dimanche 5 juillet 2015

Une vie politique... (14)

Nous multipliâmes les interventions avec plus ou moins de succès, mobilisant les forces de police, perturbant plus ou moins le trafic de nuit, mais avec peu de répercussions sur les trains de voyageurs du matin. Je dois dire que nous avions changé de méthode. Comme il était difficile d'arrêter les convois nucléaires, nous avions décidé de stopper les trains de marchandises sur les voies concernées par le passage des Castors, ce qui perturbait le trafic et, forcément, le train de déchets. Nous emmenions avec nous, à chaque à chaque occasion, un journaliste de l'agence locale de Béthune qui nous gratifiait, à chaque fois, d'un article vivant et relatant ce que l'on pouvait qualifier d'aventure, avec planques, interventions épiques quand les trains s'arrêtaient, courses pour échapper à la police. Je me souviens de cette ruée effrénée à travers des marais, poursuivis, un journaliste et moi, par des policiers, et que, dégoulinants de boue, nous errions sur une route au petit matin quand une voiture de police s'arrêta à notre hauteur pour nous demander... si nous avions besoin d'aide car des terroristes rôdaient dans le coin !
Nous étions au moins une quinzaine à passer la nuit chez nos amis Bernadette et Jean Capelle à Fouquereuil, pendant l'été 1999, je crois, échafaudant nos plans autour d'un barbecue sous les yeux amusés d'un journaliste qui en fit un reportage épique que l'on doit pouvoir retrouver sur Internet. Peu avant l'heure qui nous fut annoncée comme étant celle du passage du train, nous nous divisâmes en plusieurs groupes afin de faire diversion auprès des forces de l'ordre. Cette nuit-là, nous expérimentions, pour la première fois, la technique dévoilée par notre copain retraité cheminot. Nous avions répété comment nous faufiler entre les wagons et comme tourner vers le bas la manette qui empêchait le conducteur de redémarrer tant qu'il n'avait pas vérifié chaque attelage. J'étais, bien sûr, dans l'un des 2 véhicules qui se dirigèrent vers le lieu (près d'Hazebrouck) de l'attaque, pardon : de l'intervention... 3 autres servant donc de leurre. Nous eûmes de la chance et, pour un coup d'essai, ce fut un coup de maître ! Nous arrêtâmes 2 trains sur 2 voies différentes ce qui provoqua un important encombrement ferroviaire. Nous filâmes sur Hazebrouck où nous devions rejoindre le groupe lillois qui, lui aussi, avait causé de sérieux ralentissements. En arrivant près de la gare, nous fûmes impressionnés par les dizaines de voitures de police qui stationnaient là : nous avions ainsi confirmation que le convoi de déchets devaient passer par cette ville des Flandres. Nous entrâmes dans un café et, immédiatement, des policiers vinrent se poster à l'entrée pour surveiller nos faits et gestes. Nous demandâmes naïvement au cafetier ce qu'il se passait pour que la ville soit, ainsi, en état de siège. "Il semblerait qu'il va y avoir une attaque de trains" nous répondit-il, tout en nous avouant qu'il ne savait pas ce que ce train transportait... "Peut-être de l'or" lança l'un d'entre nous, ironiquement. Nous étions coincés et décidâmes de rebrousser chemin (il était 6 heures du matin) et, bien entendu, deux voitures de police nous suivirent pendant quelques kilomètres, mais disparurent soudainement, quand nous approchâmes de la "frontière" avec le Pas-de-Calais (ayant atteint les limites de leur compétence territoriale !). Pourquoi pas se payer encore un train ? Nous étions pas loin d'Isbergues.  Malheureusement, au bout de 45 minutes, pas un seul train à l'horizon ! Cela signifiait que le désordre régnait sur le réseau !
Cela devenait de plus en plus compliqué d'organiser nos "sorties", car les RG nous pistaient et, certaines nuits, au moment où je partais, une voiture stationnée près de chez moi démarrait également. Il fallait que j'organise de fausses pistes, notamment sur la place du Beffroi à Béthune, et que je ruse pour les semer...
Jamais, nous ne furent pris en flagrant délit et, mis à part Dominique Plancke et quelques autres (procès d'Avesnes fin 2003), nous n'eûmes jamais à affronter la justice sur ce type d'affaires...

A suivre

14 commentaires:

  1. la victoire du non se profile chez les grec enfin le peuple ouvre les yx exigeons ns aussi un réferendum

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    1. Empapa Outéchélégraik5 juillet 2015 à 21:58

      Quitter l'Europe, revenir au Drachme.....effet boule de neige ???

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    2. Il ne s'agit pas de cela enfin. Il s'agit de construire une autre europe

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    3. surtout pas la France isolée, barricadée de le pen.

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  2. Saviez-vous qu'à côté des transports de déchets nucléaires par trains, il en existait par camion?
    J'ai eu par hasard sous les yeux, à l'époque, voici 25 années environ, un document très officiel prévenant les autorités du passage d'un camion chargé de déchets nucléaires sur l'autoroute A25 dans la nuit vers 2h du matin.
    Y a-t-il des raisons pour que cela n'existe plus?

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    1. Bien sûr qu'il y a eu des camions ! Est-ce que les transports de déchets n'existent plus ? A ma connaissance, dans la région on n'en entend plus parler...mais...

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    2. Il y en a. Surtout depuis qu'on arrête les trains.

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  3. ras le cul de payer pour les banques...et le monde de la finance ! la BCE a étouffé l'économie grecque !

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    1. Moi, Président, la finance, c'est mon ennemi.

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    2. Moi, ancien et à nouveau président ''d'honneur" du fb, je suis l ami des banques suisses... moi la marinette, sa fille, je suis l amie des banques russes. Nous sommes patriotes et pour les pauvres. Non, ce n'est pas une blague:

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  4. Oui, enfin un signal. Nous voulons que l'Europe se fasse.La Grèce aussi. Une Europe sociale et solidaire, une europe des cultures ouvertes, des politiques qui se re saisissent de la Politique avec un grand P et ne soient plus soumis aux marchés financiers, aux banques et leurs grandes entreprises et actionnaires. La politique ne doit plus se faire à la Bourse
    La dette, l'austérité? Des inventions pour soumettre les peuples d'Europe . Cette dette pourrait être effacée très rapidement en ponctionnant une part des spéculations gigantesques qui mettent à mal les économies . Cela permettrait de chasser la menace fasciste,qui soutient le système ultra libéral et de penser développement mondial. Créer un cercle vertueux. Utopiste? La Grèce a dit non à Merkel, à l'ultra libéralisme, aux banques comme elle a dit non à Le Pen qui tentait de récupérer cet élan.
    La Grèce est le berceau de la démocratie. Un berceau où dort ,depuis hier soir, un espoir qui paraissait hier encore insensé.
    Traiter une théorie d'utopie, est ce la condamner? Il suffit de presque rien. Un petit pays qui dit non.

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    1. 08:42 : Deux mots... MERCI et BRAVO !

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  5. bravo et encore bravo...ras le bol des banques qui dirigent qui imposent et font crever ceux qui ont bossé et ceux qui bossent encore pour des salaires de misère et simplement pour survivre....faisons comme en islande, foutons ces banquiers véreux au trou...

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  6. L'année passée en revenant de vacances normandes j'ai pu assisté au passage d'un convoi transportant des matières dangereuses,symbole du nucléaire sur l'unique camion présent et équipement spécifique de celui-ci ; sept fourgons récents
    de gendarmerie,trois devant et quatre derrière accompagnaient ce transport;ça filait vite et la circulation sur l'autoroute Caen-Rouen était réglée d'une façon autoritaire.

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