mardi 29 juillet 2008

Quoi de positif dans la politique du Président de la République?


Hé oui, je me lance dans quelque chose d’un peu contre-nature, puisque je souhaiterais distinguer, ici, quelques décisions positives du Président de la République ! En effet, on a pour habitude, chez ses opposants ( et même quelque fois chez ses partisans !) de mettre en avant sa politique désastreuse pour les Français, et notamment, ce qui me semble le plus grave, le détricotage systématique des acquis sociaux. Je n’y reviendrai pas, sauf à signaler combien il est important, dès aujourd’hui, pour l’opposition, de tenir un catalogue permanent des lois à abroger, lors d’une future alternance.


Que l’on ne méprenne donc pas sur mes intentions ! Comme vous le lirez, la plupart des mesures positives sont souvent insuffisantes, même si les 3 premières citées, me semblent peu critiquables…

- l’interdiction de fumer dans les lieux recevant du public me semble exemplaire ;


- les mesures pour réduire le nombre d’accidents de la route ont montré leur efficacité, et je suis partisan de les durcir (même si je suis le premier à en pâtir, ne disposant plus que de quelques points sur mon permis ; à ce sujet, il y a certainement à réfléchir sur ce système, vu le nombre de conducteurs roulant sans permis) ;


- la relance d’une politique méditerranéenne est positive, même si elle ne fut pas un modèle d’art diplomatique !


- la réduction des effectifs militaires est un bon point, mais quel dommage qu’un plan ambitieux de substitution au départ des garnisons n’est pas été annoncé en même temps que les premières rumeurs…Cette réduction d’effectifs (54 000 militaires) doit s’accompagner d’une relance d’une défense européenne, distincte de l’Alliance Atlantique) ;


- un point positif pour la relance des réformes de l’Union Européenne, mais on aurait pu négocier quelques avancées au niveau social (l’Irlande n’aurait pas dit non), même si c’est à terme, et même si cela ne concerne, dans un premier temps, que les pays volontaires;


- les tentatives de servir de médiateur, entre les différentes parties, dans le conflit du Proche-Orient, me semblent louables, mais on aurait pu éviter de se ridiculiser avec Khadafi !


- merveilleuse idée que ce Grenelle de l’environnement ! Mais à condition que cela soit suivi d’effet…Or, les discussions parlementaires ne commencent qu’en octobre ; comme la déclinaison des mesures fera l’objet de nombreux textes d’application, gageons que les premières décisions seront pour fin 2009, au mieux, soit 2 ans après le Grenelle. Encore faudra-t-il ,qu’entre temps, des décisions contradictoires ne soient pas prises (construction d’autoroutes par exemple…) et que les lobbys (chimiques, travaux publics, pétroliers, agroalimentaires, etc…), aux abois, ne réduisent le travail préparatoire à une peau de chagrin…


- l’allocation de crédits supplémentaires (5 milliards) à l’Université est une bonne nouvelle, mais il ne faudrait pas discriminer celles qui ne font pas partie des 10 retenues. Je pense, bien sûr, au projet en devenir de Lille, non retenu, mais qui mériterait une 2ème chance, tant les universités et les collectivités publiques sont prêtes à s’engager :


- j’approuve la suppression de la publicité dans les medias publics, mais à condition que cela ne soit pas en diminuant leurs ressources. Certes, il y a des rationalisations à réaliser, mais ne cassons pas ce formidable outil de démocratisation culturelle.


- les décentralisations de ces dernières années vont dans le sens de l’Histoire, certes, mais à condition que les compensations de l’Etat suivent, ce qui n’est pas le cas aujourd’hui. A titre d’exemple, voir dans quel état se trouve le port de Boulogne, devenu récemment propriété du Conseil Régional ; aucun travaux, ou presque, n’avait été entrepris, ces derniers années, et donc l’Etat, se basant sur les investissements passés, versera des compensations ridicules, alors qu’il s’agit de mettre à niveau le 1er port de pêche français !


Evidemment, cela n’est pas exhaustif, mais je ne suis pas sûr d’avoir oublié beaucoup de décisions méritants de figurer à ce palmarès…

jeudi 24 juillet 2008

Notre avenir (2)


3) Bon à savoir

- Pour la banque mondiale, de 2006 à 2008, les prix alimentaires ont augmenté de 85%. Dans les pays pauvres, les dépenses alimentaires représentent 60 à 90% des budgets des ménages…

- La production d'un kilo de bœuf nécessite autant d'eau qu'une douche (débit de 18 litres par minute) quotidienne de 5 minutes pendant 2 ans.

- En Europe, chaque tête de bétail est subsidiée à plus de 2 euros par jour, soit un peu plus que le revenu journalier des 2/3 de la population mondiale.

- Un plein de 50 litres de bioéthanol correspond à 250 kg de maïs, de quoi nourrir une personne pendant une année.

- Par an, les avions commerciaux émettent autant de CO2 que toute l'Afrique.

- L'élevage industriel consomme autant de céréales qu'Indiens et Chinois réunis (moitié de la population mondiale).

- Le total des actifs financiers (crédits et spéculations) représente 160.000 milliards de dollars, soit trois à quatre fois le PIB mondial.

- Dans le Pacifique Nord, les courants océaniques charrient des millions de tonnes de plastique. Leur accumulation couvre désormais une zone grande comme 6 fois la France.

- Seuls 1,6% des dépenses militaires ou 4,3% des subventions agricoles sont nécessaires pour assainir les besoin en eau de 80% des Africains.

Source : http://www.ploutopia.over-blog.com/article-20670554.html

4) Un pas de géant pour le solaire
11 juillet 2008

Les cellules solaires, ça marche depuis les années soixante. Mais en raison de leur faible rendement et de leur prix de revient, franchir le seuil de compétitivité revient à gravir une montagne infranchissable. L’Américain Nanosolar avait ouvert une voie en fabricant des cellules cent fois plus minces. Des chercheurs du Massachusetts Institute of technology ont choisi une autre approche en transformant n’importe quel panneau de verre en concentrateur…
Il n’est pas si courant de voir des travaux très technologiques à l’honneur dans la revue Science. Mais les travaux de Marc Baldo et de son équipe ont pourtant été publié par la revue, à peine plus de trois mois après la soumission de l’article. Une célérité rare qui confirme l’intérêt de ces recherches.

Le panneau solaire vu par Baldo et son équipe est pour l’essentiel une plaque de verre. Sur la majeure partie, un revêtement "maison" capte le rayonnement solaire, le réémet à une longueur d’onde plus élevée tout en le piégeant et le guidant. 80% de l’énergie solaire atteint alors le pourtour de la vitre, où sont placées des cellules solaires optimisées pour ce rayonnement.
L’efficacité est spectaculaire puisqu’à surface active égale, les cellules photovoltaïques produisent cent fois plus d’électricité que dans des panneaux ordinaires. De plus, en empilant des couches aux propriétés différentes, on peut imaginer de fabriquer des panneaux dotés de cellules optimisées pour chaque type de fréquence lumineuse et doubler encore le rendement final. Aujourd’hui, la taille des vitrages est encore limitée à quelques centaines de centimètres carrés.
Selon Baldo, le revêtement du vitrage n’est pas onéreux et supporte aisément des irrégularités de surface. Le revêtement est une encre organique qui se dépose par un procédé d’imprimerie sur un verre très ordinaire. De cette manière, n’importe quel vitrage peut être conçu de manière à laisser passer 10% de la lumière, et convertir le reste en électricité. De quoi transformer les façades d’immeubles en centrales solaires!

Et ce n’est pas tout, car le procédé imaginé et testé au MIT peut aussi améliorer le fonctionnement des panneaux solaires traditionnels, en doublant leur efficacité, ont vérifié les chercheurs. Ils estiment que leur procédé pourrait être commercialisé en seulement trois ans. Reste à régler le procédé sur des grandes surfaces. Baldo et ses collègues ont déjà créé la start-up qui s’en chargera. Tandis que le prix de l’énergie grimpe en flèche, la montagne de la compétitivité du solaire pourrait rapidement être franchie.

mardi 22 juillet 2008

lundi 21 juillet 2008

Réponse à un lecteur

Un lecteur m'a fait, ce jour, quelques remarques pertinentes, que vous retrouverez dans les commentaires de l'article "Ce que je pense". Vous trouverez, ci-dessous, mes observations et réponses:

1- "Situation très difficile":

financièrement certes, mais aussi socialement et politiquement. Socialement, parce que le lien social se délite; politiquement, parce qu'il n'y a plus de repères.

2- "Très optimiste":

- si on a un tempérament pessimiste, on ne fait pas de politique;

- en politique, comme dans la vie en général, il faut anticiper l'avenir;

- il faut également mobiliser pour avancer, autour de thèmes bien visibles et susciter l'espoir d'un monde meilleur;

- plus précisèment, il faut démontrer qu'il y a des solutions aux problèmes actuels, sur 3 ans; comme je l'ai indiqué, pendant cette période, tout le monde est impliqué: sur le suivi, de façon permanente (des "forums sur l'agora" pour revenir aux démocraties antiques, certes sélectives...) et sur les projets de la période suivante; c'est, dans un 2ème temps, donc, que l'on commence à rebâtir.
Churchill ("du sang et des larmes") et Mendès-France (sur une trop courte période, malheureusement) ont démontré que le langage de la vérité était audible. Encore faut-il l'accompagner de ce message d'espoir dont on sait que dont on sait qu'il est le moteur de l'Homme.

3) "Changer de braquet" au niveau de l'intercommunalité.

Vous avez mille fois raison! J'y mettrai 2 conditions préalables:
- Hénin doit d'abord recouvrer la santé, pour que la CAHC puisse peser;
- la nouvelle entité doit être équilibrée et regrouper outre Hénin-Carvin et Lens Liévin, Béthune-Bruay (Artois Comm) et le Douaisis. Près de 600 000 habitants sur un territoire que j'évalue à environ 1000 km2 (50x20)!

Pendant les 3 ans nécessaires à cette mise en place (jusqu'en 2011, donc), des politiques communes peuvent être menées et/ou préparées: en matière de transport (tramway, déjà en cours; liaisons ferroviaires; pistes cyclables), de prévention-santé (car les problèmes sont identiques), culturels (Le Louvre; cohésion des programmations) et évidemment en matière économique (pour éviter la concurrence actuelle).

Comme vous l'indiquez, il s'agit de coexister avec la métropole lilloise, mais aussi de profiter de notre situation géographique privilégiée (au coeur d'un quadrilatère dont les sommets sont Londres, Bruxelles, Paris, Luxembourg et de fait, l'Allemagne, tous à moins de 2h), et de notre réseau performant de communication: futurs tramway et "RER";TGV, autoroutes, canaux dont Seine-Nord en 2015, sans parler de la proximité des aéroports de Lille/Lesquin, Roissy et Bruxelles/Zaventem.

Vous serez d'accord, je pense, pour dire qu'il y ait de quoi être optimiste, à condition que l'on saisisse ces fantastiques opportunités.

Et là, les Politiques sont en première ligne!

dimanche 20 juillet 2008

Ce que je pense

Voici ce que j'ai répondu à un lecteur qui me demandait comment il était possible de changer les choses, à Hénin-Beaumont, suite à mon article du 15/7 ("Avant le conseil municipal"):
- Je pense que tant que des citoyens croient encore à certaines valeurs, il n'y a pas de raison de ne pas pouvoir changer les choses.
- Beaucoup d'élus actuels sont conscients de la situation et sont prêts à suivre le Maire s'il s'engage dans la voie que j'ai décrite, c'est à dire celle de la responsabilité et du courage. Elu pour 6 ans, Gérard Dalongeville sait que, s'il veut réussir son mandat, il lui faudra faire preuve de transparence, de vision à moyen et long terme et de beaucoup...de doigté.
- En ce qui me concerne, je ne vois pas comment sortir de cette situation sans un travail collectif permanent: avec son équipe, certes, mais le maire doit également aller au devant de ses concitoyens et tenir des forums publics, pour écouter et partager.
- Enfin, j'invite notre Maire à ne pas laisser tomber la CAHC (Communauté d'agglomération Hénin-Carvin)! C'est par cette dernière que dorénavant les politiques publiques se mettent en place (politique de la ville, environnement, habitat, développement économique, etc). En y étant absent, Gérard Dalongeville ne nous rend pas véritablement service. Hénin-Beaumont, ville-centre de la CAHC, ne joue pas son rôle. J'avoue que ce retrait me désole fortement.
- Enfin, la rentrée devrait être décisive: les décisions devront être prises, afin que ne perdure pas le climat actuel. Les Héninois sont prêts à jouer le jeu, si on leur explique et les implique. Quand j'ai décidé de m'installer à Hénin, il y a 3 ans, j'avais immédiatement ressentit que les Héninois et Beaumontois étaient en attente d'un projet qui leur redonne espoir en l'avenir. C'est plus que jamais d'actualité!

samedi 19 juillet 2008

Notre avenir (1)

1) D'après Science et Vie hors série N° 243, construire un monde durable, de Juin 2008. http://www.mondedurable.science-et-vie.com/ :


Dates d'épuisement des richesses exploitables de notre planète au rythme actuel de consommation:

2021 : fin de l'argent;

2025 : fin de l'or et du zinc;

2028 : fin de l'étain;

2030 : fin du plomb;

2039 : fin du cuivre;

2040 : fin de l'uranium;

2048 : fin du nickel;

2050 : fin du pétrole;

2064 : fin du platine;

2072 : fin du gaz naturel;

2087 : fin du fer;

2120 : fin du cobalt;

2139 : fin de l'aluminium;

2158 : fin du charbon


2) Le Monde (14/7/2008):

La demande accrue en biocarburants, en bois et en produits alimentaires menace de destruction les forêts de la planète, avertissent deux rapports américains publiés lundi à Londres.Il faudra exploiter 515 millions d'hectares supplémentaires d'ici à 2030 afin de satisfaire les besoins agricoles et énergétiques, estime l'organisation américaine Rights and Resources Initiative (RRI) dans deux rapports présentés à la Chambre des Communes. Cette surface représente près du double des terres actuellement exploitées."A moins que des mesures soient prises, les propriétaires traditionnels de la forêt et les forêts elles-mêmes vont être les plus grands perdants", a mis en garde Andy White, coordinateur de RRI."Cela va signifier une plus grande déforestation, plus de conflits, plus d'émissions de CO2, plus de réchauffement climatique et moins de prospérité", a-t-il ajouté, cité dans un communiqué."La double crise des carburants et des produits alimentaires attire de nouveaux investissements significatifs et une importante spéculation foncière. Seule la protection des droits des personnes qui vivent dans et aux environs des forêts les plus vulnérables peut empêcher la dévastation que ces forces provoqueront sur les pauvres", a poursuivi l'expert.Le RRI, une coalition d'organisations internationales de défense des forêts, appelle à la reconnaissance des droits fonciers et civiques de ceux qui vivent dans les forêts et une gestion plus démocratique des régions forestières afin de protéger les habitants, l'écologie et le climat.La coalition appelle en particulier à des réformes des droits fonciers dans les pays qui émettent d'importantes quantités de CO2 en raison de la déforestation, notamment le Brésil, l'Indonésie, la République démocratique du Congo et la Malaisie.

http://www.lemonde.fr/web/depeches/0,14-0,39-36188917@7-37,0.html



jeudi 17 juillet 2008

Précision

Je viens de publier, à l'instant, un nouveau texte mais, je ne sais par quel mystère bloguesque, il se retrouve à la date du 13 juillet ("L'avenir de l'Humanité et d'Hénin-Beaumont").

Je vous en souhaite bonne lecture

mardi 15 juillet 2008

Avant le prochain conseil municipal...

Avant le conseil municipal de la semaine prochaine, au cours duquel le Maire d'Hénin, Gérard Dalongeville, présentera le rapport de la Chambre Régionale des Comptes, je souhaiterais apporter quelques précisions à mon propos de la semaine dernière.
1- Concernant le rapport
On ne sait encore quel adjectif il conviendra d'employer pour qualifier ses conclusions: déplorables, calamiteuses, indécentes, exécrables, catastrophiques, épouvantables...choisissez en fonction du nombre de millions d'euros de déficit; gageons qu'au-delà de 10, il faudra trouver un néologisme adéquat, car cela correspondrait à 1/3 des dépenses de fonctionnement (ces dernières s'élevaient à 33 millions en 2007, dont 20 millions de frais de personnel...), ou, dit d'une autre façon, la Ville dépenserait en fonctionnement 10? 12? 15? millions de plus que ses recettes; et sans vouloir donner de leçons de comptabilité publique, c'est dans son budget de fonctionnement qu'une commune est censée dégager une part d'autofinancement pour ses investissements; ce qui alourdit d'autant la situation des finances; et l'on comprend la difficulté de choisir un qualificatif, comme évoqué ci-dessus...
2- Sur les décisions à prendre
Il y a quelques jours j'avais pressenti que la majorité municipale pourrait refuser de suivre les recommandations de la Chambre, afin que ce soit le Préfet qui prenne les décisions douloureuses, parce que ces dernières seraient contraires aux engagements pris pendant la campagne.
Je pense qu'il s'agirait là d'une mauvaise décision (que de ne pas prendre de... décision, pour laisser faire le Préfet).
En effet, s'en remettre à l'Etat ne serait pas une bonne solution, parce qu'il diminuera, aveuglement, les dépenses, en procédant à des coupes sombres: par exemple, dans les subventions aux associations, dans le budget culture, ou dans le budget du personnel, ou peut-être enjoindra-t-il à la commune de diminuer tous les budgets de x % (dans notre exemple: entre 10 et 15 %, annuellement, pendant 3 ans), et d'augmenter la fiscalité. On pourrait, par exemple encore, imaginer qu'il ordonne de réduire les frais de personnel de 50 % en 3 ans.
Bien entendu toutes les dépenses d'investissement seraient gelées. Et pourtant, Hénin en aurait bien besoin, puisqu'elles ont déjà été réduites, de façon drastique, depuis 2004 (suite au précédent rapport de la Chambre qui avait abouti à une augmentation d'impôts de 85%, et à la vente d'une partie importante du patrimoine foncier et immobilier de la ville)!
Ces mesures, nous le voyons bien, sont plus techniques que politiques. Il me semble que c'est à la municipalité, nouvellement élue, de s'imposer pour maîtriser le calendrier et les engagements qu'elle entend mettre en oeuvre.
On ne peut donc que recommander au Maire de prendre ses responsabilités et de se montrer courageux:
- prendre ses responsabilités: en proposant des priorités pour les 3 ans à venir, et en délimitant les domaines qui feront l'objet d'économies. A lui de nous dire les différentes hypothèses envisageables: faut-il se séparer ou non de personnel? et si oui, comment et combien? Faut-il augmenter temporairement les impôts? Si oui, de combien? Quid des associations? Etc...
- se montrer courageux: en exposant la situation, au cours de réunions publiques, où seront présentées les propositions envisagées. Les décisions définitives ne seront prises qu'à l'issue de ces consultations. Nul doute que ces réunions seront difficiles pour l'équipe majoritaire, mais elle n'a pas le choix pour regagner une confiance, mise à mal, c'est le moins que l'on puisse dire. Seuls la transparence et le courage ont une chance de convaincre.
Il est évident que, a minima, les dépenses de prestige doivent être supprimées et les élus doivent abandonner, tant que l'équilibre budgétaire n'est pas rétabli, 80% de leurs indemnités: cela n'est pas seulement de l'ordre du symbolique, mais démontrerait une réelle volonté politique de s'en sortir.

Enfin, le Maire n'a une chance d'être entendu que s'il propose, après cette période d'austérité de 3 ans , un projet sur les 3 années suivantes, projet qui aura été bâti avec les habitants et pour Hénin-Beaumont.
En résumé, confronté à une situation grave, il convient de faire preuve de courage, de sincérité, d'humilité et de transparence pour avoir une chance d'être entendu par les habitants. Ceux-ci sont suffisamment intelligents pour entendre le langage de la vérité, mais encore faut-il le leur tenir...
Bien entendu, tout cela est à mettre en oeuvre sans attendre l'issue des différents recours électoraux déposés: nous avons déjà suffisamment perdu de temps!

lundi 14 juillet 2008

Café politique: France, Chine et Jeux Olympiques


A partir de ce jour, nous inaugurons un " café politique " virtuel, où nous retrouverons des citoyens qui échangeront leurs points de vue, à partir d’un fait d’actualité.

Pour faciliter la lecture (et la rédaction…) chacun sera désigné par ses initiales. Les participants:
- Paul Social
- Ursula-Marie Patriote
- Moïse Démocrate
- Louis Vérité

Les principes du débat sont : respect des idées de chacun et écoute.
Le sujet d’aujourd’hui : France, Chine et Jeux Olympiques.

PS : Je trouve inadmissible, voire indécent que la France cède au chantage de la Chine : si le Président français ne vient pas à l’ouverture des JO, il y aura des représailles économiques, a explicitement déclaré l’ambassadeur de Chine à Paris.

LV : Je suis également outré. Le Président avait, durant sa campagne électorale, annoncé qu’il romprait avec les pratiques anciennes de " realpolitik ". Sacrifier les droits de l’homme sur l’autel économique, vous parlez d’une rupture !

UMP : Je suis révoltée par ce que j’entends : la nouveauté de notre politique internationale, c’est que nous discutons avec tout le monde et c’est la seule façon de faire progresser la paix !

MD : On discute avec la Syrie, responsable de tant de morts français, au Liban ! A quand l’Iran ?

UMP : Justement, si nous voulons désamorcer le climat de préguerre entre l’Iran et Israël, il nous faut intercéder…

LV : Nous ne sommes pas dupes ! Tout ce qui intéresse le Président, ce sont les fabuleux marchés de Chine et d’Iran !

PS : Le fait est que la France est complètement décrédibilisée. D’ailleurs Madame Merkel et M. Brown n’iront pas à Pékin et personne n’a élevé la voix, là-bas !

UMP : On verra à l’avenir les conséquences de leur boycottage…

MD : C’est tout vu ! C’est uniquement la France qui a déjà été boycottée dans ses hypermarchés chinois, sans parler du boycott touristique en cours !

UMP : Mais enfin, le Président a dit qu’il rencontrerait le dalaï-lama...

PS : Oui, après les Jeux…

LV : Les Chinois ne bafouent pas les droits de l’Homme uniquement au Tibet ! Il y a tous les dissidents en prison, et c’est eux que nous abandonnons lâchement !

MD : Vous vous rendez compte, l’image de la France, pays des droits de l’Homme...

PS : Il est vrai qu’en son temps, le Président a, un jour, condamné les défenseurs" des droits de l’hommisme "…

LV : L’affaire Pétrella est dans la même ligne. Renier un engagement de la France !

UMP : Mais vous parlez d’un assassin, qui plus est condamnée dans son pays !

LV : Alors pourquoi le Président a-t-il proposé d’accueillir en France des membres du FARC, eux aussi assassins?

PS : La vérité est que le Président , là, comme dans d’autres domaines, n’a aucune politique cohérente…

LV : Oh si ! La cohérence, c’est l’intérêt de ses amis, Bouygues, Bolloré, etc…

UMP : Stop ! Au contraire, le Président ne veut justement que l’intérêt de la France !

LV : A condition de pouvoir vendre des centrales nucléaires…

MD : Le problème, c’est qu’il est devenu un monarque absolu, comme disait F. Bayrou

PS : Et, si le Président, pour ne pas avoir l’air de céder à la pression, n’allait pas à la cérémonie d’ouverture ? La France étant représentée par le Premier Ministre et/ou l’incroyable Roselyne Bachelot, Ministre des Sports et de la Santé, flanquée de l’ineffable Bernard Laporte, Secrétaire d’Etat à la Jeunesse et au Sport. Le Président se rendrait alors à la clôture des Jeux….

Commentaires : un peu café du commerce, tout cela. Mais ce n’est qu’un début, et nos amis sauront, nous en sommes certains, prendre de la hauteur!

dimanche 13 juillet 2008

L'avenir de l'Humanité et d'Hénin-Beaumont

J'ai repris ci-dessous, un texte paru sur le site de l"association Terre sacrée http://terresacree.org/ . Il me paraît bien refléter les idées qui doivent sevir de base à tout projet politique et, notamment, en matière de rénovation urbaine.


En effet les contraintes climatiques qui pèsent sur l'humanité obligent à un autre mode de vie, et donc à une autre façon de penser la ville. On me demande souvent comment je vois Hénin-Beaumont dans 20 ou 30 ans. J'ai bien des idées, à ce sujet, et le texte suivant vient les corroborer, mais il est évident que réfléchir sur le long terme (et cela est valable à tous les niveaux de décisions politiques), ne pourra se faire que collectivement: avec non seulement les experts (architectes, sociologues, urbanistes...) mais, bien évidemment, avec tous les citoyens intéressés. Comment, en effet, réfléchir sur des thèmes comme la densification de la ville (surtout quand on est proche de la gigantesque zone commerciale de Noyelles-Godault), les nouveaux modes de consommation et de transport (avec les conséquences au niveau de l'emploi, par exemple, où des nouvelles technologies), bref de la révolution qui s'annonce, sans que les connaissances de tous ne soient partagées.


C'est à ce défi que j'appelle tous ceux qui veulent y travailler, quelles que soient leurs opinions politiques, à prendre contact avec moi (alainalpern@gmail.com)





Avec un baril de pétrole dont le prix a quintuplé en 5 ans et qui se rapproche inexorablement du seuil symbolique des un dollar le litre (159 dollars le baril), nous entrons bien plus rapidement que prévu dans une nouvelle ère économique dont le grand défi est devenu la substitution de l’énergie par l’information à tous les niveaux de production et d’organisation de nos sociétés.On estime qu’il reste environ 160 milliards de tonnes de pétrole conventionnel à extraire.


En supposant que la consommation mondiale reste à son niveau actuel - 4 milliards de tonnes par an - il nous reste donc à peine plus de 40 ans de consommation. Or, selon l’AIE (Agence Internationale de l'Energie), la consommation mondiale de pétrole pourrait passer de 4 à 6 milliards de tonnes d’ici 2030 à cause notamment du développement économique accéléré de l’Asie. Certes, ces estimations ne tiennent pas compte des réserves sous forme de pétrole non conventionnel, schismes bitumineux, pétrole profond, ni des progrès qui peuvent intervenir dans le taux de récupération des gisements mais ces variables ne changent pas fondamentalement la donne et ne pourront que nous faire gagner une ou deux décennies supplémentaires. L’exploitation de ce pétrole non conventionnel a en outre un coût énergétique et environnemental considérable. Globalement la consommation énergétique de l’humanité s’élève à un peu plus de 10 gigatonnes d’équivalent pétrole par an et le pétrole représente donc, à lui seul, près de 40 % de cette consommation mondiale.


Nous pouvons bien sûr parier, comme le font les Etats-Unis, sur l’innovation technologique, pour accélérer le basculement vers "l’aprés pétrole" mais s’en remettre exclusivement à la technologie (qu’il s’agisse du charbon "propre, de la séquestration de carbone, de l’hydrogène ou des énergies renouvelables), sans remettre en cause fondamentalement nos modes de vie, relève à mon sens de l’illusion dangereuse. Nous devons en effet changer radicalement de perspective d’approche et admettre que le vrai défi consiste d’abord à réorganiser nos économies et nos sociétés de manière à réduire à la source nos besoins en énergie et à instaurer en principe généralisé la recherche de la sobriété énergétique et d’une croissance économique écocompatible. Sachant qu’un humain sur deux vit à présent dans les villes, cela suppose notamment une réorientation profonde de nos conceptions et politiques d’urbanisme, d’aménagement du territoire et de transports afin de contenir l’étalement urbain et de repenser nos villes de façon à optimiser leur efficacité énergétique et leur empreinte écologique en concevant des unités urbaines qui intégreront, au lieu de les dissocier, les pôles de travail, de logement et de loisirs. Cette question de l’urbanisme et des transports est capitale en matière énergétique et environnementale. Une étude du MIT a par exemple montré que la consommation énergétique moyenne d’un habitant d’Atlanta, ville américaine à l’urbanisme dispersé, était 7 fois plus grande que celle d’un habitant de Barcelone, ville méditerranéenne à l’urbanisme dense. Même si cela n’est pas facile dans un pays où beaucoup de familles rêvent de vivre dans une maison individuelle, nos responsables politiques doivent avoir le courage d’ouvrir ce débat sur la densification urbaine. En trente ans, la distance moyenne parcourue en voiture pour se rendre de son domicile à son travail a été multipliée par trois et nous devons absolument inverser cette tendance qui n’est plus tenable, ni économiquement ni écologiquement.


Nous devons également avoir le courage d’ouvrir un vrai débat démocratique sur la question de la restriction de l’usage de l’automobile dans les centres ville et de l’instauration de péages urbains modulables en fonction du nombre de passagers, de l’heure ou du type de véhicule. On peut imaginer aller plus loin en accordant des réductions d’impôts ou de taxes aux entreprises ou particuliers particulièrement sobres en matière énergétique. Il faut également, grâce à un cadre législatif et fiscal adapté, favoriser l’essor du télétravail afin qu’il représente d’ici 10 ans 20 % du temps consacré aux activités de services publics et privés. De récentes études scientifiques montrent que, compte tenu des délais liés à l’inertie thermique des océans, si nous voulons stabiliser le climat, il nous faut non seulement réduire de moitié au niveau mondial nos émissions de gaz à effet de serre mais tendre à une production énergétique totalement décarbonnée d’ici la fin de ce siècle.


Pour atteindre de tels objectifs, le développement massif, même de plusieurs ordres de grandeur, de la production d’énergie renouvelable (y compris le nucléaire), bien qu’absolument nécessaire, n’est qu’une réponse partielle et insuffisante et nous devons d’abord réorganiser en profondeur nos économies et nos sociétés autour du concept de sobriété énergétique et de productivité informationnelle et cognitive en réduisant à la source nos besoins globaux en énergie et en améliorant de manière considérable l’efficacité et le rendement énergétique dans l’ensemble des activités humaines. Notre civilisation va devoir apprendre à produire et à transformer le maximum d’information en connaissance et en richesses en utilisant le minimum d’énergie et en recherchant systématiquement la valeur ajoutée écologique qui devra simultanément préserver la biodiversité gravement menacée, valoriser et utiliser les matériaux et produits naturels et intégrer le recyclage et l’ecocompatibilité de l’ensemble des productions industrielles et humaines dès leur conception.Mais, à ce stade de réflexion, il faut éviter tout malentendu idéologique ou philosophique : un tel objectif ne signifie nullement la soumission au mythe dangereux du retour à une nature idéalisée, toute puissante et vierge qui n’a jamais existé. Depuis le néolithique, l’homme n’a cessé de transformer profondément la nature et son environnement pour survivre puis améliorer ses conditions de vie et ceux qui, s’enfermant dans de nouvelles formes d’intégrisme et de conservatisme, et remettent en cause la nécessité de l’innovation et du progrès scientifique, notamment dans les sciences du vivant, se trompent de combat et veulent répondre de manière simpliste et dogmatique à des défis planétaires complexes et globaux.
Pour réussir cette mutation de civilisation, l’espèce humaine doit plus que jamais mobiliser toutes ses capacités d’innovation, non seulement dans les domaines scientifiques et techniques mais aussi dans les domaines sociaux, économiques et démocratiques, pour concevoir de nouveaux modes et outils de gouvernance, de régulation et de contrôle socio-politiques. Il nous appartient, sans nous enfermer dans des cadres de pensée réducteurs, de faire preuve d’audace créatrice et d’être à la hauteur morale et intellectuelle des immenses défis que notre planète doit relever.

samedi 12 juillet 2008

Drôle d'ambiance à Hénin

Le temps semble s'être arrêté à Hénin-Beaumont depuis les élections municipales de mars, qui avaient vu la large victoire du maire sortant.
S'être arrêté, pourquoi?
- L'opposition, forte de ses recours, attend l'annulation des élections: pour elle, aucun doute, les "innombrables" irrégularités reprochées ne peuvent qu'ébranler le juge. Effectivement, Alliance Républicaine et FN ont l'air serein de ceux, certains de leur fait. D'ailleurs, dans la gestion quotidienne, aucune polémique, aucun reproche, on attend...
Mais 2 dossiers "de fond" reviennent de façon lancinante dans toutes les conversations et alimentent les rumeurs les plus diverses:
1er dossier: 180 emplois précaires n'ont pas été renouvelés, alors qu'une partie d'entr'eux avaient été contractualisés à effet du 1er janvier, moins de 3 mois avant les élections. Evidemment, les accusations de clientélisme fleurissent, et pourtant ces embauches avaient déjà été dénoncées, par certains, dès le début de l'année...
2ème dossier: la Chambre Régionale des Comptes est sur le point d'envoyer son rapport, qui doit être présenté au Conseil Municipal, dans les 5 jours suivant la remise officielle. Ce rapport serait accablant et demanderait à la Ville de prendre les mesures drastiques nécessaires: réduction des effectifs et/ou augmentation des impôts locaux (+ 85% déjà en 2004 sur injonction de la même Cour!).
- La nouvelle municipalité, elle, est en situation délicate. Certes, le Maire se réjouit que ses comptes de campagne aient été validés, mais le plus important, c'est l'issue des recours.
On a l'impression que rien ne bouge dans la ville (pas de travaux, par exemple...) et on ne peut accuser, pour le moment, la torpeur de l'été!
Il semblerait que la politique des élus de la majorité soit de ne faire aucune déclaration et de ne pas polémiquer, ce qui semble effectivement la meilleure position, pour le moment. A son actif: la majorité fait bloc. D'où, également, l'impression de temps arrêté. Le Maire, quant à lui, conserve sa jovialité proverbiale, mais...
En tous les cas, les élus devront se prononcer sur les mesures à prendre: et il n'est pas impossible que la majorité refuse de suivre les recommandations de la Cour pour ne pas se mettre en porte-à-faux avec ses engagements de campagne...
Quelle ambiance!

vendredi 11 juillet 2008

Une besancenotisation des esprits: pourquoi pas?



On dit que la droite a vécu avec une épine dans le pied pendant plus de 20 ans : le Front National. Ce dernier, pendant toutes ces années, aurait mordu dans l’électorat classique de la droite empêchant ainsi cette dernière d’accéder au pouvoir. Je laisse aux spécialistes le soin de vérifier si cela est exact.


Je note quand même que la lepénisation des esprits a bien existé : c’est à partir du moment où la droite, et plus particulièrement l’actuel Président de la République, a intégré dans son projet et ses discours ce qui a fait le succès du FN, qu'elle s’est imposée. Parler de sécurité et de réduction de l’émigration, sans faire toutefois le lien explicite, mais personne n’est dupe, a particulièrement ravi des électeurs attirés par ces thèmes favoris de l’extrême droite.


Aujourd’hui, la droite rêve de faire à la gauche le même coup avec Olivier Besancenot. Diviser la gauche et l’empêcher d’être majoritaire, serait une belle revanche. Le facteur de la future ex-LCR paraît pouvoir capter un électorat de gauche, par son discours proche des gens, son look jeune et sympathique (rien à voir avec Le Pen !), sa décontraction et son aisance. Si ce n’était que cela, mais son constat est éminemment de gauche : dénoncer la société capitaliste, se placer au premier rang dans les luttes sociales, affirmer des convictions écologistes et anti-racistes, voilà qui, sans être novateur, peut séduire des électeurs lassés de la guerre des chefs au PS, de l’agonie du PC et de la désillusion Verte.
De plus, la droite ne peut être que renforcée dans sa stratégie de conforter Besancenot, par la semi -réussite de De Linke en Allemagne, suffisante pour réduire l’influence du SPD.


La lepénisation réelle des esprits aurait, donc, pour pendant, la besancenotisation (c’est plus difficile à prononcer !) des esprits, à gauche. Je dis chiche : aucun des constats cités auparavant n’est blâmable et ils ne sont que des réaffirmations percutantes, à la base des valeurs défendues par la gauche.
Seul reproche à lui faire, mais de taille, si ce n’est rédhibitoire : son refus de participer à la gestion des affaires. D’où, bien sûr, des idées généreuses, mais non applicables : refuser le capitalisme, mais on fait quoi, à la place ? Interdire les licenciements, mais que fera-t-on le jour où toutes les entreprises auront disparu ? Etc, etc ?…


Donc, oui à la besancenotisation (finalement olivierisation serait plus facile à dire !) des esprits. La gauche n’aurait pas à en rougir ( ! ! !) ; au contraire, cela serait même un stimulant pour des victoires communes de second tour !

mercredi 9 juillet 2008

Lobbys, luttes citoyennes et Europe

Dernièrement, je recevais un message, sous forme de diaporama, d'une amie, concernant les radars sur nos routes: on y apprenait un gros scandale, à savoir qu'une société privée avait reçu concession pour l'exploitation de nos chers (!) radars, et que le Président ou Directeur de ladite société n'était autre que le frère de l'ex-Ministre Gilles de Robien, qui avait, à l'époque, mis en place ces appareils... Derechef, je me précipitais vers le site www.hoaxbuster.com que je vous recommande particulièrement et sur lequel vous pourrez débusquer les hoax (= canulars) que vous devez certainement recevoir (vous savez la petite Noëmi qui est hospitalisée et à qui il faut téléphoner...). Concernant les radars, il s'agissait bien d'un hoax répertorié et analysé, avec un bémol sur la réalité de la concession (mais sans coûter un euro supplémentaire aux contrevenants).
Non classées comme hoax, des actions de lobbying beaucoup plus pernicieuses et dangereuses existent. Par exemple, celle en cours mettant en doute le réchauffement climatique et, plus particulièrement, le fait qu'il résulte des activités humaines. La communauté scientifique est pratiquement sûre ("presque 100%") de ce phénomène et, mis à part quelques hurluberlus (tels que que notre Allègre national, qui n'est même pas un spécialiste de la question!), le doute n'est plus permis. A ce sujet, on peut tout contester, et savez-vous qu'il existe encore une association de la "Terre plate"qui regroupe ceux qui nient la rotondité de la terre...?
Evidemment, vous connaissez ceux qui ont intérêt à semer le doute et à retarder les décisions qui s'imposent. La hausse des prix du pétrole fait que les mesures sont maintenant inéluctables, et les dizaines de milliards d'euros, engrangés par les pétroliers, n'y feront rien pour les en empêcher. Et pourtant, les lobbys pétroliers ont réussi à retarder des décisions qui auraient dû être prises dans les années 70. Il y a belle lurette que, par exemple, nous devrions rouler en voitures propres, si la recherche n'avait été freinée par des intérêts particuliers (attention, je ne dédouane pas, ainsi, les Politiques du monde entier, qui n'ont eu aucune vision à long terme).
Cela ne vous rappelle rien? Les cigarettiers qui ont fait campagne pendant longtemps, en payant de pseudos-scientifiques, pour semer le doute sur le lien entre tabac et cancer ou bien, encore, malgré les découvertes de sa nocivité datant du début du XX ème siècle, l'interdiction de l'amiante, il y a peu, seulement.
Et les scandales à venir sont légions: des milliers de produits chimiques (l'atrazine a été interdite rcemment, et il en existe encore des stocks entreposés, ici ou là, au risque de dispersions accidentelles), le nucléaire (civil et militaire), les drogues dures, mais aussi celles dites douces (et pourtant...), l'alcool, la malnutrition, l'atteinte irréversible à la biodiversité, etc, etc...
Que faire? Je pense que les luttes citoyennes (via, surtout, les associations) sont essentielles pour faire pression ("pression contre pression") sur les communautés politiques (locales, nationales, internationales). Et pour cela, il faut former et informer (vive la télévision publique!), donner les moyens à ces associations, éduquer (halte à la diminution des postes dans l'enseignement!)...
Voilà une raison supplémentaire pour que l'Europe existe dans notre vie quotidienne: car c'est sous son impulsion que les choses doivent changer, au niveau planétaire!

lundi 7 juillet 2008

Epître au Président de la République

Monsieur le Président,
Aucun des arguments
Près de vous ne trouve
Grâce. L’ire couve
Sur le nucléaire.
Face aux prières,
Tant de mauvaise foi
Nous laisse tout pantois.
Non, l’atome ne peut
Remplacer, ou si peu,
Et gaz et pétrole !
Quand on extrapole,
Leur consommation
N’est, en proportion,
Qu’une simple partie
De toute l’énergie
Consommée en France
Sous votre Présidence.
De plus, son coût réel,
Vous le savez, est bel
Et bien plus important
Si on prend tout dedans.
Comme, de plus, dangereux
Il est, on comprend ceux
Qui pensent qu’il est grand
Danger pour nos enfants .
Enfin, pour les déchets,
Où les éliminer ?
Monsieur le Président
Cessez, un court instant,
De prêter attention
Aux groupes de pression
Rôdant, auprès de vous,
Comme de vrais gourous.

vendredi 4 juillet 2008

Pour qui nous prend-on?

J'ai manifesté pour la libération d'Ingrid Bétancourt, et suis heureux que son calvaire soit terminé. Je pense que beaucoup de Français ont, également, été émus.
Mais depuis 2 jours, c'est un déferlement médiatique extraordinaire (au sens premier du mot: qui sort de l'ordinaire)! Je viens d'entendre Stéphane Paoli, sur Europe1(j'avais zappé France Info et France Inter qui consacraient, chacune, une émission spéciale à Ingrid!), répondre à un auditeur, qui s'étonnait de cette effervescence médiatique, "parce que c'est elle" bredouilla-t-il, ne trouvant pas d'argument crédible, après quelques circonvulations verbales indignes de ce journaliste...
Certes, Ingrid est belle, sa résistance admirable, son discours attachant, ses enfants merveilleux...mais quand même! Les Français ne me semblent pas dupes: les manifestations, pour célèbrer son retour, ont attiré peu de monde (4000 personnes à Paris), un soir d'été...
Je pense que cette euphorie médiatique profite directement à la presse, et indirectement au Président de la République?

A la presse, parce que voilà un sujet non polémique qui fait vendre les journaux, et attire les annonceurs sur tous les médias. Il suffit de voir, d'ailleurs, comment est exploité à fond le filon "Bienvenue chez les Ch'tis" (à tel point que Dany Boon en semble gêné!); on se souvient de la mort de Diana, mais on pourrait multiplier les exemples... Et pourtant combien de sujets demanderaient à être traités avec une telle exposition (à condition de changer, du tout au tout, la façon d'y intéresser les citoyens: j'y reviendrai un jour), par exemple: le "non-désir d'Europe", l'avenir de l'Humanité et son risque d'extinction (je ne parle pas ici du quoditien fondé par Jaurès...) , l'augmentation des cancers, etc...
Au Président français qui triomphe (modestement?) alors qu'il n'est pour rien dans cette libération, même s'il s'est battu (comme Chirac et beaucoup d'autres hommes politiques, d'ailleurs) sur ce dossier. Je ne suis pas sûr, une nouvelle fois, que les Français ne comprennent pas où sont les réalités.
Au fait, à quand le film, les multiples livres (Le Président et Ingrid, Carla et Ingrid ou bien Cécilia et Ingrid, sans oublier "Mon combat pour Ingrid", de Bernard Kouchner) et tous les 2 Juillet de chaque année la commémoration de sa libération ? Bien sûr, nous n'échapperons pas à la nouvelle tendance vestimentaire féminine et même masculine (la mode "Che")....

jeudi 3 juillet 2008

Contre le "réactivisme": savoir raison garder.

A la suite d'une video circulant sur le Web et concernant l'attitude de Ségolène Royal vis à vis de son premier Vice-Président, lors d'une séance du Conseil Régional de Poitou-Charentes, j'avais mis en garde de bien connaître le contexte avant de formuler tout commentaire hâtif pour juger le comportement de l'ex-candidate à la Présidentielle.
Plusieurs évènements de ces derniers jours me font m'interroger, une nouvelle fois, sur le "réactivisme" (et notamment celui des medias), pour employer un néologisme bien parlant. Citons, sans ordre précis:
- l'acharnement physique violent contre un jeune Parisien juif, présenté, aussitôt, comme un acte antisémite, parce que le jeune portait une kipa (dixit notre Président). En fait, il s'agirait d'un combat répété entre bandes communautarisées, et donc certainement, à connotations racistes (ici: Noirs contre Juifs), oh combien grave et répréhensible, mais non d'un acte commis dans le cadre d'un éventuel pogrom; pourquoi cette réaction aussi rapide des hommes politiques?
- je rappelle qu'il y a quelques semaines, on présentait Ingrid Bétancourt, presque mourante, alors que les images de sa réjouissante libération atteste d'une résurrection particulièrement rapide; a-t-on essayé de nous manipuler?
- la polémique revient en force sur des images de la seconde Intifada, filmées par FR2, sur la mort d'un petit enfant palestinien, dans les bras de son père, au cours d'un tir croisé entre combattants palestiniens et soldats israëliens, les balles meurtrières étant selon FR2, israëliennes. Je n'ai pas de raison de ne pas croire notre chaîne publique, mais si, par extraordinaire, les Israëliens avaient raison, cela nous interrogerait sur la prétendue objectivité des images.
- On a vu, sur les medias,, à l'occasion du Championnat d'Europe, une altercation entre 2 joueurs français à la sortie du match de football contre la Hollande, mais démentie quelques heures plus tard; l'explication plausible étant qu'un joueur français s'était interposé entre un autre autre joueur et un supporter virulent, réduisant à néant une "preuve" du mauvais climat régnant dans notre équipe (et expliquant les mauvais résultats surtout du fait de l'incompétence de l'entraîneur). Encore une fois, on avait occulté le contexte pour mieux plier l'information au déchaînement contre les résultats déplorables des Français. La manipulation a failli réussir...
- encore sur les medias, une réflexion de notre Président, prise sur le vif, par laquelle, il annonçait pis que pendre à FR3, suite à une altercation avec un quidam qui ne l'aurait pas salué. Cette version aurait été encore démentie, mais démontre, comme le précédent exemple, comment on essaye de contraindre les faits pour étayer une information. Ici, il s'agissait de démontrer que le Président veut asservir la télévision publique.
- enfin, vous avez pu entendre ou lire que, lors de l'incendie d'un centre de rétention, 50 "sans papiers" en avaient profité pour s'enfuir, puis on rectifie à 14; finalement, un seul "sans-papier" n'a pas été retrouvé...dixit la Préfecture de Police parisienne! Erreur humaine? Rumeur délibérée, alors que venait d'être votée la "directive européenne de la honte" (prévoyant l'enfermement de migrants non communautaires pour une durée maximale de 18 mois, en autorisant l'expulsion d'enfants, qui plus est hors de leur territoire d'origine, en instituant une interdiction du territoire européen de 5 ans)?
Ces exemples datent d'au maximum 3 jours. Quotidiennement, nous sommes donc confrontés à des informations: comment éviter la manipulation, les manipulations?
Entre les effets bénéfiques de l'information instantanée (souvent levier de la démocratie: exemple du Tibet avec des évènements filmés par des particuliers, alors que le gouvernement chinois tente de les minimiser), et ses conséquences négatives (réactions politiques engagées, mais prématurées, ou langue de bois?), le citoyen doit essayer de prendre du recul, faire jouer son esprit critique. Facile à dire, pensez-vous?
A l'homme politique, énivré par les micros et les stylos en attente de ses déclarations, une bonne cure de silence s'impose. Les medias lui sauront gré, avec le temps, d'une certaine retenue. Même s'il ne passe plus au "20 heures", la parole lui sera rendue dans des débats de fond, dans lesquels ses analyses seront appréciées.

Pour le citoyen, c'est plus compliqué. Parce qu'il est noyé sous le flot d'informations. Au moins, peut-il tenter de ne pas réagir sous le coup de l'émotion, confronter son point de vue avec un examen du contexte (mais cela prend du temps), lire une presse diversifiée (c'est également mangeur de temps!), échanger avec ses collègues, ses amis...

lundi 30 juin 2008

Pêle-mêle

Sur quelques évènements du week-end:
1- La ville d'Hénin-Beaumont avait embauché au 1/1/2008 (3 mois avant les élections...) 180 personnes, pour 6 mois. C'est donc aujourd'hui, 30 juin, que leurs contrats arrivent à échéance. Ayons une pensée pour elles, mais je doute que cela soit suffisant pour les rassurer. Au-delà de la question de savoir s'il s'agissait d'une manoeuvre électoraliste ou d'un geste de solidarité..., je m'interroge sur l'attitude de la presse dans cette affaire. Quelques lignes, reprenant une déclaration officielle, me paraissent insuffisantes. Je ne suis pas journaliste, mais lecteur: j'aurais souhaité que la Voix du Nord, dans son édition du week-end, interroge quelques-unes de ces personnes pour connaître leurs espoirs et leurs craintes. "Un peu d'humanité dans un monde de brutes": cela manque souvent...
2- L'Espagne a emporté le championnat d'Europe de football. Cela me semble symbolique de l'Europe: une équipe dynamique et virevoltante, à l'image de l'Espagne de Zapatero, même si l'avenir s'annonce plus sombre, crise économique aidant...
L'Allemagne, avec sa défense très faible et un milieu solide, ressemblait fortement à l'attelage SPD/CDU du gouvernement de la chancelière Merkel.
Que dire de la révélation turque (tiens au fait, la Turquie est en Europe?)? On devra compter sur elle dans l'avenir...
Quant à la France... Son chef d'orchestre, dont l'arrogance, le mépris, l'ego et l'inconstance, a failli: une équipe aux individualités brillantes, mais dont la morosité faisait pitié, a vite fait ses bagages.
N'y voyez évidemment aucune allusion politique!
3- C'est à partir de demain que la France sera, pour 6 mois, à la tête de l'Union Européenne. Comment insufler un esprit nouveau, comment faire aimer l'Europe et susciter le même espoir que dans les années 50 et 60 du siècle dernier? Les sujets d'intérêt européen ne manquent pas: la lutte contre le changement climatique (avec les problèmes énergétiques), une défense européenne, une fiscalité convergente, une politique sociale commune, etc. Voilà bien des sujets propres à mobiliser les citoyens. Encore faut-il un vaste mouvement d'"éducation à l'Europe"... La France devrait être la mieux placée pour entraîner les autres. Mais l'aura de notre Président semble bien ternie auprès de ses homologues...
4- Lors d'une fête militaire (!) à Carcassonne, des tirs à balles réelles, sans intention, ont blessé des spectateurs. Au-delà du fait que "la guerre est une chose trop sérieuse pour être confiée à des militaires" , je suis toujours attéré que l'on puisse faire des démonstrations militaires: est-ce vraiment de l'éducation à la concorde, à la paix, à la fraternité, que d'aller faire parader des militaires, ou exposer des matériels destinés à la mort, à des enfants, que des parents inconscients amènent "pour passer l'après-midi". Bien sûr ce n'est qu'un élément de la violence à laquelle sont confrontés les jeunes (films, jeux informatiques, images de conflits...).
5- "Quelle connerie la guerre"... Je vous invite à aller voir le film israëlien "Valse avec Bachir". Tous les critiques présents au dernier festival de Cannes pensaient que ce film d'animation recevrait la Palme d'or. Il n'en fut rien et pire encore, aucune récompense ne lui fut attribuée! N'empêche, ce film est à voir d'urgence (profitez de la Fête du Cinéma!) : il raconte les affres et le traumatisme des jeunes soldats israëliens, lors de la guerre du Liban, et notamment de leurs sentiments d'impuissance et de culpabilité mêlées, lors du massacre des Palestiniens par les Phalangistes chrétiens, dans les quartiers de Sabra et Chatila (vengeance suite à l'assassinat de Bachir Gemayel).
Vous comprendrez, si besoin était, mon coup de gueule du point précédent...

vendredi 27 juin 2008

Vous avez dit: laïcité?

Les trois observations suivantes ne manquent pas d'interpeller:
1- La Voix du Nord , dans une édition récente, faisait état de la peur des Américains (des Etats-Uniens pour être plus précis) face au terrorisme islamiste. Traumatisme bien sûr lié aux attentats de 2001. Notre quotidien régional s'interrogeait alors sur l'intérêt grandissant des financiers et entrepreneurs des Etats-Unis (mais d'autres pays également) pour attirer ce que l'on appelle les fonds souverains, ces fonds d'investissement que des Etats, arabes pour la plupart (et principalement ceux du Golfe Persique) alimentent des revenus gigantesques tirés de leur vente de pétrole, extrait chez eux. Et La Voix, constatant une apparente contradiction entre les états d'âme des uns et des autres, de conclure: "money is money". Incroyable, cette confusion entre Arabes et Islamistes, d'autant plus grave que les états arabes en question éradiquent chez eux le moindre mouvement islamiste naissant, qui pourrait mettre en péril leur autorité.
Il est déjà difficile d'expliquer aux Français que tous les Arabes ne sont pas musulmans (même s'ils le sont en majorité), mais faire admettre que tous les musulmans (ou islamiques, pratiquants de l'islam)) ne sont pas islamistes (ultrareligieux, cherchant à imposer leur foi à tous) est encore plus compliqué. Je sais bien que le quotidien est exempt de tout soupçon à cet égard, mais reconnaissons que pour alimenter le racisme anti-arabe déjà fort présent chez nous et exacerbé par l'extrême-droite, on ne fait pas mieux!
2- A plusieurs reprises, j'ai noté dans le journal Le Monde l'habitude d'appeler Israël, "l'Etat juif". Outre qu'il n'est pas, à proprement parler, un état religieux, le judaïsme étant une religion (les partis religieux, très minoritaires, ont, certes, un rôle important pour assurer une majorité), Israêl est composé d'habitants d'origines diverses: chrétienne, musulmane; juive en majorité. Juifs, Druzes, Palestiniens s'y cotoient (plutôt bien, d'ailleurs).
On ne dit pas de la France: l'état catholique, même quand le MRP pouvait faire ou défaire les majorités. L'Iran, par exemple, n'est jamais qualifiée d'état musulman...Pourquoi cette privauté avec Israël, de la part d'un journal dont la qualité est bien connue? Je n'ose penser à un antisémitisme inconscient ou refoulé de tel ou tel journaliste...N'empêche que mon quotidien national préféré sème, ici ou là, des doutes sur la nature confessionnelle d'un Etat, pourtant, pendant lomgtemps, gouverné par un parti socialiste (travailliste) oh combien laïque, pour ne pas dire laïcard!
3- Le refus d'un maire d'autoriser la location d'une salle municipale pour un match de basket-ball féminin intermosquées, auquel ne pouvaient assister que des spectateurs féminins (donc des spectatrices...) intervient après des affaires similaires: piscines réservées à certaines heures aux femmes, pas de mixité paur les cours de gymnastique, dans des lycées...
Pourtant la laïcité implique des obligations relativement simples: le religieux pour le privé; pour le reste, il convient de respecter les règles de la République: les maires doivent refuser les lieux publics à ceux qui contreviennent à une valeur fondamentale de l'Etat républicain: égalité des hommes et des femmes; comme le proviseur agit de même pour faire respecter la mixité dans les établissements publics.
Qu'en conclure? La laïcité est une valeur que nous devons défendre tous les jours parce qu'elle est attaquée et contournée, inconsciemment ou non, par les préjugés des uns, la soif de revanche des autres. Tous, nous sommes concernés, medias compris, et, tous, nous devons traquer les déviances insidieuses que s'autorisent ses pourfendeurs.

vendredi 20 juin 2008

Pétrole cher: une chance?

Rappelons les données du problème:
- à partir du pétrole sont fabriqués beaucoup de produits que nous utilisons quotidiennement: carburants bien sûr (véhicules, avions principalement), mais aussi moyens de chauffage, produits industriels, emballages, etc...
- le pétrole est une matière fossile, donc non renouvelable (sauf dans...quelques centaines millions d'années!)
- le pétrole est le principal émetteur de gaz à effet de serre, responsable du changement climatique en cours, qui, s'il n'est pas jugulé, pourrait entraîner des catastrophes, dont celle de la disparition de l'Humanité!
- les réserves de pétrole s'éleveraient à l'équivalent d'une consommation de quelques dizaines d'années (30 ans pour les plus pessimistes, 70 ans pour les plus optimistes)
- Des coûts d'exploitation de plus en plus élévés (il faut creuser de plus en plus profondément pour en trouver), une demande de plus en plus forte de pays se développant à vitesse grand V (Chine, Inde, Brésil, Indonésie...) tirent les prix vers le haut: on atteint les 140 dollars le baril; on annonce 200 dollars, voire 300, 400 dollars, à brève échéance. Evidemment, cela fait le bonheur de certains (entreprises pétrolières, pays producteurs, états qui perçoivent des taxes plus ou moins proportionnelles) et le malheur de tous les autres: notamment de tous ceux qui ont besoin de leur véhicule pour travailler et de ceux qui ont besoin de fuel pour se chauffer. A noter que les entreprises peuvent théoriquement répercuter ces surcoûts sur leurs clients: on pense, notamment, aux produits de grande consommation.
On connaît, depuis une trentaine d'années, les solutions:
- réduire les consommations d'énergie: par des comportements citoyens , par des process industriels plus efficaces, etc.., on estime qu'une réduction de 30% des consommations est assez facile à obtenir. Si on ajoute le développement des transports propres, alternatifs à la route (rail, eau), l'isolation des habitations, de nouvelles normes de construction, les marges de progrès sont très très importantes...
- développer les énergies renouvelables (solaire, géothermique, éolien...);
- investir dans la recherche pour trouver de nouveaux modes de propulsion et de nouveaux modes de chauffage: c'est à dire réorienter les investissements massifs du nucléaire (80% de la recherche publique!) vers la recherche dans ces autres domaines. Rappelons, ici, que le nucléaire ne remplace pas l'essence, mais sert à produire de l'électricité (cette dernière ne représentant que 17 % seulement de notre consommation énergétique).
Toutes les mesures ont bien été identifiées dans le Grenelle de l'environnement: il ne manque que la volonté politique! Certes, on craint que le gouvernement ne freine des 4 fers pour des raisons financières (voir l'exemple du bonus écologique sur les véhicules, seule mesure prise suite au Grenelle...): or, non seulement il s'agit de mesures qui profiteront aux générations futures et donc, justifiables d'emprunts à très long terme (50 ans), comme l'a fait le Conseil Régional du NPDC, pour le rail, devant la carence de l'Etat et la SNCF, mais ce sont aussi des mesures créatrices d'emplois (et non délocalisables!).
Que faire en attendant que ces décisions inéluctables soient prises et qu'elles produisent des effets? De nombreux experts pensent que, entre 3 ans (premiers résultats visibles des réductions énergétiques) et 20 ans, nous pouvons annihiler notre dépendance au "tout pétrole". Que faire donc pendant ces 3 prochaines années? On admet, comme postulat, que toutes les mesures du Grenelle soient immédiatement mises en place:
- l'Etat doit dégager, des surplus de taxes qu'il perçoit du fait des hausses du prix du baril, des montants compensatoires pour ceux qui sont les premiers concernés (les professionnels, certes, mais aussi ceux qui cumulent revenus modestes et nécessité d'utiliser leur véhicule plutôt que les transports en commun, selon des modalités à définir). Mais attention, cet aide sera dégressive sur 3 ans.
- Il essaye d'amener nos partenaires de l'Union Européenne à adopter tout où partie de nos décisions (cela sera nécessaire pour faire passer l'aide compensatoire dégressive): cela devrait être l'objectif numéro 1 de la Présidence française à partir du 1er juillet prochain. Rappelons que l'UE a déjà pris de nombreuses directives en ce sens et qu'elle devrait être favorable à de telles initiatives. Peut-être est-ce même le moment propice pour lancer l'idée d'un financement exceptionnel de l'Europe (superemprunt, augmentation budgétaire exceptionnelle...)?
- L'Europe, en entraînant les signataires du Protocole de Kyoto (en incluant les USA), doit mettre en place un immense plan d'accompagnement des pays en très forte croissance (y compris la Russie) pour que leur développement soit propre: une sorte de "Plan Marshall", duquel tout le monde sortira gagnant. Bien sûr, pour les pays pauvres (producteurs de pétrole ou non), c'est le moment où jamais de les aider à réduire leur dépendance extérieure et de favoriser un développement vertueux (celui que nous n'avons pu suivre!). Il existe, dans le cadre du Kyoto, des mesures en ce sens, mais sans commune mesure avec les efforts à déployer.
En conclusion, ce formidable défi, que l'Humanité doit relever, sous peine de sa propre disparition, pourrait être un formidable moteur de mobilisation citoyenne:
- en France, un tel projet pourrait effacer la morosité ambiante et, au-delà des divergences politiques, privilégier l'intérêt général sur les intérêts privés;
- en Europe: montrer quel rôle extraordinaire peut jouer l'Union et faire changer d'avis les euro-sceptiques;
- dans le Monde: faire fonctionner la solidarité internationale envers ceux qui souffrent, jusqu'à présent, dans l'indifférence générale.
Et que l'on ne me parle pas d'utopie; tout est en place: le danger est face à nous, on sait ce que l'on doit faire (Grenelle, mais aussi rapports du GIEC), les outils sont là: Union Européenne, Kyoto; et existe une formidable attente des pays qui nous envient (bien que notre société de consommation ne soit pas le meilleur exemple du bonheur, mais au moins y mange-t-on à notre faim).

mardi 17 juin 2008

"Nous nous menaçons nous-mêmes"

J’ai eu l’extraordinaire occasion, il y a 2 ans de parler, en tête à tête, avec Hubert Reeves. Souvenir inoubliable ! Je l’avais assailli de questions et il m’avait répondu avec beaucoup de patience et de simplicité ; il était lumineux, tout paraissait évident, qu’il s’agisse du cosmos ou de notre planète, de l’univers ou de notre vie quotidienne. Au bout d’un heure, il me demanda subitement de lui parler… de moi , de mes fonctions d ‘élu, de la politique ! Vous imaginez bien combien je fus interloqué, mais devant son insistance, son écoute et ses questions, je lui parlais de mes projets…
Il me donnait l’impression que les rôles étaient inversés. De temps en temps, j’essayais de revenir à lui, à ce qu’il pensait, à ses recherches ; eh bien non, à chaque fois, il me demandait des précisions sur ce que je venais de lui dire !

Dans le texte qui suit, on retrouve cette simplicité, cette pédagogie, ce souci de faire partager des idées, en apparence très simples et sa formidable foi en l’Homme !
Des mots simples pour des choses simples, sur un sujet essentiel.
Article d'Hubert Reeves, paru dans "Canoë infos" (Québec) du 15/6/08

"La survie de l'espèce humaine dépend de sa capacité à trouver de nouvelles terres dans l'Univers." (Stephen Hawking)
Pas d'accord
. Hawking veut coloniser l'espace. Procédons par ordre. Où en sommes-nous sur Terre? Dans l'histoire de l'humanité, des nouvelles terres ont déjà été trouvées par des explorateurs, habitées ou non, et l'humanité les occupe à toutes les latitudes habitables. Nous en connaissons le résultat. Pas terrible.
Si nous avons le même comportement, les nouvelles planètes, à supposer qu'elles existent, qui nous accueilleraient, deviendraient vite malades de notre civilisation.
Pour l'instant, l'essentiel est d'abord que nous nous rendions tous compte que nous pillons les ressources non renouvelables de la Terre, que nous exterminons des milliers d'espèces qui nous ont précédés dans l'histoire du vivant et que, nous privant d'elles, nous nous menaçons nous-mêmes.
Ensuite, il faut trouver les remèdes à la situation dans laquelle nous nous sommes mis afin que le départ de notre planète mère ne soit pas nécessaire, même si on trouve une planète Terre bis. On sait ce qu'on quitte, mais serait-ce pour le meilleur ou pour le pire? Car enfin, imaginons le voyage. Des milliards de personnes à évacuer à des millions ou des milliards de kilomètres...

"Il faut que quelqu'un commence"

À bien y réfléchir, nous pouvons changer de planète sans quitter la nôtre. Il suffit de commencer, même tout seul, dans son quartier ou dans sa famille. D'ailleurs, beaucoup d'entre nous ont commencé, comme dans les petits contes philosophiques tels celui de la montagne qui cache le soleil ou celui du colibri. Les deux histoires disent la même chose.

Une montagne enserre une vallée de ses escarpements si hauts que jamais le soleil n'éclaire les habitants. Et ils se lamentent des siècles durant, implorant en vain toutes les divinités possibles. Les récoltes sont maigres, les enfants faméliques. Près de la mort, un vieillard qui a beaucoup réfléchi s'en va chaque jour avec un pic, au petit matin, et ôte quelques cailloux du sommet. À ceux qui l'interrogent, il répond: "Si vous voulez rester là, que faire d'autre pour faire venir le soleil?"

Un terrible incendie s'est déclaré dans la jungle. Les animaux se sont tous réfugiés de l'autre côté du grand fleuve. Ils regardent leur maison qui brûle. Ils attendent.
Seul un petit colibri fait des allers-retours, de la berge du fleuve à la forêt en flammes, et de la forêt en flammes à la berge du fleuve. Il transporte une ou deux gouttes d'eau chaque fois et les lâche sur les arbres transformés en torches.

Chacun doit faire sa part

Grâce à ceux qui minimisent leurs déplacements en voiture chaque fois que c'est possible, l'atmosphère devient moins favorable au sureffet de serre. Grâce à ceux qui trient et recyclent au maximum, la planète ne croulera pas sous les déchets. Grâce à ceux qui économisent l'eau, ceux qui renoncent aux pesticides, ceux qui choisissent les panneaux solaires, isolent leur maison... grâce à tous ceux qui changent eux-mêmes, la planète change.
Plus vite nous changerons, plus vite la planète sera différente.
Et elle sera guérie pour les quelque cinq milliards d'années où le Soleil existera encore, avant de devenir une naine blanche. La vie, ici sur la petite planète Terre, pourrait encore durer presque autant...