Pour répondre à différentes questions ou commentaires sur ma prise de position pour les prochaines régionales...
En critiquant l'alliance de premier tour anti-FN aux municipales d'Hénin-Beaumont en mars 2014 et en prônant un rassemblement des forces de gauche pour les régionales de 2014, dès le 6 décembre, je me contredirais.
Que nenni !
- J'ai toujours expliqué que l'équipe Binaisse avait tellement été discrédité pendant son mandat que l'on savait que si le FN ne passait pas au premier tour, il réaliserait plus de 55% au second tour. Plusieurs élections (cantonales, présidentielles, législatives) depuis 2010 avaient montré que le FN devenait de plus en plus majoritaire à Hénin. Il fallait absolument se distancier de l'équipe sortante. Faute pour les représentants locaux des partis de ne pas l'avoir compris ou de ne pas s'être fait comprendre, les états-majors PC, EELV et PS ont imposé l'union au nom d'un front républicain complètement irréaliste... Seul le Parti de gauche, qui avait su convaincre un temps le PC avant que ce dernier ne se sente obligé, peu de temps avant le dépôt des candidatures, d'obéir aux oukases de son secrétariat fédéral, seul le PG avait vu juste. Je ne pense pas que des listes séparées auraient permis de battre le FN. Certes, un second tour aurait probablement eu lieu avec une victoire du FN, mais, au moins, aurait-on pu préparer l'avenir... Alors qu'aujourd'hui, après la compromission du premier tour, ceux qui auraient pu incarner un avenir autre que FN, ne sont pas visibles, et c'est un euphémisme ! Et la reconstruction prendra du temps.
- Pour les régionales, je reproche à EELV, au PC et au PG de partir en ordre dispersé. Et cela pour des raisons purement tactiques. En effet, il est plus que probable qu'aucune des listes de gauche ne figurera avant la liste de droite (X. Bertrand) et de celle du FN (MLP). Le PS (avec les radicaux et le MRC) sera troisième. P. de Saintignon pourra toujours arguer que l'addition des voix de gauche le place avant la droite dans l'optique d'un second tour, il est évident que X. Bertrand ne se retirera pas, estimant légitime de se maintenir, puisqu'il est deuxième. D'ailleurs, qui peut, même devant la menace FN et malgré l'insistance des dirigeants de gauche pour que leurs électeurs reportent leurs voix sur une liste de gauche menée par PDS, qui peut penser que cette liste fera le plein des voix du PC et du PG ? Donc, X. Bertrand se maintiendra. 2 solutions s'offrent alors à PDS :
* il maintient sa liste dans une triangulaire suicidaire où le FN l'emportera, nettement d'ailleurs.
* il se retire, laissant la droite et l'extrême-droite en tête-à-tête, X. Bertrand pouvant bénéficier d'un report de voix d'électeurs de gauche choisissant la peste plutôt que le choléra... Dans ce cas, la gauche n'a plus de représentant au Conseil régional.
On voit donc que ce scénario de la gauche éclatée conduit nécessairement à une victoire de la droite ou de l'extrême-droite. Je me demande encore comment EELV, le PC et le PG peuvent justifier leur stratégie suicidaire...
Une gauche rassemblée au premier tour serait, plus que probablement, avant la droite, le 6 décembre. Même si, comme l'affirment Sandrine Rousseau et Fabien Roussel, certains de leurs électeurs n'apprécieraient pas que leurs partis suivent un PS qu'ils dénigrent tous les jours pour sa politique nationale. Qu'importe ! Le danger FN est tellement prégnant qu'ils sauraient faire la différence entre le gouvernement et le conseil régional. Si la gauche rassemblée termine deuxième, le dilemme qui se pose à PDS dans l'hypothèse précédente, devient celui de X. Bertrand s'il se retrouve troisième et je pense que la pression médiatique et celle de son parti seraient tellement fortes qu'il finirait par se retirer. Reste alors l'hypothèse d'une gauche rassemblée, terminant première au premier tour, devant le FN : X. Bertrand pourrait alors se maintenir... Malheureusement, une gauche réunie devient de moins en moins probable et la défaite sera lors inéluctable.
Ainsi, comme aux municipales de 2014, à Hénin-Beaumont, nous assistons à la répétition d'un suicide en direct, avec les deux mêmes conséquences :
* une victoire du FN (ou de la droite);
* la mort de la gauche actuelle.
Bonjour la reconstruction de cette dernière !