la vraie nature de ce parti… Et dire que certains ne voient pas cette réalité effrayante...

Bon, pour se remettre de la morosité ambiante, je vous propose d'écouter, mais vous l'avez probablement déjà entendu, l'hymne du Pas-de-Calais, repris à "ch'mode" par Frédéric Cuvillier, tête de liste PS, MRC et Radicaux du 62, d'un succès de Raoul de Godewarsvelde : https://www.facebook.com/fcuvillier2/?pnref=story (voir 3/11 7h57). Ce morceau entraînant est d'excellente facture et d'ailleurs, preuve de ce succès, le FN fait feu de tout bois !

jeudi 5 novembre 2015

Les promesses des hommes politiques : l'exemple de M. Le Pen



Dans l’émission "Questions d’info", M. Le Pen a commencé à relativiser son programme présidentiel. Certes, elle est toujours en phase avec ses propositions radicales sur l’immigration (« les migrants de Calais doivent être tous placés dans des centres de rétention et renvoyés chez eux »), mais elle « se radoucit » au niveau économique. Faut dire que les chefs d’entreprises n’apprécient pas du tout ses prises de position sur l’isolement de la France (sortie de l’euro et de l’Europe, taxes sur les importations), alors que le NPDCP est très prisée par les investisseurs internationaux. Le Monde rapporte ses déclarations : « « Je ne suis pas contre le commerce international » et promet de mettre « un bureau à l’export » à la disposition des PME de la région. Et alors que 15 millions d’euros d’aides européennes sont en jeu, elle rétorque : « Les aides européennes, bien entendu on va les accepter. C’est notre argent. »
D’ailleurs, la rupture européenne et la sortie de l’euro deviennent moins nettes dans son projet présidentiel : « Je demanderai un référendum », explique-t-elle. « Et dans l’attente de l’organisation de ce référendum, je ferai comme le Royaume-Uni, j’irai poser mes exigences… Et si l’Union européenne rend au peuple français sa souveraineté, je dirai aux Français : “Nous pouvons rester dans l’Union européenne.” » Ah, ah ! On reste dans l’euro et l’Europe. Du vrai Tsipras. « Retenez-moi où je fais un malheur ! » Vous allez voir qu’elle va finir par devenir le héraut de l’Europe fédérale !
Mais ne vous en faites pas, elle continue à montrer son incompétence totale puisqu’elle promet une baisse importante de la pression fiscale régionale… Alors que, mis à part 2 impôts (une partie de TIPP, et une taxe sur les cartes crises), les recettes fiscales des conseils régionaux s’élèvent, malheureusement, à quelques petits points du budget…Ainsi les recettes sur les cartes grises représentent environ 5 % des recettes fiscales de la grande Région. Ce que MLP ne semble pas savoir, c'est que les Régions en France, depuis qu'elles ne perçoivent plus la taxe professionnelle, n'ont pratiquement plus d'autonomie fiscale et qu'elles dépendent des dotations versées par l'état. Et pourtant, MLP est conseillère régionale et elle devrait savoir... Elle devrait savoir que les conseils régionaux Picardie et NPDC ont décidé de ne pas recourir à la taxe sur les permis de conduire... 

Quant au cumul de mandats (vous savez « la caste politique ») elle s’en accommode bien et elle restera député européenne si elle est élue présidente de région. On peut penser qu’elle abrogerait la loi sur le non-cumul de mandats qui doit entrer en vigueur en 2017, si elle devenait présidente de la république, mais bon ça, ce n’est pas pour demain la veille... Pas folle la guêpe ! "Tous pourris", mais va pour le cumul des fonctions et des indemnités ! Restera-t-elle présidente de son parti, une fois élue un peu partout ?
De même, est-elle silencieuse sur ce qu’elle ferait, élue présidente du conseil régional en décembre 2015, jusqu’au printemps 2017, période de près de 18 mois pendant laquelle elle sera en campagne pour les présidentielles. Démissionnera-t-elle ? Elle a plutôt laissé entendre qu’elle se mettrait en congé du NPDCP pendant ce temps. Et si elle était élue à la tête de l'Etat ? Ben, elle démissionnerait de la Région ! C’est pas se moquer des électeurs, çà ? Oui, bien sûr…

Au fait, en tant que député européenne et présidente de région, pendant cette vacance pour cause de campagne présidentielle, conservera-t-elle les indemnités y afférentes, tout en ne participant pas au travail des deux institutions ? Ben, cela ferait un gros trou dans le budget familial et il faudrait bien vivre pendant le temps de la campagne présidentielle... 

mercredi 4 novembre 2015

Voilà comment un régime démocratique se transforme peu à peu en dictature...


Pour tous ceux qui pensent que les avertissements sur l'avènement de partis extrémistes ne sont que poudre aux yeux, ils feraient bien de méditer sur  l'évolution de la Turquie. Erdogan instaure, peu à peu, son parti, l'AKP, comme parti unique malgré un semblant de démocratie. Il joue sur les peurs de ses habitants et s'attache à dresser, les uns contre les autres, ses opposants (les Kurdes, les Chiites...). Il mise sur le nationalisme et ne se prive pas d'annoncer la couleur : le vainqueur des élections a tous les droits. 
Voilà comment une autocratie s'installe, en montrant du doigt les responsables d'un soi-disant chaos et en disséminant la haine dans son pays. Une fois au pouvoir, en ayant été élu démocratiquement, le dictateur, se retranchant derrière le choix des électeurs, s'arrogent tous les droits et, une fois la supercherie dévoilée, se maintient coûte que coûte au pouvoir. Tans pis si la catastrophe, prédite par ceux qui constituaient l'opposition, arrive inéluctablement, le potentat est devenu indéboulonnable... Pourtant l'Histoire nous a enseigné, à maintes reprises, que cette ascension, au mépris des droits de  l'Homme, se termine toujours très mal.  Avant-hier les Hitler, Staline et Mao; hier, les dictateurs africains et moyen-orientaux (Assad, Kadhafi, Saddam Hussein, Bokassa); et aujourd'hui, les dictateurs en puissance ou en devenir : Orban, Erdogan, Le Pen... 
Combien de temps, après ces règnes, pour reconstruire ? Souvent plus longtemps que la durée de la dictature... 
Encore une fois, nous sommes prévenus...

Erdogan : La victoire, mais pour quoi faire ?
Le Monde 3/11/2015 Editorial

Élu président en  2014, M.  Erdogan n'était pas satisfait du résultat des dernières élections générales, en juin. Pour la première fois depuis 2002, l'AKP avait perdu la majorité absolue. Elle était condamnée à gouverner en coalition. Le président s'y est refusé. Il a convoqué un nouveau scrutin et, contrairement à la lettre de la Constitution, mené lui-même une campagne conduite d'un bout à l'autre sur un seul registre : la stratégie de la tension.
La guerre avec les autonomistes armés du PKK kurde – organisation considérée comme terroriste par l'UE et les Etats-Unis – a été relancée avec l'intention de séduire une partie de l'électorat de la droite ultranationaliste. Les militants de l'AKP ont vandalisé plusieurs centaines de permanences d'une formation kurde modérée (le HDP, le Parti démocratique du peuple), qui avait réalisé une percée spectaculaire en juin. Plus grave, des rassemblements du HDP ont été la cible de deux attentats, qui ont fait plus d'une centaine de morts, en général attribués à des cellules djihadistes.
Le président a donné le ton en qualifiant ses adversaires de traîtres ou de terroristes. Sa stratégie a payé. Dans ce climat de peur, les électeurs turcs – y compris parmi les Kurdes – ont voté pour la stabilité. Avec un peu plus de 49  % des voix, l'AKP retrouve la majorité absolue (316 sièges sur 550). Qu'il réussisse ou non à faire changer la Constitution – passer d'un système parlementaire à un régime présidentiel –, M.  Erdogan a les moyens de poursuivre une dérive amorcée il y a ou trois ou quatre ans : l'exercice d'un pouvoir de plus en plus personnel. Pour lui, la démocratie se résume aux élections : le vainqueur a le droit de mettre au pas tous les contre-pouvoirs, qu'il s'agisse des élus, de la justice ou de la presse – tous intimidés, malmenés, voire persécutés.
Le patron de l'AKP se retrouve à la tête d'un pays de 75  millions d'habitants qu'il a contribué à polariser chaque jour davantage et dont la moitié de la population lui est farouchement opposée : laïcs contre religieux, Turcs contre Kurdes, sunnites contre alévites, élites urbanisées contre conservateurs du plateau anatolien. Ce paysage politique fragmenté est encore fragilisé par une situation économique des plus médiocres et par un environnement extérieur dominé par la guerre en Syrie.
Loin d'être le pôle de stabilité qu'elle a pu être, durant les deux premiers mandats de l'AKP, la Turquie d'Erdorgan présente le profil d'un pays largement déstabilisé sous l'effet cumulé des choix politiques de son président et du chaos proche-oriental. Obnubilée par la question kurde, sera-t-elle un partenaire sérieux dans la lutte contre l'Etat islamique ? Volontiers irascible, et parfois imprévisible, M.  Erdogan peut-il contribuer à la rechercher d'une issue politique en Syrie ? Rien n'est moins sûr.
L'UE est la première concernée. Elle a besoin de la Turquie pour freiner, voire enrayer l'exode des réfugiés de Syrie. Plus de deux millions d'entre eux ont été généreusement accueillis par les Turcs. Les Européens sont prêts à toutes les concessions pour qu'Ankara continue à les héberger et contribue à empêcher une migration sauvage qui s'est encore traduite, ces derniers jours, par des dizaines de noyades.
M.  Erdogan est en position de force. Mais jusqu'où faut-il lui céder, s'il s'obstine à diriger la Turquie en autocrate aussi agressif à l'intérieur qu'à l'extérieur ?

mardi 3 novembre 2015

La vice-tsarine à l'oeuvre à Hénin-Beaumont


Hier, je rapportais la façon dont la représentante de Poutine en France, la vice-tsarine M. Le Pen, préparait une allégeance de la France envers la Russie poutinienne. On aura, d'ailleurs, noté que Sarkozy, qui continue à courir après le FN (d'où son footing quotidien...), est allé, la semaine dernière, à Moscou pour s'agenouiller, lui aussi, devant le tsar russe...

Continuant son oeuvre de préparation de l'asservissement de la France à la Russie, la vice-tsarine tisse maintenant sa toile au niveau communal en voulant jumeler Hénin-Beaumont avec une commune russe. 
On notera que les élus héninois ne prennent même plus la peine d'informer leurs concitoyens de leurs intentions. Ce manque de transparence illustre une nouvelle fois le dédain du FN envers toute pratique démocratique. Heureusement que Médiapart est bien informé pour dévoiler ce qui se trame, dans le dos des Héninois...

Enfin, on notera que le "barbouze" Aymeric Chauprade est encore à l'oeuvre, dans cette opération, après sa participation (en parallèle avec un autre frontiste) à l'exfiltration des 2 pilotes français, de la République dominicaine, dans l'affaire Air cocaïne. 
Décidément, on se croit tout permis dans l'univers frontiste...


Le FN et la Russie se rapprochent à Hénin-Beaumont

 |  PAR MARINE TURCHI
Entre le FN et la Russie, les liens se resserrent jusqu'à l'échelon local. La ville FN d'Hénin-Beaumont planche sur l'idée d'un jumelage avec une commune russe. Le dossier est géré directement par le conseiller politique de l'ambassadeur de Russie en France.
Entre le Front national et la Russie, les liens se resserrent jusqu'à l'échelon local. La ville FN d'Hénin-Beaumont planche sur l'idée d'un jumelage avec une commune russe. 
D'après nos informations, le projet, lancé avant l'été, est géré directement par le conseiller politique de l’ambassadeur de Russie en France, Alexeï Kovalski. Véritable adjoint de l'ambassadeur Alexandre Orlov, Alexeï Kovalski – qui n'a pas donné suite à nos demandes – était présent à Lyon en novembre dernier, en marge du congrès du Front national où de hauts responsables russes étaient invités. Il est aujourd'hui un pilier des réseaux franco-russes.
Pour ce jumelage, le Front national a émis des réserves sur une ville du Donbass et dit sa préférence pour une commune du bassin minier de la région de Moscou. Hénin-Beaumont, ancienne citée minière du Pas-de-Calais de 27 000 habitants, est déjà jumelée avec cinq villes.
« C'est dans les tuyaux. On a mis cela dans le circuit de l'administration russe, ils vont proposer une ville de taille équivalente. Des délégations se rendront visite », détaille à Mediapart un responsable du FN, qui explique qu'Alexeï Kovalski « s'est rendu à Hénin-Beaumont »« Mais là, tout le monde est dans les régionales, donc les questions municipales ne sont pas dans le feu de l'actualité », indique-t-il. 
« Il n'y a rien de définitif », commentait à la rentrée Christopher Szczurek, l'adjoint à la culture d'Hénin-Beaumont, joint par Mediapart. Sollicité à plusieurs reprises, le maire, Steeve Briois, n'a lui pas répondu à nos questions. Il a en revanche parlé du projet à ses camarades, à Strasbourg. « C'est un vague projet, cela a été évoqué dans les bavardages. On discute, Steeve Briois est un collègue au parlement européen », confirme l'eurodéputé et « stratégiste » économique du FN, Bernard Monot. « Vous parlez de la Russie, mais on discute avec tout le monde. Moi je discute avec les Anglais, les Écossais, etc. On est pour une France indépendante dans un monde multipolaire », précise-t-il.
Depuis l'arrivée de Marine Le Pen à la tête du parti d'extrême droite, en 2011, le Front national et les cercles poutiniens se sont considérablement rapprochés. Plusieurs visites de l'état-major frontiste ont eu lieu à Moscou ces deux dernières années, ce dernier étant reçu à chaque fois en grande pompe par des dirigeants russes, dont Sergueï Narychkine, président de la Douma et proche de Poutine. 
Fin 2014, Mediapart avait révélé l'obtention de deux prêts russes par le Front national. Les responsables du FN, à commencer par Marine Le Pen, ne manquent pas une occasion de défendre Vladimir Poutine. Au parlement européen, les députés frontistes ont aussi intensifié leur lobbying pro-russe. Parmi eux, le très russophile Aymeric Chauprade, qui affiche au grand jour son amitié avec l'oligarque russe Konstantin Malofeev, un très proche du Kremlin, à la tête de la fondation Saint-Basile-le-Grand, la plus grande organisation caritative orthodoxe en Russie.



Le Conseil régional NPDC a bien travaillé...


On lira, dans l'article ci-dessous, que :
- la région a vu s'implanter 1300 entreprises à capitaux étrangers;
- les chefs d'entreprises tremblent à l'idée d'une présidence de région FN;
- le NPDC¨est la deuxième région en offre de musées, troisième région en intervention et accompagnement culturel.

Si j'ajoute que :
- la région a mis en place un plan unique au monde : "la 3ème révolution industrielle" (le plan le plus avancé en la matière en Europe et peut-être même dans le monde", selon Jimmy Rifkin, le réputé économiste US);
- elle est la seconde en France pour le chiffre d'affaires de l'agro-alimentaire;
- elle a pris en charge, hors de ses compétences, les infrastructures portuaires avec un plan d'extension des ports de Calais et Boulogne;
- la politique environnementale du NPDC est copiée dans les autres régions de France;
- etc.

On se demande pourquoi le bilan de la Région est décrié par ceux qui y ont participé depuis 23 ans directement (EELV) et indirectement (PC, qui est à la tête de 3 commissions : développement économique, santé, Lycées). Que le FN soit critique, cela n'a aucune importance, puisque l'on voit, par ce qui précède, que le bilan est largement positif. On a bien compris que la motivation de ceux qui cherchent à démolir ce qui a été fait est nationale, mettant en cause la politique gouvernementale. Les Nordistes seront-ils dupes en ne prenant pas en compte ce qui a été réalisé dans la région ? Encore faut-il que cela leur soit expliqué... 
Grave sera la responsabilité de ceux qui n'auront pas mis en avant le travail auquel ils ont participé, favorisant une éventuelle victoire de la droite ou de l'extrême-droite. Et ils n'auront aucune excuse pour justifier leurs petits calculs politiciens...

NB : No Pasaran : formule espagnole signifiant « Ils ne passeront pas ! », a été prononcée par les partisans de la Seconde République espagnole (1936-1939) en lutte contre les rebelles nationalistes commandés par le général Franco, dont le soulèvement, le 18 juillet 1936, déclencha la guerre civile espagnole. Ce célèbre slogan politique devint le cri de ralliement des républicains espagnols et est devenu le symbole de la résistance antifasciste... (source partielle : Wikipedia)



Régionales 2015 : le "No Pasaran" des gens du Nord face au FN
Le Monde 2/11/2015

Il est le patriarche qui a brisé le silence. Dans une tribune intitulée « No pasaran » à paraître cette semaine dans une revue économique régionale, Bruno Bonduelle tire la sonnette d’alarme. L’ancien patron, à l’origine d’un empire industriel, est inquiet d’une victoire possible de Marine Le Pen à la tête de la nouvelle région Nord-Pas-de-Calais-Picardie. « Je le vis mal », lâche ce militant européen de la première heure.
Jusqu’à présent, c’était le grand silence dans le milieu économique de la région. Les patrons du Nord ont toujours été, volontairement, éloignés de la politique. Terre de fort entrepreneuriat familial (familles Mulliez, Roquette, Lesaffre, Bonduelle, Gaspard…), le Nord-Pas-de-Calais est la première région de France en matière d’investissements étrangers (hors Ile-de-France). « Le problème, si le FN passe, c’est l’image de la région vis-à-vis des investisseurs étrangers, craint Bruno Bonduelle. Tous les médias du monde vont titrer sur “Une région massacrée par la désindustrialisation”. »
Luc Doublet, président de Nord France Invest, agence de promotion régionale, n’a pas encore « senti de réticence des investisseurs car ils s’intéressent au gouvernement central, pas régional ». Toutefois, il prévient : « Des cadres refuseraient de venir travailler dans la région ».
Véritable hub logistique, au cœur d’un triangle Londres-Paris-Bruxelles et ses 80 millions de consommateurs, cette région ouverte et transfrontalière a déjà réussi l’implantation de 1 300 entreprises à capitaux étrangers. « L’idée de fermer les frontières, ce serait pour nous une catastrophe, explique Philippe Hourdain, président de la CCI Grand Lille, et président des ports de Lille. Pour réussir dans cette région en souffrance, on ne peut pas ne pas être tous unis pour sortir la tête de l’eau. »
Malaise grandissant
Mais dans un territoire où l’addition des taux de chômage de la Picardie et du Nord-Pas-de-Calais dépasse tous les taux régionaux de France (12,5 %), la colère gronde. Dans les milieux économiques, seul un Bruno Bonduelle, aujourd’hui retiré des affaires, peut se permettre de prendre position. D’autant que les chefs d’entreprise sont loin d’avoir tous le même point de vue.« Dans les chambres de commerce et d’industrie (CCI), j’en connais, des petits patrons, des commerçants, ou des artisans qui votent Le Pen », explique Bruno Bonduelle.
Et puis il y a aussi un malaise grandissant chez les entrepreneurs dans la manière de réagir face au vote FN. « 37 % de nos salariés votent potentiellement pour le FN. C’est très complexe », constate Luc Doublet. Comme d’autres, il fait preuve de pédagogie, tente de démonter les arguments frontistes et espère que la jeune génération se lèvera. Il attend aussi les résultats du questionnaire économique adressé par Philippe Vasseur, président de la CCI de région Nord de France, à tous les candidats aux régionales. Cet ancien ministre attend les réponses (ou non-réponses) pour s’exprimer publiquement. Et en attendant, la crainte d’une région aux mains du FN monte. « Les patrons disent : “Il faut faire quelque chose !”, confie Philippe Hourdain.Mais ça reste des conversations de salon. »
La perspective Marine Le Pen commence aussi à agiter les milieux culturels. Anticipant la future union du Nord-Pas-de-Calais et de la Picardie, les gens du livre, de l’audiovisuel, des spectacles vivants, des arts plastiques se sont réunis le 28 septembre, à plus de 400, à Amiens. Fait unique en France, le CRAC (nouveau collectif régional arts et culture, qui regroupe la grande majorité des structures et réseaux culturels des deux régions) a publié un Livre blanc destiné aux politiques. « Lors de notre rencontre avec les candidats, on n’avait pas invité le FN,explique Didier Thibaut, directeur de la Rose des Vents, scène nationale installée à Villeneuve-d’Ascq. C’était une décision collective mais ce n’est pas du mépris de ses électeurs. »
Grosse fatigue
Deuxième région en offre de musées, troisième région en intervention et accompagnement culturel, le Nord-Pas-de-Calais pallie une partie de ses handicaps (taux d’illettrisme le plus élevé du territoire métropolitain, taux de réussite au baccalauréat le plus faible de France) par l’offre culturelle. L’engagement du conseil régional pour la culture est historique. On se souvient de Pierre Mauroy, créant l’Orchestre national de Lille il y a 40 ans. Une manière de répondre à la crise en faisant rayonner, à l’international, l’orchestre lillois. Mais à quoi ressemblerait la culture si le FN dirigeait la région ? Cette question mine les acteurs culturels. « Je suis à cran, répond Gilles Defacque, directeur du Prato, pôle national des arts du cirque situé à Lille. Même dans la culture, on dirait que l’arrivée du FN est un destin inéluctable. Il y a un état d’esprit de “l’à quoi bon”. »
Il en ressort une grosse fatigue des intermittents qui ont lutté contre la baisse des subventions annoncée par le conseil général du Nord, désormais à droite. « Et puis il y a eu Charlie, les migrants. On est dans une phase du rejet de l’autre, regrette Gilles Defacque. En plus, on ne sait plus si l’on est à gauche à la tête de notre pays. »
Comment agir ? Fanny Bouyagui, plasticienne roubaisienne à la tête d’Art Point M, est « au bout du rouleau ». Figure de la région, l’artiste avait raconté l’histoire de son père, immigré sénégalais arrivé en France en 1957, lors d’une précédente exposition. Impossible pour elle de ne pas agir, mais, « en tant que directrice d’une société qui brasse énormément de jeunes, qu’est-ce que je peux faire ? Une soirée électro ? Je vais me faire allumer à coups de “Fanny, t’as peur de perdre tes subventions” ? Je m’en fous de perdre mes subventions, au moins je me serai bougé le cul ! ».
Petits moyens
Gilles Defacque constate que « les gens du FN sont très en forme, très violents, très malins au sens diabolique. Ils marient l’ironie en permanence. A nous de ne pas être frileux »

Et c’est du côté des citoyens que la résistance s’organise, sans frilosité. Une bande de copains nordistes, essentiellement lillois, a ouvert une page Facebook. Son nom ? « Alcooliques, chômeurs, consanguins, mais pas lepénistes ». Une manière de détourner avec humour la banderole des supporters du PSG : « Pédophiles, chômeurs, consanguins : bienvenue chez les Ch’tis », déployée lors de la finale de la Coupe de la Ligue en 2008 et qui avait provoqué la colère des Nordistes. « Devant la montée qui semble inexorable du FN, il fallait se bouger, explique un membre du collectif Les chicons en colère. Et surtout bouger tous ceux qui se diront le 14 décembre “merde, on a laissé faire ça”. » Avec leurs petits moyens, à cinq semaines du premier tour, ils ont édité une série d’autocollants et ils ont lancé un appel pour financer des affiches.

Cette quinzaine de Nordistes, de sensibilité plutôt de gauche, comprend la désillusion des électeurs. « Marine Le Pen monte et aucun parti en lice n’est capable de prendre les décisions nécessaires, déplorent-ils. Manifestement, la maturité n’existe pas dans les partis politiques. Et c’est l’abstention qui fera gagner le FN. » Un constat partagé par Pierre Mathiot. L’ancien directeur de Sciences Po Lille est l’un des trois initiateurs de « L’appel aux femmes et hommes de bonne volonté », un appel citoyen à l’union de la gauche lancé en juin. Ce texte illustre les craintes de voir « l’extrême droite gagner une élection majeure et accéder à la présidence d’une région de 6 millions d’habitants ». Mais l’appel n’a pas pris. Les 540 signataires constatent avec amertume que l’union de la gauche au premier tour n’aura pas lieu. Pierre Mathiot soupire : « A gauche, ils sont ridicules. La seule chance désormais, c’est un duel au second tour. Mais même le duel commence à me faire peur… »


lundi 2 novembre 2015

La vice-tsarine dans toute sa splendeur


S'il fallait une preuve de l'asservissement du FN à Poutine, le reportage de ce soir nous confirmera l'allégeance de MLP au tsar Poutine, comme au bon vieux temps des partis communistes aux ordres de Moscou.

Que des partis qui se disent "souverainistes" aliènent ainsi leur indépendance en dit long sur leurs visées. H. Guaino, "prêt à travailler" avec le FN, a également révélé sa véritable nature.

Voter Le Pen, c'est donc vouloir faire de la France un satellite de la Russie !
Décidément, nous avons besoin de beaucoup d' Europe pour contre-carrer la volonté du FN de nous aligner sur la Russie ! La question se pose donc de savoir si le FN doit continuer à siéger au Parlement européen, maintenant que son dessein est évident. Il est bien la "5ème colonne" au sein de l'UE pour essayer de la détruire de l'intérieur (en en tirant, sans scrupule, un maximum de fric !)


Poutine-Le Pen, front contre front

LE MONDE | 


C’est ce que nous montre Raphaël Tresanini dans son enquête sur les dessous de cette alliance qui sera diffusée dans le cadre du magazine « Spécial investigation » sur Canal +. Malgré le refus de Marine Le Pen de répondre à ses questions, le journaliste retrace avec précision les différentes étapes du rapprochement entre le Front national et les amis politiques de Vladimir Poutine.

Une histoire qui a démarré en 2011 lorsque, contre toute attente, l’actuelle présidente du Front national vanta, dans le quotidien moscovite Kommersant, les mérites de l’ancien chef du KGB devenu président de la Russie : « Je ne cache pas que, dans une certaine mesure, j’admire Vladimir Poutine », déclarait-elle. De son côté, Jean-Marie Le Pen, que le journaliste a filmé clandestinement à Moscou où il rencontre – valise en main – la garde rapprochée de Poutine, exprime lui aussi son « admiration » pour ce dernier qui, selon lui, est « une chance pour la paix dans le monde ».
Depuis, les échanges de bons procédés se sont succédé entre le Front national et le Kremlin qui envoie ses dignitaires dans les meetings du FN (comme lors du congrès du parti en novembre 2014 à Lyon). De son côté, Marine Le Pen, qualifiée par les hommes du Kremlin comme « la meilleure propagandiste de Russie », est régulièrement invitée sur les plateaux des télévisions russes inféodées au pouvoir. Ses proches, comme le député européen Aymeric Chauprade, rencontrent souvent de très riches industriels aux profils sulfureux dépendants de Vladimir Poutine, comme l’oligarque Konstantin Malofeev, interdit de sol par l’Union européenne.

Inquiétude chez certains élus

Au cours de son enquête, le journaliste revient aussi longuement sur cette réunion « privée » qui eut lieu à Vienne, en Autriche, le 31 mai 2014, réunissant la plupart des dirigeants de l’extrême droite européenne sur le thème de « L’avenir des valeurs fondamentales de la civilisation chrétienne en Europe ». Aux côtés de partis néonazis et populistes, le Front national était représenté par Aymeric Chauprade et Marion Maréchal-Le Pen, qui, malgré le témoignage d’un des participants, nie s’y être rendue.
Reste que, comme le montre Raphaël Tresanini, certains élus frontistes commencent à s’inquiéter de cette dépendance de leur parti vis-à-vis du Kremlin. Ils y voient le risque d’être, un jour, phagocytés par un Poutine tout-pu

« Front national, l’œil de Moscou », de Raphaël Tresanini (Fr., 2015, 52 min). Lundi 2, à 22 h 40, sur Canal+.




Vous voulez du FN, vous ?

J'entends souvent des personnes, déçues par les hommes et femmes politiques de droite et de gauche, dirent, la voix désespérée, qu'il faudrait peut-être essayer le Front national. Or cette assertion est ridicule car, non seulement, on connait le programme du FN, mais, mieux encore, maintenant qu'il a des élus, on voit sur le terrain ce que cela donne. 
Sur les trois ou quatre derniers jours, voici un aperçu de ce dont est capable ce parti qui eut un temps comme slogan "La tête haute, les mains propres"...

1- Le Point du 30/10 relatait ce qui pourrait sembler comme la caricature d'un maire "hurluberlu", mais est, en fait, un exemple de racisme ciblé : "Il n'y aura pas de nouveaux kebabs dans le centre-ville de Béziers. Du moins tant que Robert Ménard sera maire. L'ancien président de Reporters sans frontières a affirmé lors d'un reportage d'Envoyé spécial diffusé le 29 octobre sur France 2 qu'il s'opposerait à toute nouvelle ouverture dans le centre historique. Motif : « On est dans un pays de tradition judéo-chrétienne. C'est difficile pour certains, mais il faut s'y faire. » Robert Ménard a-t-il fait une indigestion de ces sandwichs à la viande, appelés Döner en Turquie, shawarma au Liban, ou encore gyros en Grèce ?
Il semble en effet qu'il en ait trop soupé. Car le maire juge qu'« à un moment donné, trop, c'est trop. Quand il y a trop d'immigrés dans un pays, c'est trop d'immigrés. À un moment donné, dans le domaine alimentaire, dans le domaine de la restauration, je trouve que trop de kebabs, c'est trop ». Il y aurait, selon lui, 20 de ces restaurants dans le centre-ville de Béziers.
Comme le relève Le Lab, on ignore combien le centre de la ville compte de pizzerias, de McDonald's, de restaurants indiens ou de restaurants de sushis... Mais Robert Ménard n'en a cure. Il ne veut pas, proclame-t-il sur Twitter, que Béziers devienne la capitale du kebab. Question de culture.

2- Qui n'a jamais lu les accusations de favoritisme ou de népotisme de la part du FN envers ses adversaires politiques ? Combien le FN a-t-il pu gloser (à juste titre, d'ailleurs) sur le recrutement par le Conseil régional du NPDC des 2 filles de son président ! Le sénateur-maire (13e et 14e arrondissement de Marseille), Stéphane Ravier, tête de liste dans les Bouches-du-Rhône pour les élections régionales, a embauché son fils ! Selon le site MarsActu, le fils de l'élu frontiste, est l'un des derniers recrutés comme contractuels par la mairie du 7e secteur de Marseille et "travaille désormais aux espaces verts". Marsactu relève que l'embauche de contractuel figure "parmi les maigres pouvoirs" des mairies d'arrondissements à Marseille.
Le sénateur, qui a fait campagne contre le "clientélisme" marseillais (!), a confirmé l'information à Marsactu. "Il nettoie les parcs et jardins en binôme avec un autre qui, lui, n'est pas de ma famille je vous signale." On attend maintenant de savoir quels sont les petits copains embauchés par le maire FN...

3- La presse a fait état, il y a 3 jours, que le Front national avait réclamé la démission du ministre des Affaires étrangères Laurent Fabius en raison du mandat d'arrêt lancé aux Etats-Unis à l'encontre de son fils Thomas Fabius pour des chèques en bois distribués dans des casinos de Las Vegas. Est-on responsable du comportement de ses enfants majeurs ? En d'autres termes, JM Le Pen est-il responsable des agissements de sa fille Marine (Marion pour l'état-civil) dans les affaires Riwal et Jeanne pour lesquelles elle est soupçonnée de malversations (et je ne parle pas ici de l'enquête en cours au Parlement européen, sur le cas des assistants fictifs des députés européens)? JM Le Pen demandera-t-il la démission de sa fille du parlement européen et du conseil régional du NPDC (elle est conseillère régionale) ?  

4- Enfin, puisque l'on parle du comportement de la présidente du FN, Francetvinfo s'interrogeait samedi : 
"Marine Le Pen a-t-elle triché ?", en expliquant :  "Le Parti populaire européen (PPE), principal groupe politique au Parlement européen, a demandé mercredi 28 octobre une enquête pour vérifier que la présidente du Front national ne s'est pas fait remplacer pour des votes, en violation du règlement. Évoquant une "suspicion de fraude", il a adressé cette demande au président du Parlement Martin Schulz, a précisé, sur Twitter, le chef de file du groupe PPE, le député allemand Manfred Weber". Le Monde de jeudi précise les faits : "Selon les images vidéos consultables sur le site Web du Parlement, on voit la présidente du Front national quitter l’hémicycle strasbourgeois mercredi à 14 h 14, un peu avant la fin d’une très longue séance de vote, qui avait démarré vers midi, et à laquelle elle avait pris part jusque-là. Or, le décompte électronique des suffrages, également consultable sur le site Web du Parlement, atteste que la carte de vote de Mme Le Pen a été utilisée à au moins huit reprises entre 14 h 15 et 14 h 18."
L’article 166 du règlement du PE dit explicitement que le droit de vote est personnel. L’article 177 prévoit des pénalités qui vont de la réprimande à la perte d’une partie du salaire, à la suspension de plusieurs activités et même à la suspension de fonction et à la démission. Théoriquement... 
Pour une fois que MLP était présente ! Rappelons que pendant le mandat précédent (2009/2014), elle s'était distinguée par son manque d'assiduité et qu'elle n'avait participé à la rédaction d'aucun rapport...






dimanche 1 novembre 2015

Carnets du dimanche


- Le Président de l’Assemblée nationale a interrompu hier une séance de discussion du budget de 2016, excédé par les bavardages intempestifs de deux députés divers gauche (DVG) assis au fond de l’Hémicycle.
 Ce coup de sang, inhabituel pour M. Bartolone, semblait inévitable. Alors que parmi un ordre du jour chargé cette séance faisait déjà l’objet d’échanges houleux, « les jacassements incessants » de ces deux députés contribuaient manifestement à dissiper les travées supérieures et à perturber les débats.

« Nous on voulait écouter mais ce sont deux dissidents du PS, exclus du parti en 2012. On n’ose rien leur dire », s’est ensuite justifié, visiblement intimidé, un élu EELV.
N’y tenant plus, le Président de l’Assemblée, familier de ces deux éléments perturbateurs « toujours fourrés ensemble », leur adresse un premier rappel à l’ordre : « dites au fond, ça ne vous intéresse pas ce que je raconte ? ».
Prise en faute, la paire concède un « si, si » du bout des lèvres. Pédagogue, Claude Bartolone enfonce le clou : « moi le rapport c’est bon, je le connais. Si vous écoutez pas c’est vous qui serez bien embêtés le jour du vote, vous savez », tonne-t-il. « Bon, je reprends pour les deux du fond ».

Lancés dans un échanges de petits papiers, les deux comparses dénoncés par Valérie Pécresse
Le brouhaha revenu à un niveau acceptable, les débats reprennent. Mais moins de 15 minutes plus tard les deux comparses, qui ont entrepris de tromper l’ennui par une sieste, sont tirés de leur torpeur par un violent sermon de Henri Guaino, lancé sans raison apparente. À la faveur du désordre, les deux députés en profitent pour se lancer dans des échanges de petits papiers mais, promptement dénoncés par Valérie Pécresse, sont une nouvelle fois « grillés » par M. Bartolone qui cette fois décide de les séparer. « Vous, allez vous asseoir au fond, près des greffiers. Quant à vous, venez vous mettre ici au premier rang, près de moi. Et ce n’est pas la peine de lever les yeux au ciel. ».
Seulement interrompues par les huées et mesquineries habituelles, les discussions ont pu reprendre leurs cours normal.
Le Gorafi 29/10

- L’accident de car qui a eu lieu cette semaine dans le sud de la France n’est qu’une manœuvre du pouvoir politique en place afin d’empêcher la venue au pouvoir du Front National. Grâce à l’assassinat déguisé de 42 personnes âgées (et un enfant, dommage collatéral), le parti socialiste élimine ainsi 42 électeurs potentiels du parti de Marine Le Pen, les vieux étant les plus enclins à voter pour le parti d’extrême droite.
Marine Le Pen a annoncé aujourd’hui qu’une commission d’enquête indépendante devrait être mise en place afin de faire toute la lumière sur ce drôle d’accident. En effet, de nombreux experts ne comprennent pas comment il est possible qu’un car s’embrase en seulement 5 minutes. Un indice de ce complot, l’élimination des preuves rapidement, la disparition des nombreux bidons d’essence dissimulés dans l’engin.

L’élimination des électeurs est une pratique des plus courantes dans l’histoire de l’humanité, comme la grippe espagnole qui avait été conçue pour tuer les gens de droite au début du siècle.

Autre information étonnante: pas un seul des passagers de l’accident n’était juif. Un élément similaire avec les attentats du 11 septembre. Il est probable qu’on retrouve ces prochains jours le passeport d’un quelconque terroriste…
NordPresse 1/11

- Jean Roucas, annonçant la fin de son engagement au Front national ("Le Parisien", 27/10) : "Quand on est humoriste et, qui plus est, chansonnier, on ne doit pas afficher ses convictions politiques. J'ai fait une erreur déontologique". 
Un grave revers pour Marine Le Pen, qui perd une de ses têtes pensantes...
Le Canard Enchaîné 28/10

- Nicolas Sarkozy, de retour de Moscou, couvre Vladimir Poutine de louanges : "Voilà un homme qui, malgré la situation économique et social dans son pays, obtient 90% d'adhésion à sa personne. Rendez-vous compte, malgré un chômage tellement énorme qu'il n'y a pas de chiffres publiés sur son niveau, malgré une liberté de la presse réduite, malgré une opposition politique en prison ou réfugiée à l'étranger, cet homme est adulé. D'ailleurs, Marine Le Pen ne s'y est pas trompée et vient, elle ou ses amis, étudier les raisons d'un tel succès. Si je suis élu en 2017, j'ai bien l'intention d'appliquer les recettes d'une telle popularité... Les Français me feront plus confiance qu'au FN. D'ailleurs, comme moi, Poutine est un sportif et il est adoré des femmes. Madame Le Pen, elle, vapote et est bien trop masculine pour devenir le Poutine français". 
Niala Pernal 1/11