vendredi 24 mars 2017

La onzième circonscription du Pas-de-Calais

Les 11 et 18 juin prochains auront lieu les élections législatives, soit 5 semaines après les présidentielles. Concernant la 11ème circonscription du 62, celle d'Hénin-Beaumont, je me suis inspiré de l'article de DailyNord sur le sujet : http://dailynord.fr/2017/03/onzieme-circonscription-du-pas-de-calais-linconnue-marine-le-pen/ (lecture payante). 
On se souvient que la précédente élection, en 2012, avait vu s'affronter Jean-Luc Mélenchon et M. Le Pen à l'issue d'une campagne "épique", relayée par les médias nationaux et même internationaux (je me souviens d'entretiens avec des journalistes japonais, danois...). Mais c'est le maire de Carvin, Philippe Kemel, candidat du PS qui terminait second au premier tour, derrière MLP qui caracolait en tête (42%), et l'emporta de 118 voix au second tour. A noter que JL Mélenchon, qui avait fait une belle campagne, avait dit aux habitants qu'il ne les oublierait pas et qu'il s'investirait sur le territoire. Il n'a pas dû retrouver le chemin depuis 5 ans, puisque personne ne l'a aperçu, depuis...

Comment se dessine l'élection 2017 et quels en sont les candidats potentiels ?

- Au FN, on fait semblant de ne pas évoquer sa candidature, tout en maintenant l’ambiguïté sur l'éventuelle présence de M. Le Pen. On comprend d'ailleurs que le parti d'extrême droite surfe entre deux eaux. D'un côté, les victoires de Briois, dès le premier tour, aux municipales de 2014 à Hénin, les deux cantons héninois emportés aux départementales de la même année, le score record du FN dans la même ville aux régionales de 2015 (59,36%) après les 53,49% des européennes, et ce, dès le premier tour dans les deux derniers cas. Sans parler des résultats dans les autres villes, par exemple à Carvin (dont le maire est le député Kemel), deuxième ville de la circonscription (48,40 % au premier tour des régionales)... D'un autre côté, tout est lié aux présidentielles : si MLP l'emportait le 7 mai (hautement improbable), elle ne se présenterait pas aux législatives, bien entendu. Si elle était battue, pourrait-elle risquer une seconde défaite, alors que son leadership dans le parti pourrait être remis en cause du fait de l'échec de sa ligne politique face à une opposition interne menée par sa nièce, adversaire résolue de la "dédiabolisation" du parti ? Il est donc à prévoir que MLP ne viendra pas faire prospérer le potentiel électoral frontiste dans la 11ème circonscription. Qui alors ambitionnerait de se présenter ? Christopher Szczurek, la trentaine, semble bien placé. Cet ancien électeur de Laguiller et Valérie Létard (UDF), adjoint à la culture à HB, conseiller départemental, membre du comité central du parti, celui qui avait manifesté contre la présence de JM Le Pen au second tour de la présidentielle de 2002 a toutes les chances d'être le candidat frontiste en l'absence de M. Le Pen, comme évoquée ci-dessus. A-t-il une chance de l'emporter ? Il est quasiment inconnu en dehors d'Hénin, mais suivant l'expression, "même un chien sans chapeau", mais estampillé FN, a des chances de l'emporter, dans un secteur où ses origines polonaises sont un atout important...

- Le député sortant socialiste a, contre lui, l'inconvénient de porter une étiquette politique fortement décriée (et c'est un euphémisme !), d'avoir voté toutes les lois fortement critiquées et imposées par l'utilisation du 49-3, d'avoir soutenu la candidature Valls jusqu'à son ralliement final au "frondeur" Hamon, désigné lors de la primaire de son parti. Bref, un "sortant" qui aura du mal à s'en sortir...
- Marine Tondelier, EELV, opposante municipale à Hénin-Beaumont, également la trentaine, n'a aucune chance sauf si elle réussit à rallier, sous son panache vert, les autres candidats de gauche... Hautement improbable, malheureusement...
- Jean-Pierre Carpentier prendra la place de JL Mélenchon. Outre l'image d'abandon laissée par le candidat de "la France insoumise", suite à son apparition fugace de 2012, il ne bénéficiera pas du soutien du PC comme lors des précédentes législatives et, n'étant pas connu, son résultat sera plus que décevant...
- Les communistes présentent l'ex-suppléant de JL Mélenchon, Hervé Poly. Homme d'appareil (secrétaire fédéral du parti), il pâtit, en sus, de la descente aux enfers de son parti...
- On annonce, par ailleurs,  la candidature de Jacques Nikonoff, ancien président d'ATTAC. 

- La droite a, depuis quelques dizaines d'années, été quasiment absente du paysage politique du secteur. "Alexandrine Pintus a été désignée par Les Républicains pour monter en première ligne sur ces terres de mission à l’instar d’autres audacieux sur les circonscriptions voisines. Militante zélée de 25 ans qui a applaudi au meeting du Trocadéro, cette sarkozyste, féministe raisonnée, épouse la cause de François Fillon,”le seul qui saura redresser le pays“, et se préoccupe des questions de sécurité et de lutte anti-terroriste non sans fustiger “certains journalistes et leurs articles mensongers” comme elle l’explique sur les réseaux sociaux" (DailyNord). Elle fera un score inférieur à 5%...

- Si Macron l'emporte aux présidentielles, Jean Urbaniak, maire de Noyelles-Godault, député éphémère en 1993, "ex-borloîste, Modem", doté d'une bonne image, pourrait, s'il se présentait et était investi par le mouvement "En marche", faire figure d'opposant principal au FN et l'emporter dans un éventuel second tour, tant il fait l'objet d'un consensus général...

En conclusion, en l'absence de MLP, le FN n'est pas sûr de l'emporter malgré un potentiel important. En cas de second tour, que ce soit contre le candidat d'"En marche" ou un éventuel candidat de gauche non PS, on peut penser que le FN ne vaincrait pas. Une triangulaire n'est pas envisageable, tant elle serait suicidaire... 

jeudi 23 mars 2017

Quand on vous dit que le FN nous ment...

https://www.youtube.com/watch?v=O9iYIntr1l8

Pour ceux qui n'arrivent plus à suivre les dévoiements de Fillon et Le Pen

Pour reprendre l'expression de JL Mélenchon, faisons fi de la "pudeur de gazelle" qui frappe, d'après les sondages, près de 45% des électeurs interrogés !
Voici ce que j'ai relevé dans le Canard Enchaîné du 22/3 :

1- Concernant F. Fillon
- concernant le marché conclu entre la société du milliardaire libanais (FPI) et celle de l'ex-premier-ministre de Sarko, 2F Conseil, outre la somme forfaitaire (50 000 dollars dans le cas de la rencontre avec Poutine, initiée par FF himself), il est prévu que "2F Conseil aura droit à un bonus de 1,5 à 2,5% sur les bénéfices". 
- "du 1/7/2012 au 30/11/2013, l'épouse du candidat (AA : Fillon) a cumulé deux salaires (tout à fait réels) pour deux emplois (présumés bidon) à plein temps : 151;67 heures par mois à l'Assemblée, et tout autant à la "Revue des deux mondes", soit plus de 300 heures par mois ! Problème : le règlement du Palais-Bourbon limite à 180 heures le cumul d'emplois pour  ses salariés."
- "les magistrats ont fait leur miel des résultats de la perquisition du château familial. Dans cette humble masure (3000 m2 de plancher), les poulets ont eu accès, le 3 mars, à toutes les archives de la vie des Fillon et rangées avec un soin méticuleux depuis des dizaines d'années. Mais pas le moindre bout de papier, pas la plus petite trace d'une activité professionnelle de Pénélope..."
- "les magistrats ont, par ailleurs, quelques questions à poser au milliardaire (AA : Marc Ladreit de Lacharrière, patron de la 3revue des deux mondes", employeur de Pénélope F) sur la rapidité avec laquelle il a obtenu, grâce à Fillon, sa grand-croix de la Légion d'honneur (le grade le le plus élevé de l'ordre, dont le nombre de titulaires est limité à 75 par la loi). En moyenne, l'âge des nouveaux décorés tourne autour de 82 ans. Mais Ladreit de Lacharrière, lui, a décroché cette breloque à 70 ans seulement. Un record : ces dernières années, seul un autre civil a obtenu ce privilège à un âge aussi juvénile, mais il s'agissait de la codécouvreuse du virus du sida et Prix Nobel de médecine, Françoise Barré-Sinoussi. "

2- Concernant le Front national
 Sous le titre "Débandade frontiste en Paca", voici ce qu'on peut lire :
" Au FN, on se prépare à virer en tête au premier tour de la présidentielle, et personne n'a envie de gâcher la fête en abordant certains sujets délicats. Pourtant le Front connaît de sérieux ratés dans le Sud. Une étude, très complète, réalisée par l'AFP cet automne, révèle que 28% des conseillers municipaux élus en mars 2014 ont déjà quitté les rangs du parti.
La crise est particulièrement vive dans les Bouches-du-Rhône, où 40% des élus ont claqué la porte. En cause : le comportement de Stéphane Ravier, le sénateur-maire des XIIIe et XIVe arrondissements de Marseille. "Le Dictateur nord-phocéen", comme l'appellent ses opposants (AA : par analogie avec le dictateur nord-coréen...), a vissé ses troupes si durement qu'un groupe dissident a vu le jour au sein du conseil municipal de Marseille. Sous l’œil ahuri des autres partis, on s'écharpe entre anciens camarades patriotes. 
Au Luc, on en est au troisième maire FN, les deux premiers ayant jeté l'éponge. 
La palme de la guignolade revient à Cogolin, record de France des démissions : 27 élus sur 33 ont déjà mis les voiles, et 7 remplaçants ont pris la place des partants. Mais le contingent s'épuise : si un seul élu s'en va, des élections s'imposeront, faute de substituts.
La situation n'est pas plus brillante dans les Alpes-Maritimes. Le FN niçois a implosé en 2014, après le parachutage de Marie-Christine Arnautu, une proche de Le Pen père, qui s'est révélée incapable de gérer le marigot. L'arrivée des identitaires- auxquels Marion Maréchal-Le Pen a offerts des places bien au chaud au sein de la région-, Philippe Vardon en tête-, a achevé de déboussoler les militants. A Nice, le FN n'a plus que 1 conseiller municipal (contre 7 en 2014), comme à Cannes (ils étaient 3 en 2014) ou à Mandelieu.
Pour décrocher des députés, le FN va pourtant avoir besoin de tous ses petits soldats."

mercredi 22 mars 2017

Assistants, parents, enfants, amants...

Il y a 3 ans (voir le texte ci-dessous), je m'étais interrogé sur l'utilisation des postes d'assistants parlementaires, à l'occasion d'une affaire que l'on a un peu oubliée (on se demande bien pourquoi ? ), celle de l'assistant parlementaire de M. Le Pen, qui cumulait collaboration et compagnonnage avec sa patronne (il s'agit de Louis Aliot). Le même cas existait pour le député de l'actuelle 11ème circonscription du Pas-de-Calais.
On notera également que les emplois présumés fictifs d'assistants parlementaires du FN à Bruxelles, qui travailleraient au siège du parti, ne sont pas un cas unique puisque le PS employait au siège de la Fédé 62 un assistant d'un parlementaire français. Il est probable que l'on trouverait la même situation ailleurs en France et dans d'autres partis...
Enfin, deux questions se posent : 
- S'il parait simple d'interdire l'emploi de proches comme assistants parlementaires, comment pourra-t-on prouver les liens extra-conjugaux entre un député (ou sénateur) avec son assistant (e) ?
-  Comment empêcher qu'un parlementaire fasse embaucher son proche (parent ou amant) par un collègue ? C'est ce qu'avait fait le FN au Parlement européen et aucune parade n'était prévue ? 

(Il est de la même urgence de) rendre transparent l'embauche des collaborateurs. Le parlementaire dispose d'un montant maximum pour recruter des assistants (nombre plafonné différemment dans chaque assemblée). Admettons qu'il puisse fixer les salaires comme bon lui semble (encore que l'on connait un député du 62 qui avantageait outrageusement sa maîtresse et le fils de cette dernière...), mais il faudrait que :

* soit réglementée la mise à disposition de salariés au parti politique du député ou du sénateur. Le plus souvent, il s'agit d'un assistant "détaché" au groupe politique parlementaire (qui dispose pourtant de moyens propres en ce domaine). Mais aussi d'assistants mis au service du parti politique localement. Ainsi la Fédération 62 du PS disposait, il n'y a pas longtemps encore, en son siège lensois, de mise à disposition partielle d'assistants de députés ou sénateurs. Je ne sais si cette pratique existe toujours et si les autres partis profitent également du système...

* soient connus les noms des collaborateurs et les fonctions des conjoints. Une loi d'octobre 2013 sur la transparence de la vie publique a été votée, permettant à la "Haute Autorité pour la transparence" de publier les déclarations d'intérêts des principaux élus français, où devront être renseignées les informations indiquées ci-dessus et seront disponibles fin juillet.  Nul doute que l'on pourra ainsi contrôler le travail des collaborateurs familiaux employés par les parlementaires. A noter que le Parlement européen interdit à ses députés d'employer des membres de leur famille, ce qui n'empêche pas les abus puisque M. Le Pen employait son compagnon comme assistant. L'exemple du député du 62 (maîtresse...), cité auparavant, prouve les limites de l'exercice...  


mardi 21 mars 2017

Sur le débat d'hier soir...

Au moment de faire un bilan du débat télévisé d'hier soir entre les 5 candidats à l'élection présidentielle, on est saisi de 2 types de doute :
- faut-il vraiment privilégier la forme parce que l'exposition des idées ne peut être que réduite vu le temps de parole accordé à chaque candidat (une trentaine de minutes chacun) ? Je réponds "oui" pour l'exercice auquel je vais me livrer...
- peut-on être objectif ? Non et je ne le revendique pas...

Le "spectacle" qui nous a été présenté était forcément tronqué, puisque seulement 5 des 11 candidats étaient présents, comme cela a été signalé par certains... 
Voici donc mes impressions, en prenant les candidats par ordre alphabétique :

- F. Fillon :  autant je pense que son programme est une caricature des propositions de droite dans ce qu'elles ont de plus libérales, autant je trouve qu'il fut hier soir au-dessus du lot, sur le plan de la forme: serein (et pourtant !), calme, expérimenté, il apparut comme ne pouvant être déstabilisé. Bien sûr, il fut aidé par l'absence de remarques sur les affaires qui le concernent... Je ne suis pas sûr, d'ailleurs, que, comme pour la candidate du FN, ce silence fut apprécié... Parler de mesures pour moraliser la vie publique quand on est soi-même concerné, peut sembler ubuesque... A noter que cette question ne fut curieusement pas posée à la présidente du parti d'extrême-droite, elle aussi empêtrée dans les affaires judiciaires. Oubli ou volonté ?

- B. Hamon : j'aime beaucoup sa vision de la société et la façon dont il l'a exposée m'a semblé claire. Par contre, je n'ai pas apprécié ses insinuations sur les donateurs de la campagnes d'E. Macron et ce dernier aurait dû lui faire remarquer que même des insinuations peuvent être diffamatoires. Il a eu quelques propos cinglants contre MLP, notamment quand il a déclaré qu'il savait qu'elle était grande lectrice de la rubrique "faits divers" des médias ! Il fut, en général, très offensif. Il me semble avoir donné une image de "présidentiable" que je ne lui connaissais pas jusqu'à présent. A part quelques escarmouches à fleurets mouchetés avec JL Mélenchon, les 2 hommes ont semblé vouloir éviter d'apparaître comme des adversaires... Il serait intéressant de voir un tête-à-tête entre les deux...

- M. Le Pen : je ne peux être objectif concernant cette personne que je considère comme mentant aux Français, à tout propos. Elle est apparue, un fois de plus, comme démagogue, se complaisant dans des considérations dont l'unique objectif est de brosser les électeurs dans le sens du poil. Peu crédible sur le plan économique (elle a, à peine, effleuré le sujet), elle s'est complu dans son discours sur l'incompétence des politiques en ressassant ses propos en direction de ceux qui souffrent le plus, prêts à écouter qui leur désignent des responsables, oubliant sa propre incompétence et ses propres turpitudes. Elle s'est comportée de façon condescendante vis-à-vis d'E. Macron en l'interrompant parce qu'elle prétendait ne rien comprendre à ce qu'il disait ! Il est vrai que son simplisme habituel la rend imperméable à des raisonnements un peu plus élaborés que les siens.

- E. Macron : assez discret au début du débat, il a pris de l'assurance par la suite. Cible des attaques de Hamon, Le Pen et Fillon, il a su rester calme. Amusant de constater que seul Mélenchon l'a ménagé (il lui a même proposé un débat sur les retraites) pour des raisons stratégiques (Macron prend des voix à Hamon)... Sa faiblesse (il n'a pas l'expérience de la politique politicienne) devient une force parce qu'il ne peut faire partie de cette classe politique qui a échoué, cible des attaques de MLP. A côté d'un vieux briscard,  roué, comme Fillon, il apparaît comme un jeunot... Face à MLP, il n'a pas eu froid aux yeux.  Il n'y a que contre les insinuations de Hamon qu'il n'a pas eu la répartie nécessaire... On pensait qu'il pourrait perdre des voix lors de ce débat inédit pour lui : je ne pense pas que ce fut le cas...

- JL Mélenchon : de loin le plus brillant de tous, mais on le savait... Un discours bien rôdé, des formules qui font mouche, un humour corrosif... tout y était ! Même ses remarques pendant les interventions de MLP étaient pertinentes, mais pas toujours audibles. Avec Hamon, et à un degré moindre avec Macron, son programme est écologique et social et ses positions sur le nucléaire sont clairs et non alambiqués... Personnellement, je n'ai pas bien compris ses raisons d'un rapprochement avec Poutine, comme me sont apparues peu claires ses explications sur les frontières à redessiner...
Comme on aimerait assister à un débat entre lui et MLP, afin de remettre en place cette dernière, ce qui n'est pas toujours aisé quand on est 5 comme hier soir...

lundi 20 mars 2017

François Fillon, un vrai Français, lui...

L'excellent site de recherche généalogique "Geneanet" vient de faire paraître des articles sur les ancêtres de candidats à la présidentielle (voir celles que j'ai publiées sur M. Le Pen et JL Mélenchon). 
Ci-dessous l'article concernant François Fillon, avec, en bleu, mes commentaires :
Les ancêtres de François Fillon sont originaires de cinq régions françaises (AA : des "Français de souche", pas comme les métis Le Pen et Mélenchon). La moins évoquée dans les médias, ce sont les Pyrénées-Atlantiques, dans une zone située à l’ouest d’Oloron Sainte-Marie dans les villages d’Esquiule, Montory et Issor, via les familles MIRAMONT, BEDECARRATZ, AROIX, LOUTRE. C’est son arrière-grand-père, Jean Loutre, qui va migrer vers la région parisienne au début du XXe siècle. Peintre en bâtiment, il épousera la fille d’un entrepreneur de peintures, Louis Médéric GAUDIN originaire d’Illiers-L’Êveque, dans l’Eure, venu s’installer à Clichy, en banlieue parisienne.
Lui-même migrant, il avait épousé une autre migrante, Bérénice Onésime DEBRAIZE, originaire du Havre et dont les ancêtres venaient de Seine-Maritime : Yvetot, Touffreville-la-Corbeline, Allouville-Bellefosse, etc. Parmi eux, diverses professions typiques des ouvriers au XIXe siècle : maçon, chauffeur-ferblantier, chaudronnier,  et une forte proportion d’ouvriers du textile : tisserands, fileuses, ouvrière en siamoise (AA : les siamoisiers étaient des tisseurs d’étoffes fines appelées « siamoises »). 
 
Son arrière-grand-père Pierre SOULET, était quant à lui originaire de l’Indre, plus précisément de Sassierges-Saint-Germain, à quelques kilomètres de Châteauroux, où tous ses ancêtres, simples paysans, étaient établis depuis deux siècles… jusqu’à ce que l’un des ancêtres de sa branche maternelle directe, la famille DESSOUBRAIS, se rattache à une noblesse qui s’était peu à peu appauvrie, (orthographiée alors de SOUBRAIS), et permette ainsi de remonter jusqu’aux siècles lointains grâce aux seigneurs du Cluseau. On trouve ensuite un conseiller du roi (AA : ce goût du pouvoir...), un procureur général, des chevaliers, et même le médecin des rois Louis XI et Charles VIII, un certain Adam Fumée né à Tours en 1430. Une étude plus approfondie de cette branche permettrait peut-être de se rattacher à la noblesse royale et de remonter vers les rois de France. AA : D'où peut-être cette envie "de se payer" un manoir...moins cher qu'un château 
Pierre Soulet étant valet de chambre, c’est sans doute en suivant son maître qu’il se retrouve dans la Sarthe, où il épouse Marie-Louise CADOR, originaire du village de Chérisay, un petit village au sud d’Alençon. De cette région, en descendant un peu au sud-est dans les communes de René, Champfleur, Courgains, Marolles-les Braults… on trouve des familles BIGOT, BERTHELOT, BOUET, RUEL, MOIRE, LALANDE, BISEUL, composées de journaliers ou cultivateurs… et même à partir du XVe siècle une autre branche noble, celle des de PUISAYE, seigneurs de Puisaye et des sénéchaux du Perche, qui nous mène ensuite rapidement vers… Guillaume le Conquérant, les rois d’Angleterre (AA : de là peut-être cette attirance vers le Pays de Galles, pays d'origine de Pénélope Fillon) et les rois de France. C’est d’ailleurs au Mans qu’est né l’ancien Premier Ministre, non loin du berceau de sa famille maternelle
Le reste des ancêtres de François Fillon est originaire, du côté de sa branche paternelle, de Vendée, dans une région située entre Cholet et la Roche-sur-Yon. Les villages les plus représentés dans sa généalogie sont La Flocellière, les Essarts, La Rabatelière, Saint-Michel-Mont-Mercure, les Brouzils… Les familles les plus représentées, FILLON, GIRARDEAU, DRAPEAU, AUDUREAU, GUERIN, GUERITEAU ou encore ROUSSELOT ou BRETIN, sont composées de cultivateurs ou de journaliers, mais aussi de nombreux métiers moins communs avant le XIXe siècle : aubergiste, farinier, sabotier, cerclier, maçon, maréchal-ferrant, tailleur (AA : tiens, tiens...), meunier… et restent de condition modeste.

dimanche 19 mars 2017

Les inextricables origines de J. Mélenchon

L'excellent site de recherche généalogique "Geneanet" vient de faire paraître des articles sur les ancêtres de candidats à la présidentielle. 
Ci-dessous l'article concernant Jean-Luc Mélenchon, avec, en bleu, mes commentaires :


La généalogie de Jean-Luc MÉLENCHON est très partielle, car le candidat des Insoumis est le premier, de toute sa fratrie, a avoir grandi en France, d’où la difficulté de la construire avec des archives hors de France. Ses parents Georges et Jeanine (lui receveur des PTT et elle institutrice), étaient en effet des Pieds-Noirs d’Algérie, et si Jean-Luc Mélenchon est arrivé en France à l’âge de 11 ans, c’est parce que sa mère, récemment divorcée, était mutée en métropole. AA : comme quoi les Pieds-Noirs ne votent pas tous FN !
Son grand-père paternel se nommait Antonio MELENCHÓN , avec un accent sur le “o”, c’était un immigré espagnol de la région de Murcie, au sud-est de l’Espagne.

De ce côté, on trouve d’autres migrants installés en Algérie depuis la conquête française de ces territoires au milieu du XIXe siècle, eux-mêmes issus d’espagnols aux origines proches de la région d’Alicante, à Benissa et Novelda. Ses ancêtres MELENCHÓN (ou BILENCHÓNVELENCHÓN…) quant à eux ont été retrouvés jusqu’au XVIIIe siècle à La Roda, une ville de 15 000 habitants (aujourd’hui !) située à mi-chemin entre Madrid et Murcie, le premier d’entre eux Francisco BILENCHÓN, étant né vers 1720. AA : comme les Le Pen (voir mon post de vendredi), les Mélenchon ont des origines 
Du côté de sa mère, on ne remonte malheureusement que jusqu’à son grand père, Francisco BAYONA, originaire de Villanueva del Grao, ancienne commune qui servait de port à Valence.
L’originalité de sa généalogie réside dans le fait que Jean-Luc Mélenchon possède également toute une branche originaire… d’Italie, ses arrière-grands-parents maternels, Jean CASERTA et Catherine ALAIMO,  étant tous deux de la petite ville d’Ustica, située… sur l’île du même nom, une île de seulement 8,65 km2 située loin des côtes, au nord de la Sicile. On compte aujourd’hui seulement 1300 habitants sur cette île, qui fut colonisée de force en 1759 par Ferdinand 1er de Sicile qui y fit venir des colons de Palerme, Trapani et des îles voisines.

ancetres-melenchon

Auparavant, seuls y vivaient des pirates sarrasins qui l’occupaient comme base : on peut donc imaginer que c’est à la suite de cette colonisation que les ALAIMO et les CASERTA s’installèrent sur l’île. A moins que Jean-Luc Mélenchon ait aussi des pirates sarrasins parmi ses ancêtres, ce qui collerait bien d’un point de vue romantique à son image politique, mais ce que le généalogiste prudent ne considérera que comme une hypothèse parmi d’autres ! 
Une autre partie de ses ancêtres italiens, les VOLTO, est elle aussi originaire d’une île proche de la Sicile ! Il s’agit de Pantelleria, au sud de la Sicile mais plus proche de la Tunisie que de cette dernière. Il était donc relativement simple, pour ses habitants, de gagner le continent africain, ce que firent sans doute les VOLTO pour tenter leur chance en Algérie.

L’île de Pantelleria ayant été, depuis des temps immémoriaux, conquise à de multiples reprises par les Romains, les Arabes, les Espagnols mais aussi les Normands, une étude ADN permettrait, qui sait, de vérifier si Jean-Luc Mélenchon ne descend pas non plus de Vikings installés en France…
AA : à la différence des Le Pen, JL Mélenchon ne semble pas avoir de problème avec les origines diverses de se ancêtres. On peut voir dans cet extraordinaire métissage, la raison de son ouverture d'esprit... Origines modestes, pas de fortune personnelle : ceci explique pourquoi JLM est proche des milieux populaires. Par contre, rien ne nous donne la clef de son empathie pour Poutine, alors que celle de MLP est plus facile à comprendre: l'admiration envers le chef, conséquence d'une vie en milieu fermé à l'intérieur d'un clan familial...  

samedi 18 mars 2017

L'information vue par le FN

Après les 2 reportages sur le FN (C8 et France 2) qui confirment que la dédiabolisation du FN est bien un écran de fumée, la contre-attaque du parti frontiste est encore plus dramatique.
Trois exemples de ce spectacle lamentable : de la "grande classe" de S. Briois aux fausses informations diffusées par le FN...

* Bête et vulgaire, le maire d'Hénin-Beaumont.
Steeve Briois fait un doigt d’honneur aux journalistes de France 2 qui tentaient de tourner des images dans les couloirs du Parlement européen, institution où le FN est suspecté d’avoir organisé un système d’emplois fictifs.
http://lelab.europe1.fr/video-le-doigt-dhonneur-du-vice-president-du-fn-steeve-briois-a-des-journalistes-de-france-2-3004730

David Rachline (directeur de la campagne de MLP), le copain de S. Briois, qui relaie une fausse information : 
- Le Lab : D'où vient la vidéo sur Delphine Ernotte que vous avez postée sur Twitter ?
- David Rachline : J'ai déniché ce témoignage indiscutable sur internet… (smiley tirant la langue)
- Le Lab : Sur quel site exactement ?
- David Rachline : Je protège mes sources, j'ai une grande déontologie.
- Le Lab : Vous avez vérifié l'authenticité de la vidéo ?
-David Rachline : C'est du grand journalisme, j'en suis convaincu.

Sauf que, hormis sur le compte Twitter de David Rachline, on ne trouve aucune trace de cette vidéo sur internet. Étonnant pour "un témoignage" aussi accablant contre Delphine Ernotte.
À moins que cette vidéo ne soit pas authentique... "
http://lelab.europe1.fr/le-fn-diffuse-une-tres-etrange-interview-qui-accuse-delphine-ernotte-et-france-tv-de-faire-campagne-pour-emmanuel-macron-3005210?link_time=1489750048#utm_campaign=Echobox&utm_medium=Social&utm_source=Facebook&xtor=CS1-15

M. Le Pen a relayé une intox d’un des jeunes du FN, sans aucune vérification. Affirmant que la chaîne C8 aurait fait passer un employé de Canal + pour un frontiste raciste.
http://oeilsurlefront.liberation.fr/actualites/2017/03/16/marine-le-pen-et-ses-cadres-pris-en-flagrant-delit-de-fake-news_1556309?utm_campaign=Ec hobox&utm_medium=Social&utm_source=Facebook#link_time=1489742478


vendredi 17 mars 2017

Un métissage non assumé...

L'excellent site de recherche généalogique "Geneanet" vient de faire paraître des articles sur les ancêtres de candidats à la présidentielle. 
Ci-dessous l'article concernant Marion (dite Marine) Le Pen, avec, en bleu, mes commentaires.
Les ancêtres de Marine LE PEN ne sont pas, comme on pourrait le croire, tous bretons. En effet, si c’est le cas pour Jean-Marie, son père, celui-ci a épousé Pierrette LALANNE, originaire du sud de la France.
Côté paternel donc, la candidate de l’extrême-droite trouve ses racines dans le Porhoët, c’est-à-dire dans le centre de la Bretagne, sur une zone à cheval sur les Côtes d’Armor et le Morbihan. AA : mes recherches personnelles font état d'une origine arabe, voire musulmane. Voir références en fin d'article. Pas de marins dans ce périmètre, aucun lieu de vie de ses ancêtres n’étant situé près de la mer… hormis le grand-père de Jean-Marie, Pierre Marie, qui a quitté les terres du centre pour se rapprocher, au début du XXe siècle de Lorient et de la mer. Ses ancêtres bretons (LE PEN, HELLEGOUARCH, LE CLOEREC, JAFFRE, HUBERT, LE GAL…) sont des gens modestes, cultivateurs et laboureurs quand on connaît leur métier, seul un meunier, Mathurin HUBERT, est signalé sous Napoléon. On les trouve dans les villages de Persquen, Séglien, Neulliac, Saint-Caradec, Lignol, Plouguernével… AA : ce qui repose le problème de l'origine de la fortune de JM Le Pen.

Seule une branche, celle de la grand-mère paternelle de Marine Le Pen, Anne Marie HERVÉ, s’éloigne du centre pour se situer plus au sud, en bordure d’Atlantique, plus précisément près de Vannes (Baden, Plougoumelen, Crac’h, Locoal-Mendon…) Là encore il s’agit de simples laboureurs, avec les familles HERVÉ, LE BERRIGAUD, JACOB, HILAIRE, LE FAY, LE BIDEAU, ROBERT
Côté maternel, les racines sont plus variées et s’étalent sur trois régions françaises et deux autres pays ! La première est le Médoc avec les LALANNE, où est né l’arrière-grand-père Jean Maurice, et les JOLLIBERT et BERGEY pour lesquels on ne remonte que jusqu’au premier quart du XIXe siècle.

Ces derniers habitaient Saint-Trélody, aujourd’hui Lesparre-Médoc où ils étaient chauffourniers (ouvriers travaillant à la préparation de la chaux). La seconde se situe dans les Petites Landes, au sud de Mont-de-Marsan et à l’est de l’Aire-sur-l’Adour, dans l’actuel département des Landes : les familles REMAZEILLES, LASSAUBATJEU, PERRENX, PUYO, CLAVERIE, FOURCADE… paysans mais pas seulement, puisqu’on trouve un charron, un forgeron, un boucher… Nous ne sommes pas ici en pays basque, et l’histoire de la région est à rapprocher de celle de la France et de la Gascogne, avec les vicomtés de Marsan et de Tursan, qui appartinrent après la guerre de Cent Ans à la Navarre avec François Phébus, puis à Henri III et Henri IV.
Enfin et surtout, Marine Le Pen trouve son troisième berceau dans le sud du Segala, à la limite entre Aveyron et Tarn, via sa grand-mère Jeannette SIRGUE née à Brasc. De ce côté, ses ancêtres sont de simples paysans là encore, vivant dans une région aride aux moyens d’accès difficiles : Réquista, Saint-Sernin-sur-Rance, Coupiac, Pousthomy, Laval-Roquecézière, Montclar, Broquiès… C’est par le couple Pierre FOULQUIER et Cécile CAHUZAC, mariés en 1602, qu’elle “raccroche” sa généalogie à une noblesse peu à peu appauvrie puis aux seigneurs de Roquefeuil, Blanquefort, Anduze, Caylus, Séverac… AA : On notera cette proximité avec les Cahuzac, en délicatesse, lui aussi, ces dernières années, avec ses déclarations de patrimoine et, comme JM Le Pen, possédait un compte bancaire en Suisse... Cela lui permet ainsi de descendre des rois de France, et donc de toute l’Europe. AA : Et dire que MLP veut sortir de l'Europe !
ancetres-marine-le-pen


Restent deux branches relativement peu exploitées, toujours via la grand-mère Jeannette Sirgue dont la mère était née à Alexandrie, en Egypte, de l’union entre un émigré Suisse conducteur de travaux (familles VINCENT, CARRARD, MERMOD, de la région de Vaud) et d’une émigrée probablement Maltaise (les MICALLEFF). Une branche qui reste à reconstruire, avec toutes les difficultés que l’on peut imaginer, mais qui assure définitivement ses origines multi-ethniques. AA : ce qui confirme mes recherches, à savoir que la famille Le Pen est bien issue d'un mélange d'origines différentes,  ce qui expliquerait peut-être son rejet de tout ce qui pourrait rappeler qu'elle n'est pas "française de souche"

http://alpernalain.blogspot.fr/2016/11/la-fabuleuse-histoire-dune-famille.html

jeudi 16 mars 2017

Spécial FIllon

- Nouvelles révélations concernant François Fillon. Selon plusieurs sources proches du dossier, le candidat "Les Républicains" n’obligeait pas seulement ses enfants à lui rembourser tout l’argent qu’il leur avait prêté, il tenait également à ce que ceux-ci s’acquittent de la nourriture fournie gracieusement par le couple jusqu’à leur majorité (...). Réaction de FF : "Et alors ?"
Réaction de N. Sarkozy : « C’est scandaleux, il n’est pas assez riche comme ça ? Il en veut toujours plus. C’est vraiment indigne d’un homme d’État ».
Le Gorafi 14/3
AA : de nouvelles révélations sont à prévoir suite aux interrogatoires des enfants Fillon. Quid de leur participation aux frais du lave-vaisselle familiale ou même du réfrigérateur et du lave-vaisselle, quand ils sont à la maison des parents ?

- Lors de son passage au journal de Laurent Delahousse, le 30/2/2017, François Fillon avait déclaré : "« Je ne suis pas autiste, je vois bien les difficultés, j’entends bien les critiques. Et je suis quelqu’un qui n’est pas déficient ou jusque-boutiste, qui n’est pas enfermé dans une certitude ».
Devant le tollé des associations (SOS autisme, en particulier), F. Fillon a tenu à préciser : « Je tiens à m’excuser auprès des tous les autistes qui se sont sentis insultés par mes propos lors de mon passage chez Laurent Delahousse. Je ne parlais pas des autistes, mais des hautistes, les habitants des Hauts de France ».
Nordpress 16/2
AA : Je propose un boycott de F. Fillon par les Hautistes (région Nord-Pas-de-Calais-Picardie) ! Qu'en pense Xavier Bertrand, président de Région ?

- Le "Canard Enchaîné" (15/3) : "Mis en examen pour détournement de fonds publics, abus de biens sociaux, etc, Fillon victime d'un travail de sapes !
AA : Et pourtant, cela aurait de la gueule un président portant des costumes à 13 500 euros... Ce serait autre chose qu'une présidente déguenillée...

- Toujours "Le Canard" (15/3): dans son article "Costard système"(!), on apprend que FF, "pas gêné aux entournures", sort un projet de "transparence de la vie publique" en prétendant "désormais soumettre les ministres à un code de conduite pour la prévention des conflits d'intérêts et la bonne utilisation des moyens publics". "Et l'ami de la famille au travail parle sans rire d'instituer la transparence totale pour la publication obligatoire des liens de parenté entre les parlementaires et les collaborateurs".
AA : Il faudra, un jour, préciser si les maîtresses de parlementaires comptent parmi les proches, exclus des postes d'assistants et de collaborateurs. Qui établira les liens ? Les déontologues des 2 chambres ? 


mercredi 15 mars 2017

A ceux qui n'ont pas encore compris...

Ci-dessous, texte de David Noël, conseiller municipal d'opposition (communiste) d'HB, au sujet d'un procès en diffamation, intenté contre lui par le FN.
Trois remarques :
- Comme beaucoup, je me réjouis de cette relaxe et félicite David...
- Comme par hasard, l'acharnement judiciaire du FN vise particulièrement ceux qui tiennent un blog régulier, comme David Noël et moi-même.
- Comme le développe Marine Tondelier, dans son livre "Nouvelles du Front", faire taire tous ceux qui ne sont avec le FN, qu'ils soient contre ou neutres, a des répercussions particulièrement dommageables dans le personnel communal....

La question essentielle demeure : comment faire comprendre aux électeurs frontistes le danger de plus en plus visible que représente leur parti favori ?
A ce sujet, ce soir sur C8 à 21:00 : "La face cachée du Front National", un reportage d'un jeune journaliste infiltré auprès du FNJ (Front national jeunesse) des Alpes-Maritimes, en caméra cachée. Effrayant... je ne vous en dis pas plus...



La Cour d'Appel de Paris devait rendre ce jeudi 9 mars sa décision dans l'affaire qui m'opposait à Steeve Briois et Bruno Bilde. Dans un communiqué de presse publié sur mon blog en mars 2015 et adressé à plusieurs médias dont l'Humanité qui l'avait mis en ligne sur son site, j'avais appelé à la démission du maire d'Hénin-Beaumont, mandataire financier du micro-parti Jeanne qui est dans le viseur de la justice, ainsi que de Bruno Bilde, son adjoint, dont le nom avait été cité dans l'affaire des assistants parlementaires européens du FN. Se sentant diffamés, Steeve Briois et Bruno Bilde avaient tous deux porté plainte contre moi.

En juillet 2016, la XVIIe chambre du Tribunal correctionnel de Paris les avait déboutés de leurs demandes et m'avait relaxé, jugeant que je n'avais pas dépassé les limites de la polémique politique, en reprenant des informations parues dans la presse.
Steeve Briois et Bruno Bilde avaient fait appel de cette décision. Leur acharnement judiciaire vise à faire taire les opposants par la pression financière d'un procès. Il s'agit également, pour le FN, d'effrayer les employés municipaux, les journalistes et les responsables associatifs et de les dissuader d'émettre la moindre critique sur le FN qui pourrait immédiatement les amener devant un tribunal.
En janvier dernier, j'ai expliqué devant la Cour d'appel de Paris qu'il me semblait légitime, en tant qu'élu d'opposition, de citer des articles de Mediapart, de Libération et du Monde sur les affaires du FN et de demander la démission de mes adversaires politiques.
La Cour d'Appel de Paris a donc rendu sa décision ce jeudi 9 mars et confirme le jugement de relaxe rendu en première instance. Steeve Briois et Bruno Bilde sont déboutés de leurs demandes.
Je me félicite de cette décision de justice, qui malheureusement, ne devrait pas faire cesser le véritable harcèlement judiciaire dont je suis l'objet depuis plusieurs années de la part de l'extrême droite.

David Noël

mardi 14 mars 2017

Qu'on laisse Fillon tranquille !

Demain, F. Fillon pourrait être mis en examen, ce qui plomberait "un peu" sa candidature à l'élection présidentielle. Tous les jours appelle sa révélation sur des comportements ou dérives présumés du candidat. 
J'en appelle à tous pour que l'ex-Premier ministre puisse faire sa campagne normalement, sans se demander, chaque matin, ce qui va encore lui tomber sur la tête. Faire une campagne dans ces conditions est proprement inhumain !
Je propose donc qu'à partir de demain, après son éventuelle mise en examen, on laisse notre homme s'exprimer sur son programme et que l'on arrête de lui tomber dessus. Pour aider la presse et l'opinion, je vous livre d'un trait ce qui pourrait être encore reproché à FF. Ainsi, il n'y aura plus à "discutailler" sur ses soi-disant errements. Cela nous permettra ainsi d'enclencher sur une campagne normale, délivrée de tous ces affreux commentaires. 
Voici tout ce que vous pourriez apprendre sur notre homme dans les prochains jours, mais dont vous n'entendrez pas parler, car, à partir de demain, c'est silence radio (et autres médias) sur tout cela !
- FF a, pendant plusieurs années, versé une pension à sa maman, dénuée de tout revenu (malgré un mari notaire !). On estime à près de 400 000 euros le total des versements , effectués en espèces sur demande expresse de sa maman.
- Pendant qu'il était Premier ministre, un généreux donateur anonyme lui a fait livrer une boîte de cigares quotidiennement. Ceux qui côtoyaient FF à cette époque-là s'en souviennent car, ne fumant pas, il offrait ces "Partagas" à tous (domestiques, membres de son cabinet, visiteurs, collègues...). Cette générosité du candidat prouve bien qu'il était désintéressé (et l'est encore).
- Un autre donateur livrait quotidiennement des rillettes dont FF faisait profiter son entourage...
- Notre homme est un homme juste, qui accorde une mention spéciale à une valeur en voie de disparition : le travail. Pour apprendre ce principe fondamental, il a exigé de ses enfants que, dès qu'ils percevaient des revenus, ils lui en reversent une partie pour prix de l'éducation qu'ils avaient reçue de la part de leurs parents. On ne sait si, en tant qu'attachés parlementaires de leur père, il leur fut exigé la même "taxe".
- Pénélope, son épouse, avait un compte sur lequel, on le sait, étaient transférées ses indemnités d'assistante parlementaire et de critique littéraire. Elle avait donné procuration à son mari pour que celui-ci prélève de quoi faire tourner la "maisonnée" et payer les dépenses "hors mandat". Avec les 10% restants, Madame Fillon avait largement de quoi subvenir à ses dépenses personnelles, même si on sait qu'elle avait une vie très frugale.
- Enfin, François Fillon ne manque jamais de verser le denier du culte. On le sait, en consultant sa déclaration d'impôts dans laquelle il ne manque pas de déduire ces dons : 66% est déductible de l'impôt, avec un maximum de 20% des revenus, ce qu'il met un point d'honneur à atteindre précisément, chaque année. 

Voilà, maintenant, on passe à la campagne et on attend que FF nous donne des éclaircissements sur son programme et, notamment, comment il compte équilibrer son budget, en dehors des mesures d'économies déjà révélées : abrogation des 35 heures, retraite à 65 ans, 500 000 fonctionnaires en moins et des cadeaux fiscaux tels la suppression de l'impôt sur la fortune, par exemple... On veut bien se serrer la ceinture, à condition de savoir comment...

lundi 13 mars 2017

Compatissons !

L'histoire des costumes de Fillon. Où est le problème, franchement ? C'est son épouse qui les lui a offerts sur ses économies personnelles. Après tout, elle travaille et est bien payée : pourquoi ne ferait-elle pas de cadeaux à son homme ? C'est par pudeur personnelle que FF ne veut pas dévoiler que la généreuse donatrice, c'est Pénélope. C'est-y pas une preuve d'amour ?

N'oublions pas que François F s'est toujours consacré à la France. Qu'il n'a toujours eu en tête que de faire respecter les valeurs qui sont les siennes. Il a sacrifié une vie, qui aurait pu être plus gratifiante, par amour pour son pays. Son épouse a fait de même : elle a su rester discrète et au service de son mari et de ses enfants. Ce couple exemplaire est poursuivi par une vindicte médiatique concernant des questions d'argent. Se sacrifier pour sa patrie entraîne des sacrifices financiers. Et les Fillon qui doivent entretenir un manoir, ont dû également financer les études de leurs 3 enfants. Ce qui n'est pas à la portée de la bourse d'un simple député, fût-il devenu ministre ensuite. Dans ces cas-là, on vit d'expédients pour arrondir les fins de mois : on trouve un job pour l'épouse et les enfants, on se fait prêter de l'argent par des amis et on essaye de payer sa garde-robe comme on peut...
Je ne suis pas du même bord politique que Fillon : je suis même contre la plupart de ses propositions. Mais j'ai pitié de cet homme qui vit des moments très difficiles... 

dimanche 12 mars 2017

Finalement, Hollande devrait peut-être se représenter...

Une embellie pour l’économie française

Tous les voyants ne sont pas au vert mais l’économie française donne, en ce début d’année 2017, d’indéniables signes d’amélioration.

LE MONDE | 

Editorial du « Monde ». L’économie française ne voit pas encore le bout du tunnel. Mais plusieurs clignotants sont passés au vert, laissant entrevoir, après les dégâts provoqués par la crise de 2008, une sortie progressive de convalescence.

Selon les chiffres publiés, vendredi 10 mars, par la Banque de France, les défaillances d’entreprises ont fortement chuté en 2016. Avec 58 057 entreprises qui ont fait l’objet d’une procédure de sauvegarde, d’une liquidation ou d’un redressement judiciaire, contre 63 081 en 2015, la baisse est de 8 %. Si ce nombre reste élevé (+ 24 % par rapport à ce qu’il était avant la crise de 2008), il témoigne d’une réelle embellie. « Le climat des affaires s’améliore », reconnaît Jean-Eudes du Mesnil du Buisson, secrétaire général de la Confédération des petites et moyennes entreprises (CPME).
A cette bonne nouvelle s’en ajoute une autre : selon l’Insee, le secteur privé a créé, en 2016, 187 200 emplois (+1,2 %), soit près du double qu’en 2015. Cette progression, enregistrée pour le septième trimestre consécutif, est la plus forte depuis 2007. Un résultat positif qui doit cependant être relativisé. L’industrie et la construction détruisent encore des emplois. Et cette amélioration est due, dans une large mesure, à une nette accélération de l’emploi intérimaire – 70 200 –, qui a fait un bond de 12 % en 2016. Si l’économie renoue avec les créations d’emplois, comme le montre aussi le léger recul du taux de chômage l’an dernier, la confiance des chefs d’entreprise n’est pas revenue à un niveau suffisant, dans une période électorale pleine d’incertitudes, pour qu’ils embauchent avec des contrats à durée indéterminée. La précarité est loin de reculer.

Le poids de la dette

Dans ce contexte plus favorable, les entreprises du CAC 40 bénéficient d’une santé presque insolente. En 2016, les profits de ces sociétés – avec en tête du palmarès, comme en 2015, BNP Paribas, Axa et Total – se sont chiffrés à près de 74 milliards d’euros (+32,6 % sur un an). Elles ont amélioré leur marge opérationnelle, qui est passée, en un an, de 6,2 % à 7,7 % de leur chiffre d’affaires, et les dividendes versés à leurs actionnaires vont atteindre un nouveau record.
A six semaines du premier tour de l’élection présidentielle, les pouvoirs publics attribuent ces bons résultats aux effets de leur politique de l’offre, et notamment au crédit d’impôt pour la compétitivité et l’emploi (CICE). De quoi, sans doute, donner des regrets à François Hollande, contraint de renoncer à une nouvelle candidature en raison d’une impopularité record. Il reste cependant un point noir : à la fin de l’année 2016, la dette publique s’établissait à 97,5 % du produit intérieur brut, soit sept points de plus que la moyenne de la zone euro.
Depuis 1980, où elle ne représentait que 20,8 % du PIB, elle n’a cessé de gonfler. La France est loin d’être dans les clous des traités européens, qui ne tolèrent théoriquement pas une dette supérieure à 60 % du PIB. Pour autant, les économistes s’accordent à dire qu’elle n’est pas au bord de la faillite. Même si on observe une remontée depuis août 2016, les taux d’intérêt restent à un niveau historiquement bas. Mais si cette embellie apporte un démenti aux discours les plus alarmistes, elle ne doit pas dispenser les futurs gouvernants d’agir pour ne pas se contenter de transférer le fardeau de la dette publique aux générations futures.



samedi 11 mars 2017

J-43 : la gauche out !

Et la remontée en première division prendra du temps !

Présidentielle : la gauche en deuxième division

Éclipsés par François Fillon, Marine Le Pen et Emmanuel Macron, Benoît Hamon et Jean-Luc Mélenchon sont pour l’instant condamnés à jouer les seconds rôles.

LE MONDE | 

Editorial. A six semaines du premier tour de l’élection présidentielle, le 23 avril, la gauche semble assister en spectatrice impuissante à l’affrontement qui se dessine entre Marine Le Pen, François Fillon et Emmanuel Macron. Les candidats de l’extrême droite, de la droite et du centre se disputent les deux places qualificatives pour le second tour. Jean-Luc Mélenchon, champion de La France insoumise, et Benoît Hamon, porte-voix des socialistes, paraissent condamnés à un match de deuxième division.

En effet, depuis le début du mois de février, les intentions de vote en leur faveur ont stagné, autour de 12 % pour le premier, de 14 % pour le second, selon l’enquête électorale du Centre de recherches de Sciences Po (Cevipof) dont nous avons publié les derniers résultats hier. Quelles que soient leurs initiatives et leurs interventions, leurs campagnes respectives ne parviennent pas à marquer les esprits et, comme on dit, à « imprimer ». Plusieurs raisons ­expliquent cette atonie.
Tout d’abord, les deux candidats de gauche n’ont tiré aucun bénéfice de la tempête qui a secoué le champion de la droite, François Fillon – ni, à un moindre degré, des embarras judiciaires de la candidate du Front national. Au contraire, le tohu-bohu du « Penelopegate » a tant et si bien alimenté la chronique et les polémiques, polarisé le débat public et retenu l’attention des Français qu’ils ont rendu quasi inaudibles Jean-Luc Mélenchon et Benoît Hamon. L’un et l’autre ont été éclipsés par le fracas spectaculaire de ce feuilleton. Et, assez logiquement, ni l’un ni l’autre n’ont été en mesure d’attirer vers eux les électeurs de droite écœurés par cette affaire. A ce stade, c’est Emmanuel Macron qui en a été le ­principal bénéficiaire.
En outre, les deux candidats de gauche sont victimes de l’implacable mécanique de l’élection présidentielle. Dès lors que, pour la première fois depuis l’émergence du Front national, dans les années 1980, sa candidate s’est installée en favorite du premier tour, la question de savoir qui sera son adversaire au second est devenue cruciale. Déjà, hormis les partisans de Mme Le Pen, bien des électeurs se demandent quel sera le vote le plus efficace le 23 avril pour lui faire barrage au soir du 7 mai.

L’impossibilité d’un accord

Benoît Hamon est la première victime de ce réflexe de « vote utile ». Au lendemain de sa victoire à la primaire socialiste (et apparentés), désireux de se montrer unitaire pour trois, il a ostensiblement tendu la main à Jean-Luc Mélenchon et au candidat désigné par les écologistes, Yannick Jadot. Le bilan de cette démarche est globalement négatif. Un temps précieux a été perdu dans ces tractations laborieuses. Le ralliement au prix fort de M. Jadot n’a provoqué aucun déclic. L’impossibilité avérée d’un accord avec M. Mélenchon a entériné la fracture entre deux gauches irréconciliables.
Enfin, le candidat socialiste a semé le trouble au sein de son propre camp. Le voilà, en effet, menacé d’être abandonné par bon nombre de caciques, élus et, au-delà d’eux, électeurs qui non seulement ne se retrouvent pas dans son projet, mais surtout jugent Emmanuel Macron mieux armé pour affronter l’extrême droite et la droite. Les ralliements au candidat d’En marche ! d’un Bertrand Delanoë, d’un Claude Bartolone, voire, demain, d’un Jean-Yves Le Drian et d’autres sont les symboles lourds de cette désaffection.
Il ne reste à Benoît Hamon et Jean-Luc ­Mélenchon que six semaines pour tenter de remonter la pente. Cela ressemble déjà à une gageure.