vendredi 26 juillet 2013

Il manque un personnage...

 

Comme vous le lirez, l'article suivant est impitoyable sur la responsabilité d'Edouard Balladur dans le financement de la campagne des élections présidentielles de 1995. Il manque pourtant une personne parmi celles qui étaient autour de Balladur... Devinez laquelle ? Réponse en fin d'article...


Edouard Balladur cerné par la justice

Pour Edouard Balladur, le spectre de la Cour de justice de la République (CJR) se rapproche inexorablement. En délivrant, le 18 juillet, un réquisitoire supplétif pour " détournement de fonds publics " et " recel " aux juges chargés du volet financier de l'affaire de Karachi, Renaud Van Ruymbeke et Roger Le Loire, le parquet de Paris a conforté les soupçons de malversations entourant le financement, en 1995, de la campagne présidentielle de l'ancien premier ministre. Nicolas Bazire, l'ex-directeur de son cabinet à Matignon, qui dirigea aussi sa campagne, est déjà poursuivi dans ce dossier.
Le délit de " détournement de fonds publics ", dont sont désormais saisis les juges, vise le recours, par le premier ministre-candidat, aux fonds secrets, qui auraient abondé de manière illicite sa campagne présidentielle.
Le réquisitoire du parquet répondait à une ordonnance du 26 juin des juges. Outre les fonds spéciaux, la campagne de M. Balladur aurait également bénéficié de " rétrocommissions " issues de ventes d'armes fin 1994 au Pakistan et à l'Arabie saoudite.
Homme-clé du dossier, l'intermédiaire Ziad Takieddine, écroué le 31 mai, a réitéré les 5 et 8 juillet ses accusations de financement illicite. Les juges viennent de lui accorder sa remise en liberté contre une caution de 4,3 millions d'euros.
Les aveux - tardifs - de l'intermédiaire Ziad Takieddine, reconnaissant avoir reversé aux proches de M. Balladur une partie des sommes perçues en marge de la vente, fin 1994, de sous-marins au Pakistan et de frégates à l'Arabie saoudite, s'ajoutant aux témoignages attestant le recours illicite aux fonds spéciaux pour subvenir aux dépenses de la campagne du premier ministre en 1995, les magistrats instructeurs ne devraient donc avoir d'autre choix, à la rentrée, que de se dessaisir au profit de la Cour de justice de la République (CJR). Cette juridiction est en effet la seule habilitée à enquêter - puis, le cas échéant, juger et condamner - sur un ministre pour des faits commis dans l'exercice de ses fonctions.
Le cas de M. Balladur pourrait lui être soumis, de même que celui de son ancien ministre de la défense, François Léotard, ouvertement suspecté d'avoir tout fait pour imposer les intermédiaires Ziad Takieddine et Abdul Rahman El-Assir dans plusieurs contrats d'armement, en contrepartie du versement de rétrocommissions.
L'homme-lige de M. Léotard, Renaud Donnedieu de Vabres, conseiller à la défense entre 1993 et 1995, est déjà poursuivi pour " abus de biens sociaux et recel ".
Depuis son déclenchement, fin 2010, l'enquête des juges Van Ruymbeke et Le Loire a accumulé les documents et témoignages accréditant l'utilisation par l'équipe de M. Balladur, lors de la campagne présidentielle, de ces fameux fonds " secrets " mis à la disposition des ministres, dont le gouvernement de Lionel Jospin décida la suppression en 2001.
Par exemple, en novembre 2011, Frédéric Aucher, un ancien gendarme, militant RPR de longue date, avait expliqué aux policiers de la division nationale d'investigations financières et fiscales (DNIF) dans quelles conditions il était devenu, début 1995, secrétaire général de la campagne de M. Balladur. " Lorsque l'on m'a demandé de venir - participer - à la campagne et que M. Pierre Mongin - chef du cabinet de M. Balladur à Matignon - m'a demandé de quitter mon poste du ministère de la coopération, il m'a dit qu'il compenserait ma perte de salaire par une enveloppe de fonds secrets de Matignon, avait-il révélé. En fin de mois, Pierre Mongin me remettait des espèces. Le montant a évolué au fil des mois. Le premier mois, j'ai eu 30 000 francs, puis 50 000 francs à deux reprises. "
M. Aucher s'est dit certain qu'il s'agissait des fonds secrets, car cela lui avait " été présenté comme cela par M. Mongin ", précisant que " tous les billets étaient d'un montant de 500 francs ". En décembre 2012, l'ex-trésorier de la campagne de M. Balladur, René Galy-Dejean, avait été encore plus explicite s'agissant d'un dépôt suspect de plus de 3 millions de francs en liquide, en avril 1995, sur le compte de l'AFICEB (Association de financement de la campagne d'Edouard Balladur). Il avait assuré avoir été convoqué par Pierre Mongin à Matignon en ces termes : " Arrivé dans son bureau, avait rapporté M. Galy-Dejean, il me montre plusieurs boîtes en carton et me dit : "Voilà 3 millions en petites coupures". C'est cette somme que j'ai apportée à la cellule trésorerie. "
Concernant l'origine de ces fonds, l'ancien trésorier avait confié : " Je garde en tête la phrase plusieurs fois publiquement prononcée par M. Balladur : "J'ai utilisé tous les moyens légaux qui étaient à ma disposition". " En clair, il s'agissait selon M. Galy-Dejean de fonds spéciaux.
La publication de ce témoignage dans Le Monde du 10 janvier avait provoqué une vive réaction de M. Mongin. L'actuel PDG de la RATP avait démenti " vigoureusement " avoir " jamais remis cet argent à M. Galy-Dejean ", et annoncé le dépôt d'une plainte contre l'ex-trésorier pour " dénonciation calomnieuse ". Les révélations de M. Galy-Dejean avaient toutefois valu à M. Mongin d'être reconvoqué par les juges, le 16 janvier, cette fois en qualité de témoin assisté, statut entre celui de témoin et de mis en examen.
Autre témoignage gênant pour M. Balladur, celui de l'ancien chauffeur de M. Galy-Dejean. Jean-Louis le Guevel a déclaré à la police, le 19 mars, s'être rendu début 1995 à Matignon chercher des fonds secrets. " Nous sommes rentrés par l'accès livraisons de Matignon. J'ai garé la voiture en marche arrière, devant l'entrée de service, à l'abri des regards. M. Galy-Dejean et - son assistant - M. Alexandre Galdin - ... - sont restés à Matignon environ une demi-heure. Ils sont sortis et, je m'en souviens précisément, avec quatre sacs en jute provenant de la Banque de France - ... - J'ai tout de suite compris qu'ils venaient de récupérer une somme d'argent à Matignon et que c'était pour la campagne de M. Balladur ".
Un récit qualifié de " faux " devant les policiers par M. Galdin, qui a toutefois fait part de ses doutes sur l'arrivée de fortes sommes en liquide sur le compte de campagne. M. Balladur, lui, a toujours nié tout financement illicite : le 28 avril 2010, il avait affirmé devant une mission d'information parlementaire que la plupart des fonds en espèces dont sa campagne bénéficia avaient été recueillis " lors de centaines de meetings ", auprès " des militants, des sympathisants ", via notamment la vente de pin's et autres t-shirts à sa gloire...

Gérard Davet et Fabrice Lhomme

© Le Monde 25 juillet 2013


AA  celui qui manque étrangement n'est autre que Nicolas Sarkozy ! Ce dernier était porte-parole de la campagne de Balladur, qui était alors 1er Ministre, ne l'oublions pas.

Voyons ce qu'en dit Le Monde du 24/11/10, sous la plume de Samuel Laurent

"Il jouait un rôle d'homme de confiance auprès d'Edouard Balladur. Après son ralliement au camp du premier ministre, celui-ci n'a eu de cesse de lui confier missions et tâches : ministre du budget, il obtient le porte-parolat du gouvernement et, lorsqu'Alain Carignon est mis en examen en 1994, il récupère son portefeuille de ministre de la communication."
"Les "deux Nicolas", Bazire et Sarkozy, comme les baptisera la journaliste Ghislaine Ottenheimer dans un livre (Les Deux Nicolas, la machine Balladur chez Plon), jouent un rôle prépondérant auprès du premier ministre. Omniprésents, ils arbitrent, décident, cornaquent les autres membres du gouvernement... Un article de L'Expansion de 1994 reprend la formule d'Ottenheimer, les présentant comme "les deux gamins les plus puissants de France". La journaliste s'interroge :  "Pourquoi [Edouard Balladur] en a-t-il fait ses deux conseillers exclusifs ? Car ils sont sa machine de guerre pour conquérir l'Elysée". Et précise: "Sarkozy a pris le rôle du propagandiste et Bazire celui du machiniste." "
 "Le 8 janvier, François-Henri de Virieu le présentait, au début de "L'heure de vérité", comme "l'homme-orchestre du gouvernement", qui sera, "selon toute vraisemblance, l'homme-orchestre de la campagne électorale d'Edouard Balladur, dont vous connaissez toutes les intentions et tous les projets". Nicolas Sarkozy approuve la description."
"Si Nicolas Sarkozy n'était pas en charge des financement de la campagne, il paraît donc tout à fait plausible, vu son rôle, qu'il ait été au courant des grandes lignes de celui-ci. D'autant plus qu'il était de ceux qui ont convaincu le premier ministre de se présenter, et qu'il savait que les finances seraient un problème. Balladur n'étant pas le candidat officiel du RPR, il ne disposait pas des fonds du parti."


23 commentaires:

  1. "Je vous demande de vous arrêter"...Monsieur Alpern....!

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  2. De quoi s'agit-il?
    Seriez-vous Nicolas Sarkozy ?

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    1. Non Joe Dalton...désolé

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    2. Cette expression est connue pour être celle de Ballamou.

      Tom Jericho.

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  3. notre serviteur et profiteur de la République en la personne de Claude Guéant est hospitalisé suite a un malaise....
    il doit être entendu dans le cadre de différentes affaires....
    les juges pourront profiter de cette hospitalisation pour l’auditionner...
    pour les puissants et les riches de ce beau pays qu'est la France, une nouvelle pratique leur est réserver la garde a vue hospitalières....
    c'est mieux que les garde a vue dans nos commissariat réservé aux "racailles""rom""gens du voyages"....
    "Selon que vous serez puissant ou misérable, les jugements de cour vous rendront blanc ou noir."
    Les animaux malades de la peste - Jean de la Fontaine

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  4. Conclusion ? Une fois de plus " tous pourris ". Cette racaille politicienne , droite comme gauche ,
    a fait le lit de la montée des extrêmes . Je les tiens pour responsables , du haut-niveau, comme
    l'explique cet article, aux petits barons locaux , de la misère grandissante de notre pays .
    Eux , s'en foutent totalement ; Ne soyons pas dupes , leur objectif est le pouvoir à tout prix et
    l'enrichissement personnel , et ce eu égard a la multitude d'affaires scandaleuses qui se révèlent
    depuis quelques mois . Mettez-vous à la place du simple quidam , comment ne pas tomber dans
    le piège des extrêmes ? Croire en quoi et croire en qui ?

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  5. Pour ne pas rejeter les comptes de campagne de Jacques Chirac en 95, avec les conséquences d'une invalidation du nouveau président, le conseil constitutionnel avait fermé les yeux sur ceux d'Edouard Balladur. Le président du conseil d'alors était Rolland Dumas, Homme d'une Honnêteté au dessus de tout soupçon comme chacun sait!. Margoulins, margoulins, vous avez dit margoulins...

    Elections piège a c............... En l'occurrence plus que jamais

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  6. Ziad Takiedine un des protagoniste de cette affaires a du mal a récolter les 4.3 millions d'euros pour payer sa caution et retrouver sa liberté...
    on espère que la justice sera aussi ferme a l'égard du sieur Guéant et Cie....lorsque ceux ci répondront devant qui de droit...
    cf la fable de la Fontaine sus nommé....
    http://tempsreel.nouvelobs.com/politique/20130726.OBS1117/takieddine-en-difficulte-pour-payer-sa-caution.html
    cliquez sur le titre

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  7. Quand on dit que les plus grandes racailles sont en costard cravate, comment voulez-vous que les djeunes à capuche respectent les lois !

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  8. Claude Guéant est hospitalisé suite a un malaise

    Celui de Bernadette Lafont fut fatal , Guéant s'en tirera bien , les crapules vivent longtemps, mes condoléances à la famille Lafont, sa superbe fille décédée dans de triste circonstance n'est plus seule aujourd'hui.

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    1. la vermine ne meurt jamais.....

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  9. Mr Alpern, pouvez vous nous indiquer les noms de ceux qui ont validé les comptes de campagne de Balladur.nous y découvrirons,une fois de plus,une belle pourriture socialiste cumulard.vivement 2014,que nous puissions débarrasser la France de toute cette vermine .

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  10. Comme souvent, votre expression "pourriture socialiste" est injurieuse, mais de plus fausse !
    En effet, lors de sa séance du 26 octobre 1995, le Conseil se composait, outre Jacques Robert et Roland Dumas par Laurent Fabius et François Mitterrand, de trois autres membres nommés par la gauche (l’ancien ministre Maurice Faure, l’ancien préfet Georges Abadie et la juriste Noëlle Lenoir, qui deviendra ministre de Jean-Pierre Raffarin) et de quatre nommés par la droite (l’ancien magistrat Jean Cabannes, l’ancien haut fonctionnaire Michel Ameller et les anciens sénateurs Etienne Dailly et Marcel Rudloff).
    Soit d'éminents membres nommés par la droite et la gauche, de façon égalitaire (la droite était même majoritaire si l'on compte N. Lenoir comme favorable à la droite, quoique nommée par la gauche).
    La "fleur" accordée à Balladur (et à Chirac d'ailleurs)ne comportait pas de contre-partie financière...

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    1. L'histoire pourra retenir que Jacques Chirac n'a pas était élu légalement en 1995, mais désigné légalement par 9 personnes, voir 5 si l'on tient compte de la majorité. Pour Edouard, il pourra toujours vendre des T-shirts pour payer ses avocats.

      Elections piége à c..............

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    2. abstentionniste...! vivement qu'on fasse payer ceux qui ne votent pas..!
      150 euros d'amendes cela serait un bon début...
      élections piège a con...après avoir dit ça, tu fais quoi?

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    3. Ah ben ouais, tiens ! Pourquoi on y a pas pensé avant, anonymous de 1933 (pardon de 19:33) ? Heureusement que vous êtes là...
      Dans le même genre, il y a ceux qui vont pas à la messe, on pourrait la taxer ceux-là aussi, non ?
      Ah, et pis tiens, tant qu'on y est, en v'là un autre : celui qui promène son chien avant 8h (ou après 22h, c'est selon) et qui aboie (le chien, pas le promeneur... quoi que) en réveillant tout le quartier. Là je dis 200 euros, minimum. Vous êtes Ok ?
      N'oublions pas non plus ceux qui préfèrent porter des shorts plutôt qu'un pantacourt... 400 euros !
      Et les porteurs de lunettes, les moustachus.... Et les cranes rasés.... Ah non, c'est vrai, pas les cranes rasés. On touche pas au sacré dans une dictature. Pfffff ....
      Non, mais dites donc, plutôt que de taper encore et encore sur les gens d'en bas (par la taxation) feriez pas mieux d'aller voir les élites qui branlent que dalle pour des montagnes de fric et qui finissent par dégoûter ceux qui JADIS allaient voter ?
      Le monde à l'envers, j'vous dis !!!

      Tom Jericho.

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    4. @Tom Jericho. Je crois 19h33 ne proposait pas une nouvelle recette pour remplir les caisses de l'Etat. Je crois qu'il veut pas non plus taper sur les gens d'en bas ( je n'aime pas cette idée lancée par Raffarin ) par la taxation. Je crois qu'il souligne la contradiction : dénoncer la démocratie représentative , ne pas y participer ( par l'abstention ou la non présentation ) , d'un côté, et de l'autre, la critique systématique des élus, de la politique. Si tu n'es pas content : vote pour un autre ou présente toi !

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    5. En Bolivie l'amende est de 30 euros pour l'abstentionniste .

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    6. 19h33, sachez que depuis plus de 40 ans, je n ai jamais manqué une occasion de me faire couilloner, ou cocufier, electoralement j' entends. Ceci dit, en tant que democrate, j' estime que mes ancêtres se sont battus pour que la liberté de voter nous soit donnée, comme celle de ne pas le faire. A chacun sa vision de la démocratie et de la liberté. Bien à vous.

      Elections piège a c.............




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    7. C'est vrai que la Bolivie est mondialement reconnue pour ses décennies de démocratie...

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  11. Hénin-Beaumont est sauvée ! Pierre Ferrari s'est rendu du côté de la rue Pasteur pour soutenir les habitants et les commerçants suite aux inondations. Il a sans doute, avec son joli costard cravate et ses belles chaussures noires, passé des coups de racleau ! Et pourtant, c'est bien son association qui a pris l'eau !

    PLOUF !

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    1. En costume ou pas, ce soutien aux habitants est tout à fait estimable !
      Attention de ne pas prendre vos souhaits pour des réalités...

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    2. un grand moment de politique

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